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Théâtre de la Commune

Scènes de grève à Aubervilliers


paru dans De l’autre côté du papier, rubrique , par Valérie de Saint-Do, illustré par
mis en ligne le 10/11/2018 - commentaires

Mais que se passe-t-il au théâtre de la Commune ? Depuis le 20 septembre, une partie des salariés s’est mise en grève au moment où débutaient les représentations de Don Juan, création de la directrice Marie-José Malis. Depuis, outre les salariés et la direction, des figures du monde intellectuel et culturel telles qu’Alain Badiou, Olivier Neveux et Bruno Tackels se livrent une bataille de communiqués incendiaires. «  Complot », «  sabotage du projet », «  syndicalisme de pacotille » d’un côté ; «  mépris de classe », «  autoritarisme », «  dogmatisme » de l’autre. Au-delà des mots, c’est la rupture de dialogue et l’incompréhension qui dominent. Et une crise révélatrice des tensions qui traversent les lieux professionnels de la culture.

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Le théâtre de la Commune d’Aubervilliers en grève / Photo Valérie de Saint-Do.

En ce 3 octobre frisquet, ils en étaient à leur huitième jour de grève. À Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), rassemblés devant le théâtre de la Commune à 18 h, les salariés faisaient le point sur un conflit enlisé. Après une négociation infructueuse, ils attendaient d’autres propositions.

Les soutiens étaient présents, notamment Philippe Martinez [1], déclarant que «  l’exception culturelle ne justifie pas l’atteinte aux droits des salariés  ». Les postiers du 92, en grève depuis le mois de mars [2], étaient venus aussi, et autour des discours, les militants non sans humour vendaient un badge « Bad You / Syndicaliste de pacotille » très remarqué – coup de pied de l’âne au communiqué virulent du philosophe associé au théâtre. Des représentants de la mairie appelaient au dialogue et sollicitaient l’État, sans prendre parti, mais en rappelant l’enjeu du centre dramatique pour la ville : «  On l’aime, notre théâtre !  »

Ambiance. Comment la direction ouvertement engagée d’un théâtre connue, entre autres, pour avoir ouvert ses portes aux migrants, en est-elle arrivée à ce degré de blocage du dialogue social ?

Une « maison » historique

«  C’est un cas d’école  », lâche un vieux militant de la culture au Parti communiste (PCF). Car le conflit semble emblématique à bien des niveaux d’une époque de divorces entre discours et pratiques, de controverses sur les conceptions du rôle d’une institution culturelle, et sur le devenir de celles-ci. Cette grève, toujours en cours, surprend par le profil des divers protagonistes, dont on pourrait penser qu’ils partagent des idéaux politiques (ce que les salariés ne démentent pas). Et au-delà du conflit singulier dans ce théâtre, elle s’inscrit dans une histoire des politiques culturelles aujourd’hui secouées.

Le théâtre de la Commune d’Aubervilliers fait partie des Centres dramatiques nationaux (CDN). Ces institutions, dirigées par des artistes (metteurs en scène et/ou auteur.e.s) ont vu le jour dans l’immédiat après-guerre, bien avant que la Ve République ne crée un ministère des Affaires culturelles sous l’égide de Malraux. Le CDN d’Aubervilliers fut le premier créé en banlieue parisienne. Il faut dire qu’Aubervilliers, ville du 93 frappée par la pauvreté et la désindustrialisation, fut aussi la ville d’un des maires (puis des sénateurs) les plus engagés dans le combat culturel : Jack Ralite (PCF), érudit, passionné d’art, initiateur des États généraux de la culture, défenseur enflammé et éloquent du partage de l’art et de la culture, de toutes les tribunes et de tous les combats, dont celui des intermittents. C’est grâce à son soutien actif et à l’initiative du metteur en scène Gabriel Garran que le CDN a vu le jour en 1965.

À Gabriel Garran succédèrent Alfredo Arias, Brigitte Jaques et Didier Bezace. La Commune a été le fer de lance d’une série d’autres centres dramatiques dans la ceinture autrefois rouge, revendiqués et soutenus par les maires communistes dans leur volonté d’«  émancipation par la culture  ».

