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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Pas de paix pour les Refuzniks</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


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&lt;p&gt;Il n'est toujours pas question de paix n&#233;goci&#233;e pour les Isra&#233;liens, juifs comme arabes, qui refusent de servir dans les territoires occup&#233;s. Pour eux, la &#171; feuille de route &#187;, c'est la taule. L'&#233;ni&#232;me &#171; relance du plan de paix &#187; entre l'occupant isra&#233;lien et son paillasson palestinien a de quoi laisser sceptiques ceux qui agissent r&#233;ellement pour la paix. A commencer par les &#171; refuzniks &#187;. A ce jour, ils sont treize Isra&#233;liens &#224; croupir en taule pour avoir refus&#233; de porter les armes dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il n'est toujours pas question de paix n&#233;goci&#233;e pour les Isra&#233;liens, juifs comme arabes, qui refusent de servir dans les territoires occup&#233;s. Pour eux, la &#171; feuille de route &#187;, c'est la taule.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;'&#233;ni&#232;me &#171; relance du plan de paix &#187; entre l'occupant isra&#233;lien et son paillasson palestinien a de quoi laisser sceptiques ceux qui agissent r&#233;ellement pour la paix. A commencer par les &#171; refuzniks &#187;. A ce jour, ils sont treize Isra&#233;liens &#224; croupir en taule pour avoir refus&#233; de porter les armes dans les territoires occup&#233;s. Et le nombre de ceux que leur refus m&#232;ne droit au trou pourrait bien augmenter, &#171; feuille de route &#187; ou pas. C'est qu'en Isra&#235;l, il est de plus en plus p&#233;rilleux de s'opposer &#224; la grande campagne civilisatrice de Sharon. L'&#233;chec de Camp David en juillet 2000, qu'il &#233;tait plus commode d'imputer &#224; l'intransigeance palestinienne qu'aux propositions canulardesques du travailliste Barak, avait servi de justification au bellicisme haineux de la droite. Les bombes humaines largu&#233;es sur les terrasses de caf&#233; n'avaient pas arrang&#233; les choses. Malgr&#233; cela, les refuzniks ont r&#233;ussi &#224; trouver un certain &#233;cho dans la population. Ces lyc&#233;ens, officiers et appel&#233;s ont mis sur la place publique qu'ils ne seraient pas les marionnettes arm&#233;es d'une &#171; pacification &#187; qu'ils jugent cruelle et suicidaire. Le premier acte de refus est venu d'&#233;l&#232;ves de terminale sur le point d'&#234;tre appel&#233;s dans l'arm&#233;e. En ao&#251;t 2001, ils envoient une lettre au Premier ministre Sharon dans laquelle ils expriment leur refus de prendre part &#171; &#224; des actes d'oppression dirig&#233;s contre le peuple palestinien, non seulement ill&#233;gitimes, mais ne parvenant m&#234;me pas &#224; atteindre leur but avou&#233;, c'est-&#224;-dire accro&#238;tre la s&#233;curit&#233; personnelle des citoyens. &#187; Ils sont aujourd'hui trois cents cinquante jeunes entre 15 et 18 ans &#224; avoir sign&#233; cet appel.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Dans une p&#233;tition, ils assurent qu'ils ne continueront pas &#171; &#224; combattre au-del&#224; des fronti&#232;res de 1967 afin de dominer, d'expulser, d'affamer et d'humilier un peuple tout entier &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;D'ampleur modeste, le mouvement n'en est pas moins lanc&#233;. En janvier 2002, cinquante-deux officiers r&#233;servistes et soldats d'unit&#233;s de combat de Tsahal cosignent une p&#233;tition intitul&#233;e &#171; le courage de refuser &#187;. Ils y indiquent qu'ils ne continueront pas &#171; &#224; combattre au-del&#224; des fronti&#232;res de 1967 afin de dominer, d'expulser, d'affamer et d'humilier un peuple tout entier. &#187; Se r&#233;f&#233;rant au sionisme, r&#233;dig&#233; par des militaires ayant servi pour certains dans des commandos d'&#233;lite, pas vraiment du genre pacifistes boutonneux, cet appel fait du bruit dans la soci&#233;t&#233; isra&#233;lienne. Et d&#233;clenche les foudres du pouvoir, inquiet de voir cette dissidence (qui regroupe aujourd'hui cinq cents douze signatures) faire t&#226;che d'huile. Mais comme il n'est jamais ais&#233;, surtout en Isra&#235;l, de sanctionner des militaires, on s'acharne sur les lyc&#233;ens. Quitte, pour cela, &#224; violenter un peu les proc&#233;dures. Normalement, les objecteurs passent devant une commission militaire charg&#233;e, selon des crit&#232;res vagues, de juger de l'authenticit&#233; de leur refus. D&#233;sormais, on ne fait m&#234;me plus semblant : pour la premi&#232;re fois, trois des signataires de l'appel lyc&#233;en, Jonathan Ben Hartzi (incarc&#233;r&#233; depuis octobre 2002), Haggai Matar (depuis ao&#251;t 2002) et Mathan Jaminer vont &#234;tre d&#233;f&#233;r&#233;s devant la cour martiale isra&#233;lienne et risquent jusqu'&#224; trois ans de prison. Mauvaise pioche, Jonathan Ben Hartzi est le neveu de l'&#233;pouse de l'ex-Premier ministre Benyamin Netanyahou, un type qui trouve que Sharon est trop gentil avec les Palestiniens. Une parent&#233; qui n'a pas am&#233;lior&#233; son cas aupr&#232;s du psychologue de la commission militaire, qui d&#233;clarait en substance : &#171; Puisque Jonathan argumente, c'est qu'il est agressif. Puisqu'il est agressif, il ne peut &#234;tre pacifiste &#187;. Treize lyc&#233;ens ou ex-lyc&#233;ens sont aujourd'hui en prison pour avoir &#233;t&#233; &#171; agressifs &#187; envers Tsahal.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Dans cette partie du monde, la cour martiale est bien le seul endroit o&#249; Arabes et juifs sont &#233;gaux en droit - et encore.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si la &#171; Lettre des lyc&#233;ens &#187; et &#171; Le courage de refuser &#187; ont &#233;t&#233; largement m&#233;diatis&#233;s, il n'en est pas de m&#234;me pour les objecteurs druzes. Les Druzes ont un statut &#224; part : contrairement aux autres Arabes musulmans et chr&#233;tiens, exempt&#233;s de service militaire, les membres de cette branche tr&#232;s minoritaire de l'Islam&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Issue du chiisme isma&#233;lien.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; doivent rev&#234;tir l'uniforme. Comme ils parlent arabe, l'arm&#233;e s'en sert volontiers de suppl&#233;tifs pour ses op&#233;rations de ratissage, conform&#233;ment &#224; une vieille tradition des arm&#233;es d'occupation (cf. la France en Alg&#233;rie) qui veut qu'une partie du sale boulot incombe &#224; &#171; nos amis les indig&#232;nes &#187;. D'apr&#232;s le CID&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comit&#233; d'initiative druze pour l'objection de conscience.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, pr&#232;s de 40 % des Druzes ne se pr&#233;sentent pas le jour de leur incorporation. Ils sont alors consid&#233;r&#233;s comme d&#233;serteurs et passent devant la cour martiale, o&#249; ils risquent jusqu'&#224; trois ans de prison. Dans cette partie du monde, la cour martiale est bien le seul endroit o&#249; Arabes et juifs sont &#233;gaux en droit - et encore. D'o&#249; qu'elle vienne, l'insoumission est un choix lourd de cons&#233;quences dans une soci&#233;t&#233; tr&#232;s d&#233;gag&#233;e sur les oreilles o&#249; l'&#233;ducation, depuis la maternelle jusqu'au lyc&#233;e, vous pr&#233;pare &#224; l'&#233;tat de guerre permanent. D&#232;s 18 ans, le service militaire est obligatoire pour les gar&#231;ons (3 ans) comme pour les filles (21 mois), prolong&#233; tous les ans par un s&#233;jour d'un mois &#224; la caserne, histoire de ne pas perdre la main. Ceux qui ont pris le fusil sont avantag&#233;s sur le march&#233; du travail ainsi que dans la carri&#232;re politique. Dans une soci&#233;t&#233; en treillis, le refus de combattre est certes le plus s&#251;r moyen de se retrouver au trou. Mais aussi de bousculer l'ordre des choses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Issue du chiisme isma&#233;lien.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comit&#233; d'initiative druze pour l'objection de conscience.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Quand ATTAC censure les profs</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Quand-ATTAC-censure-les-profs</link>
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		<dc:date>2003-06-05T16:24:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Pantanella</dc:creator>


