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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#192; Besan&#231;on, les Gilets jaunes toujours pr&#233;sent&#183;es : &#171; En six ans, rien n'a chang&#233; &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Toufik-de-Planoise</dc:creator>



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&lt;p&gt;Alors que le mouvement des Gilets jaunes f&#234;te ses six ans ce mois&#8209;ci, le m&#233;dia ind&#233;pendant franc&#8209;comtois Le Ch'ni nous trimballe &#224; la p&#233;riph&#233;rie de Besan&#231;on sur l'un des rares ronds-points toujours occup&#233;s&#8230; Ielles &#233;taient une soixantaine ce samedi matin au rond-point de Chalezeule, &#171; bien plus que d'habitude &#187; admet une habitu&#233;e. Mais, sp&#233;cificit&#233; locale, le site est occup&#233; de mani&#232;re discontinue par les fameuses chasubles, et ce depuis le 17 novembre 2018 ! Si des &#171; retours &#187; ponctuels (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no235-novembre-2024-235" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;235 (novembre 2024)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que le mouvement des Gilets jaunes f&#234;te ses six ans ce mois&#8209;ci, le m&#233;dia ind&#233;pendant franc&#8209;comtois &lt;i&gt;Le Ch'ni&lt;/i&gt; nous trimballe &#224; la p&#233;riph&#233;rie de Besan&#231;on sur l'un des rares ronds-points toujours occup&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;I&lt;/span&gt;elles &#233;taient une soixantaine ce samedi matin au rond-point de Chalezeule, &#171; &lt;i&gt;bien plus que d'habitude&lt;/i&gt; &#187; admet une habitu&#233;e. Mais, sp&#233;cificit&#233; locale, le site est occup&#233; de mani&#232;re discontinue par les fameuses chasubles, et ce depuis le 17 novembre 2018 ! Si des &#171; retours &#187; ponctuels sont parfois not&#233;s ici et l&#224;, les implications aussi durables restent une exception en France. &#171; &lt;i&gt;Je ne sais pas si c'est un cas unique, j'ai connaossance d'un site dans le sud-ouest o&#249; on serait dans la m&#234;me situation. M'enfin oui, &#231;a doit vraiment se compter sur les doigts d'une main&lt;/i&gt; &#187; confimre Fred, salari&#233; d'un bailleur social et activiste de la premi&#232;re heure.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Une conception affinitaire, presque familiale &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits n&#233;anmoins, ielles ne sont qu'une petite quinzaine &#224; occuper r&#233;ellement les lieux chaque semaine. Un noyau dur et tenace qui subsiste, constitu&#233; au fil des mois de luttes. &#171; &lt;i&gt;Celleux qui se retrouvent l&#224; sont anim&#233;&#183;es par une conception affinitaire presque familiale, on retrouve les copain&#183;es en convivialit&#233; autant qu'on perp&#233;tue une m&#233;moire revendicative forte &#224; laquelle on tient. Les foules du d&#233;but se sont certes bien r&#233;duites, mais des t&#234;tes reviennent de temps en temps avec une vraie synergie lors de grosses contestations. C'est un &#233;tat d'esprit, plus qu'un cadre pr&#233;cis &#187;&lt;/i&gt;, relate notamment Denis Braye, pompier en conflit larv&#233; avec le Sdis depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'en approchant des six ann&#233;es du mouvement, l'effervescence du jour s'av&#232;re assez inhabituelle. On la doit sp&#233;cialement &#224; la venue de Christophe Dettinger, boxeur chevronn&#233; et figure de cette r&#233;volte populaire. Sillonnant actuellement le pays afin d'&#233;changer avec les ultimes bastions toujours vivaces, il s'est naturellement arr&#234;t&#233; dans la capitale comtoise, en attirant des soutiens jusqu'&#224; Dijon, Dole ou Pontarlier. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La convivialit&#233;, non sans constats&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un chapiteau est dress&#233;, autour duquel cette petite soci&#233;t&#233; reprend vie : une table de presse avec de la documentation, un coin garni de g&#226;teaux, un foyer aliment&#233; de palettes, mais aussi, surtout peut-&#234;tre, des banderoles, pancartes et slogans. Entre les discours et l'&lt;i&gt;Internationale&lt;/i&gt;, le chant &#171; On est l&#224; &#187; est &#233;galement repris avec ardeur. La plupart des automobilistes exprime sa sympathie par des coups de klaxon, mais presque aucun&#183;e ne s'arr&#234;tera. &#171; &lt;i&gt;La population &#233;tait largement avec nous, mais la r&#233;pression inouie, les tentatives de leadership, les quelques miettes annonc&#233;es par le pr&#233;sident ont mis un cran d'arr&#234;t ; aujourd'hui c'est difficile &#187;,&lt;/i&gt; estime Patrick, retrait&#233; proche de LFI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;En six ans, rien n'a chang&#233;. Macron et sa clique sont encore l&#224;, nos malheurs avec. Depuis, il y a eu les retraites et l'inflation, notre existence ne fait que de se d&#233;grader. Avec le gouvernement Barnier, la crise devrait prendre une nouvelle ampleur. Un bloc centre/droite/extr&#234;me droite s'est constitu&#233;, sur un leitmotiv clair : l'ultralib&#233;ralisme comme horizon, la matraque pour celleux qui contesteront. En 2018, j'&#233;tais le premier &#224; dire qu'il ne fallait pas tout casser ; mais en me confrontant &#224; la r&#233;alit&#233;, je me dois maintenant de l'admettre : sans gr&#232;ve ni insurrection, il appara&#238;t bien impossible d'&#233;tablir un rapport de force concret pour faire bouger les lignes&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che un trentenaire, routier, p&#232;re de trois enfants.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Toufik-de-Planoise&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le panda &#224; libido z&#233;ro</title>
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		<dc:date>2024-12-03T13:02:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Thibaut Trincklin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fin septembre, le zoo d'&#196;ht&#228;ri en Finlande a pris la d&#233;cision conjointe avec la Chine de renvoyer Lumi et Pyry chez eux. Ces deux pandas trop choupis feraient perdre de l'argent au parc animalier. Comment ? Ces pourfendeurs du capitalisme passent leurs journ&#233;es &#224; boulotter des bambous (jusqu'&#224; 40 kilos par jour !) sans prendre la peine de faire des enfants pour attirer les visiteurs. Il faut dire que Pyry n'est f&#233;conde qu'une quarantaine d'heures par an quand Lumi a une libido proche de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no235-novembre-2024-235" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;235 (novembre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Thibaut-Trincklin" rel="tag"&gt;Thibaut Trincklin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5826 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/web_235_02_animal_tricklin_620px-f17db.jpg?1768650908' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Thibaut Trincklin
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;F&lt;/span&gt;in septembre, le zoo d'&#196;ht&#228;ri en Finlande a pris la d&#233;cision conjointe avec la Chine de renvoyer Lumi et Pyry chez eux. Ces deux pandas trop choupis feraient perdre de l'argent au parc animalier. Comment ? Ces pourfendeurs du capitalisme passent leurs journ&#233;es &#224; boulotter des bambous (jusqu'&#224; 40 kilos par jour !) sans prendre la peine de faire des enfants pour attirer les visiteurs. Il faut dire que Pyry n'est f&#233;conde qu'une quarantaine d'heures par an quand Lumi a une libido proche de z&#233;ro. Selon une &#233;tude de l'universit&#233; de Zhengzhou et de l'Institut zoologique de l'Acad&#233;mie des sciences de P&#233;kin, celle-ci ne serait pas follement stimul&#233;e par leur captivit&#233;. Les deux &#171; assist&#233;&#183;es &#187; co&#251;teraient ainsi 1,5 million d'euros par an au zoo depuis leur arriv&#233;e en 2018. Une fortune pour l'&#233;tablissement, qui ne peut plus suivre depuis le covid-19 auquel s'est ajout&#233;e l'inflation. D'autant plus qu'il doit payer 800 000 euros annuels de frais d'emprunt &#224; la Chine. Lumi et Pyry devaient rester 15 ans au sein du zoo dans le cadre de la &#171; diplomatie du Panda &#187;, une pratique de l'empire du Milieu consistant &#224; &#171; offrir &#187; des pandas pour soigner ses relations diplomatiques. Mais depuis 1984, la Chine ne les donne plus, elle les loue. La palme d'or de l'abstinence revient n&#233;anmoins &#224; Tian Tian et Yang Guang, rest&#233;&#183;es douze ans au zoo d'&#201;dimbourg en &#201;cosse sans faire un seul petit. Un bon coup de bambou pour les ge&#244;liers des zoos capitalistes !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Sardini&#232;res d'hier et d'aujourd'hui</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Sardinieres-d-hier-et-d-aujourd</link>
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		<dc:date>2024-12-03T13:02:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Mathilde Paix</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec &#201;coutez gronder leur col&#232;re (Libertalia, octobre 2024), l'amie et camarade de CQFD Tiphaine Gu&#233;ret se penche sur le quotidien des travailleuses des conserveries de poisson &#224; Douarnenez, un si&#232;cle apr&#232;s la mythique gr&#232;ve victorieuse de 1924. Le turbin a chang&#233;, mais le fond reste le m&#234;me : conditions de travail pourries et capitalisme rapace. &#171; &#201;coutez l'bruit d'leurs sabots / Voil&#224; les ouvri&#232;res d'usine / &#201;coutez l'bruit d'leurs sabots / Voil&#224; qu'arrivent les Penn Sardin. &#187; Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no235-novembre-2024-235" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;235 (novembre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathilde-Paix" rel="tag"&gt;Mathilde Paix&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH60/web_235_11_sardines_paix_1200px_copie-476b6.jpg?1768650908' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='60' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec &lt;i&gt;&#201;coutez gronder leur col&#232;re&lt;/i&gt; (Libertalia, octobre 2024), l'amie et camarade de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; Tiphaine Gu&#233;ret se penche sur le quotidien des travailleuses des conserveries de poisson &#224; Douarnenez, un si&#232;cle apr&#232;s la mythique gr&#232;ve victorieuse de 1924. Le turbin a chang&#233;, mais le fond reste le m&#234;me : conditions de travail pourries et capitalisme rapace.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5847 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH337/web_235_11_sardines_paix_620px-8fd46.jpg?1768650908' width='500' height='337' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Mathilde Paix
