Le fantôme de la démocratie locale
Commune envie de tout plaquer
Les élections municipales pourraient être un grand moment politique. Débats passionnés, assemblées locales agitées par le devenir de notre premier lieu de vie : la commune, celle que nous parcourons au quotidien, celle dont on connaît les enjeux, celle dans laquelle on milite. Pourtant, on découvre souvent l’identité des candidat·es à la vue de leur portrait placardé, et on vote par tradition, à gauche ou à droite, sans conviction. Et que des listes « citoyennes » ou que la France insoumise déclarent venu le temps de la reprise du pouvoir local par la population (voir pages 6 et 7) n’y change pas grand-chose : le taux d’abstention progresse inlassablement depuis 1983, pour atteindre 37,9 % en 2014 et 55,3 % en 20201. En 2022, 16,5 % de la population admettait n’être même pas inscrite dans la commune où elle vivait (dont 38,7 % des 18-25 ans). Mais alors, pourquoi tout le monde s’en fout ? Comment comprendre que les maires, ces élu·es inspirant pourtant le plus confiance, soient aussi peu investi·es ? Est-ce la faute des enfants gâtés que nous sommes, à ne pas remplir notre devoir citoyen·ne ? À y regarder de plus près, notre désintérêt pourrait venir d’ailleurs : car même si les plus fieffé·es gauchistes siégeaient au conseil municipal, la commune semble aujourd’hui bien incapable de mener ses propres politiques. Soit qu’elle n’en ait pas les moyens financiers, soit qu’elle n’en ait pas les compétences. Vidée de son pouvoir par l’intercommunalité, ficelée de toutes parts par les législations nationales, la commune ressemble toujours plus à un bureau des plaintes, sans solution. A-t-elle dit son dernier mot ?
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CQFD n°250 (mars 2026)
Les 15 et 22 mars 2026, les détenteur.ices du droit de vote en France sont appelé.es aux urnes pour les élections municipales. Si elles seraient l’occasion de décentraliser le pouvoir politique en permettant une démocratie plus effective, on s’est demandé ce qu’il en était réellement. Quelle marge de manœuvre l’État laisse-t-il aux communes ? Les listes citoyennes participatives réalisent-elles leurs promesses d’inclusion ? Le sociologue Pierre Sauvêtre achève de nous convaincre que « la commune », l’idylle de tout bon anarchiste, ce n’est pas les municipales.
Hors dossier, grosse colère contre la criminalisation des militant·es antifascistes depuis le décès d’un vrai facho nationaliste radical prouvant une nouvelle fois la bien-pensance d’une gauche bourgeoise déconnectée du terrain des luttes. Puis, analyse des enjeux de la fermeture du Marché du Soleil sous prétexte de la lutte contre la malfaçon et du blanchiment qui laisse tout le quartier exsangue, et rencontre avec des berger·es, au statut toujours plus précaire et au quotidien harassant, qui tentent de faire entendre leur voix.
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Paru dans CQFD n°250 (mars 2026)
Dans la rubrique Le dossier
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Mis en ligne le 07.03.2026
Dans CQFD n°250 (mars 2026)
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