CQFD

Serait-ce un nouveau et sinistre complot ? En raison d’un incident technique chez notre imprimeur, le numéro 127 de CQFD sera en kiosque à partir du 09 décembre 2014. (Et non vendredi 05 décembre comme prévu et annoncé.)

Les articles sont mis en ligne au fil de l’eau après la parution du CQFD d’ensuite. D’ici-là, tu as tout le temps d’aller saluer ton kiosquier ou de t’abonner...

En Une : La pieuvre du complotisme par notre maquettiste (pdf à télécharger pour affichage chez par chez vous ci-dessous).

Dossier : Conspirationnisme

« On nous cache tout ! » Ils sont partout  !… dans les transports en commun, au bureau, au fond de la salle de classe du lycée, dans les manifestations, et surtout, la majeure partie du temps, rivés derrière leur écran d’ordinateur. « Ils », ce sont les conspis. En apparence, rien ne les distingue foncièrement du reste de la population. « On nous cache tout » est le refrain entêtant, accompagné d’une abondance de liens, qu’ils font circuler exponentiellement sur Internet, distillant de «  petites idéologies malodorantes qui rivalisent aujourd’hui pour le contrôle de notre âme (Orwell) ».

Internet : Démolir la rumeur La vigilance est l’affaire de tous. Le blog « Debunkers de hoaxes d’extrême droite » (« démolisseur de rumeurs… ») traque les bidonnages nuisibles sur la Toile. On a essayé d’en savoir plus sur ce combat auprès de Sutter Cane, président de l’association des Debunkers.

Égypte : Complot partout, révolution confisquée Comme dans la plupart des dictatures, la théorie du complot est un outil politique dont on use et abuse depuis des décennies en Égypte, et plus encore depuis le soulèvement de janvier 2011. Au point que l’explication complotiste des faits est devenue un réflexe pour le pouvoir militaire, comme pour ses opposants.

Théâtre : Le complot jusqu’à l’abîme Sara : « J’ai peur. Personne n’écoute personne… C’est tout le monde contre tout le monde en quelque sorte… Tu le sens ? Une usine comme ici… où plein de gens travaillent à longueur de journée… Je croyais qu’on s’entendait… qu’on était amis… qu’on s’entraidait, qu’on se soutenait… qu’on était solidaires… Je croyais que c’était différent… C’est toujours comme ça ? »

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Les articles

Projet inutile : Gypaète contre Goliath Une poignée de gens d’un hameau face à une multinationale en fièvre d’une nouvelle carrière. Projet inutile et désastreux pour les uns, promesse de cash pour les autres, on sait les intérêts inconciliables. Reste la lutte, hésitante et étonnante.

Irlande : Les lutins se mutinent Depuis fin octobre, en Irlande, une suite d’événements exceptionnels ont ébranlé la caste politique au pouvoir  : des manifestations. Damanta  !

Inde : Contre les tisons nationalistes, le claquement des baisers Depuis l’arrivée en mai dernier de l’extrême droite hindoue au pouvoir, la nébuleuse ­fascisante ultranationaliste se sent pousser des ailes. Elle distille un climat de violence contre les femmes, les musulmans, les intouchables. Difficilement, la riposte s’organise. Dernière action en date : les manifs du « Kiss of love », plus politiques qu’elles n’y paraissent.

Mexique : Un État défaillant ? Le massacre des étudiants d’Ayotzinapa, danse macabre à la mexicaine ou froide vérité d’un capitalisme extrême ?

Histoire : De quoi la Révolution culturelle est-elle le nom ? Alors que la lutte actuelle des travailleurs chinois contre les inégalités gagne en lucidité, les habits du président Mao sont usés, et il est peu probable que sa figure tutélaire vienne à nouveau abuser le peuple , comme au temps de la Révolution culturelle. Et ce sans doute au grand dam du néomaoïste Hongsheng Jiang, dont les éditions La Fabrique ont publié La Commune de Shanghai, et de son préfacier, Alain Badiou, quatrième épée du radicalisme chic, qui prétendent à une « réévaluation » de cette période. Charles Reeve et Hsi Hsuan-wou, auteurs de plusieurs ouvrages sur la Chine, s’attardent pour CQFD sur cette tentative de réhabilitation improbable.

Brûlot : Devenir révolutionnaire Heureuse nouvelle  : l’anti-terrorisme n’a pas eu raison des auteurs de L’Insurrection qui vient, toujours fringants, qui viennent de publier un nouvel opus.

Infiltration : La « flore rouge » squattée par une barbouze Pendant six ans, une fonctionnaire de police de Hambourg a noyauté la Rote Flora. Les militants de ce squat ont mis huit ans à démasquer leur fausse camarade. Une affaire pas si surprenante, qui démontre que la hantise de l’infiltration souvent à l’œuvre dans les groupes contestataires est peut-être légitime mais inopérante  : quand la police y met les moyens, ses mouchards sont de toute façon indétectables. Du moins, (...)



