CQFD

CQFD n°126, en kiosque à partir du 07 novembre 2014.

Les articles sont mis en ligne au fil de l’eau après la parution du CQFD d’ensuite. D’ici-là, tu as tout le temps d’aller saluer ton kiosquier ou de t’abonner...

En Une : Le dit des trois morts... par L.L. de Mars (pdf à télécharger pour affichage chez par chez vous ci-dessous).

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Le dit des trois morts... par L.L. de Mars.

Dossier : La mort qui tue

Y-a-t-il une vie avant la mort ? La conscience de la mort est, avec la pensée, le langage et le rire, le propre de l’homme. Nous voilà bien vernis, car à part la certitude que la vie, dans son enveloppe corporelle, a une fin certaine, on ne sait pas grand-chose de cette finitude. Face à la grande égalisatrice, il n’y aurait pas d’autres options que l’esquive philosophique – « Avant l’heure c’est pas l’heure, après l’heure c’est trop tard », aurait proféré Sénèque en reprenant des moules – ou la croyance en l’immortalité de l’esprit. En exclusivité, CQFD vous révèle enfin la vérité sur cette expérience définitive.

Par L.L. de Mars. {JPEG}

Transhumanisme : La mort dans l’âme Convaincus que les technologies seraient à même de libérer l’homme de ses limitations physiques et intellectuelles, les transhumanistes ont toujours été obnubilés par la quête de l’immortalité. Au bout du tunnel, il y a de la lumière  : un joli tube de néon à la durée de vie scientifiquement calculée…

Deuil Lola, le crabe et les perdants magnifiques

Numérique : Poussière tu étais, pixels tu seras ! C’est bien connu, le numérique est une hydre infernale qui investit jusqu’aux pores du vivant. Et voilà qu’il s’attaque au repos éternel de nos chers défunts. Virée non exhaustive sur la toile d’une mort devenue virtuelle.

Service réa : Entre la vie et la mort Sauver une vie ou accompagner un patient vers sa fin, c’est le quotidien de Rémi (le prénom a été changé pour respecter le « devoir de réserve »), infirmier dans le service de réanimation d’un grand hôpital. Confronté à la mort au turbin depuis deux ans, ce grand gaillard trentenaire n’en est pas pour autant devenu blasé.

Du berceau à la tombe : Gardienne du dernier repos Il y a 2 635 cimetières en France. C’est dans l’un d’eux que CQFD a rencontré Nadine. Adjoint technique à la mairie de Perpignan, voilà trois ans qu’elle est gardienne. Un job qui lui plaît  : « Ici, c’est calme et on rencontre du monde.  »

Pompes funèbres : Même les morts paieront Le croque-mort dans Lucky Luke était peut-être âpre au gain, mais il aimait le travail bien fait. D’après Jérôme (le prénom a été changé), employé dans l’une plus grosses entreprises du secteur des pompes funèbres, les choses ont bien changé.

Les articles

ZAD du Testet : Chronique d’une mort annoncée Beaucoup d’encre et de larmes ont coulé depuis la mort de Rémi Fraisse, étudiant ­botaniste, sur la ZAD du Testet. Loin d’être purement accidentel, ce décès est le résultat d’un patient acharnement politique et policier. Retour sur cette mobilisation sous tension à travers une visite pastorale de la vallée du Tescou.

Sautes-frontières : Gare aux gares ! Avec ou sans le déclenchement d’opérations spectaculaires à l’échelle européenne, la chasse aux clandestins va bon train à Marseille. Pour accélérer les flux d’expulsions, le tribunal, chargé d’emballer la chose avec un minimum de formalisme juridique, est situé en plein cœur du centre de rétention du Canet. Retour sur une routine administrative qui se veut toujours plus discrète.

Kurdes : «  Nous vivons sous la menace d’un génocide. » CQFD a rencontré Aydin, porte-parole de l’Association du centre démocratique des Kurdes à Marseille alors que la ville de Kobanê en Syrie menaçait de tomber entre les griffes de Daesh. L’occasion de revenir avec lui sur l’effervescence révolutionnaire et la tragédie qui secouent le Rojava.

Massacre : Le Mexique dans tous ses démons « Au Mexique, c’est tous les jours le jour des morts », affirmait une banderole lors d’une manifestation d’étudiants, profs et parents des 43 normaliens disparus le 26 septembre à Iguala, dans l’état du Guerrero.

Greenwashing : Et BNP Paribas refit le monde Un prédateur de la finance qui fait l’éloge du partage et de « l’économie inclusive », ça se passe comme ça dans le monde magique de la science amusante.

Littérature : God save John King Auteur de six romans traduits en français, John King était invité au festival littéraire « En première ligne » d’Ivry-sur-Seine le 19 septembre dernier. Rencontre avec une figure rare de la (...)



