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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La for&#234;t limousine n'est pas une marchandise</title>
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		<dc:creator>&#201;lie Marek</dc:creator>


		<dc:subject>Pole Ka</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cela fait plusieurs d&#233;cennies que la scierie industrielle Farge Bois ne cesse d'&#233;tendre son emprise sur la for&#234;t limousine, au d&#233;triment des riverains et de l'environnement. Et dans la lutte contre son agrandissement, s'entrechoquent deux visions radicalement diff&#233;rentes de ce qu'est une for&#234;t. En Corr&#232;ze, au sud du plateau de Millevaches, le train r&#233;gional qui relie Eymoutiers &#224; Ussel s'aventure sur le viaduc des Farges. Depuis la vitre du wagon, on peut apercevoir la cime d'une quinzaine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no229-avril-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;229 (avril 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pole-Ka" rel="tag"&gt;Pole Ka&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH106/poleka_arbres-limousin-vignette-a66c7.png?1779633932' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cela fait plusieurs d&#233;cennies que la scierie industrielle Farge Bois ne cesse d'&#233;tendre son emprise sur la for&#234;t limousine, au d&#233;triment des riverains et de l'environnement. Et dans la lutte contre son agrandissement, s'entrechoquent deux visions radicalement diff&#233;rentes de ce qu'est une for&#234;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5577 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_229_25_poleka_scierie_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH709/web_229_25_poleka_scierie_1200px-0026d.jpg?1779633932' width='500' height='709' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Pole Ka
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n Corr&#232;ze, au sud du plateau de Millevaches, le train r&#233;gional qui relie Eymoutiers &#224; Ussel s'aventure sur le viaduc des Farges. Depuis la vitre du wagon, on peut apercevoir la cime d'une quinzaine de sapins de Douglas. Ils ont pouss&#233; de part et d'autre des ruisseaux qu'enjambe l'ouvrage. &#192; premi&#232;re vue, rien d'original dans une r&#233;gion qui vit en partie de son exploitation. Sauf que ces douglas-l&#224; plant&#233;s en 1895, culminent &#224; 60 m&#232;tres de hauteur et sont les plus vieux du Limousin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 25 kilom&#232;tres au sud du viaduc se trouve une scierie du m&#234;me nom, Farges Bois, qui appartient depuis 2004 au groupe Piveteau Bois, le leader fran&#231;ais du granul&#233;. Au moment de son rachat, la scierie comptait une vingtaine de salari&#233;s, quelques int&#233;rimaires, et produisait 32 000 m3 de bois sci&#233; chaque ann&#233;e. Aujourd'hui, plus de 200 employ&#233;s participent &#224; la transformation de 150 000 m3 de bois sci&#233; par an. Mais l'industriel ne compte pas s'arr&#234;ter l&#224;, et vise &#224; devenir une des plus grandes scieries de France en doublant sa production actuelle. Ce &#224; quoi les riverains s'opposent, soutenus par des associations environnementales, des &#233;lus et des syndicats, tout en d&#233;fendant une autre conception de la for&#234;t, de son exploitation et du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;D&#233;fendre la croissance durable&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis le pas de sa porte, sur la commune de Moustier-Ventadour, Jacqueline Monjanel a de quoi enrager. Install&#233;e ici en 1974, l'octog&#233;naire a pu observer l'insatiable croissance de la scierie Farges Bois. Mais le prochain projet d'agrandissement du site est d'une autre ampleur. La communaut&#233; de communes, apr&#232;s avoir expropri&#233; les terres de la riveraine ainsi qu'une partie de celles d'un &#233;leveur et d'une &#233;leveuse sous couvert d'utilit&#233; publique, entend bien les vendre &#224; l'industriel. Au menu : l'agrandissement du parc &#224; grume (les arbres abattus et pr&#234;ts au sciage), l'installation d'un scanner &#224; rayons X pour maximiser l'utilisation du bois et la cr&#233;ation d'une unit&#233; de fabrication de lamell&#233;-crois&#233;, ces grands panneaux de bois cens&#233;s concurrencer le b&#233;ton et verdir le milieu de la construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'extension, c'est pour internaliser la production de valeur ajout&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, raconte le responsable du projet lors d'une visite des installations. Ce jour de septembre 2023, des centaines de badauds viennent d&#233;couvrir la scierie &#224; l'occasion des journ&#233;es du patrimoine. L'immense cha&#238;ne de sciage, le nouveau syst&#232;me automatis&#233; de triage des produits : l'usine est taill&#233;e pour utiliser jusqu'aux derniers copeaux qui entrent sur le site. Notre guide ne cesse de le r&#233;p&#233;ter : l'usine r&#233;pondrait &#224; une &#171; &lt;i&gt;demande croissante&lt;/i&gt; &#187; tout en adoptant un fonctionnement &#171; &lt;i&gt; durable &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#8230; &#224; coups de propagande&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tous les employ&#233;s rencontr&#233;s ce jour-l&#224; insistent : leur production est en phase avec une for&#234;t respect&#233;e. Une petite exposition accueille les visiteurs apr&#232;s leur parcours dans l'usine. Un panneau r&#233;sume les &#233;tapes du cycle du carbone dans deux types de for&#234;ts. Pour la premi&#232;re, &#171; &lt;i&gt; naturelle &lt;/i&gt; &#187;, les arbres &#171; &lt;i&gt;arrivent &#224; maturit&#233; et commencent &#224; rejeter du carbone&lt;/i&gt; &#187; apr&#232;s 100 ans. Un petit nuage rouge le montre : c'est mal. La seconde, &#171; &lt;i&gt;g&#233;r&#233;e durablement&lt;/i&gt; &#187;, stocke du carbone sans jamais en rejeter, malgr&#233; les coupes et les plantations r&#233;guli&#232;res. Un petit nuage vert le montre : c'est bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un visiteur regarde le sch&#233;ma, sceptique. Un responsable s'empresse de confirmer les informations qu'il contient. La p&#233;dagogie industrielle sait user du martelage, et qu'importe que des &#233;tudes prouvent le contraire&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Tree growth never slows &#187;, Nature (15/01/2014).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;C'est faux&lt;/i&gt; &#187;, me dira plus tard Olivier, &#233;cologue et opposant au projet. &#171; &lt;i&gt;Une plantation c'est des plans en p&#233;pini&#232;re qu'il a fallu faire pousser, donc du carbone. Le transport jusqu'&#224; la parcelle et la plantation : carbone. L'exploitation &#8211; tron&#231;onneuses, abatteuses, d&#233;bardeuses, transport : carbone. La transformation et la vente : carbone.&lt;/i&gt; &#187; Pour convaincre, l'industriel met les moyens : quelques cadeaux dans un sac en toile sont distribu&#233;s avant de repartir &#8211; un jeu en bois, un gobelet &#224; l'insigne de l'entreprise et, surprise, un jeune douglas &#224; planter chez soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le groupe Piveteau communique de la sorte, c'est autant pour reprendre la main sur le r&#233;cit qui accompagne son projet d'extension que pour devancer les nombreuses critiques. Apr&#232;s plusieurs reportages consacr&#233;s aux expropriations occasionn&#233;es par l'agrandissement de la zone de stockage&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'extension d'une m&#233;ga-scierie fait craquer la Corr&#232;ze &#187;, Mediapart (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, une manifestation a r&#233;uni 200 personnes dans les rues d'&#201;gletons en d&#233;cembre 2022. Depuis, le collectif M&#233;ga-Scierie Non Merci s'est constitu&#233; pour accompagner l'association AssoCitra dans son combat juridique et y ajouter une r&#233;flexion sur l'avenir de ces for&#234;ts d&#233;j&#224; largement exploit&#233;es&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les for&#234;ts au charbon &#187;, CQFD, n&#176; 166 (juin 2018).&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Il r&#233;unit des habitants de la communaut&#233; de communes Ventadour-&#201;gletons-Mon&#233;di&#232;res, mais aussi des massifs forestiers concern&#233;s par l'augmentation de la production, quelques professionnels de la fili&#232;re et des naturalistes soucieux de la Goutte molle, le cours d'eau sur lequel la scierie s'est implant&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; C'est la lutte d'ici !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;vrier 2024, Rosier-d'&#201;gletons, &#224; quelques kilom&#232;tres de l'usine. La salle polyvalente est pleine. Environ 200 personnes ont fait le d&#233;placement ce samedi apr&#232;s-midi pour assister &#224; la premi&#232;re r&#233;union publique &#224; propos de l'extension de la scierie Farges Bois &#8211; mais pas les porteurs de projet. &#171; &lt;i&gt;C'est la lutte d'ici&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;explique une militante. Dehors, il pleut. Des enfants en chasuble jouent au foot devant leurs entra&#238;neurs et leurs parents tremp&#233;s. Dans le public, on reconna&#238;t la d&#233;put&#233;e de la Creuse, des repr&#233;sentants de syndicats, d'associations environnementales et des membres du groupe for&#234;t du Syndicat de la montagne limousine, qui f&#233;d&#232;re diverses initiatives collectives &#224; l'&#233;chelle du plateau de Millevaches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs par le biais de cette organisation que Catherine, trop souvent &#171; &lt;i&gt;ravitaill&#233;e par les corbeaux &lt;/i&gt; &#187;, a &#233;t&#233; mise au courant de la r&#233;union. Elle vient d'un village situ&#233; &#224; une trentaine de kilom&#232;tres, pr&#232;s d'Ussel. &#171; &lt;i&gt;Je n'en peux plus&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che-t-elle tandis que les participants prennent place, avant de s'excuser pour les quelques larmes qui se frayent un chemin sur ses joues. Autour de chez elle, les coupes rases se multiplient. Pour contrer l'impuissance, elle s'est mise en qu&#234;te de parcelles qu'elle a fini par r&#233;ussir &#224; acheter. Une poign&#233;e d'hectares. Trop peu pour rompre avec un sentiment d'isolement g&#233;ographique et politique. Le temps d'&#233;changer un num&#233;ro ainsi que la promesse d'une visite des feuillus pr&#233;serv&#233;s et la salle se fait silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;union d&#233;bute sur une bonne nouvelle : le tribunal administratif de Limoges a retoqu&#233; le Plan local d'urbanisme (PLU) devant modifier l'affectation des terrains sur lesquels la scierie veut s'&#233;tendre. Une victoire qui devra toutefois attendre confirmation apr&#232;s l'appel demand&#233; par la communaut&#233; de communes. Les prises de parole s'encha&#238;nent pour faire le bilan des impacts n&#233;gatifs du projet. Le public approuve. Quelques questions invitent &#224; la nuance, d'autres, au contraire, critiquent la fili&#232;re for&#234;t-bois en g&#233;n&#233;ral et l'imposition d'une exploitation industrielle de la for&#234;t. M&#234;me la structure de la salle, faite en pi&#232;ces de lamell&#233;-coll&#233;, est prise &#224; partie. Un participant questionne : &#171; &lt;i&gt;Est-ce qu'on veut produire du bois ou de la colle ?