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&lt;p&gt;Mardi 6 mai, facult&#233; Saint-Charles, &#224; Marseille. Des personnels de l'&#201;ducation nationale terminent une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, au sortir d'une manifestation qui a rassembl&#233; 25 000 personnes. L'assembl&#233;e appelle &#224; la gr&#232;ve reconductible - apr&#232;s maintes discussions pour savoir si elle devait &#234;tre de surcro&#238;t &#171; g&#233;n&#233;rale &#187; et &#171; illimit&#233;e &#187;. Un d&#233;l&#233;gu&#233; du SNES annonce que son syndicat ne prendra pas part au vote, car &#171; il n'y a ici que 3OO personnes, cette assembl&#233;e n'est pas repr&#233;sentative &#187;. Petite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-Education-nationale" rel="tag"&gt;l'&#201;ducation nationale&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mardi 6 mai, facult&#233; Saint-Charles, &#224; Marseille. Des personnels de l'&#201;ducation nationale terminent une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, au sortir d'une manifestation qui a rassembl&#233; 25 000 personnes. L'assembl&#233;e appelle &#224; la gr&#232;ve reconductible - apr&#232;s maintes discussions pour savoir si elle devait &#234;tre de surcro&#238;t &#171; g&#233;n&#233;rale &#187; et &#171; illimit&#233;e &#187;. Un d&#233;l&#233;gu&#233; du SNES annonce que son syndicat ne prendra pas part au vote, car &#171; il n'y a ici que 3OO personnes, cette assembl&#233;e n'est pas repr&#233;sentative &#187;. Petite anecdote illustrant les relations houleuses entre la &#171; coordination des &#233;tablissements en lutte &#187; et les syndicats, en ce printemps 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand, au mois de mars, le mouvement de gr&#232;ve dans l'&#233;ducation prend une ampleur nationale, des coordinations d'&#233;tablissements en lutte se cr&#233;ent dans les d&#233;partements les plus mobilis&#233;s. Un peu partout, des gens se d&#233;m&#232;nent pour organiser actions et manifestations, assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, r&#233;unions avec les parents d'&#233;l&#232;ves, diffusion d'informations&#8230; Certains ont arr&#234;t&#233; le travail depuis plusieurs semaines, peinent &#224; mobiliser leurs coll&#232;gues de travail et subissent des pressions de leur hi&#233;rarchie, le tout dans un &#171; black out &#187; &#233;difiant des m&#233;dias, qui n'&#233;voquent l'&#201;ducation nationale que pour se passionner pour les questions de port du voile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Syndiqu&#233;s ou non, les membres de la coordination d&#233;couvrent (ou red&#233;couvrent) les difficult&#233;s d'un parcours autonome par rapport aux instances syndicales en place. Si certaines organisations comme SUD ou la CNT accompagnent tr&#232;s t&#244;t le mouvement, les &#171; gros &#187; syndicats go&#251;tent peu les ph&#233;nom&#232;nes de contestation hors de contr&#244;le, qui &#233;laborent leurs mots d'ordre au fil des AG. Les gr&#233;vistes s'exasp&#232;rent de leur inertie, du freinage du mouvement, et des tentatives d'&#233;viction de la coordination lors des manifestations. Les logiques d'appareil heurtent de front le fonctionnement collectif des assembl&#233;es. Au sein-m&#234;me des sections locales, &#224; la CGT notamment, les empoignades vont bon train face &#224; la ti&#233;deur et &#224; l'immobilisme des directives nationales. Les mouvements sociaux sont de puissants r&#233;v&#233;lateurs des institutions. D&#232;s le 15 mai, la CFDT rejouera la m&#234;me musique collaborationniste qu'en 1995&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tenue du &#171; Forum social d&#233;partemental &#187; &#224; Marseille, les 2 et 3 mai, &#233;tait per&#231;u par la coordination comme une occasion de d&#233;chirer le &#171; voile &#187; m&#233;diatique et donner au mouvement une expression publique. Le Forum social, qui se pr&#233;sentait comme &#171; un espace ouvert de rencontres et d'&#233;changes &#187;, pour &#171; permettre la convergence des mouvements sociaux [et] citoyens du d&#233;partement &#187; par &#171; la confrontation et le d&#233;bat d&#233;mocratique &#187;, semblait effectivement le lieu tout indiqu&#233; pour une prise de parole par ceux qui, &#224; ce moment m&#234;me, se battaient contre la &#171; r&#233;gression sociale &#187; d&#233;nonc&#233;e dans la brochure &#233;dit&#233;e par les organisateurs. Un membre de la coordination contacte donc un repr&#233;sentant de la FSU (f&#233;d&#233;ration syndicale majoritaire dans l'enseignement), qui coorganise le Forum avec ATTAC. Leur &#233;change de courrier &#233;lectronique va tourner court :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; Des enseignants gr&#233;vistes [&#8230;] (regroupant des syndiqu&#233;s et des non-syndiqu&#233;s) demandent express&#233;ment qu'on leur donne l'occasion d'intervenir au forum social 13.[&#8230;] ils ne demandent pas une intervention purement symbolique de 5 minutes, [&#8230;] mais une vrai prise de parole [&#8230;] au m&#234;me titre que n'importe quelle &#171; institution &#187; dite &#171; repr&#233;sentative &#187; (parfois &#224; tort) des luttes en cours. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Forum social : &#171; Parce que vous respectez pas ce qu'on nomme la Netiquette. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Parce que vos interventions sont per&#231;ues comme des attaques &#224; l'encontre de tous ceux qui se sont investis depuis des mois pour ce forum social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Parce qu'au lieu de construire, vous d&#233;molissez. Je comprends m&#234;me pas comment vous pouvez esp&#232;rer que l'on vous donne une tribune au Forum avec ce type de comportement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion du membre de la coordination : &#171; ATTAC choisit de laisser le monopole de la parole sur le mouvement enseignant au SNU et censure la coordination, qui a pourtant fait le gros du boulot. La v&#233;rit&#233; [&#8230;] est que la FSU a peur de cette parole des profs qui s'organisent en dehors d'elle. &#187; De la difficult&#233; de se faire une place entre le marteau et l'enclume&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les matraques aiment les Big Mac</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-matraques-aiment-les-Big-Mac</link>
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&lt;p&gt;Faut pas rigoler avec les cheeseburgers. Le 30 mai, Ryad, un gr&#233;viste CGT du McDonald's parisien de Strasbourg-Saint-Denis, entre dans le McDo de Boulogne arm&#233; de tracts s&#233;ditieux. Alert&#233;s par la directrice, les policiers accourent pour r&#233;tablir la paix sociale : Ryad est jet&#233; &#224; terre par cinq flics, &#233;trangl&#233; avec une matraque, puis emmen&#233; au poste pour deux jours de garde-&#224;-vue. Gr&#226;ce &#224; l'avocate des gr&#233;vistes, Ryad aura &#233;vit&#233; de justesse une comparution imm&#233;diate synonyme de placard. Mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faut pas rigoler avec les cheeseburgers. Le 30 mai, Ryad, un gr&#233;viste CGT du McDonald's parisien de Strasbourg-Saint-Denis, entre dans le McDo de Boulogne arm&#233; de tracts s&#233;ditieux. Alert&#233;s par la directrice, les policiers accourent pour r&#233;tablir la paix sociale : Ryad est jet&#233; &#224; terre par cinq flics, &#233;trangl&#233; avec une matraque, puis emmen&#233; au poste pour deux jours de garde-&#224;-vue. Gr&#226;ce &#224; l'avocate des gr&#233;vistes, Ryad aura &#233;vit&#233; de justesse une comparution imm&#233;diate synonyme de placard. Mais il reste poursuivi pour &#171; r&#233;bellion et outrage &#224; agent &#187; et compara&#238;tra le 2 juillet en correctionnelle. Cette justice au cholest&#233;rol ne met pas fin pour autant au cauchemard de McDonald's : la gr&#232;ve &#224; Strasbourg-Saint-Denis. Entam&#233; le 11 mars, ce mouvement tenace fait suite au licenciement de Tino, sous-directeur et d&#233;l&#233;gu&#233; CGC, coupable d'&#171; insubordination &#187; selon la direction. Le m&#234;me restau avait d&#233;j&#224; connu cent quinze jours d'occupation en 2001, apr&#232;s le licenciement d'un d&#233;l&#233;gu&#233; qui avait r&#233;clam&#233; la tenue d'&#233;lections professionnelles. Quatre salari&#233;s avaient alors appel&#233; &#224; la gr&#232;ve. Vir&#233;s &#224; leur tour, ils s'&#233;taient vus, en prime, accus&#233;s de vol. Depuis, les licenci&#233;s ont &#233;t&#233; r&#233;int&#233;gr&#233;s par le tribunal des prud'hommes, Tino ayant t&#233;moign&#233; en leur faveur. Voil&#224; pourquoi McDo veut sa peau. Au-del&#224;, disent les gr&#233;vistes (29 salari&#233;s sur 30), c'est tout l'&#233;tablissement qui est vis&#233; : la direction ne supporte plus ce foyer d'agitation compos&#233; de banlieusards basan&#233;s et syndiqu&#233;s. Comble de malchance pour le grand M jaun&#226;tre, l'inspection du travail refuse d'avaliser le licenciement de Tino. Comme si le droit du travail n'&#233;tait pas encore totalement soluble dans l'huile de friture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ni bonne ni conne... et en lutte chez Disney</title>
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		<dc:date>2003-06-05T16:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lissa Tomas</dc:creator>


