CQFD

Et c’est reparti comme en 14 ! Enfin... en 15. CQFD commence l’année 2015 avec un nouveau format, un dossier tout BD, une Une signée Tardi et sur les chapeaux de roue !

En kiosque à partir du vendredi 02 janvier.

Le chien rouge vous souhaite une bonne année de critique et d’expérimentation sociale.

Les articles sont mis en ligne au fil de l’eau après la parution du CQFD d’ensuite. D’ici-là, tu as tout le temps d’aller saluer ton kiosquier ou de t’abonner...

En Une : Dans les tranchées avec Dominique Grange et Tardi par Tardi (pdf à télécharger pour affichage chez par chez vous ci-dessous).

Le Dossier : CQFD illustré

« Un poilu entièrement équipé » La pluie tombe dru sur la verrière de chez Tardi et Dominique Grange, dans le 20e arrondissement de Paris en ce jour de décembre. A peine arrivés dans la grande salle qui sert de bureau au dessinateur, on s’intéresse à un fusil Lebel de la guerre de 14-18, posé négligemment contre une poutre. Illico, Tardi défouraille d’autres flingots démilitarisés, dont un revolver de la guerre de 1870  : « Ils avaient les mêmes sous la Commune de Paris. » « Ça, c’est la documentation, cela me paraît indispensable. » Et le voyage commence, avec Dominique Grange et Jacques Tardi, autour de la guerre de 14-18, de la Seconde Guerre mondiale, de la mémoire, de la lutte, de la transmission.

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Sani, un Nigérien à Angoulême En prélude à leur très considérable festival de bandes dessinées, les Angoumoisins ont fait une découverte inattendue. Sani Djibo, un Africain, casquette de marlou et allure de matou, est venu rejoindre les bataillons d’auteurs « en résidence » qui battent le pavé du centre-ville.

Topor : L’art et la matière Roland Topor n’a plus chié depuis le 16 avril 1997. Depuis, rien, nib… Il continue pourtant à foutre la merde.

Trapier et Ristorcelli : « Retrouver ce néant au cœur de l’image » Stéphane Trapier et Jacques Ristorcelli viennent de sortir aux éditions Matière, deux ovnis littéraires, respectivement Tarzan contre la vie chère et Les écrans. Des œuvres bien différentes mais qui jouent sur un décalage entre image et histoire. Entretien croisé.

Ceci n’est pas un coloriage antistress pour adulte Non, c’est un page pour les mômes, les minots, les moutards... Offerte par Le vilain petit canard !

Peutit Keupon a 30 ans Interviou dessinée exclusive pour CQFD.

Rémy aurait pu être mon fils Un page BD de Baudoin.

Et autres surprises...

Les articles

Précarité : Une colère à contenir ? Mardi 9 décembre, 7 h 15, ça caille sévère à Marseille. Devant le portail de l’Accueil de jour Marceau (ADJ), près de la Porte d’Aix, une petite foule de « sans » – sans-abri, sans-emploi, sans-Sécu, sans-papiers, sans-famille, etc. – attend patiemment l’ouverture de la grille.

Droit d’asile : Petits papiers d’Arménie Depuis le rejet de leur demande d’asile, la famille Boyadjyan est sous le coup d’un ordre de quitter le territoire français (OQTF) et le Centre d’accueil de demandeurs d’asile (Cada) Saint-Charles, à Marseille, les pousse dehors. Pourtant, en Arménie comme en Russie, leur vie serait en danger. La solidarité s’organise.

Victor-Hugo rejoue les Misérables Le ministère de l’éducation a trouvé que les Zones d’éducation prioritaires dataient. Elles ont trente ans. On allait donc les rebaptiser REP comme les régiments étrangers parachutistes. Ici où là, certains établissements, pourtant remplis de Gavroches boursiers et de Cosettes en haillons, passeraient à la trappe suite à la réforme.

