CQFD

En kiosque à partir du vendredi 04 septembre.

Un article sera mis en ligne, chaque semaine. Les autres articles seront archivés sur notre site trois mois plus tard. D’ici-là, tu as tout le temps d’aller saluer ton kiosquier ou de t’abonner...

CQFD parle dans le poste radio au cours de l’émission "Presse Libérée" tous les deuxièmes mardis du mois de 11h30 à 13h en direct sur Radio Galère, rediffusé tous les deuxièmes vendredis du mois de 12h30 à 14h sur Radio Zinzine..

Et aussi sur Canal Sud !

En Une : "Reprendre l’outil ! Repenser la machine ?" par Mickomix.

Le dossier : Rependre l’outil ! Repenser la machine ?

Le gigantesque réseau coopératif de Cecosesola au Venezuela, La conquête du pain, boulangerie bio et autogérée de Montreuil, ou encore Aureasocial, cœur barcelonais des coopératives intégrales catalanes : les diverses formes de l’expérience autogestionnaire et autres réseaux coopératifs ont toujours retenu notre attention. CQFD est de cette veine-là, autogérée et horizontale, et de tous les combats qui font vivre l’expérimentation sociale.

Dès ses balbutiements, à partir des années 1830, les idées du mouvement coopératif – qui défend l’émancipation des travailleurs – se sont fait capter par la philanthropie bourgeoise, soucieuse d’encourager l’esprit d’entreprise des ouvriers. Heureusement, ils ont été légion à résister.

Fondateur des Marmites, ces cuisines coopératives qui fleurissent à Paris avant la Commune, Eugène Varlin envisage par exemple les associations de coopératives comme «  le moyen de supprimer le patronat trop multiplié, cet autre parasitisme qui nous exploite ». Également membre fondateur de la Société de secours mutuels des relieurs, cet artisan a fait sienne, sans doute sans la connaître, la pensée de Marx : « Les innombrables formes contradictoires de l’unité sociale ne sauraient être éliminées par de paisibles métamorphoses. Au reste, toutes nos tentatives de les faire éclater seraient du donquichottisme si nous ne trouvions pas, enfouies dans les entrailles de la société telle qu’elle est, les conditions de production matérielles et les rapports de distribution de la société sans classes  [1]. »

Repenser la machine en se la réappropriant, voici ce à quoi invite ce courant de pensée. Tous consommateurs, tous producteurs : la solidarité naîtra de l’échange des produits et de la réciprocité des services, pensait Varlin. Ces espoirs ont souvent été déçus... écrasés, même. Aussi bien par les Versaillais que par le socialisme étatique. Ils ont même pu être encouragés par les libéraux, qui en désamorçaient tout esprit critique.

Or, aussi discrètement soit-il, ces pratiques perdurent. C’est à leur rencontre que nous sommes partis : des entreprises récupérées par leurs travailleurs jusqu’aux coopératives fondées de toutes pièces. Leurs premières briques sont multiformes : élaboration d’un projet coopérativiste au cœur de la lutte ou réunion de camarades dans un projet utopiste critiquant le salariatet le capitalisme.

Toutes jeunes expériences, les ex-Fralib (Provence) et les bus d’ABC Coop (Uruguay) empruntent, en terme de production, des circuits bien balisés : l’objet à produire ou le service à rendre était déjà là. C’est la crise, puis la lutte qui ont révélé les envies de fonctionner ensemble, sans patron, en s’appuyant sur les modèles passés et présents. Au sentiment d’exploitation succèdent la solidarité et le plaisir de faire pour tous. Les histoires d’Ardelaine et d’Ambiance Bois, plus anciennes et rodées, témoignent également de belles initiatives où la théorie rencontre la pratique.

Mais l’invocation du mot magique d’« autogestion » ne suffit pas à faire tourner une coopérative. La concurrence, l’éventuelle nécessité d’utiliser les réseaux de distribution dominants, ou de se plier aux lois : autant de pièges à contourner. Rajoutons à cela la reconfiguration des rapports de pouvoir, les mauvaises habitudes et les différents niveaux d’expérience – et l’on obtient souvent un mélange détonant. Le risque d’implosion guette, mais aussi celui d’oublier les principes fondateurs en se lançant à la conquête du marché mondial, explosant les notions vitales d’échelle et de mesure.

Au-delà de ces questions, c’est la transformation de la vie quotidienne de chacun et chacune des protagonistes qui s’expriment dans ce dossier. Remettre en cause les hiérarchies, les inégalités, la séparation entre une classe de maître et une classe de bras : ne plus être un « robot qu’on actionne ». Ne pas s’enfermer dans le cauchemar de Don Quichotte et reprendre prise sur nos vies, ces deux mots d’ordre ne font qu’un. Ça vaut le coup d’essayer !

