édito
Payan démission
Marseille serait « restée unie ». C’est du moins l’analyse de Benoît Payan (ex-socialo), en pleine autocélébration après sa victoire aux municipales, dimanche 22 mars. Une semaine plus tôt, le Rassemblement national lui soufflait dans la nuque avec 35 % des voix et pendant que la ville regardait le précipice, Payan, lui, restait campé sur la ligne pas-d’alliance-avec-La-France-insoumise. Et il entend bien nous faire admirer son panache : « J’ai pris mon risque », se vante-t-il auprès du Monde, reprenant à son compte cette expression de petit boursicoteur si chère à Macron. Pas celui des Marseillais·es, à deux doigts de subir les conséquences de ses conneries non. « Son » fucking risque.
Tellement unie, Marseille, que la carte des résultats électoraux dessine un tableau bichromatique effroyable : bleu foncé partout au sud et à l’est ; rose clair dans le centre, au nord et en bord de mer. Les entrées maritimes favoriseraient-elles l’oxygénation du cerveau ?
Six ans que Payan nous fait goûter à son « union ». Son mandat, c’est le doublement des effectifs de police municipale et 500 caméras de surveillance supplémentaires. En janvier 2025, on a vu la chasse aux pauvres s’accentuer dans le quartier de Noailles. Cette entreprise de nettoyage, c’est la directrice de la police municipale qui en donnait la version la plus sincère dans La Provence : « Le but, c’est qu’ils s’en aillent. » Interpeller, harceler, réprimer : trop longtemps que ce quartier populaire du centre-ville échappe aux appétits des riches. Mais dans la langue ouatée du pouvoir municipal, on appelle ça : le « plan de tranquillité dans l’hypercentre ». D’ailleurs, pour plus de tranquillité, Benoît Payan promet 800 flics supplémentaires d’ici à 2033. Car de l’autre côté de la Canebière, à Belsunce, ou à la lisière d’Euroméditerranée, dans le secteur de Gèze, il y a d’autres quartiers qui attendent leur part d’union.
Et faut-il parler du « plan école » ? Vitrine du mandat Payan, la rénovation des écoles délabrées par des décennies d’abandon s’est transformée en bombe judiciaire en février 2025 : démissions en série à la société publique qui gère le chantier, soupçons de manipulations et de favoritisme dans les marchés publics, pressions politiques et dissimulations troublantes… Pas les mêmes magouilleurs, mais toujours les mêmes magouilles. Pendant ce temps, les minots bouffent toujours du Sodexo à la cantoche, puisque Payan a reconduit le contrat en 2024, piétinant au passage sa promesse de remunicipaliser les cantines scolaires.
Alors d’accord. Beaucoup ont poussé des grands oufs de soulagement, en sachant qu’on échappait au pire. Et peut-être que tout autant a fait « barrage » en jurant à qui veut l’entendre que Payan allait voir ce qu’il allait voir. Mais maintenant, il y a intérêt à ce que cette promesse soit tenue. Que lui aussi, il goûte un peu à notre union.
Cet article fantastique est fini. On espère qu’il vous a plu.
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CQFD n°251 (avril 2026)
Alors que Macrotte se croit en pleine guerre de la reproduction et prévoit d’envoyer une lettre à tous les jeunes de 29 ans cet été, CQFD s’intéresse à ces femmes qui résistent encore et toujours à la maternité. Dans ce dossier refus de la maternité, la parole est donnée à ces résistantes du ventre et on évoque la difficulté à obtenir une stérilisation définitive quand on a un utérus. Hors dossier, reportage sur les docks de l’Estaque, où Thousand Madleens prépare une flotte pour la bande de Gaza, puis retour sur d’amères commémorations du coup d’État militaire en Argentine. Focus sur une maladie méconnue dont les victimes subissent la double peine des symptômes et d’une société maltraitante et chronique XXL d’une sortie scolaire en plein blocus, contre les suppressions de postes de profs.
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Paru dans CQFD n°251 (avril 2026)
Dans la rubrique Édito
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Mis en ligne le 04.04.2026
Dans CQFD n°251 (avril 2026)
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