CQFD
Du municipalisme libertaire au communalisme
Pour la Commune, hourra !

paru dans CQFD n°174 (mars 2019).

Dossier > En mobilisant les maires des petites villes et des communes rurales, « premiers de corvée » et « oubliés de la République », Macron mise sur l’échelle municipale pour relayer sa tentative d’enfumage. Simple courroie de transmission de l’exécutif jusqu’ici, l’échelle communale ne pourrait-elle pas être retournée comme une crêpe et transformée en espace d’émancipation politique et sociale ? Ainsi, à Commercy ou dans les assemblées des « maisons du peuple », la dimension constructive des Gilets jaunes ne propose-t-elle pas finalement « une autre commune en marche », loin de la fanfaronnade présidentielle ?

Par Pirrik {JPEG}

Faut croire que c’est plus fort que lui : « C’est moi qui donne le micro, parce que c’est pas une communauté autogérée ! », plaisante Emmanuel Macron sur un ton de colon paternaliste en retirant le micro des mains d’un élu d’outre-mer lors d’une séance du « grand débat » le 1er février.

À rebrousse-poil de cette mise en scène, 75 délégations venues de l’ensemble du territoire s’étaient réunies dans la Meuse, à l’appel de l’assemblée des Gilets jaunes de Commercy les 26 et 27 janvier : « Ensemble, créons l’Assemblée des assemblées, la Commune des communes. C’est le sens de l’Histoire, c’est notre proposition. »

Rejet de la politicaillerie

Force est de constater que les mouvements sociaux (...)



Par Nicolas de la Casinière {JPEG}



Depuis le 23 janvier, le Venezuela a deux présidents, Nicolás Maduro et Juan Guaidó. Le premier dénonce une tentative de coup d’État. Le second une usurpation de fonction. L’un cherche à conserver le pouvoir effectif malgré une légitimité électorale mise en cause. L’autre le revendique par la pression internationale sur la base d’une interprétation très large de la Constitution. Entre les partisans des deux camps, prises de position et débats sans fin teintés de mauvaise foi pullulent.

Par Kalem {JPEG}

À gauche, pour bon nombre d’amateurs d’analogies bancales et de visions campistes [1] du monde contemporain, les derniers soubresauts du conflit vénézuélien sont l’opportunité de diffuser un récit simplificateur des événements que l’on peut résumer ainsi : un « président fantoche » adoubé par Washington tente de renverser ouvertement un gouvernement sud-américain victime d’une guerre économique et cible d’une campagne médiatique visant à faire croire au monde que le Venezuela souffre d’une crise humanitaire. Et ce pour s’emparer de son pétrole. Comme l’écrit l’éditorialiste cubain Rafael Rojas [2], « les récits manichéens partagent une déformation de l’histoire de la crise vénézuélienne  ».

Terre de contrastes et de putschs

Au Venezuela, on est tous le putschiste de quelqu’un. Hugo Chàvez le premier, puisqu’il s’est fait connaître en 1992 par un coup d’État (manqué). L’opposition également, dix ans plus tard, qui le renversa brièvement. Mais il ne faut pas remonter bien loin pour retrouver la genèse de l’épisode actuel. Durant plus d’une décennie, le chavisme d’État a exercé une hégémonie presque totale sur l’ensemble des pouvoirs publics, mais la gabegie économique, la disparition de Hugo Chávez en 2013 et la chute des prix du pétrole fin 2014 ont ouvert la voie au retour de l’opposition qui, en décembre 2015, a remporté deux tiers des sièges de l’Assemblée nationale. En position de minorité, le gouvernement décida alors de faire primer son maintien au pouvoir sur toute autre considération. En économie comme en politique, la logique de la survie à court terme s’est imposée. Ainsi, en 2016, le gouvernement proclama l’état d’urgence et décida de gouverner par décret, mit l’Assemblée nationale hors jeu et suspendit un référendum révocatoire qu’entendait (...)




Beau livre de 150 pages, The Housing Monster est une petite encyclopédie pratiquo-marxiste dédiée à la question du logement. Des cadences de travail dans le BTP à la gentrification en passant par le contrôle des loyers... rien n’y manque.

Par Prole.info {JPEG}

Au début, faut s’accrocher. Un peu. C’est que le premier chapitre de The Housing Monster – Travail et logement dans la société capitaliste attaque direct sur la distinction entre « travail vivant et travail mort », chère aux théoriciens de la valeur. Comme ça, boum. Alors certes, le style est fluide, les phrases sont construites de (...)


De l’action directe dans les années 1990
Plus de bruit contre les fachos !

paru dans CQFD n°164 (avril 2018), par Iffik Le Guen, illustré par

Yves Peyrat réanime le groupe Francs-tireurs partisans (FTP) en même temps que l’action directe au début des années 1990. Douze bombes plus tard, notamment contre le siège et des locaux du FN à Marseille, la petite équipe de deux militants antifa est coffrée en 1999. Verbatim.

«  FTP démarre en 1994, mais c’est en gestation depuis deux ou trois ans. On se place dans la continuité d’une pratique politique et militante type Scalp, qui passait par des manifs un peu chaudes, des sessions de collage-tractage, des meetings. Mais tout ça nous semblait de plus en plus limité. De mon côté, j’étais convaincu de la (...)