&lt;/i&gt; &#187; Au terme de deux heures d'&#233;changes, une &#233;lue d'opposition conclut : &#171; &lt;i&gt;J'ai appris plus de choses aujourd'hui qu'au conseil communautaire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;*&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chaises ont &#233;t&#233; empil&#233;es. Sur une table en plastique, des chips, quelques bouteilles. L'heure est au bilan informel. Antoine, scieur &#224; &#171; &lt;i&gt;80 % b&#233;n&#233;vole&lt;/i&gt; &#187; dans une structure associative, trouve que la r&#233;union a fait son office, c'est-&#224;-dire diffuser de l'information et regrouper les opposants, mais que la bataille se gagnera sur le terrain juridique. Plus loin, Jacqueline, la doyenne de la mobilisation, et Brigitte, particuli&#232;rement active au sein de l'association AssoCitra, savourent un apr&#232;s-midi r&#233;ussi. Ce que le collectif M&#233;ga-scierie Non Merci confirmera quelques jours plus tard : &#171; &lt;i&gt;Le succ&#232;s de cette r&#233;union t&#233;moigne encore une fois de la volont&#233; des habitant&#183;es de ne pas &#234;tre exclus des d&#233;cisions politiques qui risquent de transformer durablement leurs activit&#233;s, leur environnement et leur cadre de vie&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Retour sur la r&#233;union publique du 10 f&#233;vrier &#187;, sur le site du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par &#201;lie Marek &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Tree growth never slows &#187;, &lt;i&gt;Nature&lt;/i&gt; (15/01/2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/061122/l-extension-d-une-mega-scierie-fait-craquer-la-correze&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'extension d'une m&#233;ga-scierie fait craquer la Corr&#232;ze &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; (06/11/2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-forets-au-charbon' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Les for&#234;ts au charbon &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, n&#176; 166 (juin 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &lt;a href=&#034;https://megascierienonmerci.org/2024/02/13/retour-sur-la-reunion-publique-du-10-fevrier/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Retour sur la r&#233;union publique du 10 f&#233;vrier &#187;&lt;/a&gt;, sur le site du collectif : megascierienonmerci.org.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C'est sur le terrain que &#231;a se passe</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/C-est-sur-le-terrain-que-ca-se</link>
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		<dc:date>2024-04-26T07:00:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ashley Tellis, Camille Auvray</dc:creator>


		<dc:subject>Garte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Universitaire, journaliste et activiste gay, Ashley Tellis raconte comment la lib&#233;ration sexuelle n'a pas encore eu lieu en Inde. Critique des ONG luttant pour les droits des LGBT+, qu'il consid&#232;re anim&#233;es par la bourgeoisie, il d&#233;fend un militantisme radical de terrain aupr&#232;s des plus marginalis&#233;&#183;es. La sexualit&#233; n'est pas &#224; l'agenda politique en Inde. Pas seulement au sein du parti au pouvoir, mais dans tous les partis politiques. Le viol est &#224; l'agenda, les angoisses li&#233;es au fantasme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no229-avril-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;229 (avril 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Garte" rel="tag"&gt;Garte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Universitaire, journaliste et activiste gay, Ashley Tellis raconte comment la lib&#233;ration sexuelle n'a pas encore eu lieu en Inde. Critique des ONG luttant pour les droits des LGBT+, qu'il consid&#232;re anim&#233;es par la bourgeoisie, il d&#233;fend un militantisme radical de terrain aupr&#232;s des plus marginalis&#233;&#183;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5574 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;7&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_229_inde_23_lgbt_garte_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH343/web_229_inde_23_lgbt_garte_1200px-09790.jpg?1779630022' width='500' height='343' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Garte
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a sexualit&#233; n'est pas &#224; l'agenda politique en Inde. Pas seulement au sein du parti au pouvoir, mais dans tous les partis politiques. Le viol est &#224; l'agenda, les angoisses li&#233;es au fantasme d'une &#171; reproduction musulmane agressive &#187; sont &#224; l'agenda, mais le d&#233;sir, l'orientation sexuelle ou la sexualit&#233; en g&#233;n&#233;ral n'y sont pas. L'amour ? On en parle &#224; la rigueur pour condamner le &#171; Love Jihad &#187;, cette th&#233;orie complotiste des nationalistes qui postule que quand un homme musulman et une femme hindoue d&#233;cident de s'enfuir pour vivre une histoire librement, c'est que l'homme l'a s&#233;duite pour &#171; grand-remplacer &#187; la population hindoue. Si la plupart de nos &#233;lus ont conscience qu'il y a un grand besoin d'&#233;ducation sexuelle &#224; l'&#233;cole, ils ne font pas grand-chose pour qu'elle soit v&#233;ritablement mise en &#339;uvre &#8211; certains m&#234;me s'y opposent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux quatre coins du pays, des tribunaux obligent des victimes &#224; &#233;pouser leurs violeurs. Ainsi, un c&#233;l&#232;bre juge dira lors d'une audition en 2021 &#224; une personne ayant commis un viol : &#171; &lt;i&gt;Si vous voulez vous marier avec elle, nous pouvons vous aider. Sinon, vous perdrez votre travail et irez en prison.&lt;/i&gt; &#187; Une nouvelle loi, pass&#233;e d&#233;but 2024 en Uttarakhand, un &#201;tat du Nord, rend ill&#233;gal le fait de vivre en concubinage sans le d&#233;clarer : il faut d&#233;sormais remplir une autorisation devant les pouvoirs publics !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La vie priv&#233;e est un luxe bourgeois&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les classes et &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Lexique-et-carte-de-l-Inde' class=&#034;spip_in&#034;&gt;les castes*&lt;/a&gt; moyennes et sup&#233;rieures ont toujours &#233;t&#233; au pouvoir en Inde. Elles n'ont donc jamais &#233;t&#233; v&#233;ritablement progressistes &#8211; qu'elles appartiennent au parti social-d&#233;mocrate du Congr&#232;s ou &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Lexique-et-carte-de-l-Inde' class=&#034;spip_in&#034;&gt;au BJP*&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;S'abritant derri&#232;re leurs ordinateurs ou dans le confort des bureaux de leurs ONG, leurs militant&#183;es ne sortent pas des enclaves urbaines r&#233;serv&#233;es aux riches&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;F&#233;odales, patriarcales et oppressives, elles dirigent le pays de cette mani&#232;re-l&#224;&#8230; Logique ! H&#233;las, l'immense majorit&#233; des personnes qui d&#233;fendent la cause LGBT+ sont issues de ces m&#234;mes classes et castes sup&#233;rieures. Cette cause est apparue dans les ann&#233;es 1990, avec le n&#233;olib&#233;ralisme et le financement de la lutte contre le Sida dans le &#171; Sud global &#187;. L'homosexualit&#233; &#233;tait alors davantage une cat&#233;gorie sanitaire/&#233;pid&#233;miologique que politique. S'abritant derri&#232;re leurs ordinateurs ou dans le confort des bureaux de leurs ONG, leurs militant&#183;es ne sortent pas des enclaves urbaines r&#233;serv&#233;es aux riches. La cause LGBT+ en Inde n'a jamais &#233;t&#233; une lutte de terrain, contrairement, par exemple, au mouvement des femmes des ann&#233;es 1970 qui, bien que majoritairement urbain, de caste et de classe sup&#233;rieures, s'alliait au mouvement &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Lexique-et-carte-de-l-Inde' class=&#034;spip_in&#034;&gt;des dalits&lt;/a&gt;* et se mobilisait sur le terrain sur des probl&#233;matiques transclasses et transcastes &#8211; la dot&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pratique culturelle patriarcale, cause d'endettement, qui oblige la famille (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la &lt;i&gt;sati&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ancienne pratique hindoue qui veut qu'une femme devenue veuve s'immole sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, les violences sexuelles et domestiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit est le seul domaine de &#171; lutte &#187; des militant&#183;es de ces ONG, de quoi r&#233;v&#233;ler leur conception descendante du changement. Et m&#234;me au sein du combat l&#233;galiste, leur vision est &#233;litiste. Alors que les militants