CQFD

Entretien avec Mélusine – pas sur Twitter, mais dans un café

« À la croisée du féminisme et de l’antiracisme »


paru dans CQFD n°157 (septembre 2017), par Bruno Le Dantec, illustré par
mis en ligne le 18/09/2017 - commentaires

On avait lu avec intérêt ce texte bien balancé [1] où une certaine Mélusine répondait, sans tomber dans les pièges de la polémique attendue, au livre de Houria Bouteldja, Les Blancs, les Juifs et nous. S’y exprimait le point de vue d’une jeune féministe « racisée ». CQFD a rencontré l’auteure rue de La Roquette, au lendemain de la Marche pour la dignité et contre le racisme, le 19 mars dernier à Paris.

Par Nadia Berz. {JPEG} CQFD : Comment en es-tu venue à mêler engagement féministe et combat antiraciste ?

Mélusine : Les chemins qui mènent à la croisée de l’antiracisme et du féminisme viennent de l’expérience personnelle. Ce qui explique les divergences politiques surgissant par la suite. On ne parle pas de la même façon selon qu’on est Assa Traoré, sœur d’un jeune homme mort asphyxié sous quatre gendarmes, ou bien Houria Bouteldja, des Indigènes de la République.

Moi, je suis arrivée à une vision critique de la société par le féminisme. Ce que j’ai d’abord lu sur les discriminations, ce sont notamment les textes de Christine Delphy : sa façon de parler de la « production ménagère » m’a influencée. Dans la société française, on formule plus facilement le fait qu’on est discriminée en tant que femme qu’en tant qu’Arabe. Le milieu social joue aussi. Mes parents sont profs, j’ai grandi dans une banlieue très mixte de Paris, pas « en quartier ». Même si ça ne constituait pas une part énorme de mon identité d’ado, j’ai rapidement pris conscience de la montée du racisme, du FN.

Via Twitter, j’ai rencontré des femmes arrivées au militantisme « par l’autre côté » : en se découvrant d’abord noire ou arabe. Je suis tombée sur tout un microcosme de collectifs de femmes en ébullition, et j’ai découvert les questions de l’afroféminisme, de l’intersectionnalité. J’avais déjà participé à des groupes de parole entre femmes, non mixtes (même si ça faisait encore polémique dans les milieux militants), mais j’ai découvert que la non-mixité racisée était encore moins acceptée.

Enfin, mon cheminement militant s’est aussi fait par les sciences sociales. J’ai eu l’occasion de travailler pour une enquête de l’Insee sur l’immigration. Une des variables de l’enquête, c’était le pays de naissance des parents. Une approche forcément biaisée. Pour prendre mon exemple : mes parents sont nés en France, ou plutôt en Algérie française. Cette catégorie administrative occulte l’expérience quotidienne du racisme. De même pour les personnes issues des DOM-TOM : on n’a aucun moyen de saisir leur expérience spécifique, puisque les statistiques ethniques sont interdites. Il y a à peine dix ou quinze ans que des sociologues (blancs pour la plupart) se penchent sur ce hiatus.

Parallèlement, des politiques et des intellectuels conservateurs se découvrent féministes pour mieux pointer du doigt les musulmans ou les jeunes de banlieue…

Dans toutes les librairies françaises, il y a un rayon avec des témoignages de femmes arabes qui racontent comment elles se sont libérées de l’emprise familiale, du port du voile, etc. Je ne porte aucun jugement sur ces femmes, ni sur leur récit, à n’en pas douter sincère. C’est la fascination qu’il suscite qui m’interroge. J’ai notamment été choquée par les propos caricaturaux de vieilles militantes féministes. Dans ses livres, Benoîte Groult, après avoir dénoncé la condition des femmes ici, découvre qu’ailleurs il existe un patriarcat qu’elle trouve cent fois plus brutal, avec l’excision. L’objectif semble alors d’aller sauver des femmes qu’on ne connaît pas et qu’on imagine aspirer à être des femmes comme nous. Pourtant, ce n’est pas un patriarcat désincarné qui mutile les petites filles, mais souvent leurs propres mères et tantes.

De même avec Beauvoir : j’ai adoré ses mémoires, jusqu’au moment où elle va en Algérie. Elle porte un regard très acéré sur la condition des femmes ici, mais dès qu’elle arrive dans une colonie, tout ce qu’elle voit, c’est une masse d’hommes noirs et arabes qui oppriment leurs femmes en les réduisant à moins qu’un meuble. Sans jamais s’intéresser à ce qu’elles vivent et disent. Voilà la base du discours actuel sur le voile.

