CQFD

Syrie : contre l’oubli et tous les despotismes

Les disparus de Douma


paru dans CQFD n°187 (mai 2020), par Mathieu Léonard, Oum Ziad, illustré par
mis en ligne le 17/05/2020 - commentaires

Le 31 janvier, Majdi Nema a été arrêté à Marseille. Ce Syrien y était domicilié avec un visa en règle dans le cadre d’un programme universitaire. Sous le pseudonyme d’Islam Alloush, l’homme de 31 ans avait été, jusqu’en 2016, le porte-parole de Jaych al-Islam, principal groupe rebelle de la Ghouta orientale, dans la banlieue de Damas. L’organisation est soupçonnée, entre autres, de l’enlèvement de quatre militants des droits humains. Au-delà de l’implication de Nema – qui reste à prouver – dans cette disparition forcée, son arrestation constitue une étape dans l’épineux combat contre l’impunité des crimes commis en Syrie, qu’ils soient le fait du régime ou des factions rebelles.

Par JMB {JPEG}

Le soir du 9 décembre 2013, l’avocate Razan Zaitouneh, son mari Wael Hamada, Samira al-Khalil et Nazem al-Hamadi disparaissent à Douma, principale ville de la Ghouta orientale, sans plus jamais donner signe de vie et sans que quiconque revendique l’enlèvement.

Razan Zaitouneh, 36 ans à l’époque, militait à Damas depuis le début des années 2000 pour la libération des détenus politiques, quels qu’ils soient : frères musulmans, militants kurdes, opposants de gauche, etc. Depuis longtemps, le régime syrien s’appuie sur une industrie carcérale qui ne laisse entrevoir que torture, exécutions et disparitions. « Pendant ces dix ans qui précèdent la révolution, Razan a appris à repérer les lignes invisibles que le régime trace partout et à jouer les équilibristes », écrit Justine Augier qui lui a consacré un puissant livre hommage [1].

Samira al-Khalil, un peu plus âgée, avait déjà une longue expérience de dissidente, marquée par quatre années de détention sous le règne d’Hafez al-Assad.

En 2011, peu après le déclenchement de la révolution syrienne, les deux femmes fondent avec Wael Hamada et Nazem al-Hamadi le Centre de documentation des violations en Syrie, qui documente les exactions du régime, et s’investissent dès les premières heures dans les comités révolutionnaires damascènes. Face à la répression des Mukhabarat (service de renseignement jouant un rôle de police politique), le groupe quitte la capitale en avril 2013 et rejoint clandestinement, par des tunnels, l’enclave rebelle de la Ghouta, pensant y trouver une base de repli à peu près sûre.

Soutien introuvable

Mais la liesse de la révolution des premiers mois a laissé place à l’impuissance de l’opposition, brisée par l’intensité de la répression et les échecs des tentatives d’organisation. Face au régime, les activistes civils n’imaginent pas d’autres alternatives que de passer des alliances avec les déserteurs de l’armée régulière rejoignant l’Armée syrienne libre (ASL) et les groupes armés « nationaux-islamistes » les moins intolérants, tels que la Brigade du bouclier de Douma et la Brigade des martyrs de Douma. Quant au soutien de la communauté internationale ou de la gauche occidentale, il s’est volatilisé.

Au cours de cette année 2013, le Centre de documentation des violations en Syrie, désormais basé à Douma, s’investit dans les conseils locaux et les centres pour femmes. Mais il ne peut passer sous silence les exactions de Jaych al-Islam (« l’Armée de l’Islam »), le groupe salafiste qui a pris le contrôle de la zone, alors que la population civile subit le siège et les bombardements de l’armée d’Assad.

En juin 2013, Razan Zaitouneh rédige un rapport sur le système carcéral mis en place par les groupes armés de l’enclave rebelle, dans l’espoir de rétablir des échanges entre les organisations civiles et militaires et de négocier l’instauration d’un système judiciaire équitable.

Le 21 août, Razan et Samira documentent les terribles attaques chimiques sur la Ghouta. Le mari de Samira, l’écrivain Yassin al-Haj Saleh [2], a écrit dans une lettre imaginaire à son épouse : « Vous étiez les témoins idéaux : deux femmes, laïques, d’une autre localité, avec un long passé d’opposantes au régime et qui s’exprimaient clairement sur le crime, ses circonstances, ses coupables et ses victimes. [3] » Au printemps 2013, Yassin al-Haj Saleh avait quitté Douma pour réaliser un reportage dans sa ville natale de Raqqa tombée sous le joug de Daech, puis avait dû s’exiler en Turquie en espérant que sa femme l’y rejoigne. Il n’a jamais revu Samira.

