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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Libre Mandingue</title>
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		<dc:date>2010-07-25T20:50:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Anatole Istria</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Quitte &#224; titiller les susceptibilit&#233;s n&#233;ocoloniales, rendons hommage au film Camp de Thiaroye, sorti en 1987 &#8211; pr&#232;s de vingt ans avant Indig&#232;nes, mais qui est pass&#233; quasi inaper&#231;u en France &#8211; de l'&#233;crivain et cin&#233;aste s&#233;n&#233;galais Semb&#232;ne Ousmane (1923-2007). CAMP DE THIAROYE raconte l'histoire d'un bataillon de tirailleurs s&#233;n&#233;galais (c'est-&#224;-dire aussi bien maliens, nig&#233;riens, tchadiens, burkinab&#233;s&#8230;) revenus en 1944 des charniers du conflit europ&#233;en. Ils ont vu les blancs s'entretuer et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no78-mai-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;78 (mai 2010)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quitte &#224; titiller les susceptibilit&#233;s n&#233;ocoloniales, rendons hommage au film &lt;i&gt;Camp de Thiaroye&lt;/i&gt;, sorti en 1987 &#8211; pr&#232;s de vingt ans avant &lt;i&gt;Indig&#232;nes&lt;/i&gt;, mais qui est pass&#233; quasi inaper&#231;u en France &#8211; de l'&#233;crivain et cin&#233;aste s&#233;n&#233;galais Semb&#232;ne Ousmane (1923-2007).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;CAMP DE THIAROYE&lt;/i&gt; raconte l'histoire d'un bataillon de tirailleurs s&#233;n&#233;galais (c'est-&#224;-dire aussi bien maliens, nig&#233;riens, tchadiens, burkinab&#233;s&#8230;) revenus en 1944 des charniers du conflit europ&#233;en. Ils ont vu les blancs s'entretuer et connus les camps allemands, mais l'arm&#233;e coloniale (gaulliste) d&#233;cide de les parquer dans un camp de transit pr&#232;s de Dakar, dans l'attente d'&#234;tre d&#233;mobilis&#233;s et de toucher leurs solde. Tuant le temps comme ils peuvent, ils n'acceptent plus l'ennui, les vexations et le m&#233;pris, eux qui ont &lt;i&gt;&#171; bout&#233; le boche hors de France &#187;&lt;/i&gt; au prix d'&#233;normes sacrifices (&lt;i&gt;&#171; Ils &#233;taient de toutes les batailles. Ils &#233;taient la premi&#232;re arm&#233;e de la France libre &#187;&lt;/i&gt;, rappelle un sous-officier). Lorsque leurs sup&#233;rieurs veulent r&#233;duire leur p&#233;cule de moiti&#233; &#8211; &lt;i&gt;&#171; Que feront-ils de tout cet argent dans leur case ? &#187;&lt;/i&gt;, arguent les &lt;i&gt;&#171; messieurs casqu&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, vichystes de la veille, &#8211; les tirailleurs se mutinent et s&#233;questrent un g&#233;n&#233;ral. Le 1er d&#233;cembre 1944, les blind&#233;s, un r&#233;giment d'artillerie et un autre r&#233;giment indig&#232;ne font feu sur le camp. On d&#233;compte trente-sept morts et de nombreux bless&#233;s, d'autres sont emprisonn&#233;s et d&#233;chus de leurs droits militaires. Malgr&#233; le caract&#232;re tragique de cet &#233;pisode honteux et m&#233;connu, Semb&#232;ne le met en sc&#232;ne avec humour et humanit&#233;. Le film re&#231;oit le prix du jury au festival de Venise, mais sa diffusion en France se fait dans la plus grande discr&#233;tion. Camp de Thiaroye renvoie &#233;galement &#224; un autre &#233;v&#233;nement sanglant et ignor&#233; de cette p&#233;riode, celui du massacre en 1940 du village d'Effok, en Casamance, par l'arm&#233;e coloniale fran&#231;aise (p&#233;tainiste) venue arracher de force les m&#226;les en &#226;ge de combattre pour en faire des &#171; engag&#233;s volontaires &#187; et r&#233;quisitionner le riz pour l'effort de guerre. Ce sera l'objet d'&lt;i&gt;Emitai&lt;/i&gt; (1971), o&#249; Semb&#232;ne rend aussi hommage &#224; l'esprit de r&#233;sistance des femmes contre la passivit&#233; et le fatalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est parce qu'&lt;i&gt;&#171; aussi longtemps que les lions n'auront pas leur historien, les r&#233;cits de chasse tourneront toujours &#224; la gloire du chasseur &#187;&lt;/i&gt; que Semb&#232;ne Ousmane, inspir&#233; de sa propre exp&#233;rience, a voulu raconter la r&#233;sistance des opprim&#233;s face &#224; la domination coloniale. N&#233; en Casamance d'un p&#232;re p&#234;cheur et libre-penseur, Semb&#232;ne Ousmane quitte l'&#233;cole &#224; 13 ans apr&#232;s avoir gifl&#233; le professeur qui voulait lui enseigner le corse. Ma&#231;on, tirailleur, puis m&#233;canicien, il assiste &#224; la premi&#232;re gr&#232;ve africaine des cheminots de la ligne Dakar-Bamako en 1947, qui servira de mati&#232;re &#224; son roman &lt;i&gt;Les Bouts de bois de Dieu&lt;/i&gt; (1960). Arriv&#233; clandestinement &#224; Marseille, il devient docker o&#249; il se syndique et participe au blocage du port trois mois durant pour emp&#234;cher l'embarquement d'armes destin&#233;es &#224; l'Indochine. C'est l&#224; qu'il d&#233;couvre les livres de Jack London et Claude McKay, l'auteur de &lt;i&gt;Banjo&lt;/i&gt; (1929), qui est de fait son pr&#233;d&#233;cesseur noir et communiste sur les quais de la cit&#233; phoc&#233;enne. En 1956, il &#233;crit &lt;i&gt;Le Docker noir&lt;/i&gt;, r&#233;cit quasi autobiographique des gal&#232;res et espoirs d'un clandestin m&#234;l&#233; &#224; un homicide involontaire. Mais c'est la cam&#233;ra qui va le consacrer &lt;i&gt;&#171; p&#232;re du cin&#233;ma africain &#187;&lt;/i&gt;, avec notamment le film &lt;i&gt;La Noire de&#8230; &lt;/i&gt; (1966), prix Jean-Vigo, qui d&#233;peint l'histoire d'une jeune S&#233;n&#233;galaise que ses patrons blancs am&#232;nent avec eux &#224; Antibes. La jeune fille pr&#233;f&#233;rera la mort &#224; l'esclavage moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant que &lt;i&gt;&#171; la corde neuve d&#233;mange aussi le cou de la ch&#232;vre &#187;&lt;/i&gt;, Semb&#232;ne d&#233;crie &#233;galement avec ironie le ridicule et la corruption de la nouvelle bourgeoisie post-coloniale. Dans ses derniers films, il s'attaque &#224; la condition de la femme africaine (&lt;i&gt;Faat-Kine&lt;/i&gt;, 1999) et &#224; l'excision (&lt;i&gt;Moolaad&#233;&lt;/i&gt;, 2004). Sans complaisance, un de ses plus grands films, &lt;i&gt;Ceddo&lt;/i&gt; (1977), brocarde la complicit&#233; des dignitaires musulmans et des chefs traditionnels dans la d&#233;culturation des soci&#233;t&#233;s traditionnelles et l'esclavage. Au XVIIe en Casamance, les Ceddos constituent la basse caste de la soci&#233;t&#233; mandingue. Ces &lt;i&gt;&#171; gens du refus &#187;&lt;/i&gt;, qui savent que &lt;i&gt;&#171; le chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut emprunter deux chemins &#224; la fois &#187;&lt;/i&gt;, refusent d'abandonner leurs f&#233;tiches et d'adopter la religion de leur roi, l'Islam. L'arrogante princesse Yacine Dior est kidnapp&#233;e par un Ceddo qui revendique la fin des brimades. Un imam f&#233;lon usurpe le tr&#244;ne et oblige &#224; la conversion de la communaut&#233;, qui va se d&#233;chirer sous le regard glac&#233; et calculateur