Tourisme : Faux marché provençal pour vrais Chinois L’industrie ? Liquidée. L’agriculture ? Moribonde. Ne nous reste plus qu’à vendre notre quotidien en souriant ostensiblement. Devenir le parc d’attractions du monde. Dans le Luberon, en juillet dernier, un faux marché provençal a été organisé pour près de 250 touristes chinois.

Littérature : « Si tu ne déconstruis pas le genre, il ne peut pas y avoir de révolution. » « La vie se joue souvent en deux manches  : dans un premier temps, elle t’endort en te faisant croire que tu gères, et sur la deuxième partie, elle repasse les plats et te défonce. » L’auteure de King Kong Théorie revient avec une trilogie trash, les aventures de Vernon Subutex. Rencontre avec Virginie Despentes.

Les rubriques

Mais qu’est-ce qu’on va faire de… la Charte des socialistes pour le progrès humain ? Le socialo nouveau est arrivé… Et il a toujours le goût d’eau.

Je vous écris de l’usine : Six Feet Under « Quand je tousse, je me demande tout le temps si c’est une bronchite ou… » Dominique laisse sa phrase en suspens mais on comprend tout de suite de quoi il est question...

Queen Kong : La gynécologie n’est pas un dîner de gala Même avec toute la bienveillance du monde, on ne peut s’empêcher d’avoir régulièrement (...)



Par Starsky-Hiriemann. {JPEG}



Scier la branche sur laquelle on est assis, voilà une question qui revient à chaque fois qu’on met en ligne des articles imprimés dans notre beau journal de papier. On ne va pas vous le cacher, on était contents, le 24 décembre, à minuit pile, quand notre site a connu son millionième visiteur [1] depuis sa refonte en 2011. Qu’il – ou elle – se fasse connaître au plus vite et il – ou elle – bénéficiera d’un abonnement à vie, en plus de pouvoir marcher sur l’eau et de multiplier les pains.

N’oubliez pas toutefois que “sans papier, pas d’octets” et que le journal ne peut exister que parce que nos lecteurs s’abonnent ou achètent le canard en kiosque.

D’ailleurs, vous aussi, vous pouvez contribuer à l’amélioration de la mise en place de nos critiques sociales dans les bacs. Comment ? En nous donnant l’adresse précise du marchand de presse où vous avez vos habitudes. S’il ne distribue pas CQFD, on pourra essayer de l’approvisionner. Il suffit d’envoyer ses références sur diffusion@cqfd-journal.org.

Bon, une dernière requête, et après, promis, on vous souhaite une bonne année 2015. Notre siège social marseillais constate qu’avec la folie numérique, La Poste ne nous amène plus beaucoup d’enveloppes timbrées. N’hésitez pas à prendre votre plus beau stylo, le dos d’une facture ou d’un tract périmé et à nous envoyer de jolis courriers manuscrits. Ça nous manque tellement qu’on regrette même les lettres d’insultes [2] !

La Liseuse, de Jean Raoux. {JPEG}

Sur ce, l’équipe de CQFD garde la gnaque et vous souhaite, chères lectrices, chers lecteurs, ses meilleurs vœux pour le grand chambardement à venir.




Comme dans la plupart des dictatures, la théorie du complot est un outil politique dont on use et abuse depuis des décennies en Égypte, et plus encore depuis le soulèvement de janvier 2011. Au point que l’explication complotiste des faits est devenue un réflexe pour le pouvoir militaire, comme pour ses opposants.