d'AIDS Bhedbhav Virodhi Andolan (ABVA) &lt;i&gt;[voir encadr&#233;]&lt;/i&gt; demandaient l'abrogation de l'article 377 du Code p&#233;nal indien qui criminalise les actes sexuels &#171; contre-nature &#187; et l&#233;galise le harc&#232;lement des homosexuel&#183;les, les ONG de la cause LGBT+ se sont limit&#233;es &#224; en demander une &#171; r&#233;vision &#187;. Elles se sont content&#233;es de la d&#233;criminalisation des relations sexuelles homosexuelles, mais &#171; en priv&#233; &#187; et &#171; entre personnes consentantes &#187;. La vie priv&#233;e est un luxe bourgeois. Celles et ceux qui peuvent s'offrir des chambres &#224; coucher n'ont pas besoin qu'on les autorise &#224; baiser &#171; en priv&#233; &#187;. Ce qui n'est pas le cas des personnes LGBT+ de la classe ouvri&#232;re ou habitant les zones rurales. Et ce texte laisse compl&#232;tement de c&#244;t&#233; les hijras&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; femmes trans d&#233;pourvues de droits fondamentaux qui vivent en communaut&#233; en marge de la soci&#233;t&#233;, souvent oblig&#233;es &#224; se prostituer ou &#224; mendier, et qui ne sont absolument pas prot&#233;g&#233;es par ces &#171; autorisations &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les besoins de la communaut&#233; hijra ignor&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat est &#233;difiant lorsqu'on s'int&#233;resse aux deux grandes causes actuelles de la lutte pour les droits des minorit&#233;s sexuelles en Inde : le mariage homosexuel et la pleine int&#233;gration des personnes trans dans la soci&#233;t&#233;. La Cour supr&#234;me a renvoy&#233; la balle au parlement concernant la demande de l&#233;galisation du mariage entre personnes du m&#234;me sexe en d&#233;clarant, &#224; juste titre, qu'il n'&#233;tait pas de son ressort de produire des lois, mais simplement de les interpr&#233;ter. Il est peu probable que le Parlement, qu'il reste &#224; majorit&#233; supr&#233;maciste hindoue ou non, soit un jour favorable au mariage homosexuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la loi de 2019 de &#171; protection des droits des personnes transgenres &#187;, elle a &#233;t&#233; orient&#233;e pour satisfaire avant tout les personnes trans aux statuts sociaux privil&#233;gi&#233;s, qui ont focalis&#233; le d&#233;bat l&#233;gislatif sur les terminologies de l'identit&#233; (queer, genre fluide, non binaire, et toutes ces cat&#233;gories intellectuelles) plut&#244;t que de batailler pour les besoins des personnes de la communaut&#233; hijra. Celles-ci se battent pour l'acc&#232;s &#224; une s&#233;curit&#233; sociale et &#224; la discrimination positive&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Syst&#232;me de quotas visant &#224; assurer la repr&#233;sentation dans les assembl&#233;es et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; : priv&#233;es d'&#233;ducation, d'emploi et de tout moyen de survie, la mendicit&#233; et le travail du sexe, qui sont leurs activit&#233;s, &#233;tant lourdement criminalis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, les minorit&#233;s sexuelles n'ont pas subi d'attaques significativement plus virulentes de la part de l'extr&#234;me droite que du c&#244;t&#233; des &#233;lites sociales-d&#233;mocrates. Les plus privil&#233;gi&#233;&#183;es de notre mouvement, complices du capitalisme, apparaissent donc paradoxalement comme des adversaires plus direct&#183;es que les adorateurs de Modi. Seul un travail ind&#233;pendant, organis&#233; par et avec les minorit&#233;s sexuelles des sections les plus marginalis&#233;es de la soci&#233;t&#233;, pourra amener des avanc&#233;es v&#233;ritablement r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Ashley Tellis&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;criminalisation de l'homosexualit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1991 que para&#238;t un rapport pr&#233;curseur et explosif &#233;crit par les 7 auteurs du jeune collectif autonome et autofinanc&#233; ABVA (pour AIDS Bhedbhav Virodhi Andolan), fond&#233; en 1988 : &lt;i&gt;Less Than Gay - A Citizens' Report on the Status of Homosexuality in India&lt;/i&gt; [Moins que gay &#8211; Un rapport citoyen sur la situation de l'homosexualit&#233; en Inde]. Derri&#232;re sa couverture rose, ses 70 pages nous livrent le premier rapport national jamais &#233;crit sur cette question. Une &#233;tude r&#233;unissant des exp&#233;riences queers des quatre coins du pays et racontant les sexualit&#233;s r&#233;prim&#233;es, l'amour interdit, la fuite du domicile familial, la prostitution, les suicides lorsqu'on d&#233;couvre qu'on est s&#233;ropositif&#183;ve. Dans son introduction, le rapport affirme d'embl&#233;e que l'homosexualit&#233; n'est pas un concept occidental, ni de culture &#233;trang&#232;re ou d'origine capitaliste, et pr&#233;vient &#171; &lt;i&gt;qu'aucune de ces all&#233;gations ne peut tenir face &#224; la r&#233;alit&#233; empirique ou le pur et simple bon sens&lt;/i&gt; &#187;. On y trouve une liste de revendications d'avant-garde pour la soci&#233;t&#233; d'alors, telle l'abrogation de la section 377 du Code p&#233;nal qui criminalise les actes sexuels &#171; contre l'ordre naturel &#187;, mais aussi le droit &#224; la vie priv&#233;e, et la modification de la Constitution pour qu'elle contienne &#171; l'orientation sexuelle &#187;. Au d&#233;but des ann&#233;es 1990, ABVA lance des campagnes subversives, comme celle r&#233;clamant la distribution de pr&#233;servatifs en prison, en pleine &#233;pid&#233;mie de sida, ou encore l'ouverture &#224; New Delhi d'un centre de sant&#233; communautaire gratuit pour les travailleur&#183;ses du sexe.
En 1994, lorsqu'ABVA d&#233;pose une requ&#234;te contre l'article 377 devant le tribunal, aucune personne homosexuelle n'ose t&#233;moigner publiquement. Trente ans plus tard, les choses ont bien boug&#233; : en 2018, la Cour supr&#234;me d&#233;criminalise les relations homosexuelles entre adultes consentants et consid&#232;re l'article 377 anticonstitutionnel, provoquant liesses et manifestations publiques de joie dans tout le pays. Mais la loi n'a pas &#233;t&#233; abrog&#233;e : le sexe oral ou anal peuvent toujours &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme &#171; contre-nature &#187; et passibles de sanctions si l'un&#183;e des partenaires d'une relation h&#233;t&#233;rosexuelle d&#233;cide de l'invoquer. Le travail de terrain continue et ABVA a sorti en 2022 une nouvelle &#233;dition du &#171; petit livre rose &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par C.A.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pratique culturelle patriarcale, cause d'endettement, qui oblige la famille de la mari&#233;e &#224; honorer la famille du mari&#233; avec une r&#233;tribution sous forme de grosse somme d'argent et d'objets.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ancienne pratique hindoue qui veut qu'une femme devenue veuve s'immole sur le b&#251;cher de son mari. Le Parlement indien l'interdit en 1987.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Syst&#232;me de quotas visant &#224; assurer la repr&#233;sentation dans les assembl&#233;es et l'acc&#232;s &#224; des emplois dans les services publics pour les castes et classes les plus d&#233;favoris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Nous avons trouv&#233; dans le th&#233;&#226;tre un rem&#232;de puissant &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Nous-avons-trouve-dans-le-theatre</link>
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		<dc:date>2024-04-26T07:00:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Angarika G.</dc:creator>


		<dc:subject>Camille Jacquelot </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Partie rencontrer des femmes victimes de violences pour tourner un documentaire, Angarika G. a bifurqu&#233; et d&#233;cid&#233; de monter une troupe de th&#233;&#226;tre avec elles. R&#233;cit d'une exp&#233;rience transformatrice qui les m&#232;ne aux quatre coins du pays. Maraa signifie &#171; arbre &#187; en langue kannada. C'est aussi le nom d'un collectif d'artistes n&#233; en 2008 &#224; Bangalore, au sud de l'Inde, dans l'intention de diffuser les pratiques qui ont lieu dans les &#171; marges &#187;. Depuis 15 ans, ils et elles ont particip&#233; &#8211; avec (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no229-avril-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;229 (avril 2024)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Camille-Jacquelot" rel="tag"&gt;Camille Jacquelot &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Partie rencontrer des femmes victimes de violences pour tourner un documentaire, Angarika G. a bifurqu&#233; et d&#233;cid&#233; de monter une troupe de th&#233;&#226;tre avec elles. R&#233;cit d'une exp&#233;rience transformatrice qui les m&#232;ne aux quatre coins du pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5573 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_229_inde_22_theatre_camillejacquelot_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH350/web_229_inde_22_theatre_camillejacquelot_1200px-2eb74.jpg?1779633933' width='500' height='350' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Camille Jacquelot
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;M&lt;/span&gt;araa signifie &#171; arbre &#187; en langue kannada. C'est aussi le nom d'un collectif d'artistes n&#233; en 2008 &#224; Bangalore, au sud de l'Inde, dans l'intention de diffuser les pratiques qui ont lieu dans les &#171; marges &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus d'informations sur le site du collectif : maraa.in.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Depuis 15 ans, ils et elles ont particip&#233; &#8211; avec peu de moyens &#8211; &#224; la fondation des dix premi&#232;res radios communautaires du pays, form&#233; des femmes au journalisme, propos&#233; des formations et de l'accompagnement &#224; la cr&#233;ation, produit des films sur les questions de travail et de migration, &#233;crit sur les sexualit&#233;s, la censure des m&#233;dias et les litt&#233;ratures minoris&#233;es.
