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Venezuela

« C’est une curieuse guerre où Maduro réarme sans cesse ses ennemis »


paru dans CQFD n°157 (septembre 2017), rubrique , par Mathieu Léonard, illustré par
mis en ligne le 11/09/2017 - commentaires

La crise politique qui met le Venezuela en ébullition depuis des mois est au cœur d’une guerre d’information et de propagande qui s’invite même, quoique à d’autres fins, dans le débat politique français. Au-delà des discours binaires, nous avons voulu prendre le risque de la complexité avec Fabrice Andreani, doctorant à Lyon-II, qui travaille sur la révolution bolivarienne.

Photo : © Oscar B. Castillo / Fractures Collective. {JPEG}

Ci-dessus : Caracas, 2013. Un couple de sans-abri dans son campement de fortune, le jour de l’élection présidentielle.

CQFD : En janvier 2016, dans CQFD, vous analysiez avec Marc Saint-Upéry les crises du Venezuela post-Chávez. Comment les choses ont-elles évolué ?

Fabrice Andreani : La victoire de la coalition d’opposition antichaviste de la Table de l’Unité démocratique (MUD) aux législatives de décembre 2015 avait signifié la perte par le parti au pouvoir, le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), et ses alliés de plus de 2 millions de voix, principalement en raison de l’abstention dans les barrios, les quartiers populaires, démobilisés depuis la mort de Chávez en 2013. Ce sur fond de généralisation des pénuries de biens régulés ou subventionnés et du recours au marché noir, et de taux d’inflation exponentiels. Mais aussi de brutalisation et d’extension inédites de la violence d’État. Celle-ci, après avoir décliné entre 1999 et 2008, s’est d’abord manifestée par le harcèlement judiciaire, policier et milicien des dissidents du PSUV (ouvriers syndicalistes, paysans, indigènes), avant de s’étendre aux étudiants et élus du MUD qui réclamaient le départ de Maduro entre février et mai 2014. Or elle a pris un visage autrement létal en 2015, à travers une chasse aussi illusoire que spectaculaire aux illégalismes populaires ordinaires – notamment la petite et moyenne contrebande –, soldée par des milliers d’expulsions de logements publics et plusieurs dizaines d’exécutions sommaires.

J’étais au Venezuela au printemps 2016, quand on a commencé à parler de crise humanitaire. À part des fruits et légumes locaux et du pain çà et là, l’achat de tout produit de base – farine, huile, lait, margarine, savon, couches, tampons, paracétamol, préservatifs… – implique alors de faire des queues interminables ou de payer au prix fort au revendeur du coin. L’émigration a gagné toutes les classes sociales. Les émeutes et pillages, qui avaient presque disparu sous Chávez, se sont banalisés, comme d’ailleurs les lynchages de voleurs ou supposés tels. Le tout dans un contexte où le taux d’homicide est cinquante fois plus élevé qu’en Europe et que 95% des crimes et délits sont irrésolus.

Parallèlement, la MUD a été privée de sa majorité des deux tiers à l’Assemblée nationale, qui augurait d’une quasi-cohabitation. Le Tribunal suprême de Justice, dont le mandat a été renouvelé avant la date légale par la majorité PSUV sortante, a en effet invalidé l’élection de députés indigènes sur des soupçons de fraude (à ce jour non avérée), puis cassé toutes les lois votées, dont l’entrée dans le pays d’une aide humanitaire, dénoncée comme un « cheval de Troie impérialiste »… Maduro a ensuite décrété un état d’exception et d’urgence économique. D’un côté, il a institué un réseau de comités de militants PSUV qui revendent directement les vivres acheminés par l’armée. De l’autre, il a lancé l’Arc minier de l’Orénoque, à savoir 12% du territoire voué à être exploité à ciel ouvert pour extraire des minerais (or, argent, diamant, bauxite, coltan, cobalt…), par une entreprise militaire liée à son entourage et par des multinationales chinoises, russes et nord-américaines – au mépris des droits vitaux des populations autochtones.