Par Nicolas De La Casinière. {JPEG}



Espace autopromotionnel à lire en écoutant « Somewhere over the rainbow » version ukulele pour accentuer l’effet d’empathie et provoquer la pulsion d’achat chez le lecteur.

Alex a 48 ans, il habite Marseille. Il est agent de maîtrise à la ville, mais il pense prendre une année de dispo pour «  faire autre chose ». Ce qu’il n’a jamais eu le temps de faire avec ses horaires stupides. Voir ses amis en dehors du boulot, FO, dodo. Alex, il a plein d’amis. Alex lit CQFD depuis des années. Il adore ça et nous dit qu’il a presque toujours été d’accord, « presque ». Chaque année il se réabonne. Il abonne aussi sa famille proche – pas du côté du beau-frère, le mari de sa sœur, « C’est des fachos  !  » – et il abonne aussi ses amis. Car Alex, il aime partager. C’est comme un don chez lui. Alex pense qu’il faut soutenir les gens qui font du journalisme indépendant de critique sociale. Si on ne les soutient pas, Alex pense que ça fera un petit vide dans sa vie. Chaque mois, c’est comme une petite revanche sur tous ces connards qui nous gouvernent. Alex a aussi acheté le T-shirt de CQFD et l’a offert à ses amis. Ça le fait sourire de les imaginer avec. Il est comme ça, Alex. Tout le fait sourire car il aime avant tout la vie. A CQFD, tout le monde adore Alex qui vient à chaque apéro de sortie du canard. Il apporte un peu de bonne humeur et un vin naturel délicieux que produisent des potes d’une petite coopé indépendante.

Tiens, voilà Emma  ! Emma vient ­d’entrer dans le local avec son bibi multicolore sur la tête si reconnaissable. Elle vient pour récupérer des numéros de CQFD qu’elle lit depuis un an. Vous connaissez Emma ? Elle a 24 ans, elle est au chômage depuis deux mois après avoir fait la saison en Corse. « En mode exploitée », comme elle dit, dans un petit rire. Maintenant elle a le temps pour voir ses amis et distribuer CQFD. Emma, elle a plein d’amis…

CC. {JPEG}




François Rebsamen, le ministre de la remise au turbin, a plus d’un boulot de merde dans son sac pour te ramener dans le giron soyeux du travail. Il y en a un, pourtant, qui échappe encore au catalogue de Pôle emploi. Jusqu’à quand  ?

Si d’aventure vous êtes de passage à Bruxelles et qu’une envie perverse vous gagne d’engloutir une cheesy crust au Pizza Hut du boulevard Anspach, en plein centre-ville, vous ne serez pas déçu du voyage  : à défaut d’un repas digeste, vous y trouverez des chiottes d’une blancheur phosphorescente, sentant bon l’hygiène industrielle et l’huile de coude ménagère. La satisfaction de pisser sur une faïence aussi immaculée que le sourire de George Clooney et d’appartenir du même coup à une clientèle choyée, sinon « premium », n’est toutefois pas incluse dans le prix de la pizza. Il vous en coûtera 50 centimes, comme l’indique le petit panneau posé sur le tréteau à la sortie, où le préposé au nettoyage est en train de s’éponger le front avant sa prochaine corvée de serpillière. C’est que le forçat des urinoirs doit les récurer de fond en comble tous les quarts d’heure, ce qui lui laisse peu de temps pour empocher son pourboire.

Qu’il soit occupé ou non, notez que vous pouvez fort bien vous abstenir de cracher au bassinet. La (...)


Différentes approches du « Travaillez plus » à travers l’affiche politique.

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1. En 1966, si le travailleur chinois rayonne – irradie même – c’est qu’il doit « travailler dur pour l’amour de la Révolution » et passer son temps libre à lire du Mao, que du Mao, encore du Mao – ce dernier d’ailleurs a fait supprimer le système bourgeois des droits d’auteur la même année, à l’exception unique de ses propres copyrights (pas fou le Grand Timonier !). De quoi faire frissonner de bonheur et à distance confortable plus d’un petit Badiou.

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2. Dans l’URSS de Khrouchtchev, on ne travaille plus trop pour la gloire du Petit Père des peuples ou pour la construction du modèle soviétique mais pour toucher une meilleure paye. Tandis que l’ouvrier au type slave compte ses billets d’un air satisfait, le métèque du Caucase se demande quelle mauvaise vodka il va pouvoir se payer avec ses clopinettes. « Qui travaille plus, gagne plus », proclame cette affiche, dont le mensuel Alternatives économiques supputait en 2008 qu’elle aurait pu être la source cachée du slogan de Nicolas Sarkozy.

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3. « Gagner davantage » encore… (...)


Le 2 septembre dernier, François Rebsamen, ministre du Travail, faisait le buzz en brandissant le nombre de 350 000 offres d’emplois non-pourvues en France. Ce faisant, il stigmatisait des chômeurs « tire-au-flanc » qui ne joueraient pas le jeu de la solidarité nationale en temps de crise. Conseiller à Pôle emploi, Vincent décrypte le message à l’aune de son quotidien.

