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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Au petit bazar la chance</title>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;my Cattelain</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;my Comment</dc:subject>
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		<dc:subject>Annick</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans ce quartier populaire proche de la gare Saint-Charles, la fa&#231;ade de cette boutique est banale, semblable &#224; celle de ces autres vieux locaux &#233;quip&#233;s de volets en bois. Aucun signe particulier ne signale ce magasin plein &#224; craquer de livres, de vaisselles, de v&#234;tements et de quantit&#233; d'autres objets, tous d'occasion, comme &#233;tant un lieu destin&#233; &#224; r&#233;colter quelques menues monnaies pour une terrifiante association nomm&#233;e Article 13. &#171; Toute personne a le droit de circuler librement et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remy-Cattelain" rel="tag"&gt;R&#233;my Cattelain&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-association" rel="tag"&gt;l'association&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/circuler-librement" rel="tag"&gt;circuler librement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-association-Article" rel="tag"&gt;l'association Article&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-etat" rel="tag"&gt;d'un &#233;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-interieur-d-un" rel="tag"&gt;l'int&#233;rieur d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Annick" rel="tag"&gt;Annick&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ce quartier populaire proche de la gare Saint-Charles, la fa&#231;ade de cette boutique est banale, semblable &#224; celle de ces autres vieux locaux &#233;quip&#233;s de volets en bois. Aucun signe particulier ne signale ce magasin plein &#224; craquer de livres, de vaisselles, de v&#234;tements et de quantit&#233; d'autres objets, tous d'occasion, comme &#233;tant un lieu destin&#233; &#224; r&#233;colter quelques menues monnaies pour une terrifiante association nomm&#233;e Article 13.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_847 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/p15-cabane-cqfd115.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH216/p15-cabane-cqfd115-5f723.jpg?1779618338' width='500' height='216' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;my Cattelain
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa r&#233;sidence &#224; l'int&#233;rieur d'un &#233;tat, ainsi que celui de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que dit justement l'article 13 de la D&#233;claration de 1948 des droits de l'homme. &#171; &lt;i&gt;C'est pour &#231;a qu'on a choisi ce nom&lt;/i&gt; &#187;, explique Annick, la cinquantaine joyeuse, une des personnes qui tient cet endroit seulement ouvert l'apr&#232;s-midi. Au milieu de ce bric-&#224;-brac soigneusement rang&#233;, elle poursuit : &#171; &lt;i&gt;Tu vois, c'est la fin de journ&#233;e. C'est l'heure o&#249; des gars du&lt;/i&gt; Sleep In &lt;i&gt;voisin, l&#224; o&#249; dorment des gens qui ont des probl&#232;mes li&#233;s &#224; la drogue, passent par ici pour qu'on leur donne un ou deux euros et prendre des v&#234;tements propres pour se changer. Rares sont ceux qui ne reviennent pas pour nous payer ce qu'ils peuvent au d&#233;but du mois, quand ils r&#233;cup&#232;rent un peu d'argent.&lt;/i&gt; &#187; Ailleurs, dans un autre lieu, c'est dans les locaux de l'association &lt;a href=&#034;http://www.millebabords.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Milles B&#226;bords&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mille B&#226;bords &#8211; 61, rue Consolat &#8211; 13001 Marseille. http://article13eklablog.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; que les membres de l'association Article 13 accueillent une multitude de gens aux parcours difficiles. Ils les &#233;coutent, s'occupent de leurs cas, les orientent dans les labyrinthes des administrations, l&#224; pour r&#233;cup&#233;rer des documents, ici pour r&#233;gulariser leurs situations. Et l'association de mettre, par l'interm&#233;diaire de son r&#233;seau, la main &#224; la poche si n&#233;cessaire. &#171; &lt;i&gt;Rien que pour une carte de s&#233;jour, il faut payer 600 euros &#224; l'&#233;tat&#8230; Sans parler des avocats pour les retenus au CRA, les d&#233;placements et tous les coups de main qu'on donne. Alors, il faut un peu d'argent. Mais notre principe est surtout de ne pas faire les choses &#224; leur place. On fait tout pour qu'ils prennent leur affaire en main&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Annick, dans un &#233;clat de rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est le hasard qui a fait qu'on a ouvert cette boutique vide grenier. Une connaissance m'a dit qu'elle disposait d'un magasin inoccup&#233; et que si on le souhaitait on pouvait le r&#233;cup&#233;rer&lt;/i&gt;, explique-t-elle. &lt;i&gt;Puis, elle nous a dit que sa cave &#233;tait pleine de vieux objets et qu'on pouvait les prendre pour les vendre ici.&lt;/i&gt; &#187; Nouvel &#233;clat de rire. &#171; &lt;i&gt;Peu de temps apr&#232;s, on a rencontr&#233; une femme qui habite juste &#224; c&#244;t&#233; qui nous a propos&#233; de vider son logement. On a appel&#233; tout le monde.&lt;/i&gt; &#187; Elle semble presque chantonner : &#171; &lt;i&gt;Dans le bar d'en face, &#224; c&#244;t&#233; de l'&#233;glise grecque, un gars m'a racont&#233; qu'il vidait un appartement de la Cit&#233; Radieuse de Le Corbusier et qu'il y avait plein de bouquins dont il ne voulait pas. Evidemment, on a fonc&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_848 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p15-cabane-115-45156.jpg?1779618338' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;my Comment
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les gens de la rue viennent se servir en vaisselle d&#232;s que leur situation s'am&#233;liore l&#233;g&#232;rement. Et Annick d'insister : &#171; &lt;i&gt;Ici, par principe, ce n'est pas la gratuit&#233;. Ceux qui n'ont pas d'argent se servent. Mais, on ne refuse jamais l'argent qu'on nous donne : c'est souvent une question de dignit&#233; pour eux. Il y a m&#234;me des gens qui paient plus que le prix annonc&#233;. &lt;/i&gt; &#187; Des gens du quartier &#171; &lt;i&gt; tous sympas et diff&#233;rents&lt;/i&gt; &#187; passent r&#233;guli&#232;rement. Une voisine a pris en main tout ce qui concerne le courrier et l'information sur la boutique. Joanna, une des filles d'Annick, s'occupe, entre autre gestion du lieu, de faire parvenir des v&#234;tements aux indigents incarc&#233;r&#233;s aux Baumettes : &#171; &lt;i&gt;C'est pas tr&#232;s simple : il faut trouver le bon chemin et les bonnes personnes. Mais on ne l&#226;che pas&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des collectifs de soutien aux Roms trouvent ici de quoi prot&#233;ger les familles des intemp&#233;ries. R&#233;cemment, c'est &#224; la pr&#233;paration d'un mariage rassemblant cent quarante personnes qu'elles doivent r&#233;pondre en fournissant de la vaisselle. Mais ici pas de propagande ostensible : ni affiches, ni tracts, ni drapeaux qui ne plastronnent pour l'association Article 13. &#171; &lt;i&gt;Les gens le savent. C'est mieux de leur en parler directement plut&#244;t qu'avec de la propagande, non ? &lt;/i&gt; &#187;, feint-elle de s'interroger en rigolant. Puis, comme pour souffler un peu : &#171; &lt;i&gt;C'est bien de faire tout &#231;a. &#199;a fait tellement de bien &#224; l'&#226;me et au cerveau&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mille B&#226;bords &#8211; 61, rue Consolat &#8211; 13001 Marseille. &lt;a href=&#034;http://article13eklablog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://article13eklablog&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vide Grenier &#8211; 18, rue de la Grande Arm&#233;e &#8211; 13001 Marseille. T&#233;l. 06 44 05 68 93.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tsig boum tsoin tsoin</title>
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		<dc:date>2013-12-13T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile F&#233;vrier</dc:creator>


		<dc:subject>Page Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Marina Obradovic</dc:subject>
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		<dc:subject>Bonini Baraldi</dc:subject>
		<dc:subject>musiques tsiganes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La musique tsigane existe-t-elle ? Filippo Bonini Baraldi, ethnomusicologue et violoniste, a publi&#233; une th&#232;se intitul&#233;e Tsiganes, musique et empathie, apr&#232;s des ann&#233;es d'&#233;tude sur le terrain &#224; Ceuas, village de musiciens, en Transylvanie (Roumanie). Il revient pour CQFD sur une identit&#233; en voie de r&#233;cup&#233;ration. CQFD : Quelle est la place des musiciens tsiganes en Roumanie ? Filippo Bonini Baraldi : Contrairement aux Tsiganes qui jouent dans la rue ou dans le m&#233;tro en France et qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La musique tsigane existe-t-elle ? Filippo Bonini Baraldi, ethnomusicologue et violoniste, a publi&#233; une th&#232;se intitul&#233;e &lt;i&gt;Tsiganes, musique et empathie&lt;/i&gt;, apr&#232;s des ann&#233;es d'&#233;tude sur le terrain &#224; Ceuas, village de musiciens, en Transylvanie (Roumanie). Il revient pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sur une identit&#233; en voie de r&#233;cup&#233;ration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Quelle est la place des musiciens tsiganes en Roumanie ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Filippo Bonini Baraldi&lt;/strong&gt; : Contrairement aux Tsiganes qui jouent dans la rue ou dans le m&#233;tro en France et qui n'ont pas forc&#233;ment le statut de musiciens professionnels dans leur pays d'origine, les bons musiciens en Roumanie pr&#233;f&#232;rent souvent gagner leur vie en restant chez eux. Un vrai march&#233; s'ouvre &#224; eux, entre les mariages, les bapt&#234;mes, les enterrements, les f&#234;tes, les restaurants&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'ils soient roumains ou hongrois (de Transylvanie, r&#233;gion sous influence hongroise jusqu'&#224; la seconde guerre mondiale), pour eux, c'est un m&#233;tier lucratif qui ne se transmet qu'au sein de la famille parce que, d&#232;s que l'enfant grandit, on peut l'emmener jouer dans des mariages, ce qui signifie un peu plus d'argent pour le foyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation des musiciens professionnels est comparable &#224; celle des serveurs de table. Ils jouent ce qui va plaire aux gens et ce qu'on leur demande. D'ailleurs c'est cette &#233;thique professionnelle de &#171; servir le client &#187; qui est inculqu&#233;e aux tout jeunes avant toute transmission strictement musicale : apprendre la justesse au violon ou les accords &#224; la contrebasse est une affaire secondaire ! Souvent, en &#171; tsiganie&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;signe le &#171; quartier tsigane &#187;, habituellement situ&#233; aux marges des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;, j'entendais cette expression : un couple de Ceu&#224;s avec qui j'ai pass&#233; de longs et riches moments, Cs&#225;ng&#225;lo et Tinka&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lui est le bratschiste de Sz&#225;zscs&#225;v&#225;s Band, important musicien et personnage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, m'a expliqu&#233; que le musicien de m&#233;tier doit m&#233;moriser les chansons pr&#233;f&#233;r&#233;es des personnes qu'il croise sur son chemin afin de les restituer au cours de ses prestations en &#233;change de quelques billets. Il est conscient d'utiliser des stratag&#232;mes pour tirer profit de toute situation et ne manque pas de s'en vanter.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_846 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/p13-violon-tzig-79bdc.jpg?1779631141' width='500' height='335' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Marina Obradovic.