de deux toubabous : un marchand d'armes, d'alcool et d'esclaves et un missionnaire qui attend son heure. La princesse reviendra venger son p&#232;re et tenter de r&#233;tablir la coh&#233;sion sociale en butant l'imam. Par cette fable tr&#232;s m&#233;ticuleuse dans la description des rituels de parole et des rapports sociaux, Semb&#232;ne, musulman lui-m&#234;me, ose critiquer la religion majoritaire du S&#233;n&#233;gal. Il affirme qu'&lt;i&gt;&#171; aucune foi ne vaut la vie d'un homme &#187;&lt;/i&gt;, et qu'&lt;i&gt;&#171; on peut faire autre chose que de regarder vers l'Arabie Saoudite ou vers l'Occident. On peut regarder vers l'int&#233;rieur de l'Afrique, sa culture, sa spiritualit&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Le film est interdit au S&#233;n&#233;gal par le pr&#233;sident L&#233;opold Senghor sous le faux pr&#233;texte d'une querelle orthographique (&#171; Ceddo &#187; prendrait un seul &#171; d &#187; au lieu de deux). Mais cette censure est un hommage pour un homme de la trempe de Semb&#232;ne Ousmane, qui savait que &lt;i&gt;&#171; celui qui rame dans le sens du courant fait rire les crocodiles &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>G&#252;nter Wallraff en immersion promo</title>
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		<dc:date>2010-07-06T19:54:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Cyran</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le journaliste infiltr&#233; dans les mines de sel du salariat moderne &#233;tait &#224; Paris d&#233;but avril pour promouvoir son dernier livre. CQFD lui a tenu compagnie&#8230; &#171; Monsieur Wallraff, est-ce que vous avez l'impression d'&#234;tre un super h&#233;ros ? &#187; Le t&#226;cheron de Fluctuat, le &#171; webzine culturel &#187; du groupe Lagard&#232;re, se reprend &#224; deux fois pour &#226;nonner sa question, griffonn&#233;e sur un bout de papier qu'il peine &#224; d&#233;chiffrer. Wallraff laisse poindre une grimace de d&#233;go&#251;t. Non, soupire-t-il, ce n'est pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-impression-d-etre" rel="tag"&gt;l'impression d'&#234;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/papier-qu-il" rel="tag"&gt;papier qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Wallraff" rel="tag"&gt;Wallraff&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/super-heros" rel="tag"&gt;super h&#233;ros&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/groupe-Lagardere" rel="tag"&gt;groupe Lagard&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Monsieur-Wallraff" rel="tag"&gt;Monsieur Wallraff&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le journaliste infiltr&#233; dans les mines de sel du salariat moderne &#233;tait &#224; Paris d&#233;but avril pour promouvoir son dernier livre. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; lui a tenu compagnie&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Monsieur Wallraff, est-ce que vous avez l'impression d'&#234;tre un super h&#233;ros ? &#187;&lt;/i&gt; Le t&#226;cheron de &lt;i&gt;Fluctuat&lt;/i&gt;, le &#171; webzine culturel &#187; du groupe Lagard&#232;re, se reprend &#224; deux fois pour &#226;nonner sa question, griffonn&#233;e sur un bout de papier qu'il peine &#224; d&#233;chiffrer. Wallraff laisse poindre une grimace de d&#233;go&#251;t. Non, soupire-t-il, ce n'est pas un super h&#233;ros, juste un &lt;i&gt;&#171; privil&#233;gi&#233; &#187;&lt;/i&gt; qui s'ent&#234;te depuis trente ans &#224; documenter &lt;i&gt;&#171; l'inexorable d&#233;gradation du monde du travail &#187;&lt;/i&gt; en partageant ici ou l&#224; quelques semaines de labeur avec les &lt;i&gt;&#171; perdants du capitalisme qui, eux, y passent toute leur vie &#187;&lt;/i&gt;. Mais d&#233;j&#224; l'intervieweur se replonge dans ses anti-s&#232;ches. &lt;i&gt;&#171; Euh, qu'est-ce que je voulais dire&#8230; Qu'est-ce que vous pensez de la pol&#233;mique sur l'&#233;mission de France 2,&#8220;les Infiltr&#233;s&#8221; ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allez G&#252;nter, tiens bon ! En ce d&#233;but avril, &#224; l'occasion de la sortie en France de son dernier livre&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parmi les perdants du meilleur des mondes, La D&#233;couverte, 2010.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le sp&#233;cialiste allemand du journalisme social par immersion &#8211; auteur en 1986 du livre culte&lt;i&gt; T&#234;te de turc&lt;/i&gt;, r&#233;cit d'un faux travailleur immigr&#233; pris dans la broyeuse du salariat pr&#233;caire, &#233;pongeant les frites de McDonald's ou les fuites d'une centrale nucl&#233;aire &#8211; s'inflige un r&#244;le de composition &#224; peine moins &#233;prouvant : celui de l'auteur en promo dans un h&#244;tel parisien. &lt;i&gt;&#171; Habituellement, je ne fr&#233;quente pas les journalistes, je pr&#233;f&#232;re les gens simples &#187;&lt;/i&gt;, glisse-t-il &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; entre deux interviews. On le comprend. Les soutiers de l'industrie m&#233;diatique qui d&#233;filent sous le nez de l'homme cam&#233;l&#233;on paraissent moins pr&#233;occup&#233;s par le contenu de son ouvrage que par leurs propres moulins &#224; vent. Une question surtout leur br&#251;le les l&#232;vres : que pense la &lt;i&gt;&#171; figure l&#233;gendaire du journalisme d'infiltration &#187;&lt;/i&gt; de ses confr&#232;res de France 2 qui ont balanc&#233; aux flics les r&#233;sultats de leur enqu&#234;te sur un r&#233;seau de p&#233;dophiles du web ? &#192; chaque fois, Wallraff marque un geste de lassitude de plus en plus prononc&#233;. &lt;i&gt;&#171; Je ne connais rien de cette affaire &#187;&lt;/i&gt;, objecte-t-il. Pas grave, la portraitiste de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; se d&#233;voue gentiment pour tout lui expliquer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te de Wallraff sur le &#171; meilleur des mondes &#187; &#8211; un XXIe si&#232;cle en chute libre vers le XIXe &#8211; fournit pourtant assez peu d'&#233;l&#233;ments au &#171; d&#233;bat &#187; sur les p&#233;dophiles d'Internet et leur traque par des journalistes auxiliaires de police. En deux ans, cet ancien fils d'ouvrier s'est gliss&#233; tour &#224; tour dans la peau d'un salari&#233; d'une usine de petits pains sous-traitante de Lidl, d'un employ&#233; de centre d'appels dress&#233; &#224; l'escroquerie marketing, d'un sans-logis en errance par une nuit de No&#235;l ou encore d'un demandeur d'asile somalien en butte &#224; un racisme d&#233;lirant. &lt;i&gt;&#171; Toujours du c&#244;t&#233; des domin&#233;s contre les dominants, sans jamais m'immiscer dans la vie priv&#233;e de quiconque &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;p&#232;tet-il, mani&#232;re de couper court &#224; l'incessante rengaine sur les &lt;i&gt;&#171; probl&#232;mes de d&#233;ontologie &#187;&lt;/i&gt; dont ses intervieweurs font leur miel. &lt;i&gt;&#171; Les salari&#233;s et les exclus dont je raconte la vie quotidienne ne se plaignent jamais quand je d&#233;voile de l'int&#233;rieur leurs conditions de vie. Seuls leurs employeurs, les politiques et la presse de caniveau me cherchent des poux &#224; ce sujet. