CQFD

En kiosque à partir du jeudi 07 mai.

Les articles sont mis en ligne au fil de l’eau après la parution du CQFD d’ensuite. D’ici-là, tu as tout le temps d’aller saluer ton kiosquier ou de t’abonner...

CQFD parle dans le poste radio au cours de l’émission "Presse Libérée" tous les deuxièmes mardis du mois de 11h30 à 13h en direct sur Radio Galère, rediffusé tous les deuxièmes vendredis du mois de 12h30 à 14h sur Radio Zinzine..

En Une : "Diyarbakir, Newroz 2015". Photo de Yann Renoult.

Supplément reportages : Impressions du Kurdistan

Les Kurdes ont toujours été pris en étau entre les différentes puissances régionales – ottomane, perse et arabe – et les intérêts occidentaux. Écartelés entre plusieurs entités nationales lors du partage du Moyen-Orient par la France et la Grande-Bretagne (accords secrets de Sykes-Picot) après la Première Guerre mondiale et la non-ratification du traité de Sèvres par la jeune Turquie en 1920, ils ont été à la fois assignés à choisir un camp et soupçonnés de traîtrise par les nouveaux États-nations qui leur imposaient leur joug. Ils furent les laissés-pour-compte des luttes anticoloniales. L’historien du Moyen-Orient Maxime Rodinson donnait l’explication de cet oubli, voire de ce mépris  : « C’est simplement que les Kurdes ont eu le tort ou le malheur d’avoir à revendiquer leur indépendance de décision à l’encontre (entre autres) de deux nations qui, elles-mêmes, revendiquaient des droits analogues et étaient, de ce fait, soutenues par la gauche mondiale. D’abord, dans le passé récent, contre une Turquie nationaliste que les puissances impérialistes d’Occident voulaient asservir et que l’évolution de sa politique intérieure n’avait pas encore rendue antipathique à cette gauche. Ensuite et surtout, contre les Arabes d’Irak (et de Syrie), alors que le peuple arabe dans son ensemble apparaissait comme une victime de choix des mêmes impérialistes et le chef de file de la lutte contre eux. Les Kurdes, en quelque sorte, seraient donc les opprimés des opprimés. [1] » Cependant, ce qui se joue aujourd’hui au Rojava syrien et au Kurdistan nord (« Bakur », côté turc) ressemble moins à une lutte nationale qu’à une révolution sur des bases d’auto-organisation qui dépasse largement la simple carte identitaire kurde. Accompagnant une petite délégation, et grâce à un excellent traducteur, CQFD s’est rendu dans le sud-est du territoire turc à la rencontre d’une société kurde intensément politisée… et à la recherche de sentiments communs.

Sous le paradigme kurde Reportage au Kurdistan, en sept épisodes, des envoyés spéciaux de CQFD. Rencontres, discussions, surprises...

Syrie : Game of Kurdes La guerre civile en Syrie a permis l’affirmation de l’autonomie politique des Kurdes du Rojava, sans pour autant demander leur partition territoriale. Accusés d’avoir pris les patins du régime, ils ont surtout pu jouer leur propre carte, sans doute pour la première fois de leur longue histoire.

Deux voyageurs à travers le Kurdistan rebelle : Mission « sous-vêtements pour Kobané » Votre mission, si vous l’acceptez  : emporter, depuis la France, une valise contenant une paire de chaussures et des sous-vêtements pur coton pour les camarades combattantes de Kobanê. Appelez au numéro de téléphone qu’on vous a donné lorsque vous serez sur place. Allez, ok, c’est une mission pour nous  !

Par Yann Renoult. {JPEG}

Les articles

Loi de santé : Poussée de fièvre chez les carabins Pas contents, les médecins, ces derniers mois. Cible de leur colère : l’instauration du tiers payant généralisé. Vendu comme un progrès social, le dispositif pourrait bien entériner la privatisation de la santé. Petite enquête sur cette grève de « nantis ».

News from Grande-Bretagne La santé dans le viseur suivi de Leader’s Group : la murge à cinquante mille boules.

Violences policières : Quand la BAC frappe et dérape. Une enquête du Nouveau Jour J « Oui, Nancy est confrontée à des problèmes de violence. Dans L’Est Républicain, le maire Laurent Hénart (UDI) jure que le sujet est au cœur de ses préoccupations. » À force de voir pulluler des unes sur l’incivilité et l’insécurité, difficile pour le pékin moyen de penser que la police elle-même est parfois à l’origine de violences. Et pourtant…

BAC de Marseille : encore une mort « accidentelle » Il y a un an le jeune Morad Touat, 16 ans, mourait des suites d’une interpellation policière à Font-Vert, quartiers nord de Marseille. Comme de coutume, le policier à l’origine de la chute a été blanchi. De leur côté, famille et soutien ne lâchent pas l’affaire.

