Des tsunamis ici aussi
Le 22 septembre 2006, entre les barrages de Beauchastel (Ardèche) au sud, et celui de Bourg-lès-Valence (Drôme) au nord, deux déferlantes de plus d’un mètre de haut remontent le Rhône à contre-courant. Fermeture non contrôlée des turbines du barrage en aval ? Essais malheureux sur les vannes déchargeuses destinées à diminuer des vagues intempestives en cas d’interruption brutale des turbines ? On ne sait, les autorités n’ayant apporté la moindre explication. Mais, sur plus de vingt kilomètres, ce petit tsunami a endommagé nombres de pontons et embarcations avant de frapper violemment le barrage de Bourg-lès-Valence.
C’est de ce fleuve et de ces canaux de dérivation que de nombreuses centrales nucléaires tirent l’eau nécessaire aux refroidissements de leurs réacteurs. Dans le département du Vaucluse, les quatre réacteurs de 900 mégawatts de la centrale du Tricastin captent l’eau du canal de Donzère-Mondragon, à moins de deux kilomètres en amont du barrage hydroélectrique André-Blondel. Particularité de ce canal : il possède l’écluse la plus haute de France, avec une différence de niveaux de vingt-trois mètres. Petit retour en arrière : le 2 février 1998, la porte en amont de cette énorme écluse connaît une défaillance « incontrôlable », selon le rapport des enquêteurs du ministère de l’Écologie. Une gigantesque vague submerge une péniche de plus 1 200 tonnes, tuant la batelière sur le coup. La porte Sud, elle, résiste au choc. Alléluia ! Dans le cas contraire, l’incident aurait provoqué un tsunami en aval et, surtout, une baisse brutale du niveau du canal en amont, ce qui aurait eu pour conséquence de mettre hors d’eau les bouches d’alimentation nécessaires au refroidissement des quatre réacteurs de Tricastin…
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Cet article a été publié dans
CQFD n°89 (mai 2011)
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Paru dans CQFD n°89 (mai 2011)
Dans la rubrique Le dossier
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Mis en ligne le 20.06.2011
Dans CQFD n°89 (mai 2011)
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