CQFD

En couverture : « C’est par où la sortie ? » (collage de 20100)

Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archivés sur notre site progressivement, après la parution du prochain numéro. Ce qui vous laisse tout le temps d’aller saluer votre marchand de journaux ou de vous abonner...

Actualités d’ici et d’ailleurs

- L’article 24 qui cache la forêt autoritaire – La loi « Sécurité globale » va bien au-delà de l’interdiction de diffuser des images « malveillantes » de policiers. Entre autres joyeusetés, elle autorise les pandores à utiliser des drones. Un basculement décisif vers la société de contrôle technologique rêvée par le ministère de l’Intérieur dans son tout récent Livre blanc de la sécurité intérieure.

- L’éducation populaire mise (...)



Par Soulcié {JPEG}



Le « Pibe de Oro » est décédé
Maradona : « Dieu et le diable »

paru dans De l’autre côté du papier, par Mickael Correia

Né le 30 octobre 1960 dans un bidonville de Buenos Aires, Diego Armando Maradona, au-delà d’avoir été un des plus grands génies du football, incarne aux yeux du peuple argentin le pibe, l’enfant malicieux des rues qui, pour survivre, doit ruser voire voler. Et quand il débarque en 1984 pour jouer à Naples, il devient l’objet d’un culte religieux populaire après ses exploits footballistiques qui redorent le blason de la cité déshéritée et stigmatisée du Sud de l’Italie.

Alors que la presse argentine annonce le décès de Maradona, CQFD republie dans leur intégralité les pages consacrées au « Pibe de Oro » du livre Une Histoire populaire du Football (La Découverte, 2018) où notre camarade Mickaël Correia revient sur la dimension populaire du footballeur et in fine sa portée éminemment politique.

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« Et un beau jour la déesse du vent baise le pied de l’homme, ce pied maltraité, méprisé, et de ce baiser naît l’idole du football. »

(Eduardo Galeano, Le Football, ombre et lumière, 1998.)

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« J’ai grandi dans un quartier privé de Buenos Aires… privé d’eau, d’électricité et de téléphone », s’amuse Diego Armando Maradona en mars 2004, lors d’une visite en Bolivie. Parmi le flot de déclarations provocatrices, égocentriques ou affligeantes du célèbre footballeur, émergent de temps à autres des réminiscences de son enfance modeste à Villa Fiorito, un bidonville de la banlieue sud de Buenos Aires. Jusqu’au coucher du soleil, le jeune Diego, surnommé Pelusa (Peluche) à cause de sa touffe de cheveux, passait alors le plus clair de son temps à pratiquer le football sur les potreros, ces bouts de terrains vagues où les enfants aiment à jouer.

En 1971, âgé de 11 ans à peine, le petit gaucher à la peau mate est repéré par Francis Cornejo, un recruteur des Argentinos Juniors, formation phare de Buenos Aires. Le club aux origines populaires – l’équipe se dénommait initialement les « Martyrs de Chicago », en hommage aux anarchistes morts suite au massacre de Haymarket Square en 1886 – intègre alors Maradona au sein des Cebollitas, son équipe junior. Aussitôt, les foules viennent admirer les dribbles ravageurs du talentueux pibe, le « gamin » des rues. Intriguée par ce phénomène sportif, la télévision elle-même viendra interviewer l’enfant prodige des bidonvilles alors qu’il n’a que 12 ans.

Contractualisé comme joueur professionnel à 15 ans, il irradie les Argentinos Juniors en hissant le club dans le peloton de tête de la première division argentine. Quelques mois plus tard, en février 1977, il enfile pour la première fois le maillot de la sélection argentine face à la Hongrie avant de (...)




La loi « Sécurité globale » va bien au-delà de l’interdiction de diffuser des images « malveillantes » de policiers. Entre autres joyeusetés, elle autorise les pandores à utiliser des drones. Un basculement décisif vers la société de contrôle technologique rêvée par le ministère de l’Intérieur dans son tout récent Livre blanc de la sécurité intérieure.

