Ses articles dans les numéros 1 à 82 de CQFD sont consultables sur l’ancien site. Et à partir du n°83, ci-dessous.
Les travailleuses sont-elles des travailleurs comme les autres ? Si on regarde de près l’histoire du mouvement ouvrier, au départ le projet d’émancipation des travailleurs avait prévu de laisser les bonnes femmes aux fourneaux. Pourtant, en 1846, Flora Tristan faisait déjà de la libération de la femme une priorité. Non seulement, disait-elle, la femme est « traitée en paria » par le prêtre, le législateur, le philosophe, mais elle est aussi la « prolétaire du prolétaire », la domestique du mâle (...)
Il y a des beaux métiers à inventer. Comme celui de poète public. À la différence d’un « poète des rues » qui déclamerait son art à la volée, le poète public propose plus modestement des mots presque taillés sur mesure. C’est le cas de l’ami Antoine… Lors d’un voyage à la Nouvelle-Orléans, Antoine voit évoluer des « débrouillards célestes, des fomentateurs de vies incroyables » qui vivent de boulots qu’ils se sont créés. C’est en croisant un de ces beatniks modernes posé avec sa machine à écrire sur une petite (...)
Là-bas, il y a trente ans, au bout des terres, la « Baie des trépassés » a-t-elle failli gagner son nom ? En cette période de catastrophisme nucléaire, le pire n’est pas incertain. Pourtant grâce à la pugnacité des habitants du Cap Sizun, Plogoff a vaincu le nucléaire, EDF, l’État et même George Marchais. Suite au choc pétrolier, la technocratie française croit acquérir sa fameuse « indépendance énergétique » en livrant le pays pieds et poings liés au nucléaire. 167 hectares de landes bretonnes sont donc (...)
Pour reprendre un lieu commun de l’histoire contemporaine française, la guerre d’Algérie est cet autre « passé qui ne passe pas ». Acteur et historien de cette période, Mohammed Harbi, 77 ans, y pose un regard à la fois critique, serein et libre, loin de l’esprit revanchard et de l’instrumentalisation politique, à l’image sans doute de l’homme qu’il est. Nous l’avons rencontré chez lui, non loin de Ménilmontant. En 1993, Mohammed Harbi écrivait dans son livre L’Algérie et son destin : « Il faut, pour le (...)
« Merde au Hamas. Merde à Israël. Merde au Fatah. Merde à l’ONU et à l’Unrwa (agence onusienne en charge des réfugiés palestiniens depuis 1948). Merde à l’Amérique ! » Deux ans après l’opération « Plomb durci » – 22 jours de bombardements israéliens : 1 417 tués dont 352 enfants –, un collectif de jeunes artistes, rappeurs et militants associatifs palestiniens, Gaza Youth Breaks Out, diffuse un manifeste, publié le 28 décembre dans Libération, où ils ruent dans les brancards contre la double oppression qu’ils (...)
Depuis dix ans, à mesure que nos droits sociaux se font détricoter, ce sont plus d’une trentaine de lois et décrets sécuritaires qui sont venus renforcer l’arsenal répressif du grand commissariat de police qu’est la France. Si bien qu’à chaque durcissement au gré frénétique des faits divers, on se dit qu’au prochain, en plus d’abolir la présomption d’innocence – ce qui est partiellement fait avec la loi Dati sur la récidive –, nos adorateurs de la liberté vont rétablir les châtiments corporels sur la place (...)
LE 21 JUIN, dans la page Rebonds de Libération, une pétition se distingue de l’hostilité généralisée vis-à-vis des inculpés de Villiers-le-Bel pour dénoncer avec une certaine virulence la guerre sociale faite aux pauvres et aux jeunes issus de l’immigration et « la vengeance privée de l’institution policière contre le peuple de Villiers-le-Bel ». On y rappelle la constante historique de l’implacable répression d’État sur les « classes dangereuses ». Ce soutien passe relativement inaperçu en ces temps de (...)
Quitte à titiller les susceptibilités néocoloniales, rendons hommage au film Camp de Thiaroye, sorti en 1987 – près de vingt ans avant Indigènes, mais qui est passé quasi inaperçu en France – de l’écrivain et cinéaste sénégalais Sembène Ousmane (1923-2007). CAMP DE THIAROYE raconte l’histoire d’un bataillon de tirailleurs sénégalais (c’est-à-dire aussi bien maliens, nigériens, tchadiens, burkinabés…) revenus en 1944 des charniers du conflit européen. Ils ont vu les blancs s’entretuer et connus les camps (...)
GRAND FLAMBEUR, grand vivant, grand joueur de billard et de poker, peintre et accessoirement guitariste génial, Django Reinhardt aurait 100 ans. « Et alors ? Ma grand-mère aussi ! », nous direz-vous ? C’est quand même l’occasion d’en causer avec François Billard, dit « le régisseur », un gonze qui connaît la musique. Peut-on dire de Django qu’il est le vrai inventeur du jazz manouche ? C’est le génie en tout cas. Mais lui-même insistait sur le fait qu’il n’était pas seul et qu’il était aussi l’héritier (...)
NÉ D’UN LOINTAIN ESPOIR d’émancipation humaine et de « justice sociale » – dixit Laurent Fabius (sic) –, le socialisme a connu une tendance « réformiste » dont le Parti socialiste serait l’ultime héritier. À force d’opportunisme politicien, la social-démocratie n’en finit plus de ramper, se délestant au passage de ses principes les plus fondamentaux. Retour en quelques dates sur quelques infamies, non exhaustives, histoire de tirer sur le corbillard : 31 août 1914 : Le nationaliste Raoul Villain tue le (...)
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