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Dans les deux sens du terme


paru dans CQFD n°137 (novembre 2015), rubrique , par l’équipe de CQFD
mis en ligne le 06/11/2015 - commentaires

« Je rends hommage à la classe ouvrière. » La classe, oui, dans les deux sens du terme. Xavier Mathieu, un des rebelles des Contis, cette boîte qui vira un beau jour 700 de ses ouvriers pour satisfaire à la fringale actionnariale, s’exprime dans Le Grand Journal de Canal Plus le 12 octobre dernier. Le matin même, six salariés d’Air France étaient cueillis au saut du lit par quelques mastards assermentés de la police de l’air et des frontières suite à l’ambiance pugilistique du dernier comité central d’entreprise.

Il est là le Mathieu, mâchoire crispée, muscles tendus, bête de scène propulsée dans l’arène médiatique. Venu de son plein gré, en mémoire d’abord du chanteur Leny Escudero (que CQFD a eu l’honneur de compter parmi ses abonnés). « Expliquez-nous », demande l’oie peroxydée et chargée de distribuer la parole. « Parce que je rage, je rage depuis quelques jours de ce que je vois, le lynchage […] que tous les médias ont fait envers mes camarades qui se battent. » La jactance de Mathieu n’est pas toujours académique, bousculée par la colère, le trop-plein. Le « Qu’est-ce que je fous-là ? » à faire mon numéro sous les projos de cette éditocratie qui s’est arrogé le monopole de décrire le monde tel qu’il va. Pour qui « ouvrier » est un concept aussi périmé qu’une boule de naphtaline oubliée dans l’armoire de mamie.

Alors Mathieu décide de filer la métaphore. Et de nous élaborer une théorie sur le labrador, ce gentil clébard qui encaisse toute sa vie et qui, un jour, finit par mordre comme un forcené cette main qui l’a flatté pour un salaire et des conditions de travail de misère. Il rappelle que toute sa vie, il a été non violent, mais que maintenant c’est fini  : « Je suis pour la violence. » Comment ne pas avoir envie de charger la culasse au regard de l’ardoise laissée par la lutte des Contis  : 5 suicides, 200 types au RSA et des centaines de divorces. De quoi ce barouf médiatico-politique pour deux chemises arrachées est-il le nom ? Si ce n’est celui d’une caste dominante piquée au vif d’avoir été publiquement mise à nu, dans les deux sens du terme. Et qui se plaint de la mauvaise image renvoyée auprès des investisseurs étrangers…

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Deux jours plus tard, un ouvrier cégétiste de la société STX à Saint-Nazaire (là où commença la grève générale de 1968 !) refuse de serrer la pogne de Hollande, en solidarité avec les salariés d’Air France face à la « violence patronale ». L’autre pantin bafouilla « Moui… dialogue social, on peut parler  ». Pan, bourre pif, on se prêtait à rêver…

Mais tout cela, c’était à la télé.



2 commentaire(s)
  • Le 26 novembre 2015 à 18h04 -

    Qu’est ce que ça peut faire que Leny escudero ait été abonné du journal ?

    Répondre à ce message

    • Le 27 novembre 2015 à 16h37, par Arbitre de touche -

      Visiblement ça te fait réagir et même commenter l’article. Et moi ça me fait me souvenir de Leny. CQFD : 2 points. Râleur : 0 points.

      Répondre à ce message

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