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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>R&#233;union de crise</title>
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		<dc:date>2025-10-17T16:41:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lo&#239;c</dc:creator>


		<dc:subject>C&#233;leste Maurel</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;chec scolaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais contractuel dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses gal&#232;res au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie o&#249; devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ? &#171; Je vous le dis, je vais pas tenir trois ans avec eux ! &#187; s'exclame un coll&#232;gue &#224; propos des &#233;l&#232;ves de la seconde &#171; ma&#231;onnerie &#187;. Le CPE nous a donn&#233; rendez-vous entre midi et deux pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no237-janvier-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;237 (janvier 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Celeste-Maurel" rel="tag"&gt;C&#233;leste Maurel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Echec-scolaire" rel="tag"&gt;&#201;chec scolaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH101/237_13_celeste_macon_1200px-1baeb.jpg?1768681259' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais contractuel dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses gal&#232;res au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie o&#249; devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5956 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH337/237_13_celeste_macon_620px-8f363.jpg?1768681259' width='500' height='337' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;C&#233;leste Maurel
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; J&lt;/span&gt;&lt;i&gt;e vous le dis, je vais pas tenir trois ans avec eux ! &lt;/i&gt; &#187; s'exclame un coll&#232;gue &#224; propos des &#233;l&#232;ves de la seconde &#171; ma&#231;onnerie &#187;. Le CPE nous a donn&#233; rendez-vous entre midi et deux pour discuter de cette classe particuli&#232;rement chahuteuse. &#192; voir les tronches d&#233;pit&#233;es, personne ne semble tr&#232;s convaincu de l'utilit&#233; de cette rencontre. La premi&#232;re proposition du conseiller d'&#233;ducation ? Traverser la liste des &#233;l&#232;ves et donner notre avis sur chacun d'eux. Il faut trouver &#171; &lt;i&gt;le mouton noir &lt;/i&gt; &#187;. L'ennui c'est que dans cette classe d'une douzaine d'&#233;l&#232;ves, la moiti&#233;, au bas mot, ne joue pas le jeu. &#171; &lt;i&gt;Ils viennent en cours, ils foutent le bordel et ceux qui ont envie d'apprendre peuvent pas bosser ! &lt;/i&gt; &#187; r&#226;le le prof de ma&#231;onnerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CPE propose de mettre en place des fiches de suivi individuelles sur lesquelles sera consign&#233;e l'attitude de l'&#233;l&#232;ve lors de chaque cours. Alors qu'il bouillonnait dans un coin de la classe, le prof de Maths s'enflamme :&#171; &lt;i&gt;Mais &#231;a sert &#224; rien vos fiches ! Vous comprenez pas qu'on est, nous-m&#234;mes, en souffrance ? Il y a quelques ann&#233;es un compas est pass&#233; &#224; deux centim&#232;tres de ma t&#234;te ! &lt;/i&gt; &#187; Une commission &#233;ducative alors ? On convoque les parents, le conseil d'administration et on leur remonte les bretelles ? Chahut et brouhaha dans l'assembl&#233;e : &#171; &lt;i&gt;On en a fait plein l'an dernier !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;&#231;a sert &#224; rien ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'impasse, chacun y va de sa technique disciplinaire : &#171; &lt;i&gt;Moi s'ils bossent pas je les vire et leur donne des coloriages que j'affiche au mur. Ils ont pas fait le coloriage ? Je leur mets un z&#233;ro ! &lt;/i&gt; &#187; Le CPE serre les dents : &#171; &lt;i&gt;Faudrait pas que la direction voit &#231;a...&lt;/i&gt; &#187; et le coll&#232;gue de r&#233;pondre &#171; &lt;i&gt;J'en ai plus rien &#224; foutre ! Qu'ils viennent, je leur laisse ma place !&lt;/i&gt; &#187; Pas la premi&#232;re fois que je vois un prof s'&#233;nerver contre une direction d&#233;connect&#233;e. Le CPE renvoie la balle : &#171; &lt;i&gt;Je crois comprendre que certains d'entre vous acceptent les &#233;l&#232;ves en retard&#8230; Sachez que &#231;a n'aide pas non plus !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On regarde ce ping-pong avec peu d'entrain. La grande majorit&#233; de mes coll&#232;gues semble ailleurs. Dans le fond, le sur-disciplinaire ne fait r&#234;ver personne et violente tout le monde : les &#233;l&#232;ves comme ceux qui l'exercent. Je repense aux mots du youtubeur et militant antiraciste Wissam Xelka, qui a grandi en quartier d&#233;favoris&#233; : &#171; &lt;i&gt; &#192; 14 ans, ils sont d&#233;j&#224; envoy&#233;s dans les mauvaises fili&#232;res ! Si les &#233;l&#232;ves foutent le bordel, c'est presque une question de dignit&#233; ! Ils sauvent l'honneur ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin de la pause d&#233;jeuner. Retour en classe, amer. On travaille sur l'autobiographie et la discussion porte sur nos choix individuels. Sont-ils libres ou contraints ? Subtil, un &#233;l&#232;ve demande : &#171; &lt;i&gt;Monsieur, vous avez choisi d'&#234;tre prof par vous-m&#234;me ou c'est comme nous, vous avez pas envie d'&#234;tre l&#224; ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Lo&#207;c&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mate la gueule des proph&#232;tes</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Mate-la-gueule-des-prophetes</link>
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		<dc:date>2025-04-17T21:16:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Aldo Seignourel</dc:subject>
		<dc:subject>A&#239;e Tech</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mois apr&#232;s mois, A&#239;e Tech d&#233;fonce la technologie et ses vains mirages. Vingt-troisi&#232;me opus consacr&#233; aux vendeurs d'apocalypse venus de la Silicon Valley et &#224; leurs aspirations d&#233;miurgiques de m&#244;mes mal d&#233;grossis. Souviens-toi, les si&#232;cles derniers : prosternez-vous les gueux, car l'Apocalypse est proche. Voil&#224; ce que le pouvoir royal f&#233;odal ass&#233;nait aux simples mortels. Depuis le clerg&#233; divin a d&#233;m&#233;nag&#233;, direction la Silicon Valley et le soleil californien, youpi. Les oracles, eux, n'ont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no237-janvier-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;237 (janvier 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aldo-Seignourel" rel="tag"&gt;Aldo Seignourel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aie-Tech" rel="tag"&gt;A&#239;e Tech&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L124xH150/web_chienrougeaietech_aldoseignourel_620-c7a91.jpg?1768691838' class='spip_logo spip_logo_right' width='124' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mois apr&#232;s mois, A&#239;e Tech d&#233;fonce la technologie et ses vains mirages. Vingt-troisi&#232;me opus consacr&#233; aux vendeurs d'apocalypse venus de la Silicon Valley et &#224; leurs aspirations d&#233;miurgiques de m&#244;mes mal d&#233;grossis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5961 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH606/web_chienrougeaietech_aldoseignourel_620-ba861.jpg?1768691838' width='500' height='606' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Aldo Seignourel
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;ouviens-toi, les si&#232;cles derniers : &lt;i&gt;prosternez-vous les gueux, car l'Apocalypse est proche&lt;/i&gt;. Voil&#224; ce que le pouvoir royal f&#233;odal ass&#233;nait aux simples mortels. Depuis le clerg&#233; divin a d&#233;m&#233;nag&#233;, direction la Silicon Valley et le soleil californien, &lt;i&gt;youpi&lt;/i&gt;. Les oracles, eux, n'ont pas chang&#233; : &lt;i&gt;bouh&lt;/i&gt;, c'est bient&#244;t la fin du monde. En cause, l'intelligence artificielle qui serait sur le point d'atteindre un point de non-retour, o&#249; la machine asservirait l'homme. Or ceux-l&#224; m&#234;mes qui crient &#224; la catastrophe sont aux manettes, techno-proph&#232;tes d'un monde o&#249; ils donnent le ton par &#233;crans interpos&#233;s. C'est ce que nous rappelle un fort convaincant bouquin intitul&#233; &lt;i&gt;Les Proph&#232;tes de l'IA &#8211; pourquoi la Silicon Valley nous vend l'apocalypse&lt;/i&gt; (Lux, 2024), sign&#233; Thomas Pr&#233;vost. &#171; &lt;i&gt;L'industrie de la tech toute enti&#232;re bascule dans un discours techno-religieux &lt;/i&gt; &#187;, ass&#232;ne-t-il. &lt;i&gt;On ne vend plus le futur mais la fin des temps.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de neuf sous le soleil de plomb ? Pas faux. &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas la technique qui nous asservit, mais le sacr&#233; transf&#233;r&#233; &#224; la technique&lt;/i&gt; &#187;, grin&#231;ait d&#233;j&#224; Jacques Ellul dans&lt;i&gt; Les Nouveaux Poss&#233;d&#233;s&lt;/i&gt; (1973). Ce qui est frappant, par contre, c'est la vitesse avec laquelle quelques magnats frappadingues se sont &#233;rig&#233;s en demi-dieux, dispensant d'un c&#244;t&#233; la damnation (&#171; &lt;i&gt;on va tous crever&lt;/i&gt; &#187;) de l'autre la r&#233;demption (&#171; &lt;i&gt;on va vous sauver&lt;/i&gt; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier rang, bien s&#251;r, Elon &lt;i&gt;fucking&lt;/i&gt; Musk, devenu r&#233;cemment, &lt;i&gt;youpi youpi&lt;/i&gt;, l'homme le plus riche de l'histoire de l'humanit&#233;, avec plus de 400 milliards au portefeuille. Sa solution perso &#224; la fin du monde, &lt;i&gt;grosso modo&lt;/i&gt; ? Devenir un Avenger, conqu&#233;rir Mars et &#234;tre immortel. Un gamin, quoi. Le hic ? Il est pr&#234;t &#224; tout pour &#231;a, d'o&#249; l'alliance avec Trump. Sous la plume de Thibaut Pr&#233;vost : il fait partie de cette caste d'&#171; &lt;i&gt;hommes enfants&lt;/i&gt; &#187; qui en grandissant ont &#171; &lt;i&gt;fini par enfiler des masques de Dark Vador&lt;/i&gt; &#187;. Autre exemple, Jeff Bezos, boss st&#233;ro&#239;d&#233; d'Amazon qui r&#234;ve de &#171; &lt;i&gt;colonies r&#233;cr&#233;atives&lt;/i&gt; &#187; spatiales ou s'&#233;gayeraient &#171; &lt;i&gt;mille Mozart et mille Einstein, ce qui ferait une civilisation extraordinaire.&lt;/i&gt; &#187; Ravag&#233;. Un dernier pour la route ? Peter Thiel, boss de Palantir Technologies et r&#233;ac' ultra-puissant dans ce microcosme de tar&#233;s. Selon Pr&#233;vost, il lui arrive d'&#171; &lt;i&gt;expliquer &#224; des journalistes qu'il aspire &#224; l'immortalit&#233; des elfes de la Terre du Milieu&lt;/i&gt; &#187;. Comme le dit Naomi Klein dans &lt;i&gt;Le Double &lt;/i&gt;(Actes Sud, 2024), consacr&#233; &#224; l'imaginaire conspirationniste : &#171; &lt;i&gt;Tout cela serait ridicule si ce n'&#233;tait pas si s&#233;rieux. &lt;/i&gt; &#187; Car dans cette IApocalypse qu'ils invoquent, ne pas s'y tromper, l'arche du salut est r&#233;serv&#233;e &#224; leurs semblables, les puissants m&#244;mes alpha. Vivement qu'ils crament sur Mars.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'esprit de No&#235;l</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-esprit-de-Noel</link>
