CQFD

Abandon / spéculation

Le ventre de Marseille crie famine


paru dans CQFD n°162 (février 2018), rubrique , par Bruno Le Dantec, illustré par
mis en ligne le 03/02/2018 - commentaires

Toujours pas d’école à Noailles. Ce quartier aura un centre social et une « micro-crèche », mais pas avant la prochaine mandature. Résorber l’habitat indigne ? Un diagnostic est en cours, entravé par les propriétaires. En attendant, la mairie et les spéculateurs placent leurs billes.

À Noailles, qu’on appelait autrefois le ventre de Marseille à cause de son intense activité alimentaire, c’est le chantier. L’éternel chantier de la reconquête urbaine. « Y a beaucoup de bruits qui courent qu’on ne reviendra plus », lâche Antoine, l’un des 17 maraîchers du marché qu’on a envoyés se faire voir en haut de La Canebière pendant la rénovation de la place des Capucins. « Ils disent que ça va durer six mois, mais avec eux, on ne sait jamais… » La méfiance règne, malgré les promesses. Il faut dire qu’ici, un chantier peut devenir une arme de destruction massive : une fois le tramway installé sur la rue de Rome, la chambre de commerce a constaté la faillite de 67 boutiques. Là, sitôt les maraîchers partis, les ouvriers ont arraché quatre arbres sur cinq. « Ils déplument le quartier », a râlé une mémé déboussolée, qui ne croyait pas si bien dire.

Photo de Yohanne Lamoulère. {JPEG}

Autre puce à l’oreille, la déclaration du représentant de Fondeville, promoteur chargé de construire un hôtel 4 étoiles dans l’îlot Feuillants, en bordure de la place : « Le haut de gamme cohabite mal avec le bon marché. » Lors de l’assemblée générale du Comité d’intérêt de quartier, aux mains des quatre ou cinq commerçants sédentaires « blancs », une dame bien mise a mis la pression sur les élus : « C’est l’opportunité. Si ce chantier n’apporte pas les changements que nous espérons depuis si longtemps, ça n’aura servi à rien. » Yves Baussens, charcutier et président du CIQ, par ailleurs propriétaire d’appartements rue Pollack, connaît la leçon par cœur : « Il faut qu’on fasse une trame touristique pour essayer de relever le niveau. » Lors de cette AG, la misère de la démocratie locale se donne en spectacle. Les critiques se font couper la chique : « Taisez-vous, vous n’habitez même pas le quartier ! » Un opposant se voit barrer l’accès au conseil d’administration sous prétexte de ne pas avoir cotisé pendant trois ans, mais on ouvre grande la porte à la patronne de l’épicerie fine L’Idéale, installée depuis à peine plus d’un an – mais protégée de Solange Biaggi, adjointe au maire chargée du commerce.

À Marseille comme partout, on ne prête qu’aux riches. Le nouveau dada des élus, c’est la préemption de fonds de commerce, pour bouter kebabs, épiceries arabes et télé-boutiques loin des regards et loin du cœur. Jean-Claude Gondard, directeur des services de la ville, l’avoue sans ambages : «  La préemption sert à dire ce qu’on ne veut pas et aider ce qu’on veut. » [1] Lors de la présentation du plan « Ambition centre-ville », le 1er décembre, la présidente du conseil départemental, Martine Vassal, affirmait sa « volonté d’être aux côtés de la Soleam [2] pour préempter des pas d’immeubles et les confier à des commerces en facilitant leur installation avec des loyers modérés » [3]. Ce qui veut dire que l’épicerie L’Idéale, que Solange Biaggi se vante d’avoir aidé à s’installer et qui vend des jambons à plus de 200 € le kilo, bénéficie sans doute d’un bail aux petits oignons grâce à l’argent public. Yacine appréciera, lui qui offre son couscous à prix très populaire sur le trottoir d’en face, mais paie son loyer plein pot.

