<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://cqfd-journal.org/spip.php?id_rubrique=72&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La D&#233;fense, zone immunod&#233;ficitaire ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-Defense-zone-immunodeficitaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-Defense-zone-immunodeficitaire</guid>
		<dc:date>2008-01-14T09:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>monde</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;fense</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;unions</dc:subject>
		<dc:subject>comit&#233;s centraux</dc:subject>
		<dc:subject>centraux d'entreprise,expertises</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;unions paritaires</dc:subject>
		<dc:subject>D&#201;FENSE devient</dc:subject>
		<dc:subject>immeubles</dc:subject>
		<dc:subject>j'en passe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LE QUARTIER DE LA D&#201;FENSE devient presque mon deuxi&#232;me lieu de travail en ce moment, avec toutes ces r&#233;unions paritaires : comit&#233;s centraux d'entreprise,expertises et j'en passe. C'est s&#251;r qu'il y a des pr&#233;rogatives, qu'il y a des informations &#224; recevoir, mais en m&#234;me temps ces r&#233;unions ne servent qu'&#224; nous occuper, nous &#233;loigner des coll&#232;gues. Elles ne sont utiles que lorsqu'on a le rapport de force vis-&#224;-vis du patron, quand on a les coll&#232;gues &#224; nos c&#244;t&#233;s. Sinon ce ne sont que des chambres (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no51-decembre-2007" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;51 (d&#233;cembre 2007)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/defense" rel="tag"&gt;d&#233;fense&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reunions" rel="tag"&gt;r&#233;unions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/comites-centraux" rel="tag"&gt;comit&#233;s centraux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/centraux-d-entreprise-expertises" rel="tag"&gt;centraux d'entreprise,expertises&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reunions-paritaires" rel="tag"&gt;r&#233;unions paritaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/DEFENSE-devient" rel="tag"&gt;D&#201;FENSE devient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/immeubles-17398" rel="tag"&gt;immeubles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-en-passe" rel="tag"&gt;j'en passe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE QUARTIER DE LA D&#201;FENSE devient presque mon deuxi&#232;me lieu de travail en ce moment, avec toutes ces r&#233;unions paritaires : comit&#233;s centraux d'entreprise,expertises et j'en passe. C'est s&#251;r qu'il y a des pr&#233;rogatives, qu'il y a des informations &#224; recevoir, mais en m&#234;me temps ces r&#233;unions ne servent qu'&#224; nous occuper, nous &#233;loigner des coll&#232;gues. Elles ne sont utiles que lorsqu'on a le rapport de force vis-&#224;-vis du patron, quand on a les coll&#232;gues &#224; nos c&#244;t&#233;s. Sinon ce ne sont que des chambres d'enregistrement o&#249; les patrons font ce qu'ils veulent, m&#234;me si ces r&#233;unions sont parfois anim&#233;es. Quelle id&#233;e j'ai eu d'accepter de venir &#224; ces r&#233;unions ! En fait, j'ai accept&#233; pour observer ce petit monde, peut-&#234;tre aussi pour t&#233;moigner. Je sais que certains syndicalistes s'y complaisent. Sans doute que c&#244;toyer les &#171; puissants &#187; leur fait tourner la t&#234;te. Et je ne vous dis pas ces pseudo syndicalistes qui viennent en r&#233;union avec le costard et la cravate pour singer le boss. Peut-&#234;tre croient-ils faire partie du s&#233;rail ? Moi,je ne supporte ni les uns ni les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons au quartier de la D&#233;fense. Je ne sais pas s'il y a eu des &#233;tudes de faites sur ce lieu et sur sa faune,mais &#231;a vaudrait le coup de s'y int&#233;resser. La D&#233;fense, c'est un autre monde. Total et ses filiales y trustent plusieurs immeubles ; EDF s'affiche sur un &#233;difice monumental ; la plupart des banques jouent &#224; qui aura la tour la plus haute. Ici, les d&#233;cideurs squattent les lieux dans un enchev&#234;trement d'immeubles tout en verre, b&#233;ton et acier. Les vitriers ont encore de beaux jours devant eux, d'autant que la tendance est aux immenses patios vitr&#233;s, o&#249; essaient de survivre quelques palmiers fam&#233;liques. Dans cet imbroglio qui pr&#233;figure, aujourd'hui, les villes futures d&#233;j&#224; annonc&#233;es dans quelques films d'anticipation, on pourrait penser qu'il n'y a plus de place pour qu'un nouveau building soit construit. Pourtant, la D&#233;fense est toujours en travaux. De nouveaux immeubles &#233;mergent encore, toujours plus hauts, toujours plus clinquants. Et lorsqu'ils paraissent trop vieux (vingt ans), que