CQFD

En une : « L’autre couleur de la colère » (illustré par Cécile K.).

Édito

« Tout ce que j’ai retenu dans La Marseillaise, c’est aux armes citoyens ! »

Consumé par le désamour, qu’il était, le Zemmour, sur CNews le 4 décembre dernier ! Alors que la flambée poujadiste partait plutôt bien à ses débuts – « un mouvement anti-impôts, un mouvement de conservatisme culturel, un mouvement qui dénonce les migrants aux gendarmes » –, la marée des Gilets a été polluée.

Dénonçant une cinquième colonne aux ordres du grand Méluche, Zemmour faisait le constat d’une révolte qui, partie « à droite, sociologiquement et idéologiquement, est en train de finir dans un mouvement à gauche à protester contre [le retrait de] l’ISF et pour l’augmentation du Smic. On rigole ! » Jaune [...].

Dossier : les pages jaunes de la révolte

Photo Julien Brygo {JPEG}

Et soudain, la Macronie trembla – De quel peuple est ce gilet ? Depuis plus d’un mois les qualificatifs se bousculent pour tenter de comprendre la vague jaune qui a foutu un sacré coup dans les gencives de la start-up nation : inédit, hétéroclite, factieux, nouveaux sans-culottes, jacquerie en réseaux, mouvement sans tête, populisme... Une certitude : cette révolte a chamboulé beaucoup de repères.

Dans le Var – Rians, un rond-point dans la joie À la rédac, ces bouffeurs d’écrans m’ont supplié d’aller sur les ronds-points. Comme si, entre suivre les gazages de lycéens et les matraquages des délogés de Noailles, je n’avais que ça à faire.

Commercy ouvre la voie du municipalisme – Sur le rond-point des trois godelles C’est d’un bourg de Lorraine qu’est parti, fin novembre, le fameux appel à des assemblées populaires partout, contre la représentation. Rencontre avec deux militant.es de longue date, ravi.es de la déferlante jaune.

Péage-sud, Perpignan – Le réveil des sans-dents Ils ont frappé Mike. Notre vaillant guerrier en fauteuil (...)



Par Soulcié {JPEG}



Depuis plus d’un mois les qualificatifs se bousculent pour tenter de comprendre la vague jaune qui a foutu un sacré coup dans les gencives de la start-up nation : inédit, hétéroclite, factieux, nouveaux sans-culottes, jacquerie en réseaux, mouvement sans tête, populisme... Une certitude : cette révolte a chamboulé beaucoup de repères.

Photo Julien Brygo {JPEG}

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Après les reculs de ces dernières années, la bonne nouvelle est que la question sociale se retrouve à nouveau au cœur des débats, secouant bien des léthargies. Elle a pris la forme d’une revendication pour le pouvoir d’achat et contre les injustices fiscales, mais aussi contre le mépris social des classes dirigeantes, le système représentatif ainsi qu’une défiance grandissante vis-à-vis des médias mainstream.

Autre indicateur déboussolant, tout s’est fait à la barbe des états-majors d’une gauche décomposée et des agendas syndicaux. Déconsidérés comme corps intermédiaires valables, ils ne représentent plus des forces de changement crédibles. Certains ont vu dans cet apolitisme apparent des Gilets jaunes le faux-nez de l’extrême droite. Or, comme le notent les philosophes Christian Laval et Pierre Dardot : « Il faut le dire et le redire ici avec force : si l’extrême droite a tenté de récupérer cette colère populaire, et si elle y parvient éventuellement, ce ne sera que par la faillite de la gauche politique et des syndicats dans leur fonction de défense sociale des intérêts du plus grand nombre. [1] »

Le sociologue Laurent Mucchielli observe deux écueils : d’une part, une « surpolitisation » qui réduirait cette contestation à des motivations idéologiques ; de l’autre, une « dépolitisation » à n’y voir qu’une révolte contre le prix de l’essence, ce qui participerait « du même mépris de classe (en tous cas de la même distance sociale) [2] ».

De quel peuple viennent donc ces Gilets jaunes ?

Le mouvement des Gilets jaunes s’est caractérisé par son inexpérience politique et sa détermination, l’une alimentant l’autre comme une force dynamique. Souvent primo-militants, ces gens des ronds-points n’ont demandé aucune autorisation pour bivouaquer et fraterniser. Sans souci de la légalité (...)




*** Previously dans Ciquiouéfdi ***

La série The Americans est restée longtemps assez confidentielle des deux côtés de l’Atlantique. Elle se conseillait entre amis partageant le goût des séries innovantes et palpitantes. Jusqu’à la très récente diffusion du tout dernier épisode, que la presse a d’un seul coup couvert d’éloges [8]… Après une longue absence dans nos pages, cette histoire d’agents du KGB infiltrés aux USA a réveillé notre chroniqueur télé ciquiouéfdien.

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Pré-générique

Scène de mariage : 1983, Clark passe la bague au doigt de Martha devant ses parents à elle. Si sa « mère » est là, c’est vers sa « sœur » que vont ses regards en coin et lourds de sens. Le plus beau jour de la vie de Martha… Où tout est faux. Clark, portant un postiche, s’appelle en réalité Misha, il est russe. Sous l’identité de Philippe Jenkins, il est marié à Elizabeth, qui se fait ici passer pour sa sœur. Depuis 20 ans, tous deux espionnent pour le compte du KGB en jouant la famille américaine (...)