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Wallraff conna&#238;t la musique. En acceptant de devenir un personnage public et de graver sa bobine sur la couverture de chacun de ses livres, le sp&#233;l&#233;ologue des &#233;gouts capitalistes s'est projet&#233; lui-m&#234;me dans les pleins phares du vedettariat. Comment s'&#233;tonner ensuite que les m&#233;dias tartinent davantage sur ses m&#233;thodes que sur ses r&#233;v&#233;lations ? &lt;i&gt;&#171; C'est vrai, j'aurais pu rester anonyme&lt;/i&gt;, dit-il &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Mais en tant que journaliste ind&#233;pendant qui ne vit que de la vente de ses livres, je suis oblig&#233; de jouer le jeu de la personnalisation. La notori&#233;t&#233; que j'ai acquise en Allemagne me donne une libert&#233; sans laquelle il me serait impossible de poursuivre mon travail. Je ne d&#233;pends d'aucun titre de presse ni d'aucun groupe d'&#233;dition. Je ne veux d&#233;pendre de personne. &#187;&lt;/i&gt; Sauf de ses chiffres de vente&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix strat&#233;gique de la c&#233;l&#233;brit&#233; n'est sans doute pas exempt d'un brin de narcissisme. Invit&#233; sur France Inter &#224; l'&#233;mission d'Isabelle Giordano, Wallraff y re&#231;oit sans d&#233;plaisir les hommages &#233;namour&#233;s de Florence Aubenas, auteur d'un best-seller &#171; en immersion &#187; sur les nettoyeuses pr&#233;caires d'Ouistreham. Mais, contrairement &#224; la journaliste du &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt;, l'auteur de &lt;i&gt;T&#234;te de turc&lt;/i&gt; ne porte pas sa carte de presse en bandouli&#232;re. Pour lui, le monde du travail n'est pas une jungle exotique &#224; visiter entre deux tourn&#233;es promotionnelles, mais un espace de confrontation politique dans lequel il habite de plain-pied. Wallraff, qui se d&#233;m&#232;ne aupr&#232;s des syndicats pour tenter de muscler leur offensive contre la casse sociale en Allemagne, a toujours son nom dans l'annuaire. Chaque jour, des gens sonnent &#224; sa porte pour lui exposer la d&#233;glingue dans laquelle ils se d&#233;battent. &lt;i&gt;&#171; Une bonne moiti&#233; de mon travail consiste non pas &#224; publier des articles ou des livres, mais &#224; prendre connaissance des t&#233;moignages qu'on m'adresse&lt;/i&gt;, explique-t-il. &lt;i&gt;Souvent, quand on me rapporte que des droits sont bafou&#233;s dans une entreprise, j'appelle le patron pour lui dire : changez &#231;a, ou alors je me verrai contraint de publier un article. En g&#233;n&#233;ral, le patron pr&#233;f&#232;re obtemp&#233;rer&#8230; &#201;videmment, il faut v&#233;rifier ensuite que les changements promis ne sont pas cosm&#233;tiques. C'est une goutte d'eau dans l'oc&#233;an, mais si les journalistes &#233;taient un peu plus soucieux du bien public que de leurs avantages, le rapport de forces serait peut-&#234;tre un peu moins d&#233;favorable aux victimes du capitalisme. &#187;&lt;/i&gt; D'accord, monsieur Wallraff, mais revenons &#224; nos moutons : et les p&#233;dophiles, dans tout &#231;a ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Parmi_les_perdants_du_meilleur_des_mondes-9782707160218.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Parmi les perdants du meilleur des mondes&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, La D&#233;couverte, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Se faire voir par les grecs</title>
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		<dc:date>2010-07-05T19:57:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur</dc:creator>


		<dc:subject>allemands</dc:subject>
		<dc:subject>L'Europe</dc:subject>
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		<dc:subject>Mama Schultz</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Europe telle qu'en elle-m&#234;me, enfin. Un conglom&#233;rat de petits boutiquiers rivaux qui se tapent dessus &#224; la premi&#232;re occase, visez comme les Allemands veulent voir les Grecs : en bourgeois de Calais, la corde au cou, non mais ! Regardez ces feignants de mangeurs d'olives et buveurs d'ouzo qui ont quatorze mois de salaire,la retraite au soleil &#224; peine au boulot et se gobergent avec le bon bl&#233; des consciencieux travailleurs allemands rong&#233;s par les frimas ! L'Europe, celle des peuples et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no78-mai-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;78 (mai 2010)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Europe telle qu'en elle-m&#234;me, enfin. Un conglom&#233;rat de petits boutiquiers rivaux qui se tapent dessus &#224; la premi&#232;re occase, visez comme les Allemands veulent voir les Grecs : en bourgeois de Calais, la corde au cou, non mais ! Regardez ces feignants de mangeurs d'olives et buveurs d'ouzo qui ont quatorze mois de salaire,la retraite au soleil &#224; peine au boulot et se gobergent avec le bon bl&#233; des consciencieux travailleurs allemands rong&#233;s par les frimas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe, celle des peuples et des c&#339;urs, n'a jamais exist&#233;. Ce qui surnage (pas pour longtemps), c'est un syndicat financier r&#233;uni autour de ce qui ne peut que diviser les hommes : le pognon. Mais les &#171; Boches &#187; d&#233;testent les &#171; Macaronis &#187;, qui abhorrent les &#171; Rosbifs &#187;, qui jalousent les &#171; Froggies &#187; (nous qui m&#233;prisons tous les autres). Va faire vivre ensemble une si belle Union. Il va de soi que les promoteurs de cette Europe &#233;taient les milieux financiers, les classes dirigeantes (et en aucun cas le populo), tous ceux qui ne pensent qu'&#224; boursicoter et s'enrichir sur le dos des travailleurs. Lesquels l'ont mauvaise en Gr&#232;ce : Mama Schultz les accuse de gabegie alors qu'ils sont parmi les plus d&#233;catis des Europ&#233;ens, plus pouilleux que ceux des Pouilles ! Surveillez les infos : le Grec est chatouilleux, faut pas trop l'envoyer se faire voir &#224; Francfort ou &#224; Bruxelles !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Oaxaca : guerre &#224; l'autonomie</title>
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		<dc:date>2010-07-01T20:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;tie Navajo, Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Navajo</dc:subject>
