CQFD

SOS d’un canin en détresse


paru dans CQFD n°159 (novembre 2017), par l’équipe de CQFD, illustré par , illustré par
mis en ligne le 03/11/2017 - commentaires

On le sait : les appels à soutien, c’est triste comme un jour sans vin. Et par les temps qui courent, c’est un peu trop tous les jours. Si on en est réduit, contraint et forcé, à cette extrémité, ce n’est pas par plaisir de la jouer lacrymal. Mais parce qu’il y a danger mortel pour le Chien rouge. Car oui : CQFD ne va pas bien. Du tout.

Son pourtant très chiche modèle économique périclite dans les grandes largeurs. Pour plusieurs raisons. Il y a d’abord cet oukase jupitérien sur les emplois aidés qui nous affecte directement. On n’en abusait pourtant pas. Deux emplois en CUI-CAE (une maquettiste et un secrétaire de rédaction) pour un mensuel tel que le nôtre, ce n’est pas la mer à boire. Juste une manière de dédommager, pour 826 € par mois (même pas un Smic !), ceux qui se dévouent au quotidien pour le journal. Ces deux postes, synonymes de boulot de malade, sont difficilement conciliables avec un emploi alimentaire, à moins de s’infliger un burn-out mensuel. Mais voilà : Macron, ce Sarkozy ripoliné, a mis fin à notre combinazione de prolos de la presse indépendante en même temps qu’il a jeté des dizaines de milliers de personnes par la trappe à pauvreté. Bref, nous revoilà dans le dur !

Il y a aussi ce constat : nos ventes s’érodent tout doucement. Alors même que l’air du temps rend indispensables la critique et l’expérimentation sociales façon CQFD, on ne parvient pas à élargir notre base de lecteurs. Il faut dire que pointer le bout de son museau dans les (toujours moins nombreux) kiosques, parmi les gros mastodontes de la presse arrosés d’argent public, n’est pas exactement une sinécure.

Si la situation nous est si défavorable, c’est surtout parce que nous tenons mordicus à notre modèle anti-économique. Le plus indépendant possible. Pas de sub ni de pub, pas de patron ni d’affiliation à un quelconque groupe politique. Actuellement, la vente du journal, qu’il s’agisse d’un achat en kiosque, de la main à la main ou d’un abonnement, couvre le prix de l’impression et de la diffusion. Tout ce que vous ajoutez en soutien sert à financer un poste administratif à mi-temps et le loyer de notre local à Marseille. Sans le soutien, nous ne serions rien. Et à la rue.

Pourquoi sauver le Chien rouge ?

Drôle de question. Mais soit, faisons rapidement l’article. CQFD est l’un des seuls mensuels nationaux totalement indépendant. Et l’unique fabriqué à Marseille ! Depuis bientôt quinze ans que le journal a pris d’abordage les kiosques, il multiplie les reportages à travers le monde, la France et nos quartiers en donnant le plus possible la parole à celles et ceux qui ne l’ont jamais.

CQFD, c’est aussi des entretiens, des chroniques enflammées, des envolées photographiées ou dessinées. C’est surtout le suivi de luttes (zapatistes, kurdes, notre-dame-deslandistes, ouvrières, etc.) dont on parle si peu et si mal ailleurs. Et c’est enfin des dossiers thématiques pour creuser en profondeur certaines questions, pas forcément liées à l’actualité. Tout ça grâce à des dizaines de participants et participantes (rédacteurs, photographes, maquettistes, illustrateurs, relecteurs, vendeurs à la criée, plus ceux qui gèrent l’administratif et la compta) qui se dévouent bénévolement chaque mois, juste parce qu’ils y croient. Dur comme fer.

On a d’ailleurs plein de projets en tête : plus de reportages, des dossiers spéciaux (paysans, instrumentalisation de l’histoire, sports populaires, luttes sociales, drogues), un nouveau site, une nouvelle maquette, des nouvelles croquettes, une mutualisation de sur-diffusion avec l’asso Palimpseste, etc.