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		<dc:date>2025-03-28T01:12:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La Sellette</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>Vincent Croguennec</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En comparution imm&#233;diate, on traite &#224; la cha&#238;ne la petite d&#233;linquance urbaine, on entend souvent les mots &#171; vol &#187; et &#171; stup&#233;fiants &#187;, on ne parle pas toujours fran&#231;ais et on finit la plupart du temps en prison. Une justice exp&#233;ditive dont cette chronique livre un instantan&#233;. Toulouse, chambre des comparutions imm&#233;diates, novembre 2024. Il est 13 heures 45, l'audience commence. Le premier pr&#233;venu, Sami F., est amen&#233; des ge&#244;les par les policiers. Ils le d&#233;menottent &#224; l'entr&#233;e de la salle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no237-janvier-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;237 (janvier 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Vincent-Croguennec" rel="tag"&gt;Vincent Croguennec&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En comparution imm&#233;diate, on traite &#224; la cha&#238;ne la petite d&#233;linquance urbaine, on entend souvent les mots &#171; vol &#187; et &#171; stup&#233;fiants &#187;, on ne parle pas toujours fran&#231;ais et on finit la plupart du temps en prison. Une justice exp&#233;ditive dont cette chronique livre un instantan&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3561 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1709.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH562/-1709-64686.jpg?1768693569' width='500' height='562' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Vincent Croguennec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Toulouse, chambre des comparutions imm&#233;diates, novembre 2024.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est 13 heures 45, l'audience commence. Le premier pr&#233;venu, Sami F., est amen&#233; des ge&#244;les par les policiers. Ils le d&#233;menottent &#224; l'entr&#233;e de la salle avant qu'il n'entre dans le box en plexiglas. Le pr&#233;sident l'interroge abruptement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous avez 21 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Correct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Vous avez une petite amie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Vous travaillez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Vous &#234;tes un ancien militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Correct. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour avoir brandi une arme devant deux personnes, Sami F. compara&#238;t pour &#171; &lt;i&gt;violences volontaires, n'ayant pas entra&#238;n&#233; d'incapacit&#233; totale de travail (ITT)&lt;/i&gt; &#187;. Le pr&#233;sident rappelle son casier judiciaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous avez &#233;t&#233; condamn&#233; la semaine derni&#232;re, ici m&#234;me, en comparution imm&#233;diate. Vous aviez d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233; en 2023 &#224; une peine avec sursis pour d&#233;tention de stup&#233;fiants, puis en 2024 &#224; un sursis probatoire, partiellement r&#233;voqu&#233; vendredi dernier, pour abus de confiance envers le service d&#233;partemental d'incendie et de secours. Et il semblerait que vous demandiez un renvoi.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocate de la d&#233;fense confirme avant que son client ait le temps de r&#233;pondre et ajoute qu'elle demande au tribunal d'ordonner une expertise psychiatrique d'ici la prochaine audience.
La procureure n'a rien contre l'expertise, au contraire : &#171; &lt;i&gt;Elle me semble n&#233;cessaire pour expliquer les passages &#224; l'acte successifs, qui sont inqui&#233;tants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, elle demande que Sami F. reste enferm&#233; &#224; la prison de Seysses jusqu'&#224; l'audience : &#171; &lt;i&gt;Sur son casier, il y a des faits de vol, de violence, et l'usage d'un v&#233;hicule policier sans autorisation.&lt;/i&gt; [Elle se tourne vers lui] &lt;i&gt;Alors que vous avez eu la chance de sortir libre la semaine derni&#232;re, on constate que les faits sont commis 24 heures apr&#232;s. Vous avez sorti un glock et braqu&#233; les personnes dans un restaurant. Vous affirmez appartenir &#224; une section de recherche, &#234;tre indic' dans des enqu&#234;tes secr&#232;tes ! Vous avez un d&#233;lire avec l'arm&#233;e, dont vous pr&#233;tendez faire encore partie alors que vous en avez &#233;t&#233; &#233;vinc&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re. Vous avez un brassard, des cagoules, des cartes professionnelles. L'expertise nous permettra de savoir s'il y a une pathologie psychiatrique et de statuer sur votre dangerosit&#233; criminologique. En attendant, je demande le maintien en d&#233;tention.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocate ne bataille pas contre l'envoi de son client en d&#233;tention provisoire : &#171; &lt;i&gt;On ne va pas faire offense au tribunal en vous demandant une remise en libert&#233; alors que mon client comparaissait ici m&#234;me la semaine derni&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu'apparemment tout le monde est d'accord, quelques minutes de d&#233;lib&#233;ration suffisent ainsi au pr&#233;sident et &#224; ses deux assesseuses : ils ordonnent une expertise psychiatrique ainsi que le maintien du pr&#233;venu en d&#233;tention en attendant son proc&#232;s, un mois plus tard.
Assis au premier rang, un vieux monsieur commente d'un air m&#233;lancolique : &#171; &lt;i&gt;Il va passer No&#235;l en prison.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Sellette&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;small&gt;&lt;i&gt;Retrouvez d'autres chroniques sur le site : &lt;a href=&#034;https://lasellette.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lasellette.org&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;
&lt;/small&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Abolir l'habitant&#183;e</title>
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		<dc:date>2025-01-14T15:17:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Anne Lo&#232;ve</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Airbnb, coliving, baux mobilit&#233; ou arrangements douteux, le march&#233; locatif marseillais souffre ces derni&#232;res ann&#233;es de nouvelles pratiques. Un arsenal de techniques dont la finalit&#233; semble &#234;tre la mise au rebut de l'habitant&#183;e p&#233;renne. Ces derni&#232;res ann&#233;es, le boom touristique et le t&#233;l&#233;travail ont fait de Marseille une destination phare pour l'investissement immobilier : r&#233;sidences secondaires &#224; bas co&#251;t, rachat d'immeubles destin&#233;s aux locations courte dur&#233;e (LCD) ou au coliving&#8230; Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no237-janvier-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;237 (janvier 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Anne-Loeve" rel="tag"&gt;Anne Lo&#232;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH71/237_06_anneloeve_bnb_1200px-7a502.jpg?1768693570' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='71' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Airbnb, coliving, baux mobilit&#233; ou arrangements douteux, le march&#233; locatif marseillais souffre ces derni&#232;res ann&#233;es de nouvelles pratiques. Un arsenal de techniques dont la finalit&#233; semble &#234;tre la mise au rebut de l'habitant&#183;e p&#233;renne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5931 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH236/237_06_anneloeve_bnb_620px-ab692.jpg?1768693570' width='500' height='236' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Anne Lo&#232;ve
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;es derni&#232;res ann&#233;es, le boom touristique et le t&#233;l&#233;travail ont fait de Marseille une destination phare pour l'investissement immobilier : r&#233;sidences secondaires &#224; bas co&#251;t, rachat d'immeubles destin&#233;s aux locations courte dur&#233;e (LCD) ou au &lt;i&gt;coliving&#8230;&lt;/i&gt; Le logement se transforme en bien de consommation, et l'habitant&#183;e en client&#183;e d'un jour, d'un mois, ou d'une saison. Face &#224; l'ampleur du probl&#232;me, des habitant&#183;es concern&#233;&#183;es ont d&#233;cid&#233; de s'organiser en cr&#233;ant la Coordination des actions anti-gentrification (CAAG). Celle-ci se r&#233;unit depuis pr&#232;s de trois ans afin d'agir pour le droit &#224; la ville et au logement : enqu&#234;tes, affichages, manifs, discussions et d&#233;nonciations publiques&#8230; Autant de moyens pour r&#233;v&#233;ler et lutter contre ces nouvelles pratiques &#224; la crois&#233;e des chemins entre ill&#233;galit&#233;, optimisation fiscale et gentrification.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Locataires &#224; usage unique&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans la cit&#233; phoc&#233;enne, la LCD sur des plateformes comme Airbnb a connu une v&#233;ritable explosion. Suite aux effondrements des immeubles rue d'Aubagne fin 2018, cette partie du centre-ville, plut&#244;t d&#233;labr&#233;e, a vu se multiplier les arr&#234;t&#233;s de p&#233;ril et les d&#233;logements. Puis, les ventes immobili&#232;res se sont pr&#233;cipit&#233;es pour quelques kopeks. Alors, au lieu d'&#234;tre r&#233;habilit&#233;s et r&#233;int&#233;gr&#233;s, nombre de logements sont mis en LCD&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2019, 18 % des ventes immobili&#232;res dans le 1er arrondissement &#233;taient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Plus rentable au mois, exempte de permis de louer et b&#233;n&#233;ficiant jusque r&#233;cemment d'un abattement fiscal de 71 %, la LCD a particip&#233; &#224; faire de Marseille un eldorado pour les investisseurs. En 2016, on d&#233;nombrait 4 500 annonces, contre plus de 12 000 en 2023 ! Cette m&#234;me ann&#233;e dans le 2&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, pr&#232;s d'un logement sur 10 &#233;tait en LCD !&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Le logement se transforme en bien de consommation, et l'habitant&#183;e en client&#183;e d'un jour, d'un mois, ou d'une saison&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En 2021, la mairie se r&#233;veille : elle exige des propri&#233;taires de deux logements ou plus en LCD la mise en location longue dur&#233;e d'une surface &#233;quivalente. Un cadre durci ce d&#233;but d'ann&#233;e 2025, s'appliquant d&#233;sormais d&#232;s la premi&#232;re LCD hors r&#233;sidence principale. Les propri&#233;taires sont &#233;galement dans l'obligation de d&#233;clarer le &#171; changement d'usage &#187; du logement destin&#233; &#224; &#234;tre mis en LCD. Mais la municipalit&#233; a beau fanfaronner, elle peine &#224; faire appliquer cette r&#233;glementation : peu de collaboration de la part des plateformes, effectifs de contr&#244;le pr&#233;tendument trop faibles ou peut-&#234;tre, manque de volont&#233; politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la mairie sait s'y prendre pour faire trembler les pas moins de 1 500 proprios resquilleurs qui privent les habitant&#183;es de logements et la commune de plusieurs centaines de milliers d'euros de taxe de s&#233;jour. Apr&#232;s de longues enqu&#234;tes d'un service sp&#233;cialement form&#233;, elle leur envoie&#8230; une carte postale ! Bons baisers de la municipalit&#233;. Loin d'une mise en demeure, la d&#233;marche se veut &#171; &lt;i&gt;p&#233;dagogique&lt;/i&gt; &#187;. Mais, qui sait, elle pourrait peut-&#234;tre, si la Bonne-M&#232;re et la main invisible du march&#233; le veulent, aboutir &#224; d'&#233;ventuelles poursuites ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sp&#233;culateurs, &#224; jamais les premiers&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an, Vincent Challier, chirurgien bordelais, apparaissait dans une &#233;mission de &#171; Compl&#233;ment d'Enqu&#234;te &#187; consacr&#233;e &#224; Airbnb. Propri&#233;taire d'un immeuble dans le centre-ville, il se montre d&#233;complex&#233; face &#224; son flagrant d&#233;lit de location saisonni&#232;re ill&#233;gale, affirmant se &#171; &lt;i&gt;d&#233;brouiller&lt;/i&gt; &#187; avec la loi : &#171; &lt;i&gt;C'est Marseille b&#233;b&#233;&lt;/i&gt; &#187; singe-t-il.