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; &#201;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;coutez l'bruit d'leurs sabots / Voil&#224; les ouvri&#232;res d'usine / &#201;coutez l'bruit d'leurs sabots / Voil&#224; qu'arrivent les Penn Sardin.&lt;/i&gt; &#187; Les familiers des chorales militantes ont forc&#233;ment en t&#234;te ce refrain, compos&#233; par l'accord&#233;oniste Claude Michel, en &#173;l'honneur des ouvri&#232;res des conserveries de Douarnenez et de leur gr&#232;ve victorieuse de 1924. On entonne encore r&#233;guli&#232;rement &#171; Les Penn Sardin &#187;, de Marseille &#224; Limoges, au gr&#233; des luttes, tant la leur est entr&#233;e dans l'imaginaire des conqu&#234;tes sociales arrach&#233;es de haute lutte. Car il en a fallu, de la d&#233;termination, pour que dans cet univers fa&#231;on &#171; Zola au fond du Finist&#232;re &#187;, tel que le caract&#233;rise Anne Crignon dans un ouvrage qu'elle leur a consacr&#233;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une Belle gr&#232;ve de femmes, Libertalia, 2021.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, ces deux milliers d'ouvri&#232;res en gr&#232;ve arrachent une vraie victoire (notamment une nette revalorisation salariale). Six semaines de lutte acharn&#233;e, ainsi symbolis&#233;es par les refrains finaux, plus combatifs, compos&#233;s par l'accord&#233;oniste : &#171; &lt;i&gt;&#201;coutez claquer leurs sabots / &#201;coutez gronder leur col&#232;re / &#201;coutez claquer leurs sabots / C'est la gr&#232;ve des sardini&#232;res.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mythique, la gr&#232;ve l'est d'abord parce qu'elle est men&#233;e par des femmes&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Tiphaine Gu&#233;ret dans son ouvrage dont le titre fait r&#233;f&#233;rence au hit susmentionn&#233;, &lt;i&gt;&#201;coutez gronder leur col&#232;re&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paru chez Libertalia le 25 octobre 2024. Ruez-vous chez votre libraire, nom (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;Il faut les imaginer battant le pav&#233; au son de L'Internationale, levant le poing contre leurs conditions de vie inhumaines.&lt;/i&gt; &#187; Mais l'amie enqu&#234;trice, par ailleurs matelote &#233;m&#233;rite du chalutier &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; dont elle a un temps &#233;t&#233; secr&#233;taire de r&#233;daction, a souhait&#233; r&#233;actualiser le propos. Elle est all&#233;e voir ce qui, aujourd'hui, se tramait dans les deux conserveries de poissons rescap&#233;es, Paulet (marque Petit Navire) et Chancerelle (Conn&#233;table). &#171; &lt;i&gt;Il y aurait quelque chose de frustrant &#224; laisser le compteur bloqu&#233; sur le triomphal hiver 1924 et &#224; se satisfaire de la folklorisation de la gr&#232;ve&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;ambulise-t-elle. Et d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui encore, la vie &#233;conomique de Douarnenez tourne largement autour de la sardine et du conditionnement du poisson, et ses conserveries emploient toujours massivement des femmes, dans des conditions repr&#233;sentatives des situations d'exploitation propres &#224; notre &#233;poque. Leur histoire aussi m&#233;rite d'&#234;tre racont&#233;e, et c'est ce que ce livre se propose de faire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mission accomplie. Si les ferments r&#233;volutionnaires de Douarnenez &#171; la Rouge &#187;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'&#233;poque de la gr&#232;ve, le maire de la ville, Daniel le Flanchec, &#233;tait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; semblent lointains, les pages de l'ouvrage laissent pointer la possibilit&#233; d'un &#171; front commun &#187; contre les nouvelles conditions d'exploitation. Un si&#232;cle apr&#232;s, l'&#233;tincelle n'est pas tout &#224; fait &#233;teinte&#8230; Morceaux choisis.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Chapitre X : &#171; Comme des Maillons qu'on peut &#233;changer &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; U&lt;/span&gt;ne des raisons de la col&#232;re et de la d&#233;ception des ouvri&#232;res, c'est sans doute le d&#233;calage entre leur v&#233;cu et l'image valorisante que se donne l'entreprise familiale. Les plus anciennes semblent entretenir un souvenir heureux de leurs premi&#232;res ann&#233;es chez Chancerelle. Les conditions de travail &#233;taient d&#233;j&#224; difficiles &#8211; en t&#233;moigne le film de Marie H&#233;lia &lt;i&gt;Les Filles de la sardine&lt;/i&gt;, tourn&#233; en 2000 &#8211; mais l'atmosph&#232;re n'&#233;tait pas la m&#234;me. La direction saluait les ouvri&#232;res chaque matin, n&#233;gociait pour elles des langoustines &#224; bas co&#251;t aupr&#232;s des p&#234;cheurs pour les f&#234;tes. Lorsqu'une nouvelle recette &#233;tait lanc&#233;e, on les consultait &#224; coup de bo&#238;tes de sardines offertes pour toute la famille. Du capitalisme paternaliste &#224; l'ancienne. Une technique manag&#233;riale &#233;prouv&#233;e, visant &#224; entretenir les employ&#233;es dans l'illusion d'appartenir &#224; une famille. Toxique ? S&#251;rement. Mais, pour beaucoup, &#231;a valait mieux que le r&#233;gime actuel.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;La direction saluait les ouvri&#232;res chaque matin, n&#233;gociait pour elles des langoustines &#224; bas co&#251;t pour les f&#234;tes&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#8220;&lt;i&gt;C'est des jeunes chefs, maintenant, pour la plupart&lt;/i&gt;, raconte Mathilde. &lt;i&gt;Ils ont quelque chose &#224; prouver. Ils n'ont pas connu l'usine, ils ne savent pas la p&#233;nibilit&#233;. Pour certains, on est comme des maillons qu'on peut &#233;changer. Avant, chacune avait son importance. Aujourd'hui, il y a tellement de demandeurs d'emploi qu'on se dit qu'on peut nous &#233;changer &#224; n'importe quel moment. Il y a toujours du monde &#224; la porte.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sentiment est partag&#233; par Sarah : &#8220;&lt;i&gt;On n'est plus consid&#233;r&#233;es, on est des num&#233;ros. On n'est que des pions. On n'a aucune valeur devant ces gens-l&#224;. Je ne sais pas o&#249; ils sont all&#233;s prendre cette &#233;quipe de chefs, mais ils ne sont pas &#224; la hauteur. Certains n'ont jamais travaill&#233; le poisson, jamais travaill&#233; sur une ligne. L'identit&#233; de l'usine s'est perdue.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; On n'est plus consid&#233;r&#233;es, on est des num&#233;ros, on n'a aucune valeur devant ces gens-l&#224; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; en croire un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical CGT de l'entreprise, le glissement aurait commenc&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 2010, au moment du d&#233;m&#233;nagement sur le site du Lannugat, qui co&#239;nciderait avec l'instauration des 2/8. Une nette aggravation se serait ensuite fait sentir &#224; partir de 2019&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interrog&#233;e au sujet de ce tournant, Chancerelle n'a pas r&#233;pondu sur ce point (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &#8220;&lt;i&gt;Chez Chancerelle, c'&#233;tait le paternalisme qui r&#233;gnait jusqu'&#224; 2010, 2012. Puis sont arriv&#233;s des financiers.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;&lt;i&gt;Des financiers&lt;/i&gt;.&#8221; Le mot revient dans la bouche de nombreuses ouvri&#232;res, pour &#233;voquer ceux qui sont aujourd'hui &#224; la t&#234;te de leur usine. Au premier rang desquels Jean Mauviel, directeur g&#233;n&#233;ral de la Maison Chancerelle depuis 2019&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, un nouveau directeur g&#233;n&#233;ral, Philippe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, succ&#233;dant aux dix ans de r&#232;gne de Jean-Fran&#231;ois Hug, premier dirigeant de l'entreprise non membre de la famille Chancerelle. Un &#8220;financier&#8221;, Mauviel ? L'homme a en tout cas roul&#233; sa bosse dans de grosses bo&#238;tes agro-alimentaires : Saupiquet, Daucy mais aussi Findus, pour les plus connues. Tout comme Philippe Cloarec, directeur industriel, qui a travaill&#233; pour les groupes Jean H&#233;naff (celui des c&#233;l&#232;bres p&#226;t&#233;s bretons) et Jean Caby, le roi de la saucisse cocktail. C'est aussi le cas de Beno&#238;t Allais, directeur des usines, qui a offici&#233; chez Madrange et Capitaine Cook, ainsi que de Julie Galauziaux, responsable de l'usine sardine, elle aussi pass&#233;e par H&#233;naff, ainsi que par Intermarch&#233;. Tous occupent leur poste depuis 2019.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Chez Chancerelle, c'&#233;tait le paternalisme qui r&#233;gnait jusqu'&#224; 2010, 2012, puis sont arriv&#233;s des financiers &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Avec ces nouvelles t&#234;tes, explique le d&#233;l&#233;gu&#233; syndical, serait arriv&#233; &#8220;&lt;i&gt;le &lt;/i&gt;lean management&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;thode de gestion et d'organisation du travail destin&#233;e &#224; optimiser le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;le management moderne, agressif : &#224; l'&#233;tripage, elles bossent avec sous les yeux un diagramme qui leur indique quand l'entreprise perd de l'argent, quand elle rentabilise, quand elle gagne de l'argent. Tout est calcul&#233; au centime pr&#232;s&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'aux cong&#233;s pay&#233;s : des salari&#233;es qui souhaitaient r&#233;int&#233;grer leur poste en mi-temps th&#233;rapeutique apr&#232;s un arr&#234;t de travail se seraient vues mises en cong&#233; forc&#233; par Chancerelle, faute de travail pour elles. Plus grave encore, les cong&#233;s pay&#233;s des salari&#233;es seraient parfois utilis&#233;s pour pallier les al&#233;as techniques, par exemple les pannes des machines.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; &#192; l'&#233;tripage, elles bossent avec sous les yeux un diagramme qui leur indique quand l'entreprise perd de l'argent, quand elle rentabilise &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce que Chancerelle a &#224; en dire ? Sur le premier point, l'entreprise est cat&#233;gorique : elle &#8220;&lt;i&gt;n'a pas connaissance de tels cas et se conforme aux avis du m&#233;decin du travail&lt;/i&gt;&#8221;. Quant au second, elle assure qu'elle &#8220;&lt;i&gt;ne fait qu'appliquer les d&#233;cisions prises collectivement&lt;/i&gt;&#8221; et affirme : &#8220;&lt;i&gt;L'organisation du travail est encadr&#233;e par un accord d'entreprise sign&#233; par la CGT, lequel d&#233;finit les conditions relatives aux changements d'horaires et aux d&#233;lais de pr&#233;venance.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit. Reste que l'ann&#233;e 2019 a marqu&#233; un tournant dans la m&#233;moire des ouvri&#232;res. La date &#224; partir de laquelle les rapports humains se d&#233;litent, les petits arrangements s'annulent&#8230; Et cette impression d&#233;sagr&#233;able de n'&#234;tre plus que de la main-d'&#339;uvre, corv&#233;able, flexible et interchangeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi faire &#233;merger chez les travailleuses un front commun ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Une Belle gr&#232;ve de femmes&lt;/i&gt;, Libertalia, 2021.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Paru chez Libertalia le 25 octobre 2024. Ruez-vous chez votre libraire, nom d'une sole meuni&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; l'&#233;poque de la gr&#232;ve, le maire de la ville, Daniel le Flanchec, &#233;tait communiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Interrog&#233;e au sujet de ce tournant, Chancerelle n'a pas r&#233;pondu sur ce point pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, un nouveau directeur g&#233;n&#233;ral, Philippe Saintigny, est en passe de remplacer Jean Mauviel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#233;thode de gestion et d'organisation du travail destin&#233;e &#224; optimiser le fonctionnement de l'entreprise dans le but d'une rentabilit&#233; maximale : &#233;limination de toutes les sources de pertes, normalisation rigide des postes, flux tendus...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Obscur t&#233;moin</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Obscur-temoin</link>