Ce volontarisme est à l’œuvre depuis des lustres. On a évincé le florissant bazar méditerranéen de Belsunce parce qu’il n’était pas assez provençal, mais surtout parce qu’il faisait de l’ombre au centre commercial du Centre-Bourse. Telles des coquilles vides sur un plateau de Monopoly, on a placé des ateliers de peintres subventionnés rue Thubaneau, pour éloigner les prostituées. Après avoir expulsé habitants et commerces de proximité de la rue de la République pour en faire un décor en trompe-l’œil, les pas-de-porte sont aujourd’hui offerts gratuitement pendant trois ans à des start-ups et des galeristes, histoire de créer une illusion de dynamisme. Mais la pompe ne s’amorce toujours pas et le désert avance. Ce ne sont pas les kebabs et les taxiphones qui font du tort à la vitalité des quartiers, mais la guerre commerciale sans merci que se livrent les grands centres commerciaux à la périphérie de la ville, mais aussi, depuis une dizaine d’années, intra-muros.

Lors d’un simulacre de concertation publique au théâtre Mazenod, le 24 janvier, Gérard Chenoz pour la Soléam et Sabine Bernasconi pour la mairie de secteur ont parlé de « respecter l’âme de Noailles », dont « les odeurs d’épices nous ravissent ». Mais rien de tangible n’a été avancé pour résorber « l’habitat indécent ou dégradé », qui représente 48 % du parc existant. «  Un diagnostic est en cours, mais les propriétaires rechignent », a déclaré un technicien, qui voit dans les taudis des marchands de sommeil « des logements sociaux de fait »… Il n’y a toujours pas d’école, alors que l’ancien collège privé Saint-Thomas-d’Aquin, qui occupait tout un pâté de maison sur plus d’un hectare, a été vendu à un promoteur immobilier, au lieu d’être préempté. Il paraît que le quartier aura enfin un centre social (logé dans le passage Ventre) et « une micro-crèche de dix berceaux », mais pas avant la prochaine mandature. Et quand on s’inquiète du peu de cas qui est fait des activités existantes autant que des besoins criants de la population actuelle, Marie-Louise Lota, élue chargée des marchés, déclare tout à trac : « Hé, c’est qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ! » Il est vrai qu’au quartier du Rouet, sur les rues de Rome et de la République, on a cassé beaucoup d’œufs… Mais où est l’omelette ?

Carnivore fin de règne

Tel Saturne dévorant ses propres rejetons, le vieux maire Gaudin, au pouvoir depuis 23 ans, se plaît à savonner la planche de ses dauphins. Le premier des sacrifiés fut l’actuel président de région, Renaud Muselier, qui vient d’accuser son ancien mentor d’avoir mené une gestion « politico-mafieuse » en pactisant avec l’ex-patron socialiste du département, le repris de justice Jean-Noël Guérini. Le premier adjoint du maire, Dominique Tian, vient, lui, d’être condamné à 1,45 millions d’euros d’amende, à un an de prison avec sursis et à trois ans d’inéligibilité pour « blanchiment de fraude fiscale ». De son côté, Bruno Gilles, avant-dernier chouchou de Gaudin, a déclaré forfait pour raison de santé. Et Yves Moraine, maire des quartiers riches et avocat du géant du BTP Vinci, a trébuché aux législatives de juin 2017, éjecté par deux inconnus, candidats de La France insoumise et d’En marche.