En tant que féministe, je porte un regard critique sur le voile, comme pratique vestimentaire ayant une symbolique patriarcale. Mais ici, ce vêtement est présenté à la fois comme un signe de soumission absolue et de prosélytisme politique. Les femmes qui portent le voile seraient à la fois victimes et fer de lance de l’islamisme ! Résultat, on est piégées. Quand on me demande si je suis pour ou contre le fait qu’une gamine de 12 ans se rende à l’école voilée, je marche sur des œufs. Tout le monde a le droit de pratiquer une religion, et même d’être bigot. Mais une fille de 12 ans est d’abord une enfant. On devrait à la fois la protéger contre les adultes qui l’enjoignent à se couvrir la tête et contre ceux qui la désignent comme bouc émissaire. Le problème, c’est que la loi sur le voile nous oblige à prendre position sur une question biaisée dès le départ. Il faut refuser d’entrer dans ce qui s’est révélé être une manipulation raciste. On a créé un problème là où il n’y en avait pas, puisqu’à la fin des années 1980, très peu de gamines portaient le voile à l’école. Aujourd’hui, il y en a beaucoup plus qui l’arborent en dehors : y a-t-il a un lien de cause à effet ? Je ne sais pas, mais je comprends qu’on puisse avoir envie d’afficher sa religiosité quand elle est niée, avilie et stigmatisée. Encore une fois, on est coincées.

Tout un champ de réflexion nous a ainsi été confisqué. C’est ce qui s’est passé à Cologne [2] : on a peut-être affaire à un crime sexuel de masse, et en tant que féministe ça m’horrifie. J’aimerais tenir un discours politique dessus, mais je ne peux pas, parce que Cologne serait la preuve que l’homme arabe est biologiquement un danger pour la femme blanche ! La question n’est pas de savoir si les agresseurs étaient des réfugiés récents ou des immigrés de longue date, il y eut des gens comme Kamel Daoud pour écrire dans Le Monde que tout ça était la preuve que « l’homme arabe », du Maroc à l’Irak, a un rapport maladif aux femmes. Ce qui renforce un mythe vieux comme le monde : l’étranger qui vient voler nos femmes ! Vu la violence du discours raciste, on n’a pas envie d’en rajouter. Mais si on se tait, personne ne parlera, sauf dans une optique raciste. Voilà pourquoi j’ai répondu à Bouteldja. Ce n’est pas parce que ces sujets sont manipulables qu’on doit consentir à un effacement des enjeux.

Tu réponds au livre de Bouteldja que « Ce qui nous rassemble, ce ne sont pas des racines authentiques à reconquérir, mais une communauté d’expériences de la domination raciste ». Ne s’affaiblit-on pas lorsqu’on ne se définit qu’en négatif ?

Les catégories comme « racisé.e.s » n’existent qu’en négatif. C’est dangereux de leur donner un sens positif, même si c’est dans le but de faire revivre une fierté. En France, quand on dit « Lui, il est arabe », une grille sociale de lecture fait que tu crois savoir ce que ça signifie qu’être arabe. Mais ça ne te dit en fait rien des racines réelles, souvent plus complexes – berbères, judéo-berbères, maghrébines, moyen-orientales… Je sais qu’on me considère comme une Arabe, au même titre qu’une Égyptienne ou un Irakien. Mais en fait, qu’est-ce que je partage avec eux en termes de langue, d’héritage culturel ou de pratiques quotidiennes ? Presque rien. Nos parents sont nés dans des pays éloignés les uns des autres, parlent différents dérivés de l’arabe, ne pratiquent pas la religion de la même manière… On n’a pas tous la même religion, on n’a d’ailleurs pas tous une religion… Bref, je crains qu’on ne fantasme un terreau commun qui n’existe pas, et que, pour le créer, on soit obligés d’aller puiser dans les représentations dominantes, fondamentalement racistes. « Nous n’avons pas le devoir d’être ceci, ou cela », écrivait Fanon : lutter contre le système raciste, c’est simultanément reconnaître sa condition de racisé et refuser de s’y laisser enfermer.

Mes parents sont nés et ont passé leur jeunesse en Algérie, moi je suis née ici. Je comprends l’algérien, mais ne le parle pas. J’ai deux passeports, deux pays, mais c’est résiduel dans mon identité – ce qui bien sûr, je le sais, n’est pas le cas de tout le monde. Si on entre dans les détails, je ne suis pas arabe. Ma mère est kabyle, mon père a une grand-mère mauritanienne, et j’accepte cette complexité. Je me dis arabe parce que c’est comme ça que je suis perçue. Il ne s’agit pas de renier ses racines ou de s’abandonner à l’acculturation, mais de reconnaître qu’on est tous différents. L’identité ne peut pas constituer une base politique, seule l’expérience commune du racisme le peut.

