Ça brûle !

Dieu existe, il squatte notre local

Franchement, on est des warriors de l’enfer. Z’imaginez pas. Sortir un canard tous les mois avec une équipe de bras cassés de ce niveau, c’est limite miraculeux. Et qu’on tienne depuis 175 numéros, c’est sans doute la meilleure preuve qu’un Dieu veille sur les éclopés – un genre de grand morse céleste affalé sur les nuages, toisant l’agitation terrienne en tirant sur son joint.

Le présent numéro a ainsi traversé diverses tempêtes des plus agitées. Parmi les avaries : notre graphiste de choc a été catapultée aux urgences à deux jours du bouclage et vagit désormais piteusement derrière son ordi, bourrée d’antibiotiques et d’antidouleurs. Accablé d’insomnie, notre secrétaire de rédaction a les cernes qui lui tombent aux genoux et ânonne vaguement des règles typographiques désuètes dont tout le monde se contrefout. Chargée de notre repas de bouclage, la préposée au bo bun a décidé qu’elle remplacerait avantageusement le plat attendu par une bouteille de saké (bah ouais, meuf, c’est pareil) et tire la gueule parce qu’on a vanné sa pathétique tentative de communiquer en breton. Résultat des courses : son coreligionnaire Armoricain a cuisiné du merlu d’Afrique du Sud, bravo l’empreinte carbone. Quant à l’auteur des présentes lignes, il s’est proprement assommé hier soir sur le rideau de fer du local après avoir recouvert les documents du comptable de généreuses rasades de ce Beaujolais frelaté que nous deale un épicier assassin. Ouaip, c’est la hess.

Si t’ajoutes à ça que notre voisine du cinquième vient de passer nous informer que les fissures de l’immeuble ont atteint un stade plus qu’inquiétant – on peut y passer une cuisse de Gaudin –, ben ça fait quand même un peu beaucoup, bordel.

On t’enjoint donc à empoigner le présent numéro avec respect et à le traiter comme une petite chose fragile, genre fennec cardiaque ou gerbille rescapée d’un naufrage. Ce qui est cool, par contre, c’est qu’on y croit toujours autant et qu’il n’est pas question de lâcher la barre – Génération un gouvernail. Surtout quand les rues d’Algérie et de Navarre continuent à ruer dans les brancards sans démériter. Nos petits tracas, du coup, fondent comme neige au soleil d’Andalousie. Et on repart comme en 40, la fleur au fusil, le muguet à la boutonnière, l’enthousiasme en intraveineuse. Chiche qu’on est encore là dans dix ans, à gambader dans les kiosques comme des chevreuils jouasses.

Cet article fantastique est fini. On espère qu’il vous a plu.

Nous, c’est CQFD, plusieurs fois élu « meilleur journal marseillais du Monde » par des jurys férocement impartiaux. Plus de vingt ans qu’on existe et qu’on aboie dans les kiosques en totale indépendance. Le hic, c’est qu’on fonctionne avec une économie de bouts de ficelle et que la situation financière des journaux pirates de notre genre est chaque jour plus difficile : la vente de journaux papier n’a pas exactement le vent en poupe… tout en n’ayant pas encore atteint le stade ô combien stylé du vintage. Bref, si vous souhaitez que ce journal puisse continuer à exister et que vous rêvez par la même occas’ de booster votre karma libertaire, on a besoin de vous : abonnez-vous, abonnez vos tatas et vos canaris, achetez nous en kiosque, diffusez-nous en manif, cafés, bibliothèque ou en librairie, faites notre pub sur la toile, partagez nos posts insta, répercutez-nous, faites nous des dons, achetez nos t-shirts, nos livres, ou simplement envoyez nous des bisous de soutien car la bise souffle, froide et pernicieuse.

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