Paris, manifestation du 28 novembre 2020 / Photo Serge d'Ignazio {JPEG}

Dans les rues de Marseille et d’ailleurs, ce samedi 21 novembre, c’est manif contre la loi « Sécurité globale ». Et sur les banderoles, les slogans se concentrent contre le fameux article 24 : « Votre loi c’est du floutage de gueule » ; « Police floutée justice aveugle » ; « Laisse-moi filmer la peau lisse de mes fesses »… une semaine (...)


Dossier « Imaginaires »
Demain respire encore

paru dans CQFD n°193 (décembre 2020), par Emilien Bernard, Margaux Wartelle, illustré par

« Nous vivons dans un monde plutôt désagréable, où non seulement les gens mais les pouvoirs établis ont intérêt à nous communiquer des affects tristes. La tristesse, les affects tristes, sont tous ceux qui diminuent notre puissance d’agir. Les pouvoirs établis ont besoin de nos tristesses pour faire de nous des esclaves. » (Gilles Deleuze)

Par Manoï {JPEG}

Ce dossier est né d’un besoin d’air, d’une sensation d’oppression face à la glauque déferlante de l’actualité. Tribulations du Covid, violences policières, cimetière Méditerranée, autoritarisme rampant galopant, délires identitaires, fonte accélérée des pôles, ganache de Pascal Praud sur tous les écrans… une avalanche (...)


Depuis le tabassage de Michel Zecler, nombre de médias mainstream semblent enfin ouvrir les yeux sur les violences policières. Mais cette soudaine vague d’interrogations sur l’institution policière risque fort de se volatiliser en quelques jours.

Manif du 28 novembre 2020 à Paris / Photo Serge d'Ignazio {JPEG}

Jean-Michel Blanquer, tu lui colles une perruque jaune pipi, on dirait Donald Trump. En tout cas, dans le propos, c’est peu ou prou kif-kif. Deux enquêtes de médias mainstream (Mediapart et Libération) ont révélé que grâce à de généreux subsides venus du ministère de l’Éducation nationale, le syndicat Avenir lycéen avait (...)


Sur quel terreau pousse l’extrême droite ?
Perpignan, ville en morceaux

paru dans CQFD n°192 (novembre 2020), par Mathilde Offroy, illustré par

Aux dernières municipales, Perpignan est devenue, vingt-cinq ans après Toulon, la première ville de plus de 100 000 habitant.es à basculer dans l’escarcelle du Rassemblement national. Sitôt élu, le nouveau maire a commencé à imprimer sa marque sécuritaire. Comment le candidat frontiste est-il parvenu à s’imposer dans la cité catalane, territoire de passages et d’échanges, qui en font une ville cosmopolite ? Quels espoirs de résistance aujourd’hui ? Tentative de réponses, à l’issue de cinq jours sur place à parcourir la ville et rencontrer des militant.es associatifs et anticapitalistes.

Photo Denis Meyer

Le 28 juin dernier, Louis Aliot a remporté le second tour des municipales avec 59,03 % des suffrages face au maire sortant Les Républicains (LR) Jean-Marc Pujol. Cette victoire n’est pas une surprise : en 2014 déjà, le frontiste était arrivé en tête au premier tour, et Pujol n’avait dû sa réélection qu’au ralliement des autres (...)


La police tue, la justice traîne
Zineb Redouane, notre d(r)ame

paru dans CQFD n°176 (mai 2019), par Clair Rivière, illustré par

Touchée par une grenade lacrymogène le 1er décembre, Zineb Redouane s’est éteinte le lendemain à l’hôpital. Sa fille Milfet se bat pour que justice soit faite et que cesse l’indécent déni politique autour des causes de sa mort.

