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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Hommage au Ma&#238;tre </title>
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		<dc:creator> Momo Br&#252;cke</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Alexandre Grothendieck est un des plus grands math&#233;maticiens du XXe si&#232;cle, dit-on. Moissonneur de nombreux prix acad&#233;miques &#8211; il revendra aux ench&#232;res sa m&#233;daille Fields (1966) pour soutenir le Vietnam dans sa lutte contre l'imp&#233;rialisme. Ou encore il refusera le prix Crafoord en 1988 : il soutient qu'accepter ce jeu des prix et des r&#233;compenses serait cautionner &#171; un esprit et une &#233;volution, du milieu scientifique, qu'[il] reconna&#238;t comme profond&#233;ment malsains. &#187; Quand il est invit&#233; au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alexandre Grothendieck est un des plus grands math&#233;maticiens du XXe si&#232;cle, dit-on. Moissonneur de nombreux prix acad&#233;miques &#8211; il revendra aux ench&#232;res sa m&#233;daille Fields (1966) pour soutenir le Vietnam dans sa lutte contre l'imp&#233;rialisme. Ou encore il refusera le prix Crafoord en 1988 : il soutient qu'accepter ce jeu des prix et des r&#233;compenses serait cautionner &lt;i&gt;&#171; un esprit et une &#233;volution, du milieu scientifique, qu'[il] reconna&#238;t comme profond&#233;ment malsains. &#187;&lt;/i&gt; Quand il est invit&#233; au Coll&#232;ge de France, Grothendieck y propose un cours intitul&#233; : &#171; Allons-nous continuer la recherche scientifique ? &#187; De 1973 &#224; sa retraite en 1988, il enseigne &#224; l'universit&#233; de Montpellier, avant de se replier dans les Pyr&#233;n&#233;es. &#192; Montpellier, il a laiss&#233; des cartons de notes, &#233;crites ces vingt derni&#232;res ann&#233;es. Vingt mille pages, qui en font saliver plus d'un. Car il y aurait des tr&#233;sors &#224; d&#233;chiffrer dans ces pattes de mouche. Mais Grothendieck, que son exil montagnard n'a pas r&#233;concili&#233; avec le monde de la recherche, ne l&#226;che pas le morceau : il fait para&#238;tre en 2010 &lt;i&gt;&#171; une d&#233;claration de non-publication &#187;&lt;/i&gt;. Il y interdit tout usage de ses textes sous quelque forme que ce soit. Le responsable du patrimoine de l'universit&#233; de Montpellier cherche &#224; passer outre. Il veut prouver la valeur scientifique de ces &#233;crits, afin de les classer comme &#171; tr&#233;sor national &#187;, et ainsi s'asseoir sur les intentions de l'auteur. Si aujourd'hui, remettre en cause la recherche scientifique est un blasph&#232;me, la critique, lorsqu'elle est &#233;mise par un &#233;minent chercheur, ne peut que relever de la folie. Pour bon nombre de scientistes, Grothendieck est atteint d'une &lt;i&gt;&#171; parano&#239;a autodestructrice &#187;&lt;/i&gt;. Faut-il vraiment &#234;tre parano, aujourd'hui, pour vouloir foutre le feu &#224; un tas de vieux papiers, qui pourraient conduire &#224; de funestes applications scientifiques ? Tant pis pour les puristes, Grothendieck ne vendra pas son &#226;me au diable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Andalousie se rebelle et se r&#233;invente</title>
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		<dc:date>2012-12-12T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:subject>
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&lt;p&gt;L'Espagne s'enfonce dans une r&#233;cession qui a tout l'air d'un vol &#224; main arm&#233;e. &#171; Ce n'est pas une crise, c'est une arnaque &#187;, affirmait le mouvement du 15-M &#8211; baptis&#233; par la presse &#171; mouvement des Indign&#233;s &#187;. Comme partout ailleurs, apr&#232;s avoir renflou&#233; les banques, l'&#201;tat a constat&#233; &#8211; &#244; surprise ! &#8211; que les caisses &#233;taient vides. Conclusion : il faut &#233;-co-no-mi-ser ! Comment ? En tapant sur les d&#233;penses publiques, bien s&#251;r. &#201;ducation, sant&#233;, retraites, indemnisations de licenciement et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Espagne s'enfonce dans une r&#233;cession qui a tout l'air d'un vol &#224; main arm&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas une crise, c'est une arnaque &#187;&lt;/i&gt;, affirmait le mouvement du 15-M &#8211; baptis&#233; par la presse &#171; mouvement des Indign&#233;s &#187;. Comme partout ailleurs, apr&#232;s avoir renflou&#233; les banques, l'&#201;tat a constat&#233; &#8211; &#244; surprise ! &#8211; que les caisses &#233;taient vides. Conclusion : il faut &#233;-co-no-mi-ser ! Comment ? En tapant sur les d&#233;penses publiques, bien s&#251;r. &#201;ducation, sant&#233;, retraites, indemnisations de licenciement et de ch&#244;mage&#8230; Et la bulle immobili&#232;re ayant fait flop, les chiffres du ch&#244;mage explosent &#8211; on pr&#233;voit 6 millions de demandeurs d'emploi d'ici &#224; la fin 2012, 25 % de la population active, 50 % des jeunes &#8211; et les expulsions pour loyer ou cr&#233;dit impay&#233;s se multiplient. 12 % des foyers espagnols ont tous leurs membres sans travail, 336 000 familles ne comptent sur aucun revenu. Plus de dix millions de personnes pourraient passer sous le seuil de pauvret&#233; d'ici 2013. &#192; Madrid, les manifestations sont quotidiennes et l'op&#233;ration &#171; Encerclons le Parlement &#187; du 25 septembre, o&#249; la police a d&#233;montr&#233; son aptitude &#224; se d&#233;cha&#238;ner sur le premier passant venu, a connu un succ&#232;s massif, et s'est r&#233;p&#233;t&#233;e plusieurs jours de suite. Alors que les nationalistes catalans menacent de faire s&#233;cession pour &lt;i&gt;&#171; ne plus devoir payer les ch&#244;meurs du Sud &#187;&lt;/i&gt;, l'Andalousie, qui, elle, depuis des si&#232;cles, ne conna&#238;t que la crise, r&#233;siste. C&#244;t&#233; rat des villes : la Corrala Utop&#237;a, immeuble neuf occup&#233; par 36 familles &#224; S&#233;ville. C&#244;t&#233; rat des champs : Somonte, une ferme de 400 hectares occup&#233;e par des sans-terre sans travail. Le pont qui les relie : l'expropriation de supermarch&#233;s par des ch&#244;meurs&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Somonte pour le peuple &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A sept heures du matin, une dizaine d'ouvriers agricoles attendent l'embauche sur un trottoir obscur, au carrefour de la route de S&#233;ville et de celle de Palma del R&#237;o. Dans un bar de La Campana, localit&#233; rurale aux confins de la province de S&#233;ville, les agriculteurs prennent leur caf&#233; accompagn&#233; d'un verre de sol y sombra (anis et cognac). On discute debout au comptoir, un &#339;il sur les r&#233;sultats du foot &#224; la t&#233;l&#233;. Quand Mariano Rajoy appara&#238;t &#224; l'&#233;cran pour vitup&#233;rer la manifestation &#171; Encerclons le Parlement &#187; de la veille, les clients lui tournent le dos, certains entamant la conversation avec le serveur, d'autres riant de la blague d'un vieux &#224; la voix cass&#233;e par le tabac. Personne n'&#233;coute le chef du gouvernement alors qu'il flatte &lt;i&gt;&#171; les Espagnols qui travaillent &#8211; quand ils le peuvent &#8211; et ne font pas la une des journaux &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dizaine de kilom&#232;tres plus loin, dans la province de Cordoue, un panneau aux couleurs du gouvernement r&#233;gional signale l'entr&#233;e d'un chemin de terre : &#171; Ferme de Somonte, transformation d'une agriculture traditionnelle en agriculture biologique &#187;. Depuis le 4 mars 2012, cette exploitation de 400 hectares est occup&#233;e par des ouvriers agricoles du Syndicat andalou des travailleurs (SAT). Ce jour-l&#224;, 600 personnes ont p&#233;n&#233;tr&#233; sur le domaine. Car le jour suivant, le gouvernement andalou&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_478 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/104espagne-36730.jpg?1782828061' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;s'appr&#234;tait &#224; vendre aux ench&#232;res plus de 20 000 hectares de terres publiques pour se renflouer apr&#232;s la r&#233;duction draconienne des budgets impos&#233;e par le gouvernement central. Ces terres allaient retomber dans l'escarcelle de la noblesse latifundiste (Somonte appartenait au marquis de Montesi&#243;n jusqu'en 1991), ou dans celle des banques r&#233;cemment renflou&#233;es avec l'argent public. On proposait Somonte &#224; partir d'un million et demi d'euros, en contradiction avec la loi de r&#233;forme agraire vot&#233;e en 1984 &#8211; mais les autorit&#233;s affirmaient qu'en privatisant, on fomenterait &lt;i&gt;&#171; une agriculture moderne et comp&#233;titive &#187;&lt;/i&gt;. Oubliant que la majeure partie des terres agricoles aux mains des latifundistes sont laiss&#233;es en jach&#232;re, pendant que leurs richissimes propri&#233;taires se contentent de palper les g&#233;n&#233;reuses subventions de la Politique agricole commune (PAC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beatriz a rejoint l'occupation en juin, avec son mari et ses deux petites filles : &lt;i&gt;&#171; Deux ans que nous &#233;tions tous les deux au ch&#244;mage. Plus de boulot aux champs, et je ne trouvais m&#234;me plus de m&#233;nages &#224; faire chez les particuliers, puisque tout le monde autour de nous est aussi en crise. On s'est fait couper l'eau, l'&#233;lectricit&#233;, puis expuls&#233;s de chez nous. On s'est r&#233;fugi&#233;s chez mes beaux-parents, &#224; quatre dans une chambre. &#187; &lt;/i&gt; Depuis juin, Beatriz participe aux assembl&#233;es, aux travaux d'am&#233;nagement des hangars et &#224; l'entretien des deux hectares de culture potag&#232;re. &lt;i&gt;&#171; Ma seule pr&#233;occupation, c'est une expulsion par la force. Je ne veux pas que mes filles voient &#231;a, qu'elles soient traumatis&#233;es &#224; la vue de tous ces uniformes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 avril, au lendemain d'un pacte r&#233;gional de gouvernement entre le PSOE (parti socialiste) et Izquierda Unida (le Front de Gauche local), 200 flics en tenue de combat, appuy&#233;s par une escouade de gendarmes, d&#233;logent les squatteurs. Quelques heures plus tard, 200 personnes r&#233;investissaient les lieux. Depuis, une vingtaine d'occupants font fructifier deux hectares de mara&#238;chage, d'o&#249; ils tirent l'essentiel de leur nourriture et le surplus est vendu sur les march&#233;s des environs. Avec l'aide d'une technicienne agronome, ils &#233;tudient la possibilit&#233; d'irriguer la zone pour augmenter la surface cultivable. Et la victoire est belle, puisque le gouvernement a interrompu la vente des terres publiques et affirme vouloir les mettre &#224; concours pour des projets de production de type coop&#233;ratif et biologique.
