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Fallait oser !


paru dans CQFD n°89 (mai 2011), rubrique , par Mademoiselle, illustré par
mis en ligne le 06/07/2011 - commentaires

par TanxxxElles osent tout, les « Ni putes, ni soumises » (NPNS), c’est même à ça qu’on les reconnaît. Mademoiselle n’a donc point été très étonnée lorsqu’elle a découvert ce tract où l’on voit une femme et un homme, penchés sur une table, armés d’éponges, d’un plumeau et de détergent. Titre : « Les hommes s’y mettent aussi... », sous-titre : « Au ménage ? Non, au féminisme ! » Rires dans la salle. C’est bien connu, les mecs sont plus à l’aise en tribune qu’avec un balai. Sous l’affichette, au milieu de quelques gazouillis – « Engagés pour l’égalité ! », « Génération nomade et mobile » –, l’on apprend que « Internet et Facebook bousculent et transforment notre société » et que « des apéros géants à l’élection d’Obama » jusqu’au soutien de Sakineh, « nous faisons tomber les murs avec pour seul étendard la liberté ». Ça vous prend aux tripes ? Alors attention, car elles ne s’arrêtent pas là. Amis lecteurs, vous qui ne supportez pas l’idée de temps non mixtes dans les luttes ou la moindre évocation du partage inégalitaire des tâches ménagères, vous avez trouvé où vous engager : le mouvement « Ni putes, ni soumises » vous ouvre les bras. Et quels bras ! Nul doute que vous serez accueillis avec douceur et tendresse. Ici, on clame bien fort que « tous les débats caricaturaux pour savoir qui doit faire la vaisselle ou la lessive enferment le féminisme dans une ridicule guerre des sexes. » Paf ! Et d’ajouter : « Les hommes doivent pouvoir s’impliquer dans le combat féministe car c’est avec eux que l’on peut en faire un combat pour un projet de société pour l’émancipation », et cela, sans céder « à la facilité du repli sur soi et du communautarisme ». Car le communautarisme, pour les NPNS, c’est le diable. C’est l’épouvantail à brandir contre le mal. Imaginez donc que des femmes puissent travailler d’une manière autonome, déterminer elles-mêmes les enjeux et formes de leurs luttes ? Imaginez, en plus, que ces femmes soient issues de l’immigration post-coloniale, et décident de s’organiser non seulement sans les hommes, mais en plus sans les blanches ? C’est que ça pourrait être subversif ! « Sectarisme », « refus de débattre »,« refus de s’intégrer »... L’accusation en a plein la bouche. Sur le banc des témoins, les NPNS trépignent : mieux vaut sourire à son dominant que lui claquer la porte au nez. Quand Mademoiselle vous disait qu’elles ne reculent devant rien, les « Ni Putes, Ni Soumises ». Reconnaissez que crier aussi fort son adhésion à l’ordre établi, fallait oser !



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