Cette fin de règne va tout déchirer. Côté vieille garde, on a du mal à intégrer les codes du politiquement correct, habitué qu’on est aux formules à l’emporte-pièce où se mêlent paresse intellectuelle et populisme pagnolesque. Dernière saillie en date de l’ineffable Gérard Chenoz, délégué aux Grands projets d’attractivité : «  Les touristes, ils ne veulent pas qu’on enlève les Arabes, mais qu’on balaye plus souvent les rues. Je vais piétonniser la rue d’Aubagne, comme ça elle deviendra branchée. » Même quand il tente de faire moderne, le grigou ne peut s’empêcher d’étaler ses préjugés les plus crasses. Il y a quelques années, il avait défini sa conception de la mixité sociale par une litote d’anthologie : « Pour que les gens se mélangent, il faut que certains partent. » Dans le même registre, sa collègue Marie-Louise Lota, déléguée aux emplacements, qui aurait accusé les forains de La Plaine d’attirer « une population qu’on ne veut plus voir en ville », tente d’adoucir le ton en qualifiant le marché de Noailles de « bijou ». Mais son naturel revient au galop lorsque des habitants s’inquiètent des effets gentrificateurs de l’implantation d’un hôtel 4 étoiles juste à côté. « On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ! », a-t-elle tranché. Un forain de La Plaine croit avoir trouvé une explication à autant de désinvolture : « Gaudin, c’est comme une vieille aristo qui s’entourerait de singes pour avoir encore l’air belle et intelligente. »

Une nouvelle génération pousse pourtant au portillon, maniant un langage plus lisse. Sabine Bernasconi, maire du 1er secteur, gère un centre-ville qui penche à gauche – c’est là où Mélenchon a assuré son siège à l’Assemblée. Elle œuvre à la « reconquête du cœur de ville » et dépeint avec des trémolos dans la voix un avenir à la Broadway pour sa Canebière. Pour cela, elle drague une clientèle de cultureux, d’associatifs, de bobos, d’écolos en vélo, s’attachant à bien manier les éléments de langage de Richard Florida, l’apôtre US de la creative class. Sabine sera-t-elle l’Anne Hidalgo de la droite marseillaise ? Il faudra d’abord qu’elle accepte de graviter dans l’ombre de Martine Vassal, présidente du conseil départemental et nouvelle préférée de Saturne. À moins que la nouvelle star ne file chez Jupiter ?


Notes


[1« Marseille va reprendre le contrôle sur les commerces du centre », article publié sur le site Made in Marseille le 20 juin 2017.

[2Société publique locale d’aménagement de l’aire métropolitaine, aux manettes de tous les projets de requalification du centre de Marseille.

[3La Provence, 29 janvier 2018.



6 commentaire(s)
  • Le 11 novembre 2018 à 16h33, par 7échecpatent11 -

    Cette situation est une honte:notre pays est-il un pays en voie de développement ?Qu’ont fait les dirigeants municipaux de cette grande ville,Marseille,pendant 23 ans,pour que l’on en arrive à compter les morts par suite de l’effondrement d’immeubles entiers ?La vie des Marseillais est-elle à ce point négligeable ?Combien avons-nous dépensé d’argent public dans le cadre de ce qu’il est convenu d’appeler les niches fiscales (dédiées à la construction ou rénovation de l’habitat)depuis + 20 ans ?Ce faisant les pouvoirs publics n’ont-ils pas organisé la pénurie des logements et donc favorisé la forte hausse du prix des biens immobiliers ?Quel est l’effet inflationniste sur le prix des bien immobiliers de ces mesures fiscales incitatives (« niches fiscales ») ? Rappelons qu’au moins 150 000 SDF sont dénombrés en France !!Quels sont donc les résultats de cette "politique" (de largesse fiscale et donc de privilèges fiscaux) du logement en France depuis une vingtaine d’années ? Un état des lieux s’impose:que TOUTES les conclusions soient tirées ! Voilà un secteur clé, essentiel-le logement-dans lequel les ravages du néolibéralisme sont manifestes.

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    • Le 13 novembre 2018 à 18h06, par Réné Dumont -

      Les écolos en vélo ne sont pas dupes ! Et quel article prémonitoire.

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    • Le 18 novembre 2018 à 18h52, par Phut -

      Bonjour : une belle lecture :

      Albert Cossery : la Maison de la mort certaine.