&#171; R&#233;volution agraire, r&#233;volution sociale &#187;, clame un &#233;norme graffiti sur la fa&#231;ade blanchie &#224; la chaux. Jusqu'en mars, derri&#232;re cette fa&#231;ade de ferme exp&#233;rimentale se cachait un grand vide. Le gouvernement andalou avait fait planter des paulownias, arbre asiatique dont l'&#233;corce est utilis&#233;e comme combustible pour les barbecues. Ainsi que des chardons pouvant &#234;tre utilis&#233;s dans l'&#233;laboration de biocarburants (biodiesels), et de l'avoine. &lt;i&gt;&#171; Les champs &#233;taient plant&#233;s, mais laiss&#233;s &#224; l'abandon. Les chardons &#233;taient malades, l'avoine couch&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; Les d&#233;pendances &#233;taient inoccup&#233;es, les appartements aussi. &lt;i&gt;&#171; Personne ne vivait ici avant nous &#187;&lt;/i&gt;, constate Ram&#243;n. La ferme ne donnait du travail qu'&#224; trois ouvriers pendant trois mois de l'ann&#233;e, mais chaque hectare &#233;tait subventionn&#233; par la PAC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pour l'instant, il n'y a qu'un puits avec une capacit&#233; de 20 000 litres renouvelables en dix minutes&lt;/i&gt;, affirme Lola, t&#234;te visible de l'occupation&lt;i&gt;. Mais nous voulons passer d'une agriculture s&#232;che &#224; une agriculture d'irrigation. Les eaux du Genil, plus gros affluent du Guadalquivir, sont disponibles &#224; trois kilom&#232;tres d'ici. En am&#233;nageant les hangars, nous pourrions emballer et conserver le produit de nos champs avant de le commercialiser dans la r&#233;gion. Cela donnerait du travail &#224; plusieurs centaines de personnes. &#187;&lt;/i&gt; L'exemple vient de Marinaleda, village en r&#233;sistance situ&#233; &#224; une quarantaine de kilom&#232;tres d'ici. L&#224;-bas, les ouvriers agricoles ont occup&#233; les terres du duc del Infantado depuis 1983, r&#233;pondant &#224; chaque expulsion par une nouvelle occupation. La coop&#233;rative del Humoso fonctionne aujourd'hui sur 1 200 hectares et donne suffisamment de travail pour que Marinaleda puisse se vanter de ne pas conna&#238;tre le ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Andalou, n'&#233;migre pas, reprends la terre &#187;&lt;/i&gt;, revendique un graffiti dans la vaste cour de la ferme. Au-dessous, au pochoir, les portraits de Malcolm X, Zapata, Abdelkrim, Blas Infante et Geronimo. Un &#226;ne, des poules, une vingtaine de brebis, trois ch&#232;vres. Les dons ont transform&#233; Somonte en petite arche de No&#233;&#8230; &lt;i&gt;&#171; Nous nous r&#233;unissons en assembl&#233;e pour les d&#233;cisions importantes, mais aussi pour partager les t&#226;ches quotidiennes. Pour beaucoup, c'est difficile, en tant qu'ouvriers, nous sommes habitu&#233;s &#224; &#234;tre command&#233;s par un contrema&#238;tre toute notre vie. Certains, apr&#232;s que l'assembl&#233;e a d&#233;cid&#233; qui fait quoi, viennent quand m&#234;me me demander : &#8220;Lola, c'est quoi que je dois faire, d&#233;j&#224; ?&#8221; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les repas sont pris en commun dans un salon d&#233;cor&#233; de coupures de presse et d'une photo de Ra&#250;l et Fidel Castro. Comme pour r&#233;pondre aux moues dubitatives, Lola tente un petit pont : &lt;i&gt;&#171; Il y a un mois, je suis all&#233;e &#224; Barcelone avec un camarade pour participer &#224; des rencontres sur les alternatives sociales au capitalisme et, d&#232;s que nous avons eu un moment de libre, nous sommes all&#233;s sur la tombe de Durruti &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Buenaventura Durruti (1896-1936), figure majeure de l'anarchisme espagnol, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &#187; &lt;/i&gt; Autour de la table, &#231;a parle haut, &#231;a chambre, &#231;a rigole. Pepe, quinquag&#233;naire au visage burin&#233;, raconte son parcours : &lt;i&gt;&#171; Adolescent, j'&#233;tais chevrier. &#192; 18 ans, je cr&#233;ais ma premi&#232;re bo&#238;te de plomberie. Par la suite, j'ai &#233;t&#233; tenancier de bar et de bo&#238;te de nuit, inventeur, commer&#231;ant ambulant&#8230; Je suis venu &#224; Somonte parce que j'avais besoin de sentir la terre sous mes pieds et puis surtout de participer &#224; un projet collectif. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les onze charriots de la gratuit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 9 ao&#251;t, des ch&#244;meurs et des membres du Syndicat andalou des travailleurs ont fait leurs courses dans le supermarch&#233; Mercadona de la petite ville d'&#201;cija. Onze chariots remplis de victuailles sont pass&#233;s sans payer. &lt;i&gt;&#171; Si tu emportes pour moins de 400 euros, ce n'est pas consid&#233;r&#233; comme un d&#233;lit, mais quelques caissi&#232;res se sont accroch&#233;es &#224; nous comme si leur vie en d&#233;pendait, raconte Lola. Bien qu'il les paye au lance-pierre, leur patron les a persuad&#233;es de porter plainte contre nous. &#187;&lt;/i&gt; Selon les chiffres officiels, les grandes surfaces en Espagne bennent 40 000 tonnes d'aliments par an. &lt;i&gt;&#171; De quoi nourrir 35 000 familles &#187;&lt;/i&gt;, s'offusque Lola. &lt;i&gt;Avec la crise, on voit de plus en plus de gens faire la queue devant les conteneurs &#224; d&#233;chets, &#224; l'aube. &#187;&lt;/i&gt; Le contenu des onze Caddie a &#233;t&#233; livr&#233; aux corralas, ces immeubles s&#233;villans occup&#233;s par des familles que l'hypoth&#232;que a jet&#233;es &#224; la rue.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Corrala la Utop&#237;a&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les occupants de la Corrala la Alegr&#237;a ont &#233;t&#233; d&#233;log&#233;s le 19 septembre aux aurores. Mais &#224; S&#233;ville, il reste encore plusieurs immeubles occup&#233;s, et fiers de l'&#234;tre. C'est le cas de la Corrala la Utop&#237;a, un b&#226;timent flambant neuf investi par plus de quarante familles dans le quartier San L&#225;zaro. &lt;i&gt;&#171; J'ai v&#233;cu vingt ans dans le quartier du Vacie, un bidonville en bordure du fleuve. Il n'y a toujours pas d'eau courante, l&#224;-bas. &#187;&lt;/i&gt; La To&#241;i, qui a visiblement du sang gitan dans les veines, est une m&#232;re courage qui participe activement &#224; cette r&#233;cup&#233;ration de biens inutilis&#233;s. Elle ouvre volontiers sa porte et montre avec fiert&#233; son chez-soi au parquet brillant et aux murs immacul&#233;s. Le promoteur avait pr&#233;vu de vendre cet appartement de 60 m2, 300 000 euros. &lt;i&gt;&#171; Il y a trois ans, j'ai obtenu un HLM en banlieue. Au d&#233;part, le loyer &#233;tait de 216 euros par mois. Mais en deux ans, il a doubl&#233;. Seule avec mon fils, je n'arrivais plus &#224; payer et au bout de huit mois, on m'a expuls&#233;e. C'&#233;tait tr&#232;s dur. J'ai laiss&#233; mon fils &#224; mes parents et je suis all&#233;e dormir dans une voiture en panne gar&#233;e dans un box de parking. La journ&#233;e, je cherchais de la ferraille dans les poubelles, que je chargeais dans un Caddie avant de la revendre. J'&#233;tais en pleine d&#233;pression. Un jour que je pleurais en marchant dans la rue, David, un gar&#231;on du mouvement 15-M, m'a abord&#233;e : &#8220;On monte une assembl&#233;e de mal-log&#233;s, tu veux y participer ?&#8221; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 mai, trente-six familles &#8211; 106 adultes et 39 enfants &#8211; ont p&#233;n&#233;tr&#233; dans cet immeuble, dont aucun appartement n'avait &#233;t&#233; vendu depuis la fin des travaux, il y a deux ans. Premier probl&#232;me : lorsque les nouveaux arrivants ont branch&#233; l'eau, celle-ci a bien coul&#233; des robinets, mais a aussi infiltr&#233; les cloisons et les parquets. Les ouvriers, que le constructeur n'avait plus pay&#233; depuis deux mois, avaient coup&#233; les canalisations &#224; la scie circulaire avant de replacer les caches en porcelaine des lavabos&#8230; &lt;i&gt;&#171; Chez mon voisin, l'eau a m&#234;me gicl&#233; des prises et du plafonnier ! &#187;&lt;/i&gt;, se souvient une To&#241;i hilare. &lt;i&gt;&#171; Heureusement, il y a parmi nous des plombiers et des &#233;lectriciens au ch&#244;mage. Nous sommes devenus une vraie famille. On s'est tous racont&#233; nos vies, on se fait confiance et on se soutient. Je peux laisser ma porte ouverte, il n'y a rien &#224; craindre. Mes parents, puis ma s&#339;ur et ses deux enfants, expuls&#233;s eux aussi, nous ont rejoints. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le promoteur a eu maille &#224; partir avec la justice. Fraude fiscale, corruption politique et urbanistique, d&#233;tournement de fonds&#8230; Il a pr&#233;f&#233;r&#233; se d&#233;clarer en faillite et l'immeuble devrait revenir &#224; ses cr&#233;anciers. Mais la banque Ibercaja, principale cr&#233;anci&#232;re de l'escroc, vient elle aussi de se d&#233;clarer en faillite&#8230; En attendant, des familles expuls&#233;es de chez elles pour loyers ou cr&#233;dits impay&#233;s occupent les lieux.