Suite à ces diverses irrégularités, la MUD a lancé une procédure pour révoquer Maduro par référendum – réclamée aussi par nombre de chavistes. Mais le Conseil national électoral (CNE) en a changé les règles plusieurs fois en cours de route. Avant de l’annuler in extremis, et ce après avoir suspendu au passage les élections régionales, mais aussi syndicales, où le PSUV ne tient plus les deux grandes industries, le pétrole et la sidérurgie. Donc, dès l’automne 2016, les manifestations convoquées par la MUD et les organisations étudiantes ont coexisté avec des protestations populaires intermittentes. Si bien qu’entre deux pas de salsa et des blagues sur sa « diète » à la télé, Maduro a dû écourter en catastrophe des inaugurations d’infrastructures dans des barrios – suivies d’arrestations et de condamnations. Depuis la fin du mois de mars, quand le Tribunal suprême a décidé de se substituer au Parlement et que Luisa Ortega, la procureure générale – chaviste – a dénoncé une rupture de l’ordre constitutionnel, la rue n’a pas désempli. D’autant moins que le 1er-Mai, après une trentaine de morts, des centaines d’arrestations et une série de peines d’inéligibilité contre des élus de la MUD, Maduro a sorti de son chapeau l’idée d’une Assemblée constituante toute-puissante. Contrairement à Chávez en 1999, il refuse de soumettre à référendum le mode d’élection taillé sur mesure pour le PSUV [1]. L’opposition a boycotté l’élection cette Constituante instituée en août dans des conditions plus que douteuses.

La procureure dissidente Luisa Ortega a depuis fui le pays, dénonçant la corruption de Maduro et consorts. De quelles forces politiques dispose concrètement le gouvernement ? Y a-t-il une autre opposition que la droite libérale ?

La première victoire de la Constituante a été de destituer la « traîtresse » Luisa Ortega, à la tête du ministère public depuis 2007. Trop connue pour finir avec une balle dans la tête à domicile, elle a été mise en garde par l’enlèvement de sa fille et sa petite-fille en février alors qu’elle était au Brésil. En faisant dissidence, elle est bien placée pour savoir ce qui lui pend au nez si rien ne bouge côté PSUV : au mieux, finir en voiture-balai du flanc gauche de la MUD ; au pire, croupir dans une prison militaire avec ceux dont elle ne s’est guère souciée les années précédentes [2]. Ou encore fuir, quitte à pouvoir être amenée, faute de protection suffisante, à balancer des noms à l’Agence Anti-Drogue américaine en échange de l’asile politique.

Or, elle a expliqué ne pas pouvoir rappeler les protestataires à la loi face à un pouvoir clamant « Qui n’est pas avec nous est terroriste » (dixit Maduro), et alors que les exactions sont devenues la norme [3]. Avant d’embarquer avec ses dossiers dans un go-fast pour rejoindre la Colombie puis le Brésil aux côtés de son mari et de collègues juristes également menacés, Ortega a affirmé que sur la grosse centaine de décès survenus depuis avril, environ 25% étaient dus aux forces de l’ordre, et 40% aux paramilitaires pro-gouvernementaux. À quoi s’ajoutent des morts aux causes plus confuses d’émeutiers et de badauds, ainsi que des assassinats de militants et de représentants chavistes, et de policiers et militaires [4].

Aujourd’hui, le madurisme repose fondamentalement sur les chefferies politico-militaires des administrations et des entreprises publiques, et sur des réseaux de trafics de devises, de contrebande et de drogues. À quoi il faut ajouter l’appui d’une clientèle de 10 à 15% du corps électoral, dont une minorité gère les miettes que le restant grappille à condition de rester dans le rang. La Constituante monocolore n’a en toute probabilité pas mobilisé plus de la moitié des 8 millions de votants annoncés – sur fond de chantage généralisé à l’emploi public et à l’aide alimentaire.