Et ça va faire quinze ans ! Quinze ans à bosser comme des ânes (et l’autre endive qui nous traite de « fainéants »...) pour lustrer le Chien rouge dans le sens du poil. Lui aiguiser les crocs. Le balader en ville pour mordre les mollets des cuistres. À force, nous finissons par faire partie du paysage. Comme si ça ne devait jamais changer. Sauf que l’histoire de CQFD n’a jamais été aussi proche de se terminer. Car oui, nous en sommes là ! Au train où vont les choses, le Chien rouge ne passera pas l’hiver. En janvier ou février 2018, il faudra fermer le local de la rue Consolat, mettre fin à l’aventure.

À moins que… Par Etienne Savoye. {JPEG}

Cette campagne de sauvetage, qui débute tout de suite, là, maintenant et avec vous, doit être grande et victorieuse ! Pour continuer à exister et faire des plans sur les comètes, nous avons, plus que jamais, besoin de votre soutien.

Il nous faut, au minimum, 1 000 abonnés supplémentaires pour nous maintenir sur notre frêle esquif. Alors, hardi, abonnez-vous et abonnez largement autour de vous ! Mais vous pouvez faire encore plus ! Faites connaître CQFD, donnez vos vieux numéros, affichez vos unes ou posters préférés, twittez à qui mieux-mieux, inondez les réseaux sociaux autant que les bistros, les radios, les squats ou les locaux associatifs… Vous pouvez aussi contacter Palimpseste (palimpseste.diffusion@gmail.org) pour diffuser vous-même CQFD et d’autres revues.

Et de notre côté ? On va continuer, tant que vogue la galère, à améliorer ce journal que nous partageons avec vous chaque mois. Nous n’allons quand même pas laisser les clébards fins de race de Valeurs actuelles et les caniches serviles de la presse mainstream occuper tous les trottoirs. Pas moyen.

Avec vous, le Chien rouge est une meute !

#CQFDvivra !



13 commentaire(s)
  • Le 6 novembre 2017 à 11h55, par Pat, de Perpignan -

    Très beau texte... Je n’avais pas encore lu votre prose, Je trouve ta-votre démarche digne et légitime et souhaiterais vous soutenir mais je suis, comment dire...moi-même dans une situation de merde, et donc à 20 euros près, puisque prise à la gorge par tous les créanciers imaginables... Si je pouvais vous faire genre 3 chèques ? Ce serait possible ??? Merci,

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  • Le 6 novembre 2017 à 11h57, par Pat, de Perpignan -

    J’ai reçu ta mail, avec les nouvelles sur CQFD, et c’est bien dommage, cette difficile situation. Qu’est ce que je peut faire pour vous soutenir ? Vous faites des abbonements en italie ? Ou sinon je peut faire une donation, mais je n’ais pas des grandes idees… On peut venir a chanter avec L’Anonima Coristi pour vous soutenir !

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  • Le 6 novembre 2017 à 12h12, par David -

    Merci à vous, Je me suis ré-abonné, j’ai abonné toute la chorale militante de Montpellier, J’ai abonné des amis perdus de vue, J’ai même réussi à abonner ma grand-mère. Longue vie à vous

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    • Le 6 novembre à 20h04, par Pat, de Perpignan -

      Et en plus, ya des alexandrins à l’intérieur ! OK, j’ai trouvé votre page FB : j’envoie. Bisous, Pat

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  • Le 7 novembre 2017 à 07h31 -

    Il est où le paiement en ligne ? Le chèque par la poste demande tellement plus d’effort et de temps que vous perdez d’un coup 20% des donateurs. (Pardon si je l’ai loupé merci de m’indiquer où il se trouve)

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  • Le 7 novembre 2017 à 09h26, par Jeannot -

    Ma belle Doche abonne un lieu pour réfugiés en Auvergne...youpi.