Vallée encaissée, ville oubliée. Hayange, ancien cœur flamboyant de la sidérurgie mosellane, n’a plus depuis les années 1980 que ses yeux pour pleurer. Ça, et une triste notoriété : en 2014, elle s’est donnée à un maire frontiste, Fabien Engelmann. Chaque année, celui-ci y organise une Fête du cochon, kermesse prétexte à un racisme débridé. Plongée dans un monde perdu.

Par Jérémy Boulard Le Fur {JPEG}

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Il ne le quitte pas d’une semelle. Tout l’après-midi, le couve, le veille. L’œil en alerte, la main sur le holster [1] et le groin protecteur. Et même quand l’objet de son attention monte sur scène débiter un discours, il reste son ombre, prêt à dégainer plus vite qu’elle. Policier municipal certes, mais bodyguard avant tout  : l’uniforme prend sa mission au sérieux. Pas question que se répète « l’odieuse agression » commise lors de la précédente édition, quand des militants animalistes avaient aspergé le (...)


Publié aux éditions Libertalia, le livre Mirage gay à Tel Aviv, de Jean Stern, est une enquête inédite qui décortique la stratégie marketing de l’État israélien draguant la communauté gay occidentale. Rencontre avec l’auteur, cofondateur du Gai Pied, puis journaliste à Libération et actuel rédacteur en chef de La Chronique d’Amnesty International.

Jean Stern (photo de Martin Barzilai). {JPEG}

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CQFD : Mirage gay à Tel Aviv [1]est une enquête sur ce que l’on appelle le pinkwashing. Est-ce que tu peux nous expliquer de quoi il s’agit ?

Jean Stern : Je vais prendre un exemple simple avec le greenwashing qui consiste pour les entreprises à repeindre en vert leurs actions, à mettre par exemple des plantes vertes dans les sièges sociaux. Le pinkwashing apparaît en 2008 avec l’idée d’attirer la communauté gay occidentale à Tel Aviv pour tenter d’« adoucir » l’image d’Israël et de développer un nouveau (...)


Autrefois carrefour des minorités orthodoxe et arménienne, puis lieu de contestation en 2013, la place Taksim voit désormais sa mémoire recouverte d’une dalle en béton. En balade à Istanbul, l’historien Étienne Copeaux revient sur le processus de turquisation d’un lieu qui semble avoir cessé de résister.

Par Maïda Chavak {JPEG}

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En ce début d’octobre, Istanbul paraît insouciante. En flânant à proximité de la place Taksim, il y a toujours foule dans les rues  : les bars, les restaurants sont pleins malgré la sévère crise économique. Pas d’affiches, pas de graffitis protestataires. On n’imagine pas que trois des plus importants journalistes du pays (Ahmet Altan, Mehmet Altan et Nazli Ilicak) viennent d’être condamnés à la prison à vie. Depuis l’été 2016, la vague répressive a été tellement large et impitoyable qu’il semble que les gens (...)


Aux abois, Macron aimerait choisir ses adversaires. Et à tout prendre, ceux avec qui il débattrait d’identité nationale et d’immigration lui conviennent mieux que ceux qui crient justice sociale. Pour cela, ministres et médias lui apportent sur un plateau des porte-parole autoproclamés qui flirtent avec la fachosphère. Passage en revue des gilets bruns surfant sur la vague fluo.

Par Vincent Croguennec {JPEG}

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Il est incontournable sur BFM-TV comme sur les chaînes publiques : Éric Drouet est la «  figure emblématique », voire le «  leader » consacré des Gilets jaunes, présenté comme un simple chauffeur routier de Melun. Le 27 novembre dernier, il était même reçu par François de Rugy, ministre de la Transition écologique. Après avoir été interpellé et placé sous contrôle judiciaire suite à l’acte VI des Gilets jaunes le 22 décembre, Éric Drouet se met médiatiquement en scène le 2 janvier durant une arrestation pour (...)


Parcourir « Allô Place Beauvau », le fil Twitter que le journaliste David Dufresne a lancé le 4 décembre dernier pour recenser les violences policières, procure vite une sensation d’écœurement. D’autant que la liste ne cesse de s’allonger : 207 signalements – souvent assortis de vidéos – à l’heure où ces lignes sont écrites...

Par Baptiste Alchourroun {JPEG}

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... De Paris à Saint-Étienne, de Biarritz aux Côtes-d’Armor, des plus grandes avenues de la capitale aux ronds-points des bleds les plus paumés, c’est toujours la même histoire : des policiers abusant de leur pouvoir, injuriant, frappant, lynchant, blessant, mutilant.

Une sorte de kaléidoscope de la répression tous azimuts, où défilent grenades de désencerclement, tonfas, flash-balls éborgneurs, high-kicks dans la tête et gazeuses surmenées. Au bout du visionnage, ce constat : on a beau savoir l’institution policière (...)



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