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En une : "Quand la musique cogne" de Bruno Bartkowiak.

Un article sera mis en ligne, chaque semaine. Les autres articles seront archivés sur notre site quelques mois plus tard. D’ici-là, tu as tout le temps d’aller saluer ton kiosquier ou de t’abonner...

2017, jusqu’à quand ?

Pour notre prospective 2017, nous avons convoqué le vieux père Peinard et l’avons bombardé expert en géopolitique :
« Trump, Erdogan, Al-Sissi, Poutine, Assad, Duterte, Netanyahu, etc. Les aminches, v’là la flopée de patibulaires testostéronés qui va régner en 2017, façon j’te pose les alibofis sur la table.
En Syrie, avec l’aide des Russkofs et des milices chiites, le boucher de Damas a pu reprendre le dessus dans la douleur. Ça fait chialer dru, c’est fatal… Cela dit, y a une dose de tartufferie dans l’indignation de la dernière heure : ça fait combien de piges que les Syriens se prennent des barils de TNT sur la tronche ? En 2012, la ville de Homs était déjà réduite à un tas de gravats, non ?
La grande hypocrisie, on la doit aux jeux des alliances et surtout au retournement de veste du sultan d’Ankara qu’est allé taper dans la main du tsar du Kremlin, genre : “Je lâche mes petits copains rebelles d’Alep et tu me laisses dessouder du Kurdos pépèrement”. In fine, ces bons bougres de Kurdes risquent d’avoir les uns sur le rable et se faire trahir par les autres, rapport à ce que degun n’entrave leur volonté de vivre à leur sauce. Va encore y avoir de la bolognaise sur les murs !
Sur le front anti-État islamique, ça patine dans la semoule dans la prise de Mossoul. Même si ces tarés de daechiens voient leur délire de Califat réduit en cendres, comme d’hab’, ce sont aussi les civils qui morflent… en Irak, comme à Berlin ou à Istanbul ! De l’autre côté de la grande mare, la moumoute orange qui va prendre ses fonctions à Washington a fini de nous faire gondoler avec ses airs de pitre. “Imprévisible”, disent en chœur les cornichons des plateaux télé, mais vu le casting de hautes canailles – pétroliers, cagoulards, militaros et autres banquiers – qu’il a mis aux affaires, on est avertis que ça s’ra pas Woodstock.
On est trop serrés niveau place pour bien causer de Netanyahu et de l’autre atrabilaire de Liberman, prêts à faire du barouf rapport à la décision des nationzunies de temporiser la conquête des visages-pâles à kippa dans les territoires de peaux-rouges à keffieh. Une engatse vieille comme mes robes, celle-là aussi ! Pas le temps non plus, de trop jacter sur l’autocrate Poutine, qui sort en grand cador du bazar général…

Basta cosi les ami.es, on a pigé, il fait un temps de chiottes sur la planète… Mais jusqu’à quand les bourrés d’oseille, les fouteurs de guerre et les ratichons de tout poil feront-ils la météo, foutredieu ? »

Dossier : "Quand la musique cogne... Quand elle ne triche pas..."

La musique sur la chaîne de montage Hits ! Enquête sur la fabrique des tubes planétaires (La Découverte/La Rue musicale, 2016) du journaliste John Seabrook sonne comme un long mix soigneusement articulé qui nous promène de Suède en Corée, des années 1990 jusqu’au début des années 2010.

« Le DIY est une révolution à mener aussi envers soi-même » Le DIY (Do It Yourself), l’autoproduction totale, est un dur combat qui peut parfois casser des briques. Démarche militante ou loisir de riches ? Fred Alpi, chanteur et guitariste de The Angry Cats, nous fait part de son regard avisé sur une scène qu’il fréquente depuis plus de trente ans.

Qui veut la peau des skins ? Entretien avec Gildas Lescop, sociologue, auteur d’une thèse sur le mouvement skinhead, qui décortique comment a été créé le cliché skins=nazis.

Du blues au dancehall : musiques en résistance Les musiques « noires » ou « afro-américaines » désignent les musiques élaborées au sein des diasporas des Africains déportés sur le continent américain et dans les Caraïbes. Musiques de résistance nées dans l’esclavage et développées dans la ségrégation, elles se sont brassées et diffusées à travers le monde à la fois comme conscience transnationale et langage universel. Discussion avec Jérémie Kroubo Dagnini, chercheur et spécialiste des musiques jamaïcaines, qui a coordonné le recueil d’articles Musiques noires : l’histoire d’une résistance sonore (Camion blanc, 2016).

Femmes du jazz La lecture, en tant qu’homme, de Femmes du jazz. Musicalités, féminités, marginalisations de la sociologue Marie Buscatto vous apprend des choses le milieu du jazz français – aussi. On y apprend surtout sur soi, homme hors du jazz. Sur les barrières qu’on impose sans y penser, les (...)