C’est la même chose pour les femmes. Pour que le patriarcat tienne, on a dû injecter plein de positif dans la féminité. Les femmes ont plein de qualités, qui sont exaltées – la douceur, la compréhension… – pour mieux maquiller notre statut inférieur en « différence ». Les hommes devraient d’ailleurs aller voir du côté de ces qualités qu’on a laissées en lot de consolation aux femmes !

Toujours à propos d’identité, un ancien du Mouvement immigration banlieue (MIB) me disait que dans les quartiers, on n’est pas que des victimes. Et que les victoires consistent aussi, en positif, à souder les gens, à créer des solidarités, à partager une ou des cultures communes…

Là, on n’est pas sur le même plan. Bien sûr que la culture de mes parents est belle, que la langue arabe qu’ils parlent est belle, même si ce n’est pas de l’arabe pur mais un créole arabo-berbéro-franco-espagnol ! Mais pour moi, fonder un groupe politique uniquement sur ces bases empêcherait toute possibilité d’alliance. C’est une impasse. Chacun fait face à des conditions différentes, mais on doit viser à un dépassement, parce que ce sont des catégories artificielles, inventées par l’oppresseur. Notre but, c’est de les détruire, pas de les enjoliver.

Quel bilan tires-tu de la marche du 19 mars 2017 ?

La possibilité de convergence entre les luttes de quartiers et les mouvements plus traditionnels de la gauche est positive. Le mouvement du printemps 2016 contre la loi Travail a réveillé une génération, la mienne, qui était un peu endormie. La réponse policière a été très dure. Pour la première fois, j’ai eu peur en manif. Jusqu’à présent, la mobilisation de la gauche contre ces violences ne pouvait se faire qu’autour de la mort d’un Rémi Fraisse. Là, il y a eu les blocages de lycées pour Théo, deux manifs à Belleville et Ménilmontant, avec la volonté de ne pas lâcher l’affaire. Parce que les militants ont découvert ce qu’est un traitement policier humiliant au quotidien. Ce n’est plus quelque chose d’abstrait.

Reste à savoir si ces mobilisations sont conjoncturelles ou s’il s’agit d’une convergence durable. Hier, à la marche, j’étais furieuse quand les totos sont montés au baston, alors qu’on marchait contre toutes les violences policières, pas seulement celles exercées contre les militants. Il y avait des familles, des enfants en poussettes, des migrants sans papiers. À se demander s’il y a convergence ou si c’est juste une sorte d’auberge espagnole où chacun amène sa tambouille sans se mélanger.

Un état de névrose gagne tout le pays dès qu’on aborde certains thèmes liés à l’identité, aux « minorités », à l’islam…

À gauche, l’accusation de « racialisme » est lancée contre ceux et celles qui osent parler depuis leur réalité de personnes racisées. Mais cette sclérose de la pensée est présente des deux côtés. J’ai assisté récemment à une conférence avec Marwan Muhammad, du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), et avec ses équivalents belge et québécois. Le Canadien (comme le Belge) a dit qu’ils apprenaient des autres minorités, des luttes LGBT, des Amérindiens, du féminisme… J’étais ravie. Mais, très pragmatique, le gars du CCIF a répondu qu’eux ne dépendent pas de subventions, seulement des cotisations et des dons, et qu’ils évitent du coup les sujets ne faisant pas consensus parmi les musulmans. À cause de ce manque de courage, je ne pourrais pas militer chez eux, même si leur combat est nécessaire.

L’islamophobie générale est indéniable. Dans la région des Grands Lacs, en Afrique, des milices chrétiennes commettent des attentats contre les musulmans, mais personne ne demande aux chrétiens de France de faire leur examen de conscience. C’est pourtant ce qu’on fait dès qu’il y a un attentat islamiste : tous les assimilés musulmans, même les non-pratiquants et non-croyants sont sommés de condamner. Est-ce qu’il vient à l’idée de quiconque de dire qu’il faut réformer l’Ancien Testament ? Je me souviens qu’à l’école, quand on étudiait la colonisation, on utilisait encore les catégories coloniales : les Français et les musulmans. En oubliant que parmi les Algériens, il y avait des Juifs, des Kabyles convertis au christianisme, des Européens nés là-bas… C’est à cause de ce passif qu’il n’y a pas eu de front commun des féministes pour dire à l’État français : qui êtes-vous pour légiférer sur les modes vestimentaires des femmes ? Au contraire, Élisabeth Badinter a eu cette phrase terrible : « Si elles veulent porter ça, elles n’ont qu’à rester à la maison. » Une fois dit cela, on ne peut pas se prétendre féministe. Elle a expulsé ces filles de la communauté des femmes.

