CQFD

En couverture : « Cheveux blancs & colères noires » (par Julien Loïs)

Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archivés sur notre site progressivement, après la parution du prochain numéro. Ce qui vous laisse tout le temps d’aller saluer votre marchand de journaux ou de vous abonner...

Actualités d’ici & d’ailleurs

- À Marseille, un McDo devient restaurant solidaire – McDonald’s ne voulait plus d’eux : ils ont décidé de se passer de McDonald’s. Après plusieurs années de lutte pour sauver leurs emplois, les anciens salariés d’un McDo des quartiers Nord de Marseille ont transformé leur fast-food en plateforme solidaire.

- Et maintenant, le fichage des opinions – Depuis début décembre, police et gendarmerie ont le droit de ficher les opinions (...)



Par Tommy {JPEG}



Parce qu’elles sont soumises à un contrôle accru et à un conditionnement de leur financement, certaines associations d’éducation populaire finissent par accompagner l’État dans ses dérives réactionnaires. Du soutien au Service national universel à la ratification d’une déclaration contre le « séparatisme », l’éduc’ pop’ prend l’eau.

Par Clément Buée {JPEG}

« Un dialogue de sourds » : c’est par ces mots que la Fédération des centres sociaux (FCSF) décrit sur son site la rencontre qu’elle a organisée en octobre entre la secrétaire d’État à la Jeunesse et une centaine de jeunes de toute la France. Réunis à Poitiers, ces derniers ont reçu la visite de Sarah El Haïry à l’issue de trois jours de débats sur « la place des religions dans la société ». Le rendez-vous a rapidement tourné au fiasco. D’un côté, des adolescent·es et des jeunes adultes dénonçant les discriminations dont ils sont victimes ; de l’autre, Sarah El Haïry qui crée le malaise en déroulant un catéchisme pseudo-républicain hors-sol [1], avant de tenter de couper court au débat en entonnant La Marseillaise devant une salle incrédule.

Avec ses collègues de La Boîte sans projet, une association d’éducation populaire basée à Amiens, Romain Ladent a animé des ateliers pendant cette semaine de débats. Il raconte : « La secrétaire d’État ne s’attendait visiblement pas à trouver en face d’elle des jeunes qui s’interrogent sur les contours des règles sur la laïcité, qui pointent du doigt des incohérences, en argumentant. Pourquoi sont-ils autorisés à porter des signes religieux dans un centre social ou un lycée privé, mais pas dans un établissement public  ? Quand ils ont parlé de discriminations liées à leur couleur de peau et à leur religion, elle s’est enfermée dans le déni, alors que les jeunes cherchaient à montrer qu’ils ne témoignaient pas d’exemples individuels, mais d’une réalité structurelle. »

Répression des associations

Sarah El Haïry pensait sans doute arriver en terrain conquis. Deux jours plus tôt, le 20 octobre, elle avait obtenu des principales associations et fédérations d’éducation populaire (dont la FCSF) qu’elles signent une déclaration commune (...)




Depuis les années 1960, elle n’a cessé de multiplier les flamboyantes capes et incarnations : chanteuse, actrice, poétesse, reine du Mardi gras, impératrice des zazous, brûleuse de Dieu, romancière azimutée, poudre à canon médiatique… Sans âge, sans barrière, sans pincettes, Brigitte Fontaine continue d’entrechoquer ses fantaisies contre les murs du présent. Rencontre téléphonique avec une dame riant à la gueule du temps.

« Les vieux sont jetés aux orties / À l’asile aux châteaux d’oubli / Voici ce qui m’attend demain / Si jamais je perds mon chemin / J’ai d’autres projets vous voyez / Je vais baiser, boire et fumer / Je vais m’inventer d’autres cieux / Toujours plus vastes et précieux / Je suis vieille et je vous encule / Avec mon look de (...)


Entretien anti-âgiste avec la sociologue Juliette Rennes
« Comme si la révolution ne pouvait venir que de la jeunesse... »

paru dans CQFD n°194 (janvier 2021), par Tiphaine Guéret

Sur le front des luttes sociales, l’engagement des personnes âgées ne date pas d’hier. Dans l’Amérique des années 1970 déjà, le mouvement des Gray Panthers s’opposait autant aux discriminations liées à l’âge qu’à la guerre du Vietnam. Au fil de cet entretien, la sociologue Juliette Rennes revient sur leur riche histoire. Avant d’évoquer plus largement la participation des retraité·es français·es aux mobilisations sociales, qu’elles aient pour objet de défendre leurs propres intérêts ou de renverser la vapeur d’un monde en vrille.

Photomontage signé Canicule

Dans l’Encyclopédie critique du genre, un ouvrage publié sous la houlette de Juliette Rennes [1] et paru en 2016 aux éditions La Découverte, la sociologue propose une définition tout en précision de l’âgisme, un « terme forgé par analogie avec le racisme et le sexisme par [le gérontologue] Robert Butler pour désigner l’ensemble (...)


Au-delà de l’emblématique Geneviève Legay, les manifestants les plus âgés n’ont pas été épargnés par la brutale dérive du maintien de l’ordre qui s’est cristallisée pendant le mouvement des Gilets jaunes. Cette « stratégie de la peur » videra-t-elle les rues des vieux protestataires ?