Plusieurs familles vivaient au 30 rue Thiers, un b&#226;timent entour&#233; d'immeubles en p&#233;ril, que Challier acquiert &#224; l'hiver 2020, pour 730 000 euros. Il les expulse pour y installer son projet de &#171; &lt;i&gt;coliving&lt;/i&gt; &#187;, sorte de coloc &#171; alternative &#187; o&#249; les occupant&#183;es disposent d'espaces priv&#233;s (chambres, studios) et communs (cuisines, jardins, espaces d&#233;tente&#8230;). Un habitat pr&#233;caire rebaptis&#233; d'un nom tendance anglo-saxon, qui permet de louer chacune des 14 chambres pr&#232;s de 700 euros par mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le hic ? Challier, d&#233;clar&#233; bailleur longue dur&#233;e, loue &#224; la nuit&#233;e, donc en LCD, sans autorisation de changement d'usage. Une enqu&#234;te&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CAAG, &#171; L'&#201;cho du Ti&#233;quar &#187;, journal parodique (&#233;t&#233; 2023).&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; de la CAAG et quelques chahutages sur le b&#226;timent ont eu raison de la clandestinit&#233; de son aventure entrepreneuriale. Tags, communiqu&#233;s et affiches ont m&#234;me fini par le pousser &#224; avouer publiquement l'ill&#233;galit&#233; de ses pratiques dans une r&#233;ponse affich&#233;e sur sa devanture, s&#251;r de son impunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Vincent Challier affirme se &#171; d&#233;brouiller &#187; avec la loi : &#171; C'est Marseille b&#233;b&#233; ! &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et comment lui donner tort ? La mairie, prompte &#224; r&#233;pondre &#224; &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; que le dossier &#233;tait &#171; &lt;i&gt;en haut de la pile pour un traitement d'urgence&lt;/i&gt; &#187;, le laisse pourtant s&#233;vir depuis plus d'un an. Une impunit&#233; qui b&#233;n&#233;ficie &#224; beaucoup d'autres multipropri&#233;taires ayant flair&#233; la rentabilit&#233; d'un centre-ville purg&#233; de ses habitant&#183;es par les arr&#234;t&#233;s de p&#233;rils.
R&#233;cemment, le 30 rue Thiers pr&#233;sentait un triste tableau : plafonds &#233;ventr&#233;s, murs de pl&#226;tre d&#233;fonc&#233;s, t&#226;ches douteuses sur les canap&#233;s inoccup&#233;s du salon, emballages de capotes dans l'escalier, jardin d&#233;potoir, rang&#233;e de frigos &#224; l'odeur &lt;i&gt;champ&#234;tre&lt;/i&gt; dans la cuisine. Lou&#233; &#224; quelques touristes mi-shlags mi-boh&#232;mes, pour s&#251;r moins bourgeois que ne l'aurait r&#234;v&#233; Challier, le b&#226;timent h&#233;bergeait aussi des locataires de plus longue dur&#233;e, souvent sans contrat de bail : dans le jargon, &#171; &lt;i&gt;on s'arrange&lt;/i&gt; &#187;. Du r&#234;ve &lt;i&gt;marseillais-bb&lt;/i&gt; d'un &lt;i&gt;coliving cosy&lt;/i&gt; et convivial au folklorique recel de taudis, il n'y a qu'un pas. Depuis quelques semaines, il s'est rattach&#233; &#224; la cha&#238;ne de locations The Good Butler. Sa devanture est d&#233;sormais repeinte aux couleurs d'un groupe de supporters de l'OM, histoire de se fondre dans le paysage&#8230; et pour le prot&#233;ger de futures d&#233;gradations ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ah les jolies Colonies&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il est rondement men&#233;, le &lt;i&gt;coliving&lt;/i&gt; peut pourtant prendre un tout autre aspect. C'est le cas de YOLO, une petite entreprise qui profite bien de la crise. Install&#233;e au 32 cours Lieutaud, en bordure du quartier populaire de Noailles, elle loue des petits studios &#171; &lt;i&gt;s&#233;r&#233;nit&#233;&lt;/i&gt; &#187; et autres chambres &#171; &lt;i&gt;harmonie&lt;/i&gt; &#187;. Ici, tout est en ordre et bien blanchi : bureaux de &lt;i&gt;coworking&lt;/i&gt;, chambres parfois &#233;quip&#233;es de cuisines, laverie, papier peint art d&#233;co et cam&#233;ra de surveillance sur chaque palier&#8230; Du propre, et qui rapporte !&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Le coliving est une sorte de chim&#232;re entre gated community et auberge espagnole, sauce conquistador&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Se voulant disruptif, le &lt;i&gt;coliving&lt;/i&gt; s'est invit&#233; en France en 2018 et depuis, sa croissance est exponentielle. Sans d&#233;finition l&#233;gale claire, chaque gestionnaire fait sa tambouille : LCD (moins de trois mois), bail mobilit&#233; (un &#224; dix mois sous conditions) ou location/colocation meubl&#233;e. Non seulement le loyer y est sup&#233;rieur &#224; la moyenne, mais en plus, le &lt;i&gt;coliving&lt;/i&gt; a la l&#233;gislation de son c&#244;t&#233; : abattements fiscaux vari&#233;s, contournement du plafonnement des loyers, facturation de services suppl&#233;mentaires (petits d&#233;jeuners, etc)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, il produit un voisinage &#233;ph&#233;m&#232;re, ce qui rend plus difficile l'organisation entre habitant&#183;es pour exiger de meilleures conditions de logement. Une attaque &#224; la coh&#233;sion sociale de quartier, maquill&#233;e par des tartines de marketing : &#171; &lt;i&gt;communaut&#233; vibrante&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;convivialit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;&#233;v&#232;nements f&#233;d&#233;rateurs&lt;/i&gt; &#187;, peut-on lire sur les sites de gestionnaires comme Colonies (sic !) ou The Babel Community. Une sorte de chim&#232;re entre &lt;i&gt;gated community&lt;/i&gt; et auberge espagnole, sauce conquistador.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Abolitionnistes de l'habitant&#183;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Profitant des touristes, des travailleur&#183;euses ultra-mobiles ou des pr&#233;caires qui claqueront l'enti&#232;ret&#233; de leur paye dans un loyer faute d'acc&#232;s &#224; la stabilit&#233; d'un bail traditionnel, &lt;i&gt;colivings&lt;/i&gt; et LCD forment une nouvelle interface entre bailleurs et locataires. Ceux-ci supplantent les agences immobili&#232;res ou r&#233;forment leurs pratiques. Ils forment une nouvelle couche d'opacit&#233;, de volatilit&#233;, cachant le proprio v&#233;reux derri&#232;re le gestionnaire ultramoderne, prestataire de convivialit&#233;-plastique anonyme derri&#232;re la machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe du &#171; locataire jetable &#187; est &#224; l'habitat ce que l'ub&#233;risation et l'int&#233;rim sont au travail : on cherche &#224; contourner, non seulement la loi lorsqu'elle est lacunaire ou peu applicable, mais aussi les solidarit&#233;s m&#233;caniques de locataires rassembl&#233;&#183;es autour d'une m&#234;me r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce ph&#233;nom&#232;ne reste tr&#232;s vuln&#233;rable : en t&#233;moignent les d&#233;gradations, occupations, cambriolages militants ou attaques de conciergeries, &#224; Marseille comme ailleurs. Car &#224; force d'automatiser, de plateformiser, de multiplier rouages et points de d&#233;faillance, il devient de plus en plus ais&#233; et tentant de jeter son sabot dans la machine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par P.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2019, 18 % des ventes immobili&#232;res dans le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; arrondissement &#233;taient destin&#233;es &#224; de futures locations touristiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;CAAG, &#171; &lt;i&gt;L'&#201;cho du Ti&#233;quar&lt;/i&gt; &#187;, journal parodique (&#233;t&#233; 2023).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cyclone d'indiff&#233;rence</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Cyclone-d-indifference</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Cyclone-d-indifference</guid>
		<dc:date>2025-01-14T15:17:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;14 d&#233;cembre, Mayotte. Le vent souffle des rafales &#224; 200km/h et fait trembler les murs. Dehors, des trombes de flotte et des vagues de plus de neuf m&#232;tres de haut. D'une violence inou&#239;e, le cyclone Chido arrache toits, t&#244;les et arbres, fauche maisons, routes, pyl&#244;nes et plonge l'&#238;le dans l'obscurit&#233;. Quand le calme revient, les Mahorais&#183;es d&#233;couvrent un paysage d&#233;vast&#233;, d'o&#249; se d&#233;gagera bient&#244;t une odeur de cadavre. En Hexagone, on re&#231;oit des images du bidonville de Kaw&#233;ni, vu du dessus. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no237-janvier-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;237 (janvier 2025)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH123/capture_d_e_cran_2025-01-14_a_16.21_36-ccc74.png?1768693570' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='123' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;14&lt;/span&gt; d&#233;cembre, Mayotte. Le vent souffle des rafales &#224; 200km/h et fait trembler les murs. Dehors, des trombes de flotte et des vagues de plus de neuf m&#232;tres de haut. D'une violence inou&#239;e, le cyclone Chido arrache toits, t&#244;les et arbres, fauche maisons, routes, pyl&#244;nes et plonge l'&#238;le dans l'obscurit&#233;. Quand le calme revient, les Mahorais&#183;es d&#233;couvrent un paysage d&#233;vast&#233;, d'o&#249; se d&#233;gagera bient&#244;t une odeur de cadavre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Hexagone, on re&#231;oit des images du bidonville de Kaw&#233;ni, vu du dessus. Regard surplombant. La plupart des m&#233;dias adoptent les &#233;l&#233;ments de langage : &#171; &lt;i&gt; on ne conna&#238;t pas encore l'ampleur de la catastrophe &lt;/i&gt; &#187;. Mots creux, &#224; 8 039 bornes de la r&#233;alit&#233;. Cela aurait-il pu &#234;tre &#233;vit&#233; ? La r&#233;ponse est oui. &#171; &lt;i&gt;Compte tenu de l'&#233;tendue de l'habitat informel sur l'&#238;le [de Mayotte], le bilan victimaire d'un cyclone serait catastrophique&lt;/i&gt; &#187;, alertait en mars dernier le directeur de l'ARS mahoraise, auditionn&#233; pour un rapport parlementaire sur la gestion des risques naturels dans les territoires d'outre-mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux survivant&#183;es qui, sans eau ni &#233;lectricit&#233;, ne peuvent compter que sur leurs propres solidarit&#233;s, Emmanuel Macron lancera : &#171; &lt;i&gt;Si c'&#233;tait pas la France, je peux vous dire, vous seriez dix mille fois plus dans la merde.