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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Vers une internationale des mauvais payeurs ?</title>
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		<dc:date>2009-05-20T12:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz, Ra&#250;l Guill&#233;n</dc:creator>


		<dc:subject>banques</dc:subject>
		<dc:subject>crise</dc:subject>
		<dc:subject>Catalogne</dc:subject>
		<dc:subject>Enric Duran</dc:subject>
		<dc:subject>Enric</dc:subject>
		<dc:subject>Crisi</dc:subject>
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		<dc:subject>journal &#233;ph&#233;m&#232;re</dc:subject>
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		<dc:subject>d'un Enric</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 17 septembre 2008, 200 000 exemplaires d'un journal &#233;ph&#233;m&#232;re &#233;taient distribu&#233;s gratuitement dans toute la Catalogne. Le jeune activiste Enric Duran s'y vantait d'avoir escroqu&#233; pr&#232;s de 500 000 euros &#224; 39 organismes financiers en sollicitant une soixantaine de cr&#233;dits &#224; la consommation ou autres pr&#234;ts &#224; des entreprises fictives. Le journal, baptis&#233; Crisi, appelait &#224; l'insoumission bancaire et &#224; l'association de tous les mauvais payeurs, volontaires ou contraints. Revenu &#224; Barcelone apr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 17 septembre 2008, 200 000 exemplaires d'un journal &#233;ph&#233;m&#232;re &#233;taient distribu&#233;s gratuitement dans toute la Catalogne. Le jeune activiste Enric Duran s'y vantait d'avoir escroqu&#233; pr&#232;s de 500 000 euros &#224; 39 organismes financiers en sollicitant une soixantaine de cr&#233;dits &#224; la consommation ou autres pr&#234;ts &#224; des entreprises fictives. Le journal, baptis&#233; &lt;i&gt;Crisi&lt;/i&gt;, appelait &#224; l'insoumission bancaire et &#224; l'association de tous les mauvais payeurs, volontaires ou contraints. Revenu &#224; Barcelone apr&#232;s six mois d'&#171; exil pr&#233;ventif &#187;, Enric a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; sur un campus occup&#233;, &#224; l'issue d'une op&#233;ration polici&#232;re digne d'un raid antiterroriste, selon le syndrome Tarnac. &#192; l'heure o&#249; les crapules gouvernementales capitalisent l'immoralisme en renflouant les banquiers, une question hante le monde : comment &#233;chapper &#224; leurs griffes ? L'action d'Enric et du groupe Crisi a le m&#233;rite de mettre les doigts l&#224; o&#249; &#231;a fait mal : au coeur du syst&#232;me, dans la plaie ouverte de sa fiction mon&#233;taire. Le 17 mars, &lt;i&gt;Podem !&lt;/i&gt;, un nouveau journal gratuit, imprim&#233; sur papier couleur saumon comme les pages &#233;conomie des grands quotidiens, a &#233;t&#233; distribu&#233; &#224; 350 000 exemplaires un peu partout en Espagne. &lt;i&gt;Podem !&lt;/i&gt; interpelle les victimes de la basse finance, sp&#233;cialement ceux et celles d'entre nous &#224; qui les Thatcher, Blair, Zapatero et Sarkozy ont promis une vie de petits propri&#233;taires et qui se r&#233;veillent encha&#238;n&#233;s &#224; l'hypoth&#232;que, courant apr&#232;s une thune virtuelle, cumulant les boulots pour rembourser les int&#233;r&#234;ts et les agios et qui, aujourd'hui, sombrent les premiers dans les eaux troubles de la &#171; crise syst&#233;mique &#187;. &lt;i&gt;Crisi&lt;/i&gt;-&lt;i&gt;Podem !