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&lt;p&gt;Depuis 1998, Doroth&#233;e travaille comme agent d'entretien dans les h&#244;tels du parc Eurodisney. R&#233;volt&#233;e par les contrats frauduleux, les conditions de travail et la trouille inflig&#233;e au personnel, elle apprend sur le tas, non sans jubilation parfois, &#224; organiser une lutte, &#224; r&#233;diger des tracts et &#224; diss&#233;quer le droit du travail, allant jusqu'&#224; faire subir &#224; Mickey sa toute premi&#232;re gr&#232;ve du personnel de nettoyage. En retour, rien ne sera &#233;pargn&#233; &#224; cette immigr&#233;e camerounaise de 55 ans prise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 1998, Doroth&#233;e travaille comme agent d'entretien dans les h&#244;tels du parc Eurodisney. R&#233;volt&#233;e par les contrats frauduleux, les conditions de travail et la trouille inflig&#233;e au personnel, elle apprend sur le tas, non sans jubilation parfois, &#224; organiser une lutte, &#224; r&#233;diger des tracts et &#224; diss&#233;quer le droit du travail, allant jusqu'&#224; faire subir &#224; Mickey sa toute premi&#232;re gr&#232;ve du personnel de nettoyage. En retour, rien ne sera &#233;pargn&#233; &#224; cette immigr&#233;e camerounaise de 55 ans prise dans une lutte acharn&#233;e : harc&#232;lement, mises &#224; pied, non-versement du salaire, tentatives de corruption&#8230; Rien, pas m&#234;me sa radiation par son propre syndicat, la CGT.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi es-tu entr&#233;e chez Disney ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais vu que des soci&#233;t&#233;s de nettoyage cherchaient des gouvernantes g&#233;n&#233;rales pour travailler dans des h&#244;tels. J'ai donc suivi la formation, qui a dur&#233; six mois, et j'ai &#233;t&#233; tout de suite embauch&#233;e &#224; Eurodisney par ISS, une soci&#233;t&#233; de sous-traitance. En d&#233;couvrant le secteur du nettoyage, je me suis demand&#233;e si on &#233;tait encore en France et si l'esclavage &#233;tait bien aboli. Je me suis dit que ce n'&#233;tait pas possible d'accepter &#231;a. Au d&#233;part, j'ai men&#233; des luttes sans &#234;tre syndiqu&#233;e, c'est un peu plus tard que j'ai adh&#233;r&#233; &#224; la CGT et que je suis devenue d&#233;l&#233;gu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_767 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L291xH443/arbeit-0a13d.gif?1779604087' width='291' height='443' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Jiho
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle a &#233;t&#233; ta premi&#232;re action ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a port&#233; sur les contrats de travail des femmes de chambres. C'&#233;tait n'importe quoi ! Le nombre d'heures variait d'un contrat &#224; l'autre, le nombre de chambres &#233;tait excessif, certaines femmes &#233;taient pay&#233;es 800 francs, d'autres 1000 ou 2000, pour 6 ou 7 heures de travail effectif par jour. La plupart des personnes qui travaillent dans ce secteur sont immigr&#233;es, souvent africaines, et beaucoup ne savent ni lire ni &#233;crire. Les patrons en profitent pour leur faire signer des contrats ill&#233;gaux. On a donc lanc&#233; une p&#233;tition, qu'on a envoy&#233;e &#224; la direction. Mais c&#244;t&#233; salari&#233;s, il n'y avait personne pour parler, tout le monde avait peur. J'ai pris la parole sur les bulletins de salaires, les heures qui n'&#233;taient pas compt&#233;es&#8230; Je n'avais jamais fait de syndicalisme de ma vie et, bien s&#251;r, je n'avais pas de mandat. Quand la direction a commenc&#233; &#224; me cr&#233;er des probl&#232;mes, je suis all&#233;e voir la CGT, qui m'a nomm&#233;e d&#233;l&#233;gu&#233;e, et j'ai commenc&#233; &#224; n&#233;gocier avec le patron sur les contrats, les salaires et m&#234;me l'hygi&#232;ne : les produits qu'on nous faisait utiliser &#233;taient nocifs pour la peau. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du syndicat CGT du nettoyage, suivait tout &#231;a, et c'est l&#224; que j'ai d&#233;couvert qu'au lieu de soutenir les salari&#233;s, il soutenait le patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De quelle mani&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je venais d'&#233;crire un tract annon&#231;ant une gr&#232;ve pour le dimanche suivant. C'&#233;tait mon premier tract, je n'avais aucune exp&#233;rience de ce genre de choses. Je prends mon texte, je vais &#224; l'Union locale et je le tire &#224; un millier d'exemplaires. J'arrive &#224; la gare le lendemain matin &#224; 4 heures et j'en distribue partout ! La gr&#232;ve &#233;tait lanc&#233;e ! A la direction, c'&#233;tait la panique. Mon patron me convoque en urgence, j'appelle mon secr&#233;taire CGT, on va ensemble &#224; la r&#233;union, et l&#224;, au lieu de me d&#233;fendre, il se met avec mon patron pour me taper dessus. J'ai dit que je ne savais pas qui &#233;tait l'auteur du tract, mais que cette personne avait bien fait, et que si on n'essayait pas de r&#233;soudre le probl&#232;me, il y aurait effectivement gr&#232;ve le dimanche. Au cours de la n&#233;gociation, le secr&#233;taire CGT a demand&#233; au patron d'augmenter le salaire des trois d&#233;l&#233;gu&#233;s, en assurant qu'on s'en tiendrait l&#224;. J'ai refus&#233; de marcher l&#224;-dedans et j'ai maintenu la gr&#232;ve. C'&#233;tait la premi&#232;re fois que des femmes de chambre se mettaient en gr&#232;ve chez Disney. Le mouvement a &#233;t&#233; bien suivi, d'ailleurs, m&#234;me le gars du Parisien est venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment a r&#233;agi la direction ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En essayant de me virer. J'&#233;tais en train de travailler quand le gars de la s&#233;curit&#233; est venu me dire : &#171; Madame, vous devez partir de l'enceinte de Disney, vous n'avez plus le droit de rester l&#224; &#187;. Je descends, je trouve une de mes patronnes qui me demande de signer un papier et je refuse. Du coup, plusieurs gars de la s&#233;curit&#233; ont essay&#233; de me faire sortir. Mais comme on a le droit de manger sur place, j'ai r&#233;torqu&#233; que je n'avais rien aval&#233; depuis le matin et que j'allais donc d&#233;jeuner d'abord. Mon repas a dur&#233; presque deux heures ! Je les regardais en mangeant, pendant qu'ils &#233;taient l&#224; &#224; m'entourer&#8230; Apr&#232;s, ils m'ont escort&#233;e jusqu'&#224; la porte, comme si j'&#233;tais une voleuse, c'est quelque chose que je n'oublierai jamais&#8230; J'ai aussit&#244;t couru &#224; l'inspection du travail, qui m'a indiqu&#233; un conseiller juridique pour les Prud'hommes. R&#233;sultat, le tribunal a condamn&#233; la soci&#233;t&#233; et ordonn&#233; ma r&#233;int&#233;gration. Alors je suis revenue&#8230; Une autre fois, la direction a forc&#233; des salari&#233;s &#224; &#233;crire des lettres contre moi, pour s'en servir devant l'inspection du travail. Mais ces salari&#233;s ne savaient ni lire, ni &#233;crire, et &#231;a, c'&#233;tait facile &#224; prouver. La direction a &#233;t&#233; oblig&#233;e d'avouer la manipulation et de me r&#233;int&#233;grer. Tu vois jusqu'o&#249; ils sont pr&#234;ts &#224; aller&#8230; Aujourd'hui, j'en suis &#224; ma cinqui&#232;me mise &#224; pied conservatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu &#233;tais donc aussi en lutte contre ton propre syndicat&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#231;a. La direction a tent&#233; de diviser pour mieux r&#233;gner. Ils ont tout fait pour m'isoler. Mon patron a corrompu tout le monde, FO, la CFTC, la CFDT, j'&#233;tais seule &#224; me battre, et heureusement que j'avais le personnel avec moi. Malgr&#233; tout, le mouvement a pris corps. On a obtenu la baisse des cadences, la r&#233;gularit&#233; des contrats&#8230; Ce n'&#233;tait pas tout &#224; fait ce qu'on demandait, mais c'&#233;tait d&#233;j&#224; &#231;a. Or, pendant que la direction faisait de moi sa b&#234;te noire, mon secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral suivait ses instructions en essayant de me retirer mon mandat. Mes patrons - celui de Disney et celui de la CGT - ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; me convoquer ensemble dans un caf&#233;, pour me convaincre d'accepter ma mutation. Non seulement j'ai refus&#233;, mais j'ai &#233;crit au secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, Bernard Thibault, pour lui expliquer ce qui se passait. J'ai fait valoir que j'avais &#233;t&#233; &#233;lue d&#233;l&#233;gu&#233;e pour d&#233;fendre les salari&#233;s, pas pour m'aligner sur le patron. Finalement, mon mandat a &#233;t&#233; maintenu, mais il n'y a pas eu de suites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as fait de nombreuses all&#233;es et venues entre les tribunaux et Disney. Comment t'accueillait la direction &#224; chaque retour ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mal. Une fois, la soci&#233;t&#233; a voulu me muter dans un autre h&#244;tel. Imagine : moi, une Africaine, travaillant au Castel, l'h&#244;tel des VIP, des stars ! Normalement, tu n'y vois jamais de femmes de chambre noires. Du coup, ils ont refus&#233; que j'y retourne et on est repartis aux Prud'hommes ! Le Tribunal a ordonn&#233; que je r&#233;int&#232;gre mon poste au Castel, sous peine de 2000 F d'astreinte par jour pour la direction. L&#224;, ils ont encore eu peur. Avant que je r&#233;int&#232;gre le Castel, mon patron m'a reconvoqu&#233; pour un entretien : cette fois, il me demandait qu'on se s&#233;pare &#224; l'amiable. J'ai dit oui, pas de probl&#232;me, si vous me donnez de l'argent, je m'en vais. Il me propose 60 000 F, je dis d'accord, quand est-ce que je passe prendre mon ch&#232;que ? Tout content, il appelle ses sup&#233;rieurs pour leur annoncer la bonne nouvelle. Le lendemain matin, j'arrive bien habill&#233;e, avec des bijoux et tout, je demande mon ch&#232;que, il me le tend &#8230; et l&#224; je lui dis : &#171; non mais, vous vous moquez de moi, je suis venue tout simplement vous dire que demain matin je reprends le travail, voil&#224; votre dossier &#187; et je lui balance le ch&#232;que ! [fou rire] Il s'est dit : mais elle est folle ! Il a rappel&#233; Disney, pour leur dire &#171; elle revient demain ! &#187;. Et le lendemain, je re&#231;ois encore une lettre de licenciement. L'inspecteur du travail me voit revenir, je suis encore mise &#224; pied trois mois, et c'est reparti pour un tour au tribunal&#8230; J'ai fait tous les tribunaux : Meaux, Paris, Aulnay, Cr&#233;teil&#8230; Le tribunal, c'est ma deuxi&#232;me maison !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_768 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L376xH367/coton-a799b.gif?1779769520' width='376' height='367' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Jiho