Par Pirikk



(Musique macabre) Et voilà, c’est 2017, année d’élection, de commémoration et de désillusion. Un an de plus à vieillir et à pleurer sur les pertes et les décombres de nos belles jeunesses en allées… (Bruit de disque rayé : Ztruittt !) Po-po-po ! Qu’est-ce que quoi ? C’est fini ces lamentations, oui ? 2017, ça sera une année très chouette ! (Musique joyeuse !) À l’image de notre premier dossier de l’année, « Quand la musique cogne, cogne, cogne », CQFD compte attaquer en fanfare ! Boum tchaka boum ! 2017, année punkette, on ira pas voter mais cueillir les pâquerettes ! 2017, année champêtre, on ira à la ZAD en mobylette ! 2017, année parfaite, sur La Plaine on chantera à tue-tête ! 2017, année qui pète, des révolutions sont toujours prêtes ! Ambiance guillerette et deuxième tournée de Clairette, 2017, ça sera la fête !
Au chapitre des bonnes résolutions de l’équipe de CQFD, décidée lors d’une réunion de fin d’année au parfum de poissons séchés et fumés : toujours plus d’aventures racontées en épais dossiers (l’informatisation du travail, les Ports, la Lutte contre le racisme, « Démocratie », les Périphériques (Dom-Tom), Art et Politique…) et toujours plus de reportages et d’enquêtes à travers la France, le monde, jusqu’à Marseille !
Mais aussi un nouveau projet top secret au nom de code plein de mystères : « Palimpseste » ! La prophétie raconte que ce projet devrait nous mettre à l’abri du besoin… à moins que Julien Tewfiq nous mène en bateau ? (Affaire à suivre.) Bref, chère lectrice, cher lecteur… Bonne et heureuse année à toi !
(Ce ça brûle a été validé par le professeur Émile Coué.)




Versant oriental de la Silicon Valley, Boston se dévoue tout entière au culte de « l’économie du savoir ». Douce utopie d’une marée « d’innovations disruptives » et de « travail créatif » qui soulèverait tous les bateaux… à l’exception des moins qualifiés.

Par Ruoyi Jin

La Nissan bleue file à vive allure. Elle s’engouffre dans les tunnels vides du centre-ville, fend les larges boulevards de Cambridge, en banlieue de Boston. À bord, miracle « d’innovation disruptive », le service UberPool a permis de réunir George et Marc pour une quinzaine de minutes. Ou comment transformer une berline étriquée en arène de la guerre des classes. George, la cinquantaine, est le chauffeur. Il tient un restaurant à Lowell, ville sinistrée à 50km d’ici, et vient faire le lumpen-taxi le week-end. Marc est le second passager, banquier de son état. Comme son statut l’exige, le trentenaire est aussi fin idéologue. En cette semaine de fin novembre, les chauffeurs Uber ont manifesté dans plusieurs villes des États-Unis pour réclamer un salaire minimum.

On lance le sujet. « C’est la mission naturelle des hommes que de créer des produits nouveaux, explique le banquier. C’est le progrès. Les humains veulent satisfaire leurs besoins immédiatement, or les taxis traditionnels n’y répondent plus. Uber, c’est le futur. Ceux qui s’y opposent (...)


Cerner l’œuvre de Pascal Comelade ? « Musicien de critique et d’expérimentations sociales » serait une assez bonne définition du larron. À l’heure où sort un maxi best of, sans soda ni sunday à l’huile de palme, sur 42 ans d’activisme sonore, puis une bio sur une « carrière » qui n’en est pas une, tellement elle se complaît dans l’incohérence la plus totale, Pascal Comelade se rappelle aux oublieux de sa démarche novatrice.

C’est en 1974 que sort son premier disque, maintenant Graal de collectionneur, « Fluence ». Marrant pour un musicien complètement anti-académique de voir aujourd’hui le constructeur Renault appeler une de ces bagnoles monstrueusement laide et toc du même nom. « Fluence ». On doute que les concepteurs post acnéiques de ces chefs d’œuvres de tôles foireuse aient pu un jour se pencher sur les débuts chaotiques du génie de Vernet-les-Bains. Ancienne station thermale des Pyrénées Orientales, où quelques curistes végétaient en regardant le Canigou, sans se douter des boucles musicales névrotiques qui se créaient à travers ce paysage bucolique. Pour résumer, et c’est pas simple, sa première décennie musicale est faite de rencontres diverses avec le milieu musical catalan, Lluis Llach, Toti Soler, Maria Del Mar ; à Paris avec Richard Pinhas, Gérard Nguyen. Il édite en autoprod son premier album « Fluence », bosse avec un magnéto Revox A77 et un synthé EMS/AKS, bref une certaine ère troglodyte expérimentale psychotique. Puis c’est la scène (...)


Les musiques « noires » ou « afro-américaines » désignent les musiques élaborées au sein des diasporas des Africains déportés sur le continent américain et dans les Caraïbes. Musiques de résistance nées dans l’esclavage et développées dans la ségrégation, elles se sont brassées et diffusées à travers le monde à la fois comme conscience transnationale et langage universel. Discussion avec Jérémie Kroubo Dagnini, chercheur et spécialiste des musiques jamaïcaines, qui a coordonné le recueil d’articles Musiques noires : l’histoire d’une résistance sonore (Camion blanc, 2016).

