CQFD

En couverture : « Travail que vaille » (illustré par Pirikk).

Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archivés sur notre site progressivement, après la parution du prochain numéro. Ce qui vous laisse tout le temps d’aller saluer votre kiosquier ou de vous abonner...

Actualités

Rochefort-en-Terre, village solidaire – Libérez Vincenzo ! Peu avant la tenue du G7 à Biarritz, l’info faisait figure d’avertissement : « Vincenzo Vecchi, condamné pour des faits de “dévastation et pillage” durant le G7 de 2001 à Gênes, et réfugié en France depuis, est menacé d’extradition vers l’Italie. » Mais c’était sans compter sur le soutien d’irréductibles Bretons qui refusent que leur camarade soit livré à une justice transalpine vindicative.

La (...)



Par Tommy {JPEG}



Le 1er juillet dernier, à 22 h, dans la dernière ligne droite du bouclage de notre dernier numéro, l’ambiance était clairement über-louche dans notre local de la rue Consolat. Pas de lumière, hormis deux candélabres chargés de bougies aux senteurs musquées. Quelques signaux cabalistiques tracés à la craie sur le mur lépreux situé derrière les bureaux du chef. Et des silhouettes encapuchonnées assises par terre en demi-cercle, avec un je-ne-sais-quoi de reptilien inscrit sur leurs faciès blafards.

L’heure était grave. On le percevait à la manière dont tournait frénétiquement entre les inquiétants participants l’instrument privilégié du culte occulte se jouant ici : une feuille comptable recouverte de chiffres obscurs soulignés de rouge, dont la lecture semblait leur insuffler un surplus de fébrilité mystique.

Perché sur un trône Ikea rouge sang, le chef ressemblait à un cosaque de l’ancien temps, avec une perfide moustache, des yeux rougeâtres et un maintien de corps trompeusement aristocratique. Se levant d’un bond, comme envoûté, il résuma la teneur du problème : « Camarades de la Société du Rouge-Chien, nos caisses sont vides, archi-vides. Comment porter au plus grand monde notre propagande anarcho-illuminato-destructrice dans ces conditions ? »

Un haussement d’épaules désabusé agita les présents, comme une vague infinie s’étalant sur une planète plate. Ce n’était pas la première fois que le thème était abordé, oh que non, tant les porteurs de la Vérité sont rarement bénis par une opulence financière.

On allait en rester là, piètres conspirateurs, quand une petite voix s’éleva, comme un miaulement d’alien : « Et si... »

C’était une nouvelle recrue, tout juste intronisée dans le cénacle suprême après un passage remarqué par Radio Grenouille, où elle avait notamment décroché (...)




Au Kurdistan, contre la « mort à retardement »
Deux jambes sous terre

paru dans CQFD n°177 (juin 2019), par Loez, illustré par

Depuis trente ans, Hoshyar Ali démine inlassablement les montagnes kurdes. L’ancien combattant a beau avoir perdu ses deux jambes à l’ouvrage, il persévère. Portrait.

Photo Loez {JPEG}

« J’ai retiré plus de deux millions de mines du sol », fanfaronne « kak » [1] Hoshyar Ali, comme l’appellent affectueusement les habitant.es de la région de Halabja. Ici, au sud-est du Kurdistan irakien, près de la frontière iranienne, il est devenu une célébrité.

Âgé de 56 ans, l’homme est trapu, costaud. À côté du canapé où (...)


Bayram, musicien et danseur kurde d’une trentaine d’années, vit en France depuis l’âge de 23 ans. Il nous livre ici sa passion pour la musique et son engagement pour faire perdurer sa culture malgré la pression familiale, la répression et la volonté d’assimilation de la Turquie.

Par Benoît Guillaume {JPEG}

« Vers l’âge de 12 ans, à Diyarbakir [Sud-Est anatolien], j’ai commencé à l’école à faire de la danse folklorique kurde qui se fait au son du dawul et de la zurna, un genre de flûte. J’ai sympathisé avec le dawul, une grosse caisse avec une baguette fine d’un côté, une baguette un peu plus épaisse de l’autre. Pendant les (...)


Dossier « Quand la musique cogne »
À chaque bled son synthé

paru dans CQFD n°150 (janvier 2017), par Margo Chou, Mohamed Kably

Un samedi soir, nous dérivons jusque dans un cabaret oriental de la rue de Lyon. Dans ce décor sombre, intime et sans esthétique particulière, nous nous lançons dans une longue tchatche autour des claviers kitsch qui nappent la vie nocturne des Balkans et du Maghreb. Ici, c’est Marseille.

La Une du n°150 de CQFD, illustrée par Bruno Bartkowiak {JPEG}

Dès l’entrée, similaire à celle du palais de justice avec ses colonnes athéniennes en faux stuc, un son aigu de clavier-synthétiseur nous souhaite la bienvenue. Ambiance feutrée / enfumée. Des gens sapés sont attablés autour d’une piste ronde à moquette rouge sur laquelle on danse déjà. Au fond, sur une estrade, (...)