Déchets nucléaires : Pourvu que ça Bure pas  ! Des champs verts et gris à perte de vue. L’Andra, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs, y a vu l’endroit idéal (...)



Par Nicolas de La Casinière. {JPEG}



La camarde a fauché Gilbert Roth (1945-2015) un pilier du Centre international de recherches sur l’anarchisme (Cira), nos voisins du 50. Lorsqu’il jetait l’ancre à Marseille, Gilbert s’arrêtait au local de CQFD saluer les présents, tandis qu’il allait faire les courses pour préparer un bon gueuleton ou qu’il revenait de la boîte postale du Cira. Puis, il disparaissait quelques semaines.

Car Gilbert avait la bougeotte, sillonnant les routes pour rendre visite aux vieux potes, bourlinguant de caves en petits producteurs pour son boulot de représentant en pinard et par passion de la bonne boutanche. Avec sa barbe de boucanier ou de patriarche anar du XIXe siècle, Gilbert a écumé les salons du livre libertaire de France et d’Europe, faisant escale à Merlieux, Toulouse, Florence, Lisbonne pour tenir le stand du Cira Marseille.

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Il a contribué au mouvement anarchiste à sa façon de franc-tireur bon vivant. Gilbert a lancé les cuvées du Cira qui ont contribué à l’achat du local actuel, s’occupant aussi bien de sélectionner le vin que d’obtenir des dessins originaux de dessinateurs connus, comme notre pote Charmag. Il a aussi financé bien des causes en exerçant l’activité plus risquée de monte en l’air, ce qui lui a valu de se retrouver quelques fois au cachot. En 2009, il racontait à CQFD, sous un pseudo, les ficelles de son petit artisanat [2].

On the road again, il est mort pendant son sommeil chez un copain à Limoges, en transit vers la Foire internationale du livre libertaire et alternatif de Gand. Comme il se doit sa disparition a été bien arrosée.

Mais la vie continue ! D’un côté, nous saluons la venue au monde de Marwan. De l’autre, vous tenez entre les mains un numéro spécial de 24 pages  ! Loin de se laisser abattre, on va de l’avant  ! à l’abordage ! Vive la vie !




Le carnaval indépendant de La Plaine et de Noailles (quartiers populaires du centre de Marseille), menacé d’extinction par le sécuritarisme ambiant, s’est célébré de belle façon le 15 mars 2015. « Même pas peur ! » 2 000 carnavaliers venus des quatre coins de la ville, mais aussi de l’étranger, ont envahi les rues, défilant en fanfare et en grande pompe déguisée, chantant et dansant en farandoles, avant de juger et brûler le vieil Hiver et tous ses maux.

PNG « Le soleil est insolent », proclamaient vaillamment affiches et autocollants annonçant un printemps 2015 insurgé contre le froid. La météo et la maréchaussée ne promettaient pourtant aucune clémence de leurs éléments, mais un élan de foutraques énergies comme un art consommé de l’esquive – avec sans doute aussi le concours d’une bonne étoile – ont permis de passer entre les gouttes. Et de quelle manière !

En contrecoup de Marseille 2013 – capitale de la Culture – et son tragi-comique cortège de dépenses somptuaires, nombre d’associations ou de collectifs portant les fêtes de quartiers se sont vu étrangler financièrement dès 2014, année capitale de rien. Certains firent le choix de tout annuler pour marquer leur défiance face à la politique municipale – comme à la Belle-de-Mai –, d’autres parièrent sur des manifestations à voilure réduite – comme au Panier. Quant au carnaval de La Plaine et de Noailles, qui en quinze ans d’existence n’avait jamais demandé ni aide ni permission à personne, il eut à subir, non pas des coupes (...)


Quelques-uns des meilleurs ouvrages récents de critique acérée des saloperies trônantes prennent à cœur de ne pas glandouiller, de décocher déjà l’essentiel de leurs propos offensifs dans leur 4e de couv’ ou dans leur préface. C’est le cas du très réussi Adieux au capitalisme de Jérôme Baschet (La Découverte) qui atteint d’entrée de jeu sa vitesse de sustentation séditieuse (comme on aurait dit d’un hélicoptère flibustier) : « Affirmer la critique de l’existant et donner consistance à des univers alternatifs sont des moyens complémentaires de faire vaciller et d’affaiblir le mode de production dominant de la réalité. » Estimant qu’on peut pratiquer tout de suite « une démocratie radicale d’autogouvernement et concevoir un mode de construction du commun libéré de la forme État et appelant à l’épanouissement des subjectivités  », Baschet, dont les axes de référence réjouissent (Marcos, David Graeber, Holloway, Jappe, Klein, Sahlins, Pannekoek, Riesel, Semprun), présente les territoires zapatistes du Chiapas comme « l’une des plus (...)