Alors que sa m&#232;re montre avec fiert&#233; des photos de manif sous les fen&#234;tres du maire o&#249; elle crie au premier rang, Juan Jos&#233; surgit tout essouffl&#233; et raconte qu'une patrouille de police vient de le contr&#244;ler, l'accusant d'avoir jet&#233; des pierres sur les voitures. &lt;i&gt;&#171; Ils m'ont fait croire qu'ils allaient m'embarquer, puis ils m'ont dit de filer rejoindre les miens, &#8220;ces squatteurs pouilleux&#8221;. Je leur ai r&#233;pondu que chez nous c'&#233;tait peut-&#234;tre plus propre que chez eux et je suis parti en courant. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'&#233;t&#233;, la municipalit&#233; a fait couper l'eau et l'&#233;lectricit&#233;. L'eau a vite &#233;t&#233; rebranch&#233;e, mais lorsqu'ils ont tent&#233; la m&#234;me op&#233;ration pour l'&#233;lectricit&#233;, les gens de la Utopia ont fait disjoncter le transfo qui alimente le quartier. Le lendemain, l'ABC, quotidien conservateur, persiflait : &lt;i&gt;&#171; Les squatteurs de la Utop&#237;a : Si nous n'avons pas de lumi&#232;re, personne n'en aura ! &#187;&lt;/i&gt; Malgr&#233; tout, la plupart des riverains, susceptibles eux aussi de perdre un jour leur toit et leur job, ne voient pas d'un mauvais &#339;il l'occupation. &lt;i&gt;&#171; Les chauffeurs de bus font le signe de la victoire quand ils nous voient au balcon&lt;/i&gt;, se r&#233;jouit To&#241;i. &lt;i&gt;Les automobilistes klaxonnent. Au march&#233; d'int&#233;r&#234;t national, on nous donne des cagettes pleines de l&#233;gumes. Ceux qui n'ont pas de revenus se les r&#233;partissent. Moi, par exemple, comme j'ai un contrat de trois mois dans une maison de retraite, je laisse &#231;a aux autres. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crois&#233; au bar du coin, Primi a une allure qui tranche avec les bleus de travail et les tabliers de m&#233;nag&#232;re qu'on rencontre dans les couloirs de la Corrala. La trentaine insouciante, lui et sa compagne travaillaient dans le tourisme : &lt;i&gt;&#171; On bossait comme saisonniers sur des bateaux de croisi&#232;re, on voyageait, bien pay&#233;s, sans souci, sans engagement politique, la belle vie. Puis les contrats se sont fait rares, on a eu du mal &#224; payer le cr&#233;dit de notre maison et la banque a tout repris&#8230; &#187;&lt;/i&gt; En Espagne, celui qui perd son bien est oblig&#233; de continuer &#224; payer le cr&#233;dit &#224; la banque&#8230; &lt;i&gt;&#171; Voil&#224; comment nous avons rejoint la Utop&#237;a. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour construire des liens avec le voisinage, la Utop&#237;a organise des s&#233;ances de cin&#233; gratuit dans la cour. Les locaux commerciaux vides, situ&#233;s au rez-de-chauss&#233;e, ont pu accueillir une rencontre andalouse sur les exp&#233;riences et r&#233;ponses populaires aux probl&#232;mes de logement. La To&#241;i : &lt;i&gt;&#171; Nous ne faisons de mal &#224; personne. Moi, j'ai toujours parl&#233; &#224; tout le monde, Gitans, Payos, Noirs, Chinois, Arabes&#8230; Je n'ai pas de pr&#233;jug&#233;s. &#192; part peut-&#234;tre contre certains policiers et journalistes&#8230; L'autre jour, on a vir&#233; une envoy&#233;e de la t&#233;l&#233; r&#233;gionale qui demandait &#224; Raquel, enceinte, pourquoi elle fait des enfants si elle n'a pas de quoi leur offrir un toit. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Buenaventura Durruti (1896-1936), figure majeure de l'anarchisme espagnol, mort durant la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La mosa&#239;que &#233;clat&#233;e</title>
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		<dc:date>2012-12-11T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements d&#233;chirant la Syrie depuis dix-huit mois voient s'affronter diverses confusions &#8211; ordinaires ou criminelles &#8211; qui font tourner le monde actuel, mais &#233;galement un r&#233;el refus de la servitude quelles qu'en soient les cons&#233;quences. CQFD a rencontr&#233; quatre Syriens de Marseille. &#171; Pas la peine d'&#234;tre un expert pour voir que ce qui se passe en Syrie est un complot &#187;, tranche Moulay, accoud&#233; aux fourneaux de son snack. &#171; Ils sont cent soixante-trois pays ligu&#233;s contre le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no104-octobre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;104 (octobre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Saoudite" rel="tag"&gt;Saoudite&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements d&#233;chirant la Syrie depuis dix-huit mois voient s'affronter diverses confusions &#8211; ordinaires ou criminelles &#8211; qui font tourner le monde actuel, mais &#233;galement un r&#233;el refus de la servitude quelles qu'en soient les cons&#233;quences. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a rencontr&#233; quatre Syriens de Marseille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pas la peine d'&#234;tre un expert pour voir que ce qui se passe en Syrie est un complot &#187;&lt;/i&gt;, tranche Moulay&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, accoud&#233; aux fourneaux de son snack. &lt;i&gt;&#171; Ils sont cent soixante-trois pays ligu&#233;s contre le gouvernement syrien, qui leur tient t&#234;te, et j'en suis fier. &#187;&lt;/i&gt; L'homme, d'origine alaouite, interrompt la minutieuse d&#233;coupe d'un morceau de poulet. &lt;i&gt;&#171; Les Occidentaux rejouent avec Bachar ce qu'ils ont fait avec Saddam. Et qu'on ne vienne pas nous parler des &#8220;printemps arabes&#8221; : c'est le printemps des Europ&#233;ens. Depuis quand les gens se soul&#232;vent comme &#231;a ? C'est trop rapide et la mise en sc&#232;ne est mauvaise. Les Occidentaux ne parlent des Droits de l'homme que lorsque &#231;a leur convient. &#187;&lt;/i&gt; Il essuie ses mains avant de pr&#233;ciser : &lt;i&gt;&#171; Je ne suis pas pour Bachar, je suis pour le peuple. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'origine sunnite, Ahmad, pench&#233; sur sa machine &#224; coudre, convoque l'Histoire : &lt;i&gt;&#171; Il ne faut pas oublier que depuis l'ind&#233;pendance, en 1946, il ne s'est pas pass&#233; trois ans sans qu'il n'y ait des guerres ou des probl&#232;mes dans le pays : coups d'&#201;tat militaires &#224; r&#233;p&#233;tition, conflit avec Isra&#235;l, et aussi au Liban, en Irak&#8230; La Syrie a &#233;t&#233; pendant tr&#232;s longtemps un pays instable. L'alaouite Hafez-el-Assad, qui a pris le pouvoir en 1970, a tout fait pour amener la stabilit&#233;. Face &#224; cette menace politique et religieuse, comme ce qui s'est pass&#233; &#224; Hama&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 2 f&#233;vrier 1982, la population de Hama, &#224; majorit&#233; sunnite, se soul&#232;ve (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;i&gt;en 1982, la dictature de Hafez-el-Assad s'est encore renforc&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; Ahmad pr&#233;pare un caf&#233;. &lt;i&gt;&#171; Au milieu des ann&#233;es 1990, les efforts de l'&#201;tat pour d&#233;velopper l'ind&#233;pendance a fait du pays le Hong-Kong du Moyen-Orient, avec ses productions de m&#233;dicaments, de v&#234;tements et de produits finis. On a construit des routes, des h&#244;pitaux, des &#233;coles et les gens avaient acc&#232;s la S&#233;curit&#233; sociale. C'est aussi &#224; cette &#233;poque que se sont d&#233;velopp&#233;es des cha&#238;nes satellitaires financ&#233;es par le Qatar et l'Arabie Saoudite, ainsi que d'autres ouvertement islamistes et qui toutes ne cessaient de parler des dictatures et des guerres dans les pays arabes. &#187;&lt;/i&gt; L'arriv&#233;e de Bachar-el-Assad a-t-elle chang&#233; le r&#233;gime ? &lt;i&gt;&#171; En 2006, Bachar a d&#233;cid&#233; d'ouvrir le pays. Aux fronti&#232;res, les paysans avaient accumul&#233; d'importantes fortunes par la contrebande. Avec l'ouverture du pays, tout s'&#233;croulaiy pour eux et leurs complices douaniers et militaires. Ce n'est donc pas un hasard si aujourd'hui, les principales zones de combat se trouvent dans ces r&#233;gions&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Encore un mot avant de se s&#233;parer : &lt;i&gt;&#171; Il y avait bien s&#251;r des choses qui n'allaient pas. De l&#224; &#224; faire une r&#233;volution qui va tout d&#233;construire&#8230; Le rem&#232;de est pire que le mal. Je ne veux pas d'un &#201;tat islamique ou d'un pays divis&#233;. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; En Syrie, il y a dix-sept services de renseignements quasiment autonomes se faisant concurrence pour &#234;tre bien vus par le clan des Assad, qui se consid&#232;re propri&#233;taire du pays. Et il faut donc toujours les remercier &#187;&lt;/i&gt;, entame Marwan en guise de pr&#233;sentation. Pour ce Druze, d&#233;crire le contexte du soul&#232;vement en cours lui semble important : &lt;i&gt;&#171; En 2000, l'arriv&#233;e de Bachar, qui avait promis la d&#233;mocratie et l'ouverture du pays, a &#233;t&#233; v&#233;cue comme un espoir. Il a lanc&#233; une grande vague de privatisations dans les banques, l'industrie et les t&#233;l&#233;communications. Tous les prix ont alors augment&#233;. Certains se sont enrichis, mais beaucoup d'autres se sont appauvris, dans le m&#234;me temps o&#249; des gens des campagnes rejoignaient massivement les villes. Les &#233;coles et les h&#244;pitaux priv&#233;s se sont d&#233;velopp&#233;s au d&#233;triment de l'enseignement public et des soins pour tous. Cela a particip&#233; de la col&#232;re actuelle. &#187;&lt;/i&gt; Rappel : &lt;i&gt;&#171; Le 15 mars 2011, quand des enfants de Deraa ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s &#224; cause d'un graffiti sur un mur, leurs p&#232;res se sont rendus au commissariat pour demander qu'on les lib&#232;re. Le g&#233;n&#233;ral qui les a re&#231;us, un proche de la famille Assad, leur a dit : &#8220;Oubliez vos enfants, et si vous voulez en avoir d'autres, envoyez-moi vos femmes.