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L’incantation sécuritaire de Sarkozy


paru dans CQFD n°82 (octobre 2010), rubrique , par Raúl Guillén
mis en ligne le 26/02/2011 - commentaires

Le 21 juillet, après le weekend de « violences urbaines » à La Villeneuve, durant lequel la police aurait essuyé des tirs à balles réelles, et alors que le quartier est encore encerclé par les CRS, Sarko annonce l’éviction du préfet de l’Isère et nomme Éric Le Douaron, ex-directeur de la police aux frontières et directeur central de la sécurité publique. Le 30 juillet, venu installer dans ses fonctions ce super-flic,il lance en public le maintenant fameux discours de Grenoble. Dans la préfecture de l’Isère, en 40 minutes, il redéploie et renouvelle toute sa panoplie parano-sécuritaire-guerrière : extension des peines planchers (« qui fonction- nent bien mais qui ne s’appliquent pas aux multirécidivistes ») à toutes les formes de violences aggravées, discussion au Parlement sur « l’instauration d’une peine de prison incompressible de 30 ans pour les assassins de policiers ou de gendarmes » et sur l’élargissement « du champ d’application du bracelet électronique » pour « condamner automatiquement les multirécidivistes au port [de cette balise] pendant quelques années après l’exécution de leur peine », déchéance de la nationalité, pénalisation des parents via les allocations familiales… Mais aussi : création d’établissements de réinsertion scolaire et d’un fichier des jeunes quittant l’école à 16 ans afin de leur proposer « une formation ou un travail jusqu’à leur majorité ».Il prône également le développement de la vidéosurveillance et souhaite que, dans l’Isère, « un certain nombre de véhicules de police et de gendarmerie de nuit soient dotés de caméras embarquées ». Enfin, c’est avec témérité que l’ire présidentielle se tourne également vers les Roms : « Eh bien, nous allons procéder d’ici fin septembre au démantèlement de l’ensemble des camps [de Roms] qui font l’objet d’une décision de justice. Et là où cette décision de justice n’a pas encore été prise, nous engagerons des démarches pour qu’elle intervienne le plus rapidement possible. Dans les trois mois, la moitié de ces implanta- tions sauvages auront disparu du territoire français. » Et s’ils persistent à revenir, trouvera-t-on une solution, finalement ?



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Par Raúl Guillén


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