« Geste de soutien » à la bombe atomique
La première fois ! Le 6 août dernier, c’était la première fois que la France dépêchait des diplomates aux cérémonies marquant la destruction de Hiroshima, il y a 65 ans, par une bombe atomique ricaine qui a fait au moins 140 000 morts, excusez du peu. Selon la dépêche de l’AFP reprise dans la presse, cette présence traduisait un « geste de soutien au mouvement en faveur du désarmement nucléaire mondial ». La grande classe. Le « mouvement en faveur du désarmement nucléaire mondial » en était sûrement tout guilleret. Mais peut-être aurait-il préféré que la France, signataire du Traité de non-prolifération nucléaire, cesse de moderniser son missile M51, petit bijou de technologie mortifère pouvant contenir des têtes nucléaires ? Houpeula ! Quand il s’agit de ses Little boys tricolores, la France dépêche plutôt sa gendarmerie. Ce fut le cas le 1er décembre dernier, quand sept membres du collectif « Non au missile M51 » ont pénétré dans l’enceinte du Centre d’essai et de lancement de missiles de Biscarrosse (Landes), alors que la base supervisait des essais de tir de son nouveau joujou. Le 8 septembre, ils comparais- saient devant la justice, à Mont-de-Marsan, pour répondre de cette petite escapade. Un beau « geste de soutien »… « Je ne pourrai, un jour, renoncer à cette arme que dans la mesure où je serai certain que le monde soit stabilisé et en sécurité », déclarait Nicolas Sarkozy le 13 avril 2010 au sommet de Washington sur le nucléaire. T’as raison, Léon : tu ne pourras, un jour, renoncer à préparer la guerre que dans la mesure où tu seras certain que tu ne prépares pas la guerre…
Cet article a été publié dans
CQFD n°81 (septembre 2010)
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Paru dans CQFD n°81 (septembre 2010)
Dans la rubrique Petit cynisme ordinaire
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Mis en ligne le 24.10.2010
Dans CQFD n°81 (septembre 2010)
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