CQFD

Par Jérémy Boulard Le Fur {JPEG}

Si les catastrophes environnementales semblent menacer tout le monde, ce sont bien les pauvres qui trinquent en premier. Certes, dans le récent cas de l’incendie du site Lubrizol à Rouen, il y a fort à parier que le nuage de 22 kilomètres de long sur 6 de large a intoxiqué toute la ville et au-delà... mais on se doute bien que les usines Seveso se tiennent généralement loin des beaux quartiers [1].

Au Canada, plusieurs unités atomiques ont été construites sur des terres autochtones. En France, on envisage de creuser un cimetière de déchets nucléaires à Bure, dans le fin fond de la Meuse, un département sinistré (lire en page IV). En Italie, la mafia enfouit les détritus venimeux du Nord industriel cossu dans les (...)



Par Tommy {JPEG}



Pas tous égaux face à la crise écologique
« Il faut casser le consensus environnemental »

paru dans CQFD n°180 (octobre 2019), par Margaux Wartelle, illustré par

Tous unis contre la fin du monde ? Oui... et non. Déjà, parce qu’à vue de nez, on n’y sera pas tous en même temps. Pauvres en avant, riches en arrière. Et puis parce que la fin de ce monde, il va falloir aller la chercher. Paraîtrait que le système est coriace. Racisme (environnemental), impérialisme (environnemental) et inégalités (environnementales) : oui, la crise écologique ravive des choses anciennes, et crée des luttes nouvelles. Entretien avec Razmig Keucheyan, sociologue engagé et auteur d’ouvrages sur l’écologie politique, mais aussi sur les pensées critiques à gauche et plus récemment sur la consommation [2].

Par Etienne Savoye {JPEG}

Qu’est-ce que tu entends par « inégalités environnementales » ?

« Le discours écologique dominant consiste à dire que la crise environnementale est quelque chose de radicalement nouveau dans l’histoire de l’humanité, notamment car c’est un type de péril qui concerne l’humanité dans son ensemble, indépendamment des classes sociales, du genre, des divisions qui ont caractérisé les sociétés modernes depuis qu’elles existent. C’est ce que j’appelle le consensus environnemental, c’est le discours de l’écologie mainstream dominante. Et c’est dépolitisant au possible. L’histoire des mouvements sociaux montre que ces derniers se déclenchent quand il y a de la division, du conflit, quand une partie de l’humanité se sent lésée, victime d’une injustice – les classes populaires par rapport à la bourgeoisie, les femmes par rapport aux hommes, les colonisés par rapport aux colonisateurs.

Il faut donc absolument critiquer ce consensus. Et le premier angle d’attaque, ce sont les inégalités environnementales : non seulement l’empreinte carbone des différentes classes sociales n’est pas la même (les riches détruisent la planète beaucoup plus que les classes populaires), mais en plus les effets de la crise environnementale ne sont pas ressentis de la même manière selon la classe sociale à laquelle on appartient. Les classes populaires souffrent davantage des catastrophes naturelles, des cyclones, des canicules, mais aussi des pollutions, de l’effondrement de la biodiversité, de la raréfaction des ressources naturelles comme l’eau. C’est une connerie sur le plan analytique de dire qu’il faut que l’humanité suspende ses divisions. Car ce que fait la crise environnementale, c’est aggraver ces inégalités environnementales, sachant que ces inégalités-là viennent s’empiler, s’ajouter aux autres : les (...)




À l’hôpital, des soignants en PLS
Infirmier, un si beau métier

paru dans CQFD n°179 (septembre 2019), par Tiphaine Guéret, illustré par

Des services d’urgences en grève [4], des soignants essorés et des infirmiers réquisitionnés par des policiers. Chez les professionnels du soin, le mal-être est palpable. Maëlle, une infirmière en psychiatrie qui a cessé d’exercer il y a un an, raconte son rapport intime à un boulot qui aurait pu la broyer.

Par Sarah Fisthole {JPEG}

Maëlle était infirmière. Mais à trente-cinq ans, après cinq années de bons et loyaux services au sein d’un hôpital psychiatrique de Bretagne, elle a arrêté de travailler. Son dix-neuvième contrat à durée déterminée aura été le dernier : après une énième garde, on ne l’a plus jamais appelée. « C’était acté sans (...)


Dossier « All computers are bastards »
L’ordinateur dans la lutte des classes

paru dans CQFD n°151 (février 2017), par Matthieu Amiech, illustré par

Auprès de certains, la critique de l’informatique passe pour une affaire d’esthètes : on veut bien en parler, mais… une fois la justice économique établie et les besoins de tous satisfaits. C’est oublier que la révolution numérique est au cœur de la dynamique capitaliste des quarante dernières années. Décryptage du rôle des outils numériques dans le déséquilibre actuel entre capital et travail.

Par Etienne Savoye {JPEG}

Lors du mouvement social du printemps 2016 contre la loi El-Khomri, le problème du contenu de ce qui est produit par l’économie à notre époque et celui des outils de cette production semblent avoir été peu soulevés [1]. Les thèmes de la précarité et de la souffrance au travail ont été omniprésents mais ils étaient rarement mis en (...)


Le documentaire Warrior Women raconte la vie de Madonna Thunder Hawk, activiste de la cause indienne aux États-Unis. À la confluence de l’émancipation des femmes et de la défense de la Terre comme des peuples autochtones, son combat prend aujourd’hui plus que jamais une dimension universelle.