&lt;/i&gt; invite &#224; rompre les rangs et, pragmatique, donne des pistes pour s'en sortir, fa&#231;on An 01 de la d&#233;croissance. Entre na&#239;vet&#233; un brin messianique et sens pratique non d&#233;nu&#233; d'humour, ce qui est propos&#233; ici, c'est de r&#233;inventer nos existences, collectivement. Et &#231;a, &#231;a nous int&#233;resse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Chronique d'un retour al&#233;atoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#199;a s'est pass&#233; tr&#232;s vite. Vingt agents en civil de la division d'investigation criminelle se sont jet&#233;s sur Enric Duran et l'ont entra&#238;n&#233; vers un fourgon stationn&#233; devant la fac occup&#233;e. Trois unit&#233;s de CRS locaux couvraient l'op&#233;ration. Le 16 mars, au cours d'une conf&#233;rence de presse, Enric avait d&#233;voil&#233; son retour &#224; Barcelone et annonc&#233; la distribution de Podem !, nouvelle publication gratuite incitant &#224; l'insoumission bancaire. Pour que la police puisse p&#233;n&#233;trer dans l'enceinte universitaire, une autorisation sp&#233;ciale avait &#233;t&#233; d&#233;livr&#233;e, par un autre juge que celui qui instruit le dossier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y a-t-il eu r&#233;sistance &#224; l'arrestation ? &lt;i&gt;&#171; Non &#187;&lt;/i&gt;, clarifie Paco, du collectif Crisi. &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s la conf&#233;rence, Enric pianotait tranquillement sur son ordi. C'&#233;tait une de ses activit&#233;s principales, r&#233;pondre aux gens qui s'adressent au site de Crisi et maintenir les nombreux contacts qu'il a dans le monde. &#187;&lt;/i&gt; Les flics l'ont interrompu alors qu'il allait se rendre au programme de t&#233;l&#233;vision locale Hora Q. Quelques heures plus tard, la fac occup&#233;e &#233;tait &#233;vacu&#233;e avec violence, ce qui eut le m&#233;rite d'accaparer les titres de la presse. &lt;i&gt;&#171; Vu l'absence de plaintes et afin de pouvoir rester actif dans les mobilisations sociales,je sortirai bient&#244;t de la clandestinit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, avait &#233;crit Enric le 17 octobre dernier. &lt;i&gt;&#171; Alors que l'impact du 17-S&lt;/i&gt; [17 septembre, jour o&#249; fut distribu&#233; le premier num&#233;ro de &lt;i&gt;Crisi&lt;/i&gt;] &lt;i&gt;me faisait penser que le soutien &#233;tait trop important pour qu'ils osent me jeter en prison, l'entr&#233;e en crise totale du syst&#232;me depuis la mi-septembre me pousse &#224; me d&#233;penser sans compter pour mettre &#224; profit la conjoncture historique. &#187;&lt;/i&gt; Mais le collectif Crisi avait visiblement sous-estim&#233; la capacit&#233; de censure molle des m&#233;dias ainsi que l'&#233;tonnante souplesse de la justice&#8230; &lt;i&gt;&#171; Ce n'est qu'apr&#232;s ce communiqu&#233; que la police catalane a affirm&#233; avoir enregistr&#233; un total de dix-huit plaintes d'organismes financiers &#187;&lt;/i&gt;, remarquait Enric dans une lettre ult&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la situation l&#233;gale de notre Robin des banques ? Avant son d&#233;part pour l'&#233;tranger, il avait laiss&#233; un pouvoir &#224; son avocat afin de r&#233;pondre en son nom &#224; d'&#233;ventuelles convocations de la justice. Pendant ces six mois d'exil volontaire, diverses convocations au tribunal administratif lui ont &#233;t&#233; adress&#233;es, qu'il a choisi d'ignorer : sans possessions ni compte en banque, il n'avait pas grand-chose &#224; craindre. &lt;i&gt;&#171; Il n'y a pas,pour l'instant,de plainte au p&#233;nal &#187;&lt;/i&gt;, expliquait alors son avocat. D'ailleurs, si les autorit&#233;s savent qu'Enric a escroqu&#233; 39 banques, c'est bien parce qu'il s'en est vant&#233; publiquement. Sinon, il ne serait qu'un mauvais payeur de plus, un de ces obscurs endett&#233;s que les usuriers patent&#233;s