&lt;/i&gt; &#187; Avant lui, Fran&#231;ois Bayrou aura eu la flemme de se d&#233;placer. Avant lui encore, Bruno Retailleau se fendra d'un tweet pour pointer la source du probl&#232;me : l'immigration. Sur place, les gens, eux, attendent les secours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/231224/mayotte-le-soupcon-de-vies-sacrifiees-apres-le-cyclone-chido&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article de &lt;i&gt;M&#233;diapart&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, le journaliste R&#233;mi Carayol se demande si l'&#201;tat a &#171; &lt;i&gt; tout mis en &#339;uvre pour sauver des vies &lt;/i&gt; &#187;. Il fait lui aussi le rapprochement avec l'immigration. &#192; propos des dizaines de milliers de mort&#183;es dans la travers&#233;e depuis les Comores, il cite la chercheuse Nina Sahraoui : &#171; &lt;i&gt; &#192; Mayotte, la gestion de la migration r&#233;v&#232;le un n&#233;cropouvoir, en ce qu'elle expose &#224; la mort. Et elle d&#233;termine les conditions pour la vie, en produisant l'ill&#233;galit&#233; d'une partie importante de la population de l'&#238;le.&lt;/i&gt; &#187; Des &#171; ill&#233;gaux &#187; dont la plupart n'ont justement pas os&#233; rejoindre les abris d'urgence quand l'alerte sonnait, la peur au bide d'&#234;tre rafl&#233;s par la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 d&#233;cembre, journ&#233;e de deuil national, c'est le jour choisi par la macronie pour annoncer le nouveau gouvernement. Manuel Valls, le &#171; &lt;i&gt; pire des &#233;trons &lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Merci &#224; Jean No&#235;l, l'auditeur de France inter, qui, s'adressant &#224; Valls le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;devient ministre des outre-mer. Avec une s&#233;rie de vampires de son esp&#232;ce, ils forment un bataillon au pouvoir, puant la mort et la matraque. Les peuples ne sont jamais &#224; leurs yeux qu'une masse pouvant crever la gueule ouverte. &#171; &lt;i&gt;Moi, je suis avec eux, comme j'&#233;tais avec le peuple de Paris, r&#233;volt&#233;, &#233;cras&#233; et vaincu&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait Louise Michel, en 1878, &#224; propos des Kanaks insurg&#233;s. Puisse cette voi(x)e nous inspirer encore.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Merci &#224; Jean No&#235;l, l'auditeur de France inter, qui, s'adressant &#224; Valls le 24 d&#233;cembre, nous a fait le beau cadeau, de r&#233;tablir la v&#233;rit&#233; en direct.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>O&#249; vont dormir les marchands de sommeil ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Ou-vont-dormir-les-marchands-de</link>
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		<dc:date>2025-01-14T15:17:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lias</dc:subject>

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&lt;p&gt;Prison ferme pour tout le monde ou presque. Voil&#224; ce qu'a requis le procureur au bout d'un mois de proc&#232;s. Depuis le 7 novembre 2024, le tribunal correctionnel de Marseille a tent&#233; de d&#233;m&#234;ler le pourquoi des effondrements de la rue d'Aubagne (huit morts, ensevelis sous les d&#233;combres au matin du 5 novembre 2018) et les peines se veulent dissuasives. Seize pr&#233;venus comparaissaient, dont huit copropri&#233;taires cit&#233;s par les parties civiles pour homicide involontaire et soumission de personnes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no237-janvier-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;237 (janvier 2025)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Elias-18275" rel="tag"&gt;&#201;lias&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH77/237_04_elias_effondrement_b_1200pxune-51d41.jpg?1768672600' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='77' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Prison ferme pour tout le monde ou presque. Voil&#224; ce qu'a requis le procureur au bout d'un mois de proc&#232;s. Depuis le 7 novembre 2024, le tribunal correctionnel de Marseille a tent&#233; de d&#233;m&#234;ler le pourquoi des effondrements de la rue d'Aubagne (huit morts, ensevelis sous les d&#233;combres au matin du 5 novembre 2018) et les peines se veulent dissuasives. Seize pr&#233;venus comparaissaient, dont huit copropri&#233;taires cit&#233;s par les parties civiles pour homicide involontaire et soumission de personnes vuln&#233;rables &#224; des conditions d'h&#233;bergement indigne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5928 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;7&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/237_04_elias_effondrement_b_620px-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH707/237_04_elias_effondrement_b_620px-2-1b94c.jpg?1768672600' width='500' height='707' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#200;lias
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Q&lt;/span&gt;uelque chose d'inhabituel a eu lieu dans cette salle d'audience PHN &#8211; pour &#171; proc&#232;s hors norme &#187;. &#192; plusieurs reprises, juge, avocats de la Ville et procureur ont rendu hommage aux habitants, aux associations, au &#171; &lt;i&gt;peuple marseillais&lt;/i&gt; &#187;, dont la mobilisation est venue suppl&#233;er aux manquements institutionnels qui plong&#232;rent la ville dans un chaos de mises en p&#233;ril et d'&#233;vacuations brutales au lendemain de la catastrophe. Le procureur de Marseille Nicolas Bessone a assur&#233;, en introduction du r&#233;quisitoire de son adjoint Michel Sastre, que la justice serait l&#224; &#171; &lt;i&gt;pour inverser le rapport entre le fort et le faible&lt;/i&gt; &#187;. Sastre a ensuite r&#233;clam&#233; des peines de prison ferme pour &#171; &lt;i&gt;toute la cha&#238;ne de responsabilit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, y compris l'&#233;lu Julien Ruas, que &#171; &lt;i&gt;vous condamnerez pour montrer qu'il n'y a pas d'impunit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Les avocats de la d&#233;fense, qui fulminent contre la pression de la rue, le taxeront de populiste.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Galerie de pr&#233;venus&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Julien Ruas, &#224; l'&#233;poque adjoint au maire charg&#233; de la pr&#233;vention des risques, ne s'est jamais souci&#233; de doter ses services des moyens d'agir. Seuls quatre agents &#233;taient charg&#233;s d'inspecter les immeubles en p&#233;ril. Ils &#233;taient quarante-sept d&#233;di&#233;s &#224; la gestion et pr&#233;vention des risques (SPGR), dont une quinzaine de chefs et sous-chefs de services. Cette arm&#233;e mexicaine avait renonc&#233; au traitement des p&#233;rils ordinaires, qui aurait d&#251; d&#233;boucher sur des travaux d'office en cas de d&#233;faillance des propri&#233;taires. En 2014, une enveloppe de 6,5 millions d'euros avait &#233;t&#233; allou&#233;e, mais seulement 15 % furent d&#233;pens&#233;s, &#171; &lt;i&gt;faute de volont&#233; politique&lt;/i&gt; &#187;. Seuls les p&#233;rils imminents &#233;taient trait&#233;s, il suffisait d'attendre&#8230; qu'il soit trop tard. Mal form&#233;s, les agents envoy&#233;s sur le terrain lors de signalements arrivaient les mains vides, car &#171; &lt;i&gt;le sous-sol des archives &#233;tait inond&#233; par des eaux us&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Des archives mortes&lt;/i&gt; &#187;, temp&#232;re M. Suanez, alors directeur du SPGR. Car &#171; &lt;i&gt;les archives vivantes&lt;/i&gt; &#187; (les plus r&#233;centes) se baladaient dans des services non connect&#233;s, o&#249; r&#233;gnaient d&#233;couragement et esprit de clan. Le procureur r&#233;clame trois ans de prison ferme pour l'&#233;lu, assortis de 45 000 euros d'amende et de l'interdiction d'exercer dans le domaine de la protection des personnes.