Par Pirikk. {JPEG}

Par Pirikk.



La pub, c’est mal. Mais quand il s’agit d’en faire pour notre beau journal, on ne se prive pas. Ce mois-ci, France Inter a tendu, un peu malgré elle, son micro à CQFD dans l’émission « Service Public ». Quatre fois, notre mensuel de critique et d’expérimentations sociales a pu être cité. On ne sait pas si ce matraquage exceptionnel aura un retentissement dans le cerveau disponible des auditeurs, mais bon. On a bien ri, au bout des ondes, quand le journaliste, Guillaume Erner, a répondu à notre collègue qui se disait fière de travailler dans des journaux sans pub ni subventions  : «  Remarquez, si vous essayez de vendre de la pub dans CQFD à Bernard Arnault ou à Bolloré, j’suis pas sûr qu’ils en achèteraient. J’suis pas certain que vous réussiriez à vendre beaucoup de pages de publicité (petit rire satisfait) ». « Ça ne nous intéresse pas », lui a répondu rapidement, mais, hélas, de façon presque inaudible, notre émissaire dans la Maison ronde. Et là-dessus, on est bien tous d’accord, à CQFD. Leur publicité, qu’ils se la gardent. On n’en veut pas  ! Attention, on n’est pas dupes, on en crèvera comme les autres, un jour, mais on préfère écrire nos textes libres, ou… mourir. Rien que par chez nous, dans le Sud, Le Ravi et La Marseillaise en sont au dépôt de bilan.

Misère de misère, mais que faire ? Eh bien c’est simple  : on résiste, et on prouve qu’on existe. Tous et toutes comme Fanny et Kéké, nos nouvelles bénévoles dévouées sur Marseille. Prenez votre plus beau t-shirt du Chien rouge et allez sur le marché de votre ville, dans les manifs, vendre le journal à la criée. Abonnez vos bistrots préférés pour faire tourner. Et si vous passez à Marseille nous rapporter la cagnotte, choisissez plutôt le premier vendredi du mois, à 19 h au local. C’est le grand apéro de sortie. Promis, on vous paie notre tournée !

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On s’aperçoit depuis quelque temps, dans les usines de l’industrie chimique, de l’arrivée ou de la remontée aux affaires d’un syndicat qui passe pour ringard, à savoir la CFTC. C’est encore marginal, mais le mal semble bien revenir.

La CFTC, syndicat des travailleurs « chrétiens » se crée en 1919 avec comme objectif avoué de contrer la toute puissante CGT dans le milieu ouvrier. Peu revendicative, elle garde comme image du patron celle de « not’ bon maître » tout en s’agenouillant devant l’église et ses encycliques. En 1964, suite à la guerre d’Algérie, la tendance gauche de la CFTC scissionne pour former la CFDT. Poussé sur sa droite, le syndicat chrétien périclite et ne se retrouve quasiment que dans le Nord et en Alsace-Lorraine. En 1997, la CFTC perd encore un tiers de ses conseillers prud’homaux au profit de la CFDT.

Par Efix. {JPEG}

Mais les patrons qui ont besoin d’une organisation maison n’hésitent pas à faire adhérer à ce syndicat (et même à payer les cotisations) des salariés soumis et prêts à signer n’importe quel accord bidon ou plan (...)


Par Rémi. {JPEG}

Est-ce que la petite va avoir son BTS ? Est-ce que Karine me dira oui samedi ? Est-ce qu’on va pouvoir rembourser ce prêt à la banque ? Est-ce que ma mère va faire une rechute ? Est-ce que l’usine de Farid va encore licencier l’an prochain ? Est-ce que Nora va avoir une fille, cette fois ? Cet été, on part à la mer ou à la montagne ? Et l’OM, vainqueur du PSG, c’est pour quand ?

D’après le magazine Science & Vie de septembre, toutes les attentes, les petites joies et les grandes peines de notre quotidien pourraient bien voler en éclat un de ces jours, sous le coup d’un accident nucléaire majeur. Oui, c’est Science & Vie, ce bulletin de publicité mensuel pour l’innovation lucrative et la connaissance au service de la puissance qui le dit, et sur la base de rapports tout à fait officiels, s’il vous plaît [1]. L’information importante du long dossier de ce numéro n’est pas que les centrales nucléaires d’EDF présentent des risques considérables pour la vie de millions de gens à travers la France. Cela, des milliers de textes, de banderoles (...)