Autogestion, salaire identique pour tout le monde, d&#233;cisions au consensus : voil&#224; comment ce petit groupe de personnes d&#233;termin&#233;es propose un regard radical et po&#233;tique sur le monde. Angarika, travailleuse inclassable et f&#233;ministe, a rejoint le collectif Maraa il y a quelques ann&#233;es. Elle nous raconte la fondation d'une troupe avec des femmes victimes de violences sexuelles : le Freeda Theatre. Verbatim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout a commenc&#233; quand je suis partie tourner un documentaire sur les exp&#233;riences de femmes victimes de violences sexuelles et de caste*, avec une autre membre du collectif Maraa. C'&#233;tait en 2018, au Madya Pradesh, un &#201;tat du centre du pays. Nous les avons &#233;cout&#233;es raconter leurs combats face aux discriminations et &#224; l'indiff&#233;rence du syst&#232;me juridique, face &#224; l'humiliation et &#224; l'isolement au sein de leurs familles. &#192; travers ce film, nous avions pour objectif de faire entendre leurs histoires par la police, les m&#233;dias et divers repr&#233;sentants gouvernementaux. Cela nous obligeait &#224; travailler leurs r&#233;cits sous la forme de t&#233;moignages clairs et pr&#233;cis, &#224; rendre la r&#233;alit&#233; bien lisse. Une question a surgi : que faire du reste ? De ce qui est si difficile &#224; exprimer et que nous sentions si fort, pourtant, lorsque nous rencontrions ces femmes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; Bangalore, nous avons d&#233;cid&#233; de nous mettre au th&#233;&#226;tre et c'est le metteur en sc&#232;ne Anish Victor&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anish Victor est l'ex-directeur des programmes de formation &#224; la India (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; qui nous a form&#233;es. Il nous a propos&#233; de placer nos corps au centre de notre exploration. Comment est-il t&#233;moin ? Comment stocke-t-il la m&#233;moire ? Le processus de cr&#233;ation th&#233;&#226;trale a &#233;t&#233;, pour nous, une v&#233;ritable r&#233;v&#233;lation.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Lors des repr&#233;sentations, la fronti&#232;re avec les spectatrices s'est estomp&#233;e. On avait l'impression qu'elles respiraient avec nous&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Nous avons cr&#233;&#233; un spectacle, &lt;i&gt;Chu Kar Dekho&lt;/i&gt;, bas&#233; sur les t&#233;moignages que nous avions r&#233;colt&#233;s, mais aussi sur nos propres exp&#233;riences de la violence sexiste. En 2021, nous avons jou&#233; cette pi&#232;ce devant les femmes qui nous avaient confi&#233; leurs histoires quelques ann&#233;es auparavant. Lors des repr&#233;sentations, la fronti&#232;re avec les spectatrices s'est estomp&#233;e. On avait l'impression qu'elles respiraient avec nous. Nous leur avons demand&#233; si elles aimeraient faire du th&#233;&#226;tre et c'est ainsi que l'aventure a commenc&#233;. Avec cinq d'entre elles, &#226;g&#233;es de 21 &#224; 40 ans, nous avons construit un spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons cr&#233;&#233; des sc&#232;nes autour du travail des femmes : au travail, &#224; la maison, pendant la grossesse. Nous avons explor&#233; des d&#233;sirs consid&#233;r&#233;s comme tabous au sein de notre soci&#233;t&#233; patriarcale : &#234;tre belle, &#233;tudier, vivre seule, tomber amoureuse. Nous avons aussi pass&#233; beaucoup de temps &#224; discuter autour de questions comme : la superstition est-elle une r&#233;alit&#233; ? Qu'est-ce qui d&#233;termine la valeur d'une femme ? Sa caste, son travail, ou le simple fait d'&#234;tre elle-m&#234;me ? Que signifie la libert&#233; pour une femme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8220;&lt;i&gt;Si je mets du rouge &#224; l&#232;vres, ou si je mets un nouveau sari, ma famille me dit : pourquoi tu te fais si belle ? As-tu oubli&#233; ce qui t'est arriv&#233; ?&lt;/i&gt;&#8221; raconte l'une des membres du Freeda Theatre, r&#233;v&#233;lant les dimensions morales qui infusent dans le quotidien et prolongent l'agression. Ainsi circule l'id&#233;e que si une femme a v&#233;cu des violences sexuelles, elle ne ressentira plus de d&#233;sir ou bien que marier rapidement une victime est un moyen de regagner son &#8220;honneur perdu&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;but, les femmes &#233;taient certaines qu'elles ne voulaient pas &#234;tre identifi&#233;es uniquement comme des survivantes, victimes d'&#233;v&#232;nements traumatiques. Aussi, la jeune g&#233;n&#233;ration plaidait pour la libert&#233;, l'&#233;mancipation, l'affranchissement de la tradition, tandis que les plus &#226;g&#233;es se tenaient fermement &#224; l'autre extr&#233;mit&#233; de la ligne. Cependant, nous constations que les discriminations subies de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration avaient laiss&#233; des traces enfouies dans les corps des participantes, appartenant toutes les cinq &#224; des castes inf&#233;rieures. Durant l'atelier, ces traces se sont r&#233;v&#233;l&#233;es, et elles ont trouv&#233; une sorte d'appartenance &#224; un corps collectif interg&#233;n&#233;rationnel. En tant que coordinatrices issues de classes et de castes plus privil&#233;gi&#233;es, n'ayant pas v&#233;cu de telles violences, nous &#233;tions confront&#233;es &#224; des questions difficiles. Le processus n'est-il pas en train d'amener les personnes &#224; revivre leurs traumatismes ? Nos positions sociales nous autorisent-elles &#224; les &#8220;diriger&#8221; ? Apr&#232;s une r&#233;p&#233;tition difficile, nous avons d&#233;cid&#233; de poser ces questions au groupe. &#8220;&lt;i&gt;Parfois, lorsque nous jouons cette sc&#232;ne particuli&#232;re, je revis ce moment pr&#233;cis. Ma t&#234;te devient lourde. C'est difficile. Mais alors je me souviens que je ne suis pas seule. Je sens les autres sur sc&#232;ne avec moi. Et cela me donne le courage d'avancer&lt;/i&gt;&#8221;, nous dira une des femmes de la troupe. Nous avons trouv&#233; dans le th&#233;&#226;tre un rem&#232;de puissant. &#8220;&lt;i&gt;Avant, lorsque le souvenir de ce qui s'&#233;tait pass&#233; me revenait, je restais bloqu&#233;e. J'avais l'impression de me noyer. Mais travailler sur le spectacle m'a ouvert une porte de sortie. Quelque part, je me sens enfin lib&#233;r&#233;e de ma propre histoire&lt;/i&gt;&#8221;, raconte l'une des com&#233;diennes.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Lentement et doucement, nous avons d&#233;couvert la possibilit&#233; d'un &#8220;toucher&#8221; qui ne soit ni sexualis&#233; ni mena&#231;ant&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Travailler en partant du corps est un travail de longue haleine. Les femmes ont pass&#233; plusieurs mois &#224; se remettre sur pied et rassembler leurs forces. L'une des participantes, par exemple, ne pouvait pas regarder son interlocuteur dans les yeux. Plus tard, elle a racont&#233; comment son p&#232;re lui avait toujours appris &#224; baisser les yeux, car c'est ce qu'on attend de sa caste inf&#233;rieure. Lentement et doucement, nous avons d&#233;couvert la possibilit&#233; d'un &#8220;toucher&#8221; qui ne soit ni sexualis&#233; ni mena&#231;ant. Le spectacle est devenu un espace o&#249; nous pouvons revendiquer notre dignit&#233;. Un lieu o&#249; nous pouvons chuchoter et nous confier ; &#234;tre une femme qui s'enfuit avec son amant d'une autre caste ; qui mange &#224; sa faim ; ou bien qui prend son temps pour se pr&#233;parer avant de sortir. Le th&#233;&#226;tre n'est pas seulement l&#224; pour d&#233;clarer ce qui ne va pas, mais aussi pour sugg&#233;rer : &#8220;et si ?&#8221;, &#8220;et pourquoi pas ?&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons intitul&#233; notre pi&#232;ce &lt;i&gt;Nazar Ke Samne&lt;/i&gt;, (Devant vos yeux). Nous sommes contact&#233;es par des organisations &#224; travers le pays, qui nous invitent &#224; jouer. C'est parfois difficile de quitter le foyer : certaines racontent que leurs maris se retrouvent forc&#233;s &#224; s'occuper d'eux-m&#234;mes, le temps de la tourn&#233;e ! Le spectacle, gratuit, se termine par un tour de chapeau qui permet &#224; la troupe de se d&#233;placer pour de nouvelles dates. Aujourd'hui, alors que le Freeda Theatre parcourt l'Inde rurale et des quartiers populaires pour jouer son spectacle, dans des maisons, des th&#233;&#226;tres, des salles des f&#234;tes, les performeuses rencontrent d'autres femmes qui leur ressemblent. La discussion s'engage &#224; la fin des repr&#233;sentations. &#8220;&lt;i&gt;Il y a quelques ann&#233;es, nous &#233;tions dans le public. Aujourd'hui, nous sommes sur sc&#232;ne. Ce parcours que nous avons fait permet d'aider d'autres femmes&lt;/i&gt;&#8221;. C'est la base du Freeda Theatre, nomm&#233; ainsi, car l'une des femmes voulait que l'id&#233;e de libert&#233; y soit centrale. Une &#233;tincelle qui peut construire un mouvement, &#224; travers le th&#233;&#226;tre et la cr&#233;ation, pour retrouver le pouvoir, en nous-m&#234;mes, de cr&#233;er et d'exprimer. Comme le dit souvent l'une des com&#233;diennes : &#8220;&lt;i&gt;C'est depuis la sc&#232;ne de th&#233;&#226;tre que nous avons enfin obtenu justice.&lt;/i&gt;&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Angarika G.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus d'informations sur le site du collectif : maraa.in.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Anish Victor est l'ex-directeur des programmes de formation &#224; la India Foundation For the Arts. Il a cofond&#233; la troupe de th&#233;&#226;tre Rafiki.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#233;tudiant&#183;es gauchistes payent l'addition</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-etudiant-es-gauchistes-payent</link>
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		<dc:date>2024-04-26T07:00:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anirban Bhattacharya et Banojyotsna Lahiri</dc:creator>


		<dc:subject> Jean-Thomas Martelli</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Universit&#233; Jawaharlal Nehru de New Delhi a longtemps &#233;t&#233; r&#233;put&#233;e pour ses gr&#232;ves &#233;tudiantes. Mais depuis d&#233;cembre 2023, toute manifestation ou fresque politique est passible d'une lourde amende. Les ex-syndicalistes &#233;tudiants Anirban Bhattacharya et Banojyotsna Lahiri s'inqui&#232;tent de la destruction de cet espace de libert&#233; dans une tribune publi&#233;e en d&#233;cembre dernier. Quand nous &#233;tions &#233;tudiants &#224; la Jawaharlal Nehru University (JNU), les gr&#232;ves de la faim &#233;taient r&#233;currentes. &#192; chaque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no229-avril-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;229 (avril 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jean-Thomas-Martelli" rel="tag"&gt; Jean-Thomas Martelli&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Universit&#233; Jawaharlal Nehru de New Delhi a longtemps &#233;t&#233; r&#233;put&#233;e pour ses gr&#232;ves &#233;tudiantes. Mais depuis d&#233;cembre 2023, toute manifestation ou fresque politique est passible d'une lourde amende. Les ex-syndicalistes &#233;tudiants Anirban Bhattacharya et Banojyotsna Lahiri s'inqui&#232;tent de la destruction de cet espace de libert&#233; dans une tribune publi&#233;e en d&#233;cembre dernier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5564 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;243&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_inde_affiche_05_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH747/web_inde_affiche_05_1200px-c10a2.jpg?1779633934' width='500' height='747' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Une affiche des syndicats &#233;tudiants communistes AISF (All India Students F&#233;d&#233;ration) et AISA (All India Students Association) d&#233;fendant les &#171; besoins du peuple &#187; contre les &#171; profits du capitalisme &#187;.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Jean-Thomas Martelli