grignotent jusqu'au trognon dans la plus grande discr&#233;tion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 mars, apr&#232;s une nuit au commissariat, Enric est pass&#233; devant le juge. Celui-ci a prononc&#233; sa mise en d&#233;tention pr&#233;ventive sans possibilit&#233; de caution. L'id&#233;e d'un Enric Duran se rendant au tribunal de son plein gr&#233; d&#233;plaisant fortement, on a pr&#233;f&#233;r&#233; le jeter aux oubliettes. Il peut y moisir deux ans dans l'attente d'un hypoth&#233;tique proc&#232;s. Son avocat a fait appel. Appel rejet&#233; pendant les vacances de P&#226;ques,sous pr&#233;texte que &lt;i&gt;&#171; le pr&#233;venu a probablement les moyens de s'enfuir &#187;&lt;/i&gt;. Enric a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233; &#224; la prison de Can Brians,hors de Barcelone. Dans cette m&#234;me taule, un s&#233;nateur socialiste, condamn&#233; &#224; trois ans de prison en 1997 pour financement ill&#233;gal de son parti, n'a pass&#233; que vingt-cinq jours, avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233;, puis graci&#233;. Aucun de ses douze co-accus&#233;s n'a fait ne serait ce qu'un jour de d&#233;tention pr&#233;ventive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'action du 17 septembre n'avait pas m&#233;rit&#233; l'attention des m&#233;dias, l'arrestation d'Enric a eu les honneurs du JT de la deuxi&#232;me cha&#238;ne nationale : &lt;i&gt;&#171; Il a pay&#233; cher &#187;&lt;/i&gt;, assenait-elle avec satisfaction. Quant au quotidien &lt;i&gt;El Pa&#237;s&lt;/i&gt;, il d&#233;couvrait l'affaire et titrait, enfin rassur&#233; : &lt;i&gt;&#171; Il dort en prison. &#187;&lt;/i&gt; Mais cette action &#233;tant non violente et non nationaliste, les journalistes ont du mal &#224; la caser dans les grilles d'analyse habituelles de la vie politique espagnole. Le silence est vite retomb&#233;.
La f&#233;d&#233;ration d'associations de quartiers de Barcelone et l'observatoire des droits &#233;conomiques, sociaux et culturels ont demand&#233; la mise en libert&#233; d'Enric. Le 26 mars, 200 personnes se sont symboliquement foutues &#224; poil devant la Bourse de valeurs. Plus de 300 volontaires sont d&#233;j&#224; inscrits sur une liste de potentiels d&#233;serteurs bancaires. Affaire &#224; suivre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Extraits tir&#233;s de &lt;i&gt;Podem !&lt;/i&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deviens insoumise. Si tu veux t'affranchir du syst&#232;me, sollicite des cr&#233;dits et ne les rembourse pas !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatigu&#233;e de travailler 40 heures par semaine ? Ext&#233;nu&#233;e par les &#233;ch&#233;ances de ton hypoth&#232;que ? Es-tu vraiment s&#251;re que le capitalisme est fait pour toi ? Si tu es d&#233;cid&#233;e &#224; abandonner l'illusion de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, &#224; retrouver le go&#251;t de partager, &#224; construire un projet d'autogestion collective, et si tu manques d'argent pour acheter un terrain ; ou si tu d&#233;sires financer une publication comme celle-ci&#8230; : Cesse d'ob&#233;ir &#224; la banque. [Prends contact avec nous et] quelqu'un de sp&#233;cialis&#233; te proposera un produit de dette impay&#233;e &#224; ta mesure. Tu viendras grossir la liste croissante des endett&#233;s bancaires. &#192; toi de jouer et, si tu veux, la discr&#233;tion sera assur&#233;e. Une fois insolvable, plus de probl&#232;me. Tu vivras heureuse en dehors du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autres conseils personnalis&#233;s :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tu n'en peux plus, cesse imm&#233;diatement de payer tes cr&#233;dits. Donne la priorit&#233; &#224; ta sant&#233; et aux besoins de ta famille. Rembourse tes amis,mais pas les banquiers. Nous sommes des millions de mauvais payeurs. Organis&#233;s, nous pourrons avoir une deuxi&#232;me chance, sans banques ni saisies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un plan d'action pour nous lib&#233;rer en masse de l'actuel syst&#232;me.