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ta bo&#238;te de sous-traitance doit se mordre les doigts de t'avoir recrut&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a chang&#233; trois fois ! Comme Disney ne veut surtout pas de gr&#232;ve, ils se trouvent une nouvelle bo&#238;te chaque fois qu'il y a un probl&#232;me. En 2000, la direction a r&#233;sili&#233; son contrat avec ISS, et on a eu droit &#224; un nouvel employeur, Sin &amp; Stes. Ils m'ont imm&#233;diatement demand&#233; de rester chez moi. Ils ne me connaissaient pas, je n'avais pas encore travaill&#233; une seule journ&#233;e avec eux. J'ai cru au d&#233;part que c'&#233;tait pour une question d'organisation, mais au bout d'un moment, j'ai quand m&#234;me compris qu'il y avait un probl&#232;me, et on est all&#233;s au Prud'hommes. La soci&#233;t&#233; s'est d&#233;fendue en disant que j'avais fait partir ISS, &#224; cause des gr&#232;ves. Il a fallu leur rappeler que c'&#233;tait un droit ! Aujourd'hui, la soci&#233;t&#233; de sous-traitance a encore chang&#233;. Elle s'appelle Prop'h&#244;tel. Cette fois-ci, j'ai pris les devants. Avant m&#234;me l'arriv&#233;e de la soci&#233;t&#233;, j'ai consult&#233; le personnel et la liste des revendications &#233;tait pr&#234;te. Tout le monde devait avoir vingt-huit chambres &#224; faire en six heures, avec des chariots, des &#233;quipiers, etc. On est tomb&#233;s d'accord. Mais d&#232;s la deuxi&#232;me semaine, mon nom n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus sur le planning. J'ai annonc&#233; au personnel qu'on m'affectait au Newport, un autre h&#244;tel, et l&#224;, le personnel a d&#233;cid&#233; de me suivre. On &#233;tait &#224; nouveau en gr&#232;ve. Et moi en mise &#224; pied ! C'&#233;tait le 12 juillet 2002, et je n'ai pas &#233;t&#233; pay&#233;e jusqu'au 3 octobre, jour de ma reprise de travail. J'&#233;l&#232;ve seule mes enfants, donc l&#224; c'&#233;tait vraiment la catastrophe. Et le 7 octobre, &#224; la suite d'un conflit avec une femme de chambre qui faisait travailler sa ni&#232;ce de seize ans avec la complicit&#233; de la soci&#233;t&#233;, j'ai &#233;t&#233; &#224; nouveau mise &#224; pied. Jusqu'&#224; maintenant. Tu vois, ils ont tout essay&#233; pour me faire d&#233;missionner, mais j'ai tenu bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui te fait tenir, justement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis d&#233;l&#233;gu&#233;e, et le r&#244;le du d&#233;l&#233;gu&#233;, c'est de tenir bon devant le patron. Et puis, le secteur commence &#224; bouger. Dans le nettoyage, on respecte d'autant moins les salari&#233;s qu'ils connaissent rarement leurs droits. C'est notre r&#244;le de les porter &#224; leur connaissance et de faire en sorte que les patrons s'y plient. Mais on a un syndicat du nettoyage qui est totalement&#8230; qui est soumis aux patrons. Je prends un exemple : en 2002, le syndicat s'est abstenu de diffuser ne serait-ce qu'un seul tract revendicatif. Les n&#233;gociations des 35h, quand le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du syndicat s'en charge, se font au profit des patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi rester &#224; la CGT, alors ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon syndicat m'a radi&#233;, comme d'autres d&#233;l&#233;gu&#233;s. Ce sont les Unions locales qui nous soutiennent. Aux &#233;lections, je suis oblig&#233;e de faire une liste de candidature libre soutenue par l'Union locale. C'est comme &#231;a que je conserve mon mandat. De plus, je suis soutenue par le personnel, qui sait que je ne me laisse pas corrompre. Si j'avais dit oui chaque fois qu'on a voulu acheter mon silence, je serais riche aujourd'hui ! Mais c'est aussi un combat pour la dignit&#233;. Pour travailler dans ces conditions, il faut vraiment en avoir besoin. Les femmes qui tiennent dans ces emplois ont des familles &#224; nourrir et trouvent difficilement du travail ailleurs. Pour une femme venue d'Afrique, 3000 F est une somme &#233;norme ! Ce n'est pas si simple d'expliquer ce qu'est le SMIC et de parler des conditions de travail, surtout aujourd'hui, avec la g&#233;n&#233;ralisation des contrats pr&#233;caires. Quand on voit le mouvement des femmes d'Arcade, il faut les f&#233;liciter : elles ont obtenu gain de cause en restant solidaires, et sans le soutien des grandes conf&#233;d&#233;rations. C'est un exemple qui peut permettre d'&#233;tendre les luttes dans d'autres soci&#233;t&#233;s du secteur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_769 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L347xH309/rats-29e7b.gif?1779769520' width='347' height='309' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Jiho
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#234;tes all&#233;s au congr&#232;s de la CGT qui s'est d&#233;roul&#233; du 24 au 28 mars derniers ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, en organisant une collecte pour payer les billets de trains. Nous y sommes all&#233;s sans mandat, sans invitation, pour d&#233;noncer ce qui se passe. Le syndicat des agents de propret&#233; est affili&#233; aux Ports et Docks, c'est la sous-traitance du secteur du nettoyage qui fait vivre la f&#233;d&#233;ration. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du nettoyage n&#233;gocie avec les patrons en &#233;change de sa bonne conduite, avec l'accord de la f&#233;d&#233;ration, qui le prot&#232;ge. Pour lutter contre ce fonctionnement et la dictature du secr&#233;taire, on a cr&#233;&#233; un collectif. Nous avons constitu&#233; des dossiers que nous avons envoy&#233;s &#224; la f&#233;d&#233;ration et &#224; la conf&#233;d&#233;ration, sans jamais obtenir de r&#233;ponses. Quand nous avons distribu&#233; nos tracts au congr&#232;s, &#224; Montpellier, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de Ports et Docks est devenu fou. Notre secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral s'y est mis aussi, il a donn&#233; un coup de poing &#224; l'un de nos camarades et lui a cass&#233; ses lunettes, en public. Pourtant, le tract n'insultait personne, il disait juste que nous voulions un syndicat d&#233;mocratique, un syndicat qui se bat pour le personnel. C'&#233;tait &#231;a, notre message. Chez nous, il y a un dicton qui dit : &#171; une seule main n'attache pas le paquet &#187;. Il faut &#234;tre plusieurs pour se battre. Nous avons des droits, et le droit de les revendiquer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La vie sous silence</title>
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		<dc:date>2003-06-05T16:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude et Dominique</dc:creator>


		<dc:subject>Mais</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;gime</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;gypte</dc:subject>
		<dc:subject>Queen Boat</dc:subject>
		<dc:subject>froidement qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>dit froidement</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Il dit froidement qu'il n'a aucun espoir. Il a vingt ans. L'histoire de Daher est celle de centaines d'homos qui, aujourd'hui, en Egypte, vivent dans l'ombre. Car le r&#233;gime de Moubarak n'y va pas de main morte. Il persiste, m&#234;me. Depuis l'affaire du Queen Boat - 52 &#233;gyptiens arr&#234;t&#233;s dans une discoth&#232;que en mai 2001 -, la r&#233;pression a continu&#233;. Syst&#233;matique. Sournoise. La traque sur internet a &#233;t&#233; particuli&#232;rement efficace. On croit rencontrer un type, on prend rendez-vous et on se retrouve (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no2-juin-2003" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;2 (juin 2003)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monsieur-Raoul" rel="tag"&gt;monsieur Raoul&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/homos" rel="tag"&gt;homos&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il dit froidement qu'il n'a aucun espoir. Il a vingt ans. L'histoire de Daher est celle de centaines d'homos qui, aujourd'hui, en Egypte, vivent dans l'ombre. Car le r&#233;gime de Moubarak n'y va pas de main morte. Il persiste, m&#234;me. Depuis l'affaire du Queen Boat - 52 &#233;gyptiens arr&#234;t&#233;s dans une discoth&#232;que en mai 2001 -, la r&#233;pression a continu&#233;. Syst&#233;matique. Sournoise. La traque sur internet a &#233;t&#233; particuli&#232;rement efficace. On croit rencontrer un type, on prend rendez-vous et on se retrouve embarqu&#233; en enfer : tortures, traitements indignes, insultes, r&#233;v&#233;lation de sa vie priv&#233;e