Zoom sur l’œuvre Alain Guyard, philosophe forain très turbulent conspirant principalement dans les prisons, les maternités, les fermes, les asiles où il arrive à se faire inviter pour que « la philosophie redevienne dangereuse ».
Sous prétexte de guerre économique en temps d’épidémie, le gouvernement a porté un coup violent au droit du travail pour le grand bonheur du patronat. Au programme ? Une semaine de travail qui pourra être relevée à 60 heures, des journées de 12 heures, moins de temps de repos et la possibilité pour l’employeur d’imposer les dates de congés. Ces mesures exposent encore plus les salariés au virus et menacent d’entrer un jour dans le droit commun.

La Stasi en aurait rêvé : avec nos ordinateurs et nos téléphones, nous livrons sur un plateau des possibilités d’espionnage au quotidien. Et nous sommes nombreux à ne pas nous en préoccuper plus que ça, au (mauvais) prétexte que nous n’avons rien de fondamental à cacher. C’est oublier que d’autres, militants des droits humains ou opposants politiques exposés à une brutale répression, ont l’impérieuse nécessité d’avoir recours à des outils de confidentialité numérique. Notre hypothèse est la suivante : plus nous serons nombreux à utiliser ces techniques, moins ceux qui en ont absolument besoin paraîtront louches. Autrement dit, si une partie conséquente de la population chiffre ses mails, les services de renseignements perdront un temps fou à décrypter des messages inintéressants, ce qui permettra peut-être à un lanceur d’alerte de passer entre les mailles du filet. On vous le jure : ce n’est pas si compliqué. Suivez le guide !

C’est l’histoire d’une idée qui naît et grandit avec le mouvement social le plus inespéré et le plus subversif depuis Mai 68. Collecter et diffuser l’éloquence des « dos créatifs », des sans-visage en colère, voilà ce que s’est proposé le collectif publiant Plein le dos. D’abord dazibao vendu en manif à prix libre, ce cri polyphonique des Gilets jaunes vient de transmuter en beau livre.

Actes de haine, incendies criminels, refoulement de bateaux vers la Turquie, enfermement arbitraire et brutalité aveugle : ces dernières semaines, les événements dramatiques se sont succédé à une vitesse folle du côté de l’île de Lesbos, à la frontière maritime orientale de la Grèce. Passé le choc ou l’effroi, ils apparaissent pour ce qu’ils sont : une forme exacerbée du rejet systémique et de la violence que vivent, chaque jour, les exilé·es cherchant asile en Europe.

Une épidémie de xénophobie et d’indifférence frappe les exilé·es depuis longtemps. Et voici maintenant le Covid-19… Entre accueil et rejet, voyage entre Syrie, Turquie, Grèce, Alsace et Auvergne.
Le 23 mars, la loi sur l’état d’urgence sanitaire a été adoptée, laissant les mains libres au gouvernement pour légiférer par ordonnances. En première ligne, le droit du travail, mais aussi le système judiciaire. Si la majorité des procès a été reportée, certaines règles ont changé pour ceux qui continuent à se tenir. Raphaël Kempf, avocat au barreau de Paris et auteur du livre Ennemis d’État : les lois scélérates, des anarchistes aux terroristes [1], pointe quelques dangers de ce nouvel état d’exception. Entretien.
Vivre à 200 en squat, avec une cuisine, deux éviers, trois douches et quelques toilettes, ça se passe comment ? Mal. Par temps de contagion et de confinement, c’est encore pire. À Bugatti, squat de l’agglomération strasbourgeoise accueillant une majorité d’exilé·es, au moins quatorze habitant·es ont été atteint·es par le coronavirus…
Puisqu’on sait bien que les prisons sont un miroir de nos sociétés et qu’elles endurent actuellement une terrible crise sanitaire et sociale, CQFD a décidé de laisser carte blanche à L’Envolée, journal anti-carcéral et abolitionniste, pour cette double page d’analyses et de témoignages.
Le 10 mars dernier, le collectif Urgence notre police assassine lançait une application permettant de filmer les interventions des forces de l’ordre sans que celles-ci puissent effacer les images. Le but ? Disposer de preuves opposables à la justice en cas de violences policières. Un outil d’autant plus précieux que depuis le début du confinement, les exactions se multiplient dans les quartiers populaires.
En couverture : « Nous sommes en guerre... sociale » (illustré par L.L. de Mars). Au menu : quelques implications politiques et sociales de la crise sanitaire, et un dossier pour ne pas oublier les migrants.
En ces temps de crise sanitaire, les articles de l’actualité la plus mouvante seront mis en ligne dans les prochains jours. Les autres seront archivés sur notre site progressivement. Pendant tout le mois d’avril, le journal papier sera disponible chez de nombreux marchands de journaux restant (...)
