CQFD

Les vertes années du molosse rouge

15 ans et tous ses crocs


paru dans CQFD n°164 (avril 2018), par l’équipe de CQFD, illustré par
mis en ligne le 27/05/2018 - commentaires

À l’échelle d’une vie de chien, quinze ans, c’est au moins le bel âge. Pour fêter ça, CQFD a demandé à treize de ses figures emblématiques d’écrire deux mots sur ce que le journal représente. À eux tous, ces billets dressent un portrait fidèle et subjectif de l’expérimentation sociale que vous tenez entre les mains.

Bons baisers de partout !

Par Marine Summercity. {JPEG}

Mazette, quel gros mot !

À CQFD, tu sais quoi ? On t’appelle « camarade ». En tout cas, quand j’y suis passée il y a sept ou huit ans. Il n’y avait que là que « camarade » faisait partie du quotidien. Comme dans « Je te sers un verre, camarade ? » ou « Dis-moi, camarade, il nous manque dix brèves, tu voudrais pas t’y coller ? », comme dans « Camarades, qui sera là pour distribuer les numéros à la manif ? » ou « Oh, camarades, on la commence, cette réunion ? ». C’est toujours dit avec un étonnant mélange de douce ironie et d’amitié sincère. « Camarade », c’est vieillot. Ça rappelle le parti, les défilés ordonnés, les personnalités remisées pour endosser le militantisme. Mais il n’y a pas que ça, dans ce foutu mot. Il y a une petite musique qui persiste en dépit de tout ça, une petite musique rien qu’à lui, qui vient vaincre la discipline et la ligne officielle. Elle te rattache, en trois syllabes, à une longue histoire internationale de galères et de luttes, de tâches emmerdantes et de grandes idées, d’inventions et de plantages, d’engueulades et de fêtes. Et cette petite musique donne une sacrée force pour ne rien lâcher. Alors, bon anniversaire, camarades !

Juliette Volcler auteure entre autres de Le Son comme arme, à La Découverte, a été chatoyante camarade de route et rédactrice à CQFD.

Pas grand-chose à regretter

JPEGEn 2005, j’ai 25 ans, je travaille sur les migrants saisonniers. Bruno aussi. C’est la première grève, à St-Martin-de-Crau. Un article dans le n°7 parle déjà des contrats OMI avec, en illustration, des melons de Rémi. Un des seuls journaux à le faire. En 2008, sur la photo de couv’ célébrant les cinq ans du canard, c’est Aurel sous la cagoule. La plupart des copains ne veulent pas vraiment y apparaître. Les fiers défenseurs des dessins humoristiques – dits aussi « tendance Gros-nez » – sont sur le devant de l’image. 11 h un dimanche, c’est trop tôt, dit Vé. Moi, vachement impressionnée. Des souvenirs, à CQFD ? Le sourire d’Hafed, mon plus beau mensonge, du chocolat-vin rouge, et Marseille moins neuve. Regarder les garçons vendre le journal à la criée, les trouver beaux, boire la caisse sur le stand à Arras. Pour le ressort comique, emplafonner la voiture dans la neige lors d’un reportage à Tarnac. J’accepte pour le Chien rouge ce que je ne ferais pour aucun autre : voler avec un flic de la PAF, voire même écrire. Pour le hors-série CQFD-Photo [1], nous n’avons rien à regretter, il n’y avait que des bons dedans. Ce que tu peux faire ici, tu n’as pas envie de le faire ailleurs. C’est ta couleur. Les copains. Et d’ailleurs, il n’y a pas grand-chose à regretter.

Yohanne Lamoulère est la première photographe à avoir publié des images dans un journal qui, à l’origine, était très marqué par le dessin de presse.

Un prolo dans CQFD

Alors que je m’étais essayé à la tenue d’un Journal de prolo [2] paru en 2004, l’envie m’a pris de tenir une chronique régulière, façon de reprendre le flambeau d’auteurs de littérature prolétarienne qui s’y étaient collés au sortir de la Première Guerre mondiale. Lecteur de CQFD depuis le début, c’est à ce journal que j’ai proposé ma plume. Le lendemain, coup de fil enthousiaste du Chien rouge – c’était parti. Débutée en 2005, je ne pensais pas que la chronique « Je vous écris de l’usine » tiendrait dix ans, jusqu’à mon départ en retraite. J’étais persuadé que la boîte fermerait bien avant. C’était un plaisir plus qu’un devoir de raconter le vécu au travail, alors que ce sujet est si peu ou mal traité dans les médias. À partir de portraits d’ouvriers ou d’anecdotes de mon usine, j’ai essayé d’universaliser le propos pour intéresser le lecteur. La filiale de Total où je bossais étant basée près de Rouen, nous nous sommes peu croisés avec les Marseillais de la rédaction. C’est peut-être ce qu’il y a eu de plus frustrant. Pourtant, la confiance réciproque qui s’est installée a fait de nous de vieux amis. Et tout le boulot de relecture sur les textes que j’ai proposés s’est déroulé sans dommage et avec franchise. Bonne continuation à CQFD !