« Au Mexique, c’est tous les jours le jour des morts », affirmait une banderole lors d’une manifestation d’étudiants, profs et parents des 43 normaliens disparus le 26 septembre à Iguala, dans l’état du Guerrero. Le cadavre d’un des jeunes a été retrouvé le lendemain des faits avec la peau du visage et les yeux arrachés. L’ultra-violence endémique qui déchire le pays – avec ses dizaines de milliers de morts au nom de la « guerre au narcotrafic » –, a pris ce jour-là un tour démentiel. Comment expliquer que des policiers municipaux abattent six personnes et en fassent disparaître 43 autres pour « donner une leçon » à des élèves de l’école normale rurale d’Ayotzinapa qui manifestaient ? Quel intérêt ont les narcos – qu’on accuse d’avoir pris livraison des 43 étudiants des mains des policiers pour ensuite les trucider et les enterrer dans des fosses clandestines – à se mêler du maintien de l’ordre dans une ville de province ?

On savait que les mafias de la drogue avaient infiltré des pans entiers de l’appareil (...)


Jour après jour, les éditorialistes de l’hebdomadaire Valeurs actuelles (HVA) squattent tous les plateaux, des chaînes d’information jusqu’à « C dans l’air » où ils occupent une fort honorable quatrième place en nombre d’invitations. Leur qualité ? Banaliser les outrances d’un discours ouvertement ultra-libéral et extrême-droitier.

L‘autre semaine, l’HVA a consacré sa couverture – puis quelques pages spécialement grotesques, même à l’aune de ce que produit habituellement cette publication – à  : « Éric Zemmour, l’insoumis. » L’intéressé, rappelons-le, n’est plus resté, depuis le mitan de la première décennie des années 2000 – qui, donnant le ton de l’époque, fut comme on sait marquée par une (dé)multiplication quasi-quotidienne des débondages droitiers les plus outrancièrement arrogants, et ponctuée, par conséquent, par l’élection de M. Sarkozy, puis par l’élévation de M. Valls – sans intervenir dans les médias, tant écrits qu’audiovisuels, où ses incommodantes prestations lui valent des sinécures (parce que bon, c’est vrai que ça pue, mais ça dope l’audience, faut voir comme), et qui ont pour point commun, du Figaro à i-Télé, d’être des lieux de culture du conformisme le plus étroit, et de récitation des mantras du consentement à l’ordre libéral dans ce qu’il a de plus grossier.

Par Charmag. {JPEG}

De sorte qu’on peut être pris, quand (...)


CQFD a rencontré Aydin [4], porte-parole de l’Association du centre démocratique des Kurdes à Marseille alors que la ville de Kobanê en Syrie menaçait de tomber entre les griffes de Daesh. L’occasion de revenir avec lui sur l’effervescence révolutionnaire et la tragédie qui secouent le Rojava.

Par Bertoyas. {JPEG} CQFD : Comment perçois-tu l’évolution actuelle du PKK mise en relief par ce qui se joue en ce moment à Kobanê et dans le Rojava [région du Nord de la Syrie à ­majorité kurde] ?

Aydin : Pour répondre à ta question, il faut refaire un historique du mouvement. Le PKK, dans les années 1970, a été créé par de très jeunes gens partageant l’idéal d’un Kurdistan indépendant et socialiste. Il s’agissait d’un mouvement de libération nationale concernant des populations situées en Turquie, Syrie, Irak et Iran mais avec une forte dimension internationaliste. La libération ne devait pas concerner les seuls Kurdes mais faire en sorte que toutes les jeunesses de ces pays puissent prendre leur élan pour s’émanciper. Le tournant nationaliste et militariste des années 1980 a été provoqué par le coup d’état en Turquie qui a jeté en prison ou contraint à l’exil tous les militants des mouvements de gauche. Le PKK est devenu progressivement le seul lieu de rassemblement pour tous ceux, villageois des zones rurales comme étudiants des zones urbaines, qui (...)


Sur les murs

Par Elodie Laquille et Jean-Baptiste Legars. {JPEG}

Lettre de rupture

A l’attention du comité de rédaction, des lecteurs de CQFD et du Chien rouge suprême lui-même,

Je vous fais part, par la présente, de notre rupture. Rupture dont je vais succinctement résumer les causes et les conséquences.

Voilà deux ans, ce journal CQFD m’avait ouvert ses bras, ses portes et ses colonnes. Avec une claque virile mais amicale dans le dos, on m’avait fait signer un contrat mirifique et engagé comme secrétaire de rédaction. « Tu verras, c’est facile », m’aviez-vous dit  ! Ben tiens  ! Entre les contributeurs en retard, les coups de speed, de stress, de gueule et les coups de main, de rouge et de cœur, faut avoir les tripes bien accrochées  !

Alors certes… Admettons… oui, j’ai touché un salaire mirobolant (un emploi aidé au smic à 26 h/semaine  ! Youhou  ! J’avais jamais touché autant  !) Certes, je n’étais pas soumis à la pression d’un boss. Oui, je pouvais choisir quand, où et comment travailler. Ok pour reconnaître que l’équipe est sympa. J’avoue qu’en plus on rigole (...)



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