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et ceux qui viennent en France ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux-l&#224; sont rarement professionnels : ils sortent les instruments ici pour gagner un peu d'argent. Ils viennent &#224; la fois de la campagne de Roumanie et des faubourgs des villes, et partent, non par r&#233;f&#233;rence &#224; un quelconque nomadisme&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rappelons que le nomadisme &#233;tait interdit pendant les 40 ans de la dictature (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, contrairement aux id&#233;es re&#231;ues, mais par n&#233;cessit&#233; &#233;conomique. Cependant, concernant leur fa&#231;on de jouer, ils l'adaptent, comme en Roumanie, aux go&#251;ts pr&#233;sum&#233;s de leur public. C'est pour cela qu'ils jouent du musette ou des standards d'Edith Piaf. Ils se disent qu'il y a plus de chance que les gens aiment&lt;i&gt; Besame mucho&lt;/i&gt; qu'une hora&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Style de m&#233;lodie roumaine, comme les manele, les doina&#8230;&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; de Bucarest que personne ne conna&#238;t. Dans leurs t&#234;tes, c'est impossible que l'on puisse aimer une musique que l'on ne conna&#238;t pas. Ce n'est sans doute pas la seule raison, c'est peut-&#234;tre aussi parce qu'ils pensent que la musique dite &#171; internationale &#187;, celle qu'ils appellent &#171; caf&#233;-concert &#187;, s'associe &#224; des ambiances plus raffin&#233;es, car elle &#233;tait &#233;cout&#233;e par des intellectuels, des profs d'&#233;coles, et du coup c'est une mani&#232;re de se poser comme plus cultiv&#233;s. Mais, dans leur culture, faire de la musique, c'est jouer celle qu'on leur demande. C'est la diff&#233;rence avec les musiciens occidentaux qui, dans les concerts, jouent ce qu'ils aiment, ce qu'ils pr&#233;f&#232;rent, &#171; leur &#187; musique et non celle du public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce qu'on peut &#233;tendre ces propos &#224; toutes les communaut&#233;s tsiganes en Europe : les Andalous, les manouches&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, ce rapport &#224; la musique est typique des Balkans. Leur histoire est celle de musiciens de cour, notamment en Hongrie, qui jouaient pour les nobles, les riches &#224; qui ils rendaient ce service. Et m&#234;me quand ils jouaient pour les paysans, ils &#233;taient toujours confront&#233;s &#224; un m&#233;lange de communaut&#233;s, ce qui a renforc&#233; chez eux la n&#233;cessit&#233; de conna&#238;tre un r&#233;pertoire tr&#232;s vaste s'adaptant d'abord &#224; l'ethnie de leur public et aussi aux pr&#233;f&#233;rences personnelles de leurs clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jouer de la musique, c'est donc toujours dans un contexte &#171; professionnel &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, il y a aussi la musique qu'ils jouent quand ils sont entre eux. Rappelons qu'elle est tr&#232;s pr&#233;sente dans la vie quotidienne de ces soci&#233;t&#233;s, qu'elle est utilis&#233;e pour se souvenir des gens. Le savoir-faire des musiciens dans les fun&#233;railles, par exemple, permet de restituer les m&#233;lodies pr&#233;f&#233;r&#233;es du d&#233;funt afin de lui rendre hommage et s'assurer qu'il puisse faire son voyage dans l'au-del&#224;, et aussi afin de permettre aux vivants de se rappeler du mort, avec des images tr&#232;s nettes de comment il dansait, il jouait, ce qu'il aimait. La musique active des m&#233;moires, des images, et permet aux pr&#233;sents de conserver vivantes des relations avec les d&#233;funts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La musique est un endroit de m&#233;moire&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus d'approfondissement sur les liens entre musiciens, musique et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Nous, nous conservons la m&#233;moire &#224; travers des photos et des mus&#233;es, chez les Tsiganes de Transylvanie, si la musique est si centrale c'est parce qu'elle est la voix de leur m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu peux nous faire un petit point sur la musique dite &#171; tsigane &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez nous, quand on parle de musique tsigane, c'est surtout pour &#233;voquer la musique d'Europe de l'Est. Cette musique est devenue &#224; la mode avec les films de Kusturica et Gatlif, le tout dans un imaginaire m&#233;langeant exotisme oriental et pratiques festives. Ces films ont stimul&#233; un fantasme occidental : celui du Tsigane libre comme l'air et qui fait la f&#234;te tout le temps en dansant autour d'un feu. Fantasme qui se reproduit d'ailleurs de si&#232;cles en si&#232;cles (Esmeralda, Carmen, etc.) et contraste avec le racisme qu'ils subissent, qui est encore plus fort en Roumanie qu'en Europe occidentale. En fait, lorsqu'on parle de musique tsigane en France, on fait une grande confusion parce qu'on se r&#233;f&#232;re &#224; tout ce qui est musique balkanique. La seule diff&#233;rence entre musique tsigane et musique locale est dans la mani&#232;re de l'interpr&#233;ter. La mati&#232;re musicale, les m&#233;lodies sont les m&#234;mes, mais les Tsiganes ont une mani&#232;re de les jouer qui en fait un style tsigane avant d'&#234;tre une musique sp&#233;cifiquement tsigane. Il n'y a pas d'harmonies ou de rythmes sp&#233;cifiques qui seraient arriv&#233;s d'Inde par exemple, mais des patrimoines locaux communs que les Tsiganes se sont appropri&#233;s. On doit donc parler de musiques tsiganes au pluriel. C'est seulement &#224; travers ce processus d'appropriation et d'interpr&#233;tation de ce qui existe sur place pour le transformer et le vivre &#224; leur mani&#232;re que l'on peut parler d'un trait commun aux Tsiganes d'Espagne, de Hongrie, de France, de Roumanie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur le plan politique europ&#233;en, ne cherche-t-on pas &#224; englober ces diff&#233;rentes cultures pour en faire un seul et m&#234;me peuple ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela appara&#238;t, en effet, comme une n&#233;cessit&#233; politique, car pour d&#233;fendre les droits d'une minorit&#233;, il faut d'abord la constituer, autour d'une m&#234;me langue, de rites religieux similaires, etc. Or, dans le cas des Tsiganes en Europe, les religions sont multiples : orthodoxe dans les Balkans, r&#233;formiste en Hongrie, catholique en Espagne, etc. Ils ne parlent pas la m&#234;me langue non plus&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il existe une langue tsigane, le romani, commune &#224; de nombreuses communaut&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Alors, comme les ressemblances ne sont finalement pas &#233;videntes, on essaie de construire une sorte de boule artificielle dans laquelle on mettrait tous ces groupes-l&#224;, s'appuyant sur des &#171; traits caract&#233;ristiques communs &#224; tous les Roms &#187;, qu'il faut du coup inventer. Et de leur attribuer un drapeau, un hymne, une appellation unique [voir encadr&#233; ci-dessous], une origine commune, et de plus en plus on les incite &#224; construire une musique unifi&#233;e susceptible de correspondre &#224; un m&#233;lange de toutes ces communaut&#233;s tsiganes pr&#233;sentes en Europe. Mais, si unit&#233; il y a, c'est dans le regard unanime port&#233; sur &#171; ces &#233;ternels &#233;trangers de l'int&#233;rieur &#187;, regard accentu&#233; par la &#171; politique europ&#233;enne d'inclusion&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La &#171; dimension europ&#233;enne de la culture des Roms &#187; int&#233;resse, en premier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &#187; &#224; leur &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tsiganes ou Roms ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Petit rappel historique de l'appellation rrom, en Roumanie : en 1993 une &#233;lite politique a choisi d'ajouter un &#171; r &#187; au mot &#171; rom &#187; (&#171; homme &#187; en langue romani) utilis&#233;e depuis le congr&#232;s de l'Union rom internationale en 1971, afin d'&#233;viter toute confusion fr&#233;quente par les m&#233;dias entre les Roms et les Roumains. Il y a deux ans, un politicien roumain avait m&#234;me propos&#233; de r&#233;employer le terme &#171; tsigane &#187;, pourtant consid&#233;r&#233; comme d&#233;nigrant, afin d'&#233;viter toute &#233;quivoque suite &#224; un fait divers impliquant des Roumains, confondus avec des Roms, en Italie. Ces choix linguistiques n'ont &#233;t&#233; l&#233;gitim&#233;s que par une &#171; &#233;lite &#187; tr&#232;s minoritaire, incarn&#233;e par l'Union romani internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant la situation reste confuse et aujourd'hui des personnalit&#233;s publiques, comme les chanteurs Nicolae Guta ou Sandu Ciorba, pr&#233;f&#232;rent revendiquer leur identit&#233; &#171; tsigane &#187; et non &#171; rom &#187;. Cette ann&#233;e, l'Union europ&#233;enne a impos&#233; au gouvernement roumain d'appliquer une amende, de 50 &#224; 7 000 euros, pour l'usage du terme &#171; tsigane &#187; au lieu de celui de &#171; rom &#187;&#8230; Encore faudrait-il que les &#171; Roms &#187; portent effectivement plainte et que la plainte soit entendue par les autorit&#233;s. Que va-t-il advenir alors des tubes tsiganes &#171; &lt;i&gt;Fi tigan de tiganie&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Tigan european&#8230;&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;Tsiganie romaniei&lt;/i&gt; &#187; ? Devront-ils subir une rectification linguistique ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;signe le &#171; quartier tsigane &#187;, habituellement situ&#233; aux marges des villages &lt;i&gt;gadj&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lui est le bratschiste de Sz&#225;zscs&#225;v&#225;s Band, important musicien et personnage du village, et Tinka, sa femme, chante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Rappelons que le nomadisme &#233;tait interdit pendant les 40 ans de la dictature communiste de Ceausescu. Il reste aujourd'hui en Roumanie quelques formes de semi-nomadisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Style de m&#233;lodie roumaine, comme les manele, les doina&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour plus d'approfondissement sur les liens entre musiciens, musique et soci&#233;t&#233;, il est conseill&#233; de lire la th&#232;se de Filippo Bonini Baraldi, &lt;i&gt;Tsiganes, musique et empathie&lt;/i&gt;, &#233;ditions EMSH, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il existe une langue tsigane, le romani, commune &#224; de nombreuses communaut&#233;s en Europe. Mais, selon les pays, les contextes et l'Histoire, cette langue s'est parfois perdue, souvent apr&#232;s avoir &#233;t&#233; interdite. De nombreux Tsiganes parlent aujourd'hui principalement les langues locales. En m&#234;me temps, le romani a nourri consid&#233;rablement notre argot (&lt;i&gt;gadjo, marrav, pillav&lt;/i&gt;&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La &#171; &lt;i&gt;dimension europ&#233;enne de la culture des Roms&lt;/i&gt; &#187; int&#233;resse, en premier lieu, ceux qui font profession de d&#233;cider &#224; leur place. Ainsi, un s&#233;minaire, organis&#233; dans le cadre de Marseille 2013 par le Conseil de l'Europe, s'est pench&#233;, le 30 octobre dernier, sur &#171; &lt;i&gt;les conditions de valorisation de la culture rom&lt;/i&gt; &#187; et r&#233;unira des acteurs europ&#233;ens (responsables de mus&#233;es, responsables d'ONG culturelles, op&#233;rateurs culturels, &#233;lus, chercheurs, etc.), afin de &#171; &lt;i&gt;d&#233;finir l'itin&#233;raire de la culture et du patrimoine des Roms et d'en &#233;tudier les moyens de d&#233;veloppement.&lt;/i&gt; &#187; Euh&#8230; y a-t-il un Rom dans la salle ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Presse sous perf'</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Fontenelle</dc:creator>


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&lt;p&gt;Tandis que les patrons de la presse dominante lancent vers le gouvernement de (tr&#232;s) vigoureuses exhortations &#224; r&#233;duire la d&#233;pense publique, l'&#201;tat les gave de gros pognon : pour rien, dit la Cour des comptes. Non, raymond. Non, la Cour des comptes n'est pas seulement l'organisme public dot&#233; en 2008 d'une mission de conseil au gouvernement, &#224; la t&#234;te duquel Sarkozy a mis, du temps que la droite UMPique r&#233;gnait sur notre cher et vieux pays, en 2010, un &#171; socialiste &#187; selon son go&#251;t &#8211; a man (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Medias-8" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/called-Didier" rel="tag"&gt;called Didier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/presse-ecrite" rel="tag"&gt;presse &#233;crite&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tandis que les patrons de la presse dominante lancent vers le gouvernement de (tr&#232;s) vigoureuses exhortations &#224; r&#233;duire la d&#233;pense publique, l'&#201;tat les gave de gros pognon : pour rien, dit la Cour des comptes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Non, raymond. Non, la Cour des comptes n'est pas seulement l'organisme public dot&#233; en 2008 d'une mission de conseil au gouvernement, &#224; la t&#234;te duquel Sarkozy a mis, du temps que la droite UMPique r&#233;gnait sur notre cher et vieux pays, en 2010, un &#171; socialiste &#187; selon son go&#251;t &#8211; &lt;i&gt;a man called&lt;/i&gt; Didier Migaud &#8211;, qui n'a depuis eu de cesse que de produire, en flux (tr&#232;s) tendu, des exhortations &#224; r&#233;duire la d&#233;pense publique facilement reconnaissables &#224; ce qu'elles font, dans l'instant, la une du journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, o&#249; ces bubulations lib&#233;rales forcent de longue date le respect de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je veux dire, mon Raymond, c'est qu'il arrive encore &#8211; m&#234;me si c'est de plus en plus rare &#8211; que cette v&#233;n&#233;rable institution, fond&#233;e en des temps napol&#233;oniens pour v&#233;rifier l'usage que l'&#201;tat fait de nos deniers, s'acquitte normalement de cette exigeante mais noble t&#226;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout r&#233;cemment, rexemple : elle a enqu&#234;t&#233; sur les &#171; aides &#187; publiques &#224; la presse &#233;crite &#8211; sur le pognon, pris dans nos imp&#244;ts, que le gouvernement allonge &#224; ses publications quotidiennes et hebdomadaires, pour les aider &#224; boucler des fins de mois devenues, pour tout un tas de raisons, dont la moindre n'est sans doute pas que nous avons collectivement pris conscience que ces organes &#233;taient d'abord et avant tout des machines &#224; produire (et &#224; diffuser) une propagande mortif&#232;re, notoirement difficiles. Et la Cour a publi&#233;, au terme de cette investigation, un dense rapport &#8211; dont &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, pour le coup, n'a pas nourri du tout sa une, mais qui