Autant dire qu’on ne débarque pas au théâtre de la Commune en terrain neutre. Marie-José Malis en était tout à fait consciente quand elle en a pris les rênes en 2014, suscitant beaucoup d’espoirs. Si, depuis une trentaine d’années, les institutions théâtrales font face au procès en « baronnies au service d’artistes démiurges », le profil de Marie-José Malis se démarquait clairement de celui d’une « baronne ». Saluée pour son engagement et pour la radicalité de ses propositions artistiques, elle arrivait forte d’un projet défendu avec un talent remarqué d’écriture dans sa lettre au public. Après dix-sept ans de direction assez sage de Didier Bezace, on comptait sur elle pour bousculer l’institution.

Dès le début, ses initiatives vont ce sens. Elle initie très vite les « Pièces d’actualité », invitant un artiste à travailler à partir d’une question tirée du quotidien des habitants d’Aubervilliers. Elle ouvre le théâtre en journée (notamment à la jeunesse), son restaurant à midi, marquant une vocation de lieu de vie. Elle poursuit la politique d’artistes associés avec de jeunes talents remarqués du théâtre, mais aussi, initiative plus originale, choisit de s’associer avec un philosophe, Alain Badiou en l’occurrence. Et, très vite, le théâtre brandit l’hospitalité comme emblème sur sa façade et la traduit en actions – la plus conséquente est la création de l’École des actes. Cette association liée au théâtre propose des ateliers et cours gratuits dans de multiples disciplines, notamment mais pas exclusivement aux réfugiés.

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Philippe Martinez venu soutenir les employés du théâtre en lutte / Photo Valérie de Saint-Do.

De l’exaltation au blocage

Comment un tel positionnement politique s’accommode-t-il d’une rupture du dialogue social avec les salariés ? «  C’est petit à petit que la machine s’est enrayée  », explique Sophie Lopez, la déléguée syndicale. Nous étions plutôt ravis de voir arriver Marie-José Malis ! La première réunion d’équipe était passionnante. Ce qu’elle nous racontait d’elle – fille d’ouvriers agricoles, fruit de l’ascension républicaine, nous semblait garantir une capacité d’écoute des problématiques d’Aubervilliers. Son projet axé sur le territoire, son envie déclarée "d’ouvrir le champ des possibles" nous a enthousiasmés. Et ceci d’autant plus qu’elle nous invitait à faire des propositions pour réorganiser notre travail.  »

Mais ces propositions seraient restées lettre morte : «  Nous n’avons eu que des réponses très mitigées à nos propositions, voire une absence de réponse. Cela a créé un premier froid. En revanche, nous avons connu des décisions autoritaires, enlevant leurs attributions à certains salariés. Ceux qui se sont ouverts directement de ce mal-être à la direction ont été durement reçus. Du coup, ils ont fait appel aux délégués du personnel de porter leur parole. Mais là aussi nous nous sommes heurtés à un refus d’écoute et à un blocage du dialogue.  »

En quatre ans, le théâtre a connu douze ruptures conventionnelles. La saison 2017-2018 aurait aggravé la situation, avec l’arrivée des élections professionnelles. Le mal-être s’est aussi traduit par les arrêts-maladie de trois salariés, dont la représentante du personnel et la directrice-adjointe des relations publiques. En juillet, onze salariés signaient une lettre aux différentes tutelles du théâtre (ministère de la Culture, Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, Ville d’Aubervilliers) pour les alerter. Cette lettre mentionne le fait qu’un psycho-sociologue dépêché par la médecine du travail avait jugé la situation trop avancée pour que son intervention permette de sortir de la crise.

Les destinataires de la lettre ont cru bon de la transmettre immédiatement à la direction de la Commune, avec les noms des signataires – ce qui, selon la déléguée syndicale, a valu à ces derniers un retour très dur et une accusation de trahison.

Déposé le 3 septembre, «  pour laisser un temps de négociation avant le premier spectacle dont la première avait lieu le 23 septembre  », explique Sophie Lopez, le préavis de grève évoque «  un fonctionnement pathogène  ». Et exige la mise en place d’un audit social, le gel des embauches et reconversions et la garantie de voir les salariés reconduits dans leurs postes.

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Le théâtre de la Commune, construit en 1900, était initialement la salle des fêtes d’Aubervilliers / Photo archives - Domaine public.

« Syndicalistes de pacotille » versus « secte » ?

«  Pathogène  » : ce mot fait bondir Marie-José Malis, qui dénonce «  un langage technocratique qui nous paraît ridicule  », dans un communiqué de presse. Avec la plume vigoureuse et séduisante dont elle est familière, elle y défend son projet et le travail accompli. Non sans mots assez durs vis-à-vis des salariés revendicatifs, en parlant de « mensonges » et de «  fantasmes  ». Mais c’est à certains de leurs soutiens médiatiques, comme l’historien de l’art Olivier Neveux, qu’elle réserve ses flèches les plus venimeuses, parlant « de conditions vichystes du débat  » et de « délabrement intellectuel de la part de gens qui portent en sautoir leur progressisme  ».