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;Q&lt;/span&gt;uand nous &#233;tions &#233;tudiants &#224; la Jawaharlal Nehru University (JNU), les gr&#232;ves de la faim &#233;taient r&#233;currentes&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'article original est consultable en ligne : &#171; In JNU today, the price for (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#192; chaque rentr&#233;e, les nouveaux &#233;tudiants &#233;taient accueillis par des f&#234;tes de bienvenue, mais l'union syndicale&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'union syndicale est &#233;lue chaque ann&#233;e par l'ensemble des &#233;tudiant&#183;es. Elle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; s'empressait d'organiser sa propre c&#233;r&#233;monie d'accueil : une gr&#232;ve de la faim prolong&#233;e &lt;i&gt;[install&#233;e sur des tapis &#224; l'entr&#233;e du b&#226;timent de la direction, ndlr]&lt;/i&gt;. C'est par ce moyen que nous pr&#233;sentions nos revendications : crit&#232;res d'admissions conformes aux objectifs sociaux, construction de r&#233;sidences adapt&#233;es, acc&#232;s aux soins facilit&#233;s, r&#233;mun&#233;ration d&#233;cente des travailleurs sur le campus, etc. Alors que nous affrontions la faim, nous ne manquions pas de choses &#224; faire : r&#233;fl&#233;chir &#224; notre rapport de force face &#224; l'administration, accueillir patiemment les multiples voix issues de la communaut&#233; &#233;tudiante, chanter des chants de lutte, confectionner des affiches color&#233;es&#8230; sans pour autant d&#233;laisser nos t&#226;ches universitaires, entre les devoirs &#224; rendre et les th&#232;ses &#224; &#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, la gr&#232;ve &#233;tait totalement victorieuse, parfois nous repartions compl&#232;tement perdants de la table des n&#233;gociations ! Mais cette mani&#232;re d'assi&#233;ger l'esplanade du &#171; Palace Rose &#187; &lt;i&gt;[L'ensemble des b&#226;timents du campus est construit en brique, lui donnant un aspect rose-rouge]&lt;/i&gt; &#233;tait un exercice d'apprentissage crucial pour nous, en tant qu'&#233;tudiants mais aussi comme citoyens appliquant des principes d&#233;mocratiques. Les nouveaux venus ne pouvaient donc pas commencer leur ann&#233;e scolaire sans &#234;tre pass&#233;s par nos rassemblements !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La direction au chevet des gr&#233;vistes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants trouvaient dans cette sorte de &#171; cursus alternatif &#187; une initiation &#224; la pens&#233;e critique, l'assurance d'un collectif d&#233;vou&#233; se battant avec acharnement pour les droits &#233;tudiants, ainsi qu'une vision solidaire de l'engagement, lorsque nous soutenions les professeurs et les employ&#233;s d'entretien, qui organisaient leurs propres manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les membres de l'administration s'arrangeaient pour que les gr&#233;vistes de la faim soient suivis r&#233;guli&#232;rement par des m&#233;decins. Ils gardaient un &#339;il sur leur &#233;tat d'affaiblissement et les faisaient hospitaliser si n&#233;cessaire. Ainsi, la direction reconnaissait que ces gr&#232;ves &#233;taient une forme l&#233;gitime de militantisme. Elle &#233;tait loin de criminaliser nos luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savions comme cela co&#251;te (symboliquement) de se battre pour ses droits. Or, sous la f&#233;rule du r&#233;gime actuel, la direction de la fac a litt&#233;ralement fix&#233; un prix. Vingt mille roupies &lt;i&gt;[environ 220 euros]&lt;/i&gt;. C'est le co&#251;t de l'amende inscrite dans le nouveau &#171; R&#232;glement sur la discipline et la bonne conduit des &#233;tudiants &#187;, qui criminalise tout notre r&#233;pertoire politique : l'organisation de &lt;i&gt;dharnas&lt;/i&gt; (sit-ins), la conduite de gr&#232;ves de la faim, la tenue de toute forme de manifestations dans un rayon de 100 m&#232;tres autour de tout b&#226;timent universitaire (y compris celui de la direction). Tout contrevenant s'y voit menac&#233; d'une amende pouvant monter &#224; 20 000 roupies, mais aussi d'une expulsion temporaire ou d&#233;finitive.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nos murs lessiv&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 2016 et 2017, qui furent des ann&#233;es mouvement&#233;es &lt;i&gt;[voir encadr&#233;]&lt;/i&gt;, le Palace Rose avait &#233;t&#233; converti en ce que nous appelions la &#171; Place de la Libert&#233; &#187; : une salle de classe g&#233;ante en plein air o&#249; des milliers d'&#233;tudiants se r&#233;unissaient pour entendre des orateurs discourir sur la libert&#233;, le nationalisme ou la d&#233;mocratie. Ce m&#234;me Palace Rose est compl&#232;tement m&#233;connaissable. D&#233;sormais entour&#233; de grilles de fer, le parking o&#249; nous organisions les gr&#232;ves de la faim ressemble &#224; une prison. Ces derni&#232;res ann&#233;es, ces offensives contre ce qu'avait repr&#233;sent&#233; le campus ont &#233;t&#233; incessantes : enqu&#234;tes de police contre des activistes &#233;tudiants ; falsification des quotas d'acc&#232;s aux plus d&#233;favoris&#233;s ; violations des r&#232;gles de recrutements aux postes enseignants ; refus du statut de membre aux syndicats &#233;tudiants dans les organes statutaires, et enfin, cerise sur le g&#226;teau : l'interdiction des &#233;lections annuelles syndicales &#233;tudiantes [&lt;i&gt;voir encadr&#233;&lt;/i&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vandalisme &#187;, c'est ainsi que l'administration nomme d&#233;sormais nos murs satur&#233;s de peintures et de textes politiques &#8211; un geste lui aussi r&#233;prim&#233; de la m&#234;me amende. Or, les murs de la JNU ont toujours constitu&#233; un espace de dialogue, de respiration, de sensibilit&#233;. Ils racontaient des milliers d'histoires d'&#233;mancipation, par le pinceau et la peinture. Alors que dans nombre de structures &#233;ducatives, les murs sont aseptis&#233;s, conc&#233;dant parfois quelques espaces d&#233;di&#233;s aux affiches, ici les murs &#233;taient libres. Des luttes des montagnes Niyamgiri &#224; celles de la Palestine, des droits des travailleurs &#224; l'&#233;mancipation des femmes, de Marx &#224; Ambedkar, de Savitribai Phule &#224; Rosa Luxemburg, nos sources d'inspiration couvraient les murs. La droite et l'extr&#234;me droite s'adonnaient d'ailleurs au m&#234;me exercice, couvrant les briques de drapeaux nationalistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les manifestations, les gr&#232;ves de la faim, les couleurs sur les murs et les nombreuses voix dissidentes qui nous aident &#224; ne pas devenir ces personnages qui &#171; &lt;i&gt;attendent avec patience et ob&#233;issance le ma&#238;tre du spectacle, pour &#234;tre agit&#233;s dans un mim&#233;tisme de la vie&lt;/i&gt; &#187;, selon les mots du po&#232;te Tagore.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Anirban Bhattacharya et Banojyotsna Lahiri&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Fachos hors de nos facs&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'universit&#233; publique JNU est fond&#233;e en 1969, avec une mission radicale &#233;nonc&#233;e par son premier vice-chancelier : cr&#233;er un centre universitaire interdisciplinaire destin&#233; &#224; r&#233;soudre les probl&#232;mes intrins&#232;ques de la soci&#233;t&#233; indienne, tels que la pauvret&#233;, le d&#233;veloppement et la division sociale. Tr&#232;s t&#244;t bastion de la pens&#233;e marxiste, professeur&#183;es et &#233;tudiant&#183;es y discutent th&#233;ories r&#233;volutionnaires et planification sociale &#8211; les penseurs fran&#231;ais Sartre, Foucault ou Althusser y ont une belle place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D&#232;s les ann&#233;es 1970, la JNU fait partie de ces espaces politis&#233;s o&#249; l'on pense les questions sociales en m&#234;me temps qu'on vit et qu'on dort ensemble. C'est gr&#226;ce aux mobilisations &#233;tudiantes au cours des d&#233;cennies suivantes, que les objectifs sociaux de l'universit&#233; ont &#233;t&#233; tenus : augmentation du nombre d'inscrit&#183;es, parit&#233; r&#233;gionale dans l'attribution des places, discrimination positive pour les candidat&#183;es issu&#183;es de &#171; castes r&#233;pertori&#233;es &#187; et &#171; tribus r&#233;pertori&#233;es &#187; &#8211; cat&#233;gories d&#233;favoris&#233;es de la soci&#233;t&#233;. Ainsi, 40 % d'&#233;tudiant&#183;es sont issus de familles &#224; faible et moyen revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e au pouvoir du BJP*, de nombreuses attaques contre cette institution ont eu lieu. En 2016, les &#233;tudiant&#183;es de JNU ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;&#183;es comme d'antinationaux s&#233;ditieux ; le pr&#233;sident de l'union syndicale et d'autres personnes &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-sueur-des-flics-et-les-larmes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;dont Umar Khalid&lt;/a&gt;ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s pour des motifs fallacieux&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour en savoir plus sur ce lieu et les r&#233;voltes de 2016-2017, lire &#171; R&#233;volte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. La communaut&#233; &#233;tudiante et enseignante est &#233;cart&#233;e des consultations sur la gouvernance de l'universit&#233;. L'admission des candidats issus de groupes d&#233;favoris&#233;s est rendue plus difficile par de nouvelles r&#232;gles d'admission et une augmentation des frais d'h&#233;bergement dans les foyers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre cette d&#233;gradation des droits, des attaques de groupes fascistes ont r&#233;guli&#232;rement lieu : la plus spectaculaire est celle du 5 janvier 2020, quand une centaine de militants d'extr&#234;me droite, cagoul&#233;s, d&#233;boulent sur le campus et font 34 bless&#233;&#183;es&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus d'infos sur les attaques et r&#233;voltes &#233;tudiantes, &#224; JNU et sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Le 1er mars 2024, des &#233;tudiant&#183;es d'extr&#234;me droite ont men&#233; une nouvelle attaque avec des b&#226;tons de bois et des barres de fer contre une r&#233;union des syndicats de gauche. Aux &#233;lections syndicales de mars 2024, c'est la joie sur le campus. Le syndicat d'extr&#234;me droite ressort grand perdant : il n'a obtenu aucun des quatre postes qui constituent l'union syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Camille