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Des peines de prison ferme pour &#171; toute la cha&#238;ne de responsabilit&#233;s &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'encontre de l'expert judiciaire Richard Carta, d&#233;fendu par quatre avocats, sont requis trois ans de prison dont un avec sursis, 45 000 euros d'amende et une interdiction d&#233;finitive d'exercer. Cet architecte, qui se targue d'&#234;tre dipl&#244;m&#233; de la prestigieuse &#233;cole de Chaillot et sp&#233;cialiste du b&#226;ti patrimonial, a &#233;t&#233; le dernier expert mandat&#233; par le tribunal administratif pour jauger la dangerosit&#233; du 65 rue d'Aubagne. Le 19 octobre 2018, apr&#232;s l'&#233;tayage d'une cloison bomb&#233;e dans l'entr&#233;e de l'immeuble, il avait assur&#233; que les locataires, &#233;vacu&#233;s pendant quelques heures, pouvaient r&#233;int&#233;grer leur logement en toute s&#233;curit&#233;. Carta n'aura pass&#233; qu'une heure sur place, sans descendre &#224; la cave, sans p&#233;n&#233;trer dans les appartements pour v&#233;rifier si les l&#233;zardes de la fa&#231;ade &#233;taient traversantes. &#171; &lt;i&gt;&#199;a n'aurait rien chang&#233; &#224; mon diagnostic&lt;/i&gt; &#187;, se cabre-t-il sur un ton d'orgueil bless&#233;. Son dernier coup d'&#339;il a eu lieu un vendredi &#224; 18 heures, son rapport envoy&#233; dans la soir&#233;e et le lendemain &#224; 6 heures, il s'envolait &#224; Copenhague pour des vacances bien m&#233;rit&#233;es, que la catastrophe du 5 novembre n'interrompra pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marseille Habitat, la soci&#233;t&#233; mixte charg&#233;e par la mairie de la lutte contre le logement indigne avait pr&#233;empt&#233; le 63 rue d'Aubagne, puis l'avait &#171; d&#233;vitalis&#233; &#187; pour emp&#234;cher le squat : les cloisons et une partie du b&#226;ti c&#244;t&#233; cour furent d&#233;construites, contribuant &#224; fragiliser cet alignement d'&#233;difices datant du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle qui s'appuyaient les uns sur les autres. Christian Gil, directeur de la soci&#233;t&#233;, n'a que des souvenirs flous. &#171; &lt;i&gt;On communiquait par oral, &#224; la confiance.&lt;/i&gt; &#187; Et on attendait que le 65 et le 67 en aient fini avec leurs gu&#233;guerres de voisinage pour s&#233;curiser les murs porteurs avant de se lancer dans la r&#233;habilitation. Le procureur r&#233;clame 200 000 euros d'amende &#224; l'encontre de Marseille Habitat. Pour M. Gil, trente mois de prison, 30 000 euros d'amende et une interdiction d'exercer une activit&#233; dans l'immobilier.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Ils ont toujours vot&#233; &#224; l'unanimit&#233; contre les travaux structurels qui auraient permis de s&#233;curiser l'immeuble&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le cabinet Liautard accumulait 127 copropri&#233;t&#233;s en gestion, dont une quinzaine &#233;tait &#171; &lt;i&gt;probl&#233;matique&lt;/i&gt; &#187;. Pas question d'en l&#226;cher une seule, chaque copropri&#233;t&#233; (ou portefeuille) augmentant la valeur estim&#233;e du cabinet, que son propri&#233;taire cherchait &#224; vendre. Et tant pis si on n'a pas les moyens de g&#233;rer les probl&#232;mes, l'essentiel est de les &#171; tenir &#187;. Jean-Fran&#231;ois Valentin, gestionnaire exp&#233;riment&#233;, est embauch&#233; deux ans avant le drame. Il a minimis&#233; les alertes et peu inform&#233; les propri&#233;taires. Quand le bureau d'&#233;tudes Betex, mandat&#233; par le 67, parle en octobre 2017 d'un &#233;tat alarmant du mur s&#233;paratif pouvant &#171; &lt;i&gt;mettre en danger les occupants &#224; court terme&lt;/i&gt; &#187;, le devis des travaux de confortement se perd dans les tuyaux. Le procureur r&#233;clame 100 000 euros d'amende au cabinet Liautard et 30 000 euros &#224; M. Valentin, assortis pour ce dernier de trente mois de prison et d'une interdiction de g&#233;rer des biens.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Investisseurs du malheur &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sign&#233;s comme le premier maillon dans la cha&#238;ne des responsabilit&#233;s, six propri&#233;taires encourent entre deux et cinq ans de prison, adoucies d'une dose de sursis. Ils ont toujours vot&#233; &#224; l'unanimit&#233; contre les travaux structurels qui auraient permis de s&#233;curiser l'immeuble. Butonnage et &#233;tayage, pr&#233;conis&#233;s par Betex pour un co&#251;t de 5 000 euros, auraient pu &#233;viter le pire en attendant une op&#233;ration plus co&#251;teuse en vue de &#171; &lt;i&gt;p&#233;renniser l'ouvrage, ou sa destruction&lt;/i&gt; &#187;. Tous, avec plus ou moins de cynisme, ont ferm&#233; les yeux sur les conditions de vie qu'ils imposaient &#224; leurs locataires. Tous encaissaient loyers et APL sans sourciller. Tous ne sont pourtant pas sur le banc des pr&#233;venus. Serge Fartoukh, dentiste propri&#233;taire d'un rez-de-chauss&#233;e vacant et d'un sous-sol en &#233;tat de ruine avanc&#233;e, a &#233;t&#233; tanc&#233; par le pr&#233;sident du tribunal : &#171; &lt;i&gt;Vous b&#233;n&#233;ficiez du statut de t&#233;moin. Sachez que vous auriez pu en avoir un autre, celui de pr&#233;venu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Sur ce type de logements, on ne recherche pas de plus-value sur la revente, la plus-value, c'est le loyer. Souvent assur&#233; par les APL. Le risque, c'est le locataire qui le prend &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Enfin, voil&#224; Xavier Cachard, gargantuesque propri&#233;taire d'un appartement au 2&lt;sup&gt;e &lt;/sup&gt;&#233;tage du 65, avocat du syndic et, &#224; l'&#233;poque, vice-pr&#233;sident du Conseil r&#233;gional. Si comme l'a soulign&#233; le procureur Bessone, &#171; &lt;i&gt;cumul de responsabilit&#233;s ne signifie pas dilution de culpabilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;comme dans le crime de l'Orient-Express, chacun des pr&#233;venus a donn&#233; un coup mortel&lt;/i&gt; &#187;, Cachard, lui, occupe une place centrale dans ce dossier. Sp&#233;cialiste du droit de l'immobilier, associ&#233; majoritaire &#224; 97 % d'une SARL investissant dans des biens d&#233;grad&#233;s, il a pr&#233;sid&#233; plusieurs assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales de la copropri&#233;t&#233;, o&#249; il en imposait. Des courriels trouv&#233;s lors des perquisitions prouvent qu'il a voulu influencer les experts pour jouer la montre et &#233;viter un arr&#234;t&#233; de mise en p&#233;ril. Le procureur requiert contre lui cinq ans de prison dont deux avec sursis, 150 000 euros d'amende et l'interdiction d'exercer. La SARL derri&#232;re laquelle il se dissimule se voit r&#233;clamer 80 000 euros.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Ces rentiers de malheur ne consid&#232;rent pas les locataires comme leurs &#233;gaux : pour eux, ce ne sont que des &#233;trangers, des prostitu&#233;es, des drogu&#233;s&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Sur ce type de logements, on ne recherche pas de plus-value sur la revente&lt;/i&gt;, a d&#233;duit le procureur Sastre, &lt;i&gt;la plus-value, c'est le loyer. Souvent assur&#233; par les APL. Bien mieux que la Bourse, c'est un business plan. Le risque, c'est [le locataire] qui le prend.&lt;/i&gt; &#187; Le raisonnement a ses limites. Au-del&#224; d'une cupidit&#233; &#224; courte vue appara&#238;t une strat&#233;gie occulte qui r&#233;v&#232;le qu'ici, le mal-logement est devenu syst&#233;mique. Quand Jean-Fran&#231;ois Valentin, &#226;me damn&#233;e de Liautard, confie que son &#171; &lt;i&gt;devoir moral&lt;/i&gt; &#187; &#233;tait de conserver un maximum de biens en gestion pour gonfler la valeur financi&#232;re dudit cabinet, il avoue une motivation qui d&#233;passe la simple plus-value locative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un immeuble habit&#233; vaut bien plus qu'une ruine &#233;vacu&#233;e. C'est la valeur globale &#224; la revente qui motive Cachard et son &#171; ami intime &#187; et propri&#233;taire du cabinet Bernard Puccinelli. &#171; &lt;i&gt;Ce dossier me tient personnellement &#224; c&#339;ur&lt;/i&gt; &#187;, confie Cachard &#224; un expert. Au passage, il glisse un &#171; &lt;i&gt;si vous pouvez nous &#233;viter une mise en p&#233;ril&#8230;&lt;/i&gt; &#187; On ne se risque pas &#224; pareille pression sans un fort sentiment d'impunit&#233;. &#171; &lt;i&gt;C'est grave docteur ? Grave signifiant &#8220;est-ce que &#231;a va co&#251;ter de l'argent au 65 ?&#8221;&lt;/i&gt; &#187; Voil&#224; ce que lance un Cachard badin &#224; l'expert Gilbert Cardi qui, apr&#232;s avoir offici&#233; du c&#244;t&#233; du 63 de Marseille Habitat, venait d'&#234;tre d&#233;bauch&#233; par le cabinet Liautard en qualit&#233; de conseiller technique.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;La SCI familiale continua &#224; encaisser loyer et APL pendant l'arr&#234;t&#233; de p&#233;ril imminent du premier semestre 2017, sans reloger les locataires &#233;vacu&#233;s comme c'&#233;tait de son devoir&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'ombre du vieux maire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Cupidit&#233; des uns, n&#233;gligence des autres, indiff&#233;rence de tous&lt;/i&gt; &#187; a point&#233; le procureur Bessone. Mais un angle mort demeure. &#171; &lt;i&gt;Logement indigne : le proc&#232;s d'un syst&#232;me n'aura pas lieu&lt;/i&gt; &#187;, regrette le communiqu&#233; de plusieurs associations, &#233;galement sign&#233; par la m&#232;re de Julien Lalonde, l'une des huit victimes. L'ombre de Jean-Claude Gaudin plane sur la salle d'audience, lui qui niait l'insalubrit&#233; end&#233;mique et pr&#244;nait une &#171; &lt;i&gt;reconqu&#234;te&lt;/i&gt; &#187; du centre-ville sur la pl&#232;be, dont il consid&#233;rait la pr&#233;sence ill&#233;gitime. Porte-voix d'une bourgeoisie locale qui s'est recroquevill&#233;e sur ses investissements fonciers, le vieux maire l'avait exprim&#233; cr&#251;ment : &#171; &lt;i&gt;Le Marseille populaire, ce n'est pas le Marseille maghr&#233;bin, ce n'est pas le Marseille comorien. La population &#233;trang&#232;re a envahi le centre, les Marseillais sont partis.