peut, fort heureusement, &#234;tre consult&#233; &lt;a href=&#034;http://www.ccomptes.fr/Publications/Publications/Les-aides-de-l-Etat-a-la-presse-ecrite&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt; : c'est ce que tu devrais faire, Raymond, parce qu'il le vaut bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on y d&#233;couvre, notamment, que l'argent de nos contributions finance un canard d'extr&#234;me droite dont nous tairons ici le nom (pour ne pas trop nous salir la page), mais dont le directeur a notamment &#233;t&#233; condamn&#233;, pour &#171; &lt;i&gt; diffamation raciale&lt;/i&gt; &#187; et pour &#171; &lt;i&gt;incitation &#224; la haine raciale&lt;/i&gt; &#187; : nous lui avons collectivement (mais &#224; l'insu de notre plein gr&#233;) distribu&#233;, en 2011, au titre des &#171; aides au pluralisme &#187; &#8211; c'est-y pas beau comme un coucher de soleil sur un &#233;dito de Philippe Val &#8211;, la coquette somme, pioch&#233;e dans un &#171; &lt;i&gt;fonds d'aide aux quotidiens nationaux d'information politique et g&#233;n&#233;rale &#224; faibles ressources publicitaire&lt;/i&gt;s &#187; dont tu es, j'en suis s&#251;r, bien aise de d&#233;couvrir ici l'existence&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et dont l'un des principaux b&#233;n&#233;ficiaires est le quotidien Lib&#233;ration, qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, de 260 183 euros, qui a d&#251; aider sa chefferie &#224; payer quelques salaires de cr&#226;nes d&#233;fenseurs de l'Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, et au-del&#224; de l'instructive anecdote que nous sponsorisons sans le savoir une feuille x&#233;nophobe : le rapport de la Cour des comptes met en &#233;vidence que la presse &#233;crite &#171; &lt;i&gt;constitue un secteur qui est fortement soutenu par l'&#201;tat&lt;/i&gt; &#187;, et que ce soutien s'est consid&#233;rablement accru dans le cours de la derni&#232;re d&#233;cennie &#8211; sous le r&#232;gne, donc, d'une droite vers&#233;e dans la stigmatisation obsessive, mais ovationn&#233;e par les journaleux qui b&#233;n&#233;ficiaient de cette manne, de l'&#171; assistanat &#187;. Sans m&#234;me parler des &#171; aides indirectes &#187; qui leur ont &#233;t&#233; consenties : les quotidiens et les hebdos dont les patrons hurlent en ch&#339;ur, tous les jours et les semaines, qu'il faut d'urgence &#171; &lt;i&gt;r&#233;duire la d&#233;pense publique&lt;/i&gt; &#187; (en donnant des coups de serpe dans les budgets d&#233;di&#233;s au secours des n&#233;cessiteux) se sont litt&#233;ralement gav&#233;s&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et CQFD ? me diras-tu Raymond. Ils peuvent toujours venir avec leur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 2009 et 2011, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, propri&#233;t&#233; du Serge Dassault qui milite activement pour une &#171; &lt;i&gt;suppression de toutes les aides sociales&lt;/i&gt; &#187;, a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une &#171; &lt;i&gt;subvention&lt;/i&gt; &#187; de 19 centimes par &#171; &lt;i&gt;exemplaire diffus&#233;&lt;/i&gt; &#187; &#8211; pour un mafflu total de 18,4 millions d'euros par an, qui a probablement mis du baume au c&#339;ur de son bloc-noteur vedette, Ivan Rioufol, au moment de r&#233;diger ses diatribes hallucin&#233;es contre &#171; &lt;i&gt;l'&#201;tat-mamma&lt;/i&gt; &#187;. Dans le m&#234;me temps, &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, o&#249; la fustigation des irrepentis gauchistes qui laissent filer &#171; &lt;i&gt;le d&#233;ficit public&lt;/i&gt; &#187; est une discipline &#233;ditocratique &#224; part enti&#232;re (dont t&#233;moignent par exemple les chroniques d&#233;filtr&#233;es de MM. Attali et Baverez), se sont respectivement garni la tirelire de 6,2 millions et de 4,5 millions &#8211; par an, toujours, Raymond, qu'est-ce que tu crois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi, d&#233;j&#224;, c'est &#233;difiant &#8211; pour ce que &#231;a nous dit, notamment, de l'ind&#233;pendance r&#233;elle de ces titres dont les bosses vont distribuant dans l'&#233;poque de rudes le&#231;ons de maintien d&#233;ontologique. Mais le plus int&#233;ressant est que les &#171; r&#233;sultats &#187; de ce gros l&#226;cher de fric sont, selon la Cour des comptes, &#171; &lt;i&gt;peu probants&lt;/i&gt; &#187;, et m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;D&#233;cevants au regard des attentes et des moyens engag&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Puisqu'en effet, &#171; &lt;i&gt;malgr&#233; le soutien massif &lt;/i&gt; &#187; dont l'&#201;tat gratifie ses iconoclastes contempteurs de la d&#233;pense publique : la &#171; &lt;i&gt;crise de la presse&lt;/i&gt; &#187; continue inexorablement de &#171; &lt;i&gt;s'aggraver&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je sais bien, Raymond, que tu seras de l'avis que cette gabegie aurait valablement pu faire l'objet d'une une du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; un peu p&#234;chue &#8211; du type de celles que sa dirlotte fait d'habitude confectionner (comme je te disais tout &#224; l'heure) &#224; chaque fois que Didier-Migaud-de-la-Cour-des-comptes crie qu'il faut qu'on se r&#233;duise les dettes publiques. Mais regade bien, Raymond &#8211; c'est marqu&#233; l&#224;, en tout petit : &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; a re&#231;u, chaque ann&#233;e, entre 2009 et 2011, une allocation d'&#201;tat de 18,4 millions d'euros. Et tu voudrais le crier sur les toits ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et dont l'un des principaux b&#233;n&#233;ficiaires est le quotidien &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, qui s'est vu attribuer sous son titre une enveloppe de 2,8 millions d'euros en 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; ? me diras-tu Raymond. Ils peuvent toujours venir avec leur ch&#233;quier, on les chassera, on ne mange pas de ce pain-l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les chiens m&#233;chants du N&#176;115</title>
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		<dc:date>2013-12-08T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Chien m&#233;chant</dc:subject>
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		<dc:subject>Pirikk</dc:subject>
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&lt;p&gt;Faits divers 2.0Eco-FutureJustice et ordalie Suppl&#233;ment s&#233;nior&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chien-mechant-7" rel="tag"&gt;Chien m&#233;chant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lasserpe" rel="tag"&gt;Lasserpe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Samson" rel="tag"&gt;Samson&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Charmag" rel="tag"&gt;Charmag&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pirikk" rel="tag"&gt;Pirikk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/center" rel="tag"&gt;center&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/justice" rel="tag"&gt;justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pirikk-8952" rel="tag"&gt;Pirikk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Charmag-11580" rel="tag"&gt;Charmag&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lasserp" rel="tag"&gt;Lasserp&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Eco-Future" rel="tag"&gt;Eco-Future&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Supplement-senior" rel="tag"&gt;Suppl&#233;ment s&#233;nior&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Supplement-11955" rel="tag"&gt;Suppl&#233;ment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ordalie" rel="tag"&gt;ordalie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/senior" rel="tag"&gt;s&#233;nior&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Faits divers 2.0&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_835 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH323/actu-like-nice-2-e1e96.jpg?1779602683' width='400' height='323' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Samson.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Eco-Future&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_836 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH513/actu-piste-56c63.jpg?1779631141' width='400' height='513' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirikk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Justice et ordalie &lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_837 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH472/actu-lasserpe.-113-05-2-8a8ec.jpg?1779631141' width='400' height='472' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserp.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Suppl&#233;ment s&#233;nior &lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_838 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH523/actu-roucascqfd02-2-2b9af.jpg?1779631141' width='400' height='523' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>1973 : un &#233;t&#233; raciste</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/1973-un-ete-raciste</link>
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		<dc:date>2013-12-05T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Amadou Gaye</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>travailleurs</dc:subject>
		<dc:subject>alg&#233;riens</dc:subject>
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		<dc:subject>massive d'immigration</dc:subject>
		<dc:subject>d'immigration &#233;conomique</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;conomique suscit&#233;e</dc:subject>
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&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, apr&#232;s une vague massive d'immigration &#233;conomique suscit&#233;e par les besoins de main-d'&#339;uvre des secteurs industriels (b&#226;timent, automobile), le gouvernement d&#233;cide de fermer la porte&#8230; brutalement et rapidement. En 1972, alors que la crise &#233;conomique se profile &#224; l'horizon, la circulaire Fontanet restreint la circulation des travailleurs maghr&#233;bins en liant l'attribution de la carte de s&#233;jour &#224; un titre de travail. Les Alg&#233;riens, principaux vis&#233;s, subissent aussi les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Amadou-Gaye" rel="tag"&gt;Amadou Gaye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travailleurs" rel="tag"&gt;travailleurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/algeriens" rel="tag"&gt;alg&#233;riens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/secteurs-industriels" rel="tag"&gt;secteurs industriels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/massive-d-immigration" rel="tag"&gt;massive d'immigration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-immigration-economique" rel="tag"&gt;d'immigration &#233;conomique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/economique-suscitee" rel="tag"&gt;&#233;conomique suscit&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travailleurs-immigres" rel="tag"&gt;travailleurs immigr&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/aout" rel="tag"&gt;ao&#251;t&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/circulaire-Fontanet" rel="tag"&gt;circulaire Fontanet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, apr&#232;s une vague massive d'immigration &#233;conomique suscit&#233;e par les besoins de main-d'&#339;uvre des secteurs industriels (b&#226;timent, automobile), le gouvernement d&#233;cide de fermer la porte&#8230; brutalement et rapidement. En 1972, alors que la crise &#233;conomique se profile &#224; l'horizon, la circulaire Fontanet restreint la circulation des travailleurs maghr&#233;bins en liant l'attribution de la carte de s&#233;jour &#224; un titre de travail. Les Alg&#233;riens, principaux vis&#233;s, subissent aussi les cons&#233;quences des rapports houleux entre la France et son ancienne colonie. De fait, cette circulaire place d'un coup dans la clandestinit&#233; 83 % des travailleurs migrants. Les premiers mouvements de gr&#232;ve de la faim voient le jour chez les sans-papiers sur tout le territoire. C'est l'&#233;poque o&#249; l'intelligentsia gauchiste, les chr&#233;tiens de gauche et la Gauche prol&#233;tarienne manifestent avec 2 000 travailleurs immigr&#233;s en soutien &#224; Said Bouziri, &#233;tudiant gr&#233;viste de la faim, le jour de son expulsion programm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e suivante, tandis que le taux des travailleurs immigr&#233;s dans la population active atteint 9,5 %, le Mouvement des travailleurs arabes (MTA), d'&#233;tudiants et d'ouvriers immigr&#233;s, proches des mao&#239;stes, se constitue. L'&#233;t&#233; 1973 va rester comme l'une des p&#233;riodes les plus sanglantes pour l'immigration maghr&#233;bine dans le sud de la France, au point qu'on a pu parler de &#171; &lt;i&gt;flamb&#233;e de racisme&lt;/i&gt; &#187; ou d'&#171; &lt;i&gt; &#233;t&#233; meurtrier&lt;/i&gt; &#187;. Le 12 juin, la ville de Grasse ouvre le bal de la campagne anti-arabe. Suite &#224; une manifestation de travailleurs agricoles pour l'obtention de la carte de s&#233;jour, un Comit&#233; de vigilance des commer&#231;ants et artisans grassois, soutenu par l'&#233;dile local et relay&#233; par les revanchards de l'OAS, d&#233;noncent le &#171; &lt;i&gt;scandale&lt;/i&gt; &#187; des manifestations d'immigr&#233;s et se livrent &#224; une ratonnade qui fera 5 bless&#233;s. Surfant sur la vague x&#233;nophobe, le 21 juin, c'est un meeting contre &#171; &lt;i&gt;l'immigration sauvage&lt;/i&gt; &#187; &#224; la Mutualit&#233; &#224; Paris qui donne lieu &#224; des affrontements entre la police et gauchistes contre-manifestants, puis &#224; l'interdiction de la Ligue communiste et d'Ordre nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_845 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH323/dossier-marche-mirval-a_-paris-2cc2b.jpg?1779604882' width='500' height='323' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Amadou Gaye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est &#224; Marseille, suite &#224; l'&#233;gorgement d'un chauffeur de bus par un d&#233;s&#233;quilibr&#233; alg&#233;rien le 25 ao&#251;t, que l'&#233;motion va laisser la place &#224; un climat de lynchage contre les Maghr&#233;bins. Le 26 ao&#251;t, l'&#233;ditorialiste Gabriel Domenech, futur s&#233;nateur FN, souffle sur les braises dans &lt;i&gt;Le M&#233;ridional&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt; Nous en avons assez. Assez des voleurs alg&#233;riens. Assez des vandales alg&#233;riens. Assez des fanfarons alg&#233;riens. Assez des syphilitiques alg&#233;riens. Assez des violeurs alg&#233;riens. Assez des maquereaux alg&#233;riens. Assez des fous alg&#233;riens. Assez des tueurs alg&#233;riens.