		<dc:subject>quartier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le 27 avril 2010, Beatriz Cari&#241;o, militante indig&#232;ne, et Tyri Jaakkola, observateur finlandais, participants d'une caravane de solidarit&#233; avec la municipalit&#233; autonome de San Juan Copala, dans l'&#201;tat mexicain d'Oaxaca, sont morts sous les balles d'un groupe paramilitaire. &#192; la colombienne. Oaxaca, quatre ans apr&#232;s l'insurrection civile de 2006, est au coeur de la sale guerre que m&#232;ne l'&#201;tat mexicain contre sa propre population. En visant journalistes et observateurs internationaux, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas-Arraitz-16888" rel="tag"&gt;Nicolas Arraitz&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 27 avril 2010, Beatriz Cari&#241;o, militante indig&#232;ne, et Tyri Jaakkola, observateur finlandais, participants d'une caravane de solidarit&#233; avec la municipalit&#233; autonome de San Juan Copala, dans l'&#201;tat mexicain d'Oaxaca, sont morts sous les balles d'un groupe paramilitaire. &#192; la colombienne. Oaxaca, quatre ans apr&#232;s l'insurrection civile de 2006, est au coeur de la sale guerre que m&#232;ne l'&#201;tat mexicain contre sa propre population. En visant journalistes et observateurs internationaux, les tueurs r&#233;affirment l'impunit&#233; dont ils jouissent. Malgr&#233; la terreur organis&#233;e, le Sud mexicain est secou&#233; par de nombreuses r&#233;sistances &#224; des projets industriels convoitant terres communales et ressources naturelles, mais aussi par des exp&#233;riences d'autonomie locale enracin&#233;es dans les paysages les plus recul&#233;s. C'est le cas de San Juan Copala. En faisant mitrailler un convoi solidaire, le gouvernement s'attaque &#224; une dynamique qui l'inqui&#232;te. H&#233;riti&#232;res des barricades de 2006, les caravanes cherchent &#224; tisser des liens durables entre les mouvements populaires. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a rencontr&#233; &#193;ngel Cosme, de Voces oaxaque&#241;as construyendo autonom&#237;a y libertad (Vocal), qui nous parle de son parcours au coeur de cette r&#233;volution souterraine. Georges Lapierre&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire La Commune d'Oaxaca, Rue des cascades, 2008.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#233;voque quant &#224; lui l'autonomie de San Juan Copala et la strat&#233;gie de mort ourdie contre elle par le gouverneur Ruiz.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#233;tie Navajo, Nicolas Arraitz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Comment as-tu v&#233;cu l'insurrection civile de 2006 ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cosme&lt;/strong&gt; : J'&#233;tais &#233;tudiant. Le 14 juin, &#224; 5h du matin,ma m&#232;re entend &#224; la radio que la police vient de prendre d'assaut le campement d'instituteurs en gr&#232;ve qui bloquait le centre historique et elle me dit d'aller voir ce qu'il se passe. La ville est sens dessus dessous. &#199;a sent le gaz. &#192; mon arriv&#233;e, la foule a d&#233;j&#224; r&#233;ussi &#224; faire reculer la police de plusieurs p&#226;t&#233;s de maisons et les instits ont repris courage. Je croise des copains d'&#233;cole, ou de f&#234;tes nocturnes, et &#224; partir de l&#224; nous ne nous quittons plus. La police nous tire dessus depuis un h&#233;licopt&#232;re,mais vers 9h, elle se replie. C'est la grande d&#233;bandade polici&#232;re. Un copain, dont la m&#232;re instit a &#233;t&#233; bless&#233;e,jette une pierre dans le dos d'un flic, qui tombe. Ceux qui courent derri&#232;re tombent aussi, un vrai jeu de quilles. Nous sommes nombreux, des jeunes, des femmes, tous tr&#232;s en col&#232;re. Le flic devant moi a perdu son casque et je vois qu'il a les cheveux blancs. Je l'aide &#224; se relever et je lui dis de filer. Les policiers que la foule capture sont emmen&#233;s au si&#232;ge du syndicat des enseignants et, apr&#232;s un examen m&#233;dical, ils sont lib&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les cons&#233;quences de cette r&#233;action populaire &#224; la r&#233;pression des enseignants ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation de la place centrale par les gr&#233;vistes reprend son cours. Je retourne &#224; ma vie normale, la fac et mon atelier de s&#233;rigraphie. Deux jours apr&#232;s, la &#171; m&#233;gamarche &#187; de soutien aux instits rend palpable l'&#233;norme discr&#233;dit du gouverneur. Le lendemain, alors que l'assembl&#233;e populaire du peuple d'Oaxaca [APPO] est fond&#233;e, face aux mensonges de la presse, avec quelques copains, on d&#233;cide de cr&#233;er un site : oaxacalibre.org.L'id&#233;e est de rompre l'encerclement m&#233;diatique, dire l a v&#233;rit&#233;&#8230; On s'est form&#233;s les uns les autres,chacun apportant ses connaissances : informatique, graphisme, vid&#233;o, photo, r&#233;daction&#8230; Les jours suivants, pour signifier la &#171; disparition des pouvoirs &#187;, les administrations sont occup&#233;es. Je participe &#224; l'occupation de la direction des finances. C'est l&#224; qu'appara&#238;t pour la premi&#232;re fois le &#171; convoi de la mort &#187;. Cette nuit-l&#224;, ces sicaires du gouverneur flinguent un voisin et la premi&#232;re barricade est &#233;rig&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une barricade peut-elle durer plusieurs semaines sans le soutien des riverains ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis d'un quartier populaire mais tr&#232;s priiste [PRI, parti du gouverneur], et j'ai &#233;t&#233; surpris de voir les voisins sortir et construire leur barricade. C'est gr&#226;ce &#224; ce soutien populaire que les barricades ont tenu si longtemps. On a fait des tours de garde, nos m&#232;res apportaient &#224; boire et &#224; manger, on a fabriqu&#233; des lance-fus&#233;es pour pouvoir alerter les autres en cas d'agression. Les plus curieux ont form&#233; des brigades volantes pour aller faire connaissance avec les quartiers alentour,puis maintenir le contact,avec des talkies- walkies. Il y a eu des bals, des assembl&#233;es&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment un quartier plut&#244;t conservateur se lancet- il dans une insurrection civile ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens sont priistes parce qu'ils se sentent oblig&#233;s de rester fid&#232;les au syst&#232;me client&#233;liste par lequel ils ont obtenu un emploi, un logement, un colis de vivres&#8230; Mais l&#224;, ils se sont agglutin&#233;s autour des barricades dans un sentiment d'appartenance. &lt;i&gt;&#171; Nous devons nous prot&#233;ger les uns les autres &#187;&lt;/i&gt;, entendait-on. Il y avait aussi la volont&#233; de prot&#233;ger les instits : ils sont admir&#233;s pour leur boulot et leur combativit&#233;. Du coup, les militants du PRI qui contr&#244;laient le comit&#233; de quartier ont fait le dos rond.
Tous les matins, nous levions la barricade pour permettre la circulation. Nous la remontions d&#232;s la nuit tomb&#233;e. Nous &#233;tions tous unis contre les &#171; d&#233;linquants &#187;, les mercenaires de Ruiz. Ce n'est qu'&#224; l'entr&#233;e des forces de police f&#233;d&#233;rales, en novembre, que les ti&#232;des abandonnent le mouvement. Ce sont des processus de prise de conscience. Certains sont retourn&#233;s dans le giron du PRI, mais d'autres ne se laissent plus app&#226;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le sentiment d'appartenance &#224; un quartier, autour d'une culture, d'une m&#233;moire collective, tend &#224; dispara&#238;tre au profit de la solitude moderne. &#192; Oaxaca, pourquoi les gens ont-ils risqu&#233; leur vie pour d&#233;fendre ce territoire qu'est leur quartier ?