&#8221; &#192; partir de ce jour et pendant plus de trois mois, les gens sont sortis dans les rues pacifiquement en repoussant sans cesse ceux qui leur proposaient des armes venues de Jordanie, de Libye, du Qatar ou d'Arabie Saoudite, tr&#232;s faciles &#224; trouver. Les manifestations ont rassembl&#233; jusqu'&#224; plus d'un million de personnes, ce qui est &#233;norme dans un pays vivant sous le r&#232;gne de la plus sauvage r&#233;pression et depuis si longtemps. &#187;&lt;/i&gt; Alors, qui a tir&#233; le premier ? Marwan &#233;voque des provocations mont&#233;es par des militaires afin de justifier les fusillades. &lt;i&gt;&#171; Des civils ont &#233;t&#233; tu&#233;s et &#231;a a &#233;t&#233; l'engrenage. Tu veux prot&#233;ger ta famille et tu peux avoir une kalachnikov, qu'est-ce que tu fais ? &#187;&lt;/i&gt; interroge-t-il, faussement ing&#233;nu. Il reprend : &lt;i&gt;&#171; Que ceux qui disent qu'il n'y a pas eu de r&#233;volution en Tunisie et en &#201;gypte nous expliquent ce que c'est qu'une r&#233;volution. Une r&#233;volution, c'est d'abord vouloir en finir avec la souffrance&#8230; Ce qui s'est pass&#233; dans ces pays est mont&#233; dans le sang des Syriens. Ce ne sont pas des magouilles de politiciens ou d'hommes d'affaires. La rue est toujours plus rapide qu'eux. Les r&#233;volutionnaires sont toujours en avance. &#187;&lt;/i&gt; Il vide sa tasse de caf&#233;. &lt;i&gt;&#171; Qui peut soutenir un dictateur ? S&#251;rement des gens &#8211; tr&#232;s rares en Syrie &#8211; qui n'ont jamais eu un proche en prison ! &#187;&lt;/i&gt; Marwan poursuit : &lt;i&gt;&#171; Il est faux de dire que les Occidentaux soutiennent les insurg&#233;s. Ils sont pris par cette maladie qu'est l'islamophobie. Quant &#224; l'Arabie Saoudite et le Qatar, qui disent d&#233;fendre les Droits de l'homme, je ne sais pas s'il faut en rire ou en pleurer. Mais quoi qu'il en soit &#8211; et de toute fa&#231;on il n'y aura pas de retour en arri&#232;re &#8211; je suis contre une intervention de l'Occident. Les Syriens n'arriveraient plus &#224; s'en d&#233;barrasser&#8230; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trentaine pass&#233;e, Jean, membre d'une famille chr&#233;tienne, le proclame haut et fort : &lt;i&gt;&#171; Je soutiens totalement le soul&#232;vement. Ceux qui soutiennent Bachar, qui critiquent les insurg&#233;s ou parlent de complot sont dans un sch&#233;ma anti-imp&#233;rialiste qui ne prend pas en consid&#233;ration la vie des gens. Quand on est tortur&#233; ou qu'un proche est tu&#233;, on ne se pose pas la question de savoir qui est imp&#233;rialiste ou pas. Les gens veulent la justice. C'est l'essentiel. C'est humain. &#187;&lt;/i&gt; Quid des djihadistes dont la presse se d&#233;lecte ? &lt;i&gt;&#171; Dans le nord de la Syrie, l'Arabie Saoudite distribue du mat&#233;riel de guerre &#224; condition de faire des images montrant les drapeaux noirs du salafisme et des barbus sans moustache. Cet &#201;tat est &#233;videmment contre la r&#233;volution. Il veut en donner une mauvaise image. La pr&#233;sence r&#233;elle des islamistes est exag&#233;r&#233;e, avec ce paradoxe : au d&#233;but, personne ne voulait vraiment aider les insurg&#233;s par crainte qu'il s'agisse d'islamistes. On voit o&#249; on en est aujourd'hui&#8230; On retrouve les m&#234;mes d&#233;formations &#224; propos de la suppos&#233;e absence des femmes que ne cessent de pointer les gens de gauche. Pour les t&#233;l&#233;visions arabes, il doit y avoir le moins possible d'images de civils et, a fortiori, de femmes. &#187;&lt;/i&gt; Concernant la forte pr&#233;somption de mensonges et de manipulations des m&#233;dias, Jean explique : &lt;i&gt;&#171; Il y a forc&#233;ment des vid&#233;os truqu&#233;es. Mais l'important est le fait qu'il y a des morts et que c'est l'&#201;tat syrien qui, d'une mani&#232;re ou d'une autre, en est responsable. Ce sont peut-&#234;tre de fausses preuves, mais ce sont de vrais crimes. C'est absurde de pol&#233;miquer l&#224;-dessus. On a v&#233;cu sous un r&#233;gime de terreur. Nous &#233;tions d&#233;poss&#233;d&#233;s de notre destin et vivions avec un sentiment d'injustice totale. &#187;&lt;/i&gt; Pour lui, &lt;i&gt;&#171; il faut que l'Occident intervienne. De toute fa&#231;on, il est m&#234;l&#233; &#224; l'existence des pays arabes depuis leur formation. Et il intervient toujours, de toute fa&#231;on, et par divers biais, dans ces pays&#8230; &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de l'&#233;motion et des controverses attis&#233;es par la propagande, un m&#234;me sentiment semble unir nos quatre interlocuteurs : la question en jeu n'est pour l'essentiel ni ethnique, ni religieuse. Seuls ceux qui ont ou convoitent le pouvoir tirent sur ces ficelles. Reste qu'on se sent plus proche de l'&#233;thique des r&#233;volt&#233;s que du raisonnement de ceux qui pr&#233;f&#232;rent que rien ne bouge.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Patchwork oriental&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Syrie, pays de 23 millions d'habitants, est peupl&#233;e par une multitude d'ethnies.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Plus de 65 % des Syriens sont de confession sunnite, qui comprend toutes les d&#233;clinaisons de ce courant majoritaire de l'islam.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Parmi les minorit&#233;s ethniques et religieuses on compte environ 7 % de chr&#233;tiens, les Kurdes repr&#233;sentent 10 % de la population, les Assyriens plus de 2 %, les Turkm&#232;nes autour de 1,5 %, les chiites et les isma&#233;liens 1,3 %, les Tcherkesses et les Arm&#233;niens plus de 0,5 %. Une petite minorit&#233; juive vit &#224; Damas et &#224; Alep. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Les alaouites repr&#233;sentent autour de 10 % de la population. Maltrait&#233;s pendant des g&#233;n&#233;rations du fait de leur non-appartenance &#224; l'Islam, une part importante d'entre eux &#8211; dont le clan Assad &#8211; d&#233;tient aujourd'hui le pouvoir. &#192; la fin de la premi&#232;re guerre mondiale, la France, devenue d&#233;positaire du mandat sur ce pays, les a massivement incorpor&#233;s dans l'arm&#233;e. Cette caste mettra ensuite une cinquantaine d'ann&#233;es avant d'acc&#233;der au pouvoir, non sans que les imams du Caire et de Beyrouth eussent produit une fatwa r&#233;int&#233;grant les alaouites dans l'Oumma des musulmans &#8211; ils cessent d&#232;s lors d'&#234;tre regard&#233;s comme des &#171; m&#233;cr&#233;ants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune de ces populations n'est, y compris les alaouites, int&#233;gralement engag&#233;e soit dans un soutien au r&#233;gime, soit dans l'opposition. Et cela malgr&#233; les man&#339;uvres de l'&#201;tat syrien et des puissances &#233;trang&#232;res qui, inqui&#233;t&#233;es par le soul&#232;vement populaire, tentent d'exciter des conflits interethniques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 2 f&#233;vrier 1982, la population de Hama, &#224; majorit&#233; sunnite, se soul&#232;ve contre le pouvoir en place, apr&#232;s l'arrestation d'imams fondamentalistes. La ville sera bombard&#233;e 27 jours durant. Les estimations du nombre de morts varient entre 7 000 et 35 000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le prix du passage &#224; tabac augmente aussi</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Le-prix-du-passage-a-tabac</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
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&lt;p&gt;Depuis que le nouvel H&#244;tel de police de Lyon est construit, les contr&#244;les d'identit&#233; intempestifs sont en recrudescence dans le p&#233;rim&#232;tre. La prolif&#233;ration des agents de l'ordre fait aussi la prolif&#233;ration des soi-disants &#171; d&#233;lits &#187;. &#192; l'audience des comparutions imm&#233;diates du lundi 28 juillet, deux jeunes gens sont dans le box des accus&#233;s avec deux avocates pour les d&#233;fendre. Cinq policiers se sont port&#233;s partie civile et sont repr&#233;sent&#233;s par un avocat. Dans leur proc&#232;s verbaux quasi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no104-octobre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;104 (octobre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/policiers" rel="tag"&gt;policiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jeunes" rel="tag"&gt;jeunes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Hotel" rel="tag"&gt;H&#244;tel&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_476 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L205xH338/inv104abbey-justice-008e7.jpg?1782656490' width='205' height='338' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis que le nouvel H&#244;tel de police de Lyon est construit, les contr&#244;les d'identit&#233; intempestifs sont en recrudescence dans le p&#233;rim&#232;tre. La prolif&#233;ration des agents de l'ordre fait aussi la prolif&#233;ration des soi-disants &#171; d&#233;lits &#187;. &#192; l'audience des comparutions imm&#233;diates du lundi 28 juillet, deux jeunes gens sont dans le box des accus&#233;s avec deux avocates pour les d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq policiers se sont port&#233;s partie civile et sont repr&#233;sent&#233;s par un avocat. Dans leur proc&#232;s verbaux quasi identiques (du copier-coller dira une avocate de la d&#233;fense), ils se plaignent d'avoir re&#231;us des coups de t&#234;te, des coups de poing, d'avoir &#233;t&#233; menac&#233; de mort et essuy&#233; des insultes. Selon leur version, au soir du 26 juillet, Sa&#239;d, menott&#233; les mains dans le dos, aurait r&#233;ussi &#224; donner plusieurs coups de pied &#224; diff&#233;rents policiers et aurait ensuite tent&#233; de fuir alors qu'Abdelatif aurait essay&#233; d'extraire son ami du v&#233;hicule de police avant de mettre un coup de t&#234;te &#224; un agent&#8230; tout &#231;a sans Interruption temporaire de travail (ITT) pour aucun des plaignants et surtout sans aucune prise sur la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cinq proc&#232;s verbaux des policiers pr&#233;sents lors des interpellations accusent les deux jeunes hommes du triptyque d&#233;sormais classique : outrage/r&#233;bellion/violences avec un petit &#171; plus &#187; cette fois-ci puisqu'ils ont rajout&#233; &#171; menaces de mort &#187;. Leur avocat r&#233;clame pour chacun d'entre eux cinq cents euros de dommages et int&#233;r&#234;ts, plus le r&#232;glement par les pr&#233;venus de leurs frais d'avocats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Franchement, ils ont fait une bonne histoire qui tient la route&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, ironise Abdelatif lorsque le juge l'interroge. Il ajoute : &lt;i&gt;&#171; Il suffit de regarder les bandes des cam&#233;ras de vid&#233;o surveillance du tram ou de la station de veloV ou d'&#233;couter les t&#233;moins. C'est n'importe quoi. &#199;a ne s'est pas pass&#233; comme &#231;a. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux jeunes hommes nient les faits pour lesquels ils sont accus&#233;s sauf les insultes (outrages) qu'ils reconnaissent avoir prof&#233;r&#233;es apr&#232;s qu'ils ont &#233;t&#233; pass&#233;s &#224; tabac. Sa&#239;d a pu faire constater plusieurs traumatismes par le m&#233;decin de garde &#224; vue : contusion &#224; l'&#233;paule gauche, contusion au front et des h&#233;matomes sur le corps. Abdelatif a &#233;t&#233; aussi observ&#233; par le m&#234;me m&#233;decin qui a diagnostiqu&#233; plusieurs traumatismes, au coude, au bras, au dos, une l&#232;vre inf&#233;rieure d&#233;chir&#233;e, l'os du nez d&#233;plac&#233; ou cass&#233;, diverses ecchymoses et dermabrasions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur plaidoirie, les avocates d&#233;montrent sans difficult&#233; que cette histoire a &#233;t&#233; mont&#233;e de toutes pi&#232;ces par les policiers : coups impossibles &#224; porter par les pr&#233;venus, absence d'ITT chez les plaignants, copier-coller dans les proc&#232;s verbaux des cinq policiers, pas d'enregistrement du t&#233;moignage de la copine d'Abdelatif pourtant pr&#233;sente lors de l'interpellation, certificats m&#233;dicaux &#233;loquents pour les pr&#233;venus, absence de requ&#234;te effectu&#233;e par le parquet pour visionner les bandes de vid&#233;osurveillance. Les avocates demandent la relaxe ou une peine compl&#232;tement assortie du sursis pour leurs clients. La procureure a une tout autre vision des faits puisque apr&#232;s avoir &#233;cout&#233; les deux pr&#233;venus s'exprimer, elle demande la peine plancher pour les deux jeunes tout juste majeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Tribunal condamne finalement Sa&#239;d et Abdelatif &#224; la peine plancher, c'est-&#224;-dire &#224; un an de prison dont neuf mois de sursis et &#171; deux ans de sursis mise &#224; l'&#233;preuve avec obligation de travailler et d'indemniser &#187; les policiers sans mandat de d&#233;p&#244;t. Les deux jeunes hommes ne partent pas en prison au sortir du tribunal mais devront voir avec le juge d'application des peines les modalit&#233;s d'application de leur peine de trois mois de prison ferme (r&#233;gime de semi-libert&#233;, jours amende ou TIG).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette affaire, les cinq policiers ont gagn&#233; deux cents euros chacun, plus le remboursement de leurs frais d'avocat (cent euros chacun).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les zombies du &#171; pr&#233;sent&#233;isme &#187;</title>