Au téléphone, un peu moins mordante, elle évoque une situation commune à beaucoup de théâtres : «  Il n’y a rien d’exceptionnel à ce que l’arrivée d’une nouvelle direction, porteuse d’un projet nouveau, provoque des séparations et des embauches dans les équipes.  » Contactés, d’autres directeurs ou directrices de théâtre l’admettent : une nouvelle direction fait rarement l’unanimité des équipes précédentes confrontées à des changements d’habitudes – et la rupture conventionnelle est le moyen d’une séparation par consentement mutuel préservant les droits au chômage du salarié.

Selon Marie-José Malis, la grève, qu’elle dit très minoritaire, se cristallise autour du cas d’une salariée actuellement en arrêt-maladie. La directrice des relations publiques lors du mandat de Didier Bezace a été remplacée par une nouvelle directrice et rétrogradée au poste de directrice-adjointe. Mais ce changement n’a pas apporté le nouvel élan souhaité aux relations publiques... alors que le théâtre connaît des difficultés de fréquentation. La nouvelle directrice est en partance, tandis que l’ancienne, qui souffre d’un handicap, s’est vu proposer une formation pour un autre poste... « dans » ou « hors » du théâtre. Coup dur pour après vingt-et-un ans de travail au service de la Commune, où sa compétence n’avait jamais été remise en cause. «  On a eu quatre ans pour constater qu’on n’y arrivait pas, soupire Marie-José Malis. Vouloir trouver une solution, est-ce que cela fait de nous des monstres ?  »

Mais peut-on attribuer à la seule responsabilité des relations publiques l’échec de certaines propositions ? «  Le public, ce n’est jamais gagné, c’est un travail à renouveler sans cesse  », témoigne une autre directrice de CDN. Seulement, face aux fourches caudines des politiques d’austérité, les chiffres de fréquentation sont souvent le seul argument des théâtres face aux menaces de stagnation, voire de restrictions budgétaires, fût-ce au détriment de la prise de risque et de l’expérimentation. Une salle vide fournit des prétextes faciles à ceux pour qui « l’offre culturelle publique est excessive ». Dans ce contexte, autant dire que les services de relations publiques se transforment vite en fusibles.

Du conflit de travail à la dissidence politique ?

Mais la crise sociale qui frappe la Commune dépasse largement l’unique cas d’une salariée. Peut-on l’attribuer au seul fait que l’arrivée de Marie-José Malis ait bousculé vingt ans d’habitudes prises sous le long mandat précédent de Didier Bezace ? Et à un projet trop radical, trop politique, contesté par des salariés «  très minoritaires mais virulents  » qui ne partageraient pas les mêmes «  visions du monde  », le même rapport «  aux autres, aux étrangers, à l’art, s’il y a en eux un rapport sérieux à ça  ».

Un procès d’intention qui fait bondir les salariés désignés. «  Nous serions opposés aux prises de positions et à l’action du théâtre envers les migrants ? Rappelons les matinées consacrées à apporter des petits-déjeuners !  », s’insurgeaient-ils le 3 octobre, outrés que l’on puisse remettre en question leur attachement au théâtre et à son projet. «  On a souffert à la hauteur de notre implication !  », enchérit Sophie Lopez.

Un autre témoignage abonde dans ce sens : Justine Rouet Chabaud avait jusqu’à la fin de la saison 2017-2018 l’entière responsabilité de la librairie du théâtre. En septembre, elle a appris la fermeture du point librairie «  pour raisons financières  » et sa requalification au poste de placière. S’étonnant de cette décision alors que le stock de la librairie permettait de poursuivre l’activité sans frais, elle s’est vu répondre que sa signature sur la lettre aux tutelles lui valait la perte de confiance de la direction – et ce malgré un investissement dans les projets du théâtre allant largement au-delà de ses missions. «  J’ai même écrit et interprété un spectacle pour le festival de l’École des actes !  », s’insurge-t-elle dans une lettre à la médecine du travail.