Auvray&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(1)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5566 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_inde_affiche_02_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/web_inde_affiche_02_1200px-78eda.jpg?1779633935' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(2)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5565 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_inde_affiche_04_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/web_inde_affiche_04_1200px-4a770.jpg?1779633935' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(3)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5567 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_inde_affiche_01_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/web_inde_affiche_01_1200px-3c9d6.jpg?1779633935' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Sur les murs des b&#226;timents du campus, la gauche et la droite s'affrontent en couleurs. D'un c&#244;t&#233;, les syndicats &#233;tudiants communistes AISF (All India Students F&#233;d&#233;ration) et AISA (All India Students Association) d&#233;fendent les &#171; besoins du peuple &#187; contre les &#171; profits du capitalisme &#187; [&lt;i&gt;en haut de la page web&lt;/i&gt;], la complaisance des m&#233;dias vis-&#224;-vis du r&#233;gime (1) ou encore le pillage des ressources et le vol de la dignit&#233; du peuple par les 1 % les plus riches (2). De l'autre, le syndicat &#233;tudiant &#173;d'extr&#234;me droite ABVP (Akhil Bharatiya Vidyarthi Parishad) &#233;crit &#171; L'Inde d'abord &#187; sur fond d'affiche de cin&#233;ma (3).Photos : Jean-Thomas Martelli.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'article original est consultable en ligne : &#171; In JNU today, the price for free speech is Rs 20,000 &#187;, &lt;i&gt;The Indian Express&lt;/i&gt;, 14/12/2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'union syndicale est &#233;lue chaque ann&#233;e par l'ensemble des &#233;tudiant&#183;es. Elle se compose de 4 repr&#233;sentant&#183;es, issu&#183;es de diff&#233;rents syndicats, pouvant aller de l'extr&#234;me gauche &#224; l'extr&#234;me droite. Les gr&#232;ves de la faim sont n&#233;anmoins men&#233;es par les repr&#233;sentant&#183;es gauchistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour en savoir plus sur ce lieu et les r&#233;voltes de 2016-2017, lire &lt;a href=&#034;https://blog.mondediplo.net/2016-04-17-Revolte-etudiante-a-New-Delhi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; R&#233;volte &#233;tudiante &#224; New Delhi &#187;&lt;/a&gt;, sur le site Les blogs du &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt; , 17/04/2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour plus d'infos sur les attaques et r&#233;voltes &#233;tudiantes, &#224; JNU et sur d'autres campus, voir le tr&#232;s beau film &lt;i&gt;Toute une nuit sans savoir&lt;/i&gt; (2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Namdeo Dhasal, po&#232;te Panthers</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Namdeo-Dhasal-poete-Panthers</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Namdeo-Dhasal-poete-Panthers</guid>
		<dc:date>2024-04-19T10:52:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Jaoul</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#192; travers leurs po&#232;mes contestataires, des jeunes auteurs dalits ont fait &#233;merger une critique de la soci&#233;t&#233; de castes indiennes et, dans les ann&#233;es 1970, donn&#233; naissance aux Dalit Panthers. Publi&#233; aux &#233;ditions de l'Asym&#233;trie en ao&#251;t 2023, Un flot de sang est un livre majeur. Namdeo Dhasal (1949-2014) compte parmi les plus grands po&#232;tes indiens. Dans un style incandescent et charnel surgi tout droit des bas-fonds de Bombay, il a su r&#233;v&#233;ler l'intensit&#233; de la r&#233;volte des dalits (ou &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no229-avril-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;229 (avril 2024)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; travers leurs po&#232;mes contestataires, des jeunes auteurs dalits ont fait &#233;merger une critique de la soci&#233;t&#233; de castes indiennes et, dans les ann&#233;es 1970, donn&#233; naissance aux Dalit Panthers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5571 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_229_un-flot-de-sang_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH687/web_229_un-flot-de-sang_1200px-91bc9.jpg?1779633936' width='500' height='687' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;ubli&#233; aux &#233;ditions de l'Asym&#233;trie en ao&#251;t 2023, &lt;i&gt;Un flot de sang&lt;/i&gt; est un livre majeur. Namdeo Dhasal (1949-2014) compte parmi les plus grands po&#232;tes indiens. Dans un style incandescent et charnel surgi tout droit des bas-fonds de Bombay, il a su r&#233;v&#233;ler l'intensit&#233; de la r&#233;volte des dalits (ou &#171; intouchables &#187;) contre l'hindouisme et les castes. Ses po&#232;mes traduits du marathi, chefs-d'&#339;uvre de la po&#233;sie dalit, r&#233;v&#232;lent d'une mani&#232;re irr&#233;v&#233;rencieuse et d&#233;stabilisante, le quotidien de quartiers s&#233;gr&#233;gu&#233;s fait d'humiliations, d'injustices, de cruaut&#233;, mais aussi de d&#233;brouille, de solidarit&#233;s et de r&#233;sistances. Cette litt&#233;rature de jeunes auteurs dalits, en plus de bousculer la litt&#233;rature indienne par son recours &#224; l'argot, a &#233;t&#233; au c&#339;ur de la naissance, en 1972, du mouvement des Dalit Panthers. La traduction de leur manifeste compl&#232;te ce recueil qui rend enfin accessible au lectorat francophone la radicalit&#233; du mouvement anti-castes des dalits. Extraits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;GALIT&#201; POUR TOUS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;OU&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MORT &#192; L'INDE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8211; et grav&#233; sur le c&#339;ur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ambedkar : 1978&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l'ai vu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l'ai rejet&#233; &#224; maintes reprises&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cadavre qui erre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une ville &#224; l'autre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attends, arr&#234;te-toi un peu dans la lumi&#232;re cr&#233;pusculaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ivrogne t&#233;l&#233;phone au bon Dieu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'aie pas pour moi cette piti&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui me d&#233;grade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre notre relation a fait son temps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hausse tes &#233;paules et lib&#232;re-toi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De sorte que&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu pourras hachurer cette eau quelques fois&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les Dalit Panthers&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement dalit, profond&#233;ment l&#233;galiste, a &#233;t&#233; marqu&#233; par l'&#339;uvre constitutionnelle du Dr Ambedkar (1891-1956)&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Educate, agitate, organize &#187; voil&#224; le slogan de cet avocat dalit qui se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le leader historique des dalits qui dirigea les travaux de la Constitution indienne &#224; l'ind&#233;pendance. Ce dernier s'opposa &#224; Gandhi et &#224; son mythe du &#171; Harijan &#187; &#8211; une figure religieuse de l'opprim&#233; r&#233;sign&#233;, qui continue &#224; rester centrale dans l'Inde nehruvienne&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jawahrlala Nehru est le premier Premier ministre de l'Inde ind&#233;pendante &#8211; il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, la mobilisation d'un imaginaire de violence politique permet cependant aux Dalit Panthers de faire exploser ce carcan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inspir&#233;s par Ambedkar, influenc&#233;s par le marxisme, mais aussi de mani&#232;re plus sommaire par le radicalisme noir am&#233;ricain des Black Panthers, les Dalit Panthers apparaissent en 1972 &#224; Bombay. Derri&#232;re le petit groupe d'&#233;crivains et de po&#232;tes qui fondent l'organisation, on trouve une g&#233;n&#233;ration de dalits dipl&#244;m&#233;s, qui, bien que b&#233;n&#233;ficiaires des quotas universitaires, sont confront&#233;s au ch&#244;mage de masse et aux discriminations. Face &#224; une recrudescence des violences de caste et &#224; la passivit&#233; de l'&#201;tat, l'organisation pr&#244;ne l'autod&#233;fense. Mais cette strat&#233;gie tourne rapidement court. Des &#233;meutes antidalits &#224; grand renfort de r&#233;pression polici&#232;re mettent rapidement en &#233;chec cette tentative de contre-violence des opprim&#233;s, face &#224; des adversaires cast&#233;istes&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui d&#233;fendent le syst&#232;me des castes et perp&#233;tuent les discriminations envers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; dominant l'appareil d'&#201;tat et d&#233;termin&#233;s &#224; &#233;craser cette r&#233;volte, y compris dans le sang. Cette rh&#233;torique de la violence dalit s'en tiendra d&#233;sormais aux discours dans les meetings Dalit Panthers, dont le langage corporel s'inspire des h&#233;ros prol&#233;tariens du Bollywood de l'&#233;poque. Cr&#233;ant un lien symbolique avec la violence agraire des naxalites (mao&#239;stes), cette possibilit&#233; d'un &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Discours-genocidaires-a-l-ombre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ralliement des ambedkaristes &#224; la violence&lt;/a&gt; a durablement marqu&#233; la soci&#233;t&#233; indienne. Son ravivement p&#233;riodique (comme en 2006 et en 2018) continue de faire planer une menace face &#224; l'ordre social des castes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Nicolas Jaoul&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Educate, agitate, organize &#187; voil&#224; le slogan de cet avocat dalit qui se mit toute sa vie au service de l'organisation des siens, dans le but d' &#171; &lt;i&gt;annihiler la caste&lt;/i&gt; &#187; pour reprendre un titre de l'un de ses livres. Constatant &#224; la fin de sa vie l'&#233;chec de son combat au sein de la soci&#233;t&#233; hindoue, il se convertit au bouddhisme en octobre 1956, suivi par des centaines de milliers de dalits.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jawahrlala Nehru est le premier Premier ministre de l'Inde ind&#233;pendante &#8211; il occupera ce poste de 1947 &#224; 1964&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Qui d&#233;fendent le syst&#232;me des castes et perp&#233;tuent les discriminations envers les castes opprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la couleur au cin&#233;ma</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/De-la-couleur-au-cinema</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/De-la-couleur-au-cinema</guid>