Jean-Pierre Levaray entre autres pléthoriques productions, est l’auteur de Putain d’usine, à L’Insomniaque.

Ces fadas courageux

Quand j’ai rencontré l’équipe de CQFD, en 2000 je sais plus combien, je n’y connaissais pas grand-chose. Je pensais maîtriser les bases du bouclage d’un journal : nuits blanches, soutien aux épiciers de nuit, consommation effrénée de tabac parfois froid, parfois pas. Ça s’est vérifié. Je me doutais de l’extrême exigence du calibrage et de la correction, de la précision de la mise en page. Itou. Bonus : j’ai rencontré des amis et de l’amour, des camarades et des copains. Ça fait un bail que je ne travaille plus avec cézigues, pourtant ces fadas m’invitent toujours à l’apéro. Ils sont fous.

Sébastien Dubost a été maquettiste de CQFD à l’époque où le Chien rouge est passé de chiot un peu chieur à clébard déchaîné. Il est à la fois travailleur du bâtiment et directeur de la publication.

Hommage aux sans-grades

Cet anniversaire est l’occasion de toucher quelques mots de la face cachée de CQFD. Du journal, on connaît surtout les signatures qui ont fait sa réputation. En 15 ans, elles et ils ont été nombreux à pratiquer l’art martial de la critique sociale. Les journalistes aux visages burinés qui traquent l’info du Chiapas au Kurdistan, de Zad en grèves. Et les dessinateurs qui mettent leur imagination au service de la cause – leurs images sont des pavés qui secouent les esprits. Et puis, il y a les obscurs, les yeux rougis par les heures passées devant un écran. Le teint blafard, ils jonglent avec des bases de données et des chemises cartonnées. Grâce à ces baroudeurs de la jungle administrative, CQFD a évité les dangers qui guettent l’expérimentation sociale en milieu hostile. Certains ont apporté une contribution décisive à son fonctionnement. Louis, qui a jeté les bases du système informatique, avec lequel nous gérons toujours les abonnements. Pierre, qui s’est occupé de la compta pendant des années. Cécile, spécialiste des salariés, qui nous a sortis sans dommage d’un contrôle Urssaf. Hervé, alter-bureaucrate qui se cache derrière un pseudo et sur lequel je ne m’étendrai pas, puisque c’est moi. Comme ils n’aiment pas la lumière des projecteurs, laissons-les maintenant regagner la pénombre de leur tanière.

Georges Broussaille alias le Vé, il classe et archive tout. Il a aussi une fort belle plume, versée dans l’antimilitarisme sardonique. Il écrit trop peu souvent dans ces pages.

Ce n’était pas toujours fin, mais ça respirait

CQFD fut un gros bébé, avec ce qu’il faut de griffes et de dents, le poil rouge et luisant. Pourtant, je n’ai pas souvenir que l’accouchement ait été difficile – voir tous ces pères (et mères) les pieds dans les étriers pousser dans le même sens inspirait confiance. Mais très vite, je me suis demandée combien de temps nous aurions avant l’euthanasie du clebs. Puis j’ai cessé de me poser la question : l’important était de vivre l’aventure. Parfois, la peau sur les os, je l’ai cru presque mort. Toujours, la solidarité lui a permis de se relever. Au final, j’ai été happée ailleurs, mais je suis fière d’avoir participé à ses premières années. Ce que j’aimais par-dessus tout, c’était l’horizontalité des échanges. Pas celle des siestes sur le canapé défoncé de la rédac’, ni une autre plus salace que vous pourriez imaginer, non, celle du collectif, de l’absence de chefaillons. Ça n’empêchait pas les poussées d’ego, quand on mettait les doigts dans les papiers des autres. Ni les tentatives de prise de contrôle – mais personne, jamais, ne prenait le pouvoir durablement. C’était un joyeux bordel, épuisant au moment du bouclage, parfois chiant à mourir dans les tâches administratives (reconnaissance éternelle à Vé). Ce n’était pas toujours fin, mais ça respirait. Pour moi, c’est ça, CQFD : une fraternité en actes  – pour la sororité, on repassera, ce journal manque toujours furieusement de gonzesses ! Aujourd’hui, quand je le lis, je le hume autant que je le goûte. Pour voir s’il sent toujours la sueur sous les bras. Il m’arrive de râler quand il verse dans l’entre-soi, ne prêche que les convaincus ou se parfume à l’esprit de sérieux. Et puis, il manque de dessins. N’empêche que je le déguste chaque mois. Beaucoup de personnes chères à mon cœur ont fait partie de l’aventure. Certaines y sont encore, d’autres non. Mais je suis sûre que toutes portent quelque part, comme moi, l’empreinte d’une grosse patte rouge.

