CQFD

Papier d’Arménie

Une histoire de tordus


paru dans CQFD n°150 (janvier 2017), par Kostik et Vanush, illustré par
mis en ligne le 30/01/2017 - commentaires

Juillet dernier, Erevan, capitale de l’Arménie. Une « bande de Tordus », aux allures de vieux soldats dépareillés, prend d’assaut la plus importante caserne de police du pays et tient un siège de quinze jours. Un épisode éclipsé dans nos médias par l’actualité du massacre niçois et du coup d’État en Turquie. Qui étaient ces « Tordus du Sassoun » (Sasna Tzrer) ? Que voulaient-ils ? Pourquoi des milliers de personnes sont-elles venues les soutenir quotidiennement dans la rue ? Simple poussée nationaliste ? En voyage dans cette ex-république soviétique du Caucase au moment de la reddition des « Tordus », des correspondants de CQFD pour l’occasion ont pu approcher d’un peu plus près la réalité compliquée qui ronge l’Arménie actuelle.

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Par Maïda Chavak

Erevan, peuplée d’un million d’habitants, nous révèle en ce début du mois d’août ses contrastes urbanistiques par couches successives : vestiges de l’empire soviétique comme sur les panneaux d’indication encore en russe ; architecture brejnevienne de l’habitat collectif souvent retapé avec les moyens du bord et un goût à en faire défaillir un urbaniste français ; véhicules d’une autre époque comme la « Jigouli », modèle de voiture Lada des années 1970, pépites anciennes héritées de l’architecture persane et russe, etc. Aux bâtiments administratifs de style stalinien se mêlent les signes d’une occidentalisation pressée par le commerce et la gentrification.

Sur la terrasse d’un des nombreux cafés du centre-ville, nous retrouvons Yeva, jeune trentenaire, traductrice et prof de français. Contrairement à la très grande majorité des femmes en Arménie, Yeva n’est pas mariée et ne semble pas vouloir l’être, ne vit pas chez ses parents, a une vie amoureuse et subvient à ses besoins, même si ce n’est pas évident tous les jours. La société conservatrice arménienne ne s’oppose pas à ce que les femmes travaillent ni à ce qu’elles sortent, boivent et s’habillent à la dernière mode, en revanche elle voit d’un mauvais œil qu’elles aient des rapports sexuels hors du mariage ou qu’elles vivent seules. Cette soirée du 1er août se déroule dans un climat un peu spécial, car la nuit précédente les Tordus du Sassoun (Sasna Tzrer) se sont rendus aux autorités après avoir occupé la plus importante caserne de police de la capitale durant 15 jours. Le père de Yeva est un opposant au gouvernement et un ancien combattant du Haut-Karabagh [1]. Il faisait partie de ce commando et a été arrêté.