aux parents, &#224; son employeur&#8230; Tous les homos, au Caire, connaissent ces faits. Histoires de vies bris&#233;es, gach&#233;es, sacrifi&#233;es. Au nom d'une morale qui ne s'appuie pas seulement sur la religion mais aussi sur un choix politique de contr&#244;le social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daher sait qu'il pr&#233;f&#232;re les gar&#231;ons depuis longtemps. Scolaris&#233; dans une &#233;cole catholique, il subit brimades et injures en tout genre. Il est m&#234;me renvoy&#233; une semaine pour mauvaise conduite. &#171; Catholique ou musulman, ici, on ne parle pas de sexualit&#233;. &#187; Alors il se tait. Camoufle, &#233;touffe comme il le peut sa nature. &#171; Depuis les arrestations, il n'y a plus aucun lieu o&#249; on peut se rencontrer. Mais ce r&#233;gime ne nous emp&#234;chera pas d'&#234;tre ce que nous sommes. Jamais&#8230; &#187; A l'universit&#233;, il fait profil bas. S'inqui&#232;te pour sa famille. &#171; Elle serait stigmatis&#233;e, montr&#233;e du doigt, m&#233;pris&#233;e&#8230; &#187; Et puis surtout il s'interdit de r&#234;ver d'un ailleurs : &#171; Car si je n'arrive pas &#224; partir de ce pays, que me reste-t-il sinon la mort ? &#187; Partir. C'est aujourd'hui la seule issue. Hamed s'appr&#234;te &#224; rejoindre les Pays Bas, o&#249; il a trouv&#233; du boulot. Un contrat de cinq ans. La vie sauve, en quelque sorte. Il avait rencontr&#233; sur internet un certain monsieur Raoul. &#171; Un mec qui avait l'air bien. Il connaissait l'op&#233;ra. Je me suis dit que &#231;a pouvait pas &#234;tre la police des m&#339;urs. &#187; Arriv&#233; au rendez-vous, pas de Monsieur Raoul mais des flics. Examen m&#233;dical de &#171; virginit&#233; anale &#187; au commissariat. Humiliations qui se r&#233;p&#232;tent. Puis deux mois en taule, avec tous ceux que le r&#233;gime ne veut pas voir en libert&#233;, les assassins comme les enfants des rues. &#171; J'entendais les bruits de la mort. Car &#231;a fait du bruit, une pendaison. &#187; Il est accus&#233; d'incitation &#224; la d&#233;bauche, de prostitution&#8230; Hamed sera innocent&#233; en appel. A sa sortie, le monde a chang&#233;. Il n'a plus de boulot, beaucoup de potes s'&#233;loignent. &#171; La soci&#233;t&#233; te voit comme un coupable. &#187; En Egypte, les associations de d&#233;fense des droits de l'homme ne se sont pas bouscul&#233;es pour d&#233;fendre les homos. Trop risqu&#233; pour leur image de marque. Et puis, l'affaire du Queen Boat n'est pas termin&#233;e. Le verdict a m&#234;me &#233;t&#233; aggrav&#233;, cette ann&#233;e, devant une juridiction classique cette fois, pour la majorit&#233; des accus&#233;s. Vingt-et-un ont &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; trois ans de prison ferme. La communaut&#233; internationale fait timidement pression. Le parlement europ&#233;en, dans un communiqu&#233;, s'est d&#233;clar&#233; inquiet&#8230; Un peu seuls, les homos en Egypte ? &#171; J'aurais bien aim&#233; demander l'asile politique, en France. Mais il para&#238;t que c'est difficile, chez vous. &#187; Oui, c'est difficile, chez nous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>CFDT : vingt ans de trahisons</title>
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		<dc:date>2003-06-05T16:03:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hartal</dc:creator>


		<dc:subject>Jiho</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En signant la r&#233;forme Fillon des retraites, la CFDT a su au moins faire preuve de coh&#233;rence : depuis vingt ans, ses dirigeants successifs se placent syst&#233;matiquement du bon c&#244;t&#233; du manche. Celui du Medef, des gros sous et des bas salaires. On n'en attendait pas moins du patron de la CFDT : le 15 mai, deux jours apr&#232;s que deux millions de gr&#233;vistes eurent montr&#233; ce qu'ils pensaient de la r&#233;forme des retraites, Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que acceptait, sans m&#234;me consulter le bureau national, un accord (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CFTC-l-a" rel="tag"&gt;CFTC l'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Francois-Chereque" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En signant la r&#233;forme Fillon des retraites, la CFDT a su au moins faire preuve de coh&#233;rence : depuis vingt ans, ses dirigeants successifs se placent syst&#233;matiquement du bon c&#244;t&#233; du manche. Celui du Medef, des gros sous et des bas salaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On n'en attendait pas moins du patron de la CFDT : le 15 mai, deux jours apr&#232;s que deux millions de gr&#233;vistes eurent montr&#233; ce qu'ils pensaient de la r&#233;forme des retraites, Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que acceptait, sans m&#234;me consulter le bureau national, un accord tellement minable que m&#234;me la pieuse CFTC l'a refoul&#233; du pied. Chacun aura tenu son r&#244;le : le ministre Fillon, en saluant le &#171; courage &#187; de Ch&#233;r&#232;que, et les protestataires, en protestant une fois de plus. Il est vrai que, cette fois, les r&#233;calcitrants traditionnels (Auvergne, f&#233;d&#233;ration des transports et de l'&#233;quipement) ont &#233;t&#233; rejoints par des structures habituellement plus dociles, comme les unions de Caen, Tarbes, Lyon, Marseille ou Limoges, dont les troupes ont d&#233;fil&#233; sous une banderole o&#249; le sigle CFDT avait &#233;t&#233; rageusement barr&#233;. On pr&#233;sumait qu'&#224; force d'avaler des couleuvres, les militants auraient le ventre trop lourd pour manifester. On a toujours des surprises. Mais la tra&#238;trise de Ch&#233;r&#232;que, elle, n'aura &#233;tonn&#233; que les na&#239;fs ou les amn&#233;siques. Car s'il est bien une chose qu'il faut mettre au cr&#233;dit du leader de la CFDT, c'est d'&#234;tre, lui, &#171; dans la ligne &#187; de son organisation. Une ligne qui consiste &#224; liquider les acquis au nom de la &#171; solidarit&#233; &#187;, de l'emploi et de la &#171; lutte contre l'exclusion &#187;. Quand les fonctionnaires revendiquent, on les traite de nantis en leur opposant ceux du priv&#233; ; quand ceux du priv&#233; manifestent, on leur fait honte avec ceux qui sont en contrat &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e ; quand ces derniers se r&#233;voltent, on leur montre les jeunes en contrat pr&#233;caire, qui n'ont eux-m&#234;mes rien &#224; dire puisqu'il y a les ch&#244;meurs. Qui n'ont qu'&#224; regarder en direction des affam&#233;s du tiers-monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour m&#233;moire, citons Edmond Maire acceptant le plan de rigueur de 1982 depuis les marches de Matignon, quand la CGT, &#224; peine plus glorieuse, se contentait de maugr&#233;er dans son coin. La m&#234;me ann&#233;e, la CFDT ent&#233;rinait les lois Auroux permettant &#224; des syndicats minoritaires de signer - et d'imposer - des accords d&#233;rogatoires au code du travail et aux conventions collectives. Apr&#232;s le d&#233;part d'Edmond Maire, il reviendra au path&#233;tique Kaspar puis &#224; la m&#233;tallique Notat d'approuver les coups de massue ass&#233;n&#233;s alternativement par la droite et par la gauche. En vrac : les Contrats emploi-solidarit&#233;, le salariat &#224; temps partiel, l'explosion de l'int&#233;rim, l'annualisation du temps de travail, la lev&#233;e de l'interdiction du travail de nuit pour les femmes dans l'industrie&#8230; Autant d'&#171; avanc&#233;es &#187; qui finiront par ranger le contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e au mus&#233;e des antiquit&#233;s (le Smic devenant un id&#233;al de fin de carri&#232;re pour des millions d'hommes et surtout de femmes) et les horaires normaux parmi les produits de luxe. Un laminage tranquillement assum&#233; par Notat, qui d&#233;clare en 1997 : &#171; Un syndicaliste est &#224; c&#244;t&#233; de ses pompes quand il combat les horaires variables &#187;. Mais il est bien dans ses bottes quand il encaisse le gros lot.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_766 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L273xH349/cfdt-dcb67.gif?1779606432' width='273' height='349' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Jiho