Marie Nennès est journaliste pour de vrai. Elle peut dire qu’elle était là depuis le début.

En décalage du réel

Je dessine pour CQFD depuis trois ans, et chaque mois c’est un vrai défouloir. Faut dire que j’aime bien taper sur le gouvernement, ses flics, les patrons du CAC40 et leurs grosses boîtes péraves. C’est comme aller en manif. L’important, c’est aussi de soutenir les luttes en cours et les personnes qui les mènent – si un dessin a des allures de tract politique, tant mieux ! En tant qu’anarcho-gauchiste, dessiner dans CQFD, niveau épanouissement personnel, ça remplace le yoga.

Étienne Savoye est l’un des précieux illustrateurs qui mouillent le crayon pour pas un rond et font entrer la lumière dans ces pages.

Le Stakhanov de la vente à la criée

C’est à Noailles, ventre de Marseille, que j’ai rencontré le journal. En hurlant de rire. Vous savez, c’est comme quand vous trouvez tout ce que vous pensez écrit noir sur blanc. J’ai alors envoyé un papier sur du fromage qui coulait dans un train. Ça a fait rire Cyran. Boum, il fit une connerie que les autres paient encore : il me bombarda au comité de rédac’. Trois mois plus tard, je partais en reportage en Auvergne. Ça faisait un bail que les OGM m’interloquaient, depuis que José Bové et René Riesel en avaient bousillés. Des paysans situationnistes, ça m’avait mis la puce à l’oreille. Avec Alain, un copain de la Conf’, on s’est donc rendus au rencart pour écraser des OGM médicamenteux. On est tombé sur des gendarmes dans le maïs, des hélicos en rase-motte et nous, complètement jobards, prêts à tout aplatir. Deux jours en garde à vue à seize. Et on est ressortis libres, avec Bové pour l’accolade. Pendant ce temps, à la rédac’, ils avaient canardé de mails pour dire que j’étais torturé dans des geôles fascistes auvergnates. Et puis, ils sont tous venus au procès. Seb Dubost n’a jamais vendu autant de CQFD en manif. Je n’ai jamais battu son record.

Christophe Goby est le camelot number one d’un journal qui ne sait pas se vendre. Il bombarde aussi la boite mail de messages foutraques et d’articles fiévreux.

Féminisme au prétoire

Fin 2010, Mademoiselle brocardait l’agence matrimoniale Eurochallenges dans sa chronique féministe. En titre, « Une Lafâme russe sous le sapin ». En illustration (de Tanxxx), une bimbo à poil, à chapka et à quat’pattes avec une pomme entre les dents surmontée d’un « Bientôt Noël ! Pensez à la DINDE ! ». En avril 2011 commence le harcèlement judiciaire de cette boîte spécialisée dans les rencontres avec des filles de l’Est attachées à « la famille avant tout ». Elle se serait sentie accusée de prostitution organisée, voire de trafic d’êtres humains ou d’animaux (la plainte n’est pas claire) ! Préjudice estimée par le bavard adverse : 14 000 €. Audition du président du Rire, l’asso chapeautant CQFD, et de votre serviteur chez les condés marseillais, pressions un peu molles pour qu’on lâche le nom de Mademoiselle, nouvelle audition chez la juge d’instruction à Lyon et nouvelles pressions, audience au TGI de la capitale des Gaules, enfin, en septembre 2013. Résultat, deux mois plus tard, relaxe ! Peu après, nous apprendrons que la patronne d’Eurochallenges et ses sbires collectionnent les gardes à vue pour escroquerie et les condamnations au civil et au pénal. Encore un grand merci à notre avocate, Muriel Ruef, pour son talentueux et indéfectible soutien.