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		<dc:date>2012-12-07T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Lasserpe</dc:subject>
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		<dc:subject>taux d'absent&#233;isme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Bien que stress&#233;s, press&#233;s et d&#233;localis&#233;s, certains travailleurs sont devenus &#171; accros &#187; &#224; leur taf au point d'y laisser leur sant&#233; mentale. Une aubaine pour toutes ces bo&#238;tes de psy sp&#233;cialis&#233;es dans la gestion des risques psychosociaux. &#201;l&#233;ments de diagnostic. La bonne nouvelle est tomb&#233;e d&#233;but septembre dernier : le taux d'absent&#233;isme dans les entreprises fran&#231;aises est &#224; son plus bas niveau depuis 2007. En moyenne, le salari&#233; fran&#231;ais ne s'arr&#234;te plus que 14,5 jours par an contre 17,8 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no104-octobre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;104 (octobre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/debut-septembre" rel="tag"&gt;d&#233;but septembre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/bas-niveau" rel="tag"&gt;bas niveau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/taux-d-absenteisme" rel="tag"&gt;taux d'absent&#233;isme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bien que stress&#233;s, press&#233;s et d&#233;localis&#233;s, certains travailleurs sont devenus &#171; accros &#187; &#224; leur taf au point d'y laisser leur sant&#233; mentale. Une aubaine pour toutes ces bo&#238;tes de psy sp&#233;cialis&#233;es dans la gestion des risques psychosociaux. &#201;l&#233;ments de diagnostic.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La bonne nouvelle est tomb&#233;e d&#233;but septembre dernier : le taux d'absent&#233;isme dans les entreprises fran&#231;aises est &#224; son plus bas niveau depuis 2007&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www.latribune.fr/actualites/economi...&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. En moyenne, le salari&#233; fran&#231;ais ne s'arr&#234;te plus que 14,5 jours par an contre 17,8 en 2009. L'heureuse nouvelle est colport&#233;e par l'Alma consulting group, un cabinet international d'expertise sp&#233;cialis&#233; dans le conseil en diminution de charges sociales et de co&#251;ts. Las, apr&#232;s avoir consacr&#233; le tire-au-flanc esp&#232;ce en voie de disparition, le rapport pointe une &#233;pid&#233;mie en plein essor : le pr&#233;sent&#233;isme. La symptomatologie du bobo ? Des salari&#233;s qui s'accrochent &#224; leur fauteuil comme autant d'arap&#232;des &#224; leur rocher pour un productivisme d&#233;risoire, des z&#233;l&#233;s qui ne comptent plus leurs heures sup' malgr&#233; un &#233;tat physique ou moral au bord de la d&#233;glingue. Au final, un travailleur zombie, &lt;i&gt;&#171; pr&#233;sent physiquement, mais psychiquement absent &#187;&lt;/i&gt;. Un drame humain mais pas que, puisque l'&#233;pid&#233;mie co&#251;terait &#224; l'Europe, &#244; d&#233;sastre supr&#234;me, la bagatelle de 20 milliards par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le pr&#233;sent&#233;isme regroupe des situations tr&#232;s diff&#233;rentes&lt;/i&gt;, explique le psychanalyste et psychiatre Christophe Dejours&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Souffrance en France, &#233;ditions du Seuil, 1998. C. Dejours est par ailleurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. Il y a des gens arr&#234;t&#233;s par leurs m&#233;decins qui continuent de travailler, parce que sinon ils pensent &#224; leurs angoisses. Ils se plongent alors dans une forme d'activisme pour &#233;viter que leur &#8220;pens&#233;e libre&#8221; ne reparte. Il y a des cas o&#249; les m&#233;decins sont oblig&#233;s par leurs patients &#224; d&#233;livrer des aptitudes au travail, alors m&#234;me que la sant&#233; du salari&#233; est menac&#233;e par ses conditions de travail. C'est l'exemple du gars qui bosse dans la m&#233;tallurgie avec un taux de plomb dans le sang important. Ces gens prennent des&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_475 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH358/104lasserpe-3dedc.jpg?1782677264' width='400' height='358' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Lasserpe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;risques consid&#233;rables avec leur sant&#233; tout simplement pour pouvoir bouffer. Enfin, il y a cette cat&#233;gorie de travailleurs d&#233;j&#224; fortement engag&#233;s dans leur boulot qui, si jamais leur bo&#238;te fait l'objet de d&#233;graissage ou devient plus concurrentielle, compensent en travaillant davantage. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce triptyque effrayant, il convient d'ajouter cette double menace ext&#233;rieure qui p&#232;se sur le monde du travail : un flicage des arr&#234;ts maladie en hausse constante et une crise &#233;conomique grande pourvoyeuse de plans de licenciement. Un contexte anxiog&#232;ne &#224; l'origine du surinvestissement de certains salari&#233;s enclins &#224; faire le paon devant leur hi&#233;rarchie, afin de ne pas faire partie de la prochaine brouette de lourd&#233;s. Quitte &#224; y laisser sa sant&#233;. Un tableau qui ne saurait &#234;tre complet sans un minimum d'analyse des derniers bouleversements du monde du travail. &lt;i&gt;&#171; D'un c&#244;t&#233;, on a d&#233;truit les formes de solidarit&#233; et isol&#233; les gens ; de l'autre, on a promu le culte de la performance&lt;/i&gt;, r&#233;sume Christophe Dejours&lt;i&gt;. Dans ce nouveau sch&#233;ma, le voisin, s'il r&#233;ussit, devient une menace. Les gens se m&#233;fient, ils ne se parlent plus. Prenons un exemple : un open-space chez Renault. Un ing&#233;nieur a besoin d'un renseignement pour un reporting concernant une filiale en Roumanie, mais ce renseignement ne peut lui &#234;tre fourni que par son voisin. Il ne lui pose pas directement la question, non, il lui envoie un mail, alors que les deux types bossent &#224; deux m&#232;tres. Et puis comme il n'obtient pas de r&#233;ponse &#224; son mail, il renvoie son message avec une quarantaine de destinataires en copie pour l'obliger &#224; lui r&#233;pondre. Ici, on voit &#224; quel point l'organisation du travail a d&#233;truit toute notion de vivre ensemble. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, il ne faut pas s'&#233;tonner que la gestion des risques psychosociaux soit devenue un business au chiffre d'affaire inversement proportionnel &#224; celui de nos dettes publiques. Un business largement favoris&#233; par le &#171; Plan d'urgence contre le stress au travail &#187; pondu par le ministre du Travail en poste en 2009, un certain Xavier Darcos, suite aux vagues de suicides de France T&#233;l&#233;com. Dans le sillage, c'est tout un tas de cabinets d'expertise et de conseil, plus ou moins en cheville avec le Medef, qui ont vu le jour. Des bo&#238;tes au blaze fleurant bon une SF de s&#233;rie B : Technologia, Alta&#239;r Conseil, Axis Mundi et autre Psya, pour ne citer que les plus connues. Le cr&#233;do de ces psys du chagrin : travailleuses, travailleurs, nous allons vous aider &#224;&#8230; vous adapter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ces bo&#238;tes ne remettent jamais en question l'organisation du travail, ni ne s'int&#233;ressent vraiment &#224; la psychologie individuelle, d'ailleurs, pr&#233;cise le professeur Dejours. Le principe est : quand &#231;a ne va pas, c'est parce que les gens ne savent pas g&#233;rer leur rapport &#224; la contrainte. Alors on va proposer des cours de yoga, de respiration, des m&#233;dicaments. R&#233;cemment, j'ai appris que certaines soci&#233;t&#233;s donnaient &#224; leurs salari&#233;s des carnets de tickets donnant droit &#224; des entretiens avec des psychologues patent&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Un ticket-psy contre deux tickets-restau, on devine les ravages de ce march&#233; noir naissant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20120904trib000717664/le-taux-d-absenteisme-recule-a-un-niveau-record.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.latribune.fr/actualites/economi...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Souffrance en France&lt;/i&gt;, &#233;ditions du Seuil, 1998. C. Dejours est par ailleurs titulaire de la chaire de psychanalyse-sant&#233;-travail au Conservatoire national des arts et m&#233;tiers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La chute d'un nabab du pinard</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-chute-d-un-nabab-du-pinard</link>
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		<dc:date>2012-12-06T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>Conseil</dc:subject>