Face à la « trahison » d’Ortega et au fil des centaines de cas d’insubordination militaire, une partie du PSUV et de ses alliés espérait sans doute un signal venu des rangs supérieurs de l’armée, et vice versa. Mais nonobstant la dissidence de trois députés PSUV, l’appel à la rébellion d’un pilote d’hélicoptère au-dessus de Caracas en juillet, ou l’attaque civilo-militaire d’une caserne dans la ville populaire de Valencia en août, c’est le statu quo qui a prévalu. Qu’il s’agisse de la Plateforme en Défense de la Constitution, lancée mi-2016 par des ex-ministres, intellectuels et haut gradés, ou de Marea Socialista, rassemblement politique dissident du PSUV, aucun groupe chaviste anti-maduriste ne peut se prévaloir d’une base populaire significative. Le parti Socialisme et liberté, autonome depuis 2008 et ancré dans le monde syndical, a créé avec Marea et des collectifs de barrios une Plateforme du peuple en lutte et du chavisme critique. Mais il doit encore lutter contre l’idée, largement répandue à gauche, selon laquelle occuper la rue fait le jeu de la droite. Point sur lequel il rejoint les anarchistes proches du mensuel El Libertario.

La coalition d’opposition MUD gravite grosso modo au centre droit – ses partis allant de l’extrême gauche post-maoïste à la droite libérale-conservatrice, en passant par diverses formes de social-démocratie. Mais ces étiquettes passent généralement au second plan dans les mobilisations qui réunissent jusqu’à quelques centaines de milliers d’individus. Et qui dépassent le million à l’échelle de ce pays de 31 millions d’habitants lorsque s’y mêlent les étudiants, les salariés du privé, les personnels de santé et les enseignants. Comme face à tout État ou « bande d’hommes en armes » (comme dirait Engels) qui arnaque et maltraite dans une novlangue « socialiste », le discours « anticommuniste » – et ici, anticubain – est certes présent dans la rue, notamment chez les étudiants. Mais, plus au nom d’un libéralisme primordialement politique que d’un ultralibéralisme économique qui a toujours fait long feu dans ce pays pétrolier [5]. Il existe aussi du racisme – plus de classe que de race – dans les franges aisées de la MUD, mais il est trop minoritaire pour expliquer à lui seul la faible mobilisation de la base chaviste anti-maduriste. En réalité, la culture de la protestation de rue, toujours forte dans les barrios, y est contenue par les « informateurs sociaux » du PSUV et les paramilitaires. Cette même culture est en revanche totalement étrangère aux jeunes de classes moyennes qui ont soutenu la Révolution. En somme, derrière la critique confortable des cortèges de tête qualifiés de violents et droitiers – alors qu’éminemment pluriels –, la peur de la répression reste un grand moteur de dissuasion.

Certains observateurs avancent que la situation, comparable à celle du Chili en 1973, résulte d’une « guerre économique impérialiste ». Qu’en est-il selon vous ?

Le coup d’État d’avril 2002, puis le lock-out pétrolier et commercial l’hiver suivant, l’un et l’autre appuyés par les médias privés et les États-Unis mais défaits par une vaste contre-offensive populaire et militaire, forment la matrice originelle de l’analogie chilienne. Chávez voulait enrayer la privatisation rampante de l’entreprise pétrolière PDVSA et lancer une réforme agraire. Les gérants de PDVSA et le grand patronat ont alors misé à perte sur sa chute. D’où la décision de réinstaurer un contrôle des changes, pour parer la fuite de capitaux. Mais cela a généré, avec la complicité des hauts-fonctionnaires chavistes, un business hyper-rentable, via la falsification d’importations et la revente au marché noir des pétrodollars assignés par l’État pour les payer. Pour le plus grand bénéfice des patrons dans le giron du pouvoir, notamment ceux en charge des entreprises publiques ou sous-traitantes. Le secteur privé, forcé d’être plus scrupuleux sous peine de nationalisation, a intégré ce business plus tardivement. Sur la bagatelle de mille milliards de pétrodollars engrangés sur la période 2003-2013, un petit quart s’est évaporé avant même d’avoir été comptabilisé par l’État, et un autre gros quart s’est perdu dans l’assignation de devises…

Par ailleurs, tandis que le secteur pétrolier et les entreprises nationalisées (acier, ciment, électricité, etc.) tournaient au ralenti – entre manque d’entretien, scandales de corruption et grèves à répétition –, l’euphorie rentière était telle que l’État a continué de s’endetter pour financer nombre de grands projets : des satellites de TeleSur aux centaines de milliers de logements octroyés dans la dernière campagne de Chávez (2012), en passant par nombre d’infrastructures qui n’ont jamais vu le jour (lignes de métro et de train, ponts, etc.).