Iffik Le Guen est breton, mais également membre marseillo-mondial du comité de rédaction. Et ex-directeur de la publication.

La propriété, c’est du vol, sauf quand c’est à moi

Pardon, mais j’aimerais profiter de cet anniversaire pour faire une vigoureuse réclamation. Pas que je veuille gâcher la fête, hein, comptez pas sur moi pour mêler une note dissonante au cortège des honneurs et célébrations ! Si telle était mon intention, j’aborderais crânement les sujets qui fâchent, vu que c’est pas ce qui manque dans la maison. Tiens, le fait par exemple que la tanière nicotineuse faisant office de salle de rédac’ n’a pas été aérée, ni lessivée depuis l’invention de la serpillière à frange. Ou que ça fait un bail que Rémi n’a pas fait la couv’ de CQFD, lui qui en a réalisées tant de mémorables, ni que la grande Tanxxx n’a enluminé un haut de page. Ou que les galériens et flibustières en charge de ce canard n’ont toujours pas été fichus d’intuiter un modèle économique qui permettrait, à eux et aux anciens qui ont sauté du rafiot – surtout à ceux-là ! –, de jouir d’une fastueuse rente à vie. Ou encore que depuis ses débuts, l’équipe ne sait pas faire autrement, dans sa grande majorité, et malgré sa constante recomposition, que de rester indécrottablement masculine, blanche et hétérosexuelle, sans parler de son profil sociologique de classe moyenne tombée sous la moyenne. Les 15 bougies, ce sont aussi des plaies et bosses.

JPEGMais venons-en à ma doléance ! Nos lecteurs et lectrices aguerris n’ignorent pas que le bouledogue brisant sa chaîne, mascotte de CQFD, est en fait l’œuvre de Thomas Theodor Heine. Son molosse écarlate fut l’emblème du journal qu’il a cofondé en 1896, Simplicissimus, d’une prodigieuse expressivité graphique et d’une insolence carabinée dans son exécration des uniformes, du patronat, du colonialisme et des gros culs cousus d’or portant moustache en guidon de vélo pour complaire au Kaiser. Férocement anti-guerre en 14-18, il s’est par la suite embourgeoisé, jusqu’à applaudir l’écrasement des spartakistes. Pareille dégénérescence devrait épargner CQFD grâce à ces courageuses réformes qui nous garantissent de rester précaires à vie. Quand t’arrives à l’âge de sucrer les fraises en lançant un crowdfunding pour payer ta chantilly, tu réduis considérablement les risques de finir avec un double menton duhamélien. Ou alors, le bouledogue de Heine se chargera de te croquer les fesses. Ce qui nous ramène à nos affaires : le recueil de Simplicissimus que j’avais emmené à la réunion de lancement de CQFD il y a quinze piges, et dans les pages duquel le chien devenu errant a souri à son nouveau canard d’adoption, cette mine d’or a disparu. Envolée, verschwunden. On me l’a piquée. Rendez-la moi, bordel !

Olivier Cyran est l’un des fondateurs les plus fameux de CQFD. Journaliste talentueux, il n’a – pour le coup – pas vérifié ses infos sur l’orientation sexuelle des participant.e.s.

« Kapaku ! Kapaku ! »

Non, ai-je dit à Bruno quand il m’a demandé d’écrire quelques mots. Non, je ne suis pas habilitée à produire des sanies lexicales, je ne suis ni journaliste, ni chroniqueuse, ni même prosatrice d’un jour ! Non, je n’ai rien à dire dans CQFD, journal que je fréquente depuis peu ou prou 15 ans, à ma sortie de l’école de correcteurs. Je suis plutôt une femme de ménage du texte, les vrais artistes pour qui j’œuvre ayant quelquefois besoin d’un dépoussiérage de lexique, d’un époussetage de coquilles ou d’un léger redressage de graphie. Du toilettage de surface. Mais en aucun cas, je ne me permettrais d’occuper ne serait-ce qu’un quart de brève. Et d’ailleurs, que pourrais-je dire ? Je ne vais quand même pas relater la façon dont a été résolue la question d’écrire « Quartiers nord » ou « quartiers Nord » au journal ? Au beau milieu d’un assaut d’arguments pertinents entre Gina et moi, en faveur soit de la teneur géographique (« nord » bas decasse), soit qualificative (« Nord » capitale initiale) du terme « nord » dans ladite expression, ce fut Julien qui trancha, en coqueriquant « Kapaku ! Kapaku ! ». Notre reddition fut totale, et aussi immédiate que peu orthodoxe : capitale au Q. Mais je ne peux pas raconter ça.

