Au Guy l’an neuf
Quand on lui demandait comment il allait, Guy balançait : « Mal ! » Puis il rigolait. Une vigoureuse poignée de main – à laquelle il manquait un doigt depuis une altercation avec un voisin irascible –, avant de compter les invendus de CQFD. « J’ai rien branlé ce mois-ci ! » Mais en vérité il en écoulait une grosse douzaine sur les marchés d’Arles et de Marseille. Sauf une fois quand, après que son camion eut versé, son miel avait poissé nos pages. Il insista pour nous rembourser. Nos journaux en dépôt, on lui achetait ses pots, des fois. « Oui, c’est cher ! », clamait une affichette pour rabattre le caquet aux habitués des prix discounts trop oublieux de la valeur des vraies bonnes choses. Avec cet ours-là, l’œil et le cheveu toujours en pétard, s’il faisait beau, faisait trop chaud ! Un râleur. Guy était surtout un vrai bon copain pour CQFD et Le Ravi, pour ses collègues du marché, pour les aficionados de miels dorés et de pâte de coings maison.
C’était aussi un bagarreur qui avait, après une grève de la faim, fait cracher des indemnités aux autorités après la grande crue du Rhône. Et un tendre contrarié : la disparition des abeilles le minait par dessus tout. Il se demandait comment il pourrait décemment leur survivre. En ce début d’année grelotant, sur le retour du marché, Guy a cassé sa pipe. ça nous fait foutrement mal.
L’équipe de CQFD

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Cet article a été publié dans
CQFD n°129 (février 2015)
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Paru dans CQFD n°129 (février 2015)
Dans la rubrique Ça brûle !
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Mis en ligne le 06.02.2015
Dans CQFD n°129 (février 2015)
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