PDVSA a même contracté des dettes en nature auprès de la Chine – ce qui n’est viable que si le prix du pétrole reste élevé. Manque de chance, les cours du brut s’effondrent en 2014, faisant littéralement exploser l’écart entre taux de change officiels et officeux du dollar – écart qui assurait déjà des marges d’au moins 100% aux « agents de la guerre économique ».

Si la chute des cours du brut est en partie un effet de la croissance de la production de pétrole de schiste aux États-Unis, elle ne résulte d’aucun plan concerté… Pas plus que la fuite de capitaux, la pénurie et l’hyper-inflation, sans parler de l’évasion de millions de billets de 100 bolivars – de valeur quasi nulle et qui servent à fabriquer des faux dollars. Comme l’explique bien l’économiste marxiste Manuel Sutherland – limogé l’an passé de l’Université bolivarienne –, la Révolution bolivarienne a réussi à faire du trafic de devises «  le business le plus rentable de l’histoire du capitalisme », et tout le reste en découle. C’est une curieuse guerre , ajoute-t-il, où Maduro et consorts réarment sans cesse leurs ennemis qu’ils dénoncent depuis tant d’années. Le fait est qu’ils préfèrent payer rubis sur l’ongle une dette « odieuse », y compris auprès de Wall Street, plutôt que de la restructurer – sans doute moins par divergence avec le FMI que pour éviter tout audit qui dévoilerait l’identité des opérateurs de ce véritable casse du siècle. Or il aurait suffi d’économiser un petit dixième du pactole engrangé depuis 2003 pour payer plus de trois ans d’importations aux niveaux faramineux de 2012. Par ailleurs, le fait que des groupuscules maduristes prônent un néo-stakhanovisme agraire dans des communes isolées n’a que peu de prise sur l’activité du reste de la population, urbaine à 90% et pour moitié auto-salariée dans le secteur marchand informel.

Trump a récemment évoqué « une possible option militaire si nécessaire ». Est-ce crédible ?

Pas plus le Département d’État que le Pentagone ou la CIA ne prennent au sérieux la moindre déclaration de Trump sur l’international. Tous les dirigeants régionaux, alliés ou non, ont condamné ces propos. De même, le conseiller à la Sécurité nationale de la Maison Blanche, puis le vice-président. Ce qui inquiète, surtout à Bogotá et Brasilia, c’est plutôt la possibilité d’une guerre civile, avec à la clé un exode de population encore plus spectaculaire que l’actuel. Un scénario d’autant plus sombre qu’il correspondrait à une forme de libanisation du conflit, qui serait plus multi-bandes que binaire. Les (narco-)paramilitaires d’extrême droite démobilisés en Colombie et présents dans les Andes y auraient, à l’instar des pseudo-guérillas de gauche côté Llanos (Sud), tout autant de chance de se lier à des représentants de la MUD que du PSUV, pour des raisons pragmatiquement commerciales.

Note sur le photographe

Né à Caracas en 1981, Oscar B. Castillo est photographe et travaille sur les questions politiques et sociales. Son travail s’est ainsi focalisé sur la violence qui gangrène son pays depuis des années. « Un rêve en chute libre », c’est la façon dont il définit le dévoiement d’une expérience sociale importante, qui avaient les ressources potentielles pour se développer, en un état de dysfonctionnement permanent, où les ressources ont été gaspillées, l’expérience trahie et la volonté de changement s’est muée en démagogie et en autoritarisme, tandis que les leaders prétendument socialistes se transformaient en une élite intouchable et corrompue.


Notes


[1Dans ce système, les communes rurales de 10 000 âmes pèsent autant que des villes de 800 000 habitants, avec en prime un volet corporatif qui exclut plus de 5 millions de citoyens.

[2Comme le général Baduel, qui a soutenu Chávez contre le putsch de 2002, mais opposant à la réforme « socialiste » de la Constitution de 2007, passée via des décrets-lois. Ou encore le conservateur Leopoldo Lopez, qui a pris 13 ans ferme, jugé « responsable » de la quarantaine de morts survenues lors du mouvement de 2014.

