CQFD

En couverture : « Le vieux monde au compost ! », par Émilie Séto

Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archivés sur notre site progressivement, après la parution du prochain numéro. Ce qui vous laisse tout le temps d’aller saluer votre marchand de journaux ou de vous abonner...

Actualités d’ici & d’ailleurs

- Psys en colère, patients dans la galère – Dans la famille de celles et ceux qu’Emmanuel Macron aura réussi à faire sortir de leurs gonds – et dans la rue – durant son quinquennat, on demande : les psychologues.

- À Nice, des féministes pour un monde sans murailles – Le 5 juin, plusieurs milliers de personnes se sont réunies à Nice, terre de droite extrême, pour (...)



Trip de STPo



État d’urgence technologique. Voilà le titre aussi parlant qu’alarmant du dernier ouvrage du journaliste Olivier Tesquet. Il y décrit comment la surveillance généralisée a étendu son emprise à la faveur de la pandémie, avec d’étranges acteurs aux manettes. Zoom, en sa compagnie, sur cinq entreprises méconnues du grand public qui propagent le germe du flicage technologique à vitesse grand V(irus).

Collage de 20100

En janvier 2020, au temps d’avant donc, le journaliste Olivier Tesquet publiait À la trace. Enquête sur les nouveaux territoires de la surveillance  [1]. Un livre qui déjà faisait office de sonnette d’alarme, volume au max. Ce spécialiste des nouvelles technologies, qui bosse notamment pour Télérama, y disséquait la prédation de nos données par de multiples biais, des caméras de surveillance aux assistants vocaux en passant par les réseaux sociaux, nos achats en ligne ou nos brosses à dents connectées. Il y a le feu au lac dystopique, disait-il en substance.

C’est peu dire que la situation ne s’est pas améliorée depuis l’irruption planétaire du Covid. Le constat est simple : s’il y avait fuite en avant, il y a désormais grande ruée. Car la pandémie a encore accéléré le mouvement qui voit nos espaces publics et privés être envahis par des cohortes de prédateurs assoiffés de big data, ce nouvel or noir. Olivier Tesquet a donc planché sur un nouvel opus, publié en février : État d’urgence technologique. Comment l’économie de la surveillance tire parti de la pandémie.

Se complétant parfaitement, les deux ouvrages laissent une impression de grande foire d’empoigne – presque de mêlée furieuse. D’un côté, vulnérables et esseulées, nos données personnelles – ce qu’on consomme, ce qu’on aime, ce qu’on voit, mais aussi nos visages, nos démarches, nos maladies, nos émotions. Et de l’autre, prête à tout pour nous les piquer afin de les monnayer : une meute de charognards, excités par la crise et les opportunités qu’elle offre. Il y a les acteurs habituels bien sûr, au premier rang desquels les États, ravis de donner un énième tour de vis sécuritaire, notamment en matière de flicage des rues. Les GAFAM [2] ne sont pas en reste, eux qui ont fait sauter tous les verrous, opérant de grandes (...)




Des paysans face à Tsahal
À Gaza, cultiver la résistance

paru dans CQFD n°200 (juillet-août 2021), par Sarah Katz, illustré par

Lorsque Israël bombarde Gaza, ce sont surtout les zones urbaines qui sont pilonnées. Les terres agricoles, elles, demeurent en permanence à portée de fusil et de tank. Essentiellement localisées à l’est de la bande de Gaza, elles y sont longées par la barrière de séparation, qui s’est imposée jusqu’au milieu des champs. L’occupant a nommé ce poumon vert « zone tampon » et décrété le secteur no man’s land. Vent debout contre l’accaparement de leurs terres, les paysans gazaouis maintiennent coûte que coûte les champs en culture. Une lutte de longue haleine que nous raconte Sarah Katz, membre d’une ONG palestinienne et convaincue que la solidarité internationale a un rôle à jouer.

Illustration L. L. de mars

« La crue inonde complètement les terres et détruit toutes les cultures. » L’inondation dont parle Imad Sweilam, cultivateur à Beit Hanoun, au nord de la bande de Gaza, n’a rien de naturel. C’est un acte de guerre : « L’eau vient des territoires de l’occupant. Elle s’écoule ensuite, à partir de la région orientale de (...)