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Oaxaca, dans les colonias, on conserve un lien &#233;troit avec la famille rest&#233;e dans les villages. La culture indig&#232;ne y est encore forte. Mes parents m'ont &#233;lev&#233; avec les pr&#233;ceptes de la th&#233;ologie de la lib&#233;ration (s'organiser, &#234;tre solidaire, ne pas se laisser humilier par les puissants&#8230;). Pour eux, participer &#224; la barricade &#233;tait la suite logique de cet engagement. J'ai essay&#233; de leur faire voir qu'au-del&#224; de leur foi, ce sont leurs racines indiennes qui les poussaient &#224; agir ainsi. En lisant, j'avais d&#233;couvert que les pr&#234;tres espagnols permettaient aux Indiens de conserver en partie leurs traditions, en les m&#234;lant avec la religion chr&#233;tienne, pour mieux leur faire accepter la colonisation. Je me suis int&#233;ress&#233; &#224; l'histoire du communalisme indig&#232;ne et je l'ai partag&#233;e avec eux. Ils ont pris depuis un peu de distance avec l'&#201;glise. Ce d&#233;bat a eu lieu chez moi, mais aussi dans d'autres familles. Imagine : participer aux barricades, m&#234;me si au d&#233;but &#231;a a eu un aspect festif, c'&#233;tait un choix terrible. Nous, on &#233;tait quatre d'une m&#234;me famille &#224; participer. Ma m&#232;re a convaincu mon p&#232;re d'y aller chacun son tour, pour ne pas risquer de perdre tous ses hommes d'un seul coup&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que se passe-t-il apr&#232;s la r&#233;pression de novembre 2006 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur, d'abord. Depuis, peu &#224; peu, le mouvement social reprend l'initiative. De nouveaux comit&#233;s de quartier sont form&#233;s. Je me souviens de la prise de parole d'une compa&#241;era qui soulignait la n&#233;cessit&#233; de critiquer le mouvement de 2006 et l'APPO, ses d&#233;rives bureaucratiques, le flirt de certains leaders avec la politique politicienne. Elle ne parlait pas comme une militante, mais avec les mots simples des gens de la rue. Avec Vocal, on a commenc&#233; &#224; bosser ensemble sur la base du soutien mutuel, du partage des connaissances. J'ai alors vu que Vocal n'est pas, comme les m&#233;dias le d&#233;peignent, un groupuscule radical, mais un mouvement ouvert, multiforme, horizontal, avec des contacts dans les r&#233;gions. Nous nous sommes d&#233;couvert des racines communes.Ma famille est originaire de la r&#233;gion mixt&#232;que, ma grand-m&#232;re est paysanne. Et toutes les valeurs transmises par mes parents,m&#234;me si elles l'ont &#233;t&#233; par le prisme de la religion, viennent de nos racines indig&#232;nes : travail communautaire, solidarit&#233;, partage&#8230; Apprends &#224; &#233;couter, participe aux projets collectifs, ne pars pas bille en t&#234;te comme un chien fou&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Vocal&lt;/i&gt; &#233;mane-t-il des barricades ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partie, oui. &lt;i&gt;Vocal&lt;/i&gt; &#233;mane de l'esprit communautaire des peuples indig&#232;nes et de l'esprit anti-autoritaire de la jeunesse urbaine, qui s'est exprim&#233; autour des barricades. &lt;i&gt;Vocal&lt;/i&gt; se cr&#233;e en 2007 et entre dans l'APPO en 2008 pour contrebalancer l'influence grandissante des groupes politiques, qui con&#231;oivent l'APPO comme un cartel d'organisations, alors que nous pensons qu'elle doit &#234;tre une assembl&#233;e d'assembl&#233;es, avec des d&#233;l&#233;gu&#233;s repr&#233;sentant des paroles collectives. Quand nous avons inaugur&#233; la Casota en 2008,nous avons parl&#233; de reconstruire notre barricade. La Casota est un espace autog&#233;r&#233;, en plein centre historique. S'y m&#234;lent des ateliers, des d&#233;bats, de la musique, un bar, un dispensaire populaire&#8230; Il y a m&#234;me un jardin potager sur le toit ! Quand la police a voulu nous d&#233;loger, les voisins se sont interpos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parle-nous des caravanes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les r&#233;unions de l'APPO, nous avions c&#244;toy&#233; les autorit&#233;s traditionnelles repr&#233;sentant les peuples indig&#232;nes et tiss&#233; des liens avec les villages. Il y a une grande diff&#233;rence entre leur fa&#231;on de fonctionner et celle des partis politiques. C'est ce qui nous a donn&#233; l'id&#233;e de la caravane du Sentier du jaguar, qui a parcouru l'isthme de Tehuantepec. L'id&#233;e &#233;tait que des jeunes de la ville aillent rencontrer les peuples de l'isthme, mais que la caravane suivante regroupe non plus seulement les jeunes, mais aussi des gens de l'isthme pour aller rencontrer les peuples d'une autre r&#233;gion, et ainsi de suite. C'est comme &#231;a qu'on s'est rendus aux Chimalapas,puis &#224; la r&#233;gion mixt&#232;que, ensuite &#224; la sierra mazat&#232;que, o&#249; les gens luttent contre un projet de barrage. La d&#233;fense de la terre et du territoire est devenue notre probl&#233;matique centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu parais optimiste. Nourris-tu un espoir &#224; l'approche de l'&#233;lection du nouveau gouverneur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2006, j'ai vot&#233; L&#243;pez Obrador,mais aujourd'hui j'ai rejoint les rangs de l'abstention. Il n'y a eu que 7% de votants, &#224; Oaxaca ! Certains, dans l'APPO, veulent soutenir le candidat d'opposition.En ville, les gens sont plus influen&#231;ables. Pour les peuples indig&#232;nes, il est de plus en plus &#233;vident que les partis de droite m&#232;nent leur politique de destruction et de spoliation depuis la sph&#232;re &#233;conomique et que les partis de gauche veulent faire la m&#234;me chose mais depuis la sph&#232;re &#233;tatique. C'est en construisant l'autonomie &#224; partir de nos lieux de vie que nous pourrons changer la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Le-rendez-vous-manque-de-Copala'&gt;&#171; Le rendez-vous manqu&#233; de Copala &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;http://courtcircuit-diffusion.com/La-Commune-d-Oaxaca&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Commune d'Oaxaca&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Rue des cascades, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le rendez-vous manqu&#233; de Copala</title>
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		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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&lt;p&gt;George LAPIERRE, Oaxaca, le 4 mai 2010. &#171; Nous ne devons rien attendre de bon du gouvernement, c'est nous qui allons r&#233;soudre nos probl&#232;mes. C'est pourquoi nous nous sommes d&#233;clar&#233;s commune autonome &#224; dater du 1er janvier de cette ann&#233;e 2007, afin d'&#234;tre sujets de notre propre destin ! &#187; Ces paroles, prononc&#233;es lors de la rencontre des peuples indiens des Am&#233;riques dans le village yaqui de Vicam, dans l'&#201;tat du Sonora en 2007, ont une bien douloureuse r&#233;sonance aujourd'hui. Accompagnant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;George LAPIERRE, Oaxaca, le 4 mai 2010.