[3Des lacrymos, Flash-Balls et plombs tirés à bout pourtant par les gendarmes, aux balles des paramilitaires à moto à leurs côtés, en passant par les procès devant les tribunaux militaires, les mutilations de détenus ou encore la traque des jeunes hommes dans les immeubles avoisinant des barricades.

[4Dont quelques cas, mis en avant et instrumentalisés par le régime, de chavistes lynchés ou brûlés vifs – sur fond de règlements de compte et/ou d’incitations d’agents en civil.

[5Les émeutes anti-FMI du Caracazo en 1989 en sont l’exemple type. La mémoire des milliers de morts de la répression a servi de porte-drapeau à l’entrée en scène de Chávez, lors de son putsch raté de 1992.



11 commentaire(s)
  • Le 13 septembre 2017 à 08h54, par Gérard Gomez -

    Bonjour,

    Abonné à CQFD depuis le début, je m’étonne du ton droitier des articles concernant le Venezuela.

    Afin de rétablir l’équilibre des débats, et pour une autre compréhension des événements je recommande l’article en 4 parties du journaliste Maurice Lemoine titré "La « guerre économique » pour les Nuls (et les journalistes)" publié sur le site "Mémoire des luttes" à partir du 11 août 2017 et repris sur le site "Le Grand Soir" à l’adresse https://www.legrandsoir.info/la-guerre-economique-pour-les-nuls-et-les-journalistes-32195.html.

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    • Le 13 septembre à 12h58, par Mimi mon colon -

      C’est parce que vous lisez mal ce journal, mais ça fait longtemps que CQFD est faux-nez gauchiste, qui cache en réalité des désinformateurs néo-cons. Le Grand soir, notre Pravda vénérée, a démasqué ces antifas du système qui usurpent les étiquettes « libertaires », « radicales », « anti-impérialistes » et « antifascistes » mais qui ne sont que des trolls sionistes. CQFD n’a jamais eu un mot gentil pour Poutine ni pour Bachar el Assad, pourquoi en aurait-il pour Maduro ?

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      • Le 22 septembre à 21h32, par Nikomouk -

        Si ton truc le grand soir a des mots gentils pour Poutine et Bachar ça ne m’étonne pas qu’il en ait pour Maduro. Il en a aussi pour le jeune Kim Jon Il ? Il doit en avoir aussi pour la dynastie Castro... Et aussi pour Sorel et consorts antisémites, comme tu apparentes l’être. Il en manque peu pour que t’en ai pour les national socialistes genre Hitler non ?

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    • Le 21 septembre à 05h00, par Emiliano -

      Ca y est ! Les chiens de garde staliniste aboient ! Il manquerait plus qu’ils mordent !

      Gégé, si décrire la triste réalité que nous vivons tous les vénézuéliens qui n’avons pas fui notre pays le plus objectivement possible est pour toi "avoir un ton droitier"...

      Ici nous tous qui avons cru aux belles paroles du "supremo", comme l’appellent quelques conards de profiteurs si ce n’est pas sarcastique dans les autres cas, nous sentons profondemment trahis et trompés, à part ces enculés de profiteurs qui ramassent les miettes du plus grand pillage de l’humanité (environ 500 000 000 000$ pour l’instant).

      Bilan la bouffe nous vient maintenant de Colombie, Brésil, etc à des prix forcément supérieurs sachant que le salaire minimum urbain local n’arrive pas à 20$ en comptant les tickets restau - contre 200$ en Colombie voisine ou la bouffe est moins cher. Nous avons aussi tous connu dans notre entourage des morts faute de médicaments. (Ce matin-même un ami d’un ami travaillant dans une clinique m’a raconté qu’un pédiatre de cette clinique était atteint d’run champignon dans les poumons. Impossible de trouver le médicament chez nous alors des collègues à lui sont allés en Colombie l’acheter. Seulement tous les bolivars qu’ils ont emmenés n’étaient pas suffisant. Ils sont reournés à San Cristobal chercher plus d’argent. De retour à Cucuta il était tard et la pharmacie était fermée. Le lendemain matin à l’aube ils sont retournés encore une fois à Cucuta et ont enfin acheter le médicament. De retour à San Crisobal le pédiatre était mort. Vive la révolution !!!)

