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Édito

L’intégration, c’est du racisme !


paru dans CQFD n°115 (octobre 2013), rubrique , par l’équipe de CQFD, illustré par
mis en ligne le 15/10/2013 - commentaires

L’Arabe est susceptible et voile sa femme, ses filles et ses sœurs. Derrière son flegme apparent, l’Angliche est faux-cul. Quelle fourberie cache le masque de discrétion du Chinois ? On sait aussi l’Antillais langoureux et l’Africain polygame. L’Allemand est bosseur et discipliné. Le Grec est une feignasse et le Turc une brute. Et les Norvégiens boivent dans des crânes… Dommage que Manuel Valls ait finalement été recadré après ses déclarations sur les Roms qui « ne veulent pas s’intégrer », car il aurait pu bien continuer à se lâcher sur les stéréotypes « ethniques »… et fournir matière à réflexion à tous les cafés du commerce du pays. D’ailleurs, les maîtres sondeurs sont formels : 65 à 77 % des Français se rangeraient derrière les éructations de Valls le Catalan. Désintégrer les quelque 20 000 Roms présents sur notre sol pour réussir l’intégration du PS dans un cloaque politique alimenté par les prurits de Valeurs Actuelles et les surenchères de Gilbert Collard, Alain Soral, Christian Estrosi, Samia Ghali ou Anne Hidalgo, le pari n’était pas plus risqué que ça.

Par Lasserpe. {JPEG}

Pauvres parmi les pauvres, les Roms sont des cibles sans risque dans cette époque où courage et impertinence – « il faut dire la vérité » est l’antienne préalable à vomir quelques immondices – sont synonymes de dégueulasseries contre plus vulnérable que soi. Au fait, il n’y a personne pour protester contre les conditions terrifiantes dans lesquels les Roms sont contraints de vivre et dont les élus locaux sont évidemment complices ?

Si le réservoir à Roms venait à s’assécher, on pourra toujours cogner sur ces trois millions de chômeurs – ces assistés dans leurs canapés ! – auxquels une guerre sociale aussi vieille que le capitalisme est sans cesse déclarée. Plus d’un an après la mort du quinquennat sarkozyste, les épigones socialos s’entendent à merveille pour recycler la principale ambition de leur ennemi d’hier : la fabrication par la peur la plus crasse d’une ethnie de beaufs aigris. Une entreprise qui ne serait pas totalement viable si on ne tenait compte du leurre le plus communément agité par les morfales de l’hystérie médiatico-sécuritaire : l’incompatibilité des musulmans avec la République.

Dans ce climat de régression xénophobe généralisée, il est donc plus que bienvenu de se remémorer la Marche pour l’égalité et contre le racisme, hâtivement et fallacieusement intitulée « Marche des beurs ». Et de se demander, trente après, ce qu’il reste aujourd’hui de cette massive mobilisation censée réconcilier un peuple avec ses marges promises à des flambées d’opprobre et de violence récurrentes ? En mars 2002, Jacques Chirac en visite dans le quartier du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie avait reçu de la part d’un jeune cette remarque frappée au coin de la plus haute évidence : «  Ils ne nous parlent que d’intégration ! En vérité, c’est à eux de s’intégrer : ils ne nous connaissent pas, ils n’arrêtent pas de nous insulter ! »



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