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		<dc:date>2024-11-21T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La Sellette</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En comparution imm&#233;diate, on traite &#224; la cha&#238;ne la petite d&#233;linquance urbaine, on entend souvent les mots &#171; vol &#187; et &#171; stup&#233;fiants &#187;, on ne parle pas toujours fran&#231;ais et on finit la plupart du temps en prison. Une justice exp&#233;ditive dont cette chronique livre un instantan&#233;. Toulouse, chambre des comparutions imm&#233;diates, octobre 2024 Rachid E., Alg&#233;rien en situation irr&#233;guli&#232;re, &#173;compara&#238;t pour conduite sans permis et violences ayant entra&#238;n&#233; un jour d'incapacit&#233; totale de travail. Sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no235-novembre-2024-235" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;235 (novembre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En comparution imm&#233;diate, on traite &#224; la cha&#238;ne la petite d&#233;linquance urbaine, on entend souvent les mots &#171; vol &#187; et &#171; stup&#233;fiants &#187;, on ne parle pas toujours fran&#231;ais et on finit la plupart du temps en prison. Une justice exp&#233;ditive dont cette chronique livre un instantan&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Toulouse, chambre des comparutions imm&#233;diates, octobre 2024&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;R&lt;/span&gt;achid E., Alg&#233;rien en situation irr&#233;guli&#232;re, &#173;compara&#238;t pour conduite sans permis et violences ayant entra&#238;n&#233; un jour d'incapacit&#233; totale de travail. Sa femme est assise dans le public, au tout premier rang, accompagn&#233;e d'un de leurs amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;&lt;i&gt;s&lt;/i&gt;ident r&#233;sume le dossier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Madame S. tarde &#224; s'engager sur un rond-point, &#231;a ne vous pla&#238;t pas. Vous klaxonnez et, pour finir, vous percutez d&#233;lib&#233;r&#233;ment la voiture par l'arri&#232;re. Quand la victime veut faire un constat, elle se fait insulter : &#8220;&lt;/i&gt;Je m'en bats les couilles, je n'ai pas le temps, je vais t'&#233;craser.&#8221;&lt;i&gt; Vous enclenchez ensuite la marche arri&#232;re et contournez la voiture en montant sur le terre-plein, manquant de la renverser selon elle. Quand elle vous recroise &#224; la pompe &#224; essence le lendemain, &#224; bord du m&#234;me v&#233;hicule, accompagn&#233; du m&#234;me passager &#8211; qu'on n'a malheureusement pas pu entendre &#8211;, elle appelle la police.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;venu affirme que ce n'&#233;tait pas lui qui conduisait la veille, mais son fr&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a fait rire le pr&#233;sident :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Votre fr&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Mon fr&#232;re me ressemble fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Et est-ce que votre fr&#232;re est dans la salle pour se constituer prisonnier ? Non ? Bon, vous avez dit en garde &#224; vue que vous &#233;tiez &#224; Toulouse. Or le bornage de votre t&#233;l&#233;phone indique que vous &#233;tiez &#224; Muret. Par ailleurs, on aimerait bien savoir qui &#233;tait le passager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; C'est quelqu'un qui tra&#238;ne avec moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Ah, et il tra&#238;ne avec votre fr&#232;re aussi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Oui ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que le pr&#233;sident ricane, l'homme qui accompagne la femme du pr&#233;venu l&#232;ve la main et cherche &#224; capter l'attention d'un magistrat. Il tient une feuille &#224; la main, prot&#233;g&#233;e par une chemise transparente. Mais comme le tribunal l'ignore, il finit par renoncer, l'air embarrass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procureure :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#8220;&lt;/i&gt;C'est pas moi, c'est mon fr&#232;re.&lt;i&gt;&#8221;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Mais on n'a pas les coordonn&#233;es de ce fr&#232;re, il n'appara&#238;t pas sur les fichiers de police ou de justice. Il n'appara&#238;t pas non plus sur les fichiers des &#233;trangers alors qu'il est cens&#233; avoir un visa. Rachid E. a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233; en 2021 pour vol et conduite sans assurance. Et son attitude &#224; l'audience m'inqui&#232;te pour l'avenir : s'il n'est pas capable d'assumer aujourd'hui, nous le reverrons dans un box, peut-&#234;tre pour des faits plus graves !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle demande douze mois de prison avec mandat de d&#233;p&#244;t&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Le mandat de d&#233;p&#244;t permet au tribunal d'envoyer le condamn&#233; en prison (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et la confiscation du v&#233;hicule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocate de Rachid E. d&#233;fend mollement sa version des faits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il est difficile pour moi de venir contredire la parole de mon client. S'il a dit qu'il n'y &#233;tait pas, probablement qu'il n'y &#233;tait pas ! Le doute doit lui profiter.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le tribunal se retire pour d&#233;lib&#233;rer, la femme du pr&#233;venu et l'homme qui avait voulu prendre la parole discutent &#226;prement avec l'avocate de la d&#233;fense. Ils sont rejoints par un monsieur qui ressemble au pr&#233;venu comme deux gouttes d'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les juges reviennent et condamnent Rachid E. &#224; un an de prison avec un mandat de d&#233;p&#244;t. Le pr&#233;sident ajoute tout de m&#234;me, un peu g&#234;n&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le tribunal a remarqu&#233; trop tard que le passager &#233;tait dans la salle&#8230; Par ailleurs, on ne l'a pas vu monter au plafond, hein !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par La Sellette&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Retrouvez d'autres chroniques sur le site : lasellette.org.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Le mandat de d&#233;p&#244;t permet au tribunal d'envoyer le condamn&#233; en prison imm&#233;diatement apr&#232;s l'audience.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les assises de TikTok</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-assises-de-TikTok</link>
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		<dc:date>2024-11-21T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Constance Vilanova</dc:creator>


		<dc:subject>Capture d'&#233;cran</dc:subject>
		<dc:subject>Phil&#233;mon Collafarina</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les bas-fonds des r&#233;seaux sociaux, c'est la jungle, un conglom&#233;rat de zones de non-droits o&#249; r&#232;gnent app&#226;t du gain, d&#233;sinformation et innovations p&#233;t&#233;es. On y a envoy&#233; en reportage exclusif la t&#233;m&#233;raire Constance Vilanova, pour une chronique mensuelle. Cette fois-ci : dans les eaux boueuses de TikTok, des avocats et des mascus. &#171; Et voil&#224;, on y est encore, Diddy poursuivi par une ancienne membre d'un groupe, je suis son avocate et voici pourquoi &#231;a doit vous int&#233;resser. &#187; Comme toute bonne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no235-novembre-2024-235" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;235 (novembre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Capture-d-ecran-18326" rel="tag"&gt;Capture d'&#233;cran&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Philemon-Collafarina" rel="tag"&gt;Phil&#233;mon Collafarina&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les bas-fonds des r&#233;seaux sociaux, c'est la jungle, un conglom&#233;rat de zones de non-droits o&#249; r&#232;gnent app&#226;t du gain, d&#233;sinformation et innovations p&#233;t&#233;es. On y a envoy&#233; en reportage exclusif la t&#233;m&#233;raire Constance Vilanova, pour une chronique mensuelle. Cette fois-ci : dans les eaux boueuses de TikTok, des avocats et des mascus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5852 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH414/web_235_13_depp_collafarina_620px-fa38a.jpg?1768650909' width='500' height='414' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Phil&#233;mon Collafarina
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; E&lt;/span&gt;&lt;i&gt;t voil&#224;, on y est encore, Diddy poursuivi par une ancienne membre d'un groupe, je suis son avocate et voici pourquoi &#231;a doit vous int&#233;resser.&lt;/i&gt; &#187; Comme toute bonne tiktokeuse, Teny Geragos, la trentaine, a pris soin de d&#233;tourer son visage gr&#226;ce &#224; l'effet &#171; fond vert &#187;. Ce format s'appelle un &#171; &lt;i&gt;react&lt;/i&gt; &#187;. En second plan, un article du m&#233;dia people &lt;i&gt;TMZ&lt;/i&gt;. Dans la soir&#233;e du 16 septembre 2024, Puff Daddy, producteur et rappeur a &#233;t&#233; interpell&#233; par la police &#224; New York. Il est accus&#233; de violences et de trafic sexuels depuis un an. Les t&#233;moignages se comptent par centaines, d&#233;peignant un syst&#232;me et une loi du silence gerbante. Alors, la d&#233;fense de Puff Daddy s'organise sur les r&#233;seaux. Le 10 septembre, la chanteuse Dawn Richard porte plainte. Ex-participante de l'&#233;mission &#171; Making the band &#187;, une t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233; cr&#233;&#233;e par le rappeur pour la cha&#238;ne MTV, Dawn Richard d&#233;crit des ann&#233;es de violences psychologiques et physiques. Le lendemain, Teny Geragos r&#233;pond dans sa vid&#233;o TikTok et diffuse des messages entre le producteur et sa victime. Classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant, les avocats s'appuyaient sur les tablo&#239;ds pour faire fuiter des informations sur la partie adverse. Aujourd'hui, c'est TikTok qui renverse l'opinion et sert de salle d'audience. Le point de bascule ? Le proc&#232;s entre Johnny Depp et son ex-&#233;pouse, &#173;l'actrice Amber Heard, en 2022. Sujet trop &#171; &lt;i&gt;people&lt;/i&gt; &#187; pour les m&#233;dias g&#233;n&#233;ralistes, qui boudent les premiers jours d'audience. Dans leur angle mort, les masculinistes s'emparent de TikTok et le hashtag &lt;i&gt;JusticeForJohnnyDepp&lt;/i&gt; d&#233;ferle sur le r&#233;seau. 450 000 publications, des milliards de vues. En face #&lt;i&gt;Istandwithamber&lt;/i&gt; (je d&#233;fends Amber) fait peine &#224; voir avec ses 6 200 posts. Malgr&#233; les preuves accablantes de violences subies par la jeune femme, Internet se range derri&#232;re Johnny.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus proche de nous, le proc&#232;s Mazan s'est lui aussi d&#233;plac&#233; sur les r&#233;seaux. Sa star : Nadia El Bouroumi, l'avocate de deux accus&#233;s, qui chronique les audiences sur son compte Instagram. Le 19 septembre, elle poste une vid&#233;o d'elle, dansant dans sa voiture sur les paroles d'un morceau du groupe Wham !, &#171; Wake me up before you go-go &#187; (r&#233;veille-moi avant de partir). La p&#233;naliste se d&#233;fend d'avoir fait allusion &#224; la soumission chimique dont a &#233;t&#233; victime Gis&#232;le P&#233;licot quand ses deux clients l'ont viol&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie est toujours la m&#234;me : faire des hommes violents des martyrs post&#173;MeToo. Pour rappel, depuis son proc&#232;s, Johnny Depp a &#233;t&#233; &#224; l'affiche d'un film de Ma&#239;wenn et a renouvel&#233; son contrat avec Dior, devenant l'&#233;g&#233;rie masculine de parfumerie la mieux pay&#233;e de l'histoire. Amber Heard, elle, n'a plus de contrat. Ray&#233;e d'Hollywood, elle vit sous une fausse identit&#233; loin de ses proches. Merci les juristes de TikTok.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Constance Vilanova&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Labo borderline </title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Labo-borderline</link>