Parle-nous de tes amies du Seum…

Le Seum est né sur Twitter, avant de déboucher sur une écriture collective de textes critiques, à la fois féministes, anticapitalistes, antiracistes… Le collectif compte une quinzaine de membres, qui se répartissent en sous-groupes non mixtes pour écrire. Ils ont des outils communs qu’ils appliquent à la réalité de chacun. Sur le féminisme, ce sont ainsi les meufs qui écrivent, puis elles partagent avec le reste du groupe. La réflexion s’opère sur une base matérialiste : on examine les conséquences économiques des discriminations. Les membres n’ont pas d’ancrage géographique, mais leur réflexion débouche parfois sur des actions.

Les filles du Seum ont par exemple répondu à Paris à la campagne anti-avortement des Revenants, de jeunes cathos assez effrayants. L’été dernier, ils se sont greffés sur la mode du Pokémon-Go, et ont tagué dans tout Paris un Pikachu avec l’adresse d’un site internet. Tu y découvrais un œuf te disant : «  Est-ce que tu acceptes qu’on me tue sans savoir si je ne vais pas être un super Pokémon ? » Un prosélytisme ignoble, qui manipule un jeu d’enfants pour faire passer un message ultra-réac. Les filles du Seum, avec d’autres collectifs, ont recouvert ces tags avec des slogans féministes.

C’est aussi un des rares groupes à se positionner sur la question clivante de l’antisémitisme. Est-ce qu’on considère que les Juifs sont ici en France encore victimes d’un racisme systémique, voire d’un racisme d’État ? Le Seum a décidé de traiter l’antisémitisme au même titre que l’islamophobie, le racisme anti-noir ou le racisme anti-arabe.

Justement, y a-t-il selon vous un racisme systémique contre les Juifs ?

Quand on enquête sur les discriminations, on constate qu’une judaïté visible entraîne des difficultés supplémentaires à trouver un logement ou un boulot. Ce n’est pas simplement un racisme résiduel qui ne s’exprimerait que dans l’interpersonnel, par des insultes. Quand les hommes politiques traitent les Juifs comme une communauté fermée, ça relève du racisme. Il y a une volonté de les considérer comme un groupe à part, comme à l’époque du décret Crémieux. Rappelons que ce décret, donnant la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie, a été un cadeau empoisonné, qui explique qu’ils aient dû partir d’Algérie avec les Français en 1962, alors qu’ils étaient chez eux là-bas, pour la plupart depuis des siècles. Et on n’est pas complètement sortis de ça. C’est flagrant quand les dirigeants français acceptent, après chaque attentat, que des dirigeants israéliens viennent déclarer ici que les Juifs ne sont pas en sécurité en France et qu’ils doivent aller se réfugier « chez eux », en Israël. Ça entérine une extériorité des Juifs par rapport au reste de la nation française.

Dans ta réponse au livre de Bouteldja, tu n’évoques pas l’antisémitisme…

J’ai répondu sur le chapitre des femmes indigènes, pas sur son adresse aux Juifs. Ce qui rend ignoble cette adresse, c’est quand elle parle du rejet instinctif qu’elle ressent en croisant un enfant juif dans la rue, et qu’elle dit : « Ce rejet c’est de votre faute, à cause de votre soutien à Israël, de votre complicité avec les Blancs. » Elle sait qu’elle va provoquer un tollé et elle y va. Mais j’ai décidé de ne pas parler de ça, parce que tous les autres l’attaquaient exclusivement sur ce point. J’ai donc choisi l’angle du féminisme.

J’ai conscience que chaque fois qu’on écrit sur l’antiracisme, on est soupçonnée d’antisémitisme. C’est maladif. Certains pensent que lorsque l’antiracisme est porté par des Arabes et des Noirs, on trouve forcément un fond antisémite en grattant un peu. Face à ça, on ne peut pas se contenter de hausser les épaules en disant « c’est parce qu’ils sont racistes, ignorons-les ». Je crois que ça vaut le coup de répondre par un discours actif, et de décortiquer cette mise en concurrence des victimes de racisme. Il faut renvoyer à la gueule du pouvoir le fait qu’il essentialise les Juifs autant que les autres. La solution, c’est de nouer des alliances politiques. Ces racismes se combattent ensemble, même si c’est compliqué.


Notes


[1« Bouteldja, ses “sœurs” et nous  », billet publié le 20 juin 2016 sur le blog de Mélusine sur mediapart.fr.

