CQFD

En couverture : "Demain les bêtes !", par Cécile Kiefer

Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archivés sur notre site progressivement, après la parution du prochain numéro. Ce qui vous laisse tout le temps d’aller saluer votre marchand de journaux ou de vous abonner...

Actualités d’ici & d’ailleurs

Urbanisme à la marseillaise : des chiffres et du sang – La chambre régionale des comptes PACA vient de publier un rapport révélant qu’à Marseille, des fonds publics destinés au logement ont été déviés au profit d’un caprice d’élus au coût exorbitant : la rénovation pompeuse et arbitraire de la place Jean-Jaurès. Les responsables, eux, rendront-ils un jour des comptes ?

Illustration de Gwen Tomahawk

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État d’urgence technologique. Voilà le titre aussi parlant qu’alarmant du dernier ouvrage du journaliste Olivier Tesquet. Il y décrit comment la surveillance généralisée a étendu son emprise à la faveur de la pandémie, avec d’étranges acteurs aux manettes. Zoom, en sa compagnie, sur cinq entreprises méconnues du grand public qui propagent le germe du flicage technologique à vitesse grand V(irus).

Collage de 20100

En janvier 2020, au temps d’avant donc, le journaliste Olivier Tesquet publiait À la trace. Enquête sur les nouveaux territoires de la surveillance  [1]. Un livre qui déjà faisait office de sonnette d’alarme, volume au max. Ce spécialiste des nouvelles technologies, qui bosse notamment pour Télérama, y disséquait la prédation de nos données par de multiples biais, des caméras de surveillance aux assistants vocaux en passant par les réseaux sociaux, nos achats en ligne ou nos brosses à dents connectées. Il y a le feu au lac dystopique, disait-il en substance.

C’est peu dire que la situation ne s’est pas améliorée depuis l’irruption planétaire du Covid. Le constat est simple : s’il y avait fuite en avant, il y a désormais grande ruée. Car la pandémie a encore accéléré le mouvement qui voit nos espaces publics et privés être envahis par des cohortes de prédateurs assoiffés de big data, ce nouvel or noir. Olivier Tesquet a donc planché sur un nouvel opus, publié en février : État d’urgence technologique. Comment l’économie de la surveillance tire parti de la pandémie.

Se complétant parfaitement, les deux ouvrages laissent une impression de grande foire d’empoigne – presque de mêlée furieuse. D’un côté, vulnérables et esseulées, nos données personnelles – ce qu’on consomme, ce qu’on aime, ce qu’on voit, mais aussi nos visages, nos démarches, nos maladies, nos émotions. Et de l’autre, prête à tout pour nous les piquer afin de les monnayer : une meute de charognards, excités par la crise et les opportunités qu’elle offre. Il y a les acteurs habituels bien sûr, au premier rang desquels les États, ravis de donner un énième tour de vis sécuritaire, notamment en matière de flicage des rues. Les GAFAM [2] ne sont pas en reste, eux qui ont fait sauter tous les verrous, opérant de grandes (...)




Entretien avec l’historien Éric Baratay
« Montrer que les animaux ont une histoire »

paru dans CQFD n°198 (mai 2021), par Margaux Wartelle, illustré par

Étudier et comprendre le point de vue animal pour écrire une autre histoire, décentrée. Telle est depuis une trentaine d’années l’ambition de l’historien Éric Baratay. Avec plus d’une dizaine de livres à son actif, portant sur des sujets aussi divers que le sort des animaux pendant la Première Guerre mondiale (Bêtes des tranchées, CNRS éditions, 2013) ou la place du chat domestique dans nos sociétés modernes (Cultures félines, Seuil, 2021), il croise les sciences, les sources et les approches pour sortir d’un pesant anthropomorphisme. Entretien.

Illustration d'Étienne Savoye

« Pousser les portes et mieux entrevoir d’autres mondes. » C’est par ces mots qu’Éric Baratay, professeur à l’université Lyon III et à l’Institut universitaire de France, conclut son livre Le Point de vue animal, une autre version de l’histoire (Seuil, 2012), ouvrage emblématique de sa démarche d’historien.

Sur cette pente, (...)


Introduction au dossier animal
Faune qui peut !

paru dans CQFD n°198 (mai 2021), par l’équipe de CQFD, illustré par

Introduction à notre dossier du numéro de mai 2021, consacré à nos rapports avec la faune animale et aux pistes d’émancipation liées à ces interactions.

« Animal, on est mal / Et si on ne se conduit pas bien / On revivra peut-être dans la peau d’un humain » (Gérard Manset)

« Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin qu’il me souvienne l’horreur des tortures infligées aux bêtes », écrivait Louise Michel dans son autobiographie [1]. Ajoutant : « J’aurais voulu que (...)


L’avantage de l’époque, c’est qu’elle ne donne pas vraiment le temps de s’appesantir quand rappliquent les mauvais augures. À peine apparaissent-ils à l’horizon qu’ils sont remplacés par d’autres, puis d’autres... Grouillant comme des puces au salon du clébard de rue. En un rien de temps, il y a eu… et puis merde, non ! On (...)