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		<dc:date>2024-11-21T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>A&#239;e Tech</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mois apr&#232;s mois, A&#239;e Tech d&#233;fonce la technologie et ses vains mirages. Vingt et uni&#232;me &#233;pisode d&#233;di&#233; au d&#233;ploiement d'avatars high-tech dans les espaces frontaliers, v&#233;ritables labos de la surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Youpi. Vieux fantasme policier aux relents de fumisterie, le d&#233;tecteur de mensonges tant pris&#233; par Hollywood et les s&#233;ries polici&#232;res vit une seconde jeunesse gr&#226;ce &#224; l'intelligence artificielle (IA). Des applications telles que LiarLiar.ai promettent ainsi de d&#233;nicher les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no235-novembre-2024-235" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;235 (novembre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aie-Tech" rel="tag"&gt;A&#239;e Tech&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mois apr&#232;s mois, A&#239;e Tech d&#233;fonce la technologie et ses vains mirages. Vingt et uni&#232;me &#233;pisode d&#233;di&#233; au d&#233;ploiement d'avatars &lt;i&gt;high-tech&lt;/i&gt; dans les espaces frontaliers, v&#233;ritables labos de la surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5865 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/thewalls.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/thewalls-24c26.jpg?1768650909' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Y&lt;/span&gt;oupi. Vieux fantasme policier aux relents de fumisterie&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Les D&#233;tecteurs de mensonge : recherche d'aveu et traque de la v&#233;rit&#233;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le d&#233;tecteur de mensonges tant pris&#233; par Hollywood et les s&#233;ries polici&#232;res vit une seconde jeunesse gr&#226;ce &#224; l'intelligence artificielle (IA). Des applications telles que LiarLiar.ai promettent ainsi de d&#233;nicher les bobards des personnes avec qui tu causes, en se basant sur l'analyse des expressions faciales. Ta maman te ment quand elle te dit qu'elle t'aime sur Skype ? D&#233;masqu&#233;e la tra&#238;tresse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bancal ? Oh que oui. Mais il est d&#233;j&#224; un champ o&#249; ce type d'outil flippant est exp&#233;riment&#233; : celui du contr&#244;le aux fronti&#232;res. Financ&#233; par l'Union europ&#233;enne, l'un des avatars de cette fuite en avant parano, &#171; iBorderCtrl &#187;, a &#233;t&#233; test&#233; en Hongrie, en Gr&#232;ce et en Lettonie sur des personnes exil&#233;es. Ce garde-fronti&#232;re virtuel empile les questions et analyse le regard, la voix, les clignements oculaires&#8230; Plus besoin d'humains pour filtrer les ind&#233;sirables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre &lt;i&gt;The Walls Have Eyes, Surviving Migration in the Age of Artificial Intelligence &lt;/i&gt;(The New Press, 2024), la juriste am&#233;ricaine et sp&#233;cialiste des fronti&#232;res Petra Molnar diss&#232;que l'utilisation grandissante de l'IA dans les fronti&#232;res, notamment concernant la &#171; gestion &#187; des personnes exil&#233;es avant et apr&#232;s leur entr&#233;e sur le territoire. Il ne s'agit pas que de capteurs sensoriels ou de drones, ni de chiens robots (qui commencent &#224; &#234;tre d&#233;ploy&#233;s &#224; la fronti&#232;re mexicaine, &lt;i&gt;truc de wouf&lt;/i&gt;), mais aussi d'un nuage technologique traquant l'ensemble des interactions des exil&#233;s, souvent avant m&#234;me qu'ils ne franchissent la fronti&#232;re. Exemple entre mille, le &#171; &lt;i&gt;social media scrapping&lt;/i&gt; &#187;, extraction des donn&#233;es des r&#233;seaux sociaux, permet de dresser des profils personnels plus complets que ceux construits sur les simples donn&#233;es biom&#233;triques. Tu suis sur les r&#233;seaux un groupe de rap anar palestinien ? C'est mal barr&#233; pour ta demande d'asile&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre, Petra Molnar &#233;voque &#233;galement la cinquantaine de tours de surveillance &#171; intelligentes &#187; d&#233;ploy&#233;es en Arizona, &#224; quelques kilom&#232;tres de la fronti&#232;re, et fabriqu&#233;es par le g&#233;ant de l'armement isra&#233;lien Elbit System. La chercheuse cite un flic frontalier &#233;namour&#233; d&#233;clarant que ces miradors &lt;i&gt;high-tech&lt;/i&gt; sont &#171; &lt;i&gt;des partenaires qui ne dorment jamais, n'ont jamais besoin d'une pause caf&#233;, et m&#234;me ne clignent jamais des yeux&lt;/i&gt; &#187;. Des surhommes, donc. R&#233;sultat des courses ? Les exil&#233;s sont forc&#233;s d'emprunter des routes toujours plus dangereuses. La fronti&#232;re &#171; intelligente &#187; vant&#233;e par les administrations Biden ou Obama rivalise en fourberie meurtri&#232;re avec le plus basique &#171; mur de Trump &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;i&gt;Les D&#233;tecteurs de mensonge : recherche d'aveu et traque de la v&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;, Vanessa Codaccioni, Textuel, 2024.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'occidentalisme n'est pas un humanisme</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/L-occidentalisme-n-est-pas-un</link>
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		<dc:date>2024-11-21T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>In&#232;s Atek</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour la troisi&#232;me fois cons&#233;cutive, les &#201;ditions Libres publient Portrait du colonialiste : l'effet boomerang de sa violence et de ses destructions de l'anthropologue J&#233;r&#233;mie Piolat. Cette fois, il est agr&#233;ment&#233; d'un ultime chapitre de l'auteur et d'une postface implacable sign&#233;e Jacinthe Mazzocchetti. &#171; Que nous est-il arriv&#233; ? &#187; : c'est la question pos&#233;e par J&#233;r&#233;mie Piolat tout au long de son essai. L'ancien danseur professionnel et aujourd'hui docteur en sciences politiques et sociales (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no235-novembre-2024-235" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;235 (novembre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour la troisi&#232;me fois cons&#233;cutive, les &#201;ditions Libres publient &lt;i&gt;Portrait du colonialiste : l'effet boomerang de sa violence et de ses destructions&lt;/i&gt; de l'anthropologue J&#233;r&#233;mie Piolat. Cette fois, il est agr&#233;ment&#233; d'un ultime chapitre de l'auteur et d'une postface implacable sign&#233;e Jacinthe Mazzocchetti.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5864 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/port.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH356/port-8350a.jpg?1768650910' width='500' height='356' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; Q&lt;/span&gt;&lt;i&gt;ue nous est-il arriv&#233; ?&lt;/i&gt; &#187; : c'est la question pos&#233;e par J&#233;r&#233;mie Piolat tout au long de son essai. L'ancien danseur professionnel et aujourd'hui docteur en sciences politiques et sociales constate avec effroi : les cultures populaires Europ&#233;ennes de l'ouest ont disparu. &#192; part quelques &#238;lots de r&#233;sistance (comme la Corse), les langues, danses et chants traditionnels sont tomb&#233;s dans l'oubli. Mais point de chauvinisme nostalgique chez l'auteur. Ce qu'il d&#233;nonce, c'est un mal bien plus vaste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jacobinisme et les pr&#233;mices de l'&#201;tat-nation ont ravag&#233; les liens des peuples avec leur terre. Celle-ci est r&#233;quisitionn&#233;e pour r&#233;pondre aux demandes du march&#233; et les communaut&#233;s qui s'y trouvent se disloquent. Dans une interview&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; La colonisation a commenc&#233; ici &#187;, CQFD n&#176;100 (mai 2012).&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; r&#233;alis&#233;e par notre cher Bruno Le Dantec, Piolat expliquait : &#171; &lt;i&gt;Sans cette s&#233;rie de ravages, le d&#233;veloppement capitaliste n'aurait pas &#233;t&#233; concevable. Il fallait apprendre aux peuples &#224; m&#233;priser tout ce que le capitalisme a besoin de ravager pour se d&#233;velopper. La colonisation, sous sa forme moderne, a &#233;t&#233; fond&#233;e ici avant de s'exporter avec les violences et les horreurs que l'on sait &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si les pr&#233;judices caus&#233;s par la colonisation sur les cultures et les psych&#233;s des &#171; extra-Occidentaux &#187; sont bien connus, il est moins &#233;vident de voir &#224; quel point ils ont &#339;uvr&#233; aussi ici. C'est justement ce que Piolat entreprend de d&#233;crire. Il analyse le rapport au corps &#8211; notamment la danse et le chant &#8211; la parentalit&#233; ou le placement des personnes &#226;g&#233;es en maison de retraite, et d&#233;montre tout ce que le capitalisme nous a fait perdre de liens communautaires. Et si ces cons&#233;quences ne sont pas conscientis&#233;es, c'est &#224; cause d'un d&#233;ni &#224; grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier chapitre de cette &#233;dition d&#233;veloppe le mythe d'une sup&#233;riorit&#233; morale : &#171; l'occidentalisme &#187;. Un concept qu'il d&#233;finit comme &#171; &lt;i&gt;l'id&#233;ologie et la pratique politique qui tendent &#224; placer l'Occident &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; au centre et en haut du monde&lt;/i&gt; &#187;. Cette conception hi&#233;rarchis&#233;e du monde fait de l'Occident l'&#233;picentre du racisme. L'&#233;criture de ce chapitre en avril 2024 est d'ailleurs concomitante aux crimes de masse commis en Palestine par Isra&#235;l, avec le soutien des Occidentaux. Le colonialisme perdure. Pour y mettre un terme, rompre avec l'occidentalisme est une n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;In&#232;s Atek&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-colonisation-a-commence-ici' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La colonisation a commenc&#233; ici&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;100 (mai 2012).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En Martinique : &#171; On demande du pain et on nous donne du plomb &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/En-Martinique-On-demande-du-pain</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/En-Martinique-On-demande-du-pain</guid>
		<dc:date>2024-11-14T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ga&#235;lle Desnos</dc:creator>


		<dc:subject>Aur&#233;lien Godin</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis deux mois, les Martiniquais&#183;es sont mobilis&#233;&#183;es contre la vie ch&#232;re. Emmen&#233;&#183;es par le Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-carib&#233;ens (RPPRAC), iels exigent la r&#233;duction des prix sur l'ensemble des produits alimentaires. Entretien avec une militante impliqu&#233;e dans le mouvement. Voil&#224; une quinzaine d'ann&#233;es que l'histoire des outre-mer fran&#231;ais s'&#233;maille de grands mouvements sociaux. Depuis le 1er septembre dernier, c'est la Martinique qui relance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no235-novembre-2024-235" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;235 (novembre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aurelien-Godin" rel="tag"&gt;Aur&#233;lien Godin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH75/capture_d_e_cran_2024-11-14_a_14.06_57-fe908.png?1768650911' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis deux mois, les Martiniquais&#183;es sont mobilis&#233;&#183;es contre la vie ch&#232;re. Emmen&#233;&#183;es par le Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-carib&#233;ens (RPPRAC), iels exigent la r&#233;duction des prix sur l'ensemble des produits alimentaires. Entretien avec une militante impliqu&#233;e dans le mouvement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5829 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L490xH620/web_235_04_martinique_godin_620px-73fc5.jpg?1768650911' width='490' height='620' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Aur&#233;lien Godin