Laurence Lassimouillas dite Lole, est la correctrice historique de CQFD, désormais relayée par Gina. Dure sur la coquille, elle gratifie aussi l’équipe d’ébouriffants éclats de rire.

CQFD par le milieu

Commençons par notre local. « Une grotte », comme le décrit Bruno en 2012, dans sa belle carte postale aux amis du Napoli Monitor . Une cave dans laquelle nous avons dû cohabiter, entre nous mais aussi avec rats, souris... et autres bactéries qui se sont développées impunément du frigo au lavabo. On rentre dans l’antre par la petite porte, humblement, tête courbée. J’y ai démarré salarié (aidé) pour m’occuper de la diffusion, en 2011. Puis une fois encore, chômeur actif, pour m’occuper du secrétariat de rédaction. Le SR à CQFD ? C’est central ! Une forme de centralité horizontale. Un pivot, quoi ! C’est être là tout le temps. Au début, au milieu, à la fin. C’est être le garant du fonctionnement horizontal. Être capable de se taire, d’écouter et de parler en même temps. Encourager les dépressifs et dépressives, décourager les relou.e.s et engueuler, ou subir, ceux et celles qui sont passé.e.s malgré tout. C’est gérer les conflits en essayant de ne pas les alimenter. Se taper des hémorroïdes au bout de cinq jours à boire, bouffer de la merde et rester vissé sur une chaise 14 heures par jour. Et tenir bon, même si le chemin de fer est désespérément vide une semaine avant l’impression. C’est faire un journal sans thune et sans pub mais avec des petits animaux, un chien et de jolies personnes. Bref, une belle histoire. Qu’elle dure !

Momo Brücke n’est plus là, mais il n’est jamais très loin et on l’aime.

Admirer ces bras cassés

CQFD ? La première fois que j’en ai entendu parler, c’était en 2008. Je venais de découvrir les films de Pierre Carles et dans mon IUT d’info-com cannois, je me sentais un peu seul à m’intéresser à la critique des médias. C’est de lien en lien que j’ai découvert l’existence de PLPL, du Plan B puis de CQFD. Un raccourci ? Un jour, j’ai classé tout ça dans la catégorie « médias de gauche » à suivre, parce qu’il y avait de la vérité dans leurs pages et qu’ils n’étaient pas complices des dérives politiques dominantes. Quelque part, j’admirais les gens qui y écrivaient, alors que je ne suis même pas anar : ils paraissaient avoir tout compris (ou presque). Puis je suis parti au bled et j’ai oublié CQFD. En débarquant à Marseille en 2014, j’ai retrouvé une copine qui ne manquait jamais les apéros de sortie. Alors, j’ai pris une bière et je suis allé écouter les gars. Ils avaient l’air tellement dans leur monde que c’en était intimidant. Pour lier contact, il a fallu trois ans, et qu’au boulot je rencontre un de ces drilles écrivant sous pseudo. Quelques numéros plus tard, je peux le dire : CQFD, ces gens que quelque part j’idéalisais, c’est en fait une bonne équipe de bras cassés. Mais quand ils veulent, ils sortent vraiment de bons papiers.

Clair Rivière est un jeune aventurier pas si timide, rédacteur occasionnel mais pointu de ce modeste journal.


Notes


[1Le plus bel échec commercial du chien rouge. Note du webmaster.

[2Une année ordinaire, éditions Libertaires.



2 commentaire(s)
  • Le 28 mai 2018 à 22h27, par BB23 -

    Bravo !.. Bon Anniv au Vieux Chien Rouge Viva CQFD au Combat (et la Presse Libre du Kapital !) ! BB 43091, des maquis creusois, tralalalala

    Répondre à ce message

  • Le 30 mai 2018 à 16h28 -

    Bon anniversaire . Libertés , informations , échanges , partages , deviennent actes de résistances sous ce " régime" ! Les médias , dits " mainstream" sont asservis de façon lamentable ..
    Bon courage , camarades ..
    Henri Mandine

    Répondre à ce message

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