Presque chaque jour, Hossam prend un minibus [3] pour relier Imbaba, le quartier en périphérie du Caire où il habite, au centre-ville de la capitale égyptienne où il travaille. Et presque chaque jour, depuis un peu plus d’un an, il entend la même histoire. « On a appelé ça “révolution”, mais en fait c’est une création des Américains. Ils ont endoctriné nos jeunes et ont provoqué tout ce chaos pour affaiblir les pays arabes », assénait ainsi une quinquagénaire il y a deux semaines. «  Je n’ai même pas réagi », raconte Hossam, dont on perçoit le découragement malgré un profil Skype tout sourires. « Les premiers mois après le coup d’état de l’armée [le 3 juillet 2013, ndlr], je m’insurgeais dès que j’entendais ce genre de bêtises, mais c’est devenu tellement courant que je ne réponds plus. » Pour ce journaliste de 27 ans, qui était parmi les dizaines de milliers d’égyptiens à manifester pour la première fois le 25 janvier 2011, la pilule a du mal à passer. Mais il n’a plus la force de contester cette version des faits, largement (...)


Sale, surpeuplée, dangereuse... Durant l’été 2013, en pleine année culturelle, on a assisté à une véritable campagne de dénigrement des Catalans, plage de sable la plus proche du centre de Marseille, anciennement privée. Mais que cache cette phobie médiatico-municipale ?

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Jusque-là privés, les bains des Catalans sont revenus dans le domaine public en 2003, faute de candidat pour succéder à la famille qui gérait les lieux depuis 130 ans. Le populo y a donc repris ses aises, à partir de 8 h 30 et jusqu’à 20 h en été, avec ses joueurs de beach-volley, ses fausses blondes, ses vieux dragueurs aux chairs tremblantes mais bronzées, ses bandes d’ados chambreurs, ses mères de famille entourées d’une marmaille qui piaille et barbote entre serviettes-éponge et ligne de bouées balisant la baignade.

Néanmoins, ce joyeux brouhaha ensoleillé ne plaît pas à tout le monde. Surplombant la plage, le fort huppé Cercle des nageurs de Marseille (CNM), avec sa piscine olympique, ses cabines privées et son restaurant, se bouche le nez en regardant ailleurs, vers le large, les îles du Frioul et le château d’If. Dans ce club très sélect, où l’on entre par parrainage en payant, outre un droit d’admission de 1 600 euros, une cotisation annuelle de 1 250 euros, la crème des politiciens locaux – des frères Guérini à Gaudin, (...)


Sara : « J’ai peur. Personne n’écoute personne… C’est tout le monde contre tout le monde en quelque sorte… Tu le sens ? Une usine comme ici… où plein de gens travaillent à longueur de journée… Je croyais qu’on s’entendait… qu’on était amis… qu’on s’entraidait, qu’on se soutenait… qu’on était solidaires… Je croyais que c’était différent… C’est toujours comme ça ? »

Julien : Pour le dossier « Conspiration » du prochain CQFD, j’ai bien envie d’écrire un papier sur une pièce de théâtre que j’ai montée il y pas mal d’années : L’usine [1] de Magnus Dahlström. Ça se passe dans le secteur de la sidérurgie…

Tewfiq  : Une pièce de théâtre qui traite des conditions de travail des ouvriers dans l’industrie lourde ? Ah oui, je vois… Germinal, genre ? Avec un conflit entre les travailleurs unis et solidaires contre leur patron ?

Julien : Sauf qu’ici, pas du tout ! Non, d’abord il s’agit d’une usine ultra-moderne. Des ordinateurs, une organisation du travail moderne… Le capitalisme de pointe, tu vois. Et justement, les personnages de la pièce ne ressemblent pas du tout à ceux de Germinal ou à un Jean-Pierre Levaray. Là aussi, il s’agit des ouvriers « modernes » et laisse moi te dire… ça fait peur. Tu parlais de solidarité ? Eh bien pas du tout  ! Dans cette pièce-là, les ouvriers se sont lancés dans une guerre de tous contre tous. Brisés, on va dire, par les conditions de travail, les 3x8, (...)


Tous les mois, Miriana Mislov nous offre une micro-nouvelle du métro, illustrée par Thierry Guitard, en rapport avec le thème de notre dossier. Embarquement au Quai des miracles.

