CQFD

Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, la brutalité du maintien de l’ordre a tué une mamie algérienne, mutilé plus d’une vingtaine de personnes et blessé moult autres manifestant.es et passant.es. Avec, en toile de fond, un époustouflant déni gouvernemental et un black-out médiatique qui a duré près de deux mois, nonobstant les vidéos accablantes qui circulaient sur les réseaux sociaux. À l’instar du journaliste David Dufresne [2], le collectif « Désarmons-les ! » s’échine à recenser les blessures causées par la police. Il s’efforce aussi de soutenir les victimes de ces exactions. Entretien avec Ian, l’un de ses membres [3].

Par Vincent Croguennec {JPEG}

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Depuis des années, le « maintien de l’ordre » est synonyme de blessures graves chez celles et ceux qui le subissent, essentiellement des habitants des quartiers populaires, supporteurs de foot et manifestants. Pendant le mouvement contre la loi Travail, l’ampleur de la répression avait considérablement augmenté. Là, avec les Gilets (...)



Par Nicolas de la Casinière {JPEG}



Si la répression policière du mouvement des Gilets jaunes et son cortège de mutilations a (un peu) percé le plafond médiatique, le volet judiciaire de cette envolée vers l’autoritarisme est peu discuté. Il y a pourtant de quoi, tant le droit est instrumentalisé en vue de saborder le mouvement. Parmi les rares qui élèvent la voix, il y a Raphaël Kempf, avocat qui a défendu nombre de Gilets jaunes interpellés. Lui estime qu’il faut dénoncer le rapport à la justice de ce gouvernement. Avec, en ligne de mire de cet entretien réalisé le 23 janvier, la loi dite anti-casseurs [5]. Qu’elle soit votée ou non, les récentes semaines ont mis en évidence la volonté de la Macronie de mettre la justice au diapason de la répression tous azimuts. Entretien.

Par Vincent Croguennec {JPEG}

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Cet entretien se déroule alors que la proposition de loi anti-casseurs est discutée en commission à l’Assemblée…

« Elle a été déposée le 14 juin dernier par un membre de la droite la plus dure et réactionnaire, Bruno Retailleau, et avalisée par le Sénat au mois d’octobre. Son but affiché est de lutter contre les violences dans les manifestations et de les sanctionner, prétendument au nom du droit à manifester. Ce qui est évidemment paradoxal, puisqu’elle vise justement à limiter ce droit. C’est d’autant plus patent quand on sait qui l’a proposée en premier lieu. Pour cette droite réactionnaire, le temps de la manifestation doit rester policé, absolument conforme à l’ordre public. Ce qui va contre le principe même de la manifestation : comme d’autres outils politiques tels que la grève ou le blocage, elle a d’abord pour objet de perturber le cours normal des choses.

À l’heure où l’on se parle [le mercredi 23 janvier], on ne sait pas si la commission va modifier cette proposition de loi. En l’état, l’article 1 donnerait au préfet le pouvoir de délimiter un périmètre de sécurité dans lequel les policiers pourraient fouiller les personnes et les interpeller [1].

Ce serait le stade fan-zone de la manifestation, décidé cette fois-ci par le pouvoir politique. J’ai déjà dénoncé [2] les dérives inacceptables qui se sont déroulées lors des manifestations des Gilets jaunes, notamment lors de l’acte IV, le 8 décembre, qui a occasionné près de 2 000 interpellations, la plupart préventives. C’était déjà très choquant, mais cela restait à la seule appréciation du procureur de la République. Avec cet article, ce serait désormais entre les mains du préfet, donc du champ politique. Un grand recul pour la justice. »

Il s’agirait pour l’État d’avoir une plus grande maîtrise sur les (...)




Comment un ancien militaire fasciste, raciste, sexiste et ultralibéral a-t-il pu être élu à la tête du Brésil ? Aux yeux du syndicaliste Herbert Claros, le Parti des travailleurs de l’ex-président Lula, qui a déçu les espoirs de justice sociale placés en lui, porte une lourde part de responsabilité. Entretien.

Par Etienne Savoye {JPEG}

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« Il y a six mois, on n’imaginait pas que l’extrême droite accèderait au pouvoir au Brésil. Cette menace paraissait beaucoup plus forte ici en France, en Grèce et dans d’autres pays...  » Alors que Jaïr Bolsonaro, élu en octobre avec 55 % des voix [6], a pris ses fonctions de président le 1er janvier, la gauche brésilienne (...)


Par Plonk & Replonk {JPEG}

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« Nunatak », en langue inuit, désigne une montagne où la vie se réfugie au-dessus des glaces pour perdurer pendant l’ère glaciaire. Mais c’est aussi le nom d’une jeune revue « d’histoires, cultures et luttes des montagnes » qui sort deux fois par an – son dernier numéro traitait en partie de l’industrie touristique. Le (...)


Grand projet touristique nuisible dans le Haut-Bugey
Développer le tourisme en inventant l’eau chaude

paru dans CQFD n°167 (juillet-août 2018), par Alexandre Hyacinthe, illustré par

Petit bourg de l’Ain, Hauteville-Lompnes peut se targuer de compter un maire particulièrement inventif. Après avoir installé des canons à neige pour la micro-station basée à seulement 900 mètres d’altitude, il a décidé de forer le plateau karstique pour trouver de l’eau chaude à même d’alimenter un centre aqualudique. En face, la résistance s’organise.