D’une jeunesse en HLM à Montreuil (Seine-Saint-Denis), un parcours scolaire en pointillés et pas mal de galères, le graffeur Crapule2000 a su extirper de la couleur pour éclabousser les murs d’Île-de-France et d’ailleurs, et si possible en hauteur. Confinement ou pas, sa came c’est de courir sur les toits et descendre en rappel éclater à coups d’aérosol les façades des quartiers bourgeois. Rencontre.

Photo Sextoy

Le bras en écharpe sur une clavicule cassée, un grand gars tatoué des pieds à la tête nous attend place de la République, à Paris. Le pas nerveux, Crapule2000 bouillonne : tenir en place n’est pas dans les habitudes de cet électron libre du graff, mais une forme de karma vient lui enjoindre de ralentir : « C’est la première fois (...)


Ambitieuse, l’équipe fondatrice de CQFD rêvait de « niquer le Monde diplo’ ». Dix-huit ans et 200 numéros plus tard, on attend encore l’explosion des ventes... mais on est toujours là, déterminés à ne rien lâcher. Au fait, « CQFD », ça veut dire quoi ?

Tous les participants interrogés s’accordent sur un point : cette réunion fut copieusement arrosée. Et joyeuse. L’enthousiasme même : on allait monter un super canard. Il fallait lui trouver un nom.

Les idées fusent et finalement, deux titres se détachent : CQFD et Le Bonobo. « J’étais la seule nana, au milieu de tous ces mecs, se (...)


Une belle manif et des prises de paroles incisives. Une palanquée de tracteurs en colère. Des actions de blocage contre l’agriculture industrielle et son monde. Des montgolfières antifascistes. Des militants de tous horizons, issus des luttes pour le climat, des braises encore vives de Notre-Dame-des-Landes ou de l’agriculture paysanne... Sûr, le week-end organisé par le collectif informel des Soulèvements de la Terre les 19, 20 et 21 juin derniers avait de quoi requinquer le plus pessimiste des militants anticapitalistes. Et c’était d’autant plus salvateur que le lieu choisi, Saint-Colomban (Loire-Atlantique) croule littéralement sous les assauts des bétonneurs de tous crins et des partisans de l’agriculture intensive. Retour sur un élan qui ne demande qu’à faire tache d’huile.

Collage de 20100

« Foule qui pioche et pioche qui rompt / Y a de la terre sous le béton » (Hymne officieux des Soulèvements de la Terre)

5 heures du mat, jet des frissons : la douzaine de tracteurs qui patientaient dans la cour d’une ferme des environs de Saint-Colomban s’élancent en cahotant. Ils forment la majeure partie de la « colonne Sud », qui (...)


Vingt-sept ans après le génocide des Tutsis
La France et les leçons du Rwanda

paru dans CQFD n°200 (juillet-août 2021), par Benoît Godin, illustré par

Le 27 mai dernier, dans un discours très médiatisé prononcé à Kigali, un président de la République reconnaissait enfin une « responsabilité accablante » de la France dans le génocide des Tutsis en 1994. Emmanuel Macron faisait alors sienne la formule du rapport Duclert, rendu public deux mois plus tôt. Dans le même temps pourtant, il refusait de présenter des excuses et rejetait l’idée d’une complicité française. Pour les rescapés, pour tous ceux et celles qui ont combattu pour mettre en lumière le rôle de l’État français dans cette tragédie, ces mots, si tardifs, apparaissent tout à la fois essentiels et insuffisants. Surtout, ils doivent maintenant se traduire en actes, particulièrement sur le terrain judiciaire.

Kabuga, Rwanda, avril 2019. Derrière la palissade se trouvait un charnier. Un an plus tôt, les confidences d'un génocidaire avaient permis la découverte de nombreuses fosses communes dans cette ville ordinaire de la périphérie de Kigali. D'après les associations de rescapés, près de 40 000 corps y gisaient / Photo d'Alexis Huguet {JPEG}

« Nous étions parvenus à nous échapper en passant par le Burundi. Une autre partie de ma famille a pris un autre chemin, tous se sont fait tuer. J’ai pu rejoindre la région de Bordeaux où vivait déjà ma sœur. Tout de suite, j’ai compris que j’arrivais dans un pays qui était de l’autre côté. À la télévision, on ne parlait (...)