      Au lieu de gaspiller de l’énergie nucléaire à lire Maurice Lemoine, Thierry Derrone, Ignacio Ramonet, Jacobo Rivero et autres qui profitent ou ont profité de nos ressources naturelles Viens chez nous voir de tes yeux et le vivre de tout ton être. Ensuite tu pourras parler Gégé. PS : CQFD a malheureusement aussi publié un article partiel et parcial (http://cqfd-journal.org/Bilan-Venezuela-irreversible#forum1761), comme ceux qui te plaisent tant, sur le Vénézuéla en plus des autres articles beaucoup plus proches de la réalité.

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  • Le 13 septembre 2017 à 18h39, par Silviane André -

    @Gérard Gomez "Ton droitier" ? Au contraire c’est une critique de gauche, anti-autoritaire dans la droite (sic) ligne du journal. En plus les arguments de Fabrice Andreani reposent sur les faits et non sur une idéologie binaire et campiste. Heureusement qu’il y a eu des révolutionnaires pour critiquer les régimes soviétiques par le passé, eux aussi on les accusait d’être droitiers. Mais on peut rien faire contre la gauche régressive, amoureuse des dictatures.

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    • Le 14 septembre à 08h48, par Gérard Gomez -

      Les anarchistes se félicitent de tout régime dont les priorités sont l’alimentation, le logement et la santé pour les personnes qui en sont démunies. Puisque vous ignorez l’article de Maurice Lemoine, je vous en offre les premières lignes de la partie 1 pour vous allécher :

      "Le 18 janvier 2013, alors que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (en anglais FAO) vient de publier son rapport annuel [1], son ambassadeur Marcelo Resende de Souza visite au Venezuela un marché de Valencia (Etat de Carabobo), accompagné du vice-président de l’époque Nicolás Maduro. « Nous possédons toutes les données sur la faim dans le monde, déclare-t-il. Huit cents millions de personnes ont faim ; 49 millions en Amérique latine et dans la Caraïbe, mais aucune au Venezuela parce qu’ici la sécurité alimentaire est assurée. » Etrangement, quatre mois à peine se sont écoulés que, la maladie ayant emporté Hugo Chávez et son ex-vice-président venant d’être élu chef de l’Etat, le quotidien (et porte-parole officieux des multinationales espagnoles) El País entonne une toute autre chanson : « Le désapprovisionnement accule Maduro »... "

      Les personnes intéressées par la suite peuvent cliquer : https://www.legrandsoir.info/la-guerre-economique-pour-les-nuls-et-les-journalistes-32195.html

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      • Le 16 septembre à 16h51, par Fabrice Andréani -

        Bonjour,

        Nul n’ignore ici l’article, ou plutôt la série d’articles, de Maurice Lemoine sur le thème de la "guerre économique", publiée sur la plate-forme Mémoire des Luttes (et relayée par LGS) : pas plus Mathieu qui m’a interviewé, que moi-même — d’autant moins que je suis régulièrement ce qui se dit du Venezuela dans les médias identifiés à gauche en Europe (et aux USA), et en particulier en France, depuis pratiquement une dizaine d’années. D’ailleurs, il faut rendre à César : comme pour beaucoup d’autres français et même européens ou nord-américains (tels l’illustre nouveau député de notre circonscription commune avec la rédaction de CQFD), mon propre intérêt initial pour le Venezuela doit énormément aux travaux de Lemoine au moment et dans la foulée des (contre-) coup d’État d’avril 2002 et lock-out de l’hiver 2002-2003 — puis du référendum révocatoire gagné par Chavez en 2004 (qui ne s’est pas défilé comme Maduro l’année dernière sur des arguments juridiques fallacieux). En revanche, à l’examen et au fil des années et de la consolidation du chavisme au sein de l’État vénézuélien (et a fortiori de la prétention maduriste redoublée de dilution de celui-là dans celui-ci après la mort du "Commandant inter-galactique"), j’ai de très bonnes raisons, comme énormément d’amis — et chavistes — sur place ou immigrés, de n’accorder que peu de crédit à la thèse, de facture gouvernementale, de la "guerre économique" — pas plus qu’à celle d’une présence massive et hégémonique, dans les rangs protestataires, d’escadrons violents d’extrême-droite plus ou moins téléguidés depuis la Colombie ou les USA. Bien à vous,

        Fabrice A.