Le clan Alloush dans le jeu syrien

L’histoire de Jaych al-Islam, le groupe qui tient alors la Ghouta, est liée à celle de son leader Zahran Alloush. Ce dernier fait partie de la charrette des meneurs islamistes graciés par Bachar en 2011, parmi lesquels de futures figures importantes de Jabhat al-Nosra, de Hayat Tahrir al-Cham ou encore de Daech. De mars à octobre, plus de 1 500 militants salafistes aguerris sont amnistiés, tandis que des milliers de révolutionnaires non violents et laïques sont incarcérés et torturés. Le régime veut créer un contre-feu islamique armé face à l’insurrection populaire pacifique. Pour le chercheur franco-libanais Ziad Majed [4], même si « on peut considérer que la libération d’Alloush de la prison de Sednaya a joué un rôle dans la confessionnalisation des rebelles, elle ne peut tenir lieu d’unique explication ». Selon lui, « les dynamiques du conflit menaient vers une telle confessionnalisation. Le régime commettait des massacres presque uniquement dans des zones à la fois sunnites, rurales et pauvres. Toute la politique du pouvoir visait à dire aux minorités [chrétiennes, alaouites, druzes, kurdes, etc.] que la rébellion était exclusivement sunnite. »

Jaych al-Islam, fondée en septembre 2013 de la fusion de plusieurs dizaines de factions islamistes, va profiter du financement que les réseaux salafistes saoudiens et les hommes d’affaires qataris accordent aux groupes les plus religieux. Son émir, Zahran Alloush, refuse de se mettre sous le label de l’Armée syrienne libre. Cependant, il ne peut être qualifié de djihadiste « dans la mesure où le djihadisme est transnational et ne s’inscrit pas dans une lutte territoriale », précise Ziad Majed. Alloush affirme son hégémonie de seigneur de guerre dans la Ghouta orientale, où il repousse les offensives du régime avec succès. « Alloush voulait se distinguer des autres formations rebelles par la discipline du groupe qui était aux mains de déserteurs de l’armée régulière. Il a bénéficié d’armes sophistiquées. Il s’est construit un noyau militaire assez solide qui lui a permis d’écraser les petites formations concurrentes comme Jaych al-Oumma [dont il a exécuté le leader] ou Faylaq al-Rahmane, voire de tuer dans l’œuf Daech à son apparition dans la région. »

Peu à peu, la présence de militants civils, aux antipodes de sa vision sectaire et autoritaire, lui est intolérable. Dans l’ouvrage Burning country : au cœur de la révolution syrienne [5], Assaad al-Achi, membre du conseil révolutionnaire local, s’interroge : « Qu’est-ce qui a pu contrarier Zahran Alloush  ? Premièrement, le fait que Razan, avec son Centre de documentation sur les violations en Syrie, informait aussi sur les exactions commises par Jaych al-Islam. [...] Il est devenu furieux quand nous avons formé le conseil local de Douma. Il exigeait que tout le soutien aux civils passe par son organisation. Au-delà de cela, il était choqué par la personnalité de Razan. [...] C’était une femme libre qui ne voulait pas se voiler, qui n’aurait jamais laissé personne lui dicter son comportement. [...] Pour un salafiste, un tel esprit indépendant est dangereux. »

Jaych al-Islam après la mort de Zahran Alloush

Jusqu’à la reprise de Douma par le régime en 2018, le clan Alloush tient la Ghouta orientale d’une main de fer. Le 25 décembre 2015, Zahran Alloush est tué lors d’une attaque aérienne russe. Le groupe armé survit à son leader. Début 2016, des manifestations pacifiques sont organisées contre les pratiques brutales, les emprisonnements arbitraires et la corruption de Jaych al-Islam.

Zahran Alloush avait aussi voulu se construire une légitimité diplomatique. En lissant son discours radical, il arrive à se faire passer pour un interlocuteur légitime auprès de la communauté internationale et de certains chercheurs. Ainsi, durant toutes ces années, la formation tient un rôle majeur à la table des négociations sur la Syrie, à Genève puis à Astana (Kazakhstan). Mohammed Alloush, neveu de Zahran Alloush, qui dirige la délégation de l’opposition, s’oppose systématiquement à ce que les forces kurdes soient représentées – exigence à laquelle accèdent volontiers le régime et ses soutiens russe et iranien.

Ziad Majed reprend : « Jaych al-Islam a préféré quitter la Ghouta orientale avec armes et combattants plutôt que résister jusqu’au bout à la reprise de la zone par le régime. Après les bombardements incessants, les attaques au gaz, l’abandon de la communauté internationale et surtout le rôle décisif des Russes dans le conflit, l’option du cessez-le-feu s’imposait pour avoir un répit. »

En mars 2018, un certain nombre de combattants de la Ghouta et leurs familles s’installent à la frontière turque au nord d’Alep et dans le canton d’Afrin (auparavant sous contrôle des forces combattantes kurdes YPG), qui vient d’être envahi par l’armée turque lors de l’opération baptisée « Rameau d’olivier ». Jaych al-Islam rejoint officiellement l’Armée nationale syrienne, coalition de groupes rebelles qui seront utilisés comme supplétifs par la Turquie dans l’offensive contre le Rojava à l’automne 2019 [6].