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Avec la d&#233;gressivit&#233; des allocations ch&#244;mage, la CFDT obtient ainsi l'appui du patronat pour &#233;jecter FO de la t&#234;te de l'Unedic, avant de lui ravir celle de la CNAM - et s'assurer une rente juteuse, sur le dos des ch&#244;meurs. Bien s&#251;r, les militants de base n'appr&#233;cient pas toujours de servir de suppl&#233;tifs au Medef. D'o&#249; la cr&#233;ation de SUD, qui &#233;chouera cependant &#224; faire pi&#232;ce &#224; la domination c&#233;d&#233;tiste. Le r&#233;flexe de loyaut&#233; (ou de confort) l'emporte sur les vell&#233;it&#233;s de dissidence. En 1995, chose rarissime, le congr&#232;s de Montpellier refuse le quitus financier &#224; la direction &#171; putschiste &#187; Notat-Trorglic-Spaeth. Dans la foul&#233;e, les d&#233;l&#233;gu&#233;s enhardis votent une motion imposant &#224; la future direction de promouvoir la semaine de 32 heures. Mais, quelques heures apr&#232;s, la direction notatiste est reconduite en bloc. Certains s'interrogeront sur une myst&#233;rieuse panne d'ordinateur au d&#233;but du scrutin, qui a contraint les d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; voter &#224; main lev&#233;e, ainsi que du chiffre exceptionnellement faible des abstentions. Mais l&#224; encore, la couleuvre sera finalement dig&#233;r&#233;e. On conna&#238;t la suite : l'acceptation par Notat du plan Jupp&#233;, qui lui vaut l'ex&#233;cration des ouvriers, mais une popularit&#233; record chez les commer&#231;ants, les agriculteurs, les cadres et les patrons. Depuis, la dame d'acier s'est reconvertie &#224; la t&#234;te d'une grotesque mais r&#233;mun&#233;ratrice agence de notation &#171; &#233;thique &#187; des entreprises, Vigeo. Laquelle compte pour sponsor, entre autres, le groupe h&#244;telier Accor, bien connu pour sa fa&#231;on &#171; &#233;thique &#187; de traiter, maltraiter et sous-traiter les femmes de m&#233;nage. Parmi ses charg&#233;s de mission, on trouve aussi un certain Jean Gandois, ex-patron des patrons. Edmond Maire le disait d&#233;j&#224; en 1971 : &#171; C'est une paresse d'esprit dangereuse qui pousse certains &#224; consid&#233;rer que rien n'est possible sans un changement des lois, de pouvoir politique et de syst&#232;me social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet &#233;gard, Ch&#233;r&#232;que est tout sauf un paresseux. Nul doute que convenablement encadr&#233;, le bonhomme n'&#233;tant pas encombr&#233; par une intelligence trop vive, ce fils &#224; son p&#232;re (Ch&#233;r&#232;que senior fut un haut responsable de la CFDT, et contribua &#224; la liquidation de l'industrie lorraine au d&#233;but des ann&#233;es 1980) ferait, un jour ou l'autre, un excellent ministre des Affaires sociales. Mais pas des Transports. Ce poste strat&#233;gique requiert un titulaire un peu plus pr&#233;sentable. Un dirigeant de la CGT, par exemple. Ce syndicat aujourd'hui tr&#232;s en vogue au PS &#171; joue gros &#187; dans l'affaire des retraites (dixit Thibault), &#233;cartel&#233; entre son d&#233;sir ardent de concurrencer la CFDT dans le &#171; syndicalisme de proposition &#187; (et de trahison), et l'instinct de survie qui lui commande de ne pas dilapider le peu de confiance qu'il d&#233;tient encore parmi les travailleurs et les pauvres. Une CFDT de gauche, en quelque sorte&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Solidarit&#233;s socialistes</title>
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		<dc:creator>Charles Jacquier</dc:creator>


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&lt;p&gt;A peine &#233;merg&#233; de son coma prolong&#233;, le PS esp&#233;rait se refaire une sant&#233; &#233;lectorale sur le dos des gr&#233;vistes oppos&#233;s au projet de r&#233;forme des retraites. &#171; J'ai envie de dire aux syndicalistes, &#224; ceux qui manifestent : rejoignez le Parti socialiste ! &#187;, s'est &#233;cri&#233;e S&#233;gol&#232;ne Royal (sur France-Inter le 14 mai), sans pr&#233;ciser qu'ils feraient aussi bien de rejoindre l'UMP. Car les socialistes, quand ils &#233;taient au pouvoir, avaient sur les retraites les m&#234;mes vues charcuti&#232;res que la droite. Ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A peine &#233;merg&#233; de son coma prolong&#233;, le PS esp&#233;rait se refaire une sant&#233; &#233;lectorale sur le dos des gr&#233;vistes oppos&#233;s au projet de r&#233;forme des retraites. &#171; J'ai envie de dire aux syndicalistes, &#224; ceux qui manifestent : rejoignez le Parti socialiste ! &#187;, s'est &#233;cri&#233;e S&#233;gol&#232;ne Royal (sur France-Inter le 14 mai), sans pr&#233;ciser qu'ils feraient aussi bien de rejoindre l'UMP. Car les socialistes, quand ils &#233;taient au pouvoir, avaient sur les retraites les m&#234;mes vues charcuti&#232;res que la droite. Ce qu'il faut, disaient-ils alors, c'est &#171; discuter de l'allongement de la dur&#233;e de cotisation &#187;, &#171; agir sur le montant de la cotisation des salari&#233;s &#187; et aussi &#171; lever un certain nombre de contraintes, notamment en mati&#232;re de charges sociales pour les cadres de haut niveau &#187; (interview de Fran&#231;ois Hollande, Les Echos, 3 avril 2002, citation aimablement fournie par PLPL). Aujourd'hui, le PS appelle ses &#233;lus &#224; venir squatter les queues de manifs, en s'&#233;tonnant d'y recevoir des jets de l&#233;gumes moisis. Mais le naturel a vite repris le dessus. Pour preuve, cette d&#233;claration de Jean-Marc Ayrault, pr&#233;sident du groupe PS &#224; l'Assembl&#233;e nationale : &#171; Dans leur immense majorit&#233;, les professeurs n'envisagent pas du tout de faire la gr&#232;ve des examens. Il y a des provocateurs et aussi des gens d'extr&#234;me gauche qui disent un peu tout et n'importe quoi. Mais moi, je ne suis pas solidaire de ces gens-l&#224;. &#187; (Lib&#233;, 29 mai) C'est r&#233;ciproque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La police avec nous !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phane Goxe</dc:creator>


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&lt;p&gt;On vient dans les contre-sommets internationaux pour chercher des instants de lutte et d'humanit&#233; partag&#233;s. Et puis on y trouve la police, parfois grim&#233;e en casseurs. R&#233;cit d'un tabassage et d'une s&#233;questration, par l'un des r&#233;alisateurs d'&#171; Attention Danger Travail &#187;, venu pr&#233;senter son film au village alternatif anti-G8. Nous &#233;tions assis &#224; l'ombre d'une terrasse de bar, ce 30 mai vers quinze heures, apr&#232;s avoir particip&#233; sous un soleil de plomb &#224; la premi&#232;re manif genevoise contre la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On vient dans les contre-sommets internationaux pour chercher des instants de lutte et d'humanit&#233; partag&#233;s. Et puis on y trouve la police, parfois grim&#233;e en casseurs. R&#233;cit d'un tabassage et d'une s&#233;questration, par l'un des r&#233;alisateurs d'&#171; Attention Danger Travail &#187;, venu pr&#233;senter son film au village alternatif anti-G8.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous &#233;tions assis &#224; l'ombre d'une terrasse de bar, ce 30 mai vers quinze heures, apr&#232;s avoir particip&#233; sous un soleil de plomb &#224; la premi&#232;re manif genevoise contre la tenue du G8 &#224; Evian. Nous &#233;tions l&#224; depuis moins d'un quart d'heure, commentant la marche devant une bi&#232;re, lorsque tout &#224; coup, avec une soudainet&#233; d&#233;sarmante, une dizaine d'hommes surgirent sur la terrasse, bousculant chaises et clients. En un instant ils s'abattirent sur nous, sans que nous ayons pu esquisser d'autres gestes que de stupeur. Imm&#233;diatement pris en tenaille par plusieurs paires de bras, je fus violemment projet&#233; &#224; terre. Ma t&#234;te heurta le trottoir, le poids d'un genou creusant mon dos me maintint au sol, la poitrine &#233;cras&#233;e. Au milieu d'un tumulte de tables renvers&#233;es et de verre bris&#233;, de cris &#233;touff&#233;s et d'ordres aboy&#233;s, je sentis mes bras rejet&#233;s loin derri&#232;re mon dos, une paire de menottes se resserrer sur mes poignets, cinglant les os. Dans un m&#234;me mouvement, plusieurs hommes me soulev&#232;rent, l'un par les bras, l'autre par les pinces, puis un autre encore releva hargneusement mon T-shirt sur ma t&#234;te. On me poussa vers une berline rest&#233;e portes ouvertes au milieu de l'avenue. A peine m'eut-on jet&#233; au fond du v&#233;hicule que celui-ci d&#233;marra en trombe, sir&#232;ne hurlante, et traversa Gen&#232;ve &#224; une allure folle. Quelques crissements de pneus plus loin, la voiture s'engouffra dans un parking en sous-sol. Extirp&#233; de la voiture, encadr&#233; par trois types dont un soigneusement grim&#233; en &#233;meutier, je fus pouss&#233; vers une porte m&#233;tallique sur laquelle on pouvait lire, imprim&#233; sur un autocollant plac&#233; &#224; hauteur de t&#234;te : &#171; Stop la violence &#187;. Que nous voulaient ces hommes ? Dans la confusion des premiers instants, j'ai instinctivement pens&#233; &#224; une attaque d'un commando de nervis fascistes. Les menottes tranchant les poignets, les ordres beugl&#233;s &#224; mes oreilles et le son m&#233;lodieux de la sir&#232;ne me sugg&#233;r&#232;rent une autre hypoth&#232;se : il s'agissait de flics. Trois heures plus tard, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; isol&#233;, fouill&#233;, photographi&#233; et fich&#233;, sans avoir entendu mes droits ni pu les exercer, sans obtenir de r&#233;ponse claire sur le motif de cette &#171; interpellation &#187;, sans aucune information sur mon lieu de d&#233;tention, le service et la fonction des assaillants, sans m&#234;me avoir &#233;t&#233; soumis au moindre interrogatoire ni avoir sign&#233; une quelconque d&#233;position, j'&#233;tais remis en libert&#233; et &#171; raccompagn&#233; en ville &#187;. Manifestement, mon cas ne les int&#233;ressait plus. Ils ne retinrent pas plus longtemps H.,une mention sp&#233;ciale d&#233;cern&#233;e sur la tronche. Le troisi&#232;me gars assis &#224; nos c&#244;t&#233;s fut plac&#233; en garde &#224; vue prolong&#233;e et est poursuivi pour &#171; atteinte &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#187;. Ainsi donc, en Suisse, une bande d'ordures anonymes et bien dress&#233;es peut sans sommation vous attaquer en pleine