Dossier agriculture
Colères dans les prés, fleurissent, fleurissent
Difficile d’être passée à côté de cette histoire d’accord entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur, la zone de libre-échange d’Amérique du Sud. Le schmilblick : l’abaissement des droits de douane entre les deux continents, l’ouverture des marchés du Mercosur aux entreprises européennes, notamment dans l’industrie et les services, et un accès facilité au marché européen pour les gros exploitants agricoles sud-américains.
Toujours à la recherche de nouveaux profits pour les entreprises, cela fait depuis 1999 que les adeptes du libre-échange essaient de l’imposer. L’affaire s’est quelque peu accélérée en ce début d’année avec la quasi-conclusion des négociations, gelées in extremis par un vote du Parlement européen. Et sur le terrain, les travailleuses et les travailleurs agricoles ont manifesté leur rejet de l’accord. Après s’être élevé·es dans plusieurs pays d’Europe contre l’abattage de troupeaux atteints de dermatose nodulaire contagieuse, leurs syndicats se sont coordonnés contre le Mercosur, parfois de manière inattendue, à l’image de ce qu’il s’est passé en France entre la Confédération paysanne et… la très droitière Coordination rurale. L’occasion pour CQFD d’aller causer stratégie de lutte (pages 4 et 5).
Dans les sphères de pouvoir, hormis sur les plateaux de Renaud Dély, l’animateur des Informés chez France Info, et dans quelques salons pas franchement recommandables, la classe politique et médiatique s’est quasi unanimement positionnée contre cet accord. Qui pour des raisons écologiques et anticapitalistes, qui pour la compétitivité des entreprises françaises, qui par patriotisme bas du front, qui par simple opportunisme électoraliste. Même Macron, d’ordinaire plutôt prompt à défendre ce type d’aventure, s’y est opposé. Pour comprendre ce qui se joue avec ce traité, on a toqué à la porte de Morgan Ody. Lorsqu’elle ne maraîche pas dans la Bretagne profonde, elle est la coordinatrice générale de La Via Campesina, le plus grand mouvement international paysan qui représente environ 200 millions de petit·es producteur·ices alimentaires et 182 organisations locales et nationales, dont la Confédération paysanne. À rebours d’un protectionnisme chauvin, elle pose les principes d’une politique commerciale agricole internationaliste (pages 6 et 7).
Cet article fantastique est fini. On espère qu’il vous a plu.
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Cet article a été publié dans
CQFD n°249 (février 2026)
Cet hiver, les agriculteurs ont été nombreux à se mobiliser pour tenter de faire entendre leurs voix contre la gestion de l’épidémie de dermatose et le traité du Mercosur. On vous a concocté un dossier spécial agriculture : on y évoque l’entente surprenante entre la Confédération paysanne et la Coordination rurale, puis on s’est entretenu avec Morgan Ody, coordinatrice générale de La Via Campesina, qui nous donne son ressenti après la suspension du traité de libre-échange avec le Mercosur après 26 ans de contestation. Hors dossier, on vous parle du projet bien polluant et loin d’être démocratique des JO d’hiver 2030, qui se doivent se dérouler dans les Alpes. On prend des nouvelles de la situation au Venezuela après l’enlèvement de Nicolàs Maduro et on discute de Tête dans le mur, le bouquin gonzo d’Emilien Bernard, l’un de nos journalistes qui a remonté la frontière murée entre les US et le Mexique.
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Paru dans CQFD n°249 (février 2026)
Dans la rubrique Le dossier
Mis en ligne le 28.02.2026