      On y voit notre "vieille aristo", ses "singes" ! Mais aussi ses victimes... Prémonitoire.

      A bas l’urbanisme du mépris, de la nuisance et de la mort ! A bas les prédateurs !

      Merciiii !

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  • Le 18 novembre 2018 à 18h04 -

    Bravo pour cet article/A lire dans le détail.

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  • Le 18 novembre 2018 à 19h55, par Prt -

    Ce serait dommage d’oublier Môôssieur Rocca Serra, adjoint au maire, qui en 2003 au Figaro avait déclaré " Il faut chasser les habitants... Marseille mérite mieux". 1942 : le vieux Port, 2007 : la Rue de la République Rue aux facades carton et des coquilles vides à la place d’un beau quartier ! Et puis la Plaine, Euromed et maintenant 9 morts rue d’Aubagne. Toujours la vieille politique de mépris, de prédation, de nuisance et de guerre sociale à Marseille, on soutient le capitalisme et ses prédateurs et racketteurs institutionnels dans tous les domaines de la vie pratique urbaine, mais pas la moindre idée de développement local et d’inclusion sociale. Tout est construit mais à revoir, avec des nids de kangourou dans la voirie par exemple. Cette équipe municipale avec la clique qu’elle sert n’a pas la moindre reconnaissance envers cette population qui les nourrit, les entretient, les protège, conduit ou fabrique leurs bagnoles de fonction, finance leurs amuses gueules et leurs roteuses... Voilà comment une ville finit par devenir un cauchemar, un Pandémonium, une porcherie. A bas l’urbanisme du mépris et de la mort !

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  • Le 7 février 2019 à 11h57, par Phut -

    Contribution à l’enquête publique PLUI Marseille 2019

    Avant de devenir l’urbanisme du malheur, de la violence et de la mort, ( Rue d’Aubagne, Rue des Feuillants, émeutes ), l’urbanisme marseillais a été longtemps celui de la nuisance de la prédation et du mépris. Quelques doléances et quelques voeux, donc. L’urbaniste a pour vocation la création ou l’amélioration de villes. De villes heureuses, de préférence. Le PLUI à venir doit alors dans son préambule réfuter le célèbre mot d’ordre de M Rocca Serra qui déclara en 2003 à un organe de presse ( Le Figaro ) qu’il fallait « Chasser les habitants du centre ville » car « Marseille mérite mieux que ça » !!! Quinze ans après, cette ligne n’a pas changé. Merci !

    1 - Environnement :

    Des arbres SVP !

    La ville de Marseille néglige et supprime les arbres dans les rues et dans les parcs. Le "parti minéral", prive la population des seuls éléments naturels possibles en ville avec leur ombre et la fraicheur. Le vieux port est, à cet égard, une honte ! Les arbres créent une ambiance et une atmosphère qui apaise les humains. Et chez nous, on en a besoin, d’apaisement. Merci messieurs et mesdames les urbanistes de ne pas vous offusquer, "Atmosphère" n’est pas une injure !

    Des espaces verts : pas des parcs auto :

    Le parc auto souterrain est l’expression de ce qu’on peut nommer "urbanisme de racket" : il consiste à associer la municipalité à une entreprise capitaliste de BTP et finance ( ex Q Park ) et à forcer les contribuables habitant la ville à payer des royalties à ces sociétés. Bien sûr, nous savons tous que ces sociétés de racket font partie de la « clientèle » de nos « urbanistes de racket » ! Ceci au nom d’une "croissance" dont nous n’avons que faire puisque nous n’en profitons pas ! Pour cela on raréfierait les places en surface traditionnellement gratuites car entretenues par la voirie que nos impôts paient, et on remédie à la pénurie par un grand parc auto en détruisant un espace vert pour ça. ( Ex, Longchamp, Parc Michel Lévy ).

    Cet urbanisme de racket, nous n’en voulons pas.