L’enquête impossible

L’enlèvement des Quatre de Douma en 2013 a eu une résonance internationale à laquelle ne s’attendait pas Zahran Alloush – et qui l’a contraint à s’enferrer dans le déni. Si les circonstances et les conséquences de leur disparition demeurent un mystère, la responsabilité de Jaych al-Islam a toujours été un secret de Polichinelle. Ainsi, dans son récit-enquête sur Razan Zaitouneh, Justine Augier raconte comment la traque informatique de l’ordinateur portable de l’avocate – qui a disparu en même temps qu’elle – a permis de remonter jusqu’à l’adresse IP d’un certain Younis, qui travaillait pour le bureau média de Jaych al-Islam.

Après la chute de Douma, en 2018, de nombreux combattants de Jaych al-Islam se sont exilés dans la Turquie d’Erdogan, qui leur est amicale. Yassin al-Haj Saleh, lui-même réfugié à Istanbul depuis 2013, en profite pour mener une investigation auprès d’une vingtaine d’entre eux : « Il n’y a pas une seule personne parmi celles que j’ai interrogées – y compris des personnes ayant occupé des postes influents au sein de la faction rebelle – qui n’ait pas attesté que Jaych al-Islam était le coupable, sans aucune alternative possible. [7] » À son grand désespoir, en dehors d’hypothèses invérifiables, il n’obtient aucune information fiable sur le sort des disparus...

Un trait ressort néanmoins de ces entretiens, à savoir l’omerta qu’a su créer le groupe grâce à son service de renseignement : « Le centre névralgique est une agence mi-religieuse, mi-sécuritaire, dans laquelle la religion joue le rôle de grammaire commune et de moyen pour justifier des actes allant de l’intimidation à la corruption et même jusqu’à la torture, au viol et à l’assassinat. Il existe des projets commerciaux à Istanbul et dans d’autres villes turques impliquant les dirigeants de Jaych al-Islam, qui peuvent se déplacer librement entre le nord de la Syrie et diverses villes turques. »

Second couteau ou responsable ?

Quel rôle a pu jouer Majdi Nema (qui avait pris le pseudo d’Islam Alloush par allégeance au clan), arrêté à Marseille fin janvier, dans l’enlèvement des Quatre de Douma ? « Certains pensent qu’il n’a jamais joué un rôle de leadership, explique Ziad Majed. Mais il est certainement au courant du sort des quatre disparus. Il y a eu plusieurs tentatives de négociations avec des proches des disparus où il était partie prenante. »

En 2016, Alloush-Nema « démissionne » de son poste de porte-parole après avoir accordé un entretien à une chercheuse israélienne, Elizabeth Tsurkov, dans lequel il tente de minimiser la brutalité de Jaych al-Islam. Mais c’est la nationalité de l’intervieweuse qui provoque un tollé. La propagande du Hezbollah libanais, qui se bat au côté du régime de Bachar, saute sur l’occasion pour faire croire à l’existence d’un complot djihadiste-sioniste.

Alloush-Nema déclare avoir quitté la Syrie dès mai 2013, pourtant certains témoignages attestent de sa présence sur le terrain après 2013. Toujours est-il qu’il se retrouve en 2016 à Istanbul où il se reconvertit dans la recherche, sans chercher à camoufler son passage à Jaych al-Islam, via le Toran Center for Strategic Studies, un think tank turc, véritable machine à recycler leurs alliés syriens en exil. C’est par le biais universitaire qu’Alloush-Nema, désormais gratifié du titre de « chercheur en sécurité et terrorisme, spécialisé sur la Syrie », obtient légalement un visa « Erasmus + » pour assister à un cycle de conférences à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (Iremam), à Aix-en-Provence.

La direction de l’institut nie avoir eu connaissance du passé de Nema. C’est en tout cas sur le campus qu’il est reconnu par une source anonyme qui avertit la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH). C’est elle qui confie l’information au parquet antiterroriste, lequel organise l’arrestation, avant que Nema soit mis en examen pour « crimes de guerre, de torture et de disparitions forcées contre la population syrienne ». L’événement fait alors les titres des journaux : de Paris-Match à Valeurs actuelles, on parle d’un « djihadiste syrien arrêté sur le Vieux-Port ». Mais de l’avis de proches de victimes syriennes, ce sensationnalisme est des plus malvenus pour les opposants historiques au régime : il contribue à effacer leur souffrance pour renvoyer au fantasme et à la psychose des sociétés occidentales face à l’islamisme, et à l’idée que Bachar représente un moindre mal, plutôt que de rendre compte de la complexité du conflit syrien.