Par Emilie Seto {JPEG}

Le 1er décembre 2018 à Marseille, Antoine a jeté une pierre sur deux caméras de vidéosurveillance. Deux jours plus tard, il dormait en prison [1]. Ce même samedi de manifestation, un policier a tiré une grenade lacrymogène sur une vieille dame qui fermait la fenêtre de son appartement, au quatrième étage. Violemment atteinte au (...)


Un prophète de la manipulation de masse
Bernés par Bernays

paru dans CQFD n°192 (novembre 2020), par Clair Rivière, illustré par

Neveu de Freud, Edward Bernays (1891-1995) fut l’un des pères fondateurs de la propagande moderne. Depuis ses bureaux new-yorkais, il théorisa la nécessité d’un « gouvernement invisible » qui dicterait leur conduite aux masses sans même qu’elles s’en rendent compte. En développant des techniques inspirées des recherches de son oncle, il fit fumer les femmes et augmenter les ventes de bacon. Il offrit aussi ses services à des politiciens et contribua au renversement d’un gouvernement de gauche au Guatemala. Profil.

Par Ruoyi Jin {JPEG}

En 1928, le patron de Lucky Strike a un souci : les femmes ne fument quasiment pas. Pour résoudre ce problème, il embauche un des pionniers du métier de « conseiller en relation publique » : Edward Bernays. Dans un premier temps, ce fringant trentenaire tente de jouer sur la mode des femmes sveltes : halte aux sucreries, vive la clope ! Pour (...)


La légende de la « pétroleuse » a été inventée durant la Commune de Paris pour stigmatiser les femmes combattantes, mais aussi toutes celles qui n’entraient pas dans l’imaginaire étriqué de ce que devait être une femme. La pratique de stigmatisation n’a pas changé, mais l’expression « pétroleuse » désigne aujourd’hui le courage des femmes. Voilà que la fake news s’est retournée contre ses inventeurs.

D.R. {JPEG}

« Elle boirait le sang de sa propre mère dans le crâne du dernier de ses enfants. »

Jean de la Brenne, La femme politique (1875)

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Ils avaient déjà tenté le coup en 1789 avec les tricoteuses, sobriquet donné aux femmes (alors dépourvues de droits politiques) qui participaient aux houleux débats révolutionnaires. Jugées trop (...)


Le surgissement du « Ahou ahou ahou »
Gilets jaunes : bilan avant reprise ?

paru dans CQFD n°191 (octobre 2020), par Emilien Bernard

Avec La Révolte des Gilets jaunes, le collectif Ahou ahou ahou livre une analyse claire et résolument engagée d’une révolte surgie il y a moins de deux ans, si explosive et inattendue qu’elle a fait vaciller le pouvoir et remis en cause beaucoup de certitudes en matière de luttes sociales. De quoi s’armer pour la prochaine ?

Photo Serge D'Ignazio {JPEG}

« Est-ce que les Gilets jaunes vont réussir à changer la vie ? Une infirmière, songeuse : “En tout cas ils ont changé ma vie.” »

(Le Monde, décembre 2018)

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À la lecture des premiers chapitres, cette étrange sensation : la distance. Comme si les faits exposés remontaient à une bonne décennie. Comme s’ils étaient inimaginables (...)


Dans Les Empoisonneurs, Sébastien Fontenelle montre notamment comment les éditocrates réactionnaires minorent l’antisémitisme issu de leur rang, alors qu’ils mettent régulièrement en exergue celui exprimé par certains musulmans. Un autre avatar de l’islamophobie.

D.R. {JPEG}

Il existe deux sortes de lecteurs : ceux qui ont déjà ouvert un livre de Sébastien Fontenelle, et les autres. Pour ces derniers, c’est très simple : qu’ils ne s’embarrassent pas des lignes qui suivent, et foncent se procurer ses bouquins. Quant aux premiers, on leur conseille de poursuivre cette lecture – avant de se rendre à la (...)



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