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;V&lt;/span&gt;oil&#224; une quinzaine d'ann&#233;es que l'histoire des outre-mer fran&#231;ais s'&#233;maille de grands mouvements sociaux&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2008-2009 en Guyane et dans les Antilles, en 2010-2011 &#224; la R&#233;union, en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Depuis le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; septembre dernier, c'est la Martinique qui relance l'offensive contre la vie ch&#232;re, vieille probl&#233;matique des territoires ultramarins, o&#249; la grande pauvret&#233; touche 5 &#224; 15 fois plus que la France hexagonale. Dans le giron des manifestant&#183;es ? Les grands groupes, d&#233;tenus par quelques descendant&#183;es de colons, qui contr&#244;lent le march&#233;, margent grassement sur le dos de la population et refusent d'&#234;tre transparents sur la fa&#231;on dont leurs prix sont fix&#233;s. Sur une &#238;le avec peu d'industries et o&#249; l'immense majorit&#233; de ce qui est consomm&#233; est import&#233;e, ils font la loi. &#192; cela, les Antillais&#183;es ont donn&#233; un nom : la &#171; &lt;i&gt;pwofitasyon&lt;/i&gt; &#187;, ou l'exploitation outranci&#232;re op&#233;r&#233;e par ces monopoles &#233;conomiques et financiers.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Nous voulons un alignement des prix sur ceux de la France hexagonale de tout l'alimentaire &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'initiative de la mobilisation actuelle en Martinique : le Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-carib&#233;ens (RPPRAC), un collectif r&#233;cent qui pr&#244;ne une pluralit&#233; des causes (environnementales, judiciaires, sociales, culturelles). Ses membres sont sur le pont nuit et jour pour participer aux n&#233;gociations avec les autorit&#233;s locales, tout en coordonnant et soutenant les actions de barrages routiers, de blocages de ronds-points et de d&#233;sob&#233;issance civile dans les supermarch&#233;s. Le 26 septembre, alors que le mouvement prend de l'ampleur, il est rejoint par la CGT Martinique. R&#233;ponse de Paris : &#171; &lt;i&gt;On va r&#233;tablir l'ordre&lt;/i&gt; &#187; mart&#232;le Bruno Retailleau, tandis que Michel Barnier pr&#233;voit d'amputer 250 millions d'euros de dotations annuelles sur le budget des outre-mer dans son projet de loi de finances 2025. Puis le 16 octobre dernier, le pr&#233;fet de Martinique Jean-Christophe Bouvier d&#233;cide de signer un accord avec les distributeurs au nez et &#224; la barbe des Martiniquais&#183;es. Le jugeant insuffisant, le RPPRAC quitte la table des n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation continue. Entretien avec Gwladys Roger du RPPRAC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mouvement social contre la vie ch&#232;re en Martinique a d&#233;but&#233; le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; septembre dernier. Comment s'est-il d&#233;cid&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La d&#233;cision a &#233;t&#233; prise suite &#224; une r&#233;union d'une dizaine d'organisations syndicales, associatives et politiques, autour d'enjeux touchant la Martinique, sans que soit abord&#233;e la vie ch&#232;re. Partant de l&#224;, nous avons d&#233;cid&#233; de prendre nous-m&#234;me ce sujet &#224; bras le corps. En Martinique, le probl&#232;me de la vie ch&#232;re est bien connu, et malgr&#233; le grand mouvement social de 2009 sur ce sujet [&lt;i&gt;voir encadr&#233;&lt;/i&gt;], il persiste et s'intensifie. En janvier dernier, on a lanc&#233; notre premier direct sur les r&#233;seaux sociaux en faisant des comparaisons de prix. On a r&#233;alis&#233; que les &#233;carts &#233;taient consid&#233;rables avec la France hexagonale [&lt;i&gt;voir encadr&#233;&lt;/i&gt;]. La situation devient difficile pour tous les corps de m&#233;tiers, y compris ceux &#8220;aux 40 %&#8221;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les fonctionnaires mut&#233;s en outre-mer b&#233;n&#233;ficient d'une &#171; sur-r&#233;mun&#233;ration &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; comme les fonctionnaires. Face &#224; cette situation, nous avons d&#233;cid&#233; d'enqu&#234;ter et de &#8220;provoquer&#8221; une solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juillet, nous avons adress&#233; un courrier d'injonction par recommand&#233; &#224; la grande distribution et au pr&#233;fet de la Martinique. On leur donnait jusqu'au 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; septembre pour organiser l'alignement des prix des produits alimentaires martiniquais sur ceux de l'Hexagone. Ce n'est que le 30 ao&#251;t que la grande distribution a finalement r&#233;agi. Dans son courrier, elle parle de contraintes &#8220;structurelles&#8221; pour justifier ses prix, et &#233;voque une vague r&#233;duction de 20 % sur une s&#233;lection de produits, sous condition de la suppression de l'octroi de mer&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'octroi de mer est une taxe douani&#232;re abolie en France hexagonale en 1791, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Nous n'avons pas &#233;t&#233; convaincus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;voquez le mouvement de 2009 ; depuis cette mobilisation rien n'a chang&#233; selon vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 2009, les prix &#233;taient d&#233;j&#224; irrespirables pour la population, mais depuis ils ont continu&#233; de grimper ! D'apr&#232;s nos comparaisons, de tr&#232;s nombreux produits sont vendus &#224; des taux bien sup&#233;rieurs aux 40 % admis par la grande distribution et &#233;voqu&#233;s partout dans les m&#233;dias. Les salaires du priv&#233;, les retraites et les minimas sociaux, eux, n'ont connu aucune augmentation.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Il serait temps que la grande distribution fasse preuve de moins de voracit&#233; &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On nous parle des mesures d&#233;j&#224; mises en place, comme le &#8220;bouclier qualit&#233;-prix&#8221; sur une centaine de produits. Mais les hypermarch&#233;s ont plus de 40 000 r&#233;f&#233;rences dans leurs rayons ! Qui peut sinc&#232;rement se contenter d'une centaine de produits ? Sommes-nous des mendiants ? On nous parle aussi de diversification alimentaire... Soit. Mais le Posei&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Programme d'options sp&#233;cifiques &#224; l'&#233;loignement et &#224; l'insularit&#233;. En 2021, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, un programme europ&#233;en cens&#233; aider l'agriculture locale dans les r&#233;gions insulaires, b&#233;n&#233;ficie encore majoritairement &#224; la banane. D'ailleurs, ce produit local se vend plus cher en Martinique qu'en France hexagonale, o&#249; il est pourtant import&#233; ! Quant &#224; la hausse de 200 euros sur les bas salaires, la mesure &#233;tait conditionn&#233;e &#224; un d&#233;p&#244;t de dossier, &#233;tape que beaucoup n'ont pas franchie. Pour ceux qui l'ont fait, &#231;a les a surtout rendus imposables alors qu'ils ne l'&#233;taient pas avant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Prix choc&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 2022, l'Insee estimait l'&#233;cart de prix entre la Martinique et la France hexagonale &#224; 14 % en moyenne, et plus de 40 % pour l'alimentaire. Mais depuis le d&#233;but de la mobilisation, des images de prix bien plus &#233;lev&#233;s circulent sur les r&#233;seaux sociaux. &#171; &lt;i&gt;Si je veux m'acheter un paquet de g&#226;teau, c'est le prix d'un grec !&lt;/i&gt; &#187; ironise un internaute sur X, montrant un paquet de dix D&#233;lichoc &#224; 7,07 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mi-septembre, le d&#233;veloppeur martiniquais Robeen Sim&#233;on a mis en ligne Kipri, un comparateur de prix qui entend offrir des informations fiables et concr&#232;tes sur les prix et leur &#233;volution en Martinique par rapport &#224; ceux de la France hexagonale. Collect&#233;es directement sur les sites en ligne des enseignes, les donn&#233;es proviennent du Leclerc de Lamentin en Martinique et des Leclerc de Toulouse et Montpellier pour l'Hexagone. Illustration : 500 grammes de coquillettes Barilla valent 1,04 euro en Hexagone contre &#224; 2,15 euros en Martinique, le pack d'eau Volvic est &#224; 3,17 euros contre 7,30 euros. Et le PQ ? Six rouleaux de la marque Mimosa se dealent &#224; 2,85 euros en Hexagone contre 5,98 euros en Martinique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40 % vous avez dit ? &#199;a d&#233;pend pour quels produits, on dirait !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les actions qui ont &#233;t&#233; initi&#233;es depuis le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; septembre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous avons essay&#233; d'&#233;viter les traditionnelles marches devant la pr&#233;fecture et sur les routes qui ne nous ont jusqu'ici rien apport&#233; de concret. &#192; la place, nous avons opt&#233; pour des actions de d&#233;sob&#233;issance civile non violentes, telles que les op&#233;rations &#8220;caddie vide&#8221; dans les hypermarch&#233;s. Cela consiste &#224; remplir des caddies, examiner le montant &#224; la caisse, puis &#224; faire retirer les articles un &#224; un jusqu'&#224; repartir les mains vides. On a commenc&#233; par des produits secs, puis on est pass&#233; aux produits surgel&#233;s. Cela engendre des pertes l&#233;gales aux supermarch&#233;s, oblig&#233;s de jeter les produits une fois la cha&#238;ne du froid interrompue. Ces op&#233;rations ont &#233;t&#233; r&#233;p&#233;t&#233;es jusqu'&#224; la fermeture des magasins, trop impact&#233;s dans leur chiffre d'affaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Martinique, quand on parle de la vie ch&#232;re, les distributeurs r&#233;pondent : taxes, transports, interm&#233;diaires&#8230; Que pensez-vous de ces arguments ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En effet, la diff&#233;rence de prix serait due aux co&#251;ts et &#224; la complexit&#233; des cha&#238;nes de transport, &#233;tant donn&#233; que notre territoire importe la majorit&#233; de ses biens, y compris alimentaires. On nous dit que nous devons nous approvisionner &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; la France, justifiant cela par un &#8220;c'est ainsi&#8221;. La grande distribution pr&#233;tend r&#233;aliser des marges de seulement 1 &#224; 2 %, ce qui nous semble peu cr&#233;dible au vu des &#233;carts de prix. De petits calculs pas tr&#232;s savants r&#233;v&#232;lent de tr&#232;s grandes disparit&#233;s. Nous nous interrogeons : si ce n'est pas aux distributeurs, alors &#224; qui profite le crime ? Qui sont ces fameux interm&#233;diaires ? [voir encadr&#233;] Nous continuons de mener notre enqu&#234;te pour identifier les responsables. Nous esp&#233;rons que chacun fera un effort pour permettre aux Martiniquais de retrouver le droit de se nourrir correctement et de vivre dignement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 16 octobre dernier, le pr&#233;fet a annonc&#233; qu'un accord avait &#233;t&#233; sign&#233; avec les distributeurs. Vous avez refus&#233; de signer, pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un point de blocage persiste. L'accord vise une r&#233;duction de 20 % en moyenne sur 54 familles de produits, soit seulement 6 000 produits. Nous, nous voulions un alignement des prix sur ceux de la France hexagonale pour tout l'alimentaire. La grande distribution argue que c'est compliqu&#233;. Je veux bien l'admettre. Mais nous avons fini par faire des concessions en proposant un diff&#233;rentiel de 15 % au maximum. Nous avons &#233;galement demand&#233; des garanties et des contraintes, pour que cela soit mis en place. C'&#233;tait la grande lacune des n&#233;gociations suite aux mobilisations de 2009, et nous ne voulons pas r&#233;p&#233;ter cette erreur. Au vu de la situation en Martinique, avec des &#233;meutes, des d&#233;gradations, des vols, un a&#233;roport qui a &#233;t&#233; occup&#233; et vandalis&#233; par des Martiniquais &#224; bout, il serait temps que la grande distribution fasse preuve de moins de voracit&#233;. &#192; ce stade, le ministre des Outre-mer doit se d&#233;placer, sinon la situation risque de rester bloqu&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mouvement s'&#233;tend-il aux autres DROM-COM&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On ne parle plus des DOM-TOM (d&#233;partements d'outre-mer et territoires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, nous avons des repr&#233;sentants en Guadeloupe et &#224; la R&#233;union. Ils nous ont soutenus d&#232;s le d&#233;but. On fait tous face au m&#234;me probl&#232;me, avec un d&#233;nominateur commun : les m&#234;mes groupes de grande distribution [&lt;i&gt;voir encadr&#233;&lt;/i&gt;]. Partant de l&#224;, une fois la solution trouv&#233;e chez nous, nous pourrons l'appliquer aux autres territoires, &#224; condition qu'ils l'acceptent. Nous avons d&#233;cid&#233;, en accord avec nos valeurs, que nous n'accepterons pas de solution qui ne concerne que nous. Notre but est de remporter une victoire qui b&#233;n&#233;ficiera &#224; tous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;15 ans que &#231;a dure&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 2008-2009 un vaste mouvement de contestation embrase les d&#233;partements fran&#231;ais d'outre-mer. C'est la Guyane qui allume la m&#232;che le 24 novembre 2008, apr&#232;s plusieurs jours de tension contre l'augmentation des prix du carburant. En janvier 2009, la Guadeloupe lui embo&#238;te le pas, suivie de pr&#232;s par l'&#238;le s&#339;ur, la Martinique, o&#249; une mar&#233;e humaine d&#233;file dans les rues de Fort-de-France le 5 f&#233;vrier en scandant &#171; Matinik l&#233;v&#233; &#187; (Martinique debout). Le collectif Liyannaj Kont Pwofitasyon (LKP) compos&#233; de syndicats, partis politiques et associations guadeloup&#233;ennes et le Collectif du 5 f&#233;vrier (K5F) martiniquais sont &#224; la man&#339;uvre dans cette mobilisation qui prend de l'ampleur. Leur leitmotiv : la lutte contre la vie ch&#232;re. Au-del&#224;, le LKP et le K5F mettent aussi en cause les discriminations, les entorses au Code du travail et les rapports sociaux h&#233;rit&#233;s de la p&#233;riode coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 44 jours de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Guadeloupe, 38 en Martinique et un blocage quasi total des Antilles fran&#231;aises (&#233;coles, magasins, stations-service, h&#244;tels, banques et commerces divers sont rest&#233;s ferm&#233;s pendant des semaines), un protocole d'accord est sign&#233;. Celui-ci pr&#233;voit notamment l'instauration d'une augmentation de 200 euros des bas salaires et un encadrement des prix sur certains produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quinze ans apr&#232;s, l'accord n'est qu'&#224; demi respect&#233; : certains patrons n'ont pas augment&#233; leurs salari&#233;s, quant aux prix, ils continuent de grimper.