Daphné Blake et Momo Brücke

Laine sans chaînes : Ardelaine, coopérative en milieu rural Saint-Pierreville, en haute Ardèche, de la tonte en passant (...)



Par Rémy Cattelain. {JPEG}



À CQFD, nous n’avons pas pour principe d’assister passivement, la bave aux lèvres, à une révolution sans y prendre part. Quoi qu’il advienne, la révolution numérique n’échappera pas à cet adage. Alors que de plus en plus de titres de presse se posent la question du maintien de leur édition papier, nous avons décidé, le 1er juillet de cette année dans un ombreux jardin marseillais, de réduire, partiellement, le flux de nos informations binairement codées.

Considérant l’engagement qui est le nôtre pour vous fournir les magnifiques pages que vous devriez tenir entre vos mains, il n’est plus d’actualité de continuer à pourvoir notre site de tous nos articles papier avec un mois de décalage. Nous nous tiendrons au rythme d’un article hebdomadaire, tiré du journal en kiosque à l’heure de la mise en ligne.

Certains amoureux de l’archive, même numérique, ont quand même voulu conserver quelques traces virtuelles de l’ensemble de notre production. Vous les trouverez toujours sur le site, mais seulement trois mois après leur présence en kiosque, dans une rubrique spécialement dédiée à cet effet. Comme dans vos archives municipales, il vous faudra aller les chercher, tels des rats curieux, dans des nuages de poussière.

Pour que vive la presse indépendante : achetez le papier ! Mort aux octets !

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Carnet rose :

Par-delà ces considérations dématérialisées, nous souhaitons à Adèle et Hanna, à Nina, née dans les vignes, ainsi qu’à Roni et Nour, la bienvenue sur cette planète et plein de courage à leurs parents.




Le 20 juillet, à Suruç, ville turque frontalière de la Syrie, un attentat-suicide cause la mort de 33 jeunes venus en délégation pour participer à la reconstruction de la ville de Kobané dans le Rojava. Prenant prétexte du choc causé par ce massacre, le président turc Erdogan obtient le blanc-seing de l’Otan pour déclarer la guerre au terrorisme et lancer une offensive contre… l’ennemi intérieur kurde.

Engin Sustam est chercheur en sociologie et spécialiste des questions kurdes à Istanbul. Il a suivi de près l’escalade estivale que connaît actuellement la Turquie  : « À Suruç, j’ai perdu deux de mes étudiants. A l’appel du SGDF (une organisation d’extrême gauche) une centaine de jeunes et d’étudiants kurdes issus d’autres organisations – des anarchistes, des membres du parti pro-kurde HDP, des militants LGBT, etc. – s’étaient rassemblés avec pour objectif d’aller à Kobané pour construire des parcs pour enfants, d’y organiser des ateliers de peinture avec eux, une librairie jeunesse, etc. » Selon des témoins, juste après que le kamikaze s’est fait exploser parmi les activistes, la police turque empêchait l’accès aux ambulances venues au secours des victimes et arrosait ces derniers de gaz lacrymogène.

Par Lasserpe. {JPEG}

Concernant le massacre de Suruç, non revendiqué mais imputé à Daech par le pouvoir, les militants pro-kurdes pensent assez unanimement qu’il a été en fait le produit d’une manipulation de l’« État profond » turc. Engin (...)


C’est l’histoire d’un Arabe qui est né en France. Un Arabe qui boit de l’alcool et mange du porc. Un Arabe qui a lu Bakounine et qui était le premier à moquer les bigots mahométans. Un Arabe qui se traitait lui-même de « bougnoule », juste histoire de déconner avec les copains. Le lendemain du massacre de Charlie Hebdo et de l’Hyper-Cacher, Saïd [1] traverse la place d’une grande ville quand, pour la première fois, il ressent un violent malaise. Sa tête d’Arabe était toujours arrimée à ses épaules, mais au fond, c’était comme si elle était fichée au bout d’une pique. Tout d’un coup, la foule n’est plus ce troupeau confortable dans lequel il se serait senti anodin ou anonyme. Saïd raconte : « Je me suis senti suspect. »

Après le plan-séquence hollywoodien du train Thalys qui a vu une poignée de braves neutraliser un islamiste enfouraillé et prêt à commettre un carnage, Alain Vidalies, secrétaire d’État aux Transports, a lâché sa bombinette : « Je préfère qu’on discrimine pour être efficace plutôt que de rester spectateur. » (...)