Ce 23 mars 2019 à Nice, en se rendant à la manifestation qui a failli lui coûter la vie, Geneviève Legay pensait-elle que son âge la prémunissait contre les violences policières ? « Non, répond la septuagénaire. Mais je croyais que si je ne faisais rien [de violent], on ne me taperait pas. J’étais naïve. »

Une foule d’articles (...)


Grièvement blessée par un policier lors d’une manifestation à Nice en mars 2019, Geneviève Legay va mieux. À 74 ans, la militante d’Attac garde toutefois de lourdes séquelles de ses blessures. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à manifester. Rencontre téléphonique.

La Une du n°194 de CQFD, illustrée par Julien Loïs {JPEG}

Lorsqu’Emmanuel Macron a contracté le coronavirus, Attac lui a souhaité « un prompt rétablissement et peut-être une forme de sagesse ». Juste retour à l’envoyeur : c’est exactement en ces termes que le président s’était adressé à Geneviève Legay, porte-parole de l’organisation altermondialiste dans les Alpes-Maritimes, après (...)


Dans Ce matin la mer est calme, Antonin Richard raconte son expérience de marin-sauveteur en Méditerranée centrale, zone privilégiée des migrations maritimes de fortune. Un témoignage puissant, sur lequel il revient ici, via ce second et dernier volet d’un état des lieux du sauvetage et de sa criminalisation publié dans le numéro 194 de CQFD (janvier 2021).

Illustration d'Antonin Malchiodi

Au fil des pages défilent les noms. Le Sea-Watch 2. Le Prudence. Le Sea-Watch 3. L’Aquarius. L’Ocean Viking... En quelques années, de 2016 à aujourd’hui, Antonin Richard a foulé le pont de nombreux navires sillonnant la Méditerranée. Leur particularité ? Tous étaient affrétés par des organisations cherchant à porter secours aux (...)


Criminalisation du sauvetage en mer 1/2
Bras de fer en Méditerranée

paru dans CQFD n°194 (janvier 2021), par Fall Amzer

Dans un silence de mort, la Méditerranée continue de se transformer en cimetière. Alors que les candidat·es à l’exil font face à une forteresse aux portes bien gardées, les bateaux de sauvetage tentent de déjouer les entraves de l’Europe. Focus sur une bataille navale des plus cyniques, via le premier volet d’un état des lieux en deux parties, publié dans le numéro 194 de CQFD (janvier 2021).

Illustration de Pole Ka

«  La criminalisation de la solidarité trahit la terreur des dirigeants européens face à ce qui arriverait si leurs citoyens et les migrants luttaient ensemble contre la forteresse Europe. Nous croyons fermement […] qu’un monde différent peut être imaginé si nous nous battons les uns aux côtés des autres. »
(Citation issue du site (...)


McDonald’s ne voulait plus d’eux : ils ont décidé de se passer de McDonald’s. Après plusieurs années de lutte pour sauver leurs emplois, les anciens salariés d’un McDo des quartiers Nord de Marseille ont transformé leur fast-food en plateforme solidaire.

Photographie de H enri Cartier-Rivière

Ne l’appelez plus McDonald’s : son petit nom désormais, c’est « L’Après M ». Les lettres composant l’enseigne du fast-food, coincé entre des grands ensembles et un boulevard urbain, ont été découpées, retournées et disposées dans un autre ordre pour former le nouveau nom du lieu. Comme la coque d’un navire qui change de (...)


Courrier d’une autre Amérique
Le trumpisme est plus fort que jamais

paru dans CQFD n°193 (décembre 2020), par John Marcotte, illustré par

Camionneur à la retraite, John Marcotte a milité au sein d’un courant marxiste humaniste influencé par l’intellectuel caribéen C.L.R. James. Fin novembre, il nous envoyait d’outre-Atlantique son analyse post-électorale sur une nation gangrenée par le racisme depuis ses origines. Un texte publié dans notre numéro 193 (décembre) et qui résonne plus que jamais au lendemain de l’invasion du Capitole par l’extrême droite.

Illustration de Mortimer

Pour beaucoup de gens ici, ce fut d’abord un choc – et un sentiment de dégoût – de voir que le peuple n’avait pas répudié Donald Trump avec un vote plus massif. Au bout de quatre ans, tout le monde sait pourtant pertinemment ce qu’il représente : la suprématie blanche décomplexée, le ressentiment racial, l’autoritarisme, la (...)


Depuis début décembre, police et gendarmerie ont le droit de ficher les opinions politiques des individus qu’elles estiment susceptibles de porter atteinte à la « sécurité publique » et à l’intégrité des « institutions de la République ». Elles peuvent également recueillir les convictions philosophiques et religieuses, ainsi que certaines données de santé.

 Illustration de Clément Buée

Le 4 décembre dernier, en pleine controverse sur la loi « Sécurité globale » et les violences policières, Emmanuel Macron ose déclarer sur Brut : « Je ne peux pas laisser dire qu’on réduit les libertés en France. » Le même jour, une paire de décrets gouvernementaux paraît en catimini au Journal officiel. Repérés par le site (...)



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