Le dénouement de ce siège marque aussi la fin du mouvement populaire qui a apporté son soutien à ces Tordus. En effet, cette équipée, composée principalement d’anciens « héros » de la guerre du Haut-Karabagh, a entraîné dès le début l’adhésion d’une partie de la population d’Erevan qui chaque jour se rassemblait autour du bâtiment occupé pour le protéger d’un éventuel assaut de la police. Bien que Yeva ait participé activement à ces manifestations, elle critique assez vertement le mode d’action des Tordus : « Je n’ai rien contre le fait par les armes, mais l’improvisation flagrante du coup me laisse un goût d’absurde et d’inutile. Ils se sont engagés sans provisions pour un siège d’une durée indéfinie. Ils n’ont pas non plus prévu de laisser certains d’entre eux dehors pour relayer leurs revendications. » Lesquelles portent, d’une part, sur la libération de Jirair Sefilian, leader du Front de salut public de la nouvelle Arménie et vétéran de la guerre du Karabagh, farouche opposant du gouvernement arménien, et, d’autre part, sur la démission de l’actuel président Serj Sarkissian, lié à l’oligarchie « qui porte le pays à sa ruine ». Sarkissian est accusé de ne pas avoir su tenir la défense de l’enclave du Haut-Karabagh, en avril dernier, lors d’une guerre de 4 jours qui fera une centaine de morts du côté arménien et entraînera la perte d’une partie du territoire. « Pour la majorité des Arméniens, ces territoires ont une grande valeur historique et symbolique, poursuit Yeva, car ils sont à l’initiative du mouvement d’indépendance de l’Arménie avant même le début de la Perestroïka. C’est un mouvement du peuple qui se battait non seulement pour l’indépendance mais aussi contre l’armée et le blocus économique menés par l’Azerbaïdjan. Et aussi contre les conséquences du tremblement de terre de Gumri, qui avait entraîné une pénurie électrique nationale, un exode massif et la destruction de nombreux logements. » Pourtant, Yeva n’a pas l’âme d’une nationaliste et ne rêve pas de la « Grande Arménie » mythique, telle qu’elle aurait existé en 190 av JC. Elle n’apprécie pas non plus le discours militariste de Sefilian qui est actuellement emprisonné pour avoir appelé à renverser le gouvernement par la violence : « Je voyais dans ce mouvement la possibilité d’exprimer un ras-le-bol vis-à-vis du pouvoir corrompu et de développer une critique hors du jeu politique parlementaire habituel. » Les Tordus publiaient leurs communiqués via Facebook : « Nous faisons ça pour vous. Descendez dans la rue ! Nous demandons la libération de tous les prisonniers politiques […]. Rejoignez-nous ! » Depuis la guerre de quatre jours et les révélations sur la rétrocession des territoires à l’Azerbaïdjan en contrepartie d’une indépendance plus que floue, la tension populaire n’a cessé de croître. « Les Tordus ont cru que leur action pourrait déclencher une insurrection », explique Yeva. Quand nous lui demandons pourquoi celle-ci n’a pas eu lieu, Yeva répète : « C’est leur manque de préparation. Les membres du commando sont certes d’anciens combattants et des figures reconnues par tous mais ils avaient embarqué avec eux des jeunes inexpérimentés, leurs fils, leurs neveux et surtout ils n’avançaient rien dans leurs idées qui puisse faire face à la coercition du pouvoir, des médias et des forces armées. » Elle précise : « Nous avons vu débarquer les tenants de l’opposition officielle qui ont voulu récupérer le mouvement. Or, cette opposition est tout autant responsable de la situation économique et sociale calamiteuse du pays pour avoir tenu les rênes pendant pas mal d’années. Nous n’avons pas su nous opposer à leur présence et leur discours opportuniste, d’autant que nous devions aussi affronter la répression et la propagande gouvernementale qui nous accusait d’être des “terroristes”. » Comme nombre de gens de sa génération qui n’ont connu depuis l’indépendance que la guerre et la corruption, Yeva se sent à l’étroit en Arménie et projette de partir au Canada.

