Le vent se lève
Énergie verte et Montagne noire
Au-dessus du village d’Arfons, dans le Tarn, quelque chose manque au décor depuis plusieurs semaines. Onze mâts d’éoliennes ont laissé place à des trous béants dans le sol de la Montagne noire. Les machines, usées par une dizaine d’années de service, sont en train d’être remplacées par de nouvelles, plus performantes. Le procédé a un nom, anglais parce que sinon ce ne serait pas sérieux : le repowering. « Le niveau d’acceptabilité est optimal puisqu’on parle d’un site déjà existant. Avec un minimum d’impact supplémentaire, on va pouvoir maximiser la production », assure Robin Albriet au journaliste de France Inter qui s’est fendu d’un reportage sur place. Si ce chef de projets de Valorem, la société qui exploite le site, semble marcher sur des œufs, c’est que, dans le coin, les éoliennes sont un sujet sensible pour une bonne partie de la population.
« Ça fait huit ans que je suis installé ici. Et quand je vois toutes ces coupes de forêt, que ce soit pour installer des éoliennes, des panneaux photovoltaïques ou exporter du bois, je me dis que ce parc naturel, il est quand même de moins en moins naturel. Je ne vois pas trop le côté écologique du truc, sachant qu’on n’a pas spécialement besoin de produire plus d’électricité que ce que l’on a déjà. » Sébastien Gaubiac fait partie de celles et ceux qui, au village, voient d’un mauvais œil la multiplication des projets de centrales énergétiques dans le Parc naturel régional du Haut-Languedoc. Élu au conseil municipal d’Arfons en mars dernier, il compte porter cette voix à l’occasion du renouvellement de la charte du parc. En cours d’élaboration, le document fixera notamment les règles d’installation d’énergies renouvelables et de protection du territoire jusqu’en 2043. Et l’État de pousser vers une plus forte artificialisation de ces paysages.
Dans un courrier adressé au président du Parc naturel régional du Haut-Languedoc le 5 mars 2025, les préfets de l’Hérault et du Tarn jugeaient « inadmissible » de ne pas augmenter la taille des mâts d’éoliennes et « discutable » de ne pas en augmenter le nombre. Le 25 mars 2026, le Conseil national de la protection de la nature, un organe rattaché au ministère de la Transition écologique, observait en réponse que les prescriptions des préfets étaient « en tous points semblables à celles prévues […] hors des aires protégées ». Trois cent éoliennes sont déjà implantées ou en cours d’implantation sur ce petit territoire qui produit plus d’un tiers de l’électricité éolienne de toute la région Occitanie. Selon le Conseil national de la protection de la nature, cette dynamique pourrait les conduire à terme à s’interroger sur le maintien du classement du Haut-Languedoc en parc naturel, pourtant l’un des plus anciens de France.
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CQFD n°252 (mai 2026)
En cette ère de hausse des prix de l’énergie, où résonnent divers appels à l’électrification, au nucléaire, CQFD s’est pris la tête sur les meilleures et pires façons de faire tourner la machine. Jean-Baptiste Fressoz nous rappelle que le renouvelable n’enterre pas le fossile, Sébastien Navarro nous parle des déchets nucléaire à Malvési. Hors numéro, répression administrative : en Europe, où fleurissent les hubs de re-migration ; et plus spécifiquement au pays de l’amour, pour les internationaux qui souhaitent officialiser leur union. On parle aussi du projet de méga-canal dans les Hauts de France, et du décolonialisme difficile en Haïti.
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Paru dans CQFD n°252 (mai 2026)
Dans la rubrique Le dossier
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Mis en ligne le 09.05.2026
Dans CQFD n°252 (mai 2026)
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