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s ce v&#233;ritable appel au sang, dans les jours qui suivent, six Maghr&#233;bins seront victimes d'assassinats&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;j&#224;, le 14 ao&#251;t, Ahc&#232;ne, un Alg&#233;rien de 18 ans, avait &#233;t&#233; abattu &#224; coups de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assassinat de Loun&#232;s Ladj, abattu &#224; la sortie d'un caf&#233;, le 28 ao&#251;t, pousse l'exasp&#233;ration &#224; son comble et la communaut&#233; alg&#233;rienne se lance dans un soul&#232;vement collectif. Ainsi, le 31 ao&#251;t, les ouvriers immigr&#233;s de la Ciotat m&#232;nent une gr&#232;ve spontan&#233;e contre les attentats racistes. Le mot d'ordre s'&#233;tend et ce sont bient&#244;t 30 000 ouvriers qui se mettent en gr&#232;ve dans les Bouches-du-Rh&#244;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le MTA d&#233;cide d'un appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour le 14 septembre qui fait descendre dans la rue les ouvriers des grands chantiers, tel celui de Roissy-en-France (1 700 gr&#233;vistes sur 2 000 ouvriers), comme les commer&#231;ants arabes de Belleville. 3 000 personnes se r&#233;unissent devant la grande mosqu&#233;e de Paris. Malgr&#233; une mobilisation assez r&#233;ussie, certains se sentent exclus du mouvement, comme les immigr&#233;s d'Afrique noire ou les travailleurs antillais qui se plaignent du caract&#232;re trop &#171; restrictif &#187; de l'appel &#224; la gr&#232;ve. L&#224; encore, les composantes du mouvement ouvrier fran&#231;ais soutiennent l'action du bout des l&#232;vres quand il ne critique pas une tentative de &#171; division du prol&#233;tariat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse &#8211; tout en posant cette question essentielle : La France est-elle raciste ? &#8211; y r&#233;pond en relayant une parole raciste lib&#233;r&#233;e au sujet des Arabes jug&#233;s, pour certains, &#171; &lt;i&gt;effrayants&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;envahissants&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;bruyants&lt;/i&gt; &#187;, voire, pour d'autres, &#171; &lt;i&gt;d&#233;linquants&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt; prox&#233;n&#232;tes&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;violeurs&lt;/i&gt; &#187;. L'ann&#233;e se termine par l'explosion d'une bombe contre le consulat d'Alg&#233;rie &#224; Marseille le 14 d&#233;cembre, qui fait quatre morts et 22 bless&#233;s. Revendiqu&#233;s par le Groupe Charles-Martel qui fustige la &#171; &lt;i&gt; France alg&#233;rienne&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt; l'occupation de notre sol par des ethnies totalement inassimilables et d'un apport qualitatif nul &lt;/i&gt; &#187;, une vingtaine d'attentats auront lieu dans la d&#233;cennie qui feront au moins six morts sans que leurs auteurs ne soient jamais retrouv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'ann&#233;e 1973, les autorit&#233;s alg&#233;riennes livrent un bilan de 50 assassinats et 300 bless&#233;s parmi les ressortissants alg&#233;riens en France. Comme le fait remarquer la sociologue Rachida Brahim &#171; &lt;i&gt;sur les quatorze morts r&#233;pertori&#233;s entre le 25 ao&#251;t et le 30 d&#233;cembre 1973, seules deux enqu&#234;tes ont abouti &#224; des inculpations mais les pr&#233;sum&#233;s coupables ont rapidement &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les &#8220;crimes racistes&#8221; de 1973, le complexe de l'&#233;v&#233;nement-anodin &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; Une tendance &#224; la cl&#233;mence judiciaire en ce qui concerne les crimes racistes qui se poursuivra durant une vingtaine d'ann&#233;es, malgr&#233; la loi Pleven de 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1975, sort le film &lt;i&gt;Dupont Lajoie&lt;/i&gt;, r&#233;alis&#233; par Yves Boisset et &#233;crit par Jean-Pierre Bastid, inspir&#233; de l'&#233;t&#233; meurtrier de 1973. Une partie de la critique r&#233;prouvera la caricature du Fran&#231;ais plus que moyen qui y est faite. Pourtant la r&#233;alit&#233; avait d&#233;j&#224; largement pr&#233;c&#233;d&#233; la fiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite du dossier &#034;1983 : la Marche pour l'&#233;galit&#233;&#034;, c'est &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Echec-a-l-auto-organisation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Nous-etions-modestes-et-determines&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par l&#224;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;j&#224;, le 14 ao&#251;t, Ahc&#232;ne, un Alg&#233;rien de 18 ans, avait &#233;t&#233; abattu &#224; coups de revolver par un inconnu lors d'une ratonnade.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Les &#8220;crimes racistes&#8221; de 1973, le complexe de l'&#233;v&#233;nement-anodin &#187;, Telemme-migrations, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Nous &#233;tions modestes et d&#233;termin&#233;s &#187;</title>
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		<dc:date>2013-12-04T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;Que reste-il de &#171; La Marche pour l'&#233;galit&#233; des droits et contre le racisme &#187; de 1983 ? Trente ans plus tard, cet &#233;v&#233;nement, qui marque d'une pierre blanche la vocation des immigr&#233;s &#224; rester en France, appelle un inventaire en demi-teinte. Certains participants de l'&#233;poque &#233;voquent aujourd'hui une situation encore plus d&#233;grad&#233;e. Bref retour sur le pass&#233; et &#233;tat &#8211; non exhaustif &#8211; des lieux&#8230; &#171; Mon p&#232;re disait : &#8220;les Fran&#231;ais m'ont march&#233; dessus, ils m'ont humili&#233;, j'&#233;tais vou&#233; &#224; &#231;a quand je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-etais-voue" rel="tag"&gt;j'&#233;tais vou&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que reste-il de &#171; La Marche pour l'&#233;galit&#233; des droits et contre le racisme &#187; de 1983 ? Trente ans plus tard, cet &#233;v&#233;nement, qui marque d'une pierre blanche la vocation des immigr&#233;s &#224; rester en France, appelle un inventaire en demi-teinte. Certains participants de l'&#233;poque &#233;voquent aujourd'hui une situation encore plus d&#233;grad&#233;e. Bref retour sur le pass&#233; et &#233;tat &#8211; non exhaustif &#8211; des lieux&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_842 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH306/dossier-tous-du-gibier-f8bd4.jpg?1779615837' width='400' height='306' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Amadou Gaye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mon p&#232;re disait : &#8220;les Fran&#231;ais m'ont march&#233; dessus, ils m'ont humili&#233;, j'&#233;tais vou&#233; &#224; &#231;a quand je suis n&#233;&#8221;. Il a toujours eu peur dans tous les actes de sa vie, peur d'&#234;tre expuls&#233;, peur au travail, dans le bus, &#224; la maison quand on mettait la musique, le poste de radio ou la t&#233;l&#233; trop fort.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Nous, on &#233;tait impr&#233;gn&#233; de &#231;a. C'est pour &#231;a qu'on avait peur de la police, et que &#231;a se transforme maintenant en haine.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Il ne fallait surtout pas parler &#224; mon p&#232;re de nationalit&#233; fran&#231;aise. C'&#233;tait une trahison. Chez nous il y a un terme pour &#231;a : n'traiz&#242;. &#199;a veut dire la &#8220;trahison supr&#234;me&#8221;.&lt;/i&gt; &#187; En quelques mots, Rachid Kaci&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos tir&#233;s du film M&#233;moires d'immigr&#233;s (1997 ) de Yamina Benguigui. Pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; dont les parents venus d'Alg&#233;rie sont arriv&#233;s en France en 1955, d&#233;crit l'&#233;tat d'esprit dans lequel toute une g&#233;n&#233;ration d'enfants d'immigr&#233;s a grandi. Pendant plusieurs d&#233;cennies, les masses de main-d'&#339;uvre venues du sud de la M&#233;diterran&#233;e auront v&#233;cu dans cette crainte permanente o&#249; survivre exigeait de se faire discret et de devoir &#171; baisser la t&#234;te &#187;. Ce sentiment-l&#224; mettra de nombreuses ann&#233;es avant de s'&#233;roder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rel&#233;gu&#233;es et entass&#233;es dans les cit&#233;s &#224; la p&#233;riph&#233;rie des villes, ces populations se prennent de plein fouet la crise de 1973. Licenciements, fermetures d'usine, d&#233;gradations des conditions de vie multiplient les effets de l'exclusion et aggravent la pr&#233;carit&#233;. Les jeunes errent au bas des immeubles o&#249; rares sont les locaux mis &#224; leur disposition. Sentiment d'injustice li&#233; &#224; cette fatalit&#233; d'&#234;tre d&#233;finitivement exclus de l'abondance marchande, col&#232;re et inqui&#233;tude face aux crimes racistes&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entre 1973 et 1983, date de la &#171; Marche pour l'&#233;galit&#233; des droits et contre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, d&#233;brouille et petits d&#233;lits de survie pour certains, &#8211; alors que dans un premier temps, il ne s'agit que de &#171; conneries &#187;, activit&#233;s largement partag&#233;es par toutes les jeunesses &#8211; ils vont tous &#234;tre d&#233;sign&#233;s par les autorit&#233;s comme des d&#233;linquants et criminels. En 1979, les forces de police interviennent dans le quartier de la Grappini&#232;re dans l'Est lyonnais pour r&#233;primer ces jeunes, quelles que soient leurs origines, qui d&#233;robent des voitures et se livrent &#224; des rod&#233;os, dont la mode s'est r&#233;pandue depuis deux ann&#233;es. La police rencontre alors une forte r&#233;sistance. Ces affrontements vont r&#233;guli&#232;rement se reproduire dans divers quartiers de Vaulx-en-Velin et de Villeurbanne, exacerb&#233;s par la violence des forces de l'ordre, d&#233;j&#224; teint&#233;e d'une multitude d'exactions &#224; connotation raciste. Charles Hernu, maire de Villeurbanne, parlera de &#171; &lt;i&gt;vivier de la d&#233;linquance &#224; &#233;radiquer&lt;/i&gt; &#187;. Avec l'arriv&#233;e de la gauche au pouvoir en 1981, Gaston Deferre, ministre de l'Int&#233;rieur, pr&#233;conise, une r&#233;ponse men&#233;e avec la plus grande fermet&#233; en r&#233;ponse &#224; la d&#233;fiance et aux protestations d'un grand nombre de policiers braqu&#233;s par plusieurs d&#233;cisions gouvernementales : une circulaire avait suspendu les expulsions et interdit celles concernant les &#233;trangers n&#233;s ou entr&#233;s en France avant l'&#226;ge de dix ans, la peine de mort avait &#233;t&#233; abrog&#233;e et Robert Badinter, ministre de la Justice, proposait d'exercer des contr&#244;les sur les activit&#233;s de la police, mesure &#233;cart&#233;e sous la pression de Gaston Deferre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les quartiers de la p&#233;riph&#233;rie lyonnaise, devenus d'intol&#233;rables zones d'insubordination sociale, la police va pouvoir donner libre court &#224; ses pratiques. Un groupe de jeunes de la cit&#233; des Minguettes, inquiets d'une possible d&#233;rive vers un affrontement perdu d'avance, d&#233;cident de pr&#244;ner une attitude pacifiste et ouverte au dialogue en mettant officiellement de c&#244;t&#233; leur col&#232;re contre la police. C'est dans ce sens que va organiser la &#171; Marche pour l'&#233;galit&#233; des droits et contre le racisme &#187;. &#171; &lt;i&gt;La question, c'&#233;tait le racisme. Il avait parfois le visage de la police, d'autres fois celui de n'importe quel connard qui passe. Je le pense encore aujourd'hui. Je n'ai pas de discours sur la police : on sait que c'est une institution r&#233;pressive qui vise &#233;videmment une certaine population. Ce sont les classes populaires parce qu'elles sont forc&#233;ment criminalis&#233;es &#224; partir du moment elles ne veulent pas &#234;tre des esclaves&lt;/i&gt; &#187;, explique Marie-Laure, marcheuse de 83. &#171; &lt;i&gt;Notre discours &#233;taient finalement tr&#232;s &#171; peace and love &#187;. Nous &#233;tions modestes et d&#233;termin&#233;s. On ne craignait pas la r&#233;cup&#233;ration, m&#234;me si on savait que des contacts avaient &#233;t&#233; pris par d'autres aupr&#232;s des minist&#232;res. Quand la t&#233;l&#233;, la presse, des ministres, des dirigeants syndicaux sont venus vers nous, on s'est dit que notre marche avait du cr&#233;dit. &#199;a nous a regonfl&#233;. On s'est rassembl&#233; autour d'une prise de position simple : &#8220;Ce n'est pas admissible ce qui se passe. C'est plus possible. On marche et on verra&#8221;. &lt;/i&gt; &#187; Et trente ans apr&#232;s ? &#171; &lt;i&gt;Les quartiers sont toujours aussi d&#233;grad&#233;s. Les flics sont plus arm&#233;s. Les crimes racistes n'ont pas chang&#233;. L'avenir des gens a empir&#233;. Mais aussi, paradoxalement, il y a un esprit critique plus fort en m&#234;me temps qu'il y a une ali&#233;nation plus pr&#233;sente notamment &#224; travers la consommation&lt;/i&gt; &#187;, poursuit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_844 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH349/dossier-les-minguettes02-19536.jpg?1779603001' width='500' height='349' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sa&#239;d, habitant des quartiers nord de Marseille, s'il n'a pas march&#233; en 83, avait n&#233;anmoins particip&#233; &#224; l'organisation de la Marche. Il raconte : &#171; &lt;i&gt;&#192; cette &#233;poque, je travaillais &#224; Radio Gazelle et dans des associations de quartiers de jeunes issus de l'immigration. Il y avait eu r&#233;cemment trois &#233;v&#233;nements graves : Houari Ben Mohammed avait &#233;t&#233; abattu par un CRS dans les quartiers nord en 1980, l'ann&#233;e suivante, une bombe avait explos&#233; dans la cit&#233; d'urgence du Baou et d&#233;but mars 83, des explosifs avaient &#233;t&#233; lanc&#233;s contre des enfants dans cette m&#234;me cit&#233; des quartiers sud. Avant le d&#233;part de la &#8220;Marche&#8221;, on a fait symboliquement une manifestation du Sud au Nord qui reliait les diff&#233;rentes cit&#233;s o&#249; avaient eu lieu des crimes racistes. Toute cette &#233;poque a &#233;t&#233; un moment de rencontres avec des associations d'autres r&#233;gions qui faisaient la m&#234;me chose que nous. Les situations &#233;taient les m&#234;mes et on &#233;tait d'accord sur tout.