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Une Arménie au ralenti
Sortis d’Erevan, nous découvrons les richesses patrimoniales de l’Arménie, principalement à travers ses édifices religieux. L’Arménie est une terre chrétienne apostolique orthodoxe dont le chef spirituel, le Catholicos, est parmi les personnalités les plus corrompues du pays. Si Erevan correspond peu ou prou à l’idée qu’un Occidental peut se faire d’une ex-capitale de l’URSS passée à l’économie de marché en vingt ans, ce que nous voyons sur notre route nous projette dans un monde rural encore vivace mais bloqué à l’ère soviétique. La venue récente du pape François a certes accéléré la rénovation d’une partie d’autoroute jusqu’à l’un des monastères les plus proches de la capitale, mais le reste du réseau routier est très mal entretenu. À tel point qu’il faut parfois deux heures pour parcourir trente malheureux kilomètres, sans croiser autre chose que quelques vieux camions KamAZ chargés de foin à ras bord et prêts à basculer, ou des troupeaux de vaches et de moutons. La lenteur des déplacements permet d’apprécier les paysages montagneux, steppiques, les rares usines souvent abandonnées où paissent les bestiaux, les chantiers immobiliers comme figés depuis l’indépendance. À l’approche des villes et des villages, des étals proposent des fruits, abondants en Arménie (pastèques, abricots, pêches…) du vin, des gnôles. Au bord du lac Sevan, sorte de mer intérieure et haut lieu de villégiature des Arméniens, des gens sur le bord de la route écartent largement les bras, indiquant aux touristes la taille des poissons qu’ils proposent en grillades. Sur les murets des maisons ou sous forme de pyramides élevées sur les trottoirs sèchent les galettes de fumier qui serviront de combustible pour les poêles, car le bois est rare et le gaz n’est pas à la portée de toutes les bourses même si Gazprom diffuse son produit à travers tout le pays et détient 100% du marché. Si certains villages conservent une organisation rurale autour d’un cours d’eau, de potagers, de vergers et d’élevages, d’autres semblent sinistrés et à l’activité plus que réduite, à l’instar de Gagarin, petite ville construite en 1955, baptisée ainsi en l’honneur du célèbre cosmonaute. Après avoir croisé un buste de Staline dominant le cimetière de la bourgade d’Aragyugh, nous faisons route vers le mont Aragats avant de rentrer à Erevan. Dans les contreforts de l’Aragats nous apercevons des campements de Yézidis. Ce peuple de bergers nomades originaire du Kurdistan irakien actuel est la plus importante minorité du pays et connaît de plus en plus de difficultés à se déplacer. La fin de l’Union soviétique a marqué le démantèlement des terres collectivisées sur lesquelles ils pouvaient transhumer. La dislocation de l’URSS n’a pas non plus épargné l’observatoire d’astrophysique de Byurakan sur le versant sud de l’Aragats. Autrefois haut lieu de recherche astronomique de renom international, il est aujourd’hui au ralenti, comme tous les secteurs de la recherche, de la pensée et du bien commun en Arménie.

Élites corrompues, population paupérisée
C’est de cet abandon généralisé dont il est question avec Vahan, 52 ans, écrivain et rédacteur en chef du journal littéraire Inknagir. Il nous raconte : « En 1988, quand le conseil régional de la République autonome du Haut-Karabagh a commencé à demander son union à l’Arménie, s’en est suivi un refus catégorique du parti communiste et le massacre de la population arménienne dans la ville de Sumgayit en Azerbaïdjan. Des millions de personnes se sont soulevées en scandant “On lutte ! On lutte ! Jusqu’à la fin !”. À l’époque, j’avais 24 ans et je soutenais ce mouvement qui dans un premier temps n’était pas antisoviétique. Lorsque le Bloc a commencé à s’effriter, j’ai suivi, comme beaucoup, les leaders du mouvement pour le Karabagh qui avaient créé le Mouvement Nouvelle Arménie (MNA) et adopté une idéologie libérale et indépendantiste. Mais très rapidement nous avons vu que ces types avaient pour seule ambition de se partager une partie du gâteau de l’empire soviétique. Le MNA s’est emparé des institutions d’une façon autoritaire. Ceux qui y faisaient obstacle le payaient de leur vie. En 1995, il a frauduleusement fait voter une constitution “monarchique”, selon laquelle toutes les institutions du pouvoir passaient aux mains du président. Par la suite, il est devenu impossible de changer de pouvoir dans le cadre d’élections, celles-ci étant systématiquement truquées. Ayant renforcé son pouvoir, le MNA a mis en œuvre sa politique libérale, en privatisant – et s’appropriant au passage – les magasins, les bibliothèques publiques, les cinémas et les théâtres, les écoles, les usines. À cette époque-là, environ mille usines ont été privatisées. Les machines de l’époque soviétique ont été découpées et vendues à l’étranger au prix du fer. Les cercles proches du pouvoir s’enrichissaient, en même temps que la population s’appauvrissait et prenait l’exil. » Pendant les six premières années de la République, 20% de la population a émigré. Aujourd’hui environ 30% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Vahan, comme Yeva, a participé au mouvement déclenché par les « Tordus ». Il revient plus en détail sur la question du Karabagh qui pour lui est fondamentale : « À l’issue du référendum du 10 décembre 1991, le Haut-Karabagh ainsi que la région de Shahumyan, majoritairement peuplée d’Arméniens, ont été déclarés indépendants. Mais après la chute de l’Union soviétique, l’Azerbaïdjan et l’Arménie se sont retrouvés face à face, et l’Azerbaïdjan, sûr d’être en mesure de détruire la petite république du Karabagh, l’a attaquée. Le blocus mis en place par l’Azerbaïdjan et par son alliée la Turquie ainsi que l’avidité des gens au pouvoir ont entraîné une profonde crise économique en Arménie. Sur le front militaire, les défaites se sont succédé. La région de Shahumyan s’est dépeuplée, peu après les Azéris ont envahi la région de Martakert. Le parti au pouvoir a été fortement ébranlé sous la pression des vagues de protestations populaires. En quelques mois l’Arménie et le Karabagh ont réussi à passer de la défense à la contre-attaque et à reprendre non seulement la majeure partie des territoires du Karabagh, mais aussi sept régions azéries. » En 1994, un cessez-le-feu est signé. Néanmoins, le gouvernement n’a pas voulu reconnaître officiellement l’indépendance du Karabagh et la situation fait depuis l’objet de négociations au sein du groupe de Minsk, co-présidé par la Russie, la France et les États-Unis.