Le lecteur de Douceur de l’aube se trouve très vite happé par le rythme du récit de ce jeune Parisien de 23 ans qui, en 1964, fit partie du premier contingent recruté par Pékin pour enseigner le français à des étudiants chinois. Avec quelques condisciples, Hervé Denès (H.D.) fut envoyé à l’université de Nankin où il restera jusqu’en septembre 1966, lorsque la « Révolution culturelle » commence à secouer le pays. Dans le but d’épurer le Parti, le clan de Mao avait appelé les gardes rouges à faire « feu sur le quartier général ». On le sait, cette manipulation de masse aboutit à la prise du pouvoir par l’armée et à de sanglants affrontements qui firent des millions de morts [1].

PNG Ce qui frappe tout d’abord, c’est la clairvoyance précoce de quelques-uns de ces jeunes enseignants qui se plaçaient hors du cadre de la pensée maoïste. « Pour avoir côtoyé quelques radicaux lucides, familiers des idées de Socialisme ou Barbarie et de l’Internationale situationniste, j’étais prévenu contre le régime totalitaire – à l’époque nous (...)


50 nuances de Grey, sûrement un des films les plus rentables de 2015, a quelque chose d’assez inquiétant pour qu’on s’intéresse à ce navet : des ados aux séniors fascinés, il soulève des foules qui s’identifient aux personnages de ce conte de fées moderne aux valeurs ultra-réacs. Et ça, ça fait froid dans le dos.

C’est simple. D’un côté, il y a Grey, l’Homme d’excellence : le milliardaire est à la tête d’une multinationale et collectionne les grosses machines rapides (hélicoptères, planeurs, voitures). L’homme est froid, stratégique et efficace, il le sait et l’assume : c’est ce qui fait la clé de son succès. Un zeste philanthrope, il donne même de l’argent aux Africains affamés parce que lui aussi il a connu la misère… De l’autre, il y a Anastasia (comme la princesse), la Femme fragile qui se cherche. Étudiante en coloc’ et employée précaire dans un magasin, Anastasia est tantôt naïve, tantôt maladroite, jamais très sûre d’elle-même. Bercée d’un romantisme plat, elle a une fâcheuse tendance à se mordiller les (...)


L’extrême droite braconne de plus en plus sur les terres de l’écologie. Enquête sur le « green washing » à la mode frontiste.

Un article co-publié avec Le Ravi.

PNG À quoi reconnaît-on un frontiste écolo ? À sa monture : une « deuche » pétaradante ! « Voilà Tanguy dans sa belle voiture française, lâche Stephano. Elle est increvable ! » Soupir d’un « camarade » : « C’est même dommage de s’en servir pour les collages… » Mais aujourd’hui, c’est fête, Tanguy Vernay prend la tête du collectif vauclusien « Nouvelle Écologie », la branche « verte » (de gris) du FN. Faut dire que cet élu RBM (Rassemblement bleu Marine) à Carpentras est « paysagiste », son entreprise ayant reçu le trophée de la performance environnementale. Et si le FN a choisi le « 84 », c’est parce qu’entre le poids de l’agriculture et les luttes écolo, ce département est, pour le Front, une terre d’élection. D’où la venue des fondateurs, Philippe Murer, économiste passé par le PS et Debout la République, et Éric Richermoz, l’assistant de la députée européenne, Sylvie Goddyn.

Des écolos pro nucléaires

Pour Éric Richermoz, « quand on est patriote, on est écolo » et réciproquement. Et ce « bébé » Marine de fustiger autant (...)


Depuis 12 ans, Le Ravi décrypte, dans une veine souvent satirique, les tortueux arcanes de la politique provençale. Son indépendance éditoriale, pas tout à fait étrangère à ses actuels déboires financiers [4], mérite bien que CQFD lui consacre sa page 16, en allant à la rencontre de ses soutiens et en co-publiant une de ses enquêtes (à paraitre demain sur notre site).

Par Charmag. {PNG}

Certains s’engagent pour sauver les baleines, ou les bébés phoques, d’autres pour protéger les tritons des zones humides. Mais ceux-là se sont engagés pour sauver et soutenir un canard d’« enquête et satire en Paca ». Rencontres avec des lecteurs du Ravi qui ne baissent pas les bras.

Premier rendez-vous : Christine, la présidente de l’asso des Amis du Ravi et Alain, son compagnon, nous ont donné rendez-vous à l’Équitable Café. Quarantaine pimpante, le couple de chercheurs en biologie pour le CNRS, installé depuis 2010 à Marseille, avoue d’emblée : «  On est à gauche depuis qu’on vote. » Mais au lieu de se recentrer politiquement avec les années, ils ont glissé de plus en plus à gauche : du PS d’abord puis vers Attac, puis le contre-G8 d’Annemasse, le festival Jolie Môme… Alain : «  C’est une sorte de maturation. » Christine : «  Avec de nouvelles sensibilités comme la décroissance. » Alain s’excuse presque : « J’étais abonné à Libé, je sais, c’est un peu honteux. » Et Christine d’ajouter qu’ils ont aussi rompu avec (...)



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