		<dc:date>2024-04-19T10:52:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille Auvray</dc:creator>


		<dc:subject>Alice Durot</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Anthropologue, fan de cin&#233;ma populaire hindi et autrice du livre Blanc Bollywood &#8211; invention d'une peau cin&#233;matographique, H&#233;l&#232;ne Kessous questionne la couleur (politique) des blockbusters de Bombay. Avec son ouvrage Blanc Bollywood &#8211; invention d'une peau cin&#233;matographique (Mim&#233;sis, 2023), l'anthropologue et fan de Bollywood H&#233;l&#232;ne Kessous questionne les couleurs de peau dans le cin&#233;ma indien &#8211; premi&#232;re industrie cin&#233;matographique mondiale en nombre de films produits &#8211; pour mieux en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no229-avril-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;229 (avril 2024)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alice-Durot" rel="tag"&gt;Alice Durot&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Anthropologue, fan de cin&#233;ma populaire hindi et autrice du livre &lt;i&gt;Blanc Bollywood &#8211; invention d'une peau cin&#233;matographique&lt;/i&gt;, H&#233;l&#232;ne Kessous questionne la couleur (politique) des blockbusters de Bombay.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5572 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_229_inde_21_bolywood_alicedurot_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L404xH1200/web_229_inde_21_bolywood_alicedurot_1200px-edb97.jpg?1779630022' width='404' height='1200' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Alice Durot
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;vec son ouvrage &lt;i&gt;Blanc Bollywood &#8211; invention d'une peau cin&#233;matographique&lt;/i&gt; (Mim&#233;sis, 2023), l'anthropologue et fan de Bollywood H&#233;l&#232;ne Kessous questionne les couleurs de peau dans le cin&#233;ma indien &#8211; premi&#232;re industrie cin&#233;matographique mondiale en nombre de films produits &#8211; pour mieux en r&#233;v&#233;ler les normes dominantes autant que ses aspirations &#224; l'universel. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les films de Bollywood et leurs incomparables s&#233;quences musicales sont snob&#233;s par les Occidentaux : &#171; trop longs &#187;, &#171; trop kitch &#187;, &#171; trop m&#233;lo &#187;, &#171; pas construits &#187;, &#171; simplistes &#187;. Qu'est-ce qui te pla&#238;t, &#224; toi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a 20 ans, lorsque j'ai vu mon premier film Bollywood, je suis tomb&#233;e amoureuse de ce cin&#233;ma. J'ai eu une impression de libert&#233; : dans ce cin&#233;ma, on se fiche des raccords, on peut tout &#224; fait abandonner une id&#233;e de sc&#233;nario au milieu, puisque le centre de la production, ce n'est pas une histoire bien ficel&#233;e mais une star, un parolier connu, des chansons, des personnages types (le fils parfait, le second jaloux, la voisine &#224; marier). Bollywood est un cin&#233;ma d'arch&#233;types, plut&#244;t manich&#233;en, qui s'est construit dans un pays plurilingue et multiconfessionnel, aux diff&#233;rences culturelles nombreuses. Ce que visent ces productions, c'est quelque chose de f&#233;d&#233;rateur : un langage commun pour parler &#224; tout le monde. C'est un cin&#233;ma plus profond qu'il n'y para&#238;t, qui aborde les th&#232;mes existentiels et universels que sont le mal, l'amour, la fatalit&#233;. Et on le sous-estime sans doute aussi &#224; cause de sa syntaxe, plus visuelle qu'orale : les expressions de visage, les attitudes, tout est exacerb&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j'aime dans Bollywood, ce sont les sentiments et les sensations que le film procure. Si j'ai v&#233;cu un grand 8 &#233;motionnel pendant trois heures ; si j'ai ri, pleur&#233;, frissonn&#233; ; si je suis lessiv&#233;e &#224; la fin du film&#8230; c'est qu'il est r&#233;ussi ! Face aux critiques qui parlent de mauvaises productions, je r&#233;torque qu'il s'agit d'un autre langage cin&#233;matographique. On devrait apprendre cet autre langage, et ainsi appr&#233;cier les films avec d'autres crit&#232;res. Un conseil pour commencer ? &lt;i&gt;La Famille indienne&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En hindi : Kabhi Khushi Kabhie Gham (2001).&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, une valeur s&#251;re. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peux-tu nous en dire plus sur l'obsession des peaux blanches dans les films Bollywood ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lorsque j'ai d&#233;couvert ce cin&#233;ma, j'ai eu un choc : les acteurs &#233;taient blancs. Les Indiens que j'avais vus dans des films occidentaux sur l'Inde, ceux que je fr&#233;quentais en France, ou ceux que j'ai crois&#233;s lors de mon premier voyage&#8230; tous &#233;taient &#8220;marron&#8221;. L'industrie du cin&#233;ma, mais aussi de la publicit&#233;, de la t&#233;l&#233;, met syst&#233;matiquement en avant des peaux blanches ou tr&#232;s claires et j'en ai fait mon objet d'&#233;tude. &#8220;&lt;i&gt;Les stars sont tellement blanches qu'on dirait des Dieux&#8221;,&lt;/i&gt; m'a un jour confi&#233; une vieille dame dans un train. Cette surrepr&#233;sentation des peaux claires a de lourdes cons&#233;quences sur la soci&#233;t&#233; : &#233;norm&#233;ment de jeunes gens r&#234;vent de s'&#233;claircir la peau, l'industrie cosm&#233;tique en profite pour leur fournir des dizaines de marques de cr&#232;mes. Par contre, quand Shahrukh Khan joue un m&#233;chant, on le blanchit moins ! On maintient l'id&#233;e que les castes sup&#233;rieures seraient claires de peau et les basses castes, fonc&#233;es. Dans la r&#233;alit&#233;, on ne peut pas corr&#233;ler caste et couleur de peau. &#192; cela s'ajoute la blancheur du colonisateur britannique, et du monde occidental d'aujourd'hui : l'&#233;quation blancheur et puissance sociale est bien ancr&#233;e dans l'imaginaire collectif. C'est ce qu'on appelle le colorisme, une discrimination subie au sein d'une communaut&#233; en fonction de la couleur de peau, avec comme norme la blancheur : tout ce qui s'en &#233;loigne est consid&#233;r&#233; comme inf&#233;rieur, voire laid. Or, si l'on consid&#232;re la mani&#232;re dont certaines communaut&#233;s sont discrimin&#233;es en Inde, notamment les adivasis* &#224; la peau tr&#232;s fonc&#233;e, on peut parler clairement de dynamiques racistes. Le cin&#233;ma indien est un des supers v&#233;hicules de ce diktat. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bollywood est pourtant une industrie o&#249; les musulmans ont du succ&#232;s, ce qui d&#233;range l'extr&#234;me droite hindoue. La star Shahrukh Khan &lt;i&gt;[voir encadr&#233;]&lt;/i&gt; s'est fait troller sur les r&#233;seaux sociaux apr&#232;s avoir d&#233;fendu une &#171; soci&#233;t&#233; multiculturelle &#187;. Quels effets ont ces attaques sur la profession et la production ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les musulmans sont pr&#233;sents dans le cin&#233;ma indien de diff&#233;rentes mani&#232;res. Il y a d'abord les grands paroliers, les musiciens, les sc&#233;naristes, etc. Et bien s&#251;r, les stars, comme les trois Khan : Amir, Salman et Shahrukh. Ils sont musulmans mais ne jouent pas forc&#233;ment des r&#244;les de musulmans ! C'est important de le souligner. Toute sa carri&#232;re, Shahrukh Khan a interpr&#233;t&#233; le gendre id&#233;al hindou, et &#231;a ne posait aucun probl&#232;me ! Aujourd'hui, il y a de plus en plus d'autocensure. Les r&#233;alisateurs h&#233;sitent avant de proposer un sc&#233;nario avec des musulmans. Des envoy&#233;s du RSS &lt;i&gt;[voir p. 12-13]&lt;/i&gt; font du lobbying aupr&#232;s des producteurs pour changer les histoires car, selon eux, Bollywood est trop multiculturel et trop lib&#233;ral. Mais si nous assistons &#224; un tournant dans le cin&#233;ma, il reste de l'espoir : on a vu Shahrukh Khan dans trois films en 2023, dont deux qui ont explos&#233; tous les records d'entr&#233;es ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Penses-tu que l'industrie de Bollywood puisse devenir un instrument de propagande du r&#233;gime ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lors de la derni&#232;re campagne &#233;lectorale en 2019, j'ai &#233;t&#233; choqu&#233;e de voir sur les r&#233;seaux des stars de Bollywood en pleine s&#233;ance de selfies avec le Premier ministre. On assiste &#224; un tournant inqui&#233;tant. En 2021, le gouvernement a aboli le tribunal d'appel de certification des films, un outil de recours pr&#233;cieux et efficace qui permettait &#224; bon nombre de r&#233;alisateurs de gagner en appel contre le bureau de la censure et ses demandes de coupes cons&#233;quentes. C'est d&#233;sormais termin&#233;. Depuis peu aussi, de nouvelles lois ont mis au pas les plateformes : les contenus d'Amazon ou de Netflix sont v&#233;rifi&#233;s par le minist&#232;re de l'Information, qui peut d&#233;sormais interdire, modifier ou enlever des sc&#232;nes. Dans les salles aussi on voit pointer des changements importants : les sujets mythologiques hindous, les films militaires &#224; la gloire de la Nation, contre le Pakistan ou autres ennemis fantasm&#233;s, se multiplient. Ce qui est plus &#233;trange c'est que certains de ces films comme le blockbuster &lt;i&gt;RRR&lt;/i&gt;, dont le sc&#233;nario est pourtant proche de l'id&#233;ologie de l'extr&#234;me droite hindoue, arrivent &#224; s&#233;duire &#224; l'international. Mais ce n'est pas parce qu'un film comme &lt;i&gt;Kashmiri Files&lt;/i&gt;, nationaliste et x&#233;nophobe, a fait beaucoup d'entr&#233;es que &#231;a marche &#224; tous les coups. &lt;i&gt;Brahmastra&lt;/i&gt;, un film de superh&#233;ros mythologique, ou encore &lt;i&gt;Samrat Prithviraj&lt;/i&gt;, un biopic nostalgique de l'empire hindou, &#8211; tout ce que d&#233;fend le parti au pouvoir &#8211;, ont fait un v&#233;ritable flop ! Il reste donc un peu d'espoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Camille Auvray&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;King Khan&lt;/strong&gt;
Shahrukh Khan &#8211; SRK pour les intimes &#8211; est bien plus qu'un acteur de Bollywood. King Khan, n&#233; le 2 novembre 1965, a jou&#233; les jeunes premiers dans des dizaines de blockbusters depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990, avant de faire son grand retour dans des r&#244;les de m&#233;chants de films d'action en 2023. Tour &#224; tour riche avocat sombrant dans l'alcool, d&#233;sesp&#233;r&#233;ment amoureux d'Aishwarya Rai dans &lt;i&gt;Devdas&lt;/i&gt; (2002), improbable joueur de foot professionnel dans le sentimental &lt;i&gt;Kabhi Alvida Naa Kehna&lt;/i&gt; [Ne dis jamais adieu] en 2006, musulman neuroatypique pourfendeur de l'islamophobie dans &lt;i&gt;My Name is Khan&lt;/i&gt; (2010), c'est une star absolue dans les nombreux pays d'Afrique et du Moyen-Orient o&#249; s'exportent les films en hindi tourn&#233;s dans les studios du quartier de Goreagon &#224; Mumbai (autrefois Bombay) et l'un des com&#233;diens les plus riches du monde. N&#233; dans une famille musulmane, mari&#233; &#224; une femme hindoue, il critique publiquement l'intol&#233;rance religieuse du BJP.&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Judith Chouraqui&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;