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mobilisation subit une r&#233;pression f&#233;roce, notamment avec l'arriv&#233;e de la CRS8, une unit&#233; de police sp&#233;cialis&#233;e dans la lutte contre les violences urbaines, aussi d&#233;ploy&#233;e &#224; Mayotte lors de l'op&#233;ration &#171; Wuambushu &#187;. Comment le vivez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D&#232;s le d&#233;but de la mobilisation, la situation a rapidement d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; avec des &#233;changes de tirs, impliquant &#224; la fois des civils et la police. Un jeune homme a &#233;t&#233; gravement bless&#233; et hospitalis&#233; avec deux balles dans le ventre. S'il commence &#224; se stabiliser, sa vie reste encore en danger. Nous supposons que les tirs &#224; balles r&#233;elles ont provoqu&#233; un certain tumulte au sein de la police. C'est &#224; partir de l&#224; qu'est intervenue la CRS8, une compagnie form&#233;e en 2021 par G&#233;rald Darmanin.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Nous subissons une r&#233;pression d'une intensit&#233; que nous n'avions pas connue depuis les ann&#233;es 1960 &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce qui nous arrive : on demande du pain et on nous donne du plomb ! Nous subissons une r&#233;pression d'une intensit&#233; que nous n'avions pas connue depuis les ann&#233;es 1960, &#233;poque &#224; laquelle un d&#233;cret avait banni ce type de brigade de notre territoire suite au d&#233;c&#232;s de trois personnes. Mais aujourd'hui &#231;a recommence, et des gens fr&#244;lent la mort ! Rodrigue Petitot, pr&#233;sident du RPPRAC, a &#233;t&#233; bless&#233; &#224; la main alors qu'il tentait de fuir les CRS. Au Carbet, des personnes &#226;g&#233;es et des p&#234;cheurs qui manifestaient pacifiquement ont &#233;t&#233; agress&#233;s par des CRS, avec un maire impuissant &#224; maintenir le calme. Face &#224; la violence, m&#234;me nos &#233;lus semblent d&#233;munis, car le pouvoir est bel et bien entre les mains du pr&#233;fet. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s la signature de l'accord, et face &#224; une crispation de la rue, comment voyez-vous la suite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La col&#232;re ne redescendra pas. Le mouvement gagne la Guyane et la Guadeloupe. Il faut donc que chacun accepte de contribuer &#224; l'effort commun. Nous avons sp&#233;cifiquement demand&#233; des mesures concernant le co&#251;t des produits alimentaires, car il est inacceptable et malhonn&#234;te de n&#233;gliger cet aspect fondamental de la vie. Mais en r&#233;alit&#233;, tout est plus cher ici : les abonnements t&#233;l&#233;phoniques, le mat&#233;riel de bricolage, les v&#234;tements, les voitures, les t&#233;l&#233;phones, les ordinateurs. Et apr&#232;s on nous dit que nous sommes des &#8220;Fran&#231;ais comme les autres&#8221; ?&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Face &#224; la violence, m&#234;me nos &#233;lus semblent d&#233;munis &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il est grand temps que cela cesse. Nous maintiendrons la pression jusqu'&#224; ce que notre cause pr&#233;vale. Aujourd'hui, des syndicats et certains politiciens, malgr&#233; nos divergences politiques, sont fermement r&#233;solus &#224; r&#233;soudre cette injustice. Il n'y a pas d'autre solution pour que la violence cesse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Ga&#235;lle Desnos&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la version papier du n&#176;235 de CQFD, cet article a &#233;t&#233; publi&#233; avec comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Empire b&#233;k&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En Martinique, une poign&#233;e de grands groupes jouissent d'une position quasi monopolistique sur l'&#233;conomie locale. Leurs dirigeants, souvent des &lt;i&gt;b&#233;k&#233;s&lt;/i&gt; (descendants des premiers colons esclavagistes), ne repr&#233;sentent que 1 % de la population. Ils chapeautent n&#233;anmoins une grande part du r&#233;seau de distribution de l'&#238;le, souvent dans l'alimentaire ou l'automobile, d&#233;tiennent 52 % des terres agricoles et 20 % de la richesse de l'&#238;le. Parmi eux, l'incontournable Bernard Hayot. Sacr&#233; &#171; empereur de la grande distribution &#187; par une presse aux petits soins, Bernard se taille la part du lion depuis 1960. Avec le confortable h&#233;ritage que lui a laiss&#233; sa famille, des colons enrichis gr&#226;ce au commerce de l'or blanc (le sucre) et aux sordides compensations de l'&#201;tat apr&#232;s l'abolition de l'esclavage en 1848, il fonde le Groupe Bernard Hayot (GBH). Depuis, du rhum au BTP en passant par l'automobile et l'alimentaire, Bernard a tout vu, tout emmagasin&#233;, tout vendu et surtout, tout achet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aventure dans la grande distrib' d&#233;marre pour lui en 1981 avec l'acquisition d'un Monoprix martiniquais (pass&#233; sous pavillon Carrefour depuis). D&#232;s lors, GBH n'a cess&#233; d'&#233;tendre ses tentacules : aujourd'hui, il poss&#232;de 11 hypermarch&#233;s Carrefour dans les territoires d'outre-mer fran&#231;ais et en R&#233;publique dominicaine, et contr&#244;le pr&#232;s de 60 % du march&#233; en Kanaky avec plusieurs enseignes. Car en plus des supermarch&#233;s, Bernard a diversifi&#233; ses activit&#233;s en acqu&#233;rant des D&#233;cathlon, M. Bricolage, Gamm vert, etc. Il est d&#233;sormais pr&#233;sent dans les Antilles, en Guyane, &#224; la R&#233;union, en Kanaky, mais aussi dans l'Hexagone, au Maroc, &#224; Trinit&#233;-et-Tobago, en R&#233;publique dominicaine et m&#234;me &#224; Cuba ! Avec &#231;a, le chiffre d'affaires de son groupe s'&#233;levait &#224; 3 milliards d'euros en 2021, et sa fortune personnelle &#224; 300 millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Racket organis&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bernard Hayot a plein de copains. Avec la famille Parfait, du groupe &#233;ponyme, la famille Fabre, du Groupe Cr&#233;O, ou encore la famille Huyghues-Despointes, du Groupe Safo, il se partage presque 60 % de la grande distribution en Martinique. Et la bande est organis&#233;e. Dans un document r&#233;cup&#233;r&#233; par l'ancien d&#233;put&#233; Johnny Hajjar aupr&#232;s du groupe Cr&#233;O, on d&#233;couvre que le distributeur achemine sa marchandise sur l'&#238;le via quatorze interm&#233;diaires. En Hexagone, seul trois interm&#233;diaires en moyenne suffisent pour que les produits venus de l'&#233;tranger arrivent sur le territoire. Or si tous facturent chaque &#233;tape de traitement de la marchandise, r&#233;alisant chaque fois une petite marge, derri&#232;re certains des interm&#233;diaires de Cr&#233;O se cachent des entreprises appartenant&#8230; &#224; Cr&#233;O et ses copains ! Rus&#233;s renards.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2008-2009 en Guyane et dans les Antilles, en 2010-2011 &#224; la R&#233;union, en 2016 &#224; Mayotte, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-fusee-decolle-mais-la-Guyane' class=&#034;spip_in&#034;&gt;2017 en Guyane&lt;/a&gt;, en 2018 pendant les Gilets jaunes, en 2021 sur la question des vaccins et de la vie ch&#232;re en Guadeloupe et en Martinique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les fonctionnaires mut&#233;s en outre-mer b&#233;n&#233;ficient d'une &#171; sur-r&#233;mun&#233;ration &#187; de 40 % en Martinique, Guadeloupe, Guyane et &#224; Mayotte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'octroi de mer est une taxe douani&#232;re abolie en France hexagonale en 1791, remise puis retir&#233;e plusieurs fois, avant d'&#234;tre d&#233;finitivement supprim&#233;e en 1943. Elle est toujours en vigueur dans les d&#233;partements d'outre-mer. La Cour des comptes a r&#233;cemment calcul&#233; que son impact sur les prix martiniquais &#233;tait de l'ordre de 5 &#224; 10 %.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Programme d'options sp&#233;cifiques &#224; l'&#233;loignement et &#224; l'insularit&#233;. En 2021, sur les 121,8 millions, la fili&#232;re banane captait &#224; elle seule plus des 3/4 de l'enveloppe avec un montant de 95,4 millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On ne parle plus des DOM-TOM (d&#233;partements d'outre-mer et territoires d'outre-mer) mais des d&#233;partements et r&#233;gions d'outre-mer (DROM) et collectivit&#233;s d'outre-mer (COM).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans la version papier du n&#176;235 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, cet article a &#233;t&#233; publi&#233; avec comme surtitre &#171; La Martinique embrase les Antilles &#187;. Le titre &#233;tait simplement &#171; &#034;On demande du pain et on nous donne du plomb&#034; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face &#224; la LGV, un freinage d'urgence</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Face-a-la-LGV-un-freinage-d</link>
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		<dc:date>2024-11-14T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marius Jouanny</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lias</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du 11 au 13 octobre, &#224; l'initiative des Soul&#232;vements de la Terre et de LGV non merci, 1 500 personnes se sont rassembl&#233;es en Gironde, pour exiger l'annulation du projet de ligne ferroviaire &#224; grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse-Dax. Reportage. &#171; On la surnomme &#8220;l'autoroute ferroviaire sur pilotis&#8221;, avec ses 28 kilom&#232;tres de viaducs, tunnels et ponts &#187;, r&#233;sume Sarah des Soul&#232;vements de la Terre lors d'une r&#233;union d'information sur le projet de ligne &#224; grande vitesse (LGV) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no235-novembre-2024-235" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;235 (novembre 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Elias-18275" rel="tag"&gt;&#201;lias&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 11 au 13 octobre, &#224; l'initiative des Soul&#232;vements de la Terre et de LGV non merci, 1 500 personnes se sont rassembl&#233;es en Gironde, pour exiger l'annulation du projet de ligne ferroviaire &#224; grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse-Dax. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5830 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;7&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L430xH620/web_235_06_elias_lgv_620px-8e0d1.jpg?1768650912' width='430' height='620' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#201;lias