&lt;/i&gt; &#187; Dans les ann&#233;es suivantes, l'ambiance se transforme. &#171; &lt;i&gt;Il y a eu beaucoup de discussions. Certains voulaient se regrouper exclusivement entre personnes d'origine arabe. Et d'autres disaient qu'il fallait que ce soit ouvert. Et Convergence 84 a d&#233;cid&#233; de faire un truc pas uniquement destin&#233; aux gens d'origine arabe. J'ai vu aussi de tr&#232;s pr&#232;s l'arriv&#233;e de Sos Racisme. J'ai pens&#233; que &#231;a avait l'air sympathique comme &#233;l&#233;ment f&#233;d&#233;rateur. J'ai propos&#233; que les associations de terrains travaillent avec. Mais leur objectif n'&#233;tait pas le m&#234;me. Ils avaient peur de ce mouvement qui &#233;tait autonome et qui avait des revendications sur la question de l'&#233;galit&#233; des droits, contre les crimes racistes, pour que la justice fasse son travail.&lt;/i&gt; &#187; Aujourd'hui, l'association des potes, cr&#233;&#233;e sur mesure pour servir les ambitions de certains carri&#233;ristes au sein du parti socialiste&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi, dans Le Monde du 13 juin 2002, Malek Boutih, pr&#233;sident de SOS Racisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, est parvenue &#224; faire l'unanimit&#233; contre elle dans les quartiers. Apr&#232;s une p&#233;riode de reflux, le Mouvement de l'immigration et des banlieues (MIB) engagera &#224; nouveau, &#224; partir de 1995, des combats incessants contre le racisme et contre les bavures polici&#232;res. Inscrivant son activit&#233; au nom de l'application du droit, de l'&#233;galit&#233; et de la justice, il est en grande partie l'initiateur des &#171; comit&#233;s v&#233;rit&#233; et justice &#187; rassemblant amis et familles de victimes de crimes racistes et de bavures polici&#232;res, exigeant des proc&#232;s &#233;quitables et protestant contre l'impunit&#233; des assassins&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2007, 2008 et 2009, le MIB avait &#233;t&#233; l'un des initiateurs de Forums des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la Marche de 83, elle-m&#234;me, Sa&#239;d poursuit : &#171; &lt;i&gt;Elle a apport&#233; une visibilit&#233; des quartiers et des jeunes issus de l'immigration. Elle a permis que d'autres choses arrivent.&lt;/i&gt; &#187; Parmi les avanc&#233;es, on note l'instauration d'une carte de dix ans, promise par Mitterrand au soir de l'arriv&#233;e de la Marche, qui indique clairement que les immigr&#233;s ne sont plus consid&#233;r&#233;s comme une main-d'&#339;uvre passag&#232;re, corv&#233;able puis jetable, mais comme une population ayant vocation &#224; rester sur le territoire et &#224; participer de plein droit &#224; la vie du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain, la bonne soixantaine, s'occupe d'une association de locataires dans le quartier de la Busserine. Il n'avait pas particip&#233; &#224; la Marche de 83. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait une r&#233;action contre le laisser-aller par rapport aux crimes racistes. Il me semble que c'&#233;tait uniquement bas&#233; sur le compassionnel. Aujourd'hui, c'est s&#251;r que, dans les cit&#233;s, le souvenir en est tr&#232;s fort. C'est une empreinte, m&#234;me si ailleurs la chose a &#233;t&#233; oubli&#233;e. Mais, encore maintenant, c'est toujours le faci&#232;s qui domine. Les jeunes d'ici, quand ils cherchent du travail, ils sont oblig&#233;s de mentir sur leur adresse, comme s'ils devaient en avoir honte.&lt;/i&gt; &#187; A la discrimination raciale s'est greff&#233;e une rel&#233;gation territoriale de plus en plus stigmatisante. Ce que confirme Sid, le responsable de cette m&#234;me association : &#171; &lt;i&gt;Depuis 83, rien n'a vraiment chang&#233;. &#199;a a m&#234;me empir&#233; dans les quartiers.&lt;/i&gt; &#187; Et Joss, un jeune gars du quartier de Saint-Mauront &#224; Marseille, d'enfoncer le clou : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, les racistes ne se cachent plus. Tout est d&#233;grad&#233;, les immeubles sont d&#233;gueulasses, il n'y a pas assez d'endroits pour que les jeunes fassent autre chose. Rien n'est entretenu, rien n'est nettoy&#233;. Dans mon quartier, ils ont mis deux mois pour remplacer un panier de basket&#8230; On nous ghetto&#239;se !&lt;/i&gt; &#187; Alain, lui, ne veut pas sombrer dans le d&#233;sespoir : &#171; &lt;i&gt;C'est une histoire de riches et de pauvres o&#249; ces derniers sont trait&#233;s comme s'ils n'avaient pas d'instruction et d'intelligence. Mais il faut savoir une chose : si la R&#233;publique a aujourd'hui un lieu o&#249; elle s'exprime, c'est dans les quartiers. C'est l&#224; o&#249; l'on voit na&#238;tre des mouvements de responsabilisations.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la Marche, des centaines de collectifs avaient essaim&#233; partout en France, cherchant &#224; faire perdurer cette exp&#233;rience de lien social et de transversalit&#233;. Aujourd'hui encore, hors du flux tendu des &#233;v&#233;nements, des collectifs de quartier tentent de mutualiser leurs perspectives. Rendu public d&#233;but septembre 2013, l'appel du Collectif des quartiers populaires de Marseille et Environs pr&#233;cisait : &#171; &lt;i&gt; Ce collectif&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;est n&#233; de l'aspiration l&#233;gitime, et pour l'heure inachev&#233;e, &#224; l'&#233;galit&#233; de droits, &#224; l'&#233;galit&#233; de traitements et &#224; terme &#224; l'&#233;galit&#233; des conditions d'existence ! Le CQPM s'engage &#224; rester solidaire des luttes populaires de nos quartiers et &#224; ne les trahir ni dans la forme ni dans le fond. Constat partag&#233;, discut&#233; et finalis&#233; sur la base du rejet des simplifications : nous refusons toutes les formes de violence !&lt;/i&gt; &#187; Rejet des simplifications ? Une position qui tranche avec l'audience que rencontrent depuis quelques ann&#233;es les th&#232;ses funestes d'Alain Soral et de Dieudonn&#233;. Sur le terreau fertile de la victimisation, le recyclage du vieux mythe du complot &#171; jud&#233;o-ma&#231;onnique &#187;, grim&#233; en ricanement anti-syst&#232;me, arrive &#224; trouver &#233;cho aupr&#232;s d'une partie de la population issue de l'immigration, qui, apr&#232;s avoir perdu les moyens d'une critique g&#233;n&#233;rale sur ses conditions de vie, s'identifie, de loin, aux Palestiniens face &#224; l'&#233;tat d'Isra&#235;l. Les signes de cette confusion se distillent dans les esprits &#224; travers la toile, o&#249; les d&#233;lires les plus simplistes pullulent. &#171; &lt;i&gt;C'est impossible de nier qu'il y a un complot jud&#233;o-ma&#231;onnique&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;tend savoir Ahmed, la quarantaine, lui-m&#234;me travaillant dans les m&#233;dias &#224; Marseille. Ces complaisances, assum&#233;es ou non, avec l'extr&#234;me droite pourront-elles faire longtemps illusion chez ceux qui constituent toujours les cibles les plus expos&#233;es des discours s&#233;curitaires et x&#233;nophobes ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_843 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH366/dossier-femme-avec-chien-33208.jpg?1779618339' width='500' height='366' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Amadou Gaye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Trente ans apr&#232;s la Marche de 83 et &#171; &lt;i&gt;cette exp&#233;rience inoubliable de d&#233;mocratie transversale&lt;/i&gt; &#187; que rappelle Marie-Laure et que confirme Sa&#239;d, quelques tentatives de r&#233;appropriation d'une parole autonome et collective cherchent toujours &#224; retrouver les chemins d&#233;truits sous les coups des politiques, des urbanistes et de la police&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Auxquels il faut ajouter l'arriv&#233;e massive de l'h&#233;ro&#239;ne notamment dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Et cela, tout en r&#233;sistant &#224; cet air du temps qui r&#244;de, celui du raccourci, de l'ostracisation et de l'enfermement dont se r&#233;galent &#224; loisir les d&#233;fenseurs &#224; tout prix de l'ordre social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite du dossier &#034;1983 : la Marche pour l'&#233;galit&#233;&#034;, c'est &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Echec-a-l-auto-organisation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Propos tir&#233;s du film &lt;i&gt;M&#233;moires d'immigr&#233;s&lt;/i&gt; (1997 ) de Yamina Benguigui. Pour Rachid Kaci, cette &#171; &lt;i&gt;impr&#233;gnation&lt;/i&gt; &#187; d'une m&#233;moire d'humiliation l'aura port&#233; au-del&#224; de ce ph&#233;nom&#232;ne d'empathie appel&#233; syndrome de Stockholm. Proche de Charles Pasqua en 1995, il rejoint Alain Madelin en 2002, puis anime ce courant de l'UMP dit de la &#171; Droite Libre pour une droite d&#233;complex&#233;e &#187;. Il est aujourd'hui sous-pr&#233;fet dans le d&#233;partement de la Vienne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Entre 1973 et 1983, date de la &#171; Marche pour l'&#233;galit&#233; des droits et contre le racisme &#187;, plus d'une soixantaine de personnes d'origine immigr&#233;e ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par des citoyens irascibles, des membres d'organisation d'extr&#234;me droite ou des fonctionnaires de police, nourrissant leur haine contre les pauvres d'un ressentiment raciste et postcolonial.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ainsi, dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 13 juin 2002, Malek Boutih, pr&#233;sident de SOS Racisme puis d&#233;put&#233; PS de l'Essonne, d&#233;non&#231;ait les &#171; &lt;i&gt;barbares des cit&#233;s&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a plus &#224; tergiverser, il faut leur rentrer dedans, taper fort, les vaincre, reprendre le contr&#244;le des territoires qui leur ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s par des &#233;lus en mal de tranquillit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Quant aux bavures commises par la police (qu'&#171; &lt;i&gt;il faut remettre au boulot &lt;/i&gt; &#187;), le &#171; &lt;i&gt;plus grand nombre de bavures n'est plus de son fait, c'est la racaille qui tue le plus dans les cit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2007, 2008 et 2009, le MIB avait &#233;t&#233; l'un des initiateurs de Forums des quartiers populaires durant lesquels des dizaines d'associations et collectifs de banlieues s'&#233;taient rencontr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Auxquels il faut ajouter l'arriv&#233;e massive de l'h&#233;ro&#239;ne notamment dans les banlieues de l'Est lyonnais, &#224; partir de 1984, ce qui va engendrer nombre de conflits et de divisions dans cette jeunesse rebelle des quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;chec &#224; l'auto-organisation</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Echec-a-l-auto-organisation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Echec-a-l-auto-organisation</guid>
		<dc:date>2013-12-03T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Amadou Gaye</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>luttes</dc:subject>
		<dc:subject>mouvement</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>Marche</dc:subject>
		<dc:subject>crimes racistes</dc:subject>
		<dc:subject>Minguettes</dc:subject>
		<dc:subject>mouvement beur</dc:subject>