    2 - Circulation stationnement et déplacements

    Des voitures stationnées, pas en marche !

    La pollution vient du fonctionnement, pas du stationnement, étonnant non ? Et pourtant tout est fait pour que les voitures roulent et ne stationnent pas. Il faut autoriser le stationnement long et distinguer le stockage d’épaves du stationnement écologique ( long ). C’est pas parce qu’on n’est pas toute la journée au volant qu’on n’a pas besoin d’auto. Il faut abolir l’expression "voiture ventouse" car elle stigmatise des gens qui contribuent à rendre l’air moins pourri. Merci ! ( Par ailleurs, des... "ventouses", notre ville en a et à des places plus embêtantes que des voitures... ).

    Des pistes cyclables libres, pas des marquages sur les trottoirs :

    le cycliste roule à 20 - 30, il est donc incompatible avec les piétons qui vont à moins de 5 à l’heure. La cohabitation vélo-auto est parfaite si les autos peuvent dépasser le cycliste sans le frôler, ou si la vitesse est limitée à 40/45, pas 30, car les autos roulent en 2ième et ça fait gueuler les moteurs désagréablement pour tous. Le marquage cycliste dans les rues est à développer, et la construction de vraies voies séparées doit être réalisée dans les lieux touristiques ou les espaces naturels ou les grands axes. Le vélo retient le tourisme si la voirie incite.

    Des stationnement vélo spécifiques simples :

    Pas besoin d’investir de l’argent, car il existe déjà des barrières anti stationnement auto qui sont peu larges, esthétiques, et assez bien faites pour attacher un vélo sans gêner la circulation piétonne ou auto et sans risque de dégradation. Malheureusement la généralisation des potelets ( plus épais, laids et incompatibles avec les vélos ) ne va pas dans le bon sens.

    4 - Voirie : Une voirie adaptée aux déplacements, pas aux accidents !

    La voirie du centre ville est marquée par un fort relief entre la voie principale et la voie adjacente ( 5 à 89 cm ) avec une sorte de marche qui est, de surcroît, réalisée dans une pierre très glissante Ce défaut a été signalé sur Allo Mairie, car il présente un risque de dérapage fort et de chute pour tous les deux roues. ( Exemple : tout le secteur Garibaldi Lieutaud - Athènes - Canebière. ) Signalement sans réponse. On pourrait nommer ce type de choix dans les équipement d’ "urbanisme de nuisance », car il n’est pas besoin de grandes études pour comprendre qu’une voie doit être plane et procurer une adhérence sérieuse. Etonnant, non ?

    Les rues sont très négligées avec des trous profonds, larges, de sorte qu’un accident piéton ou deux roues est toujours probable avec même des risques de déterioration des trains roulants d’autos. L’urbanisme marseillais peut il prévoir de reboucher les nids d’autruche ? Merci !

    5 - Equipement : Il faut du vrai matériel.

    Pourquoi les feux rouges et les panneaux sont cassés en moins d’un an ? Est ce parce que les gens seraient des sagouins ou parce que le matériel est mal conçu ? Pliable, cassable, fragile, inadapté, donc ? Il y a tout lieu de penser que ce saccage et ce gaspillage rapporte des fortunes à… certains ! Bien que je ne prenne pas la peine de les identifier, il y a lieu de penser que « certains » existe bien et profite avec une facturation « adaptée », quand à elle, de l’inadaptation des équipements pour s’enrichir sur nos dos.

    6 - Centre-ville - Mettre fin à l’urbanisme de prédation ?