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		<dc:subject>membre fondateur</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'id&#233;e coop&#233;rative, fond&#233;e sur la solidarit&#233; entre les producteurs, a progressivement &#233;t&#233; circonvenue par les lois d'airain de l'&#233;conomie de march&#233;. Mais, l&#224; aussi, les effets de la crise ont fait appara&#238;tre les v&#233;ritables rouages d'une implacable m&#233;canique de pr&#233;dation au seul profit de quelques-uns. La coop&#233;rative vinicole dont je fais partie a &#233;t&#233; fond&#233;e en 1925 par les &#171; anciens &#187; ; ils ne voulaient plus &#234;tre &#224; la merci des marchands de vendanges qui fournissaient les caisses et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Conseil" rel="tag"&gt;Conseil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/debut" rel="tag"&gt;d&#233;but&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Conseil-d-administration" rel="tag"&gt;Conseil d'administration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cooperative-vinicole" rel="tag"&gt;coop&#233;rative vinicole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-administration" rel="tag"&gt;d'administration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/cooperateurs" rel="tag"&gt;coop&#233;rateurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/anciens" rel="tag"&gt;anciens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quantite" rel="tag"&gt;quantit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/membre-fondateur" rel="tag"&gt;membre fondateur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'id&#233;e coop&#233;rative, fond&#233;e sur la solidarit&#233; entre les producteurs, a progressivement &#233;t&#233; circonvenue par les lois d'airain de l'&#233;conomie de march&#233;. Mais, l&#224; aussi, les effets de la crise ont fait appara&#238;tre les v&#233;ritables rouages d'une implacable m&#233;canique de pr&#233;dation au seul profit de quelques-uns.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La coop&#233;rative vinicole dont je fais partie a &#233;t&#233; fond&#233;e en 1925 par les &#171; anciens &#187; ; ils ne voulaient plus &#234;tre &#224; la merci des marchands de vendanges qui fournissaient les caisses et d&#233;cidaient donc du d&#233;but de la r&#233;colte et de la quantit&#233;. Mon grand-p&#232;re, membre fondateur, avait un id&#233;al socialisant : &lt;i&gt;&#171; r&#233;aliser par l'union et la solidarit&#233; une &#339;uvre en commun &#187;&lt;/i&gt;. Mais le monde bouge, la viticulture est devenue monoculture, la production locale est pass&#233;e de cinq cents hectolitres au d&#233;but du XXe si&#232;cle &#224; cinquante mille hectolitres aujourd'hui ; entre la capacit&#233; d'enivrer une petite ville de province et celle de so&#251;ler une capitale, il y a un changement d'&#233;chelle, et l'association, avec ses cinq millions de bouteilles, a chang&#233; de nature. L'id&#233;alisme a &#233;t&#233; abandonn&#233; pour une d&#233;finition plus r&#233;aliste de la coop&#233;rative : groupement de producteurs visant &#224; r&#233;duire les prix de revient. La plupart des coop&#233;rateurs croyaient que cela correspondait &#224; la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale semblait le confirmer : paroles d'expert-comptable et m&#234;me de commissaire aux comptes, tout allait bien. Et puis patatras ! On apprend qu'il y a un trou financier de trois millions, que le pr&#233;sident et le directeur sont vir&#233;s par le conseil d'administration, que les soldes de r&#233;colte ne pourront pas &#234;tre pay&#233;s, qu'il&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH623/104sury-f42e1.jpg?1782638346' width='400' height='623' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Caroline Sury
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;faut n&#233;gocier un emprunt aupr&#232;s du Cr&#233;dit agricole pour continuer &#224; fonctionner. O&#249; aller chercher les responsabilit&#233;s de cet effondrement ? Un peu partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout du c&#244;t&#233; du directeur : Jean-Christophe est un commercial de haut niveau, issu de la bourgeoisie d'affaires bordelaise ; un grand s&#233;ducteur qui a su convaincre les coop&#233;rateurs que l'argent attire l'argent, que, pour le faire entrer &#224; flots dans les caisses, il fallait mener grand train. Comme un monarque qui veut s'attacher son peuple, et s&#233;duire ses clients, il multipliait les d&#233;penses somptuaires : un nouveau caveau de d&#233;gustation &#233;difi&#233; &#224; grands frais, des chais high-tech, des voyages en Chine et partout dans le monde, des r&#233;ceptions o&#249; l'on arrose les journalistes&#8230; Le coop&#233;rateur de base n'y voyait aucun inconv&#233;nient du moment qu'il touchait fid&#232;lement des acomptes substantiels, il admirait m&#234;me secr&#232;tement le flambeur, et se d&#233;chargeait de toute responsabilit&#233; sur ses repr&#233;sentants au conseil d'administration. Ceux-ci appartiennent aux familles locales influentes et ils b&#233;n&#233;ficient r&#233;ellement de ce syst&#232;me, par exemple en se r&#233;servant un droit d'entr&#233;e dans la conception d'une cuv&#233;e haut de gamme, ou dans l'actionnariat d'un domaine achet&#233; par la coop&#233;&#8230; Quant au pr&#233;sident, ses indemnit&#233;s suffisant &#224; payer un chef de culture qui faisait tout le boulot dans ses vignes, il avait fait sien le slogan de mai 68 &#8211; &#171; Ne travaillez jamais ! &#187; &#8211; et passait tout son temps &#224; communiquer.
Puis notre directeur, l'&#226;ge avan&#231;ant, s'est transform&#233; jouisseur : il s'est fait payer une grosse BMW 4X4 de luxe &#224; cent mille euros pi&#232;ce, il a multipli&#233; les d&#233;jeuners d'affaires en d&#233;gustant des bouteilles hors de prix et pris l'avion plusieurs fois par semaine pour Bordeaux (qui lui manquait tant) pour des parties fines &#224; la DSK. Ceci dit, il n'&#233;tait pas chien, il en faisait profiter les copains comme cet &#339;nologue bordelais de renom recrut&#233; pour assembler une cuv&#233;e &#171; Ic&#244;ne &#187; et pay&#233; vingt-cinq mille euros la consultation. Jean-Christophe pla&#231;ait aussi, plus modestement, ses copines comme h&#244;tesses d'accueil &#224; l'entr&#233;e des bureaux et du caveau&#8230; Mais la fuite en avant, permise par des combines comptables telles que l'allongement du calendrier des amortissements, a enfin &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;e par certains cadres sup&#233;rieurs qui, voyant qu'on allait droit dans le mur, ont voulu sauver in extremis leurs emplois. C'est &#231;a, la crise ! Le conseil d'administration, qui jusque-l&#224; n'avait jamais exerc&#233; son contr&#244;le, a d&#251; r&#233;agir et licencier &#224; tour de bras, &#233;conomisant partout o&#249; c'&#233;tait possible. Mais, aujourd'hui, la r&#233;volte gagne les coop&#233;rateurs indign&#233;s qui r&#233;clament une remise &#224; plat et de nouvelles &#233;lections. Au nom d'un renouveau de l'esprit coop&#233;ratif ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La libert&#233; d'expression dans la presse, mais qu'est-ce qu'on va faire de &#231;a ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-liberte-d-expression-dans-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/La-liberte-d-expression-dans-la</guid>
		<dc:date>2012-12-05T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>c'est beau</dc:subject>
		<dc:subject>libert&#233; d'expression</dc:subject>
		<dc:subject>illico presto</dc:subject>
		<dc:subject>&#226;mes sortent</dc:subject>
		<dc:subject>ailleurs apocryphe</dc:subject>
		<dc:subject>bonnes &#226;mes</dc:subject>
		<dc:subject>c'est &#233;mouvant</dc:subject>
		<dc:subject>Qu'un propos</dc:subject>
		<dc:subject>propos publi&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'un propos publi&#233; par voie de presse soul&#232;ve des toll&#233;s ou des d&#233;go&#251;ts et voil&#224; que les bonnes &#226;mes sortent, illico presto, du chargeur l'illustre phrase &#8211; par ailleurs apocryphe &#8211; de Voltaire : &#171; Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire. &#187; C'est beau, c'est grand, c'est &#233;mouvant. Et c'est avec cette g&#233;n&#233;reuse tol&#233;rance que les beaux esprits se l&#232;vent fi&#232;rement, &#224; l'instar de leur h&#233;ros tut&#233;laire, contre la censure en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ames-sortent" rel="tag"&gt;&#226;mes sortent&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'un propos publi&#233; par voie de presse soul&#232;ve des toll&#233;s ou des d&#233;go&#251;ts et voil&#224; que les bonnes &#226;mes sortent, illico presto, du chargeur l'illustre phrase &#8211; par ailleurs apocryphe &#8211; de Voltaire : &lt;i&gt;&#171; Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire. &#187; &lt;/i&gt; C'est beau, c'est grand, c'est &#233;mouvant. Et c'est avec cette g&#233;n&#233;reuse tol&#233;rance que les beaux esprits se l&#232;vent fi&#232;rement, &#224; l'instar de leur h&#233;ros tut&#233;laire, contre la censure en agitant les fant&#244;mes du totalitarisme. Mais &#233;clairons un peu le philosophe des Lumi&#232;res, ap&#244;tre de cette libert&#233;, par un autre de ses propos qui d&#233;finit le monde r&#233;el dans lequel l'envol&#233;e voltairienne s'&#233;panouit : &lt;i&gt;&#171; Un pays bien organis&#233; est celui o&#249; le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne. &#187;&lt;/i&gt; Mani&#232;re de remettre les pendules &#224; l'heure ! Car, ind&#233;pendamment des propos qui peuvent soulever de l'indignation, qui sont les d&#233;tenteurs de cette libert&#233; d'expression ? C&#244;t&#233; presse de masse, ce ne sont que des Lagard&#232;re, Dassault, Bouygues, et autres Rothschild qui, entre commerce d'armes et activit&#233;s financi&#232;res, fournissent chaque jour ce qu'ils appellent de l'info, produite par des contingents de journalistes soumis aux lois modernes du salariat exigeant une docilit&#233; sans r&#233;serve. Les annonceurs qui nourrissent cette presse de leurs espaces publicitaires y veillent, ainsi que le rapportait &lt;i&gt;Le Canard Enchain&#233;&lt;/i&gt; du 12 octobre 2011 &#224; propos d'EDF et d'Areva. Et c'est dans le cadre de cette douce fraternit&#233; entre &#233;lites que l'ex-directeur du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, Jean-Marie Colombani, avait pu dire en 2003 : &lt;i&gt;&#171; Nous devons souscrire d'autant plus naturellement &#224; l'&#233;conomie de march&#233; que nous jouons chaque jour notre vie. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au &lt;i&gt;&#171; plus grand nombre &#187;&lt;/i&gt; qu'&#233;voque l'illustre philosophe, o&#249; est il ? Quelle parole leur est conc&#233;d&#233;e dans le cadre de la g&#233;n&#233;rosit&#233; d&#233;mocratique ? Parlant des d&#233;bats t&#233;l&#233;visuels o&#249; s'exhibent toujours les m&#234;mes &#171; experts &#187;, z&#233;l&#233;s propagandistes du lib&#233;ralisme, le sociologue S&#233;bastien Rouquette d&#233;crit :&lt;i&gt; &#171; En 1989-1990, les plateaux de d&#233;bats t&#233;l&#233;vis&#233;s ne comptaient que 10 % d'ouvriers et d'employ&#233;s invit&#233;s &#224; s'exprimer, alors que ces deux groupes repr&#233;sentaient plus de 60 % de la population active. Les classes populaires &#233;taient donc six fois moins pr&#233;sentes dans les d&#233;bats m&#233;diatiques dits &#8220;d&#233;mocratiques&#8221; que dans l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. &#187; &lt;/i&gt; Et d'ajouter que : &lt;i&gt;&#171; Depuis, ces proportions n'ont gu&#232;re &#233;volu&#233;... &#187;&lt;/i&gt; Le pauvre Charb, fid&#232;le passe-plat des saloperies contemporaines, se r&#233;jouissant d'aller &#224; la rencontre du peuple &#224; la F&#234;te de l'Huma, l'admet candidement : &lt;i&gt;&#171; Je n'ai pas l'occasion de rencontrer des salari&#233;s en lutte en faisant un journal satirique&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Charb et Charlie Hebdo &#224; la F&#234;te de l'Humanit&#233; &#187;, septembre 2012 : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que quelques p&#233;quins aient l'audace de tenter une publication r&#233;guli&#232;re autre que confidentielle et voil&#224; qu'appara&#238;t une autre r&#233;alit&#233; de la libert&#233; d'expression : la distribution et la diffusion de la presse. En d&#233;cembre 2010, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, par exemple et au hasard, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Sans-sous-Censure'&gt;exposait&lt;/a&gt; sa situation : &lt;i&gt;&#171; Au sein d'un fatras de mesures, la bo&#238;te&lt;/i&gt; [i. e. soci&#233;t&#233; de distribution] &lt;i&gt;a gliss&#233; une vile r&#233;vision des bar&#232;mes : depuis le 1er octobre dernier, &#8220;les co&#251;ts r&#233;els de la distribution&#8221; sont pris en compte. Auparavant, les petits &#233;diteurs, sp&#233;cialement ceux d'information politique et g&#233;n&#233;rale, b&#233;n&#233;ficiaient d'une ristourne. C'est fini&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Libert&#233; d'expression ? Il s'agit plus pr&#233;cis&#233;ment de leur libert&#233; et de leur expression, dont le but est de dessiner un monde merveilleux, celui de la loi du march&#233; o&#249; se c&#233;l&#232;brent sans cesse la concurrence entre tous et la peur des autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Charb et Charlie Hebdo &#224; la F&#234;te de l'Humanit&#233; &#187;, septembre 2012 :
