CQFD

CQFD n°124, en kiosque à partir du 17 juillet 2014.

Numéro d’été, avec un supplément de 16 pages : bédés, nouvelles, fiches cuisines, playlists... Tout pour passer un été à l’abri de l’ennui !

Les articles sont mis en ligne au fil de l’eau après la parution du CQFD d’ensuite. D’ici-là, tu as tout le temps d’aller saluer ton kiosquier ou de t’abonner...

En Une : Déstockage massif par Cynicom.

Dossier école

Vivement la rentrée des classes ! « Éduquer, ce n’est pas remplir un vase ,c’est allumer un feu », disait un certain Montaigne (un rappeur sans doute ?). Enseignant depuis 1995, Grégory Chambat participe à la revue N’Autre école, publiée par la CNT Éducation qui explore les chemins buissonniers d’une « révolution sociale, éducative et pédagogique », et plus récemment au site Question de classe(s) qui fonctionne comme une agence de presse afin de donner des outils à une pédagogie socialement critique, ancrée dans le quotidien des enseignants, des agents de l’éducation, des parents et des élèves. Oral de rattrapage pour les cancres de CQFD avec un pédagogue de combat.

De l’école alternative… L’éducation conditionne nos vies. Nous avons tenté de savoir modestement à quoi pouvait ressembler une école différente, hors des notes, des évaluations, des programmes, une école qui apprendrait la liberté. ÀTerre d’Éveil dans le Puy-de-Dôme, nous avons rencontré une expérience sociale débutante autour de la citoyenneté et de l’environnement. Alors, lecteur de CQFD, pose ta bière et range ton ballon… on retourne en cours jusqu’en septembre.

…à l’alternative à l’école Il y a aussi ces parents qui prennent la décision de faire l’école à la maison. D’affreux cathos qui conditionnent leurs mômes à longueur de journée ? Des contestataires un peu perchés qui rejettent tout ce qui vient de la société capitaliste ? Ou des parents jaloux de l’épanouissement de l’enfant à l’intérieur du cocon familial ? Quelques rencontres en Haute-Loire avec ces « autres » parents d’élèves.

Les articles

Chiapas : Marcos est mort… Vive l’autonomie zapatiste ! Le 24 mai 2014, le sous-commandant Marcos a annoncé sa propre fin : «  Je déclare que je cesse d’exister. » Ultime pirouette d’une icône altermondialiste ou réelle avancée du sentiment collectif aux dépens d’un culte de la personnalité résiduel ? Quel sens donner à cette mort symbolique ?

Culture : De la monoculture en Avignon À qui profite le festival d’Avignon ? Aux Avignonnais ? Aux compagnies ? Aux saisonniers de la restauration ? De la même manière que les nouveaux accords Unedic nuisent à tous, le festival repose sur une débauche de précarité. Par ricochet, une grève des comédiens met en lumière combien la ville est pieds et poings liés à l’industrie touristique. « Ce que nous défendons, nous le défendons pour tous », disent les grévistes. Pensent-ils si bien dire ?

Greenwashing : Des assises de la biodiversité en béton Tout oppose le rouleau compresseur des aménageurs de territoire au fragile équilibre des milieux naturels. Lors des quatrièmes Assises nationales de la biodiversité les 23 et 24 juin à Montpellier, les bonimenteurs de l’ingénierie écologique ont tenté de muer bétonneurs en sauveurs des petites bêtes…

Extrêmes droites : La Nouvelle Droite dans la face Depuis près de quarante ans la – plus tellement – Nouvelle Droite voudrait brouiller les schémas classiques de l’extrême droite à force de puiser des arguments dans la critique socialiste, anti-industrielle et écologique. Elle va jusqu’à titrer un numéro de sa revue Éléments : « La Nouvelle Droite est-elle de gauche ? », profitant des faiblesses de la gauche lâche et moribonde pour prétendre la doubler… sur sa gauche. Mais en grattant le vernis de la complexité intellectuelle réapparaissent vite les vieilles lunes anti-égalitaires et identitaires. Stéphane François qui a publié Au-delà des vents du Nord : L’extrême droite française, le pôle Nord et les Indo-Européens (PUL, 2014) revient sur l’influence réelle de ce courant.

Scène : Les artistes ne sont pas tous autistes, mais tous les autistes sont des artistes Ce Blanche Neige est un spectacle que peu verront. Joué en grande partie par des acteurs en situation de handicap mental, peu de salles lui ouvriront leurs portes. Rencontre avec le théâtre du Cristal, une compagnie pas comme les autres, certes, mais qui voudrait l’être un peu plus.

Fret SNCF : « On regarde travailler la concurrence » Ouvert à la concurrence depuis 2005, le fret ferroviaire aiguise les appétits de sociétés privées peu regardantes sur le droit du travail et les normes de sécurité. À Cerbère (Pyrénées-Orientales), la gare de fret prend des allures (...)