		<dc:subject>Marche s'est</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 15 octobre 1983, quelques dizaines de marcheurs et marcheuses partent de Marseille dans une relative indiff&#233;rence, et finissent par rassembler plus de 60 000 personnes &#224; l'arriv&#233;e &#224; Paris, le 3 d&#233;cembre 1983. Dans un contexte de tension entre policiers et jeunes d'origine immigr&#233;e de la banlieue lyonnaise, il s'agissait &#224; l'origine de sortir de l'&#171; isolement collectif &#187;, d'&#233;chapper &#224; la violence entretenue par les forces de l'ordre et de cr&#233;er des ponts entre les quartiers populaires et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Amadou-Gaye" rel="tag"&gt;Amadou Gaye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/luttes" rel="tag"&gt;luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marche" rel="tag"&gt;Marche&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marche-s-est" rel="tag"&gt;Marche s'est&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 15 octobre 1983, quelques dizaines de marcheurs et marcheuses partent de Marseille dans une relative indiff&#233;rence, et finissent par rassembler plus de 60 000 personnes &#224; l'arriv&#233;e &#224; Paris, le 3 d&#233;cembre 1983. Dans un contexte de tension entre policiers et jeunes d'origine immigr&#233;e de la banlieue lyonnaise, il s'agissait &#224; l'origine de sortir de l'&#171; isolement collectif &#187;, d'&#233;chapper &#224; la violence entretenue par les forces de l'ordre et de cr&#233;er des ponts entre les quartiers populaires et le reste du pays. Tr&#232;s vite, seuls le geste pacifique de la main tendue &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise et l'image apais&#233;e de la jeunesse maghr&#233;bine ont &#233;t&#233; retenus par les m&#233;dias et le pouvoir socialiste.&#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas aux jeunes immigr&#233;s de jouer les &#233;claireurs de la France &#339;cum&#233;nique&lt;/i&gt; &#187;, affirmaient &#224; l'&#233;poque les jeunes de la cit&#233; Gutenberg de Nanterre, en contre-pied &#224; l'ambiance consensuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s trente ans de tentatives de captation politique et de stigmatisation durable des quartiers, et tandis qu'on nous bassine encore et toujours avec l'&#171; int&#233;gration &#187;, retour sur ce moment o&#249;, en d&#233;pit de &#8211; ou gr&#226;ce &#224; &#8211; sa na&#239;vet&#233;, l'on osait affirmer : &#171; &lt;i&gt;On est chez nous ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;On n'a pas fini de marcher ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mogniss H. Abdallah est l'animateur de l'agence &lt;a href=&#034;http://www.agence-immedia.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;IM'm&#233;dia&lt;/a&gt; et l'auteur de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://editionslibertalia.com/Rengainez-on-arrive&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rengainez, on arrive !&lt;/a&gt; Chroniques des luttes contre les crimes racistes ou s&#233;curitaires&lt;/i&gt; (&#233;d. Libertalia, 2012). T&#233;moin et acteur pivot des trente ann&#233;es &#233;coul&#233;es, il revient pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; sur l'histoire des luttes de l'immigration et des banlieues.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_839 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH329/dossier-flambeau1983-2-0b90b.jpg?1779631145' width='500' height='329' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Amadou Gaye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Comment s'est cr&#233;&#233; IM'm&#233;dia ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mogniss H. Abdallah&lt;/strong&gt; : Au printemps 1983, j'encadre un stage sur les m&#233;dias &#224; Bron, pr&#232;s des Minguettes, avec des jeunes des cit&#233;s de Paris, de la cit&#233; Gutenberg de Nanterre, de St-&#201;tienne et Marseille, eux-m&#234;mes impliqu&#233;s dans les luttes contre les crimes racistes ou s&#233;curitaires, les violences polici&#232;res, les questions de relogement et les expulsions. Dans le m&#234;me temps, les embrouilles avec les flics sont permanentes aux Minguettes, jusqu'&#224; ce fameux 19 juin o&#249; Toumi Dja&#239;dja, militant associatif de SOS Minguettes, se fait blesser par balle par un flic. Auparavant, le 21 mars, il y avait eu des affrontements aux Minguettes, suivis d'une gr&#232;ve de la faim de jeunes sur place. Puis un collectif &lt;i&gt;ad hoc&lt;/i&gt; de soutien &#224; Toumi se cr&#233;e avec le cur&#233; Christian Delorme, c'est l&#224; que germe l'id&#233;e d'une grande marche. L'objectif &#233;tait de sortir de la gu&#233;guerre priv&#233;e entre les jeunes et les flics et de poser des enjeux centraux sur les questions de police et de justice mais aussi de logement, de travail ou de revenu. Notre stage a abouti &#224; un film, &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.etatdexception.net/?p=5773&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Minguettes 1983&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, qui retrace toute cette histoire. Apr&#232;s le stage, les participants d&#233;cident de cr&#233;er l'agence IM'm&#233;dia, (Immigration &amp; M&#233;dia). Il y avait la volont&#233; d'affirmer qu'on n'&#233;tait pas une g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e ou une g&#233;n&#233;ration z&#233;ro mais qu'on avait une histoire, mais aussi des exp&#233;riences personnelles &#224; partager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la Marche, on a &#233;t&#233; un peu le poil &#224; gratter en maintenant la pression sur la dimension des crimes racistes et des violences polici&#232;res, dimension qui a &#233;t&#233; &#233;dulcor&#233;e, notamment par les socialistes pour lesquels il &#233;tait hors de question de toucher aux rouages de l'&#201;tat. Les m&#233;dias aussi ont lourdement insist&#233; sur une dimension non-violente et &#339;cum&#233;nique, citant &#224; l'envi Gandhi et Martin Luther King, valorisant m&#234;me des sc&#232;nes de fraternisation avec les motards de la police. Nous avons avec des associations ou groupes ind&#233;pendants organis&#233; des forums Justice y compris sur le parcours de la marche et nous avons vu notre position renforc&#233;e &#224; la fin de la Marche &#224; cause de l'effet provoqu&#233; par la d&#233;fenestration du train Bordeaux-Vintimille, le 14 novembre, de Habib Grimzi, un jeune touriste alg&#233;rien, par trois l&#233;gionnaires. A la m&#234;me p&#233;riode, un rassemblement des familles de victimes de crimes racistes s'est constitu&#233;, qui deviendra plus tard les &#171; Folles de la place Vend&#244;me &#187;, sur le mod&#232;le des M&#232;res de la place de Mai en Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels souvenirs gardes-tu de la Marche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand nous sommes partis de Marseille, les m&#233;dias, &#224; commencer par la presse postgauchiste, s'en foutaient compl&#232;tement, &#224; part Bernard Langlois qui animait l'&#233;mission &#171; R&#233;sistances &#187; sur Antenne 2, l'&#233;mission &#171; Mosa&#239;ques &#187; sur FR3 et quelques correspondants locaux comme le photographe Pierre Ciot, pigiste &#224; l'AFP &#224; Marseille. Un copain avait propos&#233; &#224; Serge July, le directeur de Lib&#233;ration, de faire un carnet de route quotidien et s'&#233;tait fait envoyer bouler. On a alors mont&#233; un p&#244;le de m&#233;dias alternatifs avec des journaux comme &lt;i&gt;Sans Fronti&#232;re&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Expressions immigr&#233;s-Fran&#231;ais&lt;/i&gt; (le canard de la Fasti), des fanzines comme &lt;i&gt;Rencar&lt;/i&gt; (Corbeil) et des radios libres, Radio Gazelle &#224; Marseille, radio Trait d'union &#224; Lyon, radio Soleil &#224; Paris. On fonctionnait par t&#233;l&#233;phone ou avec des cassettes &#8211; il n'y avait ni Internet ni podcasts &#224; l'&#233;poque ! &#8211; qu'on confiait &#224; des voyageurs qui devaient les livrer &#224; l'arriv&#233;e &#224; des copains qui attendaient &#224; la gare de Lyon. La moiti&#233; des cassettes a d&#251; se perdre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens de l'&#233;tape de Grenoble qui a &#233;t&#233; la plus multi-communautaire avec un inter-collectif qui r&#233;unissait des Espagnols, des Turcs, des Portugais, des Italiens. C'est int&#233;ressant de le rappeler par rapport au pli &#171; Marche des beurs &#187; qui a &#233;t&#233; pris. Cette appellation est fausse et &#233;nerve tout le monde, mais il y a bien eu une tendance &#224; r&#233;duire la marche &#224; une dimension franco-maghr&#233;bine. L'affiche de la Marche, o&#249; on voit un gars qui marche avec une babouche et une charentaise donne d&#233;j&#224; cette tonalit&#233;-l&#224;. Mais &#231;a ne correspond pas &#224; la volont&#233; initiale de marquer la l&#233;gitimit&#233; de la pr&#233;sence des gens issus de l'immigration, toutes origines confondues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre souvenir amusant, c'est &#224; l'arriv&#233;e &#224; Paris, je me retrouve, je ne sais plus trop comment, &#224; filtrer les gens qui voulaient intervenir sur le podium o&#249; c'&#233;tait un franc bordel. Je vois arriver six ou huit balaises, type service d'ordre de la CGT, qui poussent des coudes pour faire monter un monsieur avec une &#233;charpe tricolore, je reconnais Paul Mercieca, le maire de Vitry-sur-Seine, celui-l&#224; m&#234;me qui avait fait d&#233;molir au bulldozer un foyer devant accueillir 300 travailleurs immigr&#233;s. Je lui ai dit : &#171; &lt;i&gt;Toi tu d&#233;gages ou j'appelle le bulldozer !&lt;/i&gt; &#187; (rires). Il faut dire aussi que le PCF &#233;tait plut&#244;t hostile &#224; la Marche : il y voyait une op&#233;ration anticommuniste du PS et des gauchistes mettant en valeur des voyous immigr&#233;s ainsi qu'une op&#233;ration pour d&#233;nigrer le maire communiste de V&#233;nissieux, Marcel Houel. D'ailleurs, &#224; la derni&#232;re f&#234;te de l'Huma, consid&#233;r&#233;e comme le rendez-vous social et politique incontournable de la rentr&#233;e, il n'y a pas eu d&#233;bat sur la Marche, alors que Jamel Debbouze, qui joue dans un film sur cette Marche, &#233;tait l'invit&#233; d'honneur. Sauf au stand de l'asso AC le feu, avec une expo de la Caravane de la m&#233;moire, &#224; laquelle participe IM'm&#233;dia. C'est sid&#233;rant de voir que 30 ans apr&#232;s, pour le PCF, la Marche ne fait toujours pas partie du patrimoine ouvrier national. Pourtant le PC a beaucoup chang&#233; sur ces questions-l&#224;, par la force des choses ; il y a trente ans, il &#233;tait hostile au droit de vote des &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_840 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH365/dossier-les-minguettes01-0272e.jpg?1779602747' width='500' height='365' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s l'arriv&#233;e de pr&#232;s de 80 000 personnes le 3 d&#233;cembre, on a l'impression que suit une p&#233;riode assez confuse. Et qu'il manque de passerelle entre le &#171; mouvement beur &#187; et le mouvement social.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e de la Marche, il y a aussi l'ouverture au centre Beaubourg d'une grosse expo sur les enfants de l'immigration. Le jour m&#234;me de l'inauguration de l'expo, le personnel de nettoyage, principalement immigr&#233;, est en gr&#232;ve. Apr&#232;s le discours inaugural, au moment o&#249; le gratin culturel, Jack Lang et Georgina Dufoix, secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la Famille, &#224; la Population et aux Travailleurs immigr&#233;s, montent &#224; l'&#233;tage pour d&#233;guster les petits-fours, j'interpelle les invit&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Maintenant, c'est le moment du choix, il y a ceux qui montent avec les ministres et ceux qui descendent au sous-sol pour soutenir les travailleurs-euses du nettoyage.&lt;/i&gt; &#187; On a pu voir la plupart des exposants pr&#233;f&#233;rer les mondanit&#233;s, c'est l&#224; o&#249; j'ai utilis&#233; la premi&#232;re fois la notion de &#171; &lt;i&gt;beurgeois&lt;/i&gt; &#187;. Le cha&#238;non manquant&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Autre signe de ce cha&#238;non manquant entre le &#171; mouvement beur &#187; et le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, il est dans cette course &#224; la reconnaissance, aux strapontins, qui fait que des gens sont pr&#234;ts &#224; tourner le dos &#224; des gr&#233;vistes dont certains pouvaient &#234;tre leurs parents. Par la suite, les socialistes ont vraiment jou&#233; le ressort des fils et filles d'immigr&#233;s contre leurs parents, des r&#233;guliers contre les irr&#233;guliers, et &#171; la fin des immigr&#233;s &#187;. Le journal &lt;i&gt;Sans-fronti&#232;re&lt;/i&gt; s'arr&#234;te. Son dernier num&#233;ro, paru en 1985, titre : &#171; Ciao l'immigration ! &#187; Dans la m&#234;me p&#233;riode, les socialistes officialisent les centres de r&#233;tention !