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; O&lt;/span&gt;&lt;i&gt;n la surnomme &#8220;l'autoroute ferroviaire sur pilotis&#8221;, avec ses 28 kilom&#232;tres de viaducs, tunnels et ponts&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Sarah des Soul&#232;vements de la Terre lors d'une r&#233;union d'information sur le projet de ligne &#224; grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse-Dax, le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; octobre &#224; Angoul&#234;me. En amont du week-end de mobilisation pr&#233;vu du 11 au 13 octobre, LGV non merci, r&#233;unissant une vingtaine de groupes locaux, et les Soul&#232;vements de la Terre ont redoubl&#233; d'efforts pour alerter sur l'impact de ce qu'ils consid&#232;rent &#234;tre un &#233;ni&#232;me grand projet inutile. Artificialisation des terres, potentielle disparition d'esp&#232;ces, budget colossal, petites lignes abandonn&#233;es&#8230; Dans les tuyaux depuis une trentaine d'ann&#233;es, la LGV reste pourtant un projet moins m&#233;diatis&#233; que d'autres, tels que celui de l'A69 ou des m&#233;gabassines. Promu par la SNCF comme une solution de &#171; mobilit&#233; plus durable &#187;, il b&#233;n&#233;ficie de l'image verte du transport ferroviaire. Selon les militant&#183;es, la LGV s'annonce au contraire comme &#171; &lt;i&gt;un gigantesque carnage&lt;/i&gt; &#187;, tant sur le plan environnemental que sur le plan social.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Oui mais d&#233;carbon&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Initi&#233;e en 1991 par l'&#201;tat, la LGV Bordeaux-Toulouse-Dax pr&#233;voit de s'&#233;taler sur environ 200 kilom&#232;tres. Une fois op&#233;rationnelle &#8211; la livraison est pr&#233;vue pour 2030 &#8211;, la ligne devrait permettre de parcourir la distance entre Bordeaux et Toulouse en 1h15 sans halte et en 1h20 avec un arr&#234;t &#224; Agen, contre 2h22 actuellement. Un gain de temps que les promoteurs du projet ne manquent pas de souligner. &#192; la r&#233;union d'information des Soul&#232;vements de la Terre et de LGV non merci, Sarah explique : &#171; L&lt;i&gt;a LGV b&#233;n&#233;ficie aux entreprises du BTP comme Egis et Ginger CEBTP, et participe &#224; la gentrification de Bordeaux, Toulouse et Agen. Des m&#233;dias lib&#233;raux tels que&lt;/i&gt; Capital &lt;i&gt;conseillent d&#233;j&#224; d'y effectuer de juteuses op&#233;rations immobili&#232;res !&lt;/i&gt; &#187; Dans les m&#233;dias locaux, la socialiste et pr&#233;sidente de la r&#233;gion Occitanie Carole Delga en fr&#233;tille d'avance : le projet serait &#171; &lt;i&gt;la meilleure alternative d&#233;carbon&#233;e pour relier nos territoires, entreprises et universit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Les travaux s'attaqueraient &#224; huit zones Natura 2 000 habit&#233;es par pr&#232;s de 200 esp&#232;ces prot&#233;g&#233;es ! &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;LGV non merci et les Soul&#232;vements de la Terre ne l'entendent pas de cette oreille. Ils rappellent que la construction pr&#233;voit d'artificialiser 4 800 hectares, dont pr&#232;s de 3 000 de for&#234;ts et 1 200 de terres agricoles. &#171; &lt;i&gt;Les travaux s'attaqueraient &#224; huit zones Natura 2000 habit&#233;es par pr&#232;s de 200 esp&#232;ces prot&#233;g&#233;es !&lt;/i&gt; &#187;, explique Sarah. Budget total pour une telle boucherie ? 14 milliards d'euros, &#171; &lt;i&gt;qui devraient monter facile &#224; 18 milliards avec l'inflation&lt;/i&gt; &#187;. Une coquette somme que l'&#201;tat compte financer &#224; 40 %, tout en esp&#233;rant que l'Union europ&#233;enne contribue &#224; hauteur de 20 %. Pour cela la LGV doit aller jusqu'en Espagne, mais la mobilisation dans le Pays basque a &#233;t&#233; telle que le projet est aujourd'hui suspendu. Enfin, les 40 % restants sont pour la pomme des 25 collectivit&#233;s sur le trac&#233; de la LGV.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une ligne antisociale &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur le lieu de la mobilisation, une propri&#233;t&#233; priv&#233;e de Lerm-et-Musset, en Gironde, les opposant&#183;es au projet insistent sur son caract&#232;re antid&#233;mocratique. &#171; &lt;i&gt;Ici, on est entour&#233; de communes qui se sont prononc&#233;es contre&lt;/i&gt; &#187;, tance Agn&#232;s, membre locale de LGV non merci. En effet, lors des diff&#233;rentes enqu&#234;tes publiques et environnementales, le projet a re&#231;u plus de 90 % d'avis d&#233;favorables. &#171; &lt;i&gt;Mais l'&#201;tat l'a quand m&#234;me relanc&#233; en 2021 apr&#232;s sa mise en sommeil !&lt;/i&gt; &#187; Les critiques portent &#233;galement sur l'&#171; imp&#244;t LGV &#187;, qui vient gonfler pour 40 ans la taxe fonci&#232;re des propri&#233;taires vivant dans les 2 340 communes &#224; moins d'une heure d'une future gare TGV. Ils participeraient ainsi aux 40 % de financement du projet d&#233;volu aux collectivit&#233;s. Comme l'indiquent des dizaines de pancartes &#224; l'entr&#233;e de plusieurs d'entre elles, certain&#183;es propri&#233;taires refusent de payer. &#171; &lt;i&gt;Tout &#231;a pour que des Parisiens puissent venir plus rapidement &#224; Toulouse !&lt;/i&gt; &#187; grince Agn&#232;s. La LGV r&#233;duirait en effet d'une heure le trajet en train actuel entre Paris et Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Lors des diff&#233;rentes enqu&#234;tes publiques et environnementales, le projet a re&#231;u plus de 90 % d'avis d&#233;favorables&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;D'autres pointent le caract&#232;re antisocial du projet, dans le contexte d'une d&#233;t&#233;rioration du service public ferroviaire sur les petites lignes. Dans les ann&#233;es 1930, la France comptait jusqu'&#224; 70 000 kilom&#232;tres de lignes. Aujourd'hui, il en reste moins de 30 000 kilom&#232;tres, dont environ 9 000 de petites lignes. &#171; &lt;i&gt;Nombre de lyc&#233;en&#183;es et &#233;tudiant&#183;es nous ont rejoint car ils et elles constatent la d&#233;gradation du train dans leurs trajets quotidiens : TER bond&#233;s, supprim&#233;s ou en retard&lt;/i&gt;, explique Richard, un autre militant local. &lt;i&gt;Ces probl&#232;mes ne seront pas r&#233;solus par la LGV, con&#231;ue pour les habitant&#183;es des m&#233;tropoles !&lt;/i&gt; &#187; Dans la r&#233;gion, des usager&#183;es exc&#233;d&#233;&#183;es se sont m&#234;me organis&#233;&#183;es en groupes sur les r&#233;seaux sociaux, distribuent des tracts aux passager&#183;es ou ne pr&#233;sentent plus leurs titres de transport en signe de protestation. Pour rappel, seuls 5 % des voyages en train dans l'Hexagone se font en TGV, et 48 % de leurs usager&#183;es sont des cadres et professions intellectuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les LGV sont aux petites lignes ferroviaires ce que les autoroutes sont aux d&#233;partementales&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Matthieu, adh&#233;rent du collectif Angoulim. Le militant peste contre le prix &#233;lev&#233; des billets de TGV, aussi dissuasifs qu'un p&#233;age autoroutier, et se bat pour la r&#233;ouverture des lignes TER, dont celle qui fait Angoul&#234;me-Limoges. &#171; &lt;i&gt;Abandonn&#233;e depuis six ans, la ligne n&#233;cessite une r&#233;novation totale. Angoulim a saisi la Cour des comptes pour &#8220;abandon d'infrastructure publique&#8221;. Pour temporiser, la SNCF a annonc&#233; une vague r&#233;ouverture d'ici la fin de la d&#233;cennie.&lt;/i&gt; &#187; Pour le militant, ce double standard favorise les LGV au d&#233;triment des petites lignes, jug&#233;es moins rentables : c'est &#171; &lt;i&gt;incompatible avec un service public des transports digne de ce nom !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Perte de vitesse ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le samedi, vers quatre heures du matin, un h&#233;licopt&#232;re survole sir&#232;ne hurlante les tentes du campement &#224; basse altitude en les braquant d'une lumi&#232;re blanche. En r&#233;ponse, des feux d'artifice sont envoy&#233;s, ce qui entra&#238;nera une plainte de la police et des articles &#224; charge dans la presse. En dehors de cela, et d'une voiture de police chahut&#233;e, les &#171; mini-jeux &#187; organis&#233;s dans l'apr&#232;s-midi se d&#233;roulent sans v&#233;ritable heurt avec les forces de l'ordre. Dans une quinzaine de communes, plusieurs convois posent des panneaux anti-LGV. Un cort&#232;ge carnavalesque prend le TER pour rejoindre Bordeaux et d&#233;ployer fanfare et banderoles &#224; la gare Saint-Jean, laquelle est bient&#244;t envahie par un d&#233;fil&#233; de v&#233;los. Les si&#232;ges r&#233;gionaux de Lafarge, Artelia, Ineo, Iris Conseil ou Segat, qui collaborent avec l'&#201;tat pour organiser les expropriations sur le trac&#233; de la ligne, sont couverts de graffitis. Des actions symboliques cens&#233;es mettre en garde les porteurs du projet. &#171; &lt;i&gt;Les Soul&#232;vements de la Terre devraient demander des cachets d'intermittents du spectacle&lt;/i&gt; &#187;, ironise un manifestant. Le dimanche, des prises de parole sont organis&#233;es. Les &#233;cureuil&#183;les de l'&#233;cluse Saint-Jory, qui emp&#234;chent depuis le 30 ao&#251;t une coupe d'arbre au d&#233;part de la LGV &#224; Toulouse appellent &#224; tenir &#171; &lt;i&gt;jusqu'au 8 novembre, date &#224; laquelle ils ne seront plus autoris&#233;s &#224; couper avant l'ann&#233;e prochaine&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Tout &#231;a pour que des Parisiens puissent venir plus rapidement &#224; Toulouse ! &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin du week-end, un constat interroge : si l'&#233;v&#233;nement a permis l'occupation de plusieurs lieux et la coordination de nombreux groupes, le nombre de manifestant&#183;es reste plus faible que lors des derniers rassemblements port&#233;s par les Soul&#232;vements de la Terre. &#171; &lt;i&gt;Sans les jeunes venu&#183;es de Bordeaux, on peut esp&#233;rer mobiliser 300 personnes max pour nos actions ponctuelles&lt;/i&gt;, explique Jacques Pons, membre de LGV non merci. &lt;i&gt;Nous ne sommes pas tr&#232;s nombreux sur le territoire, et plut&#244;t vieillissants.&lt;/i&gt; &#187; D'autres militant&#183;es regrettent l'absence des &#233;lu&#183;es locaux oppos&#233;&#183;es au projet : &#171; &lt;i&gt;Ils se sentent r&#233;sign&#233;&#183;es et impuissant&#183;es &#224; l'emp&#234;cher, ou sont rebut&#233;&#183;es par la pr&#233;sence des Soul&#232;vements de la Terre, qualifi&#233;s d&#8220;&#233;coterroristes&#8221; par le gouvernement et la presse !&lt;/i&gt; &#187; souffle-t-on.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Dans les ann&#233;es 1930, la France comptait jusqu'&#224; 70 000 kilom&#232;tres de lignes. Aujourd'hui, il en reste moins de 30 000&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, seuls des travaux d'am&#233;nagement &#224; Bordeaux et Toulouse ont commenc&#233;. En lieu et place de la LGV, les opposant&#183;es mettent en avant des propositions alternatives de r&#233;novation des lignes existantes. S'appuyant sur les documents des promoteurs du projet eux-m&#234;mes, ils estiment qu'elles co&#251;teraient 4,5 milliards d'euros, n'impacteraient pas plus de 650 hectares, et permettraient de diminuer de 27 minutes le temps de trajet actuel. Et d'ajouter : &#171; &lt;i&gt; Gagner une demi-heure [&lt;/i&gt;suppl&#233;mentaire&lt;i&gt;] sur l'autel de la destruction des for&#234;ts, de terres agricoles et de milliards investis par les finances publiques, est-ce justifi&#233; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marius Jouanny&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tijuana : tisser un lieu, tisser des liens</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Tijuana-tisser-un-lieu-tisser-des</link>
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		<dc:date>2024-11-14T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pauline Laplace</dc:creator>