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant tout, il faut discerner ce qui est en crise de ce qui ne l'est pas. La sp&#233;culation immobili&#232;re est en crise. Mais pas le besoin de toit et d'abri. Le travail salari&#233; est en crise. Mais pas le besoin de s'alimenter. La production industrielle est en crise. Mais pas le besoin de produits utiles. Qu'ont en commun un appartement vide, une terre abandonn&#233;e, un objet au rebut ? Leur propri&#233;taire prive les autres de la possibilit&#233; de s'en servir. La crise la plus profonde est celle de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e comme pilier central des relations &#233;conomiques et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;clarons naufrag&#233;e la civilisation de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e tomb&#233;e en d&#233;su&#233;tude. Nous proclamons une nouvelle &#232;re du droit d'usage et des ressources mises en commun. Le 17 septembre 2009, apr&#232;s quelques mois de transition, nous commencerons &#224; vivre sans capitalisme. Nous jouirons du plaisir de partager, d'entrer en relation les uns avec les autres et de nous aimer. Nous r&#233;cup&#233;rerons le go&#251;t pour le savoir-vivre, que la froideur des cartes de cr&#233;dit nous avait fait perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#232;ve des usagers bancaires. Si nous nous unissons, ils ne pourront pas nous arr&#234;ter.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre de la revue [&lt;i&gt;Crisi&lt;/i&gt;] du 17 septembre, &#171; Tu penses que les banques te volent ? &#187;, s'est vu pleinement confirm&#233; par les aides de plus de 2 milliards d'euros d'argent public avec lesquels les USA et l'Europe ont arros&#233; la banque priv&#233;e. [&#8230;] Les banquiers financent les politiciens et les politiciens financent les banquiers. [&#8230;] Les gens ont peur de ce qui peut arriver si les banques font faillite. [Voil&#224; pourquoi nous pr&#244;nions la m&#233;thode suivante :] &lt;i&gt;&#171; &#201;tant donn&#233; que les participants &#8211; sp&#233;cialement ceux et celles qui cesseront de payer leurs dettes et qui ont un logement hypoth&#233;qu&#233;&#8211; courent un risque personnel, le collectif de gr&#233;vistes contrera ce risque par la solidarit&#233; et l'appui mutuel. Tous ceux qui rejoindront la gr&#232;ve seront solidaires,pour que, gr&#226;ce &#224; ce r&#233;seau de soutien, personne ne soit priv&#233; de toit ni d'une assiette &#224; notre table. Nous d&#233;montrerons qu'on peut vivre bien &#8211; et m&#234;me mieux &#8211; sans les banques. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propositions concr&#232;tes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Qui a des &#233;conomies sur son compte en banque peut le clore et reverser l'argent dans des projets collectifs ou des coop&#233;ratives (voir page 12).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Qui a des dettes peut cesser de les payer (voir page 8, et page 12 pour les hypoth&#232;ques).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Qui n'a pas de dettes peut solliciter un pr&#234;t sans intention de le rembourser et l'investir dans une alternative de vie (voir page 9). Et c&#230;tera.