On est loin du rejet du projet allégué... Mais son planning la cantonne désormais au poste de placière et aucune réouverture de la librairie n’est envisagée. «  J’ai été un peu triste de constater que malgré les difficultés financières annoncées, on avait tout de même ouvert un point de vente de livres pour l’intervention de M. Badiou les 1er et 2 octobre  », persifle-t-elle, rejoignant les grévistes après un congé-maladie.

Badiou et le « mépris de classe »

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Badge brocardant Alain Badiou / Photo Valérie de Saint-Do.

Badiou, le nom par lequel le scandale arrive ? C’est peu de dire que son texte de soutien à la direction, dans lequel il traite les grévistes de «  syndicalistes de pacotille  » et leur action de «  complot  » contre le projet a envenimé le conflit. Comme celui de Bruno Tackels «  depuis la cordillère des Andes  » parlant de «  fossoyeurs du service public, qui dans les dix ans à venir aura totalement disparu, si vous continuez dans vos hantises, morbides et obsessionnelles  ». « On y lit un insupportable mépris, sinon une haine, d’aristocrates pour une plèbe inculte et conservatrice, inapte à l’Art, arc-bouté sur ses droits (ses privilèges)  », rétorque Olivier Neveux.

Du terrain social et de la souffrance au travail, le conflit s’est étendu à des positions politiques plus générale : il a déclenché un conflit d’intellectuels (la lettre de soutien aux salariés d’Olivier Neveux lui a valu une volée de bois vert) que paradoxalement tout semblait rapprocher, et notamment le projet artistique et politique de ce théâtre. Mais à partir de quand la volonté affirmée et partagée d’un art politique se transforme-t-elle en dogme ? Quand Alain Badiou écrit : « Il sera ainsi possible de "traiter" cette attaque de telle sorte que ce théâtre comme lieu devienne plus homogène encore à son goût du travail, de l’art théâtral et de l’amitié politique  », il est permis de se demander si la vocation d’un lieu artistique est celle de l’homogénéité, à fortiori dans «  l’amitié  » politique, ou plutôt la diversité, voire la démocratie originellement associée au théâtre. Y compris pour les salariés !

De là à parler d’endoctrinement, il y a un pas franchi à la fois par Olivier Neveux et par certains salariés. Au sujet des relations publiques – point de fixation du conflit –, la déléguée syndicale s’interroge : «  Le travail des relations publiques est-il de tenir un discours politique ?  » Plus radicale, une enseignante qui a régulièrement envoyé ses élèves travailler au théâtre, profitant de sa politique d’ouverture à la jeunesse, s’insurge contre «  ces jeunes normaliens de l’École des actes. confondant émancipation et formatage politique  ».

La radicalité ? Pas un monopole

Situation paradoxale : ceux qui s’écharpent aujourd’hui entre soutien à la direction et soutien aux salariés partagent au moins en partie des convictions politiques indissociables de leurs convictions artistiques et culturelles. Si le projet de Marie-José Malis a enthousiasmé, c’est qu’il incarnait le dépoussiérage revendiqué de ces maisons vénérables que sont les CDN. Si le conflit social provoque des critiques acerbes en retour, ce n’est pas, contrairement aux allégations d’Alain Badiou, une Schadenfreude de réactionnaires opposés au projet, mais une déception, jointe à une pointe d’agacement à voir les porteurs du projets drapés dans une pureté idéologique qui ferait d’eux les seuls défenseurs de la radicalité politique et artistique.

Car bien des équipes n’ont pas attendu la nouvelle direction de la Commune pour mettre en œuvre une action artistique en prise avec les enjeux politiques et sociaux de son époque. Bien des représentant.e.s de la nouvelle génération arrivée aux manettes ces dernières années savent qu’elles et ils ne pourront plus se satisfaire d’une programmation sous le signe de l’excellence artistique, confinée à un public que le vieux routier du théâtre de rue Jacques Livchine qualifia un jour de «  Maif-Camif-Télérama  » (aujourd’hui peut-être davantage « Biocoop-Inrocks » ).

Associer des penseurs, travailler pour et avec les réfugiés, être de plain-pied dans les problématiques politiques, d’autres « maisons » l’ont fait. De la plus importante, les Amandiers de Nanterre (Hauts-de-Seine) avec Bruno Latour jusqu’au plus petit des CDN, Montluçon (Allier), qui sous l’égide de sa jeune directrice Carole Thibaut mène un travail remarquable autour des réfugiés avec l’auteure Nadège Prugnard. On peut aussi citer le travail de David Bobée au CDN de Caen autour des problématiques du genre et de la décolonisation des scènes.

