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Brèves du 91


paru dans CQFD n°91 (juillet-août 2011), rubrique , par l’équipe de CQFD
mis en ligne le 19/08/2011 - commentaires

Couverture sociale > Le 9 juin 2011, James R. Verone a sollicité une banque de la ville de Gaston, en Caroline du Sud. Après avoir annoncé qu’il était armé, il a exigé qu’on lui donne un dollar, puis s’est assis en attendant la police. Après dix-sept ans passés comme livreur chez Coca-Cola, d’où il a été licencié, il a surtout besoin de soins : il souffre de maux de dos, d’arthrite et d’un syndrome du canal carpien. Son petit boulot dans une épicerie du coin ne lui permet pas de se les offrir. Immédiatement incarcéré, il devrait être condamné à une peine inférieure à trois ans de prison : le temps, espère-t-il, d’être soigné. Depuis la réforme de la Sécu d’Obama, le non-paiement des thérapies est enfin accessible à tous.

Pas qu’en Grèce > Le 30 juin, les fonctionnaires anglais manifestent en masse. L’âge de la retraite passant à 66 ans comme dans le secteur privé, 20 % de coupes budgétaires et le licenciement programmé de 400 000 d’entre eux leur donne l’impression de payer les dégâts d’une crise provoquée par les banquiers. Leur syndicat, fort de plus d’un million de membres, menace le gouvernement d’arrêts de travail à répétition et évoque la grande grève de 1926, qui avait duré huit mois. Après les émeutes de l’automne 2010 et de mars 2011, le retour de l’agitation dans ce pays massacré devrait donner l’occasion au vice-premier ministre Nick Clegg de sortir sa cagoule, en bon libertaire – et libéral – qu’il affirme être.

Pas très sport > 5 juillet 2011, Annecy est privée de JO ! Avec sept voix contre soixante-trois pour Pyeongchang – Corée du Sud –, Annecy a pris une « douche très très froide », selon Guy Drut, membre du Comité international olympique. Un beau succès pour notre confrère Le Postillon, journal de contre-information basé à Grenoble et sa cuvette, dont la campagne de dénigrement a visiblement porté ses fruits. Félicitations, camarades !

Sévère mais juste > Le 16 juin, une nouvelle loi anti-bonneteau est entrée en vigueur dans le canton de Genève. Ce jeu de rue qui consiste à faire croire au quidam qu’il pourra facilement localiser un objet dissimulé sous de petites boîtes manipulées avec dextérité, est dorénavant interdit sur le domaine public, ainsi que tout autre jeu d’argent. La police a d’ores et déjà opéré de somptueux coups de filet dans le milieu des bonimenteurs, presque tous originaires de Macédoine, Moldavie, Serbie et Roumanie. La rigueur de la loi s’étendra-t-elle aussi aux agents de change, spéculateurs et autres financiers, qui sont légions sous ces latitudes et sont connus pour faire tourner l’argent à grande vitesse, masquant avec adresse leurs profits et falsifiant prestement leurs bilans ?

Peaux-rouges > Le 7 juillet, des obstacles ingénieusement déposés sur les voies contraignent un TER à s’arrêter à la hauteur de la cité du Ruisseau Mirabeau, dans le xve arrondissement de Marseille. Aux dires des témoins, une vingtaine d’assaillants masqués se précipitent vers un train de marchandises bloqué à son tour par le premier convoi. Ouverture des wagons, évaporation des marchandises et retrait en bon ordre des outlaws. Les syndicats de police protestent vigoureusement et réclament une augmentation d’effectifs afin de mettre fin au plus tôt à ce genre d’actes répréhensibles. Ils risqueraient de nourrir, dans les bars, des conversations pleines de tendresse à l’égard de cette belle jeunesse qui a su conserver la tradition et, aussi, du respect pour les anciens.

Mono-mépris > Pour six melons et trois laitues ramassés dans un conteneur à ordures, Kader, ré-assortisseur de rayons à Monoprix, est mis à pied le 4 juillet. Arrivé à Marseille en 1974, ce père de six enfants, aujourd’hui à deux ans de la retraite, a les bras qui lui en tombent. Depuis, il passe ses journées au café, il a honte, il ne veut pas que sa femme sache. La direction va-t-elle le licencier pour cette faute gravissime ? Samira, déléguée CGT, n’est pas optimiste : « Monsieur Kader est un ouvrier à l’ancienne, il dit toujours oui, il baisse les yeux, mais les chefs veulent faire un exemple : en septembre 2010, il a fait un jour de grève en solidarité avec les caissières en lutte. On le punit pour ça, pour faire peur aux autres. » « Acharnement moyenâgeux », clame un tract distribué aux clients. Craignant la mauvaise publicité, Monoprix se contentera finalement d’un blâme.



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