&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=yykFS0LNlC0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.youtube.com/watch?v=yykFS0LNlC0&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'entremonde de la r&#233;volte &#233;pic&#233;e</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-entremonde-de-la-revolte-epicee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/L-entremonde-de-la-revolte-epicee</guid>
		<dc:date>2012-12-04T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>pro-Pussy Riot</dc:subject>
		<dc:subject>sorte d'utopie-&#233;clair</dc:subject>
		<dc:subject>d'utopie jubilatoire</dc:subject>
		<dc:subject>foutrement dangereux</dc:subject>
		<dc:subject>forme d'happening</dc:subject>
		<dc:subject>d'happening m&#233;cr&#233;ant</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;cr&#233;ant pro-Pussy</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;glise orthodoxe</dc:subject>
		<dc:subject>esp&#232;ce d'utopie</dc:subject>
		<dc:subject>livres foutrement</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je passe d'une sorte d'utopie-&#233;clair, sous forme d'happening m&#233;cr&#233;ant pro-Pussy Riot dans une &#233;glise orthodoxe de Toulouse &#224; l'&#233;loge d'une autre esp&#232;ce d'utopie jubilatoire : la cr&#233;ation en Suisse d'une fabrique de livres foutrement dangereux. Les &#171; francs vauriens &#187; (selon l'expression du romancier &#233;meutier belge Georges Eeckhoud) des &#233;ditions Entremonde veillent en effet sourcilleusement &#224; ce que chacun de leurs titres soit aussi utile &#224; d&#233;goupiller qu'une grenade incendiaire. Depuis les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no104-octobre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;104 (octobre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cap-sur-l-utopie" rel="tag"&gt;Cap sur l'utopie !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pro-Pussy-Riot" rel="tag"&gt;pro-Pussy Riot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sorte-d-utopie-eclair" rel="tag"&gt;sorte d'utopie-&#233;clair&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-utopie-jubilatoire" rel="tag"&gt;d'utopie jubilatoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/foutrement-dangereux" rel="tag"&gt;foutrement dangereux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/forme-d-happening" rel="tag"&gt;forme d'happening&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-happening-mecreant" rel="tag"&gt;d'happening m&#233;cr&#233;ant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mecreant-pro-Pussy" rel="tag"&gt;m&#233;cr&#233;ant pro-Pussy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/eglise-orthodoxe" rel="tag"&gt;&#233;glise orthodoxe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/espece-d-utopie" rel="tag"&gt;esp&#232;ce d'utopie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/livres-foutrement" rel="tag"&gt;livres foutrement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_480 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH618/104remi-69a88.jpg?1782693003' width='400' height='618' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je passe d'une sorte d'utopie-&#233;clair, sous forme d'happening m&#233;cr&#233;ant pro-Pussy Riot dans une &#233;glise orthodoxe de Toulouse&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www.gloupgloup.be (Quoi de neuf ? Ventre de b&#339;uf !).&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#224; l'&#233;loge d'une autre esp&#232;ce d'utopie jubilatoire : la cr&#233;ation en Suisse d'une fabrique de livres foutrement dangereux. Les &lt;i&gt;&#171; francs vauriens &#187;&lt;/i&gt; (selon l'expression du romancier &#233;meutier belge Georges Eeckhoud) des &#233;ditions &lt;a href=&#034;https://www.entremonde.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entremonde&lt;/a&gt; veillent en effet sourcilleusement &#224; ce que chacun de leurs titres soit aussi utile &#224; d&#233;goupiller qu'une grenade incendiaire. Depuis les classiques de l'histoire de la subversion t&#233;m&#233;raire comme &lt;i&gt;La R&#233;volution inconnue&lt;/i&gt; de Voline jusqu'&#224; certains ouvrages s&#233;ditieux beaucoup moins r&#233;pandus.
Comme, tr&#232;s r&#233;cemment, &lt;i&gt;Marxisme, dernier refuge de la bourgeoisie ?&lt;/i&gt; de l'agitateur Paul Mattick, fer de lance de l'opposition r&#233;volutionnaire radicale dans l'Allemagne d'apr&#232;s 14-18 (spartakisme, dada&#239;sme, conseils ouvriers) qui explique implacablement comment le mouvement ouvrier s'est int&#233;gr&#233; visqueusement &#224; la politique bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduit par le m&#234;me Mattick, &lt;i&gt;La R&#233;volution n'est pas une affaire de parti &lt;/i&gt; (1939) d'un autre grand fouteur de merde outre-Rhin, Otto R&#252;hle, s'av&#232;re lui aussi d'une clart&#233; foudroyante : &lt;i&gt;&#171; En diagnostiquant comme maladie infantile du communisme le refus r&#233;volutionnaire des compromis, L&#233;nine souffrait de la maladie s&#233;nile de l'opportunisme, du pseudo-communisme. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on doit &#233;galement aux &#233;ditions Entremonde un documentaire couillu sur l'&#233;cole Ferrer de Lausanne qui sema la mauvaise graine anti-autoritaire dans les cervelles ferment&#233;es &#224; p&#226;te molle des petits Suisses. Ainsi que trois reflets galvanisants des luttes poivr&#233;es en Italie. Outre le m&#233;morable &lt;i&gt;Nous voulons tout&lt;/i&gt; de Nanni Balestrini, nous &#233;pinglerons &lt;i&gt;La Joie arm&#233;e&lt;/i&gt; (1977) du stup&#233;fiant Alfredo M. Bonanno (son &#339;uvre insurrectionnelle compl&#232;te est &#224; traduire d'urgence) qui met en pi&#232;ces le concept d'autogestion de la production quand il ne vise pas la fin du travail et de toutes les vari&#233;t&#233;s de sacrifice. Et pr&#233;conise, &#224; l'instar des yippies des seventies (Do it !), la gu&#233;rilla dans le plaisir. Sans oublier &lt;i&gt;Les Autor&#233;ductions&lt;/i&gt; de Yann Collonges et Pierre Georges Randal qui raconte par le menu les gr&#232;ves d'usagers souvent cocasses en France et en Italie de 1972 &#224; 1976. Lors d'une de celles-ci, un gros n&#233;gociant en viandes fut enlev&#233; en pleine campagne &#233;lectorale et ses ravisseurs exig&#232;rent pour ran&#231;on que &lt;i&gt;&#171; les bouchers des banlieues ouvri&#232;res vendent au prix de 2 000 lires le kilo la viande de premi&#232;re qualit&#233; dont le prix est ordinairement de 6 000 lires &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_482 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH142/104entremonde-a1f07.jpg?1782971561' width='500' height='142' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.gloupgloup.be&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.gloupgloup.be&lt;/a&gt; (Quoi de neuf ? Ventre de b&#339;uf !).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cafca contre m&#233;dia m&#233;diocre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Cafca-contre-media-mediocre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Cafca-contre-media-mediocre</guid>
		<dc:date>2012-12-03T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>Conseil</dc:subject>
		<dc:subject>face</dc:subject>
		<dc:subject>ao&#251;t dernier</dc:subject>
		<dc:subject>conseil g&#233;n&#233;ral</dc:subject>
		<dc:subject>d'Autod&#233;fense Face</dc:subject>
		<dc:subject>solidarit&#233; territoriale</dc:subject>
		<dc:subject>alias Cafca</dc:subject>
		<dc:subject>Cafca</dc:subject>
		<dc:subject>collectif d'Autod&#233;fense</dc:subject>
		<dc:subject>CST</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'une journaliste soit d&#233;sign&#233;e persona non grata par des pr&#233;caires se d&#233;menant pour prot&#233;ger leur carne du hachoir administratif, et voil&#224; la pisse-copie qui se pose en victime, allant jusqu'&#224; broder son &#171; rapportage &#187; d'imaginaires violences. Le collectif d'Autod&#233;fense Face aux Contr&#244;les de l'Administration (alias Cafca) est n&#233; en ao&#251;t dernier &#224; l'Allantvers, un squat de Saint-Girons (Ari&#232;ge) : il s'agissait de porter le fer contre les commissions de solidarit&#233; territoriale (CST) du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no104-octobre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;104 (octobre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Medias-8" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Conseil" rel="tag"&gt;Conseil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/face" rel="tag"&gt;face&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/aout-dernier" rel="tag"&gt;ao&#251;t dernier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/conseil-general" rel="tag"&gt;conseil g&#233;n&#233;ral&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Autodefense-Face" rel="tag"&gt;d'Autod&#233;fense Face&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/solidarite-territoriale" rel="tag"&gt;solidarit&#233; territoriale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/alias-Cafca" rel="tag"&gt;alias Cafca&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Cafca" rel="tag"&gt;Cafca&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/collectif-d-Autodefense" rel="tag"&gt;collectif d'Autod&#233;fense&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CST" rel="tag"&gt;CST&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qu'une journaliste soit d&#233;sign&#233;e &lt;i&gt;persona non grata&lt;/i&gt; par des pr&#233;caires se d&#233;menant pour prot&#233;ger leur carne du hachoir administratif, et voil&#224; la pisse-copie qui se pose en victime, allant jusqu'&#224; broder son &#171; rapportage &#187; d'imaginaires violences.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le collectif d'Autod&#233;fense Face aux Contr&#244;les de l'Administration (alias Cafca) est n&#233; en ao&#251;t dernier &#224; l'Allantvers, un squat de Saint-Girons (Ari&#232;ge) : il s'agissait de porter le fer contre les commissions de solidarit&#233; territoriale (CST) du conseil g&#233;n&#233;ral. Fonctionnant comme des tribunaux &#224; huis clos, les CST peuvent couper les allocs du RSA en cas de non-respect des obligations par le b&#233;n&#233;ficiaire. Trois fois, les trublions du Cafca vont s'inviter au conseil g&#233;n&#233;ral pour perturber le d&#233;roulement de ces instances disciplinaires. Une machine qui tourne &#224; plein r&#233;gime en Ari&#232;ge : en 2011, ils &#233;taient 378 pr&#233;caires sur un peu plus de 6 000 &#224; voir leurs droits au RSA coup&#233;s ; un chiffre qui devrait &#234;tre en hausse en 2012, puisque l'objectif aurait &#233;t&#233; fix&#233; &#224; 452 radiations&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www.ariegenews.com/ariege/jeunesse_....