les vitres dor&#233;es ne sont plus &#224; la mode,tout est chang&#233; pour que la bo&#238;te &#224; qui appartiennent ces locaux paraisse encore dans le coup. Devant toutes ces tours, on ne peut s'emp&#234;cher de penser &#224; Ben Laden. Crainte et fantasme &#224; la fois.Les cibles sont tellement nombreuses, repr&#233;sentent tellement le syst&#232;me capitaliste occidental, qu'il ne serait pas surprenant qu'un avion vienne s'y planter. Depuis le 11-Septembre, tout le monde y pense. Et m&#234;me si les flics sont l&#224;, nombreux, &#224; pied par groupe de trois ou en fourgonnette, cela n'emp&#234;cherait rien. Au pied de ces tours, un centre commercial vulgaire, de maigres espaces verts, en guise de notes bucoliques dans cet univers trop gris. Des sculptures colossales de Miro, Calder et autres qu'on ne voit m&#234;me plus. L'&#233;t&#233; a lieu un &#171; festival &#187; de jazz guimauve sur une petite pelouse-moquette gorg&#233;e d'engrais. Tout est fondu dans un d&#233;cor froid et aseptis&#233; &#224; la seule gloire du capitalisme, o&#249; quelques &#233;crans g&#233;ants distillent des spots publicitaires &#224; longueur de journ&#233;e : seules vraies touches de couleurs. D'autres couleurs sont coll&#233;es sur les fa&#231;ades des immeubles par des types qui, accroch&#233;s &#224; des filins et en rappel, travaillent &#224; faire conna&#238;tre encore davantage des marques de fringues de sport (l'alpinisme m&#232;ne &#224; &#231;a, ici). Il y a cette grande Arche, aussi, pendant gigantesque de l'Arc de Triomphe et repr&#233;sentation b&#233;tonn&#233;e du mitterrandisme florissant et arrogant.Enfin, sur les parvis et les esplanades, l&#224; o&#249; r&#232;gnent les courants d'air, il y a les gens. Hommes et femmes press&#233;s, courant comme dans les couloirs du m&#233;tro &#8211;il y en a m&#234;me qui lisent des romans en marchant &#224; longues enjamb&#233;es. Pas de temps &#224; perdre, pas de temps pour fl&#226;ner (ou si peu : parfois, le midi, lorsqu'il fait beau). Par terre tra&#238;nent des emballages de McDo, ainsi que des journaux gratuits pris &#224; la sauvette &#224; la sortie du m&#233;tro, survol&#233;s et aussit&#244;t jet&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez ces gens qui courent, on remarquera l'uniformit&#233;. Si les femmes se distinguent,pour les hommes, la tenue de travail est identique : tous portent le costard-cravate des d&#233;cideurs et des commerciaux, avec (en prime) dans une main, la serviette ou l'attach&#233;-case et dans l'autre le t&#233;l&#233;phone portable. Parfois,fendant la foule,un de ces types en uniforme passe, juch&#233; sur une trottinette infantile. Le midi, ils mangent tous rapidement des sandwichs Panini aux prix prohibitifs ou se rendent dans ces multiples restaurants-cantines, aux plats lourds et peu raffin&#233;s. Les prix y sont abusifs &#233;galement, mais d'autant plus facilement accept&#233;s que la plupart de ceux qui y mangent fonctionnent &#224; la note de frais. Le midi aussi, pour &#171; d&#233;stresser &#187; les cadres et les secr&#233;taires, il est possible de pratiquer quelque sport. Lorsqu'il fait beau, certains, cravates au vent, jouent &#224; la p&#233;tanque ; d'autres s'initient &#224; un stage de rollers ; d'autres enfin peuvent parcourir des simulateurs de golf. Sur les murs, des messages publicitaires &#224; la gloire du quartier, comme autant de slogans s'adressant &#224; tous ces gens stress&#233;s : &#171; Exigez le meilleur &#187;, &#171; Sortir du rang &#187;, comme un continuel rappel &#224; l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'il est interdit de fumer sur les lieux de travail,on observe fr&#233;quemment des troupeaux entiers de salari&#233;s,en bas des immeubles, en train de cloper, parlant, prenant du temps au patron. Seul moment de pause dans ce monde de brutes. &#199;a donne presque envie de commencer &#224; fumer. Le soir,lorsque la journ&#233;e de travail est finie, avant le m&#233;tro et les embouteillages, la foule se retire, passant devant les succursales commerciales qui font r&#234;ver sur des paysages exotiques ou sur de nouvelles grosses voitures. Seules issues possibles propos&#233;es pour se remettre de tant de journ&#233;es harassantes, perdues. La consommation comme lot de consolation. Plus tard encore, lorsque les esplanades se d&#233;sertifient, restent ceux qui habitent l&#224;.Oui, parmi ces tours ultramodernes et ultra chicos, se trouvent quelques immeubles d'habitation qui n'ont rien &#224; envier aux HLM. Il n'y a jamais rien qui pend &#224; ces fen&#234;tres, peut-&#234;tre est-ce stipul&#233; sur le contrat d'habitation ? Rien, il ne doit y avoir rien qui d&#233;passe.La nuit,enfin,il ne reste plus que quelques chats semi-sauvages, des flics et des jeunes en recherche de sensations fortes. Un autre monde encore.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
