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My name is…


paru dans CQFD n°86 (février 2011), rubrique , par Daniel Gaillard
mis en ligne le 11/04/2011 - commentaires

Bauer, Alain Bauer, a pu accompagner à sa manière la dérive sécuritaire au PS. Membre du parti depuis l’âge de 15 ans, adhérent de l’UNEF et de la MNEF, proche de Manuel Valls, il cumule ses fonctions de conseiller du prince sarkozyste avec des amitiés soutenues auprès de Christophe Caresche, autre entrepreneur de sécurité socialiste très impliqué dans le plan Mille Caméras de la ville de Paris. Criminologue de formation, Bauer a effectué un stage des plus formateurs dans les années 1990 à la Science Application International Corporation, une société militaire privée qui a ses entrées au Pentagone. Gourmand de nature, il a su manger aux râteliers du public comme du privé, avec sa propre boîte (AB Associates, dont il quitte la direction en juillet 2010) qui prodigue du conseil en sécurité auprès de nombreuses collectivités locales. Cet ancien rocardien, devenu président de l’Observatoire national de la délinquance créé sur mesure par Sarko, a enseigné ses préceptes du tout-répressif dans une myriade d’écoles de flics et de magistrats jusqu’en Chine.

Il a coécrit plusieurs bouquins avec Xavier Raufer, triste plumitif (euphémisme) qui a fait ses classes au sein de l’ultra-droite des années 1960-1970. En 2002, dans La Guerre ne fait que commencer, par exemple, les deux loustics développent des théories lumineuses au sujet des banlieues : «  À partir de ces zones de non-droit inaccessibles aux forces de l’ordre et grouillant d’armes de guerre, assurer la logistique d’un réseau terroriste est stricto sensu un jeu d’enfant ». Alain Bauer, qui a écrit une vingtaine de livres sur la criminalité est aussi président de la commission nationale de la vidéosurveillance (oups ! de la « vidéoprotection »). Il a été honoré en 2003 d’un « Big Brother Award » par l’association Privacy International pour l’ensemble de son œuvre. En février 2010, ce grand défenseur de la liberté avait remis officiellement une légion d’honneur à son confrère criminologue chinois, l’honorable monsieur He Bingsong, fervent défenseur de la peine de mort…



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Par Daniel Gaillard


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