Clin d’œil à Reclaim the streets, mouvement anglais des années 1990, Reclaim the fields a mené des actions d’occupations face à divers projets d’aménagement. Retour avec une étoile de cette « constellation » sur cinq ans de luttes et de rencontres.

Par Nardo. {JPEG}

CQFD : Quand et pourquoi est né Reclaim the fields ? Comment s’organise ce « réseau » ?

Nous nous définissons comme un collectif réunissant des jeunes paysan-ne-s, des sans-terre, des paysan-ne-s en devenir, qui voulons simplement nous réapproprier la production alimentaire. Reclaim the fields réunit des individus qui ne se retrouvent pas forcément dans les structures paysannes classiques, que ce soit en termes de valeurs mais aussi d’organisation : tout est né de quelques jeunes militants de la Confédération paysanne ou de la Via Campesina, réunis vers 2007-2008 autour de la question de l’installation agricole notamment, et qui avaient envie de s’organiser de façon plus horizontale. Nous avions aussi la volonté de ne pas reproduire des mentalités préétablies : nous ne voulions pas par exemple dissocier notre vécu et notre vie quotidienne de la question agricole – ce qui nous a ainsi permis d’aborder des questions de vie collective et de genre, ou encore de nous engager pleinement auprès d’autres luttes. La paysannerie doit entrer en résonance (...)


En France, des propriétaires terriens laissent en friche leurs parcelles à des fins spéculatives – alors que les terres agricoles se raréfient. Michel Apostolo, responsable de la commission foncière à la Confédération paysanne, a participé à une action de remise en culture de terres dans le Vaucluse. Rencontre.

Les mains épaisses et la moustache d’un président du conseil, Michel Apostolo porte ce jour un tee-shirt « Sauvons la Culture » : « Les propriétaires de terres ne veulent pas louer aux paysans, ils spéculent en attendant que les terrains soient constructibles. » Dans le Luberon, 30% des exploitations ont disparu en dix ans, et la surface agricole a régressé de 17%. C’est ce qui a conduit une centaine de militants de la Confédération paysanne du Vaucluse à labourer et remettre en culture, il y a un an, une parcelle en friche de 4 hectares à Lauris. « Il y avait trois tracteurs qui passaient les disques, un autre qui labourait et le dernier semait du sorgho sur lequel on pouvait lire ZAP, Zone agricole protégée. »

Un paysan du coin qui cherchait des terres a entamé une procédure de terre inculte auprès du préfet [1] afin qu’il impose la mise en culture. «  Le préfet peut obliger à louer, et il existe un Fonds départemental de gestion de l’espace rural (FDGER) pour remettre en culture », précise Michel. Mais dans le Luberon, la spéculation va bon train, et (...)


Apéro CQFD + Concert de Leda Atomica

Vendredi 4 septembre 2015 à 19h

Au bar de la Bière de la Plaine - Le Bistrot

59, rue des 3 Frères Barthélémy 13006 Marseille

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Pour finir l’été en beauté, l’équipe de CQFD convie ses lectrices, lecteurs, admirateurs, admiratrices, les curieux et les curieuses à lever le coude, découvrir, guincher....

Venez partager les bières de la Plaine, les vins les plus fins, les jus les plus fruités, et discuter du nouveau numéro, spécial coopératives et autogestion avec les membres de notre équipe !


Reprendre la terre aux grands propriétaires pour la redistribuer aux sans-terre. Si l’idée même de réforme agraire est peu présente au sein du mouvement paysan, le collectif breton « École Paysanne 35 » tente de remettre la collectivisation des terres agricoles au centre des débats.

Une réforme agraire contre la concentration des terres ?

La confiscation des terres cultivables et l’asservissement de ceux qui la travaillent ont été de puissants moteurs de la concentration des pouvoirs et du développement du capitalisme, notamment avec les enclosures, dès le XVIe siècle [1]. Ce mouvement d’accaparement des terres est aujourd’hui loin d’être arrêté et prend des formes nouvelles, pendant que les gestions collectives de la terre – les fameux « communs » – reculent inexorablement devant l’avancement de la propriété privée et des règles du commerce libéral.

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Déverrouiller le foncier

Pour l’École Paysanne 35, collectif réunissant de jeunes paysans et des paysans sans terre d’Ille-et-Vilaine, si des modes de gestion de la terre continuent d’exister et sont à défendre, d’autres sont aussi à inventer. Leur constat ? Pour les personnes qui souhaitent devenir paysan-nes, qu’elles soient issues du monde agricole ou non, le plus gros problème reste l’accès au foncier. Car la terre et les fermes proposées à la reprise sont (...)



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