Sur Twitter, Christophe Barbier pourrait se présenter ainsi : « J’ai creusé un gouffre gigantesque dans les comptes de L’Express. J’ai précipité dans le chômage plusieurs dizaines de salarié-e-s. Je vais donc tenir désormais ma grande bouche très soigneusement close, et ne plus jamais proférer, en particulier, le moindre conseil dans le registre de la “rupture sociale”. » Mais il eût fallu pour cela qu’il sache un peu ce qu’est la honte.

1. Sur Twitter, Christophe Barbier se présente ainsi : « Je suis conseiller éditorial et éditorialiste au journal L’Express, dont j’ai eu le bonheur de diriger dix ans durant la rédaction. »

2. Comme « éditorialiste au journal L’Express », Christophe Barbier développe, toutes les semaines, sur des sujets touchant notamment à (...)


De 1967 à 1993, la compagnie pétrolière Texaco (rachetée ensuite par Chevron) a ravagé l’Amazonie équatorienne. Depuis, des milliers d’habitants se battent pour obtenir réparation. Leur lutte fait l’objet d’une édifiante bande dessinée : Texaco, et pourtant nous vaincrons.

Par Damien Roudeau {JPEG}

D’étranges et immenses oiseaux noirs survolent la canopée. Les peuples autochtones des rives du rio Aguarico l’ignorent encore, mais leur mode de vie est condamné. Dans l’est de l’Équateur, en pleine Amazonie, les hélicoptères bourdonnent et les foreuses ne vont pas tarder à creuser. En 1972, la compagnie Texaco extrait son (...)


Avec des taux d’audience jusque-là inégalés, le Mondial féminin de football a rencontré un vrai succès populaire. Une attention médiatique qui permet de mettre en lumière les revendications féministes des footballeuses.

Par Maïda Chavak {JPEG}

« Je n’irai pas à la putain de Maison Blanche », lance le 25 juin dernier Megan Rapinoe à un journaliste lui demandant si Trump l’invitait en cas de victoire au Mondial. Considérée comme l’une des meilleures footballeuses du monde, la capitaine de l’équipe américaine féminine de football ne laisse jamais sa langue aux vestiaires. (...)


Colonisation à la mode marocaine
Sahara occidental : voir Laâyoune et repartir (de force)

paru dans CQFD n°176 (mai 2019), par Nicolas Marvey, illustré par

Depuis 1975, le Maroc occupe le Sahara occidental au mépris du droit international. Pour avoir tenté d’y rencontrer des indépendantistes, Nicolas Marvey en a été expulsé illico. De la Courneuve à Laâyoune, récit d’une incursion écourtée.

Photo E.L. {JPEG}

La première fois que je rencontre des Sahraouis, c’est en septembre dernier, dans les allées du « village du monde », à la fête de l’Humanité. Le Sahara occidental, je suis au courant : c’est la zone située au sud du Maroc, territoire « non autonome », enjeu d’un conflit entre le Maroc et le Front Polisario qui perdure depuis plus (...)


Dans tout l’Hexagone, la même question : « La France nucléaire, vous y tenez ? » Et des réponses qui ont redonné le sourire aux militants de l’Atomik Tour. Après des mois de déprime sur le front antinucléaire lorrain, l’énergie est de retour. L’été a été des plus actifs, l’automne promet tout pareil.

Par Damien Roudeau {JPEG}

Non, l’Atomik Tour n’avait pas pour but d’admirer le paysage et de goûter les spécialités locales. Non, l’antique caravane vedette tirée par une (non moins vieille) camionnette ne visait pas la piste aux étoiles. Et non, ce tour de France en 50 étapes, qui s’est tenu du 15 janvier au 8 août de Lunéville à Dijon en passant par (...)


La société civile « Bayonnée »
G7 : un contre-sommet noyé dans le kaki

paru dans CQFD n°179 (septembre 2019), par Jean-Sébastien Mora, illustré par

Depuis l’émergence du mouvement altermondialiste, jamais un contre-sommet du G7 n’avait connu une si faible mobilisation. En cause notamment, la militarisation du maintien de l’ordre, la « neutralisation stratégique » du mouvement social, des arrestations arbitraires et des interdictions administratives de territoire.

Par Patxi Beltzaiz {JPEG}

Ce samedi 24 août, Bayonne baigne dans un étrange mélange de farce et de régime totalitaire. Alors que le G7 de Biarritz a débuté à quelques kilomètres de là, les autorités ont interdit tout regroupement. Le marché hebdomadaire a été annulé et la plupart des vitrines de commerces sont barricadées. « Il y a plus de flics que de (...)



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