apr&#232;s-midi &#224; la terrasse d'un caf&#233;, vous brutaliser, vous exp&#233;dier en un endroit tenu secret, et quelques heures plus tard vous rel&#226;cher dans la nature sans m&#234;me qu'un semblant de proc&#233;dure ne vienne habiller cet enl&#232;vement suivi de s&#233;questration. Comme si de rien n'&#233;tait. &#171; Circulez citoyens, vous n'&#234;tes pas les casseurs que nous soup&#231;onnions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_765 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L196xH260/deguisements-bd272.gif?1779604779' width='196' height='260' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Y verrait-on une bavure, au pr&#233;texte que nous n'&#233;tions effectivement pas les &#171; casseurs &#187; suspect&#233;s, que l'on se fourvoierait. Quels crimes aurions-nous pu commettre qui puissent justifier en r&#233;ponse l'emploi de m&#233;thodes barbouzardes ? Les jours suivants, les exactions de la police &#224; l'encontre de tout ce qui ressemblait &#224; un manifestant vont se multiplier. L&#224; aussi, ce serait une erreur de parler de &#171; d&#233;rapages &#187;. Des t&#233;moignages nombreux et accablants [1], qu'on ne lira pas dans la presse, viendront confirmer que ces violences polici&#232;res n'&#233;taient pas envisag&#233;es comme d'ultimes recours dans un climat de relative tension, mais pens&#233;es, planifi&#233;es et, sans doute, &#233;rig&#233;es en syst&#232;me. Comme &#224; chacun des contre-sommets, il fut mis en place un plan de gestion lourdement r&#233;pressif : fichage ill&#233;gal et clandestin, r&#233;activation des fronti&#232;res sur des espaces transnationaux, militarisation de l'espace public, suspension de certaines libert&#233;s publiques, notamment de circulation et de r&#233;union, s&#233;rieuses restrictions des droits et libert&#233;s individuelles, interpellations massives, proc&#233;dures judiciaires sc&#233;l&#233;rates, sur&#233;quipement de la police, usage d'armes non r&#233;glementaires et, bien s&#251;r, syst&#233;matisation de la violence polici&#232;re. Bref, &#224; chaque fois se dessinent les contours d'un &#201;tat d'exception qui ne dit pas son nom, et qui par contestation entend criminalit&#233;. L'instrumentalisation de l'image du &#171; casseur &#187; - nouvelle figure du d&#233;mon agit&#233;e par les m&#233;dias, les cliques au pouvoir et les r&#233;formistes &#224; vue basse - en est l'expression la plus frappante. Il est d'ailleurs significatif que l'une des m&#233;thodes polici&#232;res les plus remarqu&#233;es ces jours-l&#224; dans les rues de Gen&#232;ve fut le recours &#224; l'infiltration et &#224; la provocation. La flicaille helv&#232;te, peut-&#234;tre lass&#233;e de quotidiennement serrer le train des sans-papiers, a pris plaisir &#224; s'accoutrer en &#233;meutiers (avec cagoule ou casque de pr&#233;f&#233;rence), pour s'infiltrer dans les cort&#232;ges, rep&#233;rer et photographier, exacerber les tensions et, enfin, dans un de ces moments d'extase polici&#232;re, frapper &#224; coup de matraque ou de barre de fer manifestants, journalistes ou badauds. Ces dispositifs ne peuvent avoir pour seul objet d'emp&#234;cher les manifestants les plus enrag&#233;s de s'en prendre &#224; quelques symboles du capitalisme. Il s'agit aussi d'instiller la peur au sein de toutes les populations r&#233;fractaires ou susceptibles de remettre en question de mani&#232;re plus radicale leurs conditions d'existence. En ce sens, la psychose orchestr&#233;e par les m&#233;dias aux ordres rejoint et relaie la violence organis&#233;e par l'Etat. A cette entreprise de terreur et d'intimidation, il faut r&#233;sister, avec un go&#251;t retrouv&#233; pour la transgression. Celles et ceux qui, tout en revendiquant dans la rue pour ne trimer que 37,5 ann&#233;es, scandent en ch&#339;ur &#171; la police avec nous ! &#187; dans un sordide &#233;lan de solidarit&#233;, oublient qu'&#224; la premi&#232;re occasion, au premier ordre donn&#233;, la police se fera un plaisir de participer, &#224; sa fa&#231;on, au d&#233;fil&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Malek Boutih, flash-ball au PS</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Malek-Boutih-flash-ball-au-PS</link>
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		<dc:date>2003-06-05T15:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Faux amis</dc:subject>
		<dc:subject>Parti socialiste</dc:subject>
		<dc:subject>Harlem D&#233;sir</dc:subject>
		<dc:subject>Malek Boutih</dc:subject>
		<dc:subject>SOS Racisme</dc:subject>
		<dc:subject>bassin d'&#233;coulement</dc:subject>
		<dc:subject>eaux d&#233;j&#224;</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;j&#224; us&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>Boutih</dc:subject>
		<dc:subject>Boutih acc&#233;dant</dc:subject>
		<dc:subject>c'est Malek</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'&#233;tait si pr&#233;visible que c'en est douloureux : Malek Boutih acc&#233;dant &#224; la direction du parti socialiste, comme s'ils &#233;taient toujours &#224; la fin des ann&#233;es 80, quand le PS servait de bassin d'&#233;coulement aux eaux d&#233;j&#224; us&#233;es de SOS Racisme. Il y a quinze ans, le transfuge s'appelait Harlem D&#233;sir. Aujourd'hui, c'est Malek Boutih. Entretemps, le PS est devenu un cimeti&#232;re, mais Boutih n'en ressent pas moins sa mise en bi&#232;re comme une promotion. Et c'est bien ce qui surprend dans son parcours (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Parti-socialiste" rel="tag"&gt;Parti socialiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Harlem-Desir" rel="tag"&gt;Harlem D&#233;sir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Malek-Boutih" rel="tag"&gt;Malek Boutih&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/SOS-Racisme" rel="tag"&gt;SOS Racisme&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait si pr&#233;visible que c'en est douloureux : Malek Boutih acc&#233;dant &#224; la direction du parti socialiste, comme s'ils &#233;taient toujours &#224; la fin des ann&#233;es 80, quand le PS servait de bassin d'&#233;coulement aux eaux d&#233;j&#224; us&#233;es de SOS Racisme. Il y a quinze ans, le transfuge s'appelait Harlem D&#233;sir. Aujourd'hui, c'est Malek Boutih. Entretemps, le PS est devenu un cimeti&#232;re, mais Boutih n'en ressent pas moins sa mise en bi&#232;re comme une promotion. Et c'est bien ce qui surprend dans son parcours d'oppurtuniste fut&#233;. Comme il l'admet lui-m&#234;me, le pr&#233;sident de SOS Racisme se serait bien vu ministre dans le gouvernement Raffarin (Le Parisien, 20/05/2003). Une sympathie r&#233;ciproque le lie au ministre des flash-balls : &#171; Sarkozy m'a dit qu'il trouve plut&#244;t bien que je m'engage en politique &#187;. Il dit aussi avoir du &#171; respect &#187; pour Chirac, qu'il a accompagn&#233; durant son voyage officiel en Alg&#233;rie, et auquel il n'a pas manqu&#233; de passer un coup de fil pour l'informer de son ascension dans l'appareil hollando-strauss-kahnien : &#171; J'ai eu des relations avec lui, c'est la moindre des politesses de le pr&#233;venir avant tout le monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poli avec le pr&#233;sident, Boutih l'est beaucoup moins envers la population dont il s'est &#233;rig&#233; en porte-parole. &#171; Les barbares des cit&#233;s, il n'y a plus &#224; tergiverser, il faut leur rentrer dedans, taper fort, les vaincre, reprendre le contr&#244;le des territoires qui leur ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s. Et vite ! &#187;, s'&#233;gosillait-il il y a un an (Le Monde, 12/06/2002). Taper dur et vite : tout le programme de l'UMP en quatre mots. M&#233;prisant les sans-papiers, dont il juge le &#171; combat d&#233;pass&#233; &#187;, se vantant de n'avoir &#171; jamais interrog&#233; son p&#232;re sur ses ann&#233;es FLN &#187; (Lib&#233;ration, 18/02/2000), parce que l'histoire des colonies est &#233;videmment sans int&#233;r&#234;t pour comprendre les discriminations d'aujourd'hui, l'ami de Julien Dray est l'Arabe que les racistes r&#234;veraient d'avoir pour gendre. Juste avant les &#233;lections pr&#233;sidentielles, au plus fort de l'hyst&#233;rie s&#233;curitaire, on pouvait le voir sur le plateau de &#171; Mots crois&#233;s &#187; (13/05/2002), cauchemardesque &#233;mission de &#171; d&#233;bats &#187; sur France 2, joignant ses vues &#224; celles d'une brochette de commissaires-la-bavure. Sus &#224; &#171; l'ins&#233;curit&#233; &#187;, halte au &#171; laxisme &#187; ! Mais &#224; la diff&#233;rence de ses comparses, Boutih ne s'exprime pas au nom des classes moyennes ou sup&#233;rieures. C'est en &#171; fils d'ouvrier, n&#233; en banlieue, militant associatif qui croit en la politique et en la gauche &#187;, comme chante Fran&#231;ois Hollande (16/05/2003), que Boutih vient sous les projos vomir sa haine doucereuse des fils d'ouvriers n&#233;s en banlieue et qui, eux, effectivement, ne croient plus gu&#232;re en la gauche - et n'ont pas forc&#233;ment la politesse de &#171; pr&#233;venir &#187; l'Elys&#233;e quand ils se d&#233;gotent un job chez Speedy Pizza. R&#233;compens&#233; pour son r&#244;le de harki aupr&#232;s des p&#232;re-fouettards, Boutih quitte SOS Racisme, qui ne lui sert plus &#224; rien, mais conserve son poste de directeur des relations institutionnelles &#224; Skyrock, la sangsue FM qui a transform&#233; le rap en lessive ammoniaqu&#233;e. Un mod&#232;le d'int&#233;gration, l&#224; encore.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les br&#232;ves du N&#176;2</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-breves-du-No2</link>