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire La Ville-sans-nom, Marseille dans la bouche de ceux qui l'assassinent, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; Ce qui a fait grincer ma&#238;tre Vouland, avocat de la famille Sa&#239;d-Hassani, apr&#232;s avoir cit&#233; cette saillie raciste : &#171; &lt;i&gt;Ils ont d&#251; &#234;tre satisfaits, Ouloume n'est plus l&#224; pour les d&#233;ranger.&lt;/i&gt; &#187; Dans la m&#234;me tirade, Gaudin poursuivait : &#171; &lt;i&gt;Moi je lutte contre les marchands de sommeil, je r&#233;nove et je fais revenir des habitants qui payent des imp&#244;ts.&lt;/i&gt; &#187; On a vu le r&#233;sultat. Et si c'&#233;tait le fant&#244;me du vieux maire que convoque le b&#226;tonnier Campana en d&#233;fense de l'ex-&#173;adjoint Ruas, lorsqu'il se risque &#224; une rh&#233;torique goyesque : &#171; &lt;i&gt;Imaginons un instant que le diable est &#224; l'origine du drame&#8230;&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion des d&#233;lib&#233;r&#233;s sera rendue publique le 7 juillet 2025.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Portrait d'une ville fractur&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le juge Pascal Gand, qui a r&#233;cemment fait condamner un ex-policier aux fronti&#232;res &#224; quatre ans de prison pour avoir lou&#233; une centaine de taudis &#224; des sans-papiers, a aussi permis aux proches des victimes de raconter le parcours de vie des habitants du 65 rue d'Aubagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie-Emmanuelle, artiste sur verre au RSA, d&#233;crivait &#224; sa m&#232;re son logis se d&#233;gradant &#224; vue d'&#339;il &#8211; &#171; &lt;i&gt;le quotidien des quartiers pauvres de cette ville&lt;/i&gt; &#187; ; Fabien, ex-barman, ex-ouvrier, &#171; &lt;i&gt;&#233;corch&#233; de la vie&lt;/i&gt; &#187;, membre des supporters ultras de MTP et proche du Massilia Sound System ; Simona, &#233;tudiante en langues originaire du Mezzogiorno, o&#249; elle enseignait l'italien aux migrants ; Pape Magatte, vendeur sur les march&#233;s du Grand Dakar arriv&#233; en Europe apr&#232;s un parcours difficile &#224; travers la Libye ; Julien, franco-p&#233;ruvien polyglotte et voyageur pour qui &#171; &lt;i&gt;Noailles c'est le monde&lt;/i&gt; &#187; ; Ch&#233;rif, venu avec des moyens de fortune d'Annaba &#224; Marseille dans l'id&#233;e de pr&#233;parer l'arriv&#233;e de sa femme et sa fille ; Taher, arriv&#233; de Tunisie par l'Italie, o&#249; il a connu la prison pour un d&#233;lit dont il fut innocent&#233; apr&#232;s huit ans de d&#233;tention ; Ouloume, maman comorienne pass&#233;e par Mayotte, travaillant dans un restaurant et vivant l&#224; avec ses deux plus jeunes fils, Imane et El-Amine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les survivants : Rachid, fragile et g&#233;n&#233;reux tel que d&#233;crit par sa m&#232;re, rescap&#233; &lt;i&gt;in extremis&lt;/i&gt; pour &#234;tre sorti acheter des cigarettes ; Habib et Reda, h&#233;berg&#233;s par lui, l'un parti t&#244;t pour faire une g&#226;che, l'autre chanceux d'avoir d&#233;couch&#233; ; Sophie, &#233;tudiante en histoire de l'art qui, en panique, s'est r&#233;fugi&#233;e la veille chez ses parents ; Abdelghani et sa vid&#233;o des derniers instants de l'immeuble, avec le bruit gla&#231;ant de ses voisins tambourinant sur leurs portes qui ne ferment ou n'ouvrent plus ; Alexia et Pierre, sauv&#233;s parce qu'une amie qui leur a confi&#233; son studio et son chat pour le week-end a eu la bonne id&#233;e de rater son train de retour&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours avant la chute des 63 et 65, Simona textote &#224; sa voisine du dessus : &#171; &lt;i&gt;Alexia, ce n'est pas un jeu, chaque fois que tu te douches, je suis inond&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; R&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;T'inqui&#232;te, Sophie m'a propos&#233; de me doucher chez elle.&lt;/i&gt; &#187; La m&#234;me Sophie re&#231;oit un SMS de Marie-Emmanuelle, sa voisine de palier : &#171; &lt;i&gt;S'il te pla&#238;t, mets un coup de pied dans ma porte, que je puisse sortir.&lt;/i&gt; &#187; Sans papiers, vivant de petits boulots, vendeur de cigarettes &#224; la sauvette, videur dans un cabaret oriental, certains des gars h&#233;berg&#233;s par Rachid ont fait de courts s&#233;jours &#224; l'ombre, souvent pour bagarre en &#233;tat d'&#233;bri&#233;t&#233;. Le propri&#233;taire du 25 m&#178; o&#249; logeait Rachid n'est autre que l'&#233;lu Xavier Cachard, qui lui n'ira probablement jamais en prison. &#171; &lt;i&gt;Il fera appel, ira en cassation et, au pire, se baladera avec un bracelet &#233;lectronique &#224; la cheville&lt;/i&gt; &#187;, proph&#233;tise Nordine Abouakil, activiste chevronn&#233; contre le logement indigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fronti&#232;re socio&#173;psycho&#173;logique s&#233;pare ceux qui habitent la ville et ceux qui en tirent des revenus sans y vivre. Ces rentiers de malheur ne consid&#232;rent pas les locataires comme leurs &#233;gaux : pour eux, ce ne sont que des &#233;trangers, des prostitu&#233;es, des drogu&#233;s. L'expert Carta a justifi&#233; ne pas s'&#234;tre enquis de l'&#233;tat des logements aupr&#232;s des occupants par ces mots pleins de m&#233;pris : &#171; &lt;i&gt;Je n'aurais rien appris d'eux.&lt;/i&gt; &#187; Plus vieille propri&#233;taire du 65, Mich&#232;le Bonetto, qui r&#233;side en pays d'Aix, regrette l'&#233;poque o&#249; le quartier &#233;tait peupl&#233; &#171; &lt;i&gt;d'authentiques Marseillais&lt;/i&gt; &#187;. Entre-soi, calculs mesquins et connivences. M. Valentin, ancien employ&#233; et copain de r&#233;gate de Fr&#233;d&#233;ric Berthoz (ex-pr&#233;sident du syndicat des syndics des Bouches-du-Rh&#244;ne et propri&#233;taire du 67 rue d'Aubagne) d&#233;crit ainsi Bernard Puccinelli, propri&#233;taire du cabinet Liautard : &#171; &lt;i&gt;Il aimait rendre service pour qu'on lui soit redevable.&lt;/i&gt; &#187; Xavier Cachard, ami de ce m&#234;me Puccinelli, d&#233;clare avoir, sur son conseil, achet&#233; &#224; bas prix un lot de trois appartements dans le quartier paup&#233;ris&#233; de Noailles. &#171; &lt;i&gt;Pourquoi ? Parce que c'est moins cher qu'ailleurs&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pond-il froidement &#224; la barre. Ce n'&#233;tait &#233;videmment pas pour y habiter : lui r&#233;side dans une belle villa adoss&#233;e au massif des Calanques, &#224; deux pas de son &#171; &lt;i&gt;voisin de colline&lt;/i&gt; &#187;, l'expert Gilbert Cardi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La commedia dell'arte des Th&#233;nardier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Trois ans ferme, dont un avec sursis et 40 000 euros d'amende pour Gilbert Ardilly, proprio du taudis de 25 m&#178; lou&#233; au prix d'un 40 m&#178; &#224; Ouloume Sa&#239;d-Hassani, morte sous les gravats. Pour le fils Ardilly, un an ferme, un avec sursis et 30 000 euros d'amende. Contre leur SCI, 100 000 euros d'amende et interdiction de louer. Appel&#233; &#224; la barre, le p&#232;re a d&#233;clar&#233; d'embl&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Je vous pr&#233;viens, j'ai rien pr&#233;par&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Ce cinquantenaire r&#226;bl&#233; en sweat &#224; capuche encha&#238;ne les &#171; &lt;i&gt;J'en sais rien&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Je me souviens pas&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;J'ai pas les factures &lt;/i&gt; &#187;&#8230; &#201;tait-il conscient qu'un gar&#231;on de huit ans vivait dans ce T1 mal chauff&#233; ? &#171; &lt;i&gt;Non, je savais pas qu'elle vivait avec un truc, heu&#8230;, un enfant.&lt;/i&gt; &#187; Quand M. Valentin, du cabinet Liautard, raconte que le chauffe-eau a fui pendant des mois jusqu'&#224; trouer le plancher, Ardilly se dresse sur ses ergots et toise le syndic, si bien que le juge lui ordonne d'arr&#234;ter les menaces. &#192; sa suite, son fils S&#233;bastien vient &#224; la barre et un avocat lui fait remarquer qu'il s'y tient comme au comptoir d'un bar. De retour sur le banc, le pr&#233;venu met au d&#233;fi l'avocat de l'attendre &#224; la sortie. Le p&#232;re Ardilly est &#224; la t&#234;te d'une entreprise de plomberie. Ses mani&#232;res frustes contrastent avec celles, plus polic&#233;es, des autres propri&#233;taires. Les Ardilly vivent eux dans une zone pavillonnaire, &#224; proximit&#233; d'un de ces noyaux villageois absorb&#233;s par la ville &#224; sa p&#233;riph&#233;rie, l&#224; o&#249; on vote RN comme on ferait le signe de croix face aux &#171; Indiens &#187; des cit&#233;s alentour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la m&#232;re, elle ne &#171; &lt;i&gt;s'occupait de rien&lt;/i&gt; &#187;, bien qu'elle soit g&#233;rante de la SCI. Le fils a&#238;n&#233; d'Ouloume affirme pourtant qu'elle &#233;tait pr&#233;sente lors de la signature du bail. &#171; &lt;i&gt;Menteur !&lt;/i&gt; &#187;, lui crie-t-elle avant d'ajouter que si ce jour-l&#224; son mari &#233;tait avec une blonde, &#171; &lt;i&gt;&#231;a devait &#234;tre son amante&lt;/i&gt; &#187;. &#192; cet instant, le procureur se l&#232;ve et r&#233;v&#232;le le dialogue qu'il vient de surprendre au pied de son estrade. Le fils Ardilly : &#171; &lt;i&gt;C'est vrai que Maman &#233;tait l&#224; ?&lt;/i&gt; &#187; Le p&#232;re : &#171; &lt;i&gt;H&#233; ouais, je l'avais amen&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Lorsqu'on lui demande de d&#233;finir ce qu'est un marchand de sommeil, la m&#232;re s'emporte : &#171; &lt;i&gt;On n'est pas des marchands de sommeil !&lt;/i&gt; &#187; Pos&#233;ment, l'avocat lui explique : &#171; &lt;i&gt;C'est quelqu'un qui loue un logement ind&#233;cent &#224; des personnes vuln&#233;rables.&lt;/i&gt; &#187; La dame gesticule en direction des enfants d'Ouloume : &#171; &lt;i&gt;C'est pas des gens vuln&#233;rables !&lt;/i&gt; &#187; L'avocat des Ardilly osera abonder en ce sens, puisque &#171; &lt;i&gt;Mme Sa&#239;d-Hassani touchait les allocs&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Pour rappel, Ardilly continua &#224; encaisser loyers et APL pendant l'arr&#234;t&#233; de p&#233;ril imminent du premier semestre 2017, sans reloger ses locataires &#233;vacu&#233;s comme c'&#233;tait de son devoir. Si le tribunal suit le r&#233;quisitoire du procureur, Mme Ardilly devrait &#234;tre relax&#233;e &#171; &lt;i&gt;au b&#233;n&#233;fice du doute&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;i&gt;La Ville-sans-nom, Marseille dans la bouche de ceux qui l'assassinent&lt;/i&gt;, &#201;ditions du Chien rouge, 2024 (r&#233;&#233;dition).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi les Am&#233;ricains adorent-ils l'assassin de United Healthcare ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Pourquoi-les-Americains-adorent</link>
