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Au sommaire du n°143 : spécial "Debout partout"


paru dans CQFD n°143 (mai 2016), rubrique , rubrique , par l’équipe de CQFD, illustré par , illustré par , illustré par
mis en ligne le 07/05/2016 - commentaires

En kiosque à partir du samedi 7 mai 2016.

En une : "Debout République". Photo de Yann Levy.

Un article sera mis en ligne, chaque semaine. Les autres articles seront archivés sur notre site trois mois plus tard. D’ici-là, tu as tout le temps d’aller saluer ton kiosquier ou de t’abonner...

L’édito : La police déteste tout le monde !

Paris, le 1er mai, boulevard Diderot. Les CRS font obstruction à la traditionnelle journée de solidarité des travailleurs, pensant isoler le bon grain de l’ivraie, les gentils pacifistes des redoutables casseurs. En vérité, les choses sont devenues un peu plus compliquées que cela. Qui peut prétendre que le slogan « Tout le monde déteste la police ! » n’est entonné que par une infime minorité ? Par moments, au vu de la présence policière massive, certains manifestants, à bout de patience, croyaient assister à une manif de flics encerclée par des ouvrier.e.s, étudiant.e.s, précaires, etc. Face à la rangée de robocops, sourds à toute discussion – la plupart utilisent des bouchons d’oreille pour ne pas entendre les insultes et les quolibets – et prompts à gazer tout ce qui s’agite, une vieille citation revient à l’esprit : « La question n’est pas de comprendre pourquoi il y a des gens qui se battent contre la police, mais pourquoi il n’y en a pas plus. » C’est de qui déjà ? Wilhem Reich ? A moins que ce ne soit apocryphe… Peu importe.

« Il n’y a pas de casseurs qui s’infiltrent et cassent pour le fun, estimait ainsi un syndicaliste rennais dans Le Monde du 2 mai. […] Ils ne sont pas en marge du mouvement social, ils sont intégrés aux cortèges. » Les mobilisations du printemps 2016 ont changé la donne. Le discours politico-médiatique sur les « casseurs » a de moins en moins de prise parmi les gens mobilisés. La montée en puissance de la violence dans les cortèges est en grande partie une réaction à la stratégie de tension d’un pouvoir qui veut imposer ses conditions de manifester. Il s’agit aussi d’un légitime sentiment de révolte face à une répression sans frein : plus de mille arrestations enregistrées depuis le début de la mobilisation contre la loi El Khomri.

Pour autant le sempiternel débat sur la violence – c’est bien ou c’est pas bien ? (sondage Chien rouge/CQFD) – est un bourbier qui englue ceux qui s’en font les dépositaires dans des postures stériles. Il y a certes des violences nuisibles au mouvement et qui mettent certains espaces de lutte en danger – ceux où l’on veut pouvoir venir avec nos enfants par exemple. Ainsi, le 1er mai au soir, prenant prétexte d’une attaque contre un magasin de sport, place de la République, les gaz lacrymogènes policiers ont eu raison de la tenue d’une Nuit Debout pourtant massive. Et ça, c’est évidemment ce que souhaitent les tenants du retour à l’ordre.

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Dossier spécial : Debout partout

Paris-République : Le mois le plus long > Plusieurs nuits se superposent à la Nuit Debout parisienne, qui a débuté un 32 mars pour ne plus finir. Une somme de singularités et de rencontres qu’on ne peut résumer ni figer. Voici donc quelques-unes de ces lunes, sans précision de calendrier, sans prétention d’éclairage, sans possibilité de mettre à jour. Un humble rappel des réveils souriants, parsemé d’oublis obscurs.

Paris-Banlieues : À l’aube de nouvelles Nuits > Non, la République n’est pas le centre du monde. Les banlieues et les quartiers se lèvent aussi ! Reportage à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis et sur la place des Fêtes, à Paris, où, loin des grands médias, on fait aussi sa Nuit Debout, même avec peu de monde.

Rennes : La bataille du centre-ville > Drapeaux, slogans, banderoles et distribution de sérum phy. Les manifs rennaises ressemblent aux autres. À une différence près : le centre-ville, interdit d’accès par la mairie et la préfecture, est devenu un enjeu du mouvement social.

Lille : Convergence des nuits > A Lille la Nuit Debout s’oppose parfois à l’activisme. Un horizon commun en perspective ?

Marseille : Le S.O. fait son chaud > Crânes rasés, oreillettes, gazeuses sous le bras, carrure imposante derrière des lunettes de soleil, talkies-walkies… Impossible de rater ces aficionados des manifs. Et attention, ils veillent au grain : tout doit se passer dans les clous. Enquête spéciale au cœur du Service d’ordre (S.O.) CGT-Sécurité.

Syndicats : Un Pastis... bien noyé ! > Lors du 51e congrès de la CGT, Martinez a installé son leadership, mais sous la surveillance tendue de sa base.

