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Caméras cassées à Bayonne


paru dans CQFD n°98 (mars 2012), par Salim Bisset, illustré par
mis en ligne le 30/04/2012 - commentaires

par NardoComme son papa, maire de Bayonne avant lui, le député Jean Grenet finance à perte la corrida – 400 000 euros de déficit en 2011 –, et multiplie les subventions afin de valoriser la fierté locale qu’est le club omnisport de la commune, l’Aviron Bayonnais [1].

Mais, en vieillissant, le Prince Jean dépense aussi sans compter pour normaliser et sécuriser son fief. Depuis un an et demi, un programme municipal de 200 000 euros vise à promouvoir la culture institutionnelle et à restreindre les pratiques festives dans les quartiers populaires : fermeture prématurée des bars en semaine, fin obligatoire des concerts à 22 heures le week-end… Comme ailleurs, l’objectif non affiché est d’« assainir » le centre-ville, pour attirer les cadres sup’ et les gentils Parisiens endimanchés qui ne devraient pas tarder à déferler sur la ville avec la future ligne à grande vitesse Paris-Madrid. Installées provisoirement depuis cinq ans pendant les fêtes de Bayonne afin d’épier les festayeres, les caméras de vidéosurveillance se sont multipliées en catimini à l’automne dernier, avec la pose d’une quinzaine d’yeux électroniques dans le quartier basque du Petit Bayonne. Rapidement, un bon nombre d’entre elles n’ont pas résisté aux sprays et à l’arrachage des fils d’alimentation, avant que « quelqu’un » ne les fasse, en désespoir de cause, retirer. Depuis, la mairie cherche à garder la face en affirmant, sans rire, par l’intermédiaire de son service de communication, « ne pas avoir eu connaissance de l’installation de caméras de surveillance dans le Petit Bayonne… » Difficile, en effet, d’avouer un nouveau revers après des manifestations de réfractaires et qu’une étude sociologique a démontré que la jeunesse bayonnaise est « plutôt sage » dans ses pratiques nocturnes. Reste que le Prince Jean est tenace ! Il revient cette fois par la grande porte et fait savoir, via la presse, que dix-sept caméras seront installées à Saint-Esprit, le vieux quartier juif à côté de la gare – financées par le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) à hauteur de 35 000 euros.

La bataille est loin d’être terminée : « Nous allons nous occuper de ces nouvelles caméras », rapporte un trentenaire qui a bien entendu souhaité garder l’anonymat.


Notes


[1La municipalité lui alloue entre 750 000 et 1,5 million d’euros de subventions annuelles, pendant que six millions sont destinées à la rénovation du stade Jean-Dauget.



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Par Salim Bisset


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