CQFD

En couverture : « La sexualité est un sport de combat » (illustration : Jean Codo & Zam Zam)

Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archivés sur notre site progressivement, après la parution du prochain numéro. Ce qui vous laisse tout le temps d’aller saluer votre kiosquier ou de vous abonner...

À chaud

- Covid-19 : la Kanaky toujours malade du colonialisme – La crise sanitaire a rappelé de mauvais souvenirs aux Kanak, qui avaient été quasiment décimés à l’arrivée des colons (et de leurs maladies). Sur fond de néocolonisation par la dette, un nouveau référendum d’autodétermination se tiendra en octobre.

- Violences policières : ce que Maurice Rajsfus fut – Rescapé de la rafle du Vél’ d’Hiv’, Maurice Rajsfus a documenté les abus de la police pendant des décennies. (...)



Par Tommy {JPEG}



Un livre phare de l’émancipation féminine
« Notre corps, nous-mêmes » : entre intime et politique

paru dans CQFD n°185 (mars 2020), par Tiphaine Guéret, illustré par

Quarante-trois ans. C’est le temps qu’il aura fallu pour que la version française de Notre corps, nous-mêmes soit actualisée. Ouvrage de référence dans les années 1970, ce manuel a permis à des millions de femmes d’apprendre à connaître leur corps, à le considérer et à le défendre. Longtemps introuvable en librairie, il y a fait son grand retour le 20 février.

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« J’aurais aimé avoir ce bouquin entre les mains quand j’étais ado. » Le livre dont parle la documentariste Nina Faure [1], c’est Notre corps, nous-mêmes [2], un manuel sur le corps féminin publié pour la première fois aux États-Unis en 1971. Pensé et élaboré par un collectif de femmes de Boston, l’ouvrage rencontre à l’époque un succès retentissant : traduit dans plus de trente langues, il est adapté puis édité en France en 1977. À sa parution dans l’Hexagone, Notre corps, nous-mêmes s’impose rapidement comme un outil de référence de l’émancipation féminine. Parce qu’il parle du corps sans tabou ni injonction, parce qu’il est écrit « par des femmes, pour les femmes », parce qu’il donne des billes pour se connaître et se défendre. Épuisé depuis les années 1990, il continuait cependant à passer de main en main, terminant parfois sa course, jauni et écorné, dans les salles d’attentes de certains centres du Planning familial. Jusqu’à ce qu’un collectif d’autrices, dont Nina Faure fait partie, décide de l’actualiser.

À l’origine de l’aventure, Marie Hermann, cofondatrice [3] de Hors d’atteinte, la maison d’édition marseillaise qui édite la version 2020 de Notre corps, nous-mêmes. Il y a une quinzaine d’années, en pleine adolescence, sa mère lui prête ce livre : elle ne parvient pas à lui parler de sexualité, mais toutes les questions que Marie pourrait se poser trouveront réponse dans ce manuel. Il ne la quittera plus : « Ce bouquin a changé ma vie. Je pense qu’il est en partie responsable du fait que je me sente bien dans mon corps et que je politise ces questions-là. » En 2016, devenue éditrice, Marie Hermann renoue avec un projet qui lui tenait à cœur depuis longtemps : constituer un collectif d’autrices pour actualiser la version de 1977. Naïké Desquesnes, Nina Faure, (...)




L’ancêtre du Chien Rouge qui disait merde au kaki
L’armée, pas de quoi RIRe

paru dans CQFD n°185 (mars 2020), par Emilien Bernard, illustré par

Ouvrir l’un des derniers numéros du RIRe est une expérience troublante. Si le nom diffère, les pages ressemblent beaucoup aux premiers numéros de CQFD : format, maquette, idées politiques, on s’y croirait. Et au fond c’est bien normal, puisque le canard que vous tenez entre les mains est l’héritier direct de ce journal antimilitariste.

La Une du n°185 de CQFD, illustrée par Gwen Tomahawk

Au départ, il y a le Journal des Objecteurs, mensuel lancé au début des années 1980, époque où éviter son service militaire est une gageure. Le premier numéro, tiré à 1 000 exemplaires en juillet 1982, annonce la couleur : on n’est pas là pour rigoler. Maquette A4 austère, pas un dessin, vocabulaire militant... Le fun n’est pas (...)


Kristian Williams est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la police aux États-Unis, dont Our Enemies in Blue : Police and Power in America (2004). Il commente ici la situation bouillonnante des villes américaines, l’apport des émeutes au rapport de forces et différentes problématiques militantes.

Par Gwen Tomahawk {JPEG}

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Cet entretien est la traduction partielle d’une interview réalisée en anglais par le site radical Hard Crackers : « “Preserving Our Capacity to Act” : An Interview with Kristian Williams », HardCrackers.com (16/06/2020).

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Sur l’efficacité des émeutes, tu affirmes qu’elles s’opposent bien plus sûrement à la brutalité (...)


Rescapé de la rafle du Vél’ d’Hiv’, Maurice Rajsfus a documenté les abus de la police pendant des décennies. Il est décédé le 13 juin, jour d’une immense manifestation parisienne contre les violences policières. Hommage.