Par Berth. {JPEG}



Radio France vient de fermer la boutique à Mermet. Nombreux sont ceux qui regrettent déjà Là bas si j’y suis et on le comprend bien, même si, après avoir épinglé dans nos colonnes les méthodes managériales du lider maximo des ondes publiques, le bonhomme, rancunier et peu magnanime, a toujours ostracisé CQFD. On peut s’attendre à voir fleurir les pétitions, les cris de « censure ! Et la liberté d’expression ? » ainsi que les appels au sauvetage d’une émission radio de « service publique »… Schizophrénie qui nous pousse à mordre et lécher la main qui nous nourrit. Dans le même temps, les médias indépendants, critiques, sans pub, sans fonds publics et sans guère de soutien financier, crèvent la gueule ouverte dans un silence assourdissant. Radio Canut lance une campagne de financement pour pouvoir continuer à émettre (voir p 6). Qui en cause ? Il se dit que Article XI va peut-être arrêter de sortir en kiosque. Qui s’en émeut ? CQFD comme à son habitude a failli ne pas pouvoir imprimer le numéro que vous avez entre les mains… Et combien d’autres ? Rustica et Le Chasseur Français tirent la langue… (ok on s’en fout !) Mais de quelle liberté d’expression parle-t-on ? De celle de qui ? Ah, c’est vrai, nous ne sommes pas des professionnels de la profession des médias médiatisées. Qui le regrette ?

Sinon, au risque de bousculer vos habitudes, CQFD change de date de parution. Fini le « 15 du mois ou à peu près ». À présent,votre journal paraîtra chaque premier vendredi du mois. Prochain numéro, le vendredi 3 octobre, qu’on se le dise ! Nous espérons donc vous retrouver nombreux à l’automne prochain pour continuer à critiquer et à expérimenter.

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P.S : sans pub mais pas sans tee-shirt à 16 euros pour nous soutenir, alors n’hésitez pas à regarnir votre (...)




Les nouveaux stades, selon l’UEFA, doivent se transformer en galeries marchandes avec parkings surtaxés et cimetières pour fans.

Le stade, haut lieu de la magie de l’exploit sportif et de la communion avec le supporter ? Foutaises. Souvent, ça ressemble plus à un centre de contrôle policier. Mais c’est surtout une machine à profit. Le très libéral cabinet d’audit financier Deloitte a décrété le stade de Manchester United le plus rentable du monde, avec 127,3 millions d’euros de recettes engrangées lors de la saison 2012-2013. Mais c’est moins que les ventes de retransmission télé et moins que le sponsoring. Il faut donc rendre les stades plus juteux et « maximiser leur potentiel commercial en intégrant une large gamme d’installations et d’utilisations », dit le Guide de l’UEFA pour des stades de qualité, paru en 2011. La vente des places aux tifosi, c’est petit joueur.

Par Charmag. {JPEG} L’UEFA rappelle les classiques à soigner : loges d’honneur, zones VIP et même VVIP (very, very important persons, c’est à dire « hauts dignitaires, célébrités et personnalités politiques »), événements et séminaires d’entreprise, concerts et conférences, restauration de luxe, traiteurs et (...)


Main basse sur le foot pour des stades qui coûtent les yeux de la tête. Des équipements publics captés par des jeux d’actionnaires.

En juin, le stade du Mans n’a accueilli qu’un seul match, de foot féminin. En mai, une chasse aux œufs de Pâques pour 200 gamins, devant les tribunes vides. Conçu pour la ligue 1, livré en 2011 mais privé d’équipe pro deux ans après, le stade cherche à limiter la casse après la faillite du club, finalement rétrogradé en division d’honneur amateur, l’équivalent de la 6e division. Le grand gagnant reste Vinci qui a construit le stade en PPP, partenariat public privé, et le gère pour 35 ans. Une fois le club pro (qui devait assurer la moitié des recettes) en déroute, le groupe de BTP a réclamé à la collectivité locale le manque à gagner prévu par contrat. Clause pour « aléa sportif », loyer dû : la contribution à rallonge de la ville monte à 3,4 millions d’euros par an. Et Vinci peut résilier à tout moment le contrat de cette « cathédrale vide », en exigeant une compensation financière, dont le montant reste un sujet de polémique. Échec patent d’un stade surdimensionné pour une équipe sans stabilité au haut niveau.

Par Charmag. {JPEG}

Surcoût dès le (...)


À Liverpool, le foot amateur s’éteint tandis que les grands clubs s’offrent de grands projets. Tesco, leader de la distribution en quête de nouveaux marchés, met son grain de sel, sans égards pour les fondements communautaires des clubs de quartier. Reportage sur les rives de la Mersey.