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		<dc:date>2025-01-14T15:17:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Pour le m&#233;dia am&#233;ricain de gauche CounterPunch, le journaliste Christopher Ketcham se penche sur l'affaire Luigi Mangione dans un article qui analyse l'ampleur de ce ph&#233;nom&#232;ne aux &#201;tats-Unis. &#171; Sur X, Luigi Mangione a &#233;t&#233; rebaptis&#233; &#173;&#8220;l'Expert en sinistres&#8221;, ou simplement &#8220;l'Expert&#8221;. Il est repr&#233;sent&#233; en h&#233;ros de comics fa&#231;on Punisher : encapuchonn&#233; et masqu&#233;, v&#234;tu de noir et arm&#233; d'un silencieux. L'histoire qui l'entoure est celle d'une qu&#234;te de justice contre l'&#233;lite, de r&#233;demption et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no237-janvier-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;237 (janvier 2025)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH73/237_10luigimangione_1200px-aba2a.jpg?1768693572' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='73' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour le m&#233;dia am&#233;ricain de gauche &lt;i&gt;CounterPunch&lt;/i&gt;, le journaliste Christopher Ketcham se penche sur l'affaire Luigi Mangione dans un article qui analyse l'ampleur de ce ph&#233;nom&#232;ne aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; S&lt;/span&gt;ur X, Luigi Mangione a &#233;t&#233; rebaptis&#233; &#173;&#8220;l'Expert en sinistres&#8221;, ou simplement &#8220;l'Expert&#8221;. Il est repr&#233;sent&#233; en h&#233;ros de comics fa&#231;on Punisher : encapuchonn&#233; et masqu&#233;, v&#234;tu de noir et arm&#233; d'un silencieux. L'histoire qui l'entoure est celle d'une qu&#234;te de justice contre l'&#233;lite, de r&#233;demption et de r&#233;g&#233;n&#233;ration par la violence. Ici, le &#8220;m&#233;chant&#8221; dirige depuis 2021 une compagnie d'assurance sant&#233; pr&#233;datrice, dont la soci&#233;t&#233; m&#232;re, UnitedHealth Group (d&#233;tenant 284 milliards de dollars &#173;d'actifs) est connue pour son usage abusif du refus de soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits sont d&#233;sormais bien connus. &#192; l'aube du 4 d&#233;cembre, sur la 54&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; rue, dans le quartier de Midtown &#224; Manhattan, l'Expert s'approche du PDG de UnitedHealth, Brian Thompson. Juste devant l'entr&#233;e de l'h&#244;tel Hilton &#8211; o&#249; le dirigeant devait pr&#233;senter un rapport financier &#224; la conf&#233;rence annuelle des investisseurs &#8211;, il l'abat d'une balle dans le dos avec un pistolet silencieux. Thompson se retourne face &#224; son agresseur avant de s'&#233;crouler sur le trottoir. L'assaillant actionne alors manuellement la culasse de son arme et donne le coup de gr&#226;ce en tirant deux fois suppl&#233;mentaires en pleine t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'explique Jia Tolentino dans le New Yorker, UnitedHealth &#8211; qui affiche le plus fort taux de refus de r&#233;clamation parmi toutes les compagnies d'assurance priv&#233;es &#8211; illustre parfaitement les failles de notre syst&#232;me de sant&#233;. Selon un recours collectif d&#233;pos&#233; en 2023, l'algorithme NaviHealth utilis&#233; par la soci&#233;t&#233; pr&#233;senterait un &#8220;taux d'erreur connu&#8221; de 90 %. Dans le Tennessee, un homme qui s'&#233;tait bris&#233; le dos et avait &#233;t&#233; hospitalis&#233; six jours puis transf&#233;r&#233; onze jours en maison de soins a vu sa prise en charge soudainement suspendue par la compagnie. Apr&#232;s plusieurs appels infructueux &#224; la compagnie, il a d&#251; quitter l'&#233;tablissement et est d&#233;c&#233;d&#233; quatre jours plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type d'histoires expliquent pourquoi le tueur est per&#231;u comme un h&#233;ros sur les r&#233;seaux sociaux. Impr&#233;gn&#233;s d'une rh&#233;torique r&#233;volutionnaire, des milliers de posts louent le crime &#8211; ou, du moins, refusent ostensiblement de le condamner &#8211;, comme si l'acte &#233;tait le premier mouvement de la guerre des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur Facebook et sur LinkedIn, l'&#233;loge fun&#232;bre publi&#233; par UnitedHealth a g&#233;n&#233;r&#233; une telle salve d'&#233;mojis &#8220;rire&#8221; et &#8220;applaudissement&#8221; &#8211; 77 000 au dernier comptage &#8211;, que le Groupe a d&#233;sactiv&#233; les commentaires sous son post.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur X, un post intitul&#233; &#8220;Ma r&#233;ponse officielle au meurtre du PDG de UHC&#8221; montrait deux graphiques comparant la distribution de la richesse en France &#224; la fin du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#224; celle de l'Am&#233;rique contemporaine. Les deux &#233;taient &#224; peu pr&#232;s identiques. Sous ce post, une image du Lorax&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Film d'animation franco-am&#233;ricain dans lequel le Lorax, une &#173;cr&#233;ature aussi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; debout &#224; c&#244;t&#233; d'une guillotine, chantant : &#8220;&lt;i&gt;&#192; moins que quelqu'un ne sorte la guillotine / Rien ne s'am&#233;liorera&lt;/i&gt;&#8221;. Suivi des paroles de l'hymne de la R&#233;volution fran&#231;aise, la Marseillaise, qui dit : &#8220;&lt;i&gt;Entendez-vous dans les campagnes / Mugir ces f&#233;roces soldats / Ils viennent jusque dans vos bras / &#201;gorger vos fils et vos compagnes&lt;/i&gt;&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Christopher Ketcham&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'article original a &#233;t&#233; publi&#233; sur &lt;a href=&#034;https://www.counterpunch.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.counterpunch.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Film d'animation franco-am&#233;ricain dans lequel le Lorax, une &#173;cr&#233;ature aussi mignonne que renfrogn&#233;e, lutte pour la &#173;protection de la nature dans un monde totalement artificiel o&#249; toute v&#233;g&#233;tation a disparu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;237</title>
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		<dc:date>2025-01-14T15:13:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Sommaire</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans ce num&#233;ro, vous trouverez un dossier &#034;Marseille : effondrements &amp; mal-logement&#034;, une discussion avec des militants politiques chinois et ta&#239;wanais, un entretien d&#233;cryptant la m&#233;canique de la haine du fonctionnaire, des recensions, des articles formidables et... Youpi le Pen est mort !... tout un tas de consid&#233;rations passionnantes sur notre temps et les raisons de tout br&#251;ler. Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no237-janvier-2025" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;237 (janvier 2025)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/cqfd_237_une_620px-35d93.jpg?1768693572' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ce num&#233;ro, vous trouverez un dossier &#034;Marseille : effondrements &amp; mal-logement&#034;, une discussion avec des militants politiques chinois et ta&#239;wanais, un entretien d&#233;cryptant la m&#233;canique de la haine du fonctionnaire, des recensions, des articles formidables et... &lt;i&gt;Youpi le Pen est mort !&lt;/i&gt;... tout un tas de consid&#233;rations passionnantes sur notre temps et les raisons de tout br&#251;ler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles seront mis en ligne &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no237-janvier-2025' class=&#034;spip_in&#034;&gt;au cours du mois&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;votre marchand de journaux&lt;/a&gt; ou de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5919 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/cqfd_237_une_620px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH709/cqfd_237_une_620px-ee0fa.jpg?1768693572' width='500' height='709' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En couverture :&lt;/i&gt; Y'a du soleil et des gravats. Marseille, effondrements et mal logement, par &lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/marina.margarina&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marina Margarina&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actualit&#233;s d'ici &amp; d'ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;[La haine des fonctionnaires]&lt;/strong&gt; &#8211; Dans &lt;i&gt;La Haine des fonctionnaires&lt;/i&gt;, le chercheur et les chercheuses Julie Gervais, Claire Lemercier et Willy Pelletier remontent &#224; la source d'un sentiment bien tenace. Pourquoi les employ&#233;&#183;es du service public sont tant d&#233;test&#233;&#183;es en France ? Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5921 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/237_04_elias_effondrement_b_620px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH707/237_04_elias_effondrement_b_620px-a5166.jpg?1768693573' width='500' height='707' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;[Effondrements de la rue d'Aubagne : o&#249; vont dormir les marchands de sommeil ?]&lt;/strong&gt; &#8211; Prison ferme pour tout le monde ou presque. Voil&#224; ce qu'a requis le procureur au bout d'un mois de proc&#232;s. Depuis le 7 novembre 2024, le tribunal correctionnel de Marseille a tent&#233; de d&#233;m&#234;ler le pourquoi des effondrements de la rue d'Aubagne (huit morts, ensevelis sous les d&#233;combres au matin du 5 novembre 2018) et les peines se veulent dissuasives. Seize pr&#233;venus comparaissaient, dont huit copropri&#233;taires cit&#233;s par les parties civiles pour homicide involontaire et soumission de personnes vuln&#233;rables &#224; des conditions d'h&#233;bergement indigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Solidarit&#233;s de quartier VS Abolir l'habitant&#183;e&lt;/strong&gt; &#8211; Airbnb, coliving, baux mobilit&#233; ou arrangements douteux, le march&#233; locatif marseillais souffre ces derni&#232;res ann&#233;es de nouvelles pratiques. Un arsenal de techniques dont la finalit&#233; semble &#234;tre la mise au rebut de l'habitant&#183;e p&#233;renne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Trucs et astuces : Pour &#234;tre bien chez soi&lt;/strong&gt; &#8211;&#171; &lt;i&gt;Si tu veux &#234;tre heureux, / Nom de dieu ! / Pends ton propri&#233;taire&lt;/i&gt; &#187;, disait la chanson du P&#232;re Duchesne. En moins sanguinaire (on n'est pas des sauvages), on vous propose un petit tour d'horizon de quelques solutions qui s'offre &#224; vous pour acc&#233;der &#224; un habitat digne et, pourquoi pas, faire tirer la langue aux proprios. On n'est pas des paillassons !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Ind&#233;pendance et libert&#233; de la presse en Chine et &#224; Ta&#239;wan : &#171; D'un r&#233;seau d'auto-diffusion &#224; un r&#233;seau d'auto-organisation &#187;&lt;/strong&gt; Lors de la 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;dition des rencontres internationalistes &#171; Les peuples veulent &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a rencontr&#233; des membres du collectif TofuStand, bas&#233; en Europe mais issu d'un r&#233;seau anarchiste chinois, et &lt;i&gt;New Bloom&lt;/i&gt;, m&#233;dia ind&#233;pendant de la gauche radicale ta&#239;wanaise. Discussion crois&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5922 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH226/237_08_philemon_chine_1_620px-6fbac.jpg?1768693573' width='500' height='226' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;En Allemagne : &#171; les flics &#224; la maison &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; &#192; Karlsruhe, petite ville du Bade-Wurtemberg (Allemagne) un collectif autog&#233;r&#233;, le United Refugees Rights Movement (URRM), lutte pour les droits des personnes exil&#233;es. Et il y a de quoi faire quand les parents r&#233;fugi&#233;&#183;es se retrouvent sous le joug de l'inf&#226;me Jugendamt&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5924 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH315/237_16_mathildepaix_meuforwell_620px-3f33b.jpg?1768693573' width='500' height='315' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Orwell : qui nourrissait les animaux de la ferme ? - &#192; table, George !&lt;/strong&gt; &#8211; Dans un livre &#224; mi-chemin entre l'essai f&#233;ministe et le roman biographique, l'&#233;crivaine australienne Anna Funder s'int&#233;resse &#224; la vie d'Eileen Blair, mari&#233;e &#224; George Orwell, le c&#233;l&#232;bre auteur de &lt;i&gt;1984&lt;/i&gt; (Secker &amp; Warburg, 1949). Pour le meilleur et pour le pire, comme on dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;C&#244;t&#233; chroniques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Lu dans &lt;i&gt;CounterPunch&lt;/i&gt; : Pourquoi les Am&#233;ricains adorent-ils l'assassin de United Healthcare ?&lt;/strong&gt; &#8211; Pour le m&#233;dia am&#233;ricain de gauche &lt;i&gt;CounterPunch&lt;/i&gt;, le journaliste Christopher Ketcham se penche sur l'affaire Luigi Mangione dans un article qui analyse l'ampleur de ce ph&#233;nom&#232;ne aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Sur la Sellette : L'esprit de No&#235;l&lt;/strong&gt; &#8211; En comparution imm&#233;diate, on traite &#224; la cha&#238;ne la petite d&#233;linquance urbaine, on entend souvent les mots &#171; vol &#187; et &#171; stup&#233;fiants &#187;, on ne parle pas toujours fran&#231;ais et on finit la plupart du temps en prison. Une justice exp&#233;ditive dont cette chronique livre un instantan&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#201;chec scolaire : R&#233;union de crise&lt;/strong&gt; &#8211; Lo&#239;c est prof d'histoire et de fran&#231;ais contractuel dans un lyc&#233;e pro des quartiers Nord de Marseille. Chaque mois, il raconte ses gal&#232;res au sein d'une institution toute p&#233;t&#233;e. Entre sa classe et la salle des profs, face &#224; sa hi&#233;rarchie o&#249; devant ses &#233;l&#232;ves, il se demande : o&#249; est-ce qu'on s'est plant&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Capture d'&#233;cran : ChatGPT un plomb ?&lt;/strong&gt; &#8211; Les bas-fonds des r&#233;seaux sociaux, c'est la jungle, un conglom&#233;rat de zones de non-droits o&#249; r&#232;gnent app&#226;t du gain, d&#233;sinformation et innovations p&#233;t&#233;es. On y a envoy&#233; en reportage exclusif la t&#233;m&#233;raire Constance Vilanova, pour une chronique mensuelle. Cette fois, elle se confie sur sa relation toxique avec son nouveau psy, ChatGPT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;A&#239;e Tech #23 : Mate la gueule des proph&#232;tes&lt;/strong&gt; &#8211; Mois apr&#232;s mois, A&#239;e Tech d&#233;fonce la technologie et ses vains mirages. Vingt-troisi&#232;me opus consacr&#233; aux vendeurs d'apocalypse venus de la Silicon Valley et &#224; leurs aspirations d&#233;miurgiques de m&#244;mes mal d&#233;grossis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;C&#244;t&#233; culture&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Famille go home !&lt;/strong&gt; &#8211; Avec l'essai &lt;i&gt;Pour en finir avec la famille&lt;/i&gt;, Sophie Lewis nous entra&#238;ne dans l'histoire vivifiante de celles et ceux qui ont tent&#233; de faire craquer un des carcans les plus tenaces de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Radio th&#233;rapie : lles f&#234;lures du frangin &lt;/strong&gt; &#8211; Ryslane Hakym a onze piges quand son grand fr&#232;re Isma&#235;l est diagnostiqu&#233; schizophr&#232;ne. Du fracas familial qui s'ensuit, de ses tourments &#224; lui, de sa place &#224; elle et de leurs souffrances &#224; tous, la r&#233;alisatrice tire un tr&#232;s beau documentaire sonore, &#171; Schizophonies &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;R&#233;cit d'une vie trans : &#171; &#202;tre un corps minoritaire, c'est prendre le risque d'en crever &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Dans &lt;i&gt;Vous vouliez ma chaleur, vous aurez mon feu&lt;/i&gt;, Paulo Higgins nous immerge dans l'intimit&#233; du quotidien de Mario, un mec trans et &#171; &lt;i&gt;p&#233;d&#233;&lt;/i&gt; &#187; qui fait le point sur sa vie face aux violences des normes &#8211; du monde h&#233;t&#233;ro ou gay. Un r&#233;cit de survie qui donne espoir en l'amour de soi et des autres autant qu'il r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'horoscope de ton ann&#233;e 2025&lt;/strong&gt; &#8211; Quelque pr&#233;dications par le professeur Xanax de la Muerte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Une BD de David Snug&lt;/strong&gt; &#8211; C'est le bordel, vous ne trouvez pas ? Heureusement, en f&#233;vrier, le camarade David Snug sort un deuxi&#232;me tome de son excellente BD &#171; &lt;i&gt;&#192; bas l'humanit&#233;, &#224; l'unanimit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Des mesures seront prises et nous serons intransigeants. Cette ann&#233;e, c'est d&#233;cid&#233;, on rentre dans les rangs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;dito&lt;/strong&gt; &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Cyclone-d-indifference' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Cyclone d'indiff&#233;rence&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/strong&gt; &#8211; Sous le vent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'animal du mois&lt;/strong&gt; &#8211; L'albatros anti-&#226;gisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Abonnement&lt;/strong&gt; - (&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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