CQFD

Le courrier du n°125


paru dans CQFD n°125 (octobre 2014), rubrique , illustré par
mis en ligne le 22/11/2014 - commentaires

Très cher et adoré journal CQFD,

Inscrite à Pôle Emploi depuis deux jours, je m’empresse de te faire parvenir une lettre de motivation pour ne pas être radiée demain matin. Il paraît que mon ministre, François Rebsamen, ne plaisante pas avec les fainéants de mon espèce.

Outre tes excellents papiers, ce que j’aime, dans tes pages, c’est qu’il n’y a pas de publicité pour m’inciter à consommer. Et ça tombe bien, vu que je n’ai pas un rond. N’ayant pas travaillé depuis un an et demi, j’ai une pêche d’enfer. J’ai suivi de manière drastique le régime vélo-bistrot-dodo avant de me remettre sur la route du boulot. Côté compétences, je sais lire et écrire, mais pas trop compter. Ah, j’allais oublier mon parcours professionnel. Eh bien c’est vite vu. J’ai travaillé un an au Québec dans un hebdo gratuit où j’ai fini par faire un burn out. On me demandait de rédiger minimum douze articles par semaine. En quelques mois, le travail m’a tuée. De retour en France, je suis quand même allée postuler au Progrès de Lyon. Là, ça a carrément été la cata. Après plus d’une demi-douzaine de CDD, j’ai été censurée par le rédac’chef-adjoint à propos d’un article sur Christine Boutin. Contre l’avis de mes collègues, j’ai décidé de me rebeller. Le big boss m’a appelée un soir à 21 h pour me dire  : «  vous savez, mademoiselle, le monde de la presse écrite est très petit. ». Grillée, j’ai chômé pendant un an avant de trouver une place de secrétaire de rédaction à La Décroissance. Le grand coup de chance. J’ai jeté mon portable, cassé ma voiture (involontairement, ça va sans dire) et appris à vivre mieux avec moins.

Quand je suis rentrée de mon voyage à vélo, tous mes copains avaient bougé à Marseille. En parfait mouton de Panurge, j’ai décidé de suivre le mouvement. C’est pourquoi aujourd’hui je suis là, sans emploi. Mais bon, je compte sur toi  ! En attendant ta réponse, je vais aller profiter de mon chômdu au soleil.

Catherine

Sur les murs

Par Jean-Baptiste Legars et Elodie Laquille. {JPEG}

Marseille, 2014.



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