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En fait l'apr&#232;s Marche n'ouvre-t-elle pas une d&#233;cennie de r&#233;cup&#233;ration politique ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cup&#233;ration est en trois temps. D&#232;s le d&#233;part, on l'a vu, il y a cette tendance &#224; zapper les violences polici&#232;res et &#171; &lt;i&gt; la justice &#224; deux vitesses&lt;/i&gt; &#187;, au point d'oublier l'origine de la mobilisation. Ensuite, il y a la volont&#233; du gouvernement et du PS d'essayer de capter les leaders naturels dans le &#171; mouvement beur &#187; par toute une s&#233;rie de dispositifs &#8211; on parlera plus tard de &#171; discrimination positive &#187;. Mais, comme il y a eu rapidement une s&#233;rie d'accrocs dans le rapport entre le &#171; mouvement beur &#187; et le pouvoir &#8211; notamment avec Convergence 84 qui mettait l'accent sur l'&#233;galit&#233; des droits et non sur un anti-racisme abstrait et refusait le parrainage des socialistes &#8211; ces derniers ont d&#233;cid&#233;, en 1985, de cr&#233;er SOS Racisme de toutes pi&#232;ces, avec une direction int&#233;gr&#233;e et sans aucune marge pour l'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1984, toute une s&#233;rie d'acteurs de la Marche ont commenc&#233; &#224; d&#233;crocher. La fin de la Marche s'est faite sur le mode &#171; la prise en charge est termin&#233;e &#187; ce qui a r&#233;v&#233;l&#233; le c&#244;t&#233; tr&#232;s boy-scout de certains organisateurs. Dans la m&#234;me p&#233;riode, il y a le sida et la diffusion de la drogue dans les quartiers, plusieurs n'y survivront pas. Apr&#232;s la Marche, des centaines d'associations ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es localement mais tr&#232;s vite on assiste &#224; la volont&#233; politique de contr&#244;ler toute initiative, gr&#226;ce aux subventions notamment. Ce qu'on a appel&#233; le &#171; mouvement beur &#187; s'est vite &#233;puis&#233; comme force d'entra&#238;nement, bien qu'au niveau local des initiatives alimentent la flamme par &#224;-coups. Je pense &#224; la gr&#232;ve de la faim de Djida et Nasser contre le projet de loi Pasqua en 1986, ou plus tard au lancement du MIB&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la gr&#232;ve de la faim de Djida et Nasser en 1986 : cf. &#171; J'y suis, j'y (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOS Racisme a fonctionn&#233; comme une passerelle entre la jeunesse scolaris&#233;e et le PS, mais l'injonction d'int&#233;grer SOS faite aux jeunes des quartiers venait principalement de militants de la Ligue (LCR).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, je pense que le mot de &#171; r&#233;cup&#233;ration &#187; est tout compte fait partiel, il serait plus pertinent de parler d'instrumentalisation &#224; d'autres fins (par exemple le fait de reporter toute la responsabilit&#233; du racisme sur le FN). C'est aussi une illustration du rejet m&#234;me de l'id&#233;e de faire de la politique autrement en France : comme si les mouvements sociaux devaient voir leur accomplissement dans le jeu politique des partis et du pouvoir. C'est la n&#233;gation m&#234;me de la logique de contre-pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans quelle mesure les structures qui se voulaient ou se veulent issues des luttes de l'immigration n'ont pas tendance &#224; reproduire ce rapport d'aspiration vers le pouvoir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est s&#251;r que beaucoup optent pour des coups m&#233;diatiques plut&#244;t que de travailler &#224; l'auto-organisation qui ne peut exister que sur des luttes concr&#232;tes. Je prends l'exemple de la lutte des habitants de la cit&#233; Gutenberg &#224; Nanterre : c'est d'abord une lutte victorieuse pour le relogement des habitants des cit&#233;s de transit qui rejoint aussi la probl&#233;matique de la justice apr&#232;s l'assassinat d'Abdenbi Guemiah par un beauf le 23 octobre 1982. Ces questions de justice impliquent n&#233;cessairement un suivi dans la longue dur&#233;e et une volont&#233; d'aboutir &#224; des r&#233;sultats dans la lutte judiciaire, il ne s'agit pas de &#171; coup &#187;, de spectacle lors d'un proc&#232;s. Assurer le suivi, c'est notre devise. D'autre part, l'auto-organisation est aussi li&#233;e &#224; la n&#233;cessit&#233; d'ind&#233;pendance &#233;conomique des associations, or, la plupart du temps, soit &#231;a vire &#224; l'accoutumance aux subventions et &#224; la d&#233;pendance &#224; une commande publique politiquement versatile, soit &#231;a vire au business et &#224; des logiques compl&#232;tement entrepreneuriales. Pour les autres, c'est l'&#233;ternel retour de la pr&#233;carit&#233;. C'est une des raisons de l'impasse, mais ce n'est pas particulier aux quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2005 appara&#238;t le mouvement des &#171; Indig&#232;nes de la R&#233;publique &#187;, qui revendique l'autonomie, voire le s&#233;paratisme, des luttes de l'immigration et rappelle la dimension post-coloniale du racisme en France&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, je fais partie de ce courant aujourd'hui peut-&#234;tre minoritaire, pour qui l'articulation entre la question raciale et la question sociale est essentielle. Or les Indig&#232;nes de la R&#233;publique surfent sur l'abandon progressif de la question sociale et de la lutte des classes, en tout cas, ils en font une affaire secondaire. Ils ont raison de dire que la question coloniale et post-coloniale, dont ils font le centre de leur discours, a &#233;t&#233; minor&#233;e, mais ce qui me semble probl&#233;matique, c'est la d&#233;connexion avec la r&#233;alit&#233; sociale, ce qui par la suite peut emp&#234;cher des convergences ou des alliances concr&#232;tes. J'ai assist&#233; &#224; une discussion, dans le sud de la France, o&#249; un mineur, fils d'immigr&#233; italien, atteint de la tuberculose en raison de son travail, se voit r&#233;torquer qu'il b&#233;n&#233;ficie n&#233;anmoins &#171; &lt;i&gt;du privil&#232;ge blanc&lt;/i&gt; &#187;. En gros, il est exclu de la classe des &#171; &lt;i&gt; plus-opprim&#233;s-que-moi-tu-meurs&lt;/i&gt; &#187; et sa parole est disqualifi&#233;e. La constitution d'un &#171; nous &#187; indig&#232;ne peut &#234;tre en ce sens-l&#224; excluant de la dimension sociale ainsi que des nouvelles provenances d'immigr&#233;s, qui ne sont pas issus des anciennes colonies fran&#231;aises, qu'ils soient chinois, turcs, sri-Lankais, tamouls, roms. De ce point de vue, le &#171; nous &#187; qui m'int&#233;resse est pluricommunautaire, internationaliste&#8230; mais je suis peut-&#234;tre un peu ringard de ce c&#244;t&#233;-l&#224; (rires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Finalement qu'est-ce qui se joue dans cette comm&#233;moration des trente ans ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, ce n'est pas la nostalgie st&#233;rile ou la m&#233;moire pour la m&#233;moire, mais clairement la transmission de l'histoire des luttes. D'ailleurs, d&#233;j&#224; lors de la Marche de 1983, il y a eu un rassemblement en m&#233;moire &#224; la journ&#233;e du 17 octobre 1961. En 1983, il y avait une r&#233;elle occultation d'&#233;tat, au point qu'&#224; Marseille un &#233;missaire du gouvernement nous avait explicitement mis en garde sur le fait qu'il ne fallait pas parler d'octobre 1961, ni de crimes d'&#233;tat, etc. Beaucoup de marcheurs n'avaient jamais entendu parler de 1961. Aujourd'hui, je n'ai pas l'impression que beaucoup connaissent la Marche de 1983&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un r&#233;cent sondage donnait 19 % de Fran&#231;ais qui se souvenaient ou avaient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Par contre, en regard de la comm&#233;moration &#224; venir, on a plut&#244;t l'impression qu'il y a une usurpation par des gens qui n'y &#233;taient m&#234;me pas. Je me demande quel ph&#233;nom&#232;ne d'entra&#238;nement cela peut cr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a, par exemple, un film destin&#233; aux djeunes avec Jamel Debbouze, &lt;i&gt;La Marche&lt;/i&gt;, qui doit sortir le 27 novembre. Le film se termine sur une Georgina Dufoix qui se fait acclamer &#224; l'arriv&#233;e de la Marche &#224; Paris en annon&#231;ant sur le podium qu'une d&#233;l&#233;gation allait &#234;tre re&#231;ue &#224; l'&#201;lys&#233;e. Comme si c'&#233;tait une revendication de la Marche ! En plus, c'&#233;tait pr&#233;vu d&#232;s le d&#233;part. On en revient &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne de captation par le politique, cela participe &#224; la volont&#233; de la majorit&#233; actuelle de montrer qu'elle avait soutenu la Marche et de masquer tous ses reniements post&#233;rieurs. Or, l'euphorie venait du sentiment de constituer une grande force collective, pas d'&#234;tre re&#231;us par Mitterrand. Ce qui est pr&#233;visible, c'est que le film va provoquer une grande frustration chez ceux qui iront le voir et c'est possible que certains soient demandeurs de contenu, c'est &#224; nous alors de proposer des pistes. En 1993, on avait, avec le comit&#233; national contre la double peine, organis&#233; un meeting &#224; la Bourse du travail &#224; Paris sur le th&#232;me &#171; O&#249; en est le mouvement ? &#187; assorti d'une projection en avant-premi&#232;re du film &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=UpxJrxqe4y0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Douce France&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Bilan : les gens avaient une furieuse envie de refaire des choses ensemble et deux ans plus tard, &#231;a a donn&#233; le MIB. Trente ans apr&#232;s, l'enjeu c'est de savoir si cette envie, on peut la retrouver, et s'il y a une rel&#232;ve. Car si on veut se battre pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, on n'a pas fini de marcher !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite du dossier &#034;1983 : la Marche pour l'&#233;galit&#233;&#034;, c'est &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Nous-etions-modestes-et-determines'&gt;par ici.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Autre signe de ce cha&#238;non manquant entre le &#171; mouvement beur &#187; et le mouvement ouvrier immigr&#233; : un mois apr&#232;s le succ&#232;s de la Marche, le 5 janvier 1984, une gr&#232;ve &#224; Talbot-Poissy oppose des travailleurs gr&#233;vistes immigr&#233;s aux jaunes du syndicat maison, qui agressent les premiers aux cris de &#171; &lt;i&gt;Au four&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;&#224; la Seine&lt;/i&gt; &#187;. A la m&#234;me &#233;poque les gr&#232;ves men&#233;es par les travailleurs immigr&#233;s dans l'automobile &#233;taient tax&#233;es d'&#171; &lt;i&gt;int&#233;gristes&lt;/i&gt; &#187; par le pouvoir socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur la gr&#232;ve de la faim de Djida et Nasser en 1986 : cf. &#171; J'y suis, j'y reste ! &#187; in revue &lt;i&gt;Plein Droit&lt;/i&gt; n&#176; 98, octobre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un r&#233;cent sondage donnait 19 % de Fran&#231;ais qui se souvenaient ou avaient entendu parler de la Marche et 59 % qui estimaient que le racisme avait augment&#233; au cours des 30 derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> A nous de d&#233;passer les &#171; horizons ind&#233;passables &#187; !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-nous-de-depasser-les-horizons</link>
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		<dc:date>2013-11-28T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
		<dc:subject>XIVe si&#232;cle</dc:subject>
		<dc:subject>Histoires florentines</dc:subject>
		<dc:subject>soul&#232;vement prol&#233;tarien</dc:subject>
		<dc:subject>critiques sociales</dc:subject>
		<dc:subject>vraiment castard</dc:subject>
		<dc:subject>si&#232;cle vraiment</dc:subject>
		<dc:subject>florentines puis</dc:subject>
		<dc:subject>Alamano Alliandi</dc:subject>
		<dc:subject>puis &#233;voqu&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>petit livre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les r&#233;veilleurs de la nuit, bravo les gaillards !, sortent un petit livre &#233;peronnant sur un &#171; soul&#232;vement prol&#233;tarien &#187; du XIVe si&#232;cle vraiment castard, La R&#233;volte des Ciompi, d&#233;crite par Machiavel dans ses Histoires florentines puis &#233;voqu&#233;e par Simone Weil dans une de ses &#171; critiques sociales &#187;. En 1378, dans la cit&#233; du lys rouge, les &#171; sottoposti &#187;, artisans du textile florentin les plus sous-pay&#233;s, &#171; des gens inutiles et de vile condition, grossiers, sales et mal v&#234;tus &#187; selon le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cap-sur-l-utopie" rel="tag"&gt;Cap sur l'utopie !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/XIVe-siecle" rel="tag"&gt;XIVe si&#232;cle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Histoires-florentines" rel="tag"&gt;Histoires florentines&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/soulevement-proletarien" rel="tag"&gt;soul&#232;vement prol&#233;tarien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/critiques-sociales" rel="tag"&gt;critiques sociales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vraiment-castard" rel="tag"&gt;vraiment castard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/siecle-vraiment" rel="tag"&gt;si&#232;cle vraiment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/florentines-puis" rel="tag"&gt;florentines puis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alamano-Alliandi" rel="tag"&gt;Alamano Alliandi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/puis-evoquee" rel="tag"&gt;puis &#233;voqu&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/petit-livre" rel="tag"&gt;petit livre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;veilleurs de la nuit, bravo les gaillards !, sortent un petit livre &#233;peronnant sur un &#171; &lt;i&gt;soul&#232;vement prol&#233;tarien&lt;/i&gt; &#187; du XIVe si&#232;cle vraiment castard, &lt;i&gt;La R&#233;volte des Ciompi&lt;/i&gt;, d&#233;crite par Machiavel dans ses &lt;i&gt;Histoires florentines&lt;/i&gt; puis &#233;voqu&#233;e par Simone Weil&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La philosophe, pas l'ex-ministre.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; dans une de ses &#171; critiques sociales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_834 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/p14-rivolta-popolare-urbana.