À propos de l’épisode des « Tordus », Vahan raconte : « La défaite lors de la guerre du mois d’avril dernier a révélé que l’armée n’était pas bien équipée. Une nouvelle vague de colère a gagné la société tout entière. Nous avons compris : les dirigeants s’enrichissent au détriment de notre défense. La majorité des Arméniens craint que l’instabilité du pays n’aboutisse à une nouvelle invasion de la part de l’Azerbaïdjan. Si la sécurité du Karabagh et de l’Arménie n’est pas assurée, alors on est en droit de renverser le pouvoir. Mais comment se révolter ? Tous les partis politiques sont sous contrôle du pouvoir et de l’oligarchie. La seule force qui échappait à ce contrôle, c’était le mouvement de Jirayr Sefilian. Ce sont donc 31 personnes armées issues du mouvement de ce leader incarcéré qui ont composé le groupe des preneurs d’otages, empruntant le nom d’une célèbre épopée arménienne “les Tordus du Sassoun”. C’est seulement au cinquième jour des émeutes que le président est apparu sur les écrans ordonnant aux forces de sécurité de mettre fin à la crise, sans un mot pour le peuple. » Dégoûté par le gâchis de cette tentative de soulèvement, Vahan tente aujourd’hui dans ses articles sur le Net de développer une alternative de gauche : « Il s’avère que dans cette ambiance de pillage, d’avidité, de concurrence et de corruption sont apparus des gens pour lesquels l’objectif principal n’était pas l’intérêt personnel, ni les biens matériels, ni le bien-être de la famille, et qu’ils avaient quelque chose de plus cher que leur vie : la justice. C’est ce qui a provoqué cette sympathie à leur égard, ce qui a poussé les acteurs et les chanteurs à prendre la parole sur les places pour défendre des Tordus, ce pourquoi, enfin, plusieurs jeunes se sont lancés de nouveau dans la lutte malgré les violences des autorités. Mais les Tordus du Sassoun ne nous laissent qu’un sentiment d’admiration mêlée d’amertume. Ils n’ont pas proposé d’alternative à ces 25 ans d’usurpation de l’indépendance. Dans une telle impasse, on n’acquiert pas de nouvelle vision si l’on ne fait qu’exiger la démission du président. »

Six mois plus tard, les 31 Tordus sont toujours en détention et attendent leur procès, de même que de nombreux sympathisants arrêtés lors des manifestations. Tandis que le pouvoir se prépare à truquer les prochaines élections.