Ajoutons à cela que Marie-José Malis est présidente du Syndeac (Syndicat des entreprises artistiques et culturelles), ce qui donne du grain à moudre aux détracteurs d’un syndicat patronal, mais gêne aussi pour partie ses collègues au moment où la défense du théâtre public se heurte aux incohérences (euphémisme) de la politique culturelle macroniste. Jusqu’ici discret, son prédécesseur Didier Bezace est cinglant dans La Lettre du Spectacle, lui reprochant de « manquer à son devoir de protection des personnels » et d’entraîner le théâtre Sachant que le ministère (et surtout Bercy) estiment depuis longtemps surnuméraires les centres dramatiques de la Seine-Saint-Denis, certains s’interrogent : son projet ne serait-il pas de renoncer au label « CDN » pour mener son projet à sa guise et avec une équipe choisie ? «  Mais qui peut dire ça ? C’est du pur fantasme, s’insurge-t-elle. Au contraire, je défends foncièrement ce label et l’existence de maisons dirigées par des artistes !  »

Reste à savoir quelle forme doit prendre cette « direction », à une époque où la figure de l’artiste démiurge ne fait plus recette et où dans tous les milieux, les hiérarchies sont questionnées. Il est paradoxal que ce soit par une artiste revendiquant d’avoir été longtemps « outsider », voire délégitimée pour sa radicalité artistique et politique que soit posée la question de l’immunité de l’art à la démocratie – ce que d’aucuns appellent aujourd’hui le combat pour les droits culturels.

Valérie de Saint-Do

Post-scriptum

Une médiation a finalement été amorcée par l’inspection du travail. Mardi 6 novembre, une nouvelle réunion est prévue entre direction et salariés à la suite de laquelle ces derniers décideront de la suite à donner au mouvement.


Notes


[1Secrétaire général de la CGT (Confédération générale du travail).

[2Depuis le 26 mars, des postiers des Hauts-de-Seine sont en grève reconductible, notamment pour demander la réintégration d’un syndicaliste de Sud licencié par la direction. On peut entendre des nouvelles de la lutte dans cette émission de la radio FPP.



2 commentaire(s)
  • Le 6 novembre 2018 à 10h44, par Un partageux -

    " [...] c’est la rupture de dialogue et l’incompréhension qui dominent. Et une crise révélatrice des tensions qui traversent les lieux [...]"

    Ce n’est pas le premier texte que je lis au sujet de cette grève. Celui-ci a le mérite d’exposer avec patience et sans parti-pris les deux points de vue. Et j’avoue que je ne comprends toujours pas, même si je vois bien la souffrance qui se dégage.

    Après la deuxième lecture de cet article il m’est venu une idée. Faire le parallèle avec la guerre picrocholine qui sévit entre divers petits partis/groupes et le mouvement France insoumise. Là non plus on ne comprend pas. De procès d’intention en reproches pas toujours fondés, d’aucuns reprochent à la FI tout et son contraire. Cela laisse le même sentiment de consternation et d’incompréhension que devant ce théâtre d’Aubervilliers.

    Pour Aubervilliers on se dit avec cynisme : laissons-les s’entretuer et on comptera les cadavres à la fin. Si toutefois il reste des survivants...

    Pour la guéguerre politique on pense aux pauvres et aux gens modestes qui paient la facture. Et on ne comprend pas comment on peut refuser si obstinément de s’asseoir à une table pour débattre sans s’insulter. Macron et son monde en rigolent bien...

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  • Le 9 novembre 2018 à 11h25, par Vincent Larmet -

    Bonjour et merci pour ce très bon article de journalisme.

    Même si, après avoir débuté dans les "institutions" (CDN, Scènes Nationales) et dont je suis parti "en courant", je n’ai pas un regard bienveillant (ni objectif, je le reconnais !) sur ces dernières qui, main dans la main avec certaines organisations patronales dont ce n’est pas le rôle, se nomment et programment souvent entre elles. Votre article me permet néanmoins d’appréhender ce sujet avec objectivité ; ce qui est difficile quand, comme moi, on travaille exclusivement pour des compagnies indépendantes sans lieu et qui dépensent beaucoup trop d’énergie ne serait-ce que pour être écoutées (entendues ?) par des directions sourdes ou absentes.

    Juste une précision, le chômage n’est pas un droit, c’est l’indemnisation chômage qui en est un !

    Belle route à vous tous, Courage et victoire pour vos luttes.

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Par Valérie de Saint-Do


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