CQFD  : Comment la sortie de Rebsamen a-t-elle été perçue au sein des agents de Pôle emploi ?

Vincent [1]  : Parmi les collègues, il y en a qui se sont dit « Il n’a pas tort, il y en a trop qui profitent du système » ; d’autres « Encore un ministre qui se fait mousser  ! » et puis il y en a quelques-uns, plus rares, comme moi, qui ont pensé « C’est trop énorme, c’est de la manipulation. Une arnaque, quoi  ! »

Par Tanxxx. {JPEG}

A peine sorti dans la presse, le chiffre de ces fameuses offres d’emplois non-pourvues était passablement contesté [2]. Comment a-t-il été fabriqué ?

Ce chiffre de 350 000 offres d’emploi non-pourvues se fonde sur deux bases de données différentes. La première source vient d’enquêtes réalisées auprès d’employeurs, à partir desquelles sont exprimés les besoins de main-d’œuvre. Ce type de données peut être totalement « pipeauté » puisque les employeurs peuvent très bien se fonder sur une sensation, une impression et pas forcément sur quelque chose de concret.

La seconde source provient effectivement d’offres (...)


A ce moment critique pour le gouvernement, il fallait bien tenter de la remettre, cette bonne vieille pression sur l’éternel assisté, vautré dans les délices des minima sociaux. Et c’est le Rebsamen du Travail qui s’y colle – suivi de près par les coups de langue squalide de Valls qui « aime l’entreprise » et les coups de baguette de Pierre Gattaz, véritable chef d’orchestre du pays, qui voudrait détricoter jours fériés, SMIC et 35 heures. Le ministre exige que Pôle emploi flique les sans-dents. Comme si toute considération objective sur la situation actuelle – mythe des offres d’emploi non-pourvues, emplois précaires, jobs absurdes, destruction de l’emploi industriel, stratégies managériales de concurrence et d’épuisement –, s’était évaporée afin de désigner l’unique responsable de ce marasme : cette feignasse de chômeur !

La ficelle est usée, mais les socialos s’y entendent aussi bien que leurs compères de la droite-dans-ta-face. En exigeant des inactifs des preuves de recherche active d’emploi, en les enjoignant, sous peine (...)


La bouffe est un combat. Depuis septembre 2013, l’ancienne Kuizin, ce lieu associatif de la Belle de Mai (Marseille) tournant autour de pratiques culinaires en rupture, a été reprise en main par une nouvelle équipe, la Cantine du Midi. Si tu veux vivre libre, respecte l’aliment  !

Par Canijasoder 15. {JPEG} La belle de mai, quartier populaire à l’abandon, îlot autrefois villageois coincé entre tunnels, voies ferrées, autoroute, passerelle routière… On dirait qu’ici l’air et le temps se sont figés. Les mêmes jeunes en attente au coin d’une rue, dans l’encoignure d’une porte d’immeuble, changent de poste d’observation au gré de la courbe du soleil, mais sans jamais, dirait-on, changer de zone. «  La Cantine du Midi a vu le jour en septembre 2013, raconte Sonia. Avant, il y avait la Kuizin. Ses fondateurs cherchaient une équipe capable de reprendre le flambeau en respectant la philosophie du lieu.  » Cosimo évoque ses circonstances personnelles  : « J’étais en pleine crise existentielle. Jeune papa, arrivé récemment à Marseille, je voulais, après avoir travaillé comme éducateur dans un quartier périphérique de Naples, passer à quelque chose de plus concret, de plus manuel. Bosser avec ses mains, ça permet d’exprimer une critique en acte de la société. » À midi, du mardi au vendredi, la salle et ses deux longues tables sont prises d’assaut (...)


Forêt de Sivens, dans le Tarn, déboisée à coups de tronçonneuses et de CRS. Participant au ravitaillement de jeunes rebelles anti-barrage perchés dans les derniers arbres de la ZAD du Testet, je glisse dans la corbeille des vivres le livre très chouettos que je viens de terminer sous le regard bovin des gardes mobiles.

On peut tenir Mondes nouveaux et Nouveau Monde du professeur Pierre-Luc Abramson (Les Presses du réel) pour l’étude la plus mastarde à ce jour sur les utopies sociales en Amérique latine au XIXe siècle. Certes, on y retrouve les principaux cracks européens du complot utopiste, qu’ils aient jeté tout d’un coup l’ancre en Amérique comme Saint-Simon, Victor Considérant ou le lourdingue Michel Chevalier, ou qu’ils n’aient jamais mis un doigt de pied là-bas comme les chers Proudhon et Fourier. Mais si cette brique mérite d’être chouravée, c’est surtout parce qu’elle retrace avec minutie de grandes insurrections mal connues des années 1848  : les « Journées » de Bogota, le soulèvement de Santiago, la révolution au Rio de la (...)



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