&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 septembre dernier, &#224; Pamiers, alors qu'une quinzaine de membres du Cafca diffusent leur prose contestataire aux passants, une journaliste du site d'informations ariegenews.com approche le groupe. La dame insiste pour illustrer son papier de quelques photos. Apr&#232;s un refus cat&#233;gorique, cette derni&#232;re fait mine de d&#233;gager les lieux avant de d&#233;gainer son objectif en louced&#233;. Claquemur&#233;e ensuite dans sa bagnole, elle refuse d'effacer les clich&#233;s malgr&#233; les demandes insistantes des premiers concern&#233;s. Vacharde, elle publiera un billet acrimonieux &#224; la titraille hitchcockienne : &#171; Pamiers : un bien &#233;trange collectif pour de bien obscures motivations&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www.ariegenews.com/news-52356.html.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. L'article narre par le menu comment la journaliste aurait &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;e de mener son enqu&#234;te, &lt;i&gt;&#171; cong&#233;di&#233;e et m&#234;me agress&#233;e dans son v&#233;hicule alors m&#234;me qu'elle souhaitait quitter le lieu de la &#8220;manifestation&#8221; &#187;&lt;/i&gt;. Une plainte serait d&#233;pos&#233;e dans la foul&#233;e de cette &lt;i&gt;&#171; altercation violente &#187;&lt;/i&gt;. Rapidement, le Cafca riposte. Niant de quelconques brutalit&#233;s, ses militants expliqueront vouloir s'organiser par eux-m&#234;mes &lt;i&gt;&#171; sans chef ni m&#233;diation &#187;&lt;/i&gt;, et surtout sans s'encombrer de &lt;i&gt;&#171; la pr&#233;sence intrusive d'un[e] journaliste &#187;&lt;/i&gt;, surtout quand cette derni&#232;re a jug&#233; les pr&#233;caires r&#233;tifs &#224; ses exigences comme ne m&#233;ritant &lt;i&gt;&#171; qu'&#224; rester dans leur pr&#233;carit&#233;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ari&#232;ge, le conseil g&#233;n&#233;ral socialiste supprime le RSA &#224; des centaines de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;bouler dans un rassemblement politique sans m&#234;me se pr&#233;senter, voler des photos comme un vulgaire paparazzo (avec visage flout&#233;, pour garantir l'anonymat ou grossir &#224; l'envi l'impression de menace ?), d&#233;lirer sur un pr&#233;tendu contexte pugilistique de l'affaire. Voil&#224; le lot de la pisse-copie d'ariegenews.com, cha&#238;ne d'info en ligne au contenu &#224; la fois mainstream et r&#233;gionaliste, dont la ligne &#233;ditoriale sent bon l'enfumage : &lt;i&gt;&#171; D&#233;livrer une information pluraliste et ind&#233;pendante, ouvrir des d&#233;bats, apporter un &#233;clairage sur une actualit&#233; proche de vous. &#187;&lt;/i&gt; Pour finir par louer quelques lignes plus loin le professionnalisme, la rigueur et l'honn&#234;tet&#233; intellectuelle de ses collaborateurs ! L&#224;, l'enfumage atteint des densit&#233;s stromboliennes. La charge contre le Cafca de la presse locale ne s'est pas arr&#234;t&#233;e l&#224;, puisque La D&#233;p&#234;che du Midi ouvrira ses colonnes aux oukases anti-RSA d'Augustin Bonrepaux, pr&#233;sident du Conseil g&#233;n&#233;ral (PS) d'Ari&#232;ge : &lt;i&gt;&#171; Les contr&#244;les vont &#234;tre accrus pour les tricheurs et pour ceux qui se moquent de nous avec des projets ubuesques&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La D&#233;p&#234;che du Midi du 20/09/2012.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt; Et d'annoncer que d'ici la fin de l'ann&#233;e, ce seront pr&#232;s de 800 personnes qui passeront entre les fourches caudines de la CST. Pr&#233;sent lors d'une des &#171; perturbations &#187; de CST, St&#233;phane t&#233;moigne : &lt;i&gt;&#171; Ce qui est frappant, c'est de voir comment tout discours critique sur la pr&#233;carit&#233; est jug&#233; d'embl&#233;e ill&#233;gitime. Les cadres sont rest&#233;s dans une posture de gestion de conflit et les travailleurs sociaux ont entretenu un vrai dialogue de sourds. &#187;&lt;/i&gt; Quant &#224; la journaliste d'ariegenews.com : &lt;i&gt;&#171; Elle a fait de sa frustration un r&#232;glement de comptes personnel avec les pr&#233;caires de l'Ari&#232;ge. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ariegenews.com/ariege/jeunesse_societe/2012/52540/rsa-en-ariege-6083-beneficiaires-qui-ont-des-droits-mais-aussi-des-dev.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.ariegenews.com/ariege/jeunesse_...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ariegenews.com/news-52356.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.ariegenews.com/news-52356.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Ari&#232;ge, le conseil g&#233;n&#233;ral socialiste supprime le RSA &#224; des centaines de personnes, et le revendique &#187; : &lt;a href=&#034;http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=6332&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.cip-idf.org/article.php3...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che du Midi&lt;/i&gt; du 20/09/2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;chos d'ici</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Echos-d-ici</link>
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		<dc:date>2012-11-30T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aristide Bostan</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
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		<dc:subject>Angles morts</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les &#233;ditions Syllepse, qui avaient d&#233;j&#224; &#233;dit&#233; Vengeance d'&#233;tat. Villiers-le-Bel : des r&#233;voltes au proc&#232;s du collectif Angles morts, r&#233;cidivent dans l'attaque en r&#232;gle de l'&#201;tat en donnant la parole &#224; un autre collectif, Ancrages, form&#233; &#224; l'occasion de la r&#233;daction et de la composition d'un livre-album. Leur laisser la France se pr&#233;sente comme un &#233;crit &#224; sens unique, &#8211; &#171; il n'y aura ni dialogue, ni explication, ni contribution &#224; un d&#233;bat &#187; &#8211; o&#249; il est question d'identit&#233;, de spoliation, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no104-octobre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;104 (octobre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Vengeance-d-etat" rel="tag"&gt;Vengeance d'&#233;tat&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/odeur-d-irreversible" rel="tag"&gt;odeur d'irr&#233;versible&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Angles-morts" rel="tag"&gt;Angles morts&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;ditions Syllepse, qui avaient d&#233;j&#224; &#233;dit&#233; &lt;a href=&#034;http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_25_iprod_511-Vengeance-d-Etat-Villiers-le-Bel-des-revoltes-aux-proces.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Vengeance d'&#233;tat. Villiers-le-Bel : des r&#233;voltes au proc&#232;s&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; du collectif Angles morts, r&#233;cidivent dans l'attaque en r&#232;gle de l'&#201;tat en donnant la parole &#224; un autre collectif, Ancrages, form&#233; &#224; l'occasion de la r&#233;daction et de la composition d'un livre-album. &lt;a href=&#034;http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_37_iprod_541-Leur-laisser-la-France.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Leur laisser la France&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; se pr&#233;sente comme un &#233;crit &#224; sens unique, &#8211; &lt;i&gt;&#171; il n'y aura ni dialogue, ni explication, ni contribution &#224; un d&#233;bat &#187;&lt;/i&gt; &#8211; o&#249; il est question d'identit&#233;, de spoliation,&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_481 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH553/104ancrages-57b6e.jpg?1782656335' width='400' height='553' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;d'amour, de haine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il flotte dans l'air comme une odeur d'irr&#233;versible. Les plus b&#233;ats des enthousiastes reconnaissent que les nouveaux tenants du pouvoir central poursuivent ce que Serge Preuss avait appel&#233; en son temps le programme EDDI &#8211; pour &lt;i&gt;&#171; &#233;limination d&#233;finitive des ind&#233;sirables&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serge Preuss, Le Programme EDDI, S&#233;rie Noire, Gallimard, 1998.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Rien de neuf sous le soleil, toujours les m&#234;mes ombres au tableau du mythe France. Pauvres, immigr&#233;s et marginaux comme v&#233;ritables ennemis. Les bottes se sont saisies de la derni&#232;re &#171; crise &#187; en date pour acc&#233;l&#233;rer la cadence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il flotte dans l'air comme une odeur d'irr&#233;versible. &lt;i&gt;&#171; La France, nous ne lui reconnaissons pas d'existence autre que celle d'un &#201;tat, une police, des fronti&#232;res. Nous ne voyons pas l'int&#233;r&#234;t qu'il y aurait &#224; s'en r&#233;clamer &#187;&lt;/i&gt;. Leur laisser la France navigue entre des racines questionn&#233;es &#8211; images d'archives de familles venues d'ailleurs &#8211; et un crachat &#224; la gueule du conte national. &lt;i&gt;&#171; &#202;tre un Fran&#231;ais, c'est s'accepter comme partie d'un tout niant les conflits irr&#233;ductibles qui le traversent. &#187; &lt;/i&gt; Les pages se succ&#232;dent, d'&#233;vocations douloureuses en constats chirurgicaux. &lt;i&gt;&#171; Les p&#233;riph&#233;ries n'ont rien &#224; attendre du centre. S'adresser &#224; lui condamne &#224; &#234;tre &#233;ternellement p&#233;riph&#233;rique. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le disque qui accompagne le livre, le flow enfum&#233; d'Almereyda et d'Al Benz enfonce le clou. &lt;i&gt;&#171; Rien de tendre, rien &#224; attendre, que des nerfs &#224; vif l&#233;chant la d&#233;tente. &#187;&lt;/i&gt; &#192; la col&#232;re assum&#233;e et dirig&#233;e du livre r&#233;pondent onze titres aux paroles denses et imag&#233;es, port&#233;es par des productions complexes et percutantes. La po&#233;sie qui traverse les deux formes &#8211; aller-retour - laisse l'impression d'une musique en noir et blanc, d'un texte au style sobre et juste, presque &#224; d&#233;clamer. &lt;i&gt;&#171; Pas de don/contre-don. Aucun scrupule &#224; prendre &#224; &#8220;la France&#8221; ce qui nous sert : des papiers, du fric, une langue. Ce sera sa mani&#232;re de cotiser pour nous. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il flotte dans l'air comme une odeur d'irr&#233;versible. &lt;i&gt;&#171; N'essaie pas de m'&#233;teindre ou je m'incendie volontaire. &#187; &lt;/i&gt; Leur laisser la France r&#233;sonne comme le calme d'apr&#232;s la temp&#234;te : pour garder en m&#233;moire que &lt;i&gt;&#171; nous n'avons pas de comptes &#224; rendre ni d'efforts &#224; faire : nous sommes ici. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Serge Preuss, &lt;i&gt;Le Programme EDDI&lt;/i&gt;, S&#233;rie Noire, Gallimard, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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