CQFD

Hommage

Un crabe à la mer !


paru dans CQFD n°125 (octobre 2014), par Mathieu Léonard, illustré par
mis en ligne le 21/11/2014 - commentaires

Par Thienny Guitard. {JPEG}

Crématorium du Père-Lachaise, 17 septembre. Ce ne furent pas « 400 putains à poil », comme dans la chanson « Cayenne » du groupe Parabellum, qui menèrent l’élégant Schultz – chanteur et guitariste du groupe susnommé – au tombeau, mais quelques centaines de rockeuses et rockeurs et autres punks à poils durs. Parmi eux, on comptait nombre de vétérans de la scène dite alternative des années 1980, les habitués des bistrots du Montreuil city rockers, les cousins kabyles, la bande à l’Insomniaque, la famille, les proches, tous venus rendre un dernier hommage dans une émotion palpable à cet humble héros du rock’n’roll, donc du peuple. Car Papa Schultz, comme l’appelaient les plus jeunes, avec sa barbe et sa carcasse impressionnante, était d’abord un ogre de tendresse, fidèle à sa ligne de conduite de régaler son public avec son incomparable voix chaude et rocailleuse et ses riffs impitoyables, dans les plus petits boui-bouis comme sur les grandes scènes. Quinze jours avant sa mort, il donnait un de ses derniers concerts avec le Gommard blues band dans un rade de choix à Croix-de-Chavaux [1], juste pour « se faire plaisir et faire la surprise aux copains ». On gardera toujours dans notre juke-box intérieur les morceaux avec Los Carayos comme « I sit alone », « Schultz blues », « Superdoopoodoodoo », « Browsie Maggie », avec Parabellum, « Amsterdam », « La bombe et moi », « La Belle », « Anarchie en chiraquie », « la Bande (à Bonnot) », ainsi que « Les Traîne-misère », sur des paroles du poète communard Jean-Baptiste Clément, avec la Klinik du Dr Schultz, on en passe et des pas pires… Si on s’imagine un au-delà pour ces beaux musiciens endiablés, même l’éternité risque d’être courte pour taper le bœuf avec Johnny Cash, Hank Williams, Muddy Waters, Django Reinhardt, Fred Sonic, Eddie Cochran, Link Wray, Johnny Thunders, Jeffrey Lee Pierce, les Ramones et tous les autres. N’empêche, Schultz, on l’a trouvée vachement pressée, la Faucheuse, sur ce coup-là  !


Notes


[1Montreuil, Seine-St-Denis.



1 commentaire(s)
  • Le 21 novembre 2014 à 14h25, par Zinoviev -

    Mort aux vaches et aux condés...c’est ce qu’on pouvait se dire ce matin en écoutant France Inter citant Dupont Aignan qui veut rouvrir le bagne de Cayenne !

    Répondre à ce message

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Par Mathieu Léonard


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