    Qu’une société peu transparente dans ses méthodes procède à la confiscation d’un des lieux les plus populaires de la ville ( La Plaine ) est une honte pour tout Marseille. Il s’agit de « requalifier », c’est à dire virer les habitants, électeurs et contribuables incompatibles avec les affaires de la promotion immobilière à destination de populations riches. Ces riches seront ils attirés par un lieu aseptisé et sans âme ? Pas forcément, car ils sont aussi des humains, et là on s’aperçoit que les habitants riches ou modestes devront payer encore plus cher un droit humain pourtant consacré par nos lois : le droit au logement. ( Sous entendu, le droit de se loger sans être racketté par des ultra riches ). La méthode consiste à rendre invivable le lieu par un chantier dantesque et en supprimant des attraits tels que le stationnement, le marché, les terrasses de bar. Urbanisme de prédation et de nuisance, donc. Non, messieurs les urbanistes, il ne faut pas « chasser les habitants du centre ville » !

    7 - Citoyenneté et politique globale : Développer les initiatives associatives avec des aides utiles.

    Face à un tel déficit d’humanité, les associations peinent à créer quoi que ce soit, car les crédits ont disparu depuis 2013. Il faut relancer ces actions car elles créaient des actions et du soutien et des activités pour les gens défavorisés, pour la culture et pour l’ ambiance globale.

    8 - Pour conclure - Mettre fin à l’urbanisme du mépris.

    Pour le rendre souhaitable par la majorité des gens, l’urbanisme de nuisance et de prédation, on y rajoute le mépris. En effet : stigmatiser le Marseillais qui serait, selon nos élus et nos responsables et leurs clients, sale, bruyant et peu civil est facile quand les rues sont abandonnées à la saleté et aux dépotoirs de toute sortes. Exemple - Pourquoi culpabiliser les gens ayant un chien avec des affiches débiles au lieu de poser des distributeurs de sacs plastiques ? Ces urbanistes-là appellent de leurs voeux une population huppée qui n’a jamais été attirée spécialement par notre ville puisque d’autres localisations existent déjà pour cette classe sociale. L’urbanisme du mépris est la dernière arme des affairistes pour faire accepter aux indécis, aux naïfs et aux racistes, ou à leurs « clientèles » leur urbanisme de nuisance et de prédation.

    L’urbanisme du mépris repose aussi sur le mensonge, une pratique observable, par exemple à Michel Levy, le Parc de 3000 m2 avec ses jeux, ses plates bandes et pelouses, ses arbres centenaires a été détruit malgré une forte opposition ( ZAD ). Ceci après que les stratégies suivantes aient été coordonnées :
    - Pourrissement : délinquance, troubles impunis, abandon sans surveillance, pénurie de stationnements et répression.
    - Mensonge : vous verrez comment on va bien remplacer ce parc pourri promettaient les élus !
    - Résultat : une minuscule et déprimante cage à lapins : pots de fleurs et entrée réservée aux occupants de l’immeuble - serrure électrique. De toute façon, c’est mort, il n’y a plus de parc Michel Levy.

    Autre aspect : l’incompétence supposée, on ne peut que supposer qu’ une forme de corruption se déguise en incompétence. Questions :

    - Qui va profiter du chantier devant la mairie 1er 7 ième ?

    Quelques mois après l’arrêt de tram - couac couac couac ! - une mairie vient se poser juste devant, comme par magie ! Quel bignz quand des groupes sortent - mariages, réunions. Solution : cet arrêt de tram sera refait aux frais des Marseillais.

    - Le tram dans le tunnel : on est encore ébahi devant la stupidité de cette histoire de tram trop haut pour le tunnel de Noailles ? Il a fallu tout reconstruire, pour que le somptueux ( Et fonctionnel soit dit en passant ! ) véhicule choisi par nos grands spécialistes puisse passer. Je suis convaincu que les dépenses ont profité à « certains »

    Voilà c’est ça l’urbanisme de la nuisance, de la prédation et du mépris. C’est ça que nous voulons abolir à Marseille. avant que ça devienne un urbanisme du malheur et de la mort 1 fois de plus et 2 fois de trop .

    Merci !

    Fait à Marseille le 6 fevrier 2019

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Par Bruno Le Dantec


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