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		<dc:date>2003-06-05T15:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>En bref</dc:subject>
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		<dc:subject>Colin Powel</dc:subject>
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&lt;p&gt;Tabouret &#233;lectrique &#171; Les &#201;tats faisant preuve d'un haut niveau de respect des droits humains sont les plus &#224; m&#234;me de contribuer &#224; la s&#233;curit&#233; internationale &#187;, d&#233;clarait en mars le secr&#233;taire d'Etat am&#233;ricain Colin Powel. Les prisonniers de la base navale am&#233;ricaine de Guantanamo, captur&#233;s lors de la guerre en Afghanistan, en savent quelque chose. D&#233;tenus depuis dix-huit mois sans inculpation, sans jugement, sans avocat et en violation de tous les trait&#233;s internationaux, leur chance de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/haut-niveau" rel="tag"&gt;haut niveau&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/preuve-d-un" rel="tag"&gt;preuve d'un&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tabouret &#233;lectrique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les &#201;tats faisant preuve d'un haut niveau de respect des droits humains sont les plus &#224; m&#234;me de contribuer &#224; la s&#233;curit&#233; internationale&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clarait en mars le secr&#233;taire d'Etat am&#233;ricain Colin Powel. Les prisonniers de la base navale am&#233;ricaine de Guantanamo, captur&#233;s lors de la guerre en Afghanistan, en savent quelque chose. D&#233;tenus depuis dix-huit mois sans inculpation, sans jugement, sans avocat et en violation de tous les trait&#233;s internationaux, leur chance de quitter Cuba les pieds devant augmente de jour en jour. Fin mai, le commandant du camp Delta, le g&#233;n&#233;ral Geoffrey Miller, a annonc&#233; que la construction d'une chambre d'ex&#233;cution &#224; l'int&#233;rieur du camp &#233;tait &#224; l'&#233;tude. Les prisonniers seront jug&#233;s par un tribunal militaire, condamn&#233;s et ex&#233;cut&#233;s sans quitter le camp et sans possibilit&#233; de faire appel. Leurs avocats devront obligatoirement &#234;tre am&#233;ricains. Plus de 650 personnes de 43 nationalit&#233;s diff&#233;rentes sont actuellement d&#233;tenues &#224; Guantanamo, dont des enfants de treize ans qualifi&#233;s par le Pentagone de &#171; &lt;i&gt;terroristes tr&#232;s dangereux &lt;/i&gt; &#187;. Parce qu'ils n'ont pas de game-boy ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Presse et canons&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Profitant de la tenue du salon du Bourget, &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; du 13 juin publie cinq pages sur l'&#233;crasante domination de l'industrie de guerre am&#233;ricaine. Le journal s'attriste en lettres grasses que &#171; &lt;i&gt;la France d&#233;pense pour sa d&#233;fense moins du dixi&#232;me du budget militaire am&#233;ricain&lt;/i&gt; &#187;. Un chagrin qui doit combler d'aise les annonceurs des deux pleines pages de pub qui a&#232;rent l'article : EADS, bras arm&#233; de feu Lagard&#232;re et consortium europ&#233;en d'industries de l'armement a&#233;ronautique, et SNECMA, motoriste bleu blanc rouge pour zincs kaki. Cette juxtaposition de pleurnichage et de pub est explicite : chers pouvoirs publics, il va falloir penser &#224; augmenter le budget de la d&#233;fense, les &#171; partenaires &#187; du &lt;i&gt;Point&lt;/i&gt; le souhaitent vivement. A moins que le but soit de pousser le lecteur &#224; s'acheter un h&#233;licopt&#232;re de combat Tigre pour partir en vacances.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'entauleur engraiss&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pierre B&#233;dier, le secr&#233;taire d'Etat aux programmes immobiliers de la justice (en clair : le ministre des placards satur&#233;s), est soup&#231;onn&#233; d'avoir touch&#233; de grosses liasses de billets de la part d'un chef d'entreprises. Une perquisition a eu lieu le 6 juin au domicile du ministre qui, selon l'&#233;pouse du g&#233;n&#233;reux patron, aurait pris l'habitude de recevoir &#171; &lt;i&gt;en d&#233;but et en fin d'ann&#233;e des enveloppes contenant 50 000 francs&lt;/i&gt; &#187;. C'est vrai qu'on doit y prendre go&#251;t. Trois semaines plus t&#244;t (16 mai), le m&#234;me B&#233;dier - partisan acharn&#233; de la tol&#233;rance z&#233;ro - lan&#231;ait vigiles et policiers &#224; l'assaut d'un groupe d'enseignants gr&#233;vistes venus s'exprimer &#224; une r&#233;union UMP qu'il pr&#233;sidait &#224; Porcheville (78) la bien nomm&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Ils nous ont trait&#233; de vermine&lt;/i&gt;, t&#233;moigne un prof, &lt;i&gt;une coll&#232;gue a &#233;t&#233; jet&#233;e &#224; terre et bourr&#233;e de coups de pieds, c'&#233;tait d'une violence inou&#239;e, ils s'y mettaient tous, les proches de B&#233;dier autant que les forces de l'ordre&lt;/i&gt; &#187;. De quoi ils s'&#233;tonnent ? Fallait pas oublier la petite enveloppe pour le ministre.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pas de t&#233;moins &#224; Gaza&#8230;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de la pacifiste am&#233;ricaine Rachel Corrie (voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; z&#233;ro), Tom Hurndall, un Britannique de 21 ans, a &#233;t&#233; touch&#233; par un sniper isra&#233;lien alors qu'il essayait de mettre &#224; couvert deux enfants palestiniens expos&#233;s au mitraillage de Tsahal. Il est toujours dans en &#233;tat de mort clinique. Ses parents ont eu plus de chance : venus pour organiser le rapatriement sanitaire de leur fils, ils ont &#233;t&#233; fr&#244;l&#233;s par les balles isra&#233;liennes sur leur trajet vers Rafah, dans la bande de Gaza. Engag&#233; dans un &#233;ni&#232;me ravalement du &#171; plan de paix &#187;, l'Etat isra&#233;lien veut &#233;carter - quitte &#224; les &#233;liminer - les t&#233;moins de sa pacification. Depuis la mi-mai, Tel Aviv impose un black-out quasi total sur la pr&#233;sence &#233;trang&#232;re &#224; Gaza, exigeant de tout visiteur qu'il signe &#224; l'entr&#233;e du territoire une d&#233;charge pr&#233;alable de l'arm&#233;e isra&#233;lienne pour tout dommage, corporel notamment, qui pourrait lui &#234;tre caus&#233;. En principe, les diplomates ne sont pas concern&#233;s. Mais en principe seulement : le 26 mai, la voiture du repr&#233;sentant de la Suisse aupr&#232;s de l'Autorit&#233; palestinienne &#233;tait prise pour cible au check-point d'Erez. Le 28 mai, une &#233;quipe m&#233;dicale fran&#231;aise en route pour Gaza a &#233;t&#233; contrainte de rebrousser chemin. Le Quai d'Orsay n'a pas protest&#233;. Il est vrai qu'au m&#234;me moment, &#224; J&#233;rusalem, Villepin c&#233;l&#233;brait la &#171; relance &#187; de la coop&#233;ration scientifique franco-isra&#233;lienne. Apr&#232;s tout, la balistique aussi est une science.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8230; mais du p&#233;trole en Irak&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'Emmanuel Todd &#224; Romain Goupil en passant par Elie Wiesel, ils &#233;taient l&#233;gion pendant la guerre &#224; nous expliquer que les Etats-Unis n'envahissaient pas l'Irak pour le p&#233;trole. Ils font moins de bruit aujourd'hui, et pour cause : presque chaque jour, les nouvelles en provenance d'Irak viennent contredire leur refrain. On se souvient qu'&#224; peine arriv&#233;s &#224; Bagdad, les Am&#233;ricains n'avaient rien eu de plus press&#233; que de &#171; s&#233;curiser &#187; le minist&#232;re irakien du p&#233;trole, au d&#233;triment de tout le reste. On apprenait ensuite que Washington avait nomm&#233; &#224; la t&#234;te de l'industrie p&#233;troli&#232;re irakienne un ancien PDG de la multinationale Shell, Philip Carroll. Puis, le 29 mai, on a entendu un d&#233;put&#233; d&#233;mocrate am&#233;ricain, Henry Waxman, d&#233;noncer les fastueuses affaires r&#233;alis&#233;es en Irak par le groupe d'ing&#233;ni&#233;rie p&#233;troli&#232;re Halliburton : cette firme texane, dirig&#233;e jusqu'en 2000 par le vice-pr&#233;sident Dick Cheney (voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; z&#233;ro), y aurait d&#233;j&#224; engrang&#233; 496,3 millions de dollars gr&#226;ce aux contrats attribu&#233;s &#224; sa filiale Brown &amp; Root. &#171; &lt;i&gt;Les sommes qu'Halliburton pourrait recevoir &#224; l'avenir sont virtuellement illimit&#233;es &lt;/i&gt; &#187;, note le parlementaire. D'ici la fin de l'ann&#233;e, les exportations de p&#233;trole irakien, effectu&#233;es sous contr&#244;le US, devraient d&#233;gager 4,5 milliards de dollars de recettes. Pour les armes de destruction massive, les alli&#233;s avaient menti comme des arracheurs de dents. Pour se payer sur la b&#234;te, en revanche, ils tiennent parole.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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