[2Le 31 décembre 2015, une stupéfiante affaire d’agressions sexuelles secoue l’Allemagne, et particulièrement Cologne. À la date du 20 janvier 2016, 521 femmes avaient déposé plainte pour cette seule ville. L’histoire fut présentée comme une razzia anti-femmes blanches opérée par des migrants, et qu’on aurait pu croire planifiée au vu du nombre de plaintes déposées. Mais on est vite passé à des délits divers, allant du vol de sac à main (60% des plaintes) à l’agression sexuelle, perpétrés par des Allemands d’origines diverses, et deux réfugiés. Ou comment transformer un vrai problème d’oppression masculine en faux problème de race.



17 commentaire(s)
  • Le 18 septembre 2017 à 11h55, par gavroche -

    Bonjour,

    Franchement, cette dame et moi n’avons pas du lire le même livre. Pas possible autrement.

    Quand je lis ça :

    fonder un groupe politique uniquement sur ces bases empêcherait toute possibilité d’alliance. C’est une impasse. Chacun fait face à des conditions différentes, mais on doit viser à un dépassement, parce que ce sont des catégories artificielles, inventées par l’oppresseur. Notre but, c’est de les détruire, pas de les enjoliver.

    Nous tous (que nous soyons hommes ou femmes, arabes, juifs, noirs, ou aujourd’hui simplement pauvres et blancs, mais ça va souvent ensemble) avons peut-être des conditions différentes, mais nous en avons au moins une en commun, justement, et elle est de taille : c’est d’être des opprimés.

    Et Houria Bouteldja "n’enjolive pas", elle est au contraire parfaitement lucide. Et surtout, elle propose un "amour révolutionnaire" pour tous les opprimés.

    Ce serait bien, et juste, et démocratique et tout ça de donner la parole aussi aux gens qui apprécient Houria Bouteldja, et surtout son livre, vraiment remarquable.

    https://cafemusique.wordpress.com/2016/08/03/pour-houria-bouteldja-lettre-ouverte-a-serge-halimi/

    Bon, je sais que je prêche un peu dans le désert (qu’on se rassure, je ne suis ni curé, ni imam) vu que la plupart des gens y compris ceux estampillés "de gauche" ont cogné à bras raccourcis sur HB, sans même l’avoir lue. Ou l’avoir lue avec des lunettes préformatées.

    Et je trouve dommage de passer à côté.

    Bonne journée.

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  • Le 18 septembre 2017 à 13h24, par ML -

    Il y a aussi des gens qui l’ont lue et qui ont béatement cru à cet amour révolutionnaire.

    En tout cas, à ma connaissance, aucun de ceux qui défendent HB ne s’est risqué à expliquer ce qu’elle a vraiment voulu dire dans cette phrase : « Le pire, c’est mon regard, lorsque dans le rue je croise un enfant portant une kippa. Cet instant furtif où je m’arrête pour le regarder. Le pire c’est la disparition de mon indifférence vis-à-vis de vous [les Juifs], le possible prélude de ma ruine intérieure. »

    Comment justifier ça ? Pourtant il suffit de remplacer "un enfant portant une kippa" par "une jeune fille voilée", ou "un enfant rom" pour comprendre ce qu’elle a d’intolérable. Voulez-vous essayer de la justifier @gavroche ? Et nous dire à côté de qui on est passé ?

    Ci-devant, sans doute la meilleure critique du bouquin d’HB : https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article38866

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    • Le 18 septembre à 14h00, par gavroche -

      Bonjour ML,

      La phrase que vous citez est sortie de son contexte. Comme souvent, je dirais. Vous devriez lire le chapitre que HB consacre aux juifs dans son livre : il ne fait que vingt pages. Vous comprendriez bien mieux "ce qu’elle a voulu dire par cette phrase". Pour se désoler que d’aucuns en soient arrivés là, justement. Pour dénoncer ce "diviser pour mieux régner".

      Et elle l’explique très longuement.

      Extraits :

      Vous avez bien été élus, par l’Occident. Pour trois missions cardinales : résoudre la crise de légitimité morale du monde blanc, conséquence du génocide nazi, sous-traiter le racisme républicain, et enfin être le bras armé de l’impérialisme occidental dans le monde arabe.

      C’est ainsi qu’en l’espace de cinquante ans, vous êtes passés de l’état de parias à celui de dhimmis de la république pour les besoins internes de l’état-nation, et de tirailleurs sénégalais pour les besoins de l’impérialisme occidental.

      [...]

      Ils vous ont offert Israël. Et ils ont fait d’une pierre deux coups : se débarrasser de vous comme prétendants à la nation et comme révolutionnaires historiques, et faire de vous les plus ardents défenseurs de l’empire en terre arabe.

      Vous qui rêviez de vous fondre dans l’universel, vous voilà devenus Juifs dans le sens sartrien du terme.

      etc.