Les policiers ? « Si tu leur réponds, il y a outrage. Si tu résistes, il y a rébellion. Si tu prends la foule à témoin, il y a incitation à l’émeute », commentait Maurice Rajsfus dans un entretien [1] à CQFD, où il constatait le comportement de plus en plus » invraisemblable » des policiers. C’était en 2008, sous Sarkozy. Maurice (...)


Les campagnes et les espaces naturels n’ont pas échappé à la surveillance qui a déferlé pendant le confinement. Cluster du coronavirus, Izaut-de-l’Hôtel a même pris des allures de laboratoire répressif. Dans ce village du piémont pyrénéen, au motif de l’injonction à « rester chez soi », les autorités ont encore accentué la militarisation du maintien de l’ordre public.

Par Vincent Croguennec {JPEG}

Du pas de leur porte, les voisins se cherchent du regard, interloqués, presque tétanisés. Tout proche, un hélicoptère militaire kaki surplombe, en vol stationnaire, les tuiles du toit de l’école. Pendant ces quelques secondes qui semblent durer des heures, le ronflement sourd des palettes et du rotor envahit le village. Un bruit (...)


Pour trois coups de pied assénés à un flic, le tribunal de Valence avait condamné un Gilet jaune à douze mois de prison ferme. Devant la cour d’appel de Grenoble, le manifestant s’en est sorti avec huit mois de bracelet électronique et trois ans d’interdiction de manifester dans sa région et à Paris. Son camarade, auteur d’un seul coup, a écopé de six mois de bracelet.

Par Etienne Savoye {JPEG}

« Dans cette affaire, lâchera l’avocate des policiers pendant l’audience d’appel, tout est question d’angle de vue. » C’est assez vrai. Il n’y a qu’à voir, par exemple, le titre de l’article que le site de C-News consacre à l’affaire : « Agression de policiers : condamnation confirmée en appel pour deux Gilets jaunes ». Des (...)


Un virus plus tenace que le corona
La Kanaky toujours malade du colonialisme

paru dans CQFD n°189 (juillet-août 2020), par Benoît Godin, illustré par

La Nouvelle-Calédonie a été plutôt épargnée par la pandémie de coronavirus : premier territoire français à entamer son déconfinement le 20 avril, elle n’a compté qu’une vingtaine de cas sur son sol, pour zéro décès. Son économie en sort fragilisée, mais la métropole (et son argent) est là pour l’aider à affronter la crise. C’est en tout cas le scénario que défendent représentants de l’État et ténors de la droite locale anti-indépendantiste, enchantés de pouvoir vanter une France sauveuse providentielle à quelques mois du second référendum d’autodétermination. L’épisode a en réalité été pénible, remettant les Kanak face à leur histoire douloureuse. Il a montré une fois encore que l’État français agit toujours, par atavisme ou par stratégie politique, en puissance coloniale.

Par Gabriel Pissondes {JPEG}

Au début de cette année, l’inquiétude suscitée par la propagation du coronavirus était mondiale. Mais elle a eu un retentissement particulièrement fort chez les Kanak qui, à l’instar de nombreux autres peuples autochtones, avaient subi de plein fouet leur rencontre au XIXe siècle avec les colons blancs... et leurs maladies. Le peuple (...)


Depuis le meurtre de George Floyd, la police étatsunienne est sur la sellette. Sous la pression de la rue, municipalités et États fédérés multiplient les mesures de réforme. Insuffisant pour une importante partie des manifestants : ne croyant pas à la possibilité d’une « bonne police », ils demandent tout simplement son abolition. Professeure assistante en justice criminelle à la California State University (site de Chico), Gwenola Ricordeau milite de longue date pour l’abolition du système pénal. Elle livre ici son analyse sur ce moment inédit.

Photo Gwenola Ricordeau {JPEG}

« Vous arrivez encore à dormir  ? », me demandait récemment quelqu’un sur mon compte Twitter. Depuis le début des mobilisations qui ont suivi la mort de George Floyd, je n’ai plus sommeil. Chercheuse [1] et militante abolitionniste depuis vingt ans, je vis dans un pays où la question de l’abolition du système pénal et en particulier (...)


À Aubervilliers, un projet de collège alternatif public avait fini par voir le jour après dix ans de travail collectif. Las : les pontes conservateurs de l’Éducation nationale ont décidé d’y mettre fin.

Début juin, la nouvelle est tombée comme un couperet : le rectorat de Créteil met fin au projet coopératif et polytechnique du collège public de secteur Gisèle-Halimi d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Dix années de travail du collectif A2CPA (Association pour un collège coopératif et polytechnique à Aubervilliers) balayées par (...)


Dossier « Violences policières & racisme aux USA »
Off the pig ! *

paru dans CQFD n°189 (juillet-août 2020), par l’équipe de CQFD, illustré par

Depuis le meurtre de George Floyd, la société étatsunienne se trouve à un point de bascule historique. Soit elle conforte la pente fasciste du trumpisme, soit elle lui oppose l’abolition du système pénal afin d’en finir avec les violences policières racistes et l’incarcération de masse. Dossier de six pages.

Photo Gwenola Ricordeau {JPEG}

« Ce qui se passera après les émeutes sera crucial pour déterminer si ce moment marque un tournant dans l’histoire de la contestation du maintien de l’ordre, ou s’il est simplement cathartique », explique l’abolitionniste Kristian Williams dans nos colonnes [p. 10]. Depuis le meurtre de George Floyd, homme noir tué le 25 mai par (...)



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