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH612/p14-rivolta-popolare-urbana-dd25e.jpg?1779631146' width='500' height='612' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;En 1378, dans la cit&#233; du lys rouge, les &#171; &lt;i&gt;sottoposti&lt;/i&gt; &#187;, artisans du textile florentin les plus sous-pay&#233;s, &#171; &lt;i&gt;des gens inutiles et de vile condition, grossiers, sales et mal v&#234;tus &lt;/i&gt; &#187; selon le prieur Alamano Alliandi, en ont plein la burette d'&#234;tre r&#233;duits &#224; rien. Ils arr&#234;tent les ateliers, &#171; &lt;i&gt;fichent &#224; bas&lt;/i&gt; &#187; les portes des prisons communales et lib&#232;rent les prisonniers, incendient les maisons des nobles, des riches lainiers, des chefs du parti guelfe, occupent le palais de Podestat contr&#244;lant la ville, br&#251;lent les archives de la justice et du fisc, pillent les couvents et les stocks de grains d'Or San Michele, pendent par les pieds le bourreau de Florence devant le Palais-Vieux et mettent en place une &#171; &lt;i&gt; balia&lt;/i&gt; &#187;, sorte de conseil insurrectionnel pilot&#233; par le &lt;i&gt;popolo minuto&lt;/i&gt; et d'autres insurg&#233;s pour en finir avec les seigneuries et jeter les fondements d'une soci&#233;t&#233; de l'homme &#171; &lt;i&gt;libre de Dieu&lt;/i&gt; &#187;. La r&#233;pression sera bien s&#251;r terrible. Les &#233;meutiers sont ratibois&#233;s, le parlement annulera toutes leurs conqu&#234;tes, la corporation m&#234;me des Ciompi sera abolie. L'ann&#233;e suivante pourtant, contre toute attente, le menu peuple repartira &#224; l'attaque. Entre parenth&#232;ses, si vous vous demandez pourquoi Machiavel, conseiller des princes, s'est fait soudain le chantre de la r&#233;volte des Ciompi contre le &lt;i&gt;popolo grasso&lt;/i&gt;, &#233;coutons-le : &#171; &lt;i&gt;Il est vrai que j'ai enseign&#233; aux tyrans la mani&#232;re de s'emparer du pouvoir, mais j'ai aussi enseign&#233; aux peuples la mani&#232;re de les renverser.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci par ailleurs au puits de science s&#233;ditieux Miguel Abensour et aux indestructibles &#233;ditions rebelles Sens &amp; Tonka de moucher la chandelle des crabes pour qui l'utopie serait &#171; &lt;i&gt;l'antichambre du goulag, voire des camps et ne nous laisserait rien esp&#233;rer de l'avenir&lt;/i&gt; &#187;. Les tr&#232;s roboratifs &lt;i&gt;Le Proc&#232;s des ma&#238;tres r&#234;veurs&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Homme est un animal utopique&lt;/i&gt;, qui viennent de repara&#238;tre dans de nouvelles versions, d&#233;montrent avec aplomb que l'utopie est &#171; &lt;i&gt;ins&#233;parable d'une pens&#233;e de l'&#233;mancipation&lt;/i&gt; &#187; s'exp&#233;rimentant en actes. &#171; &lt;i&gt; Pour les tenants de l'ordre existant, il importe de la rejeter du c&#244;t&#233; de l'impossibilit&#233; pour mieux liquider son impulsion &#224; l'alt&#233;rit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; L'utopie, c'est la recherche de nouveaux modes d'associations harmonieux et lib&#233;rateurs. C'est donc aussi bien la Commune, la Makhnovitchina, Libertalia, Fiume 1919, les Asturies anarchistes ou les Diggers de 1968 que le TAG, les Black Blocs, Oaxaca, la Zomia ou les &#171; &lt;i&gt;nouvelles constellations subversives&lt;/i&gt; &#187; par affinit&#233;s &#233;voqu&#233;es par le g&#233;nial &lt;i&gt;Premi&#232;res mesures r&#233;volutionnaires&lt;/i&gt; (La Fabrique). Les deux livres d'Abensour font un bien fou car c'est tr&#232;s scientifiquement, et tr&#232;s po&#233;tiquement aussi, qu'ils entendent prouver qu'on peut arriver &#224; &#171; &lt;i&gt;d&#233;passer ce qui se pose comme horizon ind&#233;passable&lt;/i&gt; &#187;. Car, pr&#233;cise fort bien le cinglant pr&#233;facier Louis Janover, &#171; &lt;i&gt;il n'existe d'horizon ind&#233;passable que pour ceux dont le regard s'accommode de ce qui se d&#233;roule sous leurs yeux et leur soumission &#224; cet &#233;tat de fait est grosse de tyrannies &#224; venir&lt;/i&gt; &#187;. Notons aussi qu'Abensour insiste savoureusement sur la n&#233;cessit&#233; de r&#233;inventer le monde de fa&#231;on ludique, rappelant &#224; quel point Marx, grand lecteur de Fourier pourtant, a toujours &#171; &lt;i&gt;privil&#233;gi&#233; le travail au d&#233;triment du jeu &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La philosophe, pas l'ex-ministre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crowdfunding, mais qu'est-ce qu'on va faire de &#231;a ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Crowdfunding-mais-qu-est-ce-qu-on</link>
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		<dc:date>2013-11-26T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;</dc:subject>
		<dc:subject>projet</dc:subject>
		<dc:subject>sites</dc:subject>
		<dc:subject>Sud</dc:subject>
		<dc:subject>projets</dc:subject>
		<dc:subject>l'entrepreneuriat social</dc:subject>
		<dc:subject>crowdfunding</dc:subject>
		<dc:subject>plates-formes web</dc:subject>
		<dc:subject>Spear.fr</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Kisskissbankbank.com ainsi qu'Ulule.com pour soutenir des projets &#171; cr&#233;atifs et innovants &#187;, mais encore Babyloan.org pour des projets de solidarit&#233; envers les pays du Sud, Spear.fr pour l'entrepreneuriat social, Touscoprod.com pour des films, etc., les plates-formes web de crowdfunding &#8211; litt&#233;ralement &#171; le financement par la foule &#187; &#8211; ou financement participatif en ligne sont l&#233;gion depuis 2008 en France. Ph&#233;nom&#232;ne apparu d&#232;s 2004 aux &#201;tats-Unis, les sites de crowdfunding rassemblent des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/projet" rel="tag"&gt;projet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sites-749" rel="tag"&gt;sites&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sud" rel="tag"&gt;Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/projets-1562" rel="tag"&gt;projets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-entrepreneuriat-social" rel="tag"&gt;l'entrepreneuriat social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/crowdfunding" rel="tag"&gt;crowdfunding&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plates-formes-web" rel="tag"&gt;plates-formes web&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Spear-fr" rel="tag"&gt;Spear.fr&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Touscoprod-com" rel="tag"&gt;Touscoprod.com&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/financement" rel="tag"&gt;financement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Kisskissbankbank.com ainsi qu'Ulule.com pour soutenir des projets &#171; &lt;i&gt;cr&#233;atifs et innovants&lt;/i&gt; &#187;, mais encore Babyloan.org pour des projets de solidarit&#233; envers les pays du Sud, Spear.fr pour l'entrepreneuriat social, Touscoprod.com pour des films, etc., les plates-formes web de &lt;i&gt;crowdfunding&lt;/i&gt; &#8211; litt&#233;ralement &#171; le financement par la foule &#187; &#8211; ou financement participatif en ligne sont l&#233;gion depuis 2008 en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ph&#233;nom&#232;ne apparu d&#232;s 2004 aux &#201;tats-Unis, les sites de crowdfunding rassemblent des internautes qui mettent en ligne une pr&#233;sentation d&#233;taill&#233;e de leur projet (objectifs, motivations, budget&#8230;) et un montant &#224; r&#233;colter pour le mener &#224; bien. Les contributeurs (n'importe quel zigue) ont quelques semaines pour le soutenir et ce de diff&#233;rentes mani&#232;res selon les sites : par un don financier (en &#233;change d'une contrepartie), un investissement dans le capital, un pr&#234;t. Si la totalit&#233; de la somme est r&#233;colt&#233;e &#224; la date pr&#233;vue, le b&#233;n&#233;ficiaire touche l'argent, dans le cas contraire, si les promesses de contributions n'aboutissent pas, elles sont annul&#233;es tout comme le projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, le &lt;i&gt;crowdfunding&lt;/i&gt; repr&#233;sentait un volume global de 25 millions d'euros en 2012 et, en juin 2013, pr&#232;s de 500 000 &#171; &lt;a href=&#034;http://financeparticipative.org/les-assises/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;internautes solidaires&lt;/a&gt; &#187; ont d&#233;j&#224; soutenu un projet sur une de ces plates-formes. Avec des projets alternatifs parfois all&#233;chants (cr&#233;ation d'un atelier de transformation agricole pour des petits paysans bio, production d'un documentaire sur l'immigration clandestine africaine, cr&#233;ation d'une ferme p&#233;dagogique), beaucoup voient en ces plates-formes un nouveau type de financement qui se veut &#224; la fois solidaire et en dehors du syst&#232;me bancaire, o&#249; des micro-financeurs soutiendraient des projets ind&#233;pendants qui n'auraient pas glan&#233; ailleurs le moindre kopek.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces plates-formes de &lt;i&gt;crowdfunding&lt;/i&gt; sont avant tout des interm&#233;diaires qui se r&#233;mun&#232;rent via leur service de mise en relation (commission de 5 &#224; 8 % sur l'ensemble d'un projet pr&#233;sent&#233;) ou encore par la facturation des frais de transaction bancaire &#224; l'initiateur du projet. La Banque Postale ou le Cr&#233;dit Agricole sont ainsi les partenaires discrets de Kisskissbankbank.com ou de Babyloan.org. Au-del&#224; du design de ces sites qui cr&#233;ent une fausse illusion de &#171; circuit court financier &#187;, il existe &#233;galement tout un processus de merchandising autour des projets, o&#249; en fonction du montant de la contribution donn&#233;e on se voit attribuer un porte-cl&#233;s, une carte postale d&#233;dicac&#233;e, un sac design en toile de jute, une soir&#233;e avec les cr&#233;ateurs du projet. Il se dessine ainsi sur les diff&#233;rents sites, derri&#232;re ce sentiment de collecte solidaire, une comp&#233;tition entre projets avec pr&#233;sentation l&#233;ch&#233;e et surench&#232;re sur les r&#233;seaux sociaux pour attirer des contributeurs transform&#233;s en simples consommateurs d'initiatives &#171; cr&#233;atives et innovantes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce &#171; &lt;i&gt; formidable potentiel de croissance&lt;/i&gt; &#187;, le Medef ne s'y trompe pas : &#171; &lt;i&gt;Nous voulons que tout entrepreneur puisse via Internet s'adresser &#224; des quantit&#233;s d'investisseurs m&#234;me modestes qui pourraient online mettre quelques milliers d'euros dans l'entreprise.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Express, 3 mai 2012.&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; Lors du dernier Salon des entrepreneurs, Fleur Pellerin, ministre en charge des petites et moyennes entreprises, a d&#233;clar&#233; vouloir d&#233;velopper le &lt;i&gt;crowdfunding&lt;/i&gt; et a m&#234;me assur&#233; que le gouvernement comptait regarder &#171; &lt;i&gt;quels pourraient &#234;tre les verrous r&#233;glementaires &#224; faire sauter pour faciliter ce type de financement &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n'emp&#234;che pas certains couacs de se manifester au grand jour. Ainsi MyMajorCompany.com, le premier site de financement participatif fran&#231;ais, fait l'objet depuis un an d'une fronde de la part de certains contributeurs. Un millier d'entre eux (quand m&#234;me !), &#224; travers &lt;a href=&#034;http://collectifprod.wix.com/prod1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un site&lt;/a&gt;, tirent &#224; boulets rouges sur la plate-forme, d&#233;non&#231;ant l'opacit&#233; des d&#233;penses engag&#233;es pour produire des artistes musicaux et autres retards de sorties de disques. Selon ces &#171; internautes solidaires &#187; mais d&#233;sillusionn&#233;s, &#171; &lt;i&gt;ce syst&#232;me n'est finalement qu'un outil capitalistique de plus, cr&#233;&#233; sur mesure pour un monde en crise. Puisque le client n'ach&#232;te plus le produit, on va lui en faire payer sa production en lui faisant croire comme toujours &#224; des chim&#232;res. &lt;/i&gt; &#187; Et question chim&#232;res, MyMajorCompany.com s'y conna&#238;t ! Il y a &#224; peine quelques mois, le site proposait de soutenir &lt;a href=&#034;http://www.mymajorcompany.com/projects/illuminons-notre-dame-en-l-honneur-du-pape&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un projet&lt;/a&gt; (qui a abouti !) d'achat de 1 000 cierges pour illuminer Notre-Dame de Paris en l'honneur du pape&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, 3 mai 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Clin d'&#339;il de Tunisie </title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Clin-d-oeil-de-Tunisie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Clin-d-oeil-de-Tunisie</guid>
		<dc:date>2013-11-23T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Chien m&#233;chant</dc:subject>
		<dc:subject>Tawfiq Omrane</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le blog de Tawfiq Omrane, c'est par ici.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no115-octobre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;115 (octobre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chien-mechant-7" rel="tag"&gt;Chien m&#233;chant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tawfiq-Omrane" rel="tag"&gt;Tawfiq Omrane&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_831 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH466/actu-cqfd_10_2013-63011.jpg?1779631146' width='500' height='466' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Tawfiq Omrane.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le blog de Tawfiq Omrane, c'est &lt;a href=&#034;http://teo-omrane.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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