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&lt;p&gt;En 2018, l'enclave Caracol, lieu autog&#233;r&#233; d'entraide mutuelle, s'est transform&#233;e en un point d'accueil pour les migrants qui arrivaient en nombre d'Am&#233;rique centrale. Visite d'un lieu incarnant les vives solidarit&#233;s qu'on trouve dans une ville surtout connue pour sa violence : Tijuana. Depuis des ann&#233;es, pour se prot&#233;ger mutuellement des violences rencontr&#233;es durant le voyage, en particulier de celles des cartels, les personnes fuyant les pays d'Am&#233;rique centrale s'organisent en groupes. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no235-novembre-2024-235" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;235 (novembre 2024)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH63/234_06_usa10_copie-6e3f6.jpg?1768650912' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='63' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2018, l'enclave Caracol, lieu autog&#233;r&#233; d'entraide mutuelle, s'est transform&#233;e en un point d'accueil pour les migrants qui arrivaient en nombre d'Am&#233;rique centrale. Visite d'un lieu incarnant les vives solidarit&#233;s qu'on trouve dans une ville surtout connue pour sa violence : Tijuana.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5844 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH280/web_234_06_usa06_620px-5eb8a.jpg?1768650912' width='500' height='280' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Pauline Laplace
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;epuis des ann&#233;es, pour se prot&#233;ger mutuellement des violences rencontr&#233;es durant le voyage, en particulier de celles des cartels, les personnes fuyant les pays d'Am&#233;rique centrale s'organisent en groupes. Ceux-ci atteignent parfois une centaine de personnes et sont compos&#233;s principalement de familles. En 2018, ce ph&#233;nom&#232;ne prend une ampleur inattendue : entre 8 000 et 10 000 personnes se lancent sur la route vers les &#201;tats-Unis. Mi-novembre, la &#171; caravane &#187; arrive &#224; Tijuana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#192; part quelques tentes distribu&#233;es &#224; droite &#224; gauche, l'&#201;tat ne faisait rien. Les gens qui arrivaient ici ne savaient ni quoi faire ni o&#249; aller. Ce sont les organisations civiles, comme la n&#244;tre, qui se sont organis&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, raconte Nakari, membre de Comida No Bombas, une cantine collective qui distribue quotidiennement des repas gratuits. Sociologue de formation et cuisini&#232;re depuis qu'elle est en &#226;ge de travailler, celle-ci s'acharne &#224; pr&#233;parer des plats &#171; &lt;i&gt;avec amour et sinc&#233;rit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;On mange la m&#234;me chose que ceux qu'on aide, contrairement &#224; la plupart des cantines de l'&#201;glise&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise-t-elle alors qu'on &#233;change pr&#232;s des fourneaux, abrit&#233;s par un espace autog&#233;r&#233; : &lt;i&gt;El enclave Caracol &lt;/i&gt;(L'enclave de l'escargot).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; On mange la m&#234;me chose que ceux qu'on aide, contrairement &#224; la plupart des cantines de l'&#201;glise &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce petit immeuble de trois &#233;tages est situ&#233; &#224; quinze minutes &#224; pied des postes fronti&#232;res, entre la &lt;i&gt;calle&lt;/i&gt; R&#233;volution o&#249; d&#233;ambulent les &lt;i&gt;gringos&lt;/i&gt; le week-end et la &lt;i&gt;Zona norte&lt;/i&gt; o&#249; l'on trouve des bordels ouverts nuit et jour, dans lesquels travaillent des prostitu&#233;es de tous &#226;ges (m&#234;me mineures), de tous genres (les personnes trans sont rel&#233;gu&#233;es aux espaces les plus malfam&#233;s) et &#224; tout prix. &#171; &lt;i&gt; On croise des clients pauvres comme riches ici&lt;/i&gt; &#187;, raconte Sarai, qui nous fait visiter sa ville, en mettant en garde contre la police qui arr&#234;te r&#233;guli&#232;rement les passants, touristes ou locaux, pour les d&#233;pouiller. Elle &#233;num&#232;re les assassinats qui ont eu lieu ces derni&#232;res semaines, certainement dus &#224; des conflits entre cartels. &#171; &lt;i&gt;La situation est tr&#232;s tendue parce qu'on est &#224; un moment o&#249; le gouvernement est en transition depuis l'&#233;lection de Claudia Sheinbaum&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;lue largement le 1er octobre 2024, &#224; la t&#234;te de la coalition de gauche &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;&#199;a fait plusieurs semaines que l'arm&#233;e patrouille quotidiennement&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise-t-elle alors qu'on croise une voiture charg&#233;e de bidasses arm&#233;es jusqu'aux dents. &#171; &lt;i&gt;Welcome to Tijuana&lt;/i&gt; &#187;, rit-elle avant de retourner vers Caracol o&#249; elle habite depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; On choisit qui on laisse entrer : ici, pas de police, pas de presse, pas de cam&#233;ras &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La devanture du lieu, couverte de fresques et orn&#233;e de plantes, annonce un havre de paix. Tout comme le comptoir du caf&#233; ouvert sur la rue. C'est en tout cas un haut lieu de solidarit&#233;. En 2018, c'est de l&#224; que s'est organis&#233;e la solidarit&#233; avec les personnes de la &#171; caravane &#187;. Pendant une ann&#233;e, le deuxi&#232;me &#233;tage a &#233;t&#233; transform&#233; en infirmerie et le troisi&#232;me en auberge temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'h&#233;ritage de l'escargot&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Six ans apr&#232;s ce moment d'effervescence, en &#233;toile autour de Caracol, on trouve aujourd'hui plusieurs &#171; auberges &#187; prenant en compte les besoins sp&#233;cifiques des personnes (LGBT, familles, m&#232;res isol&#233;es, hommes seuls), mais aussi des lieux d&#233;di&#233;s au soutien juridique ainsi qu'un espace pour se doucher et laver ses v&#234;tements. Juste devant, les membres de Comida No Bombas servent quotidiennement une centaine de repas aux personnes &#224; la rue. Quant &#224; l'infirmerie temporaire, elle s'est transform&#233;e en une v&#233;ritable clinique, o&#249; m&#233;decins et psychologues re&#231;oivent leurs patients gratuitement. On y d&#233;couvre m&#234;me un vaste espace maternit&#233;, offrant aux femmes migrantes la possibilit&#233; d'un accompagnement en douceur.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Ici, je lutte pour ma vie en m&#234;me temps que pour celle des autres. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et Caracol aujourd'hui ? &#171; &lt;i&gt;La cuisine fonctionne toujours&lt;/i&gt;, rel&#232;ve Nakari.&lt;i&gt; On a aussi un ordinateur, un point wifi et des toilettes &#224; disposition pour tout le monde. On est un lieu de passage, alors on oriente les gens vers les espaces qui se sont cr&#233;&#233;s. &lt;/i&gt; &#187; Si la plupart de ces espaces n&#233;s &#224; Caracol ont un statut d'associations ind&#233;pendantes de l'&#201;tat, elles touchent des fonds, ont un cahier des charges et un fonctionnement plus ou moins horizontal suivant les structures. &#171; &lt;i&gt;Nous on est pauvre&lt;/i&gt;, dit Andrea, autre membre de la cuisine, en riant. &lt;i&gt;Mais on suit une ligne &#224; laquelle on croit. On choisit qui on laisse entrer. Ici, pas de police, pas de presse, pas de cam&#233;ras&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Et surtout, pas d'hommes h&#233;t&#233;ros&lt;/i&gt; &#187;, rench&#233;rit Nakari. La r&#233;alit&#233; est bien plus nuanc&#233;e, en t&#233;moigne notre pr&#233;sence : deux journalistes h&#233;t&#233;ros, munis de stylos et cam&#233;ra au poing. Mais nos deux h&#244;tes nous font clairement comprendre d'un ton rieur qu'on est tol&#233;r&#233;s parce qu'elles nous ont choisis. &#171; &lt;i&gt;Avant, Caracol &#233;tait plus punk, mais aussi tr&#232;s h&#233;t&#233;ro. Ces derni&#232;res ann&#233;es, le lieu est identifi&#233; comme un espace LGTB, c'est ce qui a fait que j'y suis rest&#233;e. Ici, je lutte pour ma vie en m&#234;me temps que pour celle des autres.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5846 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH280/web_234_06_usa10_620px-577fd.jpg?1768650912' width='500' height='280' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Pauline Laplace
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Qui sont les envahisseurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour Sarai, il est clair que la lutte contre le patriarcat va de pair avec celle contre le capitalisme et la fermeture des fronti&#232;res. Originaire de l'&#201;tat du Sonora, elle &#233;tait encore un nourrisson quand elle est arriv&#233;e &#224; Tijuana. Comme la plupart des habitants ici, c'est une immigr&#233;e de l'int&#233;rieur. Depuis le toit-terrasse de Caracol, surplombant la ville, elle commente la violence qui habite ses rues, mais aussi son sens de l'hospitalit&#233;. En tant que lesbienne, elle sait qu'elle a plus de possibilit&#233;s de travailler et d'&#234;tre accept&#233;e ici qu'ailleurs au Mexique. La quarantaine, cheveux violets flottants au vent, notre h&#244;te s'est mari&#233;e &#224; 20 ans en robe blanche et de fa&#231;on tr&#232;s tradi, avant de faire un virage en &#233;pingle et de se sauver d'une relation violente. Du haut de sa tour &lt;i&gt;safe&lt;/i&gt;, elle nous lance un dicton : &#171; &lt;i&gt;Quien toma el agua de la presa de Tijuana se queda&lt;/i&gt; &#187;(celui qui s'abreuve &#224; la source de Tijuana n'en repart pas).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Celui qui s'abreuve &#224; la source de Tijuana ne repart pas&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et malheureusement, si le dicton est peu connu, Tijuana est, selon les dires de beaucoup, en proie &#224; une gentrification &#233;clair. &#171; &lt;i&gt;Ici, tu travailles &#224; l'usine, 8 &#224; 12 heures par jour avec un jour de repos toutes les 3 semaines. Le salaire minimum est de 2 700 pesos par semaine. Les loyers les moins chers sont de 5 000 pesos, quasiment deux semaines de travail&lt;/i&gt; &#187;, souffle Natalia, qui revient de la distribution des repas et r&#233;cure la gazini&#232;re avec Sandra qui compl&#232;te : &#171; &lt;i&gt; Des gens viennent des &#201;tats-Unis et s'installent ici parce que c'est moins cher. Ils ne paient pas d'imp&#244;ts, gagnent un bon salaire en faisant du t&#233;l&#233;travail et ne cherchent en aucun cas &#224; s'adapter. &#199;a peut para&#238;tre symbolique, mais ils ne parlent pas un mot d'espagnol, alors qu'ils forcent ceux qui &#233;migrent &#224; parler leur langue.&lt;/i&gt; &#187; Dans la cuisine, les filles sont bien remont&#233;es. Elles d&#233;crivent dans le d&#233;tail l'exploitation des femmes de m&#233;nage, nounous et autres femmes trait&#233;es comme des domestiques, venues des coins pauvres du Mexique et sous-pay&#233;es par les &lt;i&gt;gringos&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt;Ce que je pense des &#201;tatsuniens ? Ils sont insipides et n'ont pas de culture&lt;/i&gt;, grince Sandra. &lt;i&gt;Ils vont ailleurs pour s'approprier celle des autres. Pour moi, c'est une tentative de colonisation. Il y a des gens, dans le centre, qui ont v&#233;cu l&#224; toute leur vie et qui doivent se d&#233;placer en p&#233;riph&#233;rie.&lt;/i&gt; &#187; Et de conclure : &#171; &lt;i&gt;Ils parlent de nous comme des envahisseurs, mais ici, ce sont eux les envahisseurs !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte et photos Pauline Laplace&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le n&#176;235 de CQFD, publi&#233; sur papier en octobre 2024, le surtitre de cet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;lue largement le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; octobre 2024, &#224; la t&#234;te de la coalition de gauche &#171; Continuons de faire l'histoire &#187; (d&#233;j&#224; au pouvoir depuis 2018), elle est la premi&#232;re femme pr&#233;sidente du Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans le n&#176;235 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, publi&#233; sur papier en octobre 2024, le surtitre de cet article est &#171; Au commencement &#233;tait Caracol &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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