Un quinquagénaire d’aspect banal entre dans un compartiment du métro à la station Gare de l’Est. Des deux mains il brandit un carton sur lequel figure une inscription malhabilement tracée en caractères majuscules rouges  : «  Les socialistes envoient des gaz qui endorment les gens dans le métro ». Arpentant la voiture, il débite d’un ton grave : « J’ai été fusillé au cours d’un complot. J’accuse les socialistes, soutenus par les communistes, d’envoyer dans le métro des fumigènes qui contiennent le virus de la grippe ainsi que des gaz pour nous endormir  ! »

Par Thierry Guitard. {JPEG}

Ses divagations ne suscitent aucune réaction chez les autres usagers, qui n’en sont pas à une intrigue politicienne près. Une fois son extravagant message délivré, le prétendu mort disparaît tel un fantôme sur le quai à la station suivante.

Dans le wagon, dodelinant de la tête, les voyageurs somnolent anéantis par la chaleur accablante, leurs traits accusant une fatigue malsaine sous la lumière crue de la rame. Comme pour conforter le revenant dans son délire.

La suite du (...)


Ils sont partout  !… dans les transports en commun, au bureau, au fond de la salle de classe du lycée, dans les manifestations, et surtout, la majeure partie du temps, rivés derrière leur écran d’ordinateur. « Ils », ce sont les conspis. En apparence, rien ne les distingue foncièrement du reste de la population. « On nous cache tout » est le refrain entêtant, accompagné d’une abondance de liens, qu’ils font circuler exponentiellement sur Internet, distillant de « petites idéologies malodorantes qui rivalisent aujourd’hui pour le contrôle de notre âme (Orwell) ». Pour les plus malins, les théories du complot sont même devenues de lucratifs fonds de commerce. CQFD se propose de démonter quelques pièces de la mécanique conspi, entre rumeurs nauséabondes, raccourcis simplificateurs et grand récit manichéen.

Par Plonk et Replonk.

Une conception policière de l’histoire

Après la Commune de Paris, les Versaillais avaient désigné une « force cosmopolite », l’Internationale, comme étant l’instigatrice des événements – on disait même que Karl Marx en était le stratège depuis Londres, en même temps qu’il recevait ses ordres de Bismarck. Plus proche de nous, Jean Rochet, ancien directeur du contre-espionnage accusait la Tricontinentale, variante de la main de Moscou, d’être responsable des événements de mai 68. Chevènement, ministre de l’Intérieur en 1998, voyait derrière le soutien aux sans-papiers l’intrigue d’obscurs «  trotskistes anglais ». Selon la grille de lecture conspirationniste, les masses ne pourraient agir par elles-mêmes, tout mouvement social devrait répondre à une intentionnalité programmée par une force supérieure organisée. C’est pourquoi, à travers ce prisme, le processus enclenché par les révolutions arabes ne serait qu’une manœuvre (voir l’article de Nina Hubinet "Complot partout, révolution confisquée" in CQFD n°127, en ligne (...)


Los Angeles : militarisation des forces policières et drones en milieu urbain.

La ville de Los Angeles a reçu, il y a quelques mois, deux petits drones hélicoptères équipés de caméras, dons de la ville de Seattle. La bonne gent de Seattle, outrée, avait tant protesté que le service de police avait dû s’en débarrasser sous la pression. La police de L.A., « LAPD », friande de joujoux technologiques et militarisés de toute sorte (armes automatiques, véhicules blindés y compris) tente présentement d’ignorer les objections citoyennes (le maire ayant apparemment refusé de rencontrer les opposants), mais les drones n’ont pas encore quitté leurs boîtes.

Pour mémoire, la première équipe de S.W.A.T. (Special Weapons And Tactics, l’antécédent étasunien du RAID en France) fut mise sur pied à Los Angeles sous la houlette de Daryl Gates et son premier fait d’armes majeur fut en décembre 1969 un assaut massif et ratage spectaculaire contre le quartier général du parti des Black Panthers, un mouvement activiste bien ancré à l’époque dans la communauté (...)



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