Mai 2013, quartier d’Anfield. La pelouse du stade dégorge des effets d’un ciel capricieux et ordinaire. En ce jour de finale de championnat 2012-2013 de première division du comté de Liverpool, le match s’achève sur une défaite mordante du Waterloo Dock FC, contre l’équipe du Red Rum (7-2). Engoncé dans un k-way bleu et blanc, Jim Davies applaudit ses joueurs, le regard grave et la mine mouillée par la bruine. Le patron des Docks a déjà oublié la raclée ; gueuler n’est plus de mise. Ce match, joué à la maison, est son dernier match. Exactement 50 ans après la création du Waterloo Dock par quelques jeunes travailleurs du port et plus de 70 trophées, le manager à la plus longue carrière de l’histoire britannique a décidé de raccrocher. Au Guardian, Jimmy confie son meilleur souvenir quand sa petite équipe affronta le grand club pro du Liverpool FC à la Senior Cup de la ville en 2009 : « Nous n’étions même pas intimidés, et nous n’avons perdu qu’après un but tardif. »

Par Matéo. {JPEG}

Pressé par une journaliste du Liverpool Echo, l’ancien docker de 71 (...)


Avec ses 150 lieux d’information, le planning familial procède à un maillage du territoire. Sexualité, IVG, homophobie, violences conjugales : la crise économique met à vif les rouages d’une société patriarcale. Aux premières loges, les femmes du Planning racontent.

Par Soulcié. {JPEG}

Badou et Sabine sont deux salariées du planning familial de Perpignan. Pour mener à bien les missions de l’association, elles sont appuyées par une équipe de bénévoles dont Jeanne-Louise fait partie. Badou : « Tout le monde pense que les centres du planning familial seront toujours là, qu’il n’y a plus besoin de lutter, de se battre. » Sabine : « C’est un peu comme le droit à l’avortement, les gens pensent que depuis 1975 il n’y pas plus de problème. » Jeanne-Louise : «  Et puis il y a eu l’Espagne et là on a eu très peur parce qu’on s’est dit que ça pouvait nous arriver aussi. » Le 20 décembre 2013, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy (Parti populaire) adoptait un projet de loi de criminalisation de l’avortement [1]. L’onde de choc atteint l’Hexagone où, après les manifestations anti-mariage pour tous et contre la théorie du genre, on redoute ce retour à l’ordre moral. Badou : « Quand on a appris pour l’Espagne, on a réagi très vite. On a organisé une manifestation devant le consulat d’Espagne entre midi et deux où il (...)


Banderoles humoristiques dans les stades, barricades place Taksim ou solidarité avec les luttes populaires et écologiques… Les Carsi, groupe de supporters d’Istanbul, sont réputés pour leur esprit contestataire. Reportage sur ce phénomène social et footballistique dans le quartier de Besiktas.

C’est une image devenue symbole des protestations qui ont secoué la place Taksim l’an dernier. En pleine manifestation, un bulldozer s’élance fièrement vers les policiers médusés. Aux manettes de l’engin détourné, des Carsi, reconnaissables à leurs écharpes ou maillots à bandes noires et blanches, retoqués d’un A d’anarchie rouge vif.

Photos : Guillaume Cortade. {JPEG}

Fers de lance de l’occupation du parc Gezi, les Carsi, supporters du club de foot de Besiktas issu du quartier éponyme, ont rejoint les jeunes protestataires dans le mouvement initié en mai 2013 contre le Premier ministre islamo-conservateur Erdogan. « En Turquie, les clubs de supporters de foot sont les rares groupes sociaux qui savent affronter la police, analyse Tan Morgül, animateur d’une émission sur le football alternatif pour une radio stambouliote. Durant Gezi, les Carsi sont venus organiser la défense de l’occupation du parc. Ils ont été en première ligne face aux forces de l’ordre et une vingtaine d’entre eux ont été arrêtés en juin dernier. Deux procès, dont un où les Carsi sont accusés (...)


Sur le terrain dessiné dans le sable, avec d’un côté la marée montante et de l’autre les barbelés d’une villa comme lignes de touche, de jeunes garçons, et aussi des filles – pagne noué autour des seins en dispositif spécial amorti de la poitrine –, jonglent avec une balle dix fois rapiécée. Félins, ils la caressent et la martyrisent avec exigence et fantaisie. À deux pas de là, un rasta, debout sur un rocher rouge, chante face à la mer. Des écoliers révisent à l’ombre du baobab. Des rappeurs lézardent sous la coque d’une barque échouée et échangent des mots vifs avec les joueurs, mélange de verlan français, de soussou urbain et de pidgin english… ; aussi une cigarette d’herbe et quelques brisures de noix de coco. Corps à demi-nus luisants de sueur, réparties loufoques, rires cinglants. Bientôt les pêcheurs viendront effacer les traces de ce match avec l’étrave de leurs pirogues dégorgeant de poiscaille frétillante. Les porteurs chaparderont deux ou trois capitaines, une poignée de bongas dans leur caleçon, avant de les refiler en (...)



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