Morceaux volés
Que fait la prison à nos corps ?

paru dans CQFD n°197 (avril 2021), par Cécile Kiefer, illustré par

C’est un petit bouquin édité par le collectif anticarcéral lillois La Brèche. Sous-titré « Notes sur l’enfermement sensoriel », un peu de bon sens, que diable !, réunit des textes initialement publiés dans le journal du collectif, Ligne 12B, qui a paru entre 2003 et 2005. Des membres de ce collectif ainsi que des prisonniers et prisonnières y évoquent comment leurs cinq sens perçoivent l’univers carcéral et l’enfermement. Extraits.

Illustration de LMG Névroplasticienne

L’odorat

« La prison pue. Pue la mort. Beaucoup le disent. Mais plus directement la bouffe en décomposition, celle que les détenu·es jettent par la fenêtre de leur cellule, et qui pourrit au pied des murs. Elle sert de nourriture au chats, aux rats ou aux mouettes. Toute une faune qui participe, elle aussi, à l’odeur détestable qui (...)


Comme l’an passé, le préfet de la Drôme a saisi le procureur de Valence après la publication sur le site « Ricochets » d’un texte justifiant le sabotage d’installations Orange. Plusieurs dizaines de journaux et autres organisations signent une tribune de soutien à ce média participatif engagé, dont un des bénévoles avait été jugé pour « provocation à la commission de destructions ».

Bis repetita : comme l’année dernière, la préfecture de la Drôme a signalé au parquet un article du média participatif Ricochets. Et comme l’an passé, c’est un texte [1] défendant le sabotage comme moyen légitime de lutte qui a posé problème au représentant de l’État.

L’article incriminé commence ainsi : « Suite aux sabotages via (...)


Entre aliénation et émancipation
Aux racines du lissage des cheveux afro

paru dans CQFD n°197 (avril 2021), par Daphné Bédinadé, illustré par

Tantôt appréhendée comme une forme d’aliénation de l’identité noire, tantôt comme une pratique esthétique parmi d’autres, la transformation de la texture et de l’apparence du cheveu afro au travers du lissage n’est pas politiquement neutre. L’histoire de cette pratique peut difficilement être pensée sans prendre en considération celle du colonialisme et de l’esclavage.

Illustration de Mehrake Ghodsi

Des pubs avec des femmes noires aux cheveux raides comme des baguettes et des produits lissants qui envahissent les rayons des salons de coiffure afro : pour les personnes afro-descendantes, le lissage des cheveux s’est imposé comme pratique presque dominante en France, aux États-Unis ou encore au Brésil. Mais loin de se borner à de purs (...)


Jeudi 22 avril au tribunal de Gap, le procureur a requis deux mois de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de séjour dans les Hautes-Alpes à l’encontre de deux maraudeurs bénévoles. Accusés d’avoir fait passer la frontière franco-italienne à une famille afghane, ils assurent être restés du côté français. L’accusation ne dispose d’aucune preuve, hormis les déclarations de gendarmes basés en Bretagne qui prétendent avoir vu les maraudeurs franchir la frontière, pourtant difficilement repérable par des yeux non initiés parce que matérialisée par rien.

Par Juliette Iturralde. {JPEG}

Le 19 novembre 2020, Antoine et Timothée [1] étaient en maraude à la frontière franco-italienne, non loin du col de Montgenèvre (Hautes-Alpes). Investis de longue date dans le soutien aux exilés qui rejoignent la France par les périlleuses cimes alpines, les deux bénévoles portaient assistance ce jour-là à une famille afghane : un (...)


Le diktat de la poitrine « parfaite »
Cachez ce sein que je ne saurais voir

paru dans CQFD n°197 (avril 2021), par Tiphaine Guéret, illustré par

De tout temps, la poitrine féminine a été soumise aux prescriptions et aux interdits. Mais dʼaprès Camille Froidevaux-Metterie, autrice de Seins, en quête dʼune libération, ces injonctions se sont particulièrement intensifiées ces dernières décennies. En compagnie de la pensée de Simone de Beauvoir, de celle dʼAudre Lorde et de Lolo Ferrari, tour dʼhorizon partiel et subjectif dʼun tabou qui fait paradoxalement couler beaucoup dʼencre.

Photographie de Yohanne Lamoulère

« Comment a-t-il pu se faire qu’en dépit de l’évidente variété des seins, ce soit l’option pommée qui s’impose  ? La chose n’est pas récente, elle est même immémoriale. […] Peut-être faut-il in fine en imputer la faute, encore une, à Ève qui croqua la pomme et dut pour cela se couvrir les seins  ? » Cette question (...)


En Géorgie, les habitant·es de la Racha-Lechkhumi se mobilisent depuis le mois d’octobre contre la construction de deux barrages hydroélectriques qui ravageront une région entière, avec au programme : expropriations, spoliations et destruction de la culture locale et des terres agricoles.

Photo d'Anano Nikabadze

La Racha-Lechkhumi est une région du nord-ouest de la Géorgie, aux abords du massif du Caucase. C’est là que se trouve la vallée du fleuve Rioni, descendant généreusement d’une montagne. Sur les berges, les effluves de la rivière créent une zone de microclimat qui se concentre dans le village de Tvishi. Le sol, riche, y fait office (...)



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