Les mauvais payeurs involontaires font d'une certaine mani&#232;re d&#233;j&#224; partie de la gr&#232;ve et peuvent rejoindre l'association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous pouvons vivre sans capitalisme.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque troisi&#232;me jeudi du mois sera consid&#233;r&#233; comme jour de d&#233;bat public [&#8230;]. Le premier de ces d&#233;bats aura lieu le 15 octobre. En appliquant le m&#233;canisme d'actions d&#233;centralis&#233;es men&#233;es par des groupes affinitaires, nous descendrons dans les rues et demanderons au reste de la population de cesser ses activit&#233;s pour d&#233;battre du mod&#232;le de soci&#233;t&#233; que nous voulons. Ce plan d'action pourra &#234;tre sujet &#224; variations, fruits des circonstances et de l'intelligence collective. Ce mouvement se poursuivra jusqu'&#224; ce que le processus constituant ait culmin&#233;, c'est-&#224;-dire que la vie sans capitalisme soit devenue r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Je suis une teigneuse</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Je-suis-une-teigneuse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Je-suis-une-teigneuse</guid>
		<dc:date>2009-05-11T07:12:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>
		<dc:subject>Florence</dc:subject>
		<dc:subject>licenciement</dc:subject>
		<dc:subject>s'y passe</dc:subject>
		<dc:subject>Morault</dc:subject>
		<dc:subject>l'actualit&#233; locale</dc:subject>
		<dc:subject>Offset Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>s'il s'y</dc:subject>
		<dc:subject>groupe Morault</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;AUJOURD'HUI, je vous sors de l'usine car, m&#234;me s'il s'y passe toujours des choses, l'actualit&#233; locale, ce mois-ci, se situait &#224; l'ext&#233;rieur. Les bo&#238;tes qui ferment, c'est plut&#244;t &#171; tendance &#187; en ce moment et la r&#233;gion normande n'y &#233;chappe pas. Pas tr&#232;s loin de ma taule, l'Imprimerie Offset Num&#233;rique (ION, groupe Morault) a tir&#233; le rideau le 23 f&#233;vrier, avec 56 licenciements &#224; la cl&#233;. Dans la liste des fermetures actuelles, c'est un peu du pipi de chat, n'emp&#234;che que les salari&#233;s se sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-y-passe" rel="tag"&gt;s'y passe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Morault" rel="tag"&gt;Morault&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-actualite-locale" rel="tag"&gt;l'actualit&#233; locale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Offset-Numerique" rel="tag"&gt;Offset Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/s-il-s-y" rel="tag"&gt;s'il s'y&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/groupe-Morault" rel="tag"&gt;groupe Morault&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;AUJOURD'HUI, je vous sors de l'usine car, m&#234;me s'il s'y passe toujours des choses, l'actualit&#233; locale, ce mois-ci, se situait &#224; l'ext&#233;rieur. Les bo&#238;tes qui ferment, c'est plut&#244;t &#171; tendance &#187; en ce moment et la r&#233;gion normande n'y &#233;chappe pas. Pas tr&#232;s loin de ma taule, l'Imprimerie Offset Num&#233;rique (ION, groupe Morault) a tir&#233; le rideau le 23 f&#233;vrier, avec 56 licenciements &#224; la cl&#233;. Dans la liste des fermetures actuelles, c'est un peu du pipi de chat, n'emp&#234;che que les salari&#233;s se sont bagarr&#233;s et que c'&#233;tait plut&#244;t pas mal. Curieusement, ils n'ont commenc&#233; &#224; se battre que ce jour-l&#224;, apr&#232;s avoir re&#231;u leur lettre de licenciement, en venant bloquer le d&#233;m&#233;nagement d'une machine qui devait &#234;tre transf&#233;r&#233;e dans une autre imprimerie du groupe. Garder la machine (une &#171; Heidelberg &#187;, pour les connaisseurs), c'&#233;tait un moyen de pression sur la direction pour arracher une prime de licenciement. L'occupation a dur&#233; pendant un mois, nuit et jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les occupants qui se relaient sous le barnum, pr&#232;s des brasiers et des affiches CGT, il y a Florence. Toujours en jean et en blouson, arborant souvent une casquette. C'est le