      Shlomo Sand ne dit pas autre chose. Et pour qui a un peu de connaissances historiques, l’accord Sikes-Picot ne recouvre rien d’autre que cela : se débarrasser des juifs à bon compte et bâtir un état fantoche (un de plus) pour le plus grand bénéfice des colonisateurs de l’époque, anglais et français.

      Enfin, en conclusion de son chapitre, elle écrit :

      Vous êtes en train de perdre des amis historiques. Vous êtes toujours dans le ghetto. Et si nous en sortions ensemble ? L’antisémitisme est fondamentalement européen.

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      • Le 18 septembre à 16h58, par ML -

        Mais bien sûr, j’avais oublié le contexte. Mais bon j’ai toujours le sentiment que tout cela la situe très bien au contraire.

        Et donc comme je suis un très mauvais lecteur, sans doute un peu bête, et que vous n’avez toujours pas répondu, que dit-elle exactement cette phrase sur l’enfant à la kippa dans le contexte de ce chapitre de seulement 20 pages qui s’adresse à "les Juifs" sur ce petit mode comminatoire qui souffle le chaud et le froid en permanence ?

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        • Le 18 septembre à 17h19, par gavroche -

          Bonjour,

          Pour le coup, je trouve que c’est vous qui êtes "comminatoire", à assigner les gens à la place que vous leur avez désignée d’office.

          Je vous ai répondu assez clairement, je crois. Je n’ai qu’une seule question à vous poser : avez vous lu son livre, ou vous êtes vous contenté d’en lire les critiques, et seulement quand elles confortaient votre "sentiment" ?

          Et ce sera mon dernier commentaire ici : en effet, je ne cherche pas à convaincre qui que ce soit, je donne simplement mon avis, ici, et sur mon blog, dont j’ai donné le lien plus haut : oui, j’ai aimé le livre de Houria Bouteldja, je l’ai trouvé utile et nécessaire.

          Bonne soirée.

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          • Le 18 septembre à 18h18, par ML -

            Donc fin de non recevoir. On a bien compris que l’amour (pseudo-révolutionnaire) est aveugle mais, quoique vous en disiez, on ne saura rien de votre justification de cette fameuse phrase.

            Et oui j’ai bien lu le livre de HB, j’aurais pu exhumer d’autres extraits comme : "Pour exterminer le Blanc qui le torture, il aurait fallu que Sartre écrive :" Abattre un Isralélien, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre" Se résoudre à la défaite ou à la mort de l’oppresseur, fut-il Juif (sic). C’est le pas que Sartre n’a pas su franchir."

            Bouteldja, elle, a franchi le pas, assurément.

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          • Le 18 septembre à 18h58, par Nico -

            C’est quand même dommage que vous ne répondiez pas simplement à une question aussi simple.

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  • Le 21 septembre 2017 à 10h02, par Samdemange -

    Grosso modo l’argumentaire du texte de Melusine est articulé comme ceci :
    - les hommes indigènes sont les ennemis des femmes indigènes parce que ce sont des hommes : prééminence du Genre sur la Race
    - une rhétorique du déracinement à la Salman Rushdie qui définit l’antiracisme comme la reconnaissance de la capacité des indigènes à s’intégrer dans la blanchité (ou la modernité). C’est une rhétorique propre à l’antiracisme moral qui est certainement une impasse car c’est ignorer la consubstantialité entre l’universalisme blanc, propre à la modernité, et la hiérarchisation des manières d’être. C’est une rhétorique opposée à celle de l’antiracisme politique qui prône le pouvoir de ne pas être empêché d’être ce que l’on est/veut, y compris par fierté, par humanité
    - l’alliée la plus naturelle de la femme indigène est la feministe blanche
    - conclusion : faire renaître un espace à gauche où l’on n’est pas réduit à son apparence mais d’où l’on peut lancer l’offensive universaliste contre le patriarcat propre aux Arabes

    Grosso modo Melusine dit : 1/ "Arrêtez de me confondre avec les Arabes, je n’en suis pas une, regardez, même si je n’en ai pas l’air je suis blanche comme vous" 2/ "Les hommes orientaux sont des arriérés mais je ne sais pas comment le dire sans être confondue avec Badinter qui me confond avec Bouteldja" (lol, le comble) 3/ "Les religions c’est de la merde, surtout l’islam" 4/ "Au fait si vous voulez du sang neuf pour animer et moderniser le champ de l’orientalisme, je peux vous envoyer mon CV"

    PS : je doute que Melusine exige des associations féministes/LGBT à tendance blanche de respecter la manière d’être musulmane et à ne pas réduire le voile à une question de patriarcat de la même manière qu’elle exige du CCIF qu’il prenne part à la lutte contre l’homophobie version universalisme blanc, alors que ce n’est absolument pas une préoccupation des musulmans (qu’ils soient homosexuels ou pas). Ah universalisme blanc, quand tu nous tiens.....

