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Dominique must go on


paru dans CQFD n°88 (avril 2011), rubrique , par Sébastien Fontenelle
mis en ligne le 08/05/2011 - commentaires

Ce n’est pas sans une certaine impatience que les Françai(se)s en général, et en particulier deux de leurs plus éminents entertainers (respectivement directeurs de l’hebdomadaire frenchy but chic Le Nouvel Observateur et de l’hebdomadaire frenchy L’Express), attendent qu’enfin Dominique Strauss-Kahn leur annonce qu’oui, les ami(e)s.

(Oui, j’ai entendu l’appel des Françousques. Oui, j’ai entendu the call of Laurent [1]. Oui, j’ai entendu the (tremendously grotesque) call of Christophe [2]. Non : la décision de troquer Washington (où j’ai quand même quatre millions de dollars de « jolie maison de 380 mètres carrés habitables, dans le quartier résidentiel de Georgetown » [3] qui m’ont, je ne vous cache pas, assez agréablement diverti des trous à pauvres sarcellois) pour Paris (où j’ai pour quatre millions itou – mais d’euros, cette fois-ci – d’« un appartement de près de 250 mètres carrés avec mezzanine situé au premier étage d’un immeuble historique de la place des Vosges », qui « offre de beaux volumes, dont un salon de plus de quatre mètres de hauteur sous plafond », avec ceci de spécialement charmant qu’« à l’arrière, les fenêtres donnent sur un élégant jardin à la française, à l’abri des regards » [4]), la décision de troquer les States pour la France moisie, disais-je, ne fut certes pas des plus faciles à prendre. Mais, Anne – my wife – a su trouver pour me convaincre ces mots qui ont trouvé mon cœur : « Remember, Domi, qu’à Paris nous avons Pierre Moscovici, alors qu’ici, pas. » So, oui : « I am proudly candidat à l’élection présidentielle de 2012. »)

Car il n’est que temps, jugent les Françai(se)s (Laurent & Christophe estimant de leur côté qu’il s’agit là de « points très secondaires, qu’est-ce qu’on en avons à foutre, sans déconner, puisqu’on sait que Domi est de gauche ? »), que DSK dise enfin ses recettes pour une France meilleure, qui sera(it) aussi la France d’après la France d’après – c’est-à-dire, on l’aura compris, la France d’avant.

Et justement : les Françai(se)s (moins Laurent & Christophe, qui n’en ont « strictement rien à branler, putain, puisqu’on vous dit que le gars est de gauche, vous allez arrêter de le faire chier, oui ? ») aimeraient (notamment) savoir si DSK a dans ses intentions de privatiser comme avant (et comme il vient encore de faire aux Hellènes, un peu comme s’il ne pouvait vraiment pas s’empêcher, le pauvre gars), et s’il compte, comme avant, s’engager à leur ponctionner du pognon pour les banques, histoire qu’elles puissent gaver Tapie – auquel cas c’est peut-être pas la peine qu’il revende trop vite ses four millions dollars mètres carrés washingtoniens, vu que s’il se confirme qu’il a les sombres desseins qu’on pressent, il sera peut-être très content d’avoir, après le premier tour, une planque à l’autre bout du monde.


Notes


[1Il s’agit bien sûr de Laurent Joffrin, barbichu big boss du Nouvel Observateur.

[2Barbier, von l’hebdomadaire L’Express.

[3L’Express, 23 février 2011.

[4Idem.



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