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Par Maïda Chavak

Les Tordus du Sassoun

Les « Tordus du Sassoun » sont les personnages d’une épopée populaire arménienne qui s’est transmise oralement depuis le Xe siècle de notre ère, principalement en Anatolie orientale et au sud du Caucase. Le récit met en scène quatre générations de héros téméraires et indépendants, symboles de liberté, de force et de résistance face aux invasions ennemies dans le contexte d’occupation arabe de l’Arménie entre le VIIe et le XIV e siècle. David de Sassoun, le plus illustre d’entre eux, ou bien son père Mher « le déchireur de lion », entourés d’une galerie de « tordus » (« Vergo le foireux », « Jean-la-grosse-voix »…) n’écoutent que leur fougue – jamais leur raison – pour défendre leur peuple.

Chronologie

1915-1916 : Génocide du peuple arménien commandité par le gouvernement des Jeunes-Turcs. Les historiens retiennent le chiffre de 1,2 million de civils tués. L’État arménien parle de 1,5 million de morts.
Mai 1918 : Batailles de Sardarapat, Karakilisa et Aparan (défaites ottomanes).
28 mai 1918 : Proclamation de la Première République d’Arménie.
1920 : Proclamation de la République socialiste soviétique d’Arménie peu après celle de la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan.
1921 : Les provinces du Haut-Karabagh et du Nakhitchevan sont attribuées à l’Azerbaïdjan.
1988 : Manifestation au Karabagh et en Arménie pour le rattachement de cette province à l’Arménie. Pogroms anti-arméniens dans la région de Bakou. Tremblement de terre au nord de l’Arménie (près de 100 000 morts dans la région de Gumri et Spitak). Charles Aznavour écrit une chanson.
1989 : L’Azerbaïdjan impose un blocus économique à l’Arménie.
1990 : L’Armée rouge tente de rétablir le calme dans la région.
1991 : Effondrement de l’URSS, l’Arménie proclame son indépendance. Levon Ter-Petrossyan est le premier président de la nouvelle république.
Décembre 1991 : Le Karabagh revendique son indépendance par rapport à la nouvelle nation azérie par voie de référendum.
Fin 1991-mai 1994 : guerre du Haut-Karabagh. Années dites « noires » en Arménie.
1994 : Signature du cessez-le-feu entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie.
1998 : Démission du président Ter-Petrossyan. Robert Kocharyan lui succède.
1999 : Fusillade au Parlement arménien. Le Premier ministre Vazgen Sargsyan est tué, avec 7 autres personnalités politiques.
2008 : Serj Sarkissian est élu troisième président de l’Arménie. L’opposition, menée par l’ex-président Ter-Petrossyan dénonce des fraudes massives. Manifestations populaires durement réprimées (10 morts).
2015 : Nouvelle constitution ratifiée par référendum (passage d’un régime présidentiel à un régime parlementaire).
Avril 2016 : Guerre des quatre jours au Karabagh.


Notes


[1Le Haut-Karabagh, ou Artsakh, est une république indépendante autoproclamée de Transcaucasie, peuplée à 80 % d’Arméniens, qui s’est séparée de la République socialiste soviétique d’Azerbaïdjan depuis la dislocation de l’URSS en 1991 et lutte pour son rattachement à l’Arménie.



1 commentaire(s)
  • Le 2 février 2017 à 13h45, par Pénélope -

    Et ce vendredi il y a Apéro de sortie avec belles prises de paroles à Erevan ou à Marseille ?

    Répondre à ce message

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Par Kostik et Vanush


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