    PS2 : à quand la Une de Figaro Madame avec un article hyper balancé pour saluer le courage de Melusine (lol) ?

    PS3 : curieux cette obsession à mettre de la lutte contre l’antisémitisme à chaque fois que ça concerne des Arabes de près ou de loin, mais uniquement quand ça concerne des Arabes.... comme si les Juifs n’avaient pas de tords vis-à-vis des Arabes....

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    • Le 21 septembre à 11h12, par Jeudi -

      @Samdemange Vous faites bien de préciser "grosso modo" à chaque fois, parce qu’à ce niveau de déformation et de caricature des propos de Melusine, vous êtes un artiste de la falsification…

      Même si je pense que vous êtes grosso modo un idéologue manichéen de la pire espèce.

      PS : sans rien dire de votre dernière phrase… hum. Je connais des Juifs qui n’ont jamais fait aucun tort aux Arabes et réciproquement. Ce qui est certain, c’est dès qu’on a à faire à quelqu"un qui "écrit "les Juifs font ceci" ou "sont ceci", c’est un crétin, grosso modo…

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      • Le 21 septembre à 11h34, par Samdemange -

        Je ne déforme pas le texte de Melusine, relisez-le, c’est le fond de son propos.

        Pour le reste, c’est quand ça vous arrange.

        et grosso modo, je n’ai jamais dit "les Juifs sont" ou "les Juifs font"

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    • Le 21 septembre à 11h51, par Jeudi -

      Pardon vous n’avez pas dit "Les Juifs sont ou font", vous avez dit "Comme si les Juifs n’avaient pas de tords vis-à-vis des Arabes…" autrement dit "les Juifs ont des torts vis-à-vis des Arabes". C’est beaucoup mieux effectivement.

      Et le fond de de votre propos c’est quoi ? La "race" prévaut ? La religion ? C’est du flan, juste une posture idéologique. Les identités sont multiples, diverses, contradictoires, que vous le vouliez ou non. C’est en substance ce que dit Mélusine et c’est ce qui donne une respiration par-rapport aux essentialisations d’où qu’elles viennent.

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      • Le 21 septembre à 13h03, par Samdemange -

        Exactement, c’est ce que dit Mélusine en substance : la rhétorique du déracinement et de l’universalisme abstrait au profit de la defense d’une identité construite dite "universelle" qui est un empêchement d’être puisqu’elle vient en remplacement, en effacement, des manières d’être.

        Melusine ne dit pas que ça en bonne servante de l’universalisme blanc, elle se sert de ça pour s’opposer matériellement aux revendications de pouvoir être ce que l’on veut.

        Defendre la liberté de ne pas vouloir être Arabe commence par défendre la liberté de vouloir être Arabe.

        Et sinon les Juifs en tant qu’identité politique ont un contentieux bien réel avec les Arabes en tant qu’identité politique. Après chacun est libre, ou pas, de se positionner par rapport à ce contentieux. Personnellement c’est la réciprocité, ou rien.

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        • Le 21 septembre à 13h57, par Jeudi -

          La vraie question de la rupture des manières d’être, des cultures, du déracinement, c’est celle de l’uniformisation du monde par la marchandisation. Ce que vous appelez l’universalisme abstrait, je l’entend avant tout comme un mode de comportement profondément utilitariste avant d’être une contrainte ou une injonction (c’est certainement moins une contrainte et une injonction que les autres formes religieuses d’universalisme). Même les injonctions républicaines laïcardes sont peu de choses face à ce rouleau compresseur.

          "Défendre la liberté de ne pas vouloir être Arabe commence par défendre la liberté de vouloir être Arabe." Et comment définit-on l’ "être Arabe" ? Par quels attributs ? La langue, la religion, l’origine géographique, la pâtisserie ? On est dans l’essentialisation. C’est toute la question de la réinvention de la tradition par réaction. L’identité n’est pas l’identitarisme. Cette bataille de l’identité est perdue d’avance, elle ne peut engendrer que des comportements sectaires, parodiques, ou se mettre à la remorque de mouvements réactionnaires ou nationalistes.

          Enfin, définitivement non, je ne sais pas ce que c’est "les Juifs en tant qu’identité politique". Le sionisme à la rigueur… mais "les Juifs", c’est encore une essentialisation.

          Mais essayons de prendre au pied de la lettre cette idée des Juifs comme "identité politique", j’ai une proposition à vous faire : Enfin considérer le sionisme comme le modèle décolonial par excellence auquel la pensée "indigéniste" doit tout.

