L’islamisme utile
Encadré de « Déambulation dans l’Égypte – post ? – révolutionnaire ».
Pour le sale bon sens populaire, appuyé, développé et renforcé par les artilleries des propagandes médiatiques, politiques et militaires occidentales, il est devenu une évidence que l’Islam se confond définitivement avec l’islamisme, composé des figures effroyables de Ben Laden, des massacreurs algériens, des terroristes kamikazes, etc. On en arrive même à s’étonner encore que les musulmans ne mangent pas les enfants et ne pratiquent pas de sacrifices humains – autres que sur eux-mêmes pour satisfaire leur dieu, comme cela a toujours été mensongèrement affirmé afin de stigmatiser des populations, des « races » et des cultures.
C’est à la fin des années 1970, que les courants islamistes, jusqu’alors limités à quelques cercles et organisations, accèdent à une présence publique grandissante au moment où de nombreux États arabes s’engagent dans une libéralisation de l’économie qui va porter atteinte à l’aide sociale, aux services publics et aggraver encore les inégalités sociales. Les organisations islamiques vont ouvrir des centres sociaux, des dispensaires, des écoles, des hôpitaux et acquérir ainsi une très importante reconnaissance en même temps qu’un solide réseau de clientèles. L’argent arrive d’Arabie Saoudite qui voit là l’occasion de diffuser ses thèses elles-mêmes islamistes. De l’Égypte à l’Algérie en passant par le Maroc, la Tunisie et la Palestine, un jeu politique mêlant répression policière et soutien souterrain va se développer. La très riche Arabie Saoudite et les politiques occidentales et surtout américaines, encore empêtrées dans la guerre froide, regardent alors les islamistes comme un facteur de stabilité sociale face aux mouvements d’extrême gauche encore très présents à l’époque et qui représentent une menace réelle ou fantasmée d’un tout autre ordre. Les Américains équiperont les moudjahidins afghans contre les troupes soviétiques. L’État israélien favorisera le Hamas pour contrer les mouvements de gauche de la résistance palestinienne.
Les pseudo-laïcs et les francs racistes des pays ex-colonisateurs et de ceux imposant leur hégémonie sur la planète ont beau jeu de jouer les démocrates aujourd’hui, en faisant là où les zélateurs du « choc des civilisations » leur disent de faire. La puissance actuelle des islamistes n’a pas toujours été. Elle n’est pas plus tombée du ciel qu’elle n’est inscrite dans la culture arabe.
Cet article fantastique est fini. On espère qu’il vous a plu.
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Cet article a été publié dans
CQFD n°94 (novembre 2011)
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Paru dans CQFD n°94 (novembre 2011)
Dans la rubrique Le dossier
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Mis en ligne le 09.01.2012
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