genre de fille battante qui ne se laisse pas marcher sur les pieds : &lt;i&gt;&#171; En 2006, Morault, le patron, vient dans la bo&#238;te en disant &#8220;je veux ouvrir tous les placards, pour voir s'il y a de l'alcool &#8221;. Je refus&lt;/i&gt;e, dit Florence, &lt;i&gt;parce que c'est ma vie priv&#233;e et que s'il veut voir ce qu'il y a dedans il doit &#234;tre accompagn&#233; d'un flic. En rentrant de vacances, j'apprends qu'il me fiche dehors, alors je le colle aux prud'hommes, il perd et doit me r&#233;int&#233;grer. Je ne suis pas du genre &#224; me laisser faire, fille et petitefille de coco, il ne sait pas &#224; qui il a affaire. Du coup, je vais &#224; l'UL CGT et je deviens d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale. Apr&#232;s je lui demande la constitution d'un Comit&#233; d'&#233;tablissement, vu qu'on est plus de cinquante. Et l&#224;, Morault dit : &#8220;Si c'est un CE CGT, je ferme la bo&#238;te.&#8221; Et c'est un CE CGT qui est &#233;lu. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morault poss&#232;de douze imprimeries en Normandie et Picardie et joue avec ses bo&#238;tes comme au Monopoly. C'est connu aussi qu'il a toujours fait en sorte de se d&#233;barrasser de tout salari&#233; vindicatif et contestataire, usant de la loi &#224; sa convenance, comme la plupart des patrons. Apr&#232;s les &#233;lections, il d&#233;cide de fermer ION, en pr&#233;textant la fin des CD (l'imprimerie faisait les livrets des CD pour Universal et tous les gros labels) mais, en r&#233;alit&#233;, il fait transf&#233;rer les autres travaux sur les sites picards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bougre a aussi des manies de grand bourgeois : propri&#233;taire d'une collection de voitures anciennes, il fait, en2006, le Rallye Transbaltica avec sa Bentley ; sur son beau voilier, il participe, en 2007, &#224; la Semaine de Porquerolles ; dans son ch&#226;teau de Saint-Sa&#235;ns, en Normandie, se situe son &#233;levage de vaches &#171; blondes d'Aquitaine &#187; qui remportent des prix dans les concours agricoles. Il organise aussi des chasses &#224; courre dans la r&#233;gion normande. Florence et ses coll&#232;gues, &#224; coups de rassemblements devant l'imprimerie et de meetings-barbecues, parviennent &#224; rendre l'occupation tr&#232;s populaire. M&#234;me le juge du tribunal d'instance se met de la partie en n'ordonnant pas aux occupants de lib&#233;rer les lieux. Florence est partout dans la presse r&#233;gionale et son volontarisme passe bien face &#224; un patron qui ne veut rien savoir. Quand on lui demande pourquoi ils ne se sont pas battus contre la fermeture, Florence se l&#226;che :&lt;i&gt; &#171; On n'en veut plus de cette bo&#238;te, on en a trop bav&#233;, il y a eu trop de tensions. Trop de mauvais souvenirs. Nous, on veut partir avec des sous, parce que Morault nous doit bien &#231;a. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de la lutte, et aussi sous la pression des pouvoirs publics, Morault accepte de n&#233;gocier. Ce n'est pas du tout &#224; la hauteur de ce que voulaient les salari&#233;s (primes de 4000 &#224; 7000 euros en plus des indemnit&#233;s l&#233;gales de licenciement), mais les occupants ont le sentiment d'avoir gagn&#233;, d'avoir fait plier Morault pour la premi&#232;re fois. La premi&#232;re fois aussi qu'un patron l&#226;che du fric alors que les gens sont d&#233;j&#224; dehors. Florence a un coup de blues, normal en fin de conflit, mais quand je lui demande ce qu'elle va faire maintenant, elle me r&#233;pond :&lt;i&gt; &#171; J'en ai pas fini avec Morault, pendant le conflit on a d&#233;couvert que, sur l'ensemble du groupe, on &#233;tait pass&#233; de plus de 500 salari&#233;s &#224; 330, sans plans sociaux, en lourdant individuellement. Il va falloir qu'il rende des comptes. Et puis, en allant voir les autres sites, on a rencontr&#233; des gens qui voulaient monter un syndicat. Morault n'a pas fini d'entendre parler de moi. &#187;&lt;/i&gt; Et puis, elle me fait un sourire et un clin d'oeil :&lt;i&gt; &#171; J'te l'ai dis : j'suis une teigneuse. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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