          La diaspora juive est la conséquence de la guerre des Juifs et de la destruction du temple de Jerusalem en 70 ap-JC, admirable révolte anticolonialiste de trois siècles contre les Romains. Cette ténacité des Juifs à travers de longs siècles de persécution va les unifier d’abord religieusement autour de la promesse "L’an prochain à Jerusalem". Le sionisme est une des productions idéologiques de tout ça, à la fois d’une impossibilité d’assimilation (du fait de l’antisémitisme) et d’un retour des vaincus dans leur foyer fantasmé après des siècles de refus de leur déracinement. Bien sûr, le hiatus on le connaît, ces refoulés n’étaient de fait pas les mêmes que leurs ancêtres dont les lointains cousins peuplaient toujours la Palestine. Mais ça c’est vrai pour tout dans l’Histoire de toutes les migrations et des retours en terre promise.

          Ceci dit, accordez-au moins à "les Juifs" cette légitimité et cette ressemblance. ;-D

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          • Le 21 septembre à 15h09, par Samdemange -

            Vous l’avez bien dit un certain identitarisme pathologique se fait en réaction à quelque chose. Ce quelque chose se fait au profit des non-racisés identifiés comme homo universalis, les autres étant relégués au rang de vulgaires communautaristes dont il faut limiter les droits. Et ce quelque chose s’appelle l’universalisme blanc. Ce n’est pas un rouleau compresseur neutre mais un instrument d’hégémonie qui profite aux uns.

            La pathologie résulte de l’universalisme blanc, la réaction est inévitable car il s’agit de dignité humaine. L’humanité est ainsi faite que l’universel ne se décrète pas, au contraire il se constate par le non-empêchement des manières d’être.

            Quand Melusine dit "je me bats pour la liberté de ne pas être Arabe", elle donne un sens à ce que c’est d’être Arabe.

            D’ailleurs le positionnement de Mélusine est un symptôme de la violence de ce rouleau compresseur.

            Quand au sionisme, puisque vous en parlez, en soi, il ne pose aucun problème. Au contraire, c’est un bel instrument d’émancipation pour la manière d’être juif. Le hic, c’est que l’émancipation au détriment des autres est une aliénation. C’est là que réside le problème que vous semblez vouloir ignorer.

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            • Le 21 septembre à 17h32, par Jeudi -

              Non je ’ignore pas. Je parle du "hiatus que l’on connait". Je ne m’étends pas c’est tout, mais je suis tout à fait conscient du caractère colonial et problématique d’Israël.

              Encore une fois là où je n’arrive pas à vous suivre, où est-ce que Mélusine dit "je me bats pour la liberté de ne pas être Arabe". C’est une interprétation. Elle dit au contraire qu’il y a plein de façons d’être arabe. Ou alors vous n’en connaissez qu’une seule ? En vertu de quel prototype unique ou marque culturelle déposée ? Mélusine sait qu’elle est d’abord "arabe" aux yeux des racistes, mais que son identité est finalement plus complexe et multiple que ce simple stigmate. Finalement, elle combat les visions réductrices et les stigmatisations d’où qu’elle vienne. Si elle revendique le droit de critiquer un certain machisme arabe, elle ne dit pas pour autant que le machisme est arabe ou l’Arabe est essentiellement machiste.

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            • Le 25 septembre à 14h39, par georges -

              Votre réaction m’a stupéfiée. L’article est intéressant, car il rapporte un point de vue, a priori d’une personne qui ne fait pas partie du camp des dominants, et qui explique ici son angle de vue. On peut évidemment exprimer son différent, critiquer, débattre et ce serait sain si on commençait par simplement tenter de comprendre.

              Mais résumer en quelques lignes "grosso modo" une pensée complexe exprimée dans une longue interview , ce n’est pas vulgariser, ce n’est pas expliquer, c’est bâcler son ressenti en avilissant l’argumentaire initial, c’est gâcher l’expression d’une intelligence distincte.

              Je ne sais pas trop à quoi ça me fait penser, mais les gens sages sont à mes yeux des gens habités par le doute et vos commentaires ne laissent planer aucune ombre d’un doute, c’est peut être une dérive d’une certaine forme d’intelligence.

              Quand je lis vos commentaires, je commence peut être à comprendre le principe des groupes non-mixtes.

              Merci à CQFD pour l’interview.

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    • Le 29 septembre à 22h49 -

      Quelle mauvaise foi ! De la propagande pro bouteldja à deux balles vraiment. Vous reproduisez exactement ce que vous reprochez à ses détracteurs vous avez très mal lu Mélusine.

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Par Bruno Le Dantec


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