Au sommaire du n° 205 (en kiosque)
Quelques articles seront mis en ligne . Les autres seront archivés sur notre site progressivement, après la parution du prochain numéro. Ce qui vous laisse tout le temps d’aller saluer ou de ...
En couverture : « Pour en finir avec une écologie sans ennemis », de 20100
Actualités d’ici & d’ailleurs
– – Le 2 décembre dernier à l’Assemblée, la majorité et le gouvernement ont refusé de réviser le mode de calcul de l’allocation aux adultes handicapés. Un affront fait à celles et ceux qui la perçoivent et demandent sans relâche que son montant ne soit plus conditionné par les revenus du conjoint. Parce qu’elles sont particulièrement touchées par les violences et le chômage, les femmes handicapées sont les premières victimes de la conjugalisation de cette allocation.
– – Peu avant Noël, les élèves de l’académie d’Aix-Marseille étaient invités à envoyer un dessin aux militaires de l’opération Sentinelle, loin de chez eux pour les fêtes. Une initiative qui s’inscrit dans une dynamique bien plus large. Tour d’horizon des stratagèmes développés par l’armée pour squatter les bancs de l’école.
– – Interminable après-guerre en Bosnie-Herzégovine. Tandis que la population s’exile en masse et que les discours identitaires écrasent la contestation sociale, des collectifs se mobilisent pour dénoncer les potentats qui tiennent le pays, ou pallier leur incurie. Du local d’une association écolo à l’accueil de jour tenu par un collectif de soutien aux exilés, en passant par un centre culturel autogéré, balade dans un Sarajevo en résistance, solidaire et antifasciste.
– – Ces derniers temps, la contraception masculine se taille une petite place dans le paysage médiatique. Mais les implications sociales et politiques des pratiques qu’elle recouvre restent peu pensées. En compagnie de trois hommes contraceptés, aperçu de ce que dit la contraception masculine du patriarcat et des évolutions de la masculinité hétérosexuelle.
Dossier « Pour en finir avec une écologie sans ennemis »
– – Face au dérèglement climatique et à l’effondrement de la biodiversité, il conviendrait que chacun fasse sa part. C’est oublier que nous n’avons pas tous la même responsabilité dans la crise écologique : États et grandes entreprises climaticides sont infiniment plus coupables que le Gilet jaune lambda. Au vrai, c’est tout un système qui pose problème…
– – Compagnon de route historique de CQFD, Mickaël Correia émarge désormais chez Mediapart, où il s’occupe des questions écologiques. Ce 13 janvier, il publie Criminels climatiques, livre-enquête sur les trois multinationales qui émettent le plus de gaz à effet de serre au monde. Entretien autour du bouquin et des questions très politiques qu’il soulève, loin, très loin, de l’écologie des petits gestes et de la responsabilité individuelle.
– – C’est un pays déjà durement touché par la montée des eaux liée au dérèglement climatique. Au Bangladesh pourtant, des entreprises chinoises construisent d’énormes centrales à charbon dont la moitié de la production s’envole littéralement en fumée, le réseau électrique n’étant pas assez développé pour l’absorber.
– – Discrète multinationale française, Perenco siphonne sans ménagement, à la voyou, les puits de pétrole en fin de vie, en Afrique comme en Amérique latine. Profil.
– – Vivons-nous dans l’Anthropocène ou le Capitalocène ? Alors que le dérèglement climatique s’intensifie, la question n’est pas que sémantique, mais hautement politique tant « la logique du révolté est [...] de s’efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel » (Camus). Brève histoire d’un débat qui restructure la lutte des classes.
- La cause profonde de la crise écologique réside-t-elle dans le « comportement endémique » de l’espèce humaine ? Moins que de nature humaine, nous sommes face à un problème de culture et d’organisation sociale.
– - En Europe, des partis d’extrême droite commencent à reconnaître la réalité du dérèglement climatique. Mais c’est pour mieux vendre leur amour des frontières et leur haine des migrants.
– – Quand Valeurs actuelles se pique d’écologie, ça donne un mélange de déni et d’imprécations anti-gauchistes aussi fourre-tout qu’absurde. Rapide plongée dans deux récents « dossiers » de l’hebdomadaire préféré des réacs fascisants.
– – Au même titre que le transport routier et l’aviation civile, le secteur militaire est une cause du dérèglement climatique. Le ministère de la Défense reconnaît lui-même qu’une réduction des émissions de gaz à effet de serre sera très difficile à opérer « sans toucher au cœur de métier ».
Côté culture
– – Après Vivre riche (2017), Joël Akafou signe un nouveau film : Traverser, sorti en salle le 5 janvier. Où il est question d’exil, d’espoirs, de mère et d’amantes.
– Du Congo à la Belgique : le temps et ses blessures – Dans une série radiophonique en trois épisodes, « Sous l’eau, les larmes du poisson ne se voient pas », deux autrices belges, Delphine Wil et Jeanne Debarsy, partent sur les traces du passé familial de la première. En captant le moindre échange, le plus intime soit-il, elles parviennent à retracer des vies, parfois tragiques, et une histoire, personnelle et collective.
– – Quelques livres corrosifs récents qui ont fait bien trop peu parler d’eux, mille bombardes !
– – Avec son roman Melmoth furieux (La Volte, 2021), Sabrina Calvo réinvente la Commune et savate ce qui ronge les rêves.
– ) – Joie. Alors que l’œuvre d’Aaron Cometbus reste globalement inconnue en France, de petits éditeurs francophones portés sur les univers dissonants – Tahin Party, Demain les flammes, Nœuds éditions (pour le Québec) – ont récemment traduit certains des textes les plus pétillants du roi ricain des fanzines. Joie bis : il était récemment de passage à Marseille. L’occasion de revenir sur les créations littéraires azimutées qu’il tricote depuis le début des années 1980.