Précariat : « Tout le monde apprend avec la crise » > Exilé en France après les mouvements italiens des années 1970, auteur du Gouvernement par la dette et de Marcel Duchamp et le refus du travail, le philosophe Maurizio Lazzarato accompagne la lutte des Intermittents depuis les années 1990. Il aborde ici la crise de la dette, la généralisation du précariat et le renouvellement des formes de lutte internationales, notamment autour des occupations de places et de leurs transversalités.

Témoignage : « La grève, c’est relever la tête » > Entretien avec Laurent, chauffeur de bus RATP depuis 27 ans, Lutte ouvrière.

Témoignage : « Un degré de violence rare » > Paul s’est fait démolir la rotule par des flics lors d’une récente manifestation parisienne contre la Loi Travail. Il raconte.

Photo de Ferdinand Cazalis. {JPEG}

Enquêtes et reportages

Immigration : Dieppe, l’autre Calais > Quand on ne peut passer par ici, il faut passer par là. La cité normande accueille elle aussi des candidats au départ pour la Grande-Bretagne. Au grand dam du maire, tout communiste qu’il soit.

Panama Papers : Sous le chapeau, le bas de laine > C’est le nouveau scandale financier, la cuvée 2016. L’affaire des Panama Papers, relayée par tous les médias, est une petite bombe à fragmentation qui vient de péter à la tronche des capitalistes et politiques de tout poil. L’énième du genre avant la prochaine ?

Nucléaire : Du déni à l’autogestion > À l’occasion du trentième anniversaire de l’accident de Tchernobyl, l’association La qualité de vie a vu grand. De 9h à minuit, plus de cinquante personnes – médecins, chercheurs, travailleurs et militants –, sont intervenus, le samedi 23 avril, à la mairie du 2e arrondissement de Paris pour une conférence-marathon intitulée « Tchernobyl day and night . En voici quelques morceaux choisis pour éclairer radieusement l’actualité de cet accident.

Kurdistan : Survivre à Sur > À Diyarbakir, capitale de la région kurde du Sud-Est anatolien, malgré toutes les violences subies par la population et la crainte des attentats, la fête du Newroz, qui célèbre le nouvel an et l’esprit de résistance, a réuni plusieurs centaines de milliers de personnes. Reportage parmi les rescapés du quartier de Sur, qui a été le théâtre de sanglants affrontements avec les forces de l’État turc.

Trois mois en Éthiopie : Invitation au voyage > L’Éthiopie ? Avant de rencontrer Noémie, Abel et leurs trois enfants, nous n’avions jamais pensé y aller. Par contre, révoltés par la situation faite ici aux migrants, nous étions curieux. Abel est né en Érythrée quand celle-ci était encore éthiopienne. Il dit la beauté de cette région, mais aussi le scandale des famines de 1973 et 1984 : «  L’Éthiopie est riche, toutes les terres sont cultivées, c’est la spéculation qui a provoqué ça. » (...) Abel raconte qu’en Érythrée, l’enrôlement militaire est obligatoire pour les hommes, toute leur vie. La dictature enlève, torture, et de plus en plus d’Érythréens échappent à cet enfer en se réfugiant dans d’autres pays africains, en particulier l’Éthiopie, ou tentent le grand saut vers l’Europe, les USA... Tout est dit avec colère, mais aussi en riant, comme pour relativiser, adoucir, au gré de mille anecdotes relatant la solidarité, l’humour et la force de caractère des Éthiopiens. Quand Noémie et Abel ont décidé d’aller vivre là-bas, nous savions que nous irions les rejoindre. Et, à la fin du voyage, Abel nous chargera d’une mission : « Racontez ce que vous avez vu ici ! » Reportage exclusif en cinq pages.

A l'extérieur des murailles de Harar. Photo de Mira Garou et Donatien Ducasse. {JPEG}

Cultures et analyses

Média : Le retour du gros canard > En octobre 2014 sortait en librairies le premier numéro de Jef Klak, « Marabout ». Un an et demi plus tard, le troisième numéro « Selle de Ch’val » sort du box. Interview de complaisance sans concession.

Bouquin : Gadjo ! Mange tes morts ! > Ça sort chez l’éditeur Steinkis et vaut largement ses 20 zorros. Manouches est le cinquième album que Kkrist Mirror consacre au peuple tsigane. C’est dense, pugnace, dramatique. Ça rend de la noblesse aux nomades et toute leur laideur aux notables. Michto !

Ma cabane pas au Canada : Décadrer la psychiatrie > Depuis 2012, ils se retrouvent une fois par semaine pour un atelier photo à Marseille et pour publier Un autre journal. Sans clichés, CQFD est allé à la rencontre de ces photographes autodidactes, qui ont en commun d’avoir connu un suivi psychiatrique en hôpital.

Film : Les Gracieuses, de Fatima Sissani, à fleur de banlieue > Comment un film sur une bande d’amies du Val-de-Marne soulève-t-il autant de débats lors des projections publiques ? Peut-être parce que, tout en douceur, il met le doigt là où ça saigne. Et révèle le soupçon maladif auquel sont soumises les identités multiples dans ce pays. Conversation avec Fatima Sissani.



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