Lutte contre l’impunité

Alors que s’est ouvert le 23 mars en Allemagne le procès historique de deux anciens membres des Mukhabarat syriens, suspectés de complicité de crimes contre l’humanité, la procédure engagée contre Alloush-Nema semble également revêtir une grande importance dans la quête de justice des familles de disparus syriennes.

Depuis des années, la FIDH, en cheville avec d’autres organisations des droits humains, dont le Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression, dirigé par l’avocat et opposant Mazen Darwish, mène un travail de documentation pour que les responsables de toutes les exactions en Syrie puissent être jugés en Europe. Et ce en vertu de la compétence universelle qui permet à la justice de certains États de « poursuivre les auteurs de certains crimes particulièrement graves, quel que soit le lieu où le crime est commis, et sans égard à la nationalité des auteurs ou des victimes ».

Pour Me Clémence Bectarte, avocate de la FIDH qui représente les intérêts de la partie civile dans l’affaire Alloush-Nema, il est possible que ces dossiers « permettent de poser les premiers jalons contre l’impunité pour remonter les chaînes de commandement ». Concernant Alloush-Nema, précise-t-elle, « les éléments qu’on a rassemblés montrent un rôle opérationnel au côté de Zarhan Alloush. Il a été mis en cause pour avoir recruté des enfants soldats et certains l’incriminent même dans des actes de torture en centres de détention. Bien sûr, tout cela devra être démontré par l’enquête, ce qui n’est pas évident, parce qu’il n’y a pas d’accès au terrain et que beaucoup de choses reposent sur des preuves testimoniales et la documentation des ONG. » Devant les enquêteurs, l’intéressé a pour l’instant nié tout rôle militaire opérationnel ou implication dans des actes de répression.

Le fait qu’en France le nouveau Parquet national antiterroriste (PNAT) soit chargé de juger ce type de crimes soulève des questions sur un possible mélange des genres entre une législation d’exception et le besoin de justice des victimes. Pour Me Bectarte, « le droit doit prévaloir : s’il n’y a pas de preuve d’implication directe, le prévenu doit être mis en liberté. L’objectif, continue-t-elle, c’est que la population syrienne puisse se réapproprier à terme cette procédure dans le cadre d’un processus de justice transitionnelle. »

Un cheminement qui s’annonce long, fragile et incertain. « Enfin, il est important de dire que l’affaire de Samira, Razan, Wael et Nazem ne sera pas close tant qu’elle n’aura pas révélé tous ses mystères, tant que toute la vérité ne sera pas connue et que les criminels responsables n’auront pas été condamnés à une peine équitable, écrivait Yassin al-Haj Saleh en 2018. Tant que la Syrie restera le paradis de l’impunité qu’elle est devenue, où les coupables s’exonèrent de leurs crimes en invoquant l’impunité d’autres responsables, alors le fait de travailler à la mise au jour des crimes de Jaych al-Islam entraînera un besoin de justice pour d’autres. Les connaissances détaillées que nous pourrions documenter sur ce gang pourraient être d’une grande utilité pour examiner d’autres cas comparables, où la brutalité du régime se perpétue sous une forme barbue. [8] »

Mathieu Léonard & Oum Ziad

La Une du n°187 de CQFD, illustrée par Marine Summercity

- La version originale de cet article a été publiée sur papier dans le n° 187 de CQFD, en kiosque du 30 avril au 4 juin. Voir le sommaire du journal.

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Notes


[1Justine Augier, De l’Ardeur. Histoire de Razan Zaitouneh, avocate syrienne, 2017 (Actes Sud).

[2Étudiant communiste en 1980, il a été emprisonné dans les geôles du régime pendant seize années. Voir son interview dans CQFD n° 136 (octobre 2015) par Mickaël Correia : « De cette expérience de souffrance, nous pouvons extraire un sens d’émancipation ».

[3Lettres traduites en français à la page Yassinhs.com/2017/08/28/lettre-a-samira-1

[4Auteur avec Subhi Hadidi & Farouk Mardam-Bey de Dans la tête de Bachar al-Assad, Actes Sud, 2018.

[5Leila al-Shami & Robin Yassin-Kassab, L’échappée, 2019.

[6Lire « Autour de la défaite du Rojava », CQFD n° 181 (novembre 2019).

[7« An update on the Douma Four », Aljumhuriya.net (05/10/2018).

[8Aljumhuriya.net (05/10/2018).



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