L’animal du mois
le raton laveur punk
Je t’apprends rien, frérot, sœurette, les temps sont foutrement durs : l’hiver, les résolutions 2026 déjà bafouées, le retour au taf... De quoi péter un câble. Et pas seulement pour nous autres, foutus bipèdes dépressifs. Anticipant l’arrivée des fêtes et de l’horrible période qui les suit, un adorable raton laveur s’est ainsi offert un intermède éthylique pas piqué des hannetons, s’introduisant nuitamment dans un magasin d’alcool de la ville d’Ashland, en Virginie. Fastoche pour cet Arsène Lupin au « masque noir bordé de blanc » (dixit mamie Wikipédia), qui a brisé la dalle du faux plafond avant de s’offrir une teuf d’enfer en solo. Pour preuve, ces photos publiées par le refuge de protection des animaux du coin, chargé d’accueillir les bestioles en petite forme. On y voit plusieurs étagères dévalisées et les bouteilles brisées jalonnant le sol de belles traînées alcoolisées. Ivre mort, l’héroïque raton laveur s’est ensuite traîné jusqu’aux toilettes où il s’est endormi en mode carpette, comme un prince. Cerise sur le baba au rhum, une responsable du refuge a déclaré : « C’est la troisième fois qu’il s’introduit par effraction. » Comme l’a écrit l’écrivain britannique Samuel Johnson : « Les grandes œuvres jaillissent non de la force, mais de la persévérance. » Bravo donc à l’obstiné punk quadrupède vandale, champion de l’impossible. Et fuck les bonnes résolutions.
Cet article fantastique est fini. On espère qu’il vous a plu.
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Cet article a été publié dans
CQFD n°248 (janvier 2026)
En Syrie, les Druzes de Soueïda continuent de se battre pour l’indépendance après la chute de Bachar al-Assad : iels nous racontent leur méfiance vis-à-vis du nouveau pouvoir en place. En France, si on n’a pas été choqué-es que l’Etat et les fachos s’engouffrent dans la brèche guerrière du moment, quand la gauche s’y est mise, on a eu du mal à avaler la pilule. Entre réarmement démographique et le Service national universel, des gens qu’on pensait camarades se sont dit prêts à prendre les armes. Chez nous, c’est pas question. Pour s’en échapper, on s’est plongé dans des supers bouquins et ça nous a inspiré : rencontre avec Wendy Delorme, autrice de romans d’anticipation queer et écolo, entretien avec Benjamin Daugeron qui raconte l’alcoolisme de son père dans Treize années à te regarder mourir et analyse du Girlcott qui a mené à l’annulation du Festival de BD d’Angoulême.
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Paru dans CQFD n°248 (janvier 2026)
Par
Illustré par Déa Guili
Mis en ligne le 24.01.2026
Dans CQFD n°248 (janvier 2026)
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