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous ne devons rien attendre de bon du gouvernement, c'est nous qui allons r&#233;soudre nos probl&#232;mes. C'est pourquoi nous nous sommes d&#233;clar&#233;s commune autonome &#224; dater du 1er janvier de cette ann&#233;e 2007, afin d'&#234;tre sujets de notre propre destin ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Joani Hocquenghem, Le rendez-vous de Vicam, Rencontre des peuples indiens (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; Ces paroles, prononc&#233;es lors de la rencontre des peuples indiens des Am&#233;riques dans le village yaqui de Vicam, dans l'&#201;tat du Sonora en 2007, ont une bien douloureuse r&#233;sonance aujourd'hui. Accompagnant l'&#233;lan insurrectionnel qui soufflait sur Oaxaca, Copala et les communaut&#233;s rattach&#233;es &#224; cette petite ville indienne se d&#233;claraient autonomes, et ce fut la guerre. Une guerre dite, selon l'euph&#233;misme militaire, &#171; de basse intensit&#233; &#187;. Les gens ont pleur&#233; leurs morts, et les morts, eux, se taisent. Comme Fel&#237;citas et Teresa, deux locutrices de la radio communautaire de San Juan Copala, La voz que rompe el silencio (la voix qui rompt le silence). Fel&#237;citas Mart&#237;nez et Teresa Bautista sont tomb&#233;es en avril 2008 dans une embuscade : quelques rafales d'AK-47 et l'impunit&#233; pour les assassins. Elles parlaient d'entraide, d'autod&#233;termination des peuples, comme Bety et Jyri. Beatriz Cari&#241;o et Jyri Jaakkola se trouvaient c&#244;te &#224; c&#244;te dans la camionnette quand ils re&#231;urent chacun une balle dans la t&#234;te : une autre embuscade, un feu nourri pendant dix minutes, le 27 avril 2010. Entre ces deux mois d'avril, on ne compte plus les morts. La caravane pr&#233;tendait rompre le si&#232;ge qu'impose depuis fin 2009 un groupe paramilitaire autour de Copala en accompagnant des instituteurs qui devaient rouvrir l'&#233;cole.La commune autonome avait sollicit&#233; l'appui d'organismes de d&#233;fense des droits de l'homme et d'organisations civiles pour favoriser ce retour. C'est au lieu-dit La Sabana que l'attaque a eu lieu. La Sabana est un fief de l'Ubisort, &#171; Union pour le bien-&#234;tre social de la r&#233;gion triqui &#187; &#8211; comme son nom ne l'indique pas, il s'agit d'un groupe paramilitaire.Depuis la d&#233;claration d'autonomie, l'Ubisort a peu &#224; peu grignot&#233; le terrain autour de Copala en s'emparant par la force des hameaux dispers&#233;s qui faisaient partie de la municipalit&#233; autonome. Elle a ainsi, avec le soutien du gouvernement, encercl&#233; le chef-lieu, qu'elle maintient depuis sous son feu. Les habitants risquent leur vie &#224; tout bout de champ. Les hommes quand ils vont travailler leur milpa ; les femmes quand elles tentent de se ravitailler ; les enfants quand ils jouent dans les rues.Dix-neuf morts depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e. Beaucoup d'habitants ont fui ce climat de terreur. Derni&#232;rement,un commando de l'Ubisort s'est empar&#233; du palais municipal. Dans une sorte de &#171; coup d'&#201;tat &#187;, il s'est proclam&#233; &#171; nouvelle autorit&#233; &#187; de Copala. Les gens ont finalement r&#233;ussi &#224; reprendre la mairie et &#224; en chasser les intrus. La veille du d&#233;part de la caravane, le chef de l'Ubisort, Rufino Ju&#225;rez, avait pr&#233;venu qu'il ne r&#233;pondrait de rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'attentat, le gouvernement d'Oaxaca a d&#251; n&#233;gocier avec lui pour r&#233;cup&#233;rer les corps de Beatriz et Jyri. Le 29, c'est le directeur de la revue Contralinea qui a d&#251; affr&#233;ter un h&#233;licopt&#232;re pour secourir deux de ses journalistes qui accompagnaient la caravane, David Cilia &#8211;bless&#233;&#8211; et &#201;rika Ram&#237;rez, r&#233;fugi&#233;s dans la montagne depuis deux jours. C&#244;t&#233; forces de l'ordre, Rufino Ju&#225;rez semble intouchable. On assiste &#224; une mont&#233;e en puissance des groupes paramilitaires. Il s'agit d'un &#233;l&#233;ment incontournable de la guerre sociale dans le Mexique actuel. Ce sont des milices d&#233;vou&#233;es &#224; des groupes de pouvoir bien implant&#233;s dans une r&#233;gion et li&#233;s entre eux par des int&#233;r&#234;ts communs. Toute une cha&#238;ne de complicit&#233; et d'impunit&#233; les lie &#224; l'arm&#233;e et &#224; l'ensemble de l'appareil d'&#201;tat. On les retrouve sur tous les fronts, en premier lieu au Chiapas, o&#249; ils m&#232;nent la vie dure aux communaut&#233;s zapatistes, mais aussi dans le Guerrero, dans le Michoac&#225;n &#8211;&#224; Ostula&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur Ostula, lire Al&#232;ssi Dell'Umbria, &#201;chos du Mexique indien et rebelle, Rue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, o&#249; ils viennent d'enlever trois dirigeants indiens&#8211;, ou ici, &#224; Oaxaca, dans la r&#233;gion triqui. Ils sont une institution officieuse. Le Mexique conna&#238;t deux guerres civiles. Une guerre spectaculaire, qui occupe le devant de la sc&#232;ne et le nord du pays, opposant l'arm&#233;e et les cartels de la drogue pour le contr&#244;le du territoire. Et une autre guerre plus sournoise, dont on parle peu,que la premi&#232;re a d'ailleurs pour but de cacher : c'est celle men&#233;e contre la population, indienne ou m&#233;tisse, contre tous ceux qui ont gard&#233; une forme de vie sociale leur permettant de r&#233;sister aux entreprises destructrices du capital. La premi&#232;re a &#233;t&#233; voulue par le gouvernement : en titillant un nid de vip&#232;res, le pr&#233;sident Calder&#243;n s'attendait &#224; une r&#233;action. Il sait bien que cette guerre est sans fin, mais il a besoin d'elle comme &#233;cran de fum&#233;e masquant la guerre sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille men&#233;e contre les cartels se pr&#233;sente comme l'inversion de la r&#233;alit&#233;, elle est visible quand la guerre r&#233;elle est cach&#233;e, elle est bruyante quand la guerre r&#233;elle se veut silencieuse&#8230; Pourtant elle fait partie de la r&#233;alit&#233; de la guerre sociale au Mexique,elle en est un &#233;l&#233;ment cl&#233; : tactique de l'&#233;cran, de l'inversion,mais aussi banalisation de l'horreur. On pourrait la qualifier de strat&#233;gie du chaos. Il s'agit de prendre de vitesse les mouvements sociaux, de les isoler et d'emp&#234;cher, par les moyens les plus extr&#234;mes, toute tentative de reconnaissance. D&#232;s d&#233;cembre 2007, le sous-commandant Marcos le pressentait : &lt;i&gt;&#171; La guerre, comme la peur, a une odeur. Et l&#224;, on commence &#224; respirer son odeur f&#233;tide sur nos terres. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Oaxaca-guerre-a-l-autonomie'&gt;&#171; Oaxaca : guerre &#224; l'autonomie &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Joani Hocquenghem, &lt;a href=&#034;http://courtcircuit-diffusion.com/Le-rendez-vous-de-Vicam&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le rendez-vous de Vicam, Rencontre des peuples indiens d'Am&#233;rique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Rue des cascades, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur Ostula, lire Al&#232;ssi Dell'Umbria, &lt;a href=&#034;http://courtcircuit-diffusion.com/Echos-du-Mexique-indien-et-rebelle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&#201;chos du Mexique indien et rebelle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Rue des cascades, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Indigne, l'indignation ?</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Attention, &#231;a va faire mal ! Avec Confessions d'une taupe &#224; P&#244;le emploi, publi&#233; chez Calmann- L&#233;vy, le nouveau syst&#232;me de gestion du march&#233; des ch&#244;meurs n'a qu'&#224; bien se tenir. L'auteur, qui s'est associ&#233; &#224; une journaliste, sait de quoi il parle : il est conseiller dans une agence. D'entr&#233;e, il annonce la couleur, en guise d'exercice th&#233;rapeutique : &#171; Parce que je veux t&#233;moigner pour que les gens sachent. Raconter pour ne pas exploser en vol. &#187; Et il envoie le bois : &#171; L'emploi va mal, P&#244;le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-a-qu-a" rel="tag"&gt;n'a qu'&#224;&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Attention, &#231;a va faire mal ! Avec &lt;i&gt;Confessions d'une taupe &#224; P&#244;le emploi&lt;/i&gt;, publi&#233; chez Calmann- L&#233;vy, le nouveau syst&#232;me de gestion du march&#233; des ch&#244;meurs n'a qu'&#224; bien se tenir. L'auteur, qui s'est associ&#233; &#224; une journaliste, sait de quoi il parle : il est conseiller dans une agence. D'entr&#233;e, il annonce la couleur, en guise d'exercice th&#233;rapeutique : &lt;i&gt;&#171; Parce que je veux t&#233;moigner pour que les gens sachent. Raconter pour ne pas exploser en vol. &#187;&lt;/i&gt; Et il envoie le bois : &lt;i&gt;&#171; L'emploi va mal, P&#244;le emploi ne se porte pas tellement mieux. Nous avons tous le sentiment que les r&#233;formes compliquent la situation. [&#8230;] On a regroup&#233; &#224; la va-vite le placement &#8211;ANPE&#8211; et l'indemnisation &#8211;Assedic&#8211; en jurant la main sur le coeur que tout s'arrangerait. Ce n'est pas vrai, loin s'en faut. &#187;&lt;/i&gt; M&#233;chant ! Il continue : &lt;i&gt;&#171; Raconter [&#8230;] parce que ce n'est plus possible d'entendre dire que si P&#244;le emploi va mal c'est seulement &#8220;la faute &#224; la crise&#8221;. &#187; &lt;/i&gt; Fichtre ! Et de d&#233;crire la pression que subissent les conseillers, le manque de formation, la souffrance que les multiples contr&#244;les provoquent chez les demandeurs d'emploi (les DE !), le manque de mat&#233;riel, l'&#233;tat des installations, l'attitude de certains chefs&#8230; Il rappelle que le nouveau logo a co&#251;t&#233; 500 000 euros et que 8 millions d'euros ont &#233;t&#233; claqu&#233;s pour &lt;i&gt;&#171; moderniser &#187;&lt;/i&gt; l'organigramme de cette usine &#224; gaz. Il avoue que &lt;i&gt;&#171; entre nous, nous nous surnommons &#8220;les radiateurs&#8221;. [&#8230;] Il faut avoir le courage de le dire, plus le taux de radiation est &#233;lev&#233;, meilleure sera la r&#233;putation de l'agence. &#187;&lt;/i&gt; Il ne cache pas que le nombre de radiations, transform&#233; par l'effet d'une acrobatie s&#233;mantique en &#171; d&#233;sinscription &#187;, a un effet sur les primes. Et il conclut : &lt;i&gt;&#171; Je continue. Bien s&#251;r. Lorsqu'on part, on ne liste pas ainsi tout ce qui ne va pas. On tourne les talons et on se tait. [&#8230;] J'aime l'id&#233;e de pr&#233;server un maillon du lien social, y compris quand il se d&#233;lite. &lt;/i&gt; &#187; Super ! Mais comment ? Et puis, &#224; qui profite ces &#171; crimes &#187; ? Qui les planifient ? Quels buts poursuivent-ils ? Les seuls b&#233;n&#233;ficiaires de la manipulation des chiffres du ch&#244;mage seraient les d&#233;risoires Sarkozy et Wauquiez (secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; l'Emploi), qui s'&#233;chineraient &#224; tordre la r&#233;alit&#233; pour conserver leurs postes&#8230; On ferme le bouquin vaguement &#233;puis&#233;,comme au bout d'une sinistre balade dans un pays d&#233;vast&#233; o&#249; le m&#233;pris et la souffrance que l'on subit poussent sur les arbres. D&#233;nonciation ? Plut&#244;t un roman noir dont plusieurs millions d'individus sont, isol&#233;ment, les personnages. Un triste divertissement, objet parmi d'autres de la production culturelle, &#224; ranger dans sa biblioth&#232;que. Oser faire un pas en dehors des clous &#8212; et ici sur un sujet aussi vital &#8212; obligerait-il &#224; ce style bon enfant et timide ? Devrait-on forc&#233;ment limiter le propos &#224; ces observations personnelles, en se gardant d'&#233;largir le propos, sans doute pour ne pas appara&#238;tre &#171; intol&#233;rant &#187; et irrespectueux de la &#171; diversit&#233; &#187; ? Ici, ni col&#232;re, ni d&#233;go&#251;t. &#171; L'homme tient pour intelligence l'usure de ces facult&#233;s d'indignation &#187;, ainsi que le disait Louis Scutenaire. Comme si le seul &#233;clairage de la barbarie &#233;tait suffisant pour la faire s'&#233;vanouir tel un ectoplasme ! Pourtant l'injustice n'est pas aussi d&#233;sincarn&#233;e que l'auteur de cette Confession ne le laisse croire. La preuve : n'a-t-il pas jug&#233; plus prudent de se cacher derri&#232;re un pseudonyme, afin de se prot&#233;ger de chefs ou d'autorit&#233;s tut&#233;laires qui pourraient prendre ombrage de son t&#233;moignage ? Et &#224; raison, sans aucun doute.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>De quoi rendre ch&#232;vre</title>
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		<dc:date>2010-06-19T20:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>Samson</dc:subject>
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&lt;p&gt;Dans le massacre annuel de 1,46 milliard d'animaux dans les abattoirs fran&#231;ais contr&#244;l&#233;s, la part de l'&#233;levage de ch&#232;vres est tr&#232;s minoritaire. L'histoire du chevreau est donc moins connue que celle du poulet en batterie, du porc, de la vache et de son veau. Parlons-en. LES CHEVRIERS b&#233;n&#233;ficient d'une bonne image : ils sont volontiers &#233;colos et, pendant que monsieur conduit le troupeau par monts et par vaux, madame fabrique des fromages et va les vendre sur les march&#233;s. Bien s&#251;r, il y a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fromage" rel="tag"&gt;fromage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le massacre annuel de 1,46 milliard d'animaux dans les abattoirs fran&#231;ais contr&#244;l&#233;s&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Bidoche de Fabrice Nicolino, &#233;ditions Les Liens qui lib&#232;rent, 2009.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la part de l'&#233;levage de ch&#232;vres est tr&#232;s minoritaire. L'histoire du chevreau est donc moins connue que celle du poulet en batterie, du porc, de la vache et de son veau. Parlons-en.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LES CHEVRIERS b&#233;n&#233;ficient d'une bonne image : ils sont volontiers &#233;colos et, pendant que monsieur conduit le troupeau par monts et par vaux, madame fabrique des fromages et va les vendre sur les march&#233;s. Bien s&#251;r, il y a parmi eux de vilains industriels qui clo&#238;trent leurs b&#234;tes &#224; vie &#8212; l'espace carc&#233;ral r&#233;glementaire est de 1,50 m&#178;, &#231;a fait pas beaucoup pour un animal de taille comparable &#224; la n&#244;tre. Mais, globalement, la vie est belle chez les chevriers ! Sauf que la plupart sont soumis &#224; la grande division du travail qui r&#233;gente le monde. C'est-&#224;-dire qu'ils sont sp&#233;cialis&#233;s dans la transformation du lait en fromage. Et cet &#233;levage-l&#224; a un sous-produit, la viande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qu'une ch&#232;vre soit en lactation, elle doit &#234;tre engross&#233;e par un bouc, passer par une gestation de cinq mois au bout de laquelle elle a son chevreau et le lait pour le nourrir. Un troupeau de 30 ch&#232;vres donne environ 50 chevreaux par an, &#231;a fait vite du monde. Se pose alors le probl&#232;me de la concurrence pour le lait : va-t-on le laisser aux m&#232;res pour nourrir les petits, ou va-t-on en faire du fromage ? Dans les premi&#232;res heures apr&#232;s la naissance,le lait appel&#233; colostrum est indispensable aux chevreaux pour acqu&#233;rir les d&#233;fenses immunitaires de la m&#232;re.Ce lait est d'ailleurs interdit de commercialisation. Mais au bout de huit jours, le chevrier devra faire un choix, qui d&#233;pend de sa sensibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord celui qui ne raisonne pas plus loin que la diff&#233;rence entre la valeur d'un litre de lait &#224; 0,45 euro, destin&#233; &#224; nourrir les chevreaux, et celle du m&#234;me litre transform&#233; en fromage, jusqu'&#224; 3 euros. Il s'en remettra &#224; l'engraisseur, qui le d&#233;barrassera des chevreaux. Empil&#233;s sur un camion dans de minuscules caisses, ils se pisseront dessus de trouille, puis seront &#233;lev&#233;s &#224; trois dans 1m2 et n'en ressortiront qu'au bout de 5 &#224; 6 semaines pour &#234;tre abattus. Cette chair dite de chevreau de lait est bourr&#233;e de toxines, tant pis pour les consommateurs imp&#233;nitents. Les m&#232;res, elles, poussent des cris d&#233;chirants pendant plusieurs jours, mais qu'importe, la production de fromage est assur&#233;e pour 9 &#224; 10 mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite le chevrier qui n'a pas trop bonne conscience et d&#233;cide de couper la poire en deux : une partie des chevreaux est supprim&#233;e &#224; la&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_374 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH270/samson78-d32be.jpg?1782645723' width='400' height='270' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Samson