Au sein des luttes pour la défense des terres, une constante : la présence massive de femmes. Et parmi elles, des écoféministes considérant qu’il existe un lien tangible entre domination patriarcale et accaparement des terres. Autrement dit : on n’aurait pas « affaire à des phénomènes sans aucun rapport, mais plutôt à deux aspects d’un seul et même système », comme l’explique Jeanne Burgart Goutal, philosophe et autrice d’Être écoféministe – Théories et pratiques, un bouquin paru en 2020 à L’Échappée.

Illustration de Marine Summercity

Mot honni des féministes tant il a servi de prétexte à des millénaires d’aliénation des femmes, la notion de « nature » (au sens large) semble aujourd’hui s’offrir une virginité : « L’Amazonie, ma chatte, arrêtez de tout raser ! », peut-on lire sur certaines pancartes lors de manifestations écolos.

La défense de la nature – (...)


Entretien avec un utopiste forcené
Si la paresse squattait les urnes…

paru dans CQFD n°200 (juillet-août 2021), par Emilien Bernard, illustré par

Avec Paresse pour tous, l’écrivain Hadrien Klent balance un pavé dans la mare des imaginaires politiques radicaux, mettant en scène une candidature à la présidentielle 2022 aussi bien révolutionnaire dans les idées qu’efficace dans les urnes. En première ligne, le joyeux refus du productivisme à tous crins.

Illustration de JMB

Il y a des bouquins qui forcent le lecteur à se décaler – que l’on partage ou pas leurs bases de départ, ils forent des appels d’air. Il en va ainsi de Paresse pour tous (Le Tripode, mai 2021 [1]), ouvrage signé du mystérieux Hadrien Klent. Son postulat : à la présidentielle 2022 se présente un certain Émilien Long, économiste (...)


Une lutte antinucléaire au tribunal
À Bure, « qui sont les malfaiteurs ? »

paru dans CQFD n°200 (juillet-août 2021), par Sébastien Bonetti, illustré par

Quatre ans après son ouverture, la gigantesque enquête pour « association de malfaiteurs » visant des opposants à l’implantation d’une poubelle nucléaire dans la Meuse a finalement débouché sur un procès. Début juin, sept personnes ont été jugées à Bar-le-Duc, sous des motifs en bonne partie farfelus. Une fois n’est pas coutume, c’est l’accusation qui a pris cher : pour dénoncer le caractère politique de ces poursuites et de multiples entorses au droit, la défense s’en est donné à cœur joie.

Illustration de Martin Viot

Les premiers lecteurs de cet article seront peut-être des agents de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Une blague ? Pas forcément : il s’agit de nucléaire et plus précisément de Bure, où la filière atomique rêve d’enfouir ses déchets les plus radioactifs à 500 mètres sous terre.

Près de quatre ans (...)


Dans la famille de celles et ceux qu’Emmanuel Macron aura réussi à faire sortir de leurs gonds – et dans la rue – durant son quinquennat, on demande : les psychologues. D’autant plus en souffrance que la santé mentale de la population s’est largement dégradée depuis le début de la pandémie, des milliers d’entre eux se sont rassemblés le 10 juin dernier devant le ministère de la Santé. Une mobilisation inédite chez une catégorie de soignants qui la ramène rarement sur la place publique. Motif de leur colère : une série de mesures et d’arrêtés adoptés par le gouvernement sans concertation, remettant en cause toute une profession et nuisant au bien-être des patients.

Photo Lily La Fronde

« 20 balles  ! Est-ce que j’ai une tête à coûter 20 balles  ?! » Un billet de 20 euros agrafé sur son masque chirurgical, Sophie enrage sous le cagnard devant les portes du ministère de la Santé. Psychologue libérale à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), elle a répondu présente à l’appel à manifester du 10 juin, lancé par (...)



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