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  • Le 7 novembre 2017 à 22h17, par André Felder -

    Salut le Chien Rouge, Après avoir lâchement abandonné le bateau il y a trois mois, je me réabonne, car même si je ne suis pas toujours d’accord avec certaines interprétations, CQFD soulève malgré tout les vrais problèmes, c’est-à-dire de ceux que rencontrent les ’gens d’en bas’ - et d’autres qui ne veulent pas s’en rendre compte - tous les jours, et auxquels on va rogner de plus en plus (voir la Grèce, c’est pas très loin) ... Donc, pas question pour le kapitalisme & ses larbins (dans lesquels figurent tous les zélus qu’ils se proclament d’un bord ou de l’autre, ou de nulle part comme certains mais qui bouffent -bien- tous au même buffet, celui des nantis, pas celui devant lequel on danse, bien évidemment et que nous connaissons que trop pour certains ! En un mot : Ne laissons pas museler notre pensée. Pour ma part, je serais partant pour que vous instauriez un système (question de temps et de moyens peut-être ?) d’abonnement ’de combat’ au mois, à 10€ ou libre (mais fixé), ce qui nous permettrait de vous soutenir régulièrement et de vous permettre de paraître en fonction de votre trésorerie (pas forcément toujours régulièrement d’ailleurs), de réduire en conséquence les pages au besoin, etc. Que d’idées à creuser jetées là en pâture au canin en détresse ... Voilà ce qui me turlupinait ... Mon chèque est parti ce matin et je vous remercie par avance de bien vouloir faire partir mon réabonnement du numéro 157 (octobre) et donc de m’adresser les numéros 157 à 159, ce dont je vous remercie. Je ne doute pas que le chien rouge continuera encore longtemps à ronger son os, rien que pour emmerder ceux d’en haut ! [Et j’essaierais de vivre encore longtemps pour le voir !] Fraternellement, André

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  • Le 7 novembre 2017 à 22h50, par stef -

    trouvé l appel sur rebellyoninfo ; sur faut pas perdre cqfd. vais donc me réabonner et prier (si si y a aussi des croyants élevés a la satyre comme à l’ évangile) pour une longue vie à cqfd que je distribue et fais connaitre de ci de là depuis dix ans environ. et en plus, j’ habite pas très loin de Lourdes.

    Ensuite, ces derniers temps j’ ai trouvé que certaines thématiques manquaient d’ ouverture, de nuance, comme le dosssier sur l’ art de cet été-trop marqué sur le négatif pour moi. bon cette crtitique est également valable pour de nombreux journaux indépendants ou pas et aussi des mouvements.

    être tristouille, négatif trop fréquemment c’ est le bazar pour nous ( faut se r monter le moral après ) et pire...c ’est une arme pour le capitalisme qui se nourrit en niquant notre imaginaire, nos rêves

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  • Le 9 novembre 2017 à 12h44, par Rem* -

    Par hasard j’étais (en téléportation) à Marseille hier soir grâce au film J’IRAI JUSQU’A VOUS que présentait Rachid Oujdi à St-Nazaire... Et ce matin cet appel du chien marseillais que l’on aime !... Bon, j’suis vieux et fauché, j’vais voir à faire kèkchoz d’utile et beau, vive ce VRAI Marseille !

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  • Le 13 novembre 2017 à 13h36, par Christophe G. -

    Nos amis de la compagnie Dromolo ont aussi besoin de caillasse fraiche...hé les riches vous lisez jamais les commentaires ?

    https://www.helloasso.com/associations/la-compagnie-du-dromolo/collectes/les-dromolos-passent-un-cap

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    • Le 15 novembre à 13h29, par lilou -

      Des lecteurs perdus au fond de la la campagne ariégeoise font profiter du journal au facteur : "T’y es complètement c’est le facteur à dos d’ane qui nous porte le courrier..la route est tellement longue qu’il peut lire deux fois le CQFD durant le trajet !"

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