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;naissance ou part &#224; l'engraisseur, une autre est engraiss&#233;e sur place au lait en poudre, ou m&#234;me &#233;lev&#233;e &#171; sous la m&#232;re &#187; : c'est mieux, les m&#232;res &#233;duquent les petits et la culture du troupeau se transmet. Nous voil&#224; enfin face &#224; celui qui d&#233;cide d'&#233;lever tous ses chevreaux sous la m&#232;re, m&#234;me s'il doit perdre de l'argent (ce mode d'&#233;levage &#171; anti-&#233;conomique &#187; lui co&#251;tera environ 5000 euros pour un troupeau de 30 bestioles), en &#171; sacrifiant &#187; une part de lait pendant quelques semaines. Le v&#233;t&#233;rinaire ne manquera pas de le mettre en garde contre les risques sanitaires que g&#233;n&#232;rent de telles promiscuit&#233;s.Par exemple le CAEV, un r&#233;trovirus qui se transmet par la salive, le sang, le sperme. Sans nier ces risques, on sait que rares sont les troupeaux non touch&#233;s par cette maladie, la situation ne d&#233;g&#233;n&#233;rant pas pour autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las ! Une fois les chevreaux engraiss&#233;s &#224; la ferme, il faudra les conduire &#224; l'abattoir &#8212; ou les abattre soi-m&#234;me, mais c'est interdit. On comprend que celui qui en est l&#224; est assez boulevers&#233; par ce syst&#232;me pour se mettre &#224; l'&#233;coute de ceux qui ont cherch&#233; des solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 60, un pr&#233;curseur, Jean Pain, a d&#233;montr&#233; qu'il &#233;tait possible de diminuer la fr&#233;quence de gestation et d'allonger d'autant la dur&#233;e de lactation. Quelques chevriers ont emprunt&#233; cette voie. Ainsi Catherine, install&#233;e dans les Alpes-de-Haute-Provence avec son troupeau de 60 ch&#232;vres. Au milieu des ann&#233;es 70, sans ressources et avec une poign&#233;e d'enfants &#224; &#233;lever, elle se fait berg&#232;re &#8212; c'est bucolique &#8212;, et fromag&#232;re &#8212; c'est ce qui demande le moins d'investissement en mat&#233;riel et en terres. Mais tr&#232;s vite elle est confront&#233;e &lt;i&gt;&#171; au lait en poudre d&#233;gueulasse &#187;&lt;/i&gt;, choisit alors d'&#233;lever sous la m&#232;re et&lt;i&gt; &#171; tombe dans une autre gal&#232;re, fourguer sa viande dans le r&#233;seau des bio-coops &#187;&lt;/i&gt;. Sachant ce qu'elle ne veut plus, elle deviendra &lt;i&gt;&#171; pointue au niveau technique et &#224; la recherche d'une alternative &#187;&lt;/i&gt;. Sa solution, exp&#233;riment&#233;e depuis les ann&#233;es 90, consiste &#224; confier au bouc, au printemps, &#224; peine une dizaine de jeunes filles pour renouveler le cheptel, plus quelques ch&#232;vres qui ont peu de lait. Les autres ch&#232;vres subissent un effet d'entra&#238;nement qui les maintient en lactation continue pendant plusieurs ann&#233;es, jusqu'&#224; cinq ans. Certes, il y a bien une baisse cons&#233;quente de la production en hiver, mais elle est compens&#233;e en partie par une plus grande concentration en mati&#232;re prot&#233;ique. Il semblerait que &#231;a ne puisse marcher qu'avec de bonnes laiti&#232;res et en effectuant deux traites par jour toute l'ann&#233;e (adieu les sports d'hiver !). Du coup, il y aura tout au plus une douzaine de petits boucs abattus au lieu d'une centaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'&#233;cris cela, c'est pour rendre hommage &#224; Catherine,qui se qualifie d'id&#233;aliste pragmatique et a gard&#233; le sens de la libert&#233; et de la dignit&#233; humaine, et pas tant pour stigmatiser des chevriers qui se sont rendus aux raisons de ce monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;http://www.editionslesliensquiliberent.fr/f/index.php?sp=liv&amp;livre_id=1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Bidoche&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de Fabrice Nicolino, &#233;ditions Les Liens qui lib&#232;rent, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Chien m&#233;chant du 78</title>
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		<dc:subject>Chien m&#233;chant</dc:subject>
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no78-mai-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;78 (mai 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chien-mechant-7" rel="tag"&gt;Chien m&#233;chant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mric" rel="tag"&gt;Mric&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_373 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L270xH261/78mric-53520.jpg?1782643950' width='270' height='261' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Mric
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Br&#232;ves du 78</title>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>En bref</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Polycriminel &gt; Trente. Il n'aura pas fallu moins de trente gendarmes pour d&#233;busquer le 3 mai dernier un dangereux criminel dans une planque presque parfaite. L'individu ? Un Kosovar de 15 piges. La planque ? L'Institut d'&#233;ducation motrice de Freyming-Merlebach, en Moselle, qui soigne les polyhandicaps. Le crime ? Pas de papiers. Allez zou, toute la famille retourne au Kosovo. Pierre Lang, d&#233;put&#233;-maire UMP de la ville et pr&#233;sident de l'association qui g&#232;re l'institut, a d&#233;clar&#233; : &#171; On ne peut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no78-mai-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;78 (mai 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/mai-dernier" rel="tag"&gt;mai dernier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Kosovo" rel="tag"&gt;Kosovo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/planque" rel="tag"&gt;planque&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Polycriminel &gt;&lt;/strong&gt; Trente. Il n'aura pas fallu moins de trente gendarmes pour d&#233;busquer le 3 mai dernier un dangereux criminel dans une planque presque parfaite. L'individu ? Un Kosovar de 15 piges. La planque ? L'Institut d'&#233;ducation motrice de Freyming-Merlebach, en Moselle, qui soigne les polyhandicaps. Le crime ? Pas de papiers. Allez zou, toute la famille retourne au Kosovo. Pierre Lang, d&#233;put&#233;-maire UMP de la ville et pr&#233;sident de l'association qui g&#232;re l'institut, a d&#233;clar&#233; : &lt;i&gt;&#171; On ne peut pas accueillir en France tous les &#233;trangers handicap&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Bin non, quoi, et puis &#231;a encouragera le Kosovo &#224; am&#233;liorer son syst&#232;me de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alzheimer &gt;&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Il faut mettre un terme aux conditions ignobles dans lesquelles sont trait&#233;s les gens notamment ici au d&#233;p&#244;t [du Palais de justice de Paris]. Les gens qui comme moi se sont battus, ce n'est pas pour qu'une partie de l'instruction et des policiers se comporte comme dans un &#233;tat policier. &#187;&lt;/i&gt; Qui a dit &#231;a, ce 30 avril ? Charles Pasqua, ex-ministre de l'Int&#233;rieur, grand protecteur de bavures polici&#232;res, ex-responsable du SAC, partisan de la tol&#233;rance z&#233;ro et de la peine de mort&#8230; &lt;i&gt;&#171; La violation constante et d&#233;lib&#233;r&#233;e de la pr&#233;somption d'innocence et la n&#233;gation de mon droit constitutionnel &#224; un proc&#232;s &#233;quitable ont &#233;t&#233; les armes employ&#233;es pour me r&#233;duire au silence. &#187;&lt;/i&gt; Encore heureux qu'il n'ait pas subi une garde &#224; vue assortie de coups de tonfa, sinon il aurait appel&#233; &#224; l'insurrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crise : la solution &gt;&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Ce ne sont pas de menus grains de sable [du genre taxe Tobin] qu'il faut balancer dans la machine mais quelques bons pav&#233;s fiscaux &#8211; en laissant toujours ouverte la possibilit&#233; d'appr&#233;cier si des pav&#233;s tout court&#8230; &#187;&lt;/i&gt; V'l&#224; les bons conseils du bon professeur &lt;a href=&#034;http://blog.mondediplo.net/-la-pompe-aphynance-&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lordon&lt;/a&gt; pour juguler la finance internationale,mettre les banquiers au pas et tordre le bras aux gouvernants. Ben voil&#224;, on comprend mieux, comme &#231;a tout s'illumine. Hooka hey !, comme disent les Sioux pendant l'assaut.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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