Démission, piège à cons !
Ces temps-ci, je sais pas si t’as notu : dès qu’un(e) ministre du sarkozysme fait ce pour quoi on l’a mis là (du sarkozysme, donc), des voix (d’aussi longue portée que celle, par exemple, de Pierre Moscovici, du Parti « socialiste ») montent dans l’air frais des revigorants matins de février pour demander sa démission, et que l’impudent(e) coquin(e) s’en aille, et s’en aille vite, vu qu’on peut tout simplement plus voir son faciès en peinture, et que son maintien serait comme une tache au reluisant revers de l’irréprochable République, et toutes ces conneries.
La dernière fois, remember, c’était le colonel (de réserve) Brice Hortefeux, qui devait gicler, après qu’il venait d’être condamné pour avoir sauté à pieds joints sur la présomption d’innocence (après qu’il venait d’être condamné pour injure raciale), et là, nouvellement, c’est MAM, des Affaires étrangères (à toute éthique), qui doit dit-on calter, maintenant qu’on sait qu’elle a approché de près le clan Ben Ali, et qu’elle a menti, jurant que non, pas du tout, elle n’avait pas du tout approché de près le clan Ben Ali – alors que si, elle avait, je viens de te le dire, ça serait bien que tu suives, steuplé. Bon, j’ai rien contre qu’on lourde quelques pénibles, mais tout ça ressemble quand même très fort à l’histoire du gars qui avait 49,5° le matin, et qui a voulu faire tomber sa fièvre en jetant son thermomètre, et qui est mort dans d’affreuses convulsions – parce qu’enfin, quoi de neuf, dans les divagations d’Horteuf et les menteries de MAM ?
Rien, ma couille.
Ça fait quarante-trois longs mois (j’ai compté sur mes doigts) que Sarkozy, retranché dans l’Élysée, ment quotidiennement (et nous dit que Ben Ali, du clan du même nom, est un ami (de la démocratie)) – et que t’es là, tranquille, tu prends l’apéro sous la tonnelle, et tout d’un coup, paf, un machin tout rose vient se poser dans le bol des cacahouètes : c’est le nez du chef de l’État français, qui vient encore de s’allonger de quatre-vingts kilomètres – aaah, putain de merde, enlève-moi ce truc de là, Raymond, ça me dégoûte, et, tiens, Raymond, donne-moi plutôt les pistaches. Itou : le mec met tant d’application à fouler aux talonnettes la présomption d’innocence – et à détecter aux prétoires du « présumé coupable » (dont nous devrions couper le col, mâme Dupont) – qu’il a désormais contre lui, si je mets de côté le fidèle procureur de Nanterre, tout ce que ce pays compte de magistrats – des gens qui pourtant sont modérément bolcheviques – mais.
Mais.
Mémé.
Est-ce qu’on réclame sa démission, et qu’il s’en aille et tout, le Sarkozy ? Est-ce que Pierre Moscovici se masse sur la place Tahrir, pour exiger qu’il dégage, lui et son régime pourrixe ?
Neuuûn : quand Sarkozy fait tout comme font ses affidé(e)s, les lanceurs d’appels à démission-dans-l’instant se rappellent soudain qu’ils ont piscine, et se tiennent cois.
Ce qu’ils veulent, tu sais quoi ?
C’est une révolte, Sire – chez Denisot ou chez Ruquier, if possible – pas une révolution : faudra donc pas qu’on oublie de les virer aussi.
Cet article fantastique est fini. On espère qu’il vous a plu.
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Cet article a été publié dans
CQFD n°86 (février 2011)
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Paru dans CQFD n°86 (février 2011)
Dans la rubrique Rage dedans
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Mis en ligne le 03.03.2011
Dans CQFD n°86 (février 2011)
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