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        • Le 21 septembre à 06h15, par Emiliano -

          Merci l’ami pour ce beau boulot ! Enfin un article que ne dit pas de la merde -contrairement à celui Jacobo Rivero par exemple. Déjà votre précédent article à Saint-Upéry et toi était remarcable pour sa description de mon pays. (Je me rappelle l’attaque virulente des chiens de garde stalino-chavistes à l’image de celes plus phisiques des mal dénommés "colectivos" criollos !)

          Chavez, comme Bush, l’a dit texto : "ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi". Ici oppositeur est donc celui qui n’appuie pas le gouvernement dans son pillage quotidien du pays. Tous les vénézuéliens, mise à part ceux de l’oligarchie (la minorité chaviste au pouvoir) et leurs clébars, sommes profondément blessés, affligés de tout ce que subit à notre société. ça nous déchirent le coeur de voir nos familles éclatées par les meutres, les maladies qui auraient pû être soignées et l’exode en vue d’une vie décente. Une écrivaine l’exprime beaucoup mieux que moi dans un article : http://prodavinci.com/2017/07/25/actualidad/el-pais-como-herida-por-ana-teresa-torres/.

          Mais ici nous savons tous qu’il n’y a jamais pénurie d’une chose , contrairement à la nourriture, aux médicaments, au gas pour cuisiner, à lélectricité,et même à l’essence, ce sont les balles ! (De drogues et d’alcool non plus d’ailleurs !) Celles en plomd frappées CAVIM -l’entreprise publique qui fournit l’armée et autres forces de répression et qui eux les revendent aux traficants ! Voilà LA raison pour laquelle nous le pensons avant d’aller manifester notre mécontentement.

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      • Le 16 septembre à 17h09, par SA -

        Tout va très bien, monsieur le président Maduro. C’est vrai que Maduro a plein de ressorts géniaux pour tirer les Venezueliens hors de la crise actuelle. Confronté à une crise alimentaire et économique sans précédent, le Venezuela semble déterminé à combler ses carences. Le gouvernement, sous l’impulsion du président Maduro, a annoncé, mercredi, la mise en place, dès le 4 octobre prochain, d’un nouveau plan d’agriculture urbaine. Dans ce cadre figure notamment le « plan lapin » afin de développer l’élevage du rongeur, et inciter les habitants à en manger. « Il y a un problème culturel parce qu’on nous a appris que les lapins étaient des animaux mignons », a déploré cette semaine le ministre de l’Agriculture, Freddy Bernal, lors d’une émission télévisée. « Un lapin n’est pas un animal de compagnie. C’est deux kilos et demi de viande riche en protéines, sans cholestérol. » La consommation de lapin est courante en Europe, et, dans une moindre mesure aux États-Unis. Leur apport en protéines est même plus important que les porcs et les bovins, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Mais l’élevage du petit animal serait difficile à mettre en place au Venezuela, explique l’agence Reuters. La pénurie, le contrôle strict des prix et de la monnaie constituerait un obstacle pour l’industrie du lapin, qui peinerait à se procurer du matériel pour l’élevage, du fil à la nourriture en passant par les cages. (AFP/Reuters, 14/09/2017)

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      • Le 21 septembre à 05h35, par Emiliano -

        J’allais oublié le meilleur site d’infos existant sur le Vénézuéla :

        http://www.elchiguirebipolar.net/

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      • Le 21 septembre à 06h34, par Emiliano -

        C’est plutôt facil de jeter la faute à une supposée guerre véconomique. Combien même elle aurait lui celà démontrerait qu’ils ne sont qu’une bande de bons à rien s’ils sont incapable d’empêcher ce qui nous arrivent :

        http://elestimulo.com/climax/morir-una-dos-y-tres-veces-de-hambre/

        Lis un peu ça Gégé plutôt.

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Par Mathieu Léonard


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