Madonna Thunder Hawk et Marcella Gilbert / Photo D.R. {JPEG}

C’est un mec qui le dit : « Selon le dicton lakota, “Si tu veux de belles paroles, invite les hommes, mais si tu veux des actes, invite les femmes.” » Madonna s’esclaffe et s’empare du micro, histoire de montrer qu’elle sait aussi parler : « Il faut défendre la terre. Parce qu’une fois que nous l’aurons perdue, nous ne serons plus (...)


Chaque semaine, le compte « Accidents du travail : silence, des ouvriers meurent » publie sur les réseaux sociaux une liste de personnes décédées dans le cadre de leur activité professionnelle. À l’heure où le gouvernement prépare une (inquiétante) réforme de la santé au travail, cette triste comptabilité contribue à sortir du silence ces drames trop banalisés. Interview avec un recenseur opiniâtre.

Par Mickomix {JPEG}

Inventaire du 19 août : «  Ils avaient... 28 ans (serveur), 46 ans (chauffeur routier), 46 ans (agent Enedis), 51 ans (ouvrier intérimaire), 53 ans (agriculteur) et sont décédés la semaine dernière dans un #AccidentDuTravail. »

Bilan du 25 août : « Ils avaient... 20 ans (ouvrier du BTP), 56 ans (marin-pêcheur), 56 ans (chauffeur (...)


Le voile et la prostitution ont supplanté depuis longtemps, parmi les féministes françaises, les fameux « religion et politique » interdits pendant les repas de famille pour éviter les bastons. On les contourne, y échappe, les repousse : et l’auteure de cette chronique sait bien quel amour du risque névrotique l’amène à en parler ici.

Par Sarah Fisthole {JPEG}

Il existe pourtant un angle rarement abordé qui gagnerait à l’être plus souvent – étant entendu d’emblée que nous ne parlerons ici de voile et de prostitution que dans le cas où l’un et l’autre ne sont pas imposés par un tiers. Pourquoi les femmes concernées par ces catégories sont-elles les seules femmes de classe populaire (...)


Fabrice Boromée : la prison toujours recommencée
Et quatre de plus qui font… 2042

paru dans CQFD n°179 (septembre 2019), par Quelques ami.es de Fabrice Boromée

Entré en taule en 2010 pour une peine de huit ans, Fabrice Boromée en a désormais, au total, plus de trente à tirer. Cet été, quatre nouvelles années lui ont été gentiment distribuées. Des ami.es de Fabrice racontent ici ce dernier procès.

16 juillet 2019, 14 h. Fabrice Boromée [1] est jugé à Tarascon (Bouches-du-Rhône) pour avoir violenté un maton. Incarcéré depuis huit ans en métropole, loin de sa Guadeloupe familiale, Fabrice en a passé sept à l’isolement.

L’arbitraire de l’administration pénitentiaire (AP), il connaît : isolement total, négligence dans les (...)


Co-auteure de l’ouvrage Burning country : au cœur de la révolution syrienne [1], Leila al-Shami livre une analyse tranchée et équilibrée sur les enjeux et les non-dits de la situation au nord-est de la Syrie après l’offensive de l’armée turque et de ses milices. Nous la traduisons pour CQFD avec son accord.

Manifestation contre l'invasion turque du Rojava à Berlin, le 12 octobre 2019 / Photo Marsupium / Wikimedia Commons / C.C. 4.0 {JPEG}

La récente offensive turque sur le nord-est de la Syrie et le retrait des troupes américaines de la région déclenchent une nouvelle catastrophe humanitaire aux proportions colossales.

Ces derniers jours, plus de 130 000 Syriens ont fui pour sauver leur vie, dans une quête désespérée de sécurité. Des dizaines de civils ont été tués (...)


Enfermer les sans-papiers
Ça craint dans les CRA

paru dans CQFD n°177 (juin 2019), par Abbas El Kra, Dominique Lapaffe, illustré par

C’est la dernière prison avant l’expulsion. Chaque année, des dizaines de milliers d’étrangers en situation irrégulière sont embastillés dans un centre de rétention (CRA). Un univers anxiogène et violent, où tentatives de suicide et grèves de la faim sont devenues courantes.

Par Etienne Savoye {JPEG}

Ne cherchez pas le centre de rétention administrative (CRA) de Lyon en plein centre-ville. Pour s’y rendre, il faut conduire 30 minutes en voiture ou acheter un ticket de tramway à 16,30 €. Dans un renfoncement, entourée par deux hôtels, la taule est constamment hantée par le vacarme du trafic aérien de l’aéroport Saint-Exupéry, (...)


Des négociants occidentaux intoxiquent l’Afrique de l’Ouest avec des carburants low cost, contenant jusqu’à 378 fois la dose maximum de soufre autorisée en Europe. Pour augmenter les marges, les fluides sont coupés avec des matières dangereuses.

Par Renaud Perrin {JPEG}

C’est en 2016, au bout de trois ans d’enquête, qu’une ONG suisse, Public Eye, a dévoilé le scandale : des négociants helvétiques (mais pas que) inondent le marché ouest-africain avec des carburants ultra-polluants, profitant sans vergogne des largesses réglementaires en vigueur dans cette région du monde.

Aucun des 25 échantillons (...)



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