Une expérience de démocratie participative
Saillans, village « utopique et pragmatique »

paru dans CQFD n°174 (mars 2019), par Yann Renoult, illustré par

Cinq ans après les élections qui ont conduit une liste participative à la mairie de Saillans (Drôme), de vrais dispositifs de prise de décision alternatifs ont été mis en place. Mais l’investissement des habitant.es n’est pas aussi fort qu’espéré. Reportage et retour d’expérience.

Par Maïda Chavak {JPEG}

Planté au bord des eaux débaroulantes de la Drôme, surplombé par le massif des Trois Becs, le village de Saillans, 1 300 âmes, affiche un étonnant dynamisme. Sur le marché dominical ensoleillé, des « néos » [1] et nombre de jeunes enfants côtoient des « natifs » souvent plus âgés. Comme d’autres bourgades de cette vallée en vogue, (...)


Loi Littoral en danger
Bétonner en paix

paru dans CQFD n°167 (juillet-août 2018), par Iffik Le Guen, illustré par

Adoptée en 1986 pour canaliser la ruée immobilière sur les côtes françaises, la loi littoral a été attaquée fin mai 2018, lors de la discussion du projet de loi sur « l’Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique » (Élan). Par le biais d’amendements subreptices, le pouvoir a fait passer certaines dispositions permettant de libérer la croissance… du béton sur le bord de mer. Illustration avec le cas breton.

Par Pirrik {JPEG}

Retouchée mais pas coulée ! La « digue » de la loi Littoral, qui interdit toute construction nouvelle à moins de cent mètres des côtes en dehors des zones urbanisées, est grignotée. Mais elle tient encore en partie. Sa popularité n’y est sans doute pas étrangère : elle est plébiscitée par 91 % des Français.

Les 9 % restants ? (...)


Liberté, égalité, super-pouvoirs
La kryptonite, c’est politique

paru dans CQFD n°172 (janvier 2019), par Sébastien Navarro

William Blanc est un super-historien. Carrément surprenant. Après avoir désossé la figure de Charles Martel [1] , le voilà qui essaie de concilier critique sociale et comic book. Son livre Super-héros, une histoire politique (éditions Libertalia) rameute le minot qui sommeille en nous.

La couverture du livre "Super-héros, une histoire politique". {JPEG}

En juin 1938, sur la couverture d’Action Comics, on peut voir un mastard à cape soulever à bras nus une bagnole. Au premier plan, un citoyen s’enfuit, la tête entre les mains, à la fois terrifié et fasciné par l’irruption soudaine de cet hercule à force de taureau. Non seulement l’humanoïde en collant fait montre d’une force (...)


Beaucoup de pratiques de révolte et d’illégalisme naissent de la vie quotidienne. Et plus exactement : des privations qui parfois l’accompagnent. L’électricité en est un exemple très concret.

Par Plonk & Replonk {JPEG}

Difficile aujourd’hui d’envisager vivre sans électricité. Mais quand les fins de mois tournent à la pénurie, on se passerait bien de régler la douloureuse. Comment diminuer cette dernière, voire la réduire à zéro ? Certains ont recours aux autoréductions de facture, pratique s’accompagnant souvent d’une critique politique. Il (...)


Rencontre avec le collectif des travailleurs/euses du livre de Toulouse
« Lutter à partir des métiers du livre »

paru dans CQFD n°146 (septembre 2016), par Ferdinand Cazalis

Quel bonheur et quel épanouissement de vivre et de travailler dans les métiers du livre ! Certes, mais ce n’est pas une raison de se satisfaire de la précarité que connaissent nombre de travailleurs/euses du secteur. À Toulouse, on s’organise.

D.R. {JPEG}

C QFD : Pouvez-vous nous raconter quand et pourquoi vous avez lancé ce collectif ?

Mathilde : Cela fait un an environ que nous avons impulsé des réunions mensuelles regroupant plusieurs personnes travaillant dans divers métiers du livre. Il y a des libraires, comme nous deux, venant de petites et grandes librairies, des éditeurs non (...)


Mais qu’est-ce qu’on va faire du…
Mais qu’est-ce qu’on va faire de… ?

paru dans CQFD n°147 (octobre 2016), par Julien Tewfiq

C’est la plus simple et la plus complexe à écrire de nos chroniques : le « Mais qu’est-ce qu’on va faire de… ? » Trouver une tête-à-claques à claquer, un concept fumeux à fumer, une quiche à entarter… ce n’est pas ce qui manque ! Et pourtant, en ce premier octobre 2016, avant-dernier jour de bouclage, nous n’avons toujours pas (...)


Extrait du troisième tome de "Décris-Ravage", d'Adeline Rosenstein et Baladi. {JPEG}

Au fond, ça ressemble à une plongée labyrinthique. On avance dans le dédale entre rappels historiques, témoignages sur le vif et commentaires géopolitiques. On ne lit pas Décris-Ravage les doigts de pied en éventail en sirotant son apéro du soir. Le sens de la vue doit être en état d’alerte maximal. Les synapses au bord du (...)



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