CQFD  : Le terme « musiques noires » n’échappe pas aux controverses sur l’usage des catégories raciales. Votre texte « Musique noire : un pléonasme ? » est une réponse à un article du musicologue britannique Philip Tagg « Lettre ouverte sur les musiques “noires”, “afro-américaines” et “européennes” », qui, derrière le refus affirmé de l’essentialisation, dissimule mal, selon vous, un « ethnocentrisme exacerbé ». Comment définir les « musiques noires » ? Et pourquoi le fait de les qualifier ainsi peut faire polémique ?
Jérémie Kroubo Dagnini : Scientifiquement parlant, tout le monde s’accorde à dire que l’utilisation des termes « race », « Noir » ou « Blanc » est aberrante. La génétique a montré qu’il n’existe qu’une seule race, la race humaine. Ainsi, il paraît clairement inapproprié pour un chercheur de faire preuve d’ethnocentrisme. Mais pour autant, il doit être en mesure, le cas échéant, de reconnaître et d’accepter les différences socioculturelles des groupes humains. Des principes fondamentaux que Philip Tagg feint d’ignorer, (...)


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Par Martin Barzilai. Uruguay. Montevideo.

« Les fanfares, l’une après l’autre, soulignent la fin de chaque prise de parole, scellent les décisions prises par l’assemblée et chauffent les esprits pour une guerre sans armes. Quand l’émotion est à son comble, la musique interrompt les palabres. […] La musique, le chant, la danse accompagnent le débat comme quelque chose d’essentiel, pas décoratif, indispensable. [1] »

On prend cette intensité mexicaine en pleine gueule quand, enfant, on a connu la musique de salon en observant son oncle savourer la voix d’Ella Fitzgerald, confortablement assis sur son divan et ses préjugés racistes. Qu’à la maison, moins snobs, on écoutait Brel, Brassens ou Ferré, mais le cul également calé sur une chaise. Et que pour les frissons et l’ivresse, on a dû attendre les pogos du punk – comme un retour des tribus iroquoises dans les angles morts de la ville…

Là où la communauté a fait faux bond, les lascars s’inventent des rites initiatiques, des tempos transgressifs, en rupture avec une société qui (...)


Un soir de novembre, il y eut un miracle. La rencontre entre un musicien, un collectionneur de 45 tours et un animateur radio, une soirée comme à la Casbah d’Alger ou à Marseille dans les années 30, entre des gens qui se racontaient des histoires. Des histoires d’exil.

Une nuit de novembre 2015 à Marseille vers La Plaine, Brahim Kalouch gratte sa mandole et entame un chant. Il évoque son amour du Chaâbi et de Fadila Dziriya. Invité à prendre la parole par Kamar Idir, animateur de Radio galère, un intervenant évoque son enfance à Alger : « Guerouabi avait perdu ses parents. Élevé par son oncle qui vendait du lait, il arrive à la Casbah en 1954. Il participe à un radio crochet où il gagne une savonnette. C’était énorme à l’époque ! » Guerouabi, « Le Rossignol » du Chaâbi n’avait ni chaussure ni chemise. On lui prête des affaires et il chante : « Il deviendra un des plus grand ». Cela se passait à Tontonville, cette brasserie mythique d’Alger à côté de l’Opéra, café maure des intellectuels.

Damien Taillard, créateur du blog Phocéephone, raconte sa passion pour la musique chaâbi. En 1947, le poète et directeur artistique de Radio Alger El Boudali Safir définissait le chaâbi comme une « musique populaire ». Damien a reconstitué l’histoire des labels marseillais de musique « non européenne » : après (...)


Le 20 janvier 2017, Donald Trump sera investi de son titre présidentiel. Coïncidence : le même jour et à un océan de là, paraîtra en librairie l’ultime et treizième volume de la revue DoggyBags. Sexe et violence : si la recette a participé au succès de dirty Trump, elle aura permis au comics français de retendre avec succès les ficelles des vieux pulps. Suspense, frissons et horreur. Here we are.

« J’ai toujours pensé les histoires de zombies comme liées à la révolution, une génération consommant l’autre. »
George Romero

Ilda, qui se définit comme « chienne de garde à Buchenwald », n’y va pas de main morte dans le courrier des lecteurs du deuxième DoggyBags (2012) : « Je suis absolument scandalisée par votre torchon DoggyBags, et spécialement par la bande dessinée intitulée Fresh Flesh & Hot Chrome [Une horde de Hell’s Angels lycanthropes lâchés aux basques d’une femme]. À la fin de cette histoire, le personnage féminin se prétend libre, alors qu’elle arbore l’inscription “property of” dans le dos. Comment une femme peut-elle se glorifier ainsi, alors qu’elle est considérée comme un vulgaire objet ? C’est quoi le message, exactement ? Quelle soumission abjecte, et quelle image des femmes ! C’est bien une bande dessinée de mecs, tiens. Je suis révoltée ! Je ne vous salue pas, sales fascistes phallocrates ! » Dans le numéro suivant, la lectrice, toujours écœurée mais apparemment fidèle à la revue, fera part de sa déception (...)



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