Par Mickomix {JPEG}

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Pendant trois semaines, ils ont pris la route pour informer et discuter. En avril, les opposant.e.s à trois projets de Center Parcs [1] ont uni leurs forces pour sillonner les routes entre Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté à bord de la caravane Nina (Ni ici, ni ailleurs !). Chaque jour, ils ont fait relâche dans une ville (...)


Nous lançons avec des associations, des organisations de journalistes, des médias, des syndicats et des organisations politiques une déclaration commune pour se « mobiliser pour une réappropriation démocratique des médias ». Cette déclaration, à diffuser et signer largement, est une première étape dans la construction d’une mobilisation et d’initiatives communes pour transformer les médias.

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Depuis plusieurs semaines, le mouvement des Gilets jaunes bouleverse l’agenda politique, et porte une remise en cause profonde des institutions. Les médias sont tout particulièrement visés. Les Gilets jaunes dénoncent, à juste titre bien souvent, un traitement caricatural des mobilisations : surenchère sécuritaire sur les plateaux (...)


À Barcelone, les propriétaires se sont vite rendu compte qu’avec des touristes, ils gagnaient en une semaine autant d’argent qu’en un mois avec un locataire autochtone. Résultat, l’inflation a poussé les Barcelonais à aller se loger de plus en plus loin en périphérie...

Par Kalem {JPEG}

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« Je me suis dit que c’est bien joli de maudire les touristes, mais que je serais le dernier des idiots de ne pas profiter moi aussi de l’aubaine ! », reconnaît Arnau, photographe freelance vivant dans le quartier de Poble Sec, à Barcelone. C’est sans doute ici [1], puis à Lisbonne, que la dynamique Airbnb a causé le plus de dégâts. (...)


Le tourisme, une marchandise comme une autre
Voyager dans la zone du confort

paru dans CQFD n°167 (juillet-août 2018), par Aude Vidal, illustré par

Partie en Asie du Sud-Est comme touriste il y a cinq ans, Aude Vidal poursuit la rencontre en devenant « volontouriste », pigiste, étudiante à Langues O’ ou prof de français en tongs. Et se pose la question : comment cesser d’être touriste ? Est-ce seulement possible ?

Photo Patrick Cockpit {JPEG}

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Comme tout le monde, je méprise les touristes. Les touristes qui viennent chez moi marcher le nez en l’air sur les pistes cyclables et faire grimper le prix des loyers à coups d’Airbnb ou de résidences secondaires. Les touristes comme moi quand je voyage. Nous sommes nombreuses et nombreux sur la piste Sud-Est asiatique, une des (...)


De « l’usage » à « l’usure » du monde
Sète, ses joutes, ses plages, son CRA

paru dans CQFD n°167 (juillet-août 2018), par Sébastien Navarro, illustré par

Ancienne ville « rouge » portuaire, Sète (Hérault) ne cesse de subir aménagements et restructurations en vue de capter la manne touristique. À l’ombre de ces liftings urbains, la ville abrite un centre de rétention administrative (CRA). Touriste et migrant, deux faces opposées des nomadismes contemporains.

Par Mortimer {JPEG}

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Quai d’Alger. Qu’on se souvienne : c’est ici que devait se construire une marina pour yachts de luxe [1]. Ce dimanche 17 juin, un bateau de croisière floqué au blase de l’Azamara Club Cruises et long de 200 mètres y est accosté. 700 croisiéristes flottent dans ce cocon au gigantisme déprimant. Les statistiques indiquent qu’un (...)


Afin de limiter le réchauffement climatique, de nombreux États européens s’engagent vers la sortie du charbon. Comme solution durable de remplacement, les industriels proposent le bois. Mais pour les écologistes, cette voie impose « l’industrialisation de la forêt » et présente des conséquences plus graves sur la machine climatique que celles du charbon.

Par Mortimer {JPEG}

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Urgence sur le climat. La production électrique est encore trop dépendante du charbon, grand émetteur de CO2. Cette énergie fossile représente 41 % du mix électrique mondial, 24 % de celui de l’Union européenne (UE). Alors, la plupart des pays européens affichent leur sortie programmée du charbon. En France ce serait pour le 1er (...)


Depuis que Pablo Servigne et Raphaël Stevens ont publié un petit livre intitulé Comment tout peut s’effondrer (2015), le sujet est à la mode [2] . Les auteurs sont régulièrement invités dans les médias pour évoquer la « collapsologie », concept qu’ils ont forgé pour étiqueter cette « science » de la mort des civilisations. Leur postulat de départ n’a rien de farfelu : nous serions au bord d’une grave crise aux motifs complexes et il conviendrait d’ores et déjà de s’y préparer. D’où le titre de leur dernier ouvrage : Une autre fin du monde est possible [3]

Problème : si la probabilité d’un effondrement général crève les yeux, les ouvrages de ses thuriféraires manquent singulièrement de mordant, versant même dans des passages new age un peu trop lénifiants. On n’y trouve aucune critique réelle du capitalisme ou de l’explosion des inégalités sociales à l’échelle de la planète. Un manque comblé par l’essayiste Renaud Duterme, qui a publié un ouvrage mettant en avant l’aspect politique de la question : De quoi l’effondrement est-il le nom ? [4] Un livre qui rappelle que la fin du monde aussi est affaire de lutte des classes. Entretien.

Par Vincent Croguennec {JPEG}

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Vous dites que notre imaginaire de l’effondrement est fantaisiste. Et que nous y accolons une vision à la fois romantique et centrée sur le quotidien des classes moyennes occidentales...

« Disons que les premières images qui nous viennent en tête quand on parle d’effondrement sont pour beaucoup celles popularisées par la (...)



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