&lt;strong&gt;Remettre les pendules &#224; l'heure&lt;/strong&gt;
&#171; &lt;i&gt;Pourquoi vos films sont-ils si longs ? &lt;/i&gt; &#187; demande en 2002 un journaliste fran&#231;ais &#224; la star Shahrukh Khan venu &#224; Cannes pr&#233;senter le film &lt;i&gt;Devdas&lt;/i&gt;. Et lui de r&#233;pondre : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi vos films sont-ils si courts ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En hindi : &lt;i&gt;Kabhi Khushi Kabhie Gham&lt;/i&gt; (2001).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; la rencontre de Fifine la renarde</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-la-rencontre-de-Fifine-la</link>
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		<dc:date>2024-04-19T10:37:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bonetti</dc:creator>


		<dc:subject>Bruno-Gilles Liebgott</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans son ouvrage Le roman de Renarde &#8211; Fifine au pays des hommes, le photographe animalier Bruno-Gilles Liebgott raconte son incroyable amiti&#233; avec une renarde des for&#234;ts lorraines. Et questionne nos rapports &#224; l'autre et au vivant. &#171; Les deux renardeaux p&#233;n&#232;trent dans leur &#233;crin embaum&#233;. Emport&#233;s par leur insouciance, ils mettent un terme &#224; leur dispute. La petite femelle a entendu le d&#233;clencheur de l'appareil photo, malgr&#233; sa position en mode quiet (silencieux) et la housse anti-bruit. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no229-avril-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;229 (avril 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bruno-Gilles-Liebgott" rel="tag"&gt;Bruno-Gilles Liebgott&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son ouvrage &lt;i&gt;Le roman de Renarde &#8211; Fifine au pays des hommes&lt;/i&gt;, le photographe animalier Bruno-Gilles Liebgott raconte son incroyable amiti&#233; avec une renarde des for&#234;ts lorraines. Et questionne nos rapports &#224; l'autre et au vivant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5583 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_229_30_renard_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/web_229_30_renard_1200px-84eba.jpg?1779619245' width='500' height='333' alt='Un homme tend la main vers une petite renarde sauvage qui vient lui dire bonjour.' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photographie Bruno-Gilles Liebgott
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; L&lt;/span&gt;&lt;i&gt;es deux renardeaux p&#233;n&#232;trent dans leur &#233;crin embaum&#233;. Emport&#233;s par leur insouciance, ils mettent un terme &#224; leur dispute. La petite femelle a entendu le d&#233;clencheur de l'appareil photo, malgr&#233; sa position en mode &lt;/i&gt;quiet&lt;i&gt; (silencieux) et la housse anti-bruit. Le jeune m&#226;le se fige. La petite femelle gagne du terrain. Je me cristallise. Elle s'aventure toujours. De pr&#232;s, de plus en plus pr&#232;s.&lt;/i&gt; &#187; On est le 10 juillet 2018. Cach&#233; dans une haie, Bruno-Gilles Liebgott esp&#232;re pouvoir observer la p&#233;riode d'amours des chevreuils. Il ne sait pas encore que cet instant marque le d&#233;but d'une amiti&#233; incroyable qu'il va construire avec celle qu'il va nommer Fifine, une renarde install&#233;e sur les hauteurs de Pont-&#224;-Mousson, en Lorraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une relation qui dure toujours en 2024 et que le naturaliste raconte po&#233;tiquement dans &lt;i&gt;Le roman de Renarde &#8211; Fifine au pays des hommes&lt;/i&gt; (Paroles de Lorrains, avril 2024). &#171; &lt;i&gt;En 1980, &#224; l'&#226;ge de 13 ans, on m'offre &lt;/i&gt;Le Petit Prince&lt;i&gt;. J'ai &#233;t&#233; boulevers&#233; par le passage sur le renard. Si bien que construire une telle amiti&#233; est devenu un r&#234;ve d'enfant. Tout au long de ma vie, mes proches m'ont r&#233;p&#233;t&#233; : &#8220;Mais arr&#234;te, tu n'y arriveras jamais.&#8221; J'ai &#233;t&#233; tenace. J'y ai cru malgr&#233; tout. Et sans que je le provoque, &#231;a s'est r&#233;alis&#233;. Quand on s'est regard&#233; pour la premi&#232;re fois dans le blanc des yeux, je n'y ai vu aucune malveillance. &#199;a m'a fait un bien fou.&lt;/i&gt; &#187; Durant 35 jours, la m&#234;me sc&#232;ne se r&#233;p&#232;te. &#171; &lt;i&gt;Et puis elle s'est assise &#224; quelques m&#232;tres de moi. J'ai enlev&#233; ma cagoule et mes gants. Elle les a renifl&#233;s. &#199;a a &#233;t&#233; le d&#233;clic.&lt;/i&gt; &#187; Depuis, Bruno-Gilles Liebgott se retrouve pour des moments intenses de complicit&#233; sans paroles avec Fifine, &#171; &lt;i&gt; magiques &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;voque cette nature oubli&#233;e, cette connexion pure avec le vivant, reli&#233; &#224; un tout. &#171; &lt;i&gt;Cette renarde a boulevers&#233; ma vie, oui.&lt;/i&gt; &#187; Et celle des chasseurs du coin aussi. &#171; &lt;i&gt;J'ai d&#251; assurer une bonne entente avec eux, pour qu'ils ne tirent pas dans cette zone g&#233;ographique. Ils se sont alors rendu compte qu'il n'y avait plus de prolif&#233;ration de rats taupiers, dont se r&#233;galent les renards. Les agriculteurs voisins en ont alors &#233;t&#233; tr&#232;s heureux, eux qui se font ravager leurs r&#233;coltes chaque ann&#233;e par ces rongeurs, l&#224; o&#249; les renards sont tu&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; La question de savoir qui est donc le nuisible se pose. &#171; &lt;i&gt;De toute fa&#231;on, d&#232;s l'instant o&#249; l'homme intervient quelque part, il cr&#233;e un d&#233;s&#233;quilibre, car il ne sait pas (plus) faire. C'est le seul perturbateur des &#233;quilibres de la nature.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire et ces r&#233;flexions nourrissent ce qui est le 100e livre publi&#233; par Paroles de Lorrains, une petite maison d'&#233;dition associative install&#233;e &#224; Longwy. Lanc&#233;e en 2006 ; elle s'est fait une sp&#233;cialit&#233; des ouvrages sur les luttes ouvri&#232;res et sociales de ce Pays Haut charg&#233; d'histoire, sans jamais oublier son id&#233;e de d&#233;part : &#171; &lt;i&gt;Donner la parole &#224; ceux qui ne l'ont jamais eue ou &#224; qui on l'a refus&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, comme le rappelle Guy-Joseph Feller, l'un de ses cofondateurs. La preuve : ils viennent de donner la parole &#224; une renarde au travers de son ami l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par S&#233;bastien Bonetti&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Koko la coco</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Koko-la-coco</link>
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		<dc:date>2024-04-19T10:37:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pauline Laplace</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#192; la Fabrique, Olga Bronnikova et Matthieu Renault publient un livre &#224; propos d'Alexandra Kollonta&#239;. Personnage de la r&#233;volution russe et f&#233;ministe d'avant garde, elle &#233;tait &#224; l'image de son &#233;poque : inspirante et terrifiante. Publi&#233; &#224; la Fabrique en f&#233;vrier, Kollonta&#239; &#8211; D&#233;faire la famille, refaire l'amour suit la trajectoire d'une des grandes figures du f&#233;minisme marxiste : Alexandra Kollonta&#239; (1872-1952). Cette &#171; biographie intellectuelle &#187; sign&#233;e Olga Bronnikova et Matthieu Renault, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no229-avril-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;229 (avril 2024)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la Fabrique, Olga Bronnikova et Matthieu Renault publient un livre &#224; propos d'Alexandra Kollonta&#239;. Personnage de la r&#233;volution russe et f&#233;ministe d'avant garde, elle &#233;tait &#224; l'image de son &#233;poque : inspirante et terrifiante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5581 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/alexandra_kollontai.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH656/alexandra_kollontai-03e73.jpg?1779633941' width='500' height='656' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;George Grantham Bain Collection (Library of Congress)
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;ubli&#233; &#224; la Fabrique en f&#233;vrier, &lt;i&gt;Kollonta&#239; &#8211; D&#233;faire la famille, refaire l'amour&lt;/i&gt; suit la trajectoire d'une des grandes figures du f&#233;minisme marxiste : Alexandra Kollonta&#239; (1872-1952). Cette &#171; &lt;i&gt;biographie intellectuelle&lt;/i&gt; &#187; sign&#233;e Olga Bronnikova et Matthieu Renault, fait sentir avec force et honn&#234;tet&#233; ce que peut &#234;tre la construction d'une pens&#233;e politique lors d'un tournant r&#233;volutionnaire (ici, celui de 1917 en Russie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre se lit comme une saga. Faut dire que le contexte &#233;tait bouillonnant et Kollonta&#239;, atypique. Rejetant son milieu aristocratique, elle a cherch&#233; activement &#224; faire fusionner f&#233;minisme et lutte des classes. Parmi ses ennemis, la &#171; &lt;i&gt;famille bourgeoise&lt;/i&gt; &#187; figurait en bonne place, et elle s'est appliqu&#233;e &#224; la d&#233;gommer en tant que commissaire du peuple aux affaires sociales, puis responsable du Jenotdel (d&#233;partement charg&#233; de l'action du parti aupr&#232;s des femmes). Posant les bases du premier syst&#232;me de soins gratuits pour les m&#232;res, &#233;tablissant le divorce par consentement mutuel, accordant aux enfants n&#233;s hors mariages les m&#234;mes droits que ceux dits &#171; l&#233;gitimes &#187;, encourageant la mise en place de cr&#232;ches afin que les parents (et surtout les m&#232;res) ne soient pas seuls en charge de l'&#233;ducation des mioches, elle ne manquait pas d'id&#233;es. Pourquoi ne pas ouvrir des restaurants collectifs ? Ou bien municipaliser les blanchisseries ? Son but : &#171; &lt;i&gt;socialiser les t&#226;ches m&#233;nag&#232;res &lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Dans l'histoire de la femme, la s&#233;paration de la cuisine et du mariage est une r&#233;forme non moins importante que la s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat&lt;/i&gt; &#187;, disait-elle. Notons pour compl&#233;ter le tableau que sous son influence, l'IVG a &#233;t&#233; autoris&#233;e en 1920 en Russie, une premi&#232;re dans l'histoire. &#192; celles et ceux qui seraient surpris&#183;es par tant de modernit&#233;, le plaisir ne s'arr&#234;te pas l&#224;. L'&#171; &lt;i&gt;amour-camaraderie&lt;/i&gt; &#187;, sans doute une des th&#233;ories les plus originales avanc&#233;es par Kollonta&#239;, n'est autre que l'anc&#234;tre &#8211; &#224; la sauce bolchevique &#8211; du polyamour, posant la compatibilit&#233; logique entre amour libre et communisme, et avan&#231;ant que la libert&#233; sexuelle des individus est un bon moteur pour la r&#233;volution. &lt;i&gt;Caliente !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais attention ! Celle qui fut ironiquement nomm&#233;e &#171; &lt;i&gt;la Valkyrie de la r&#233;volution&lt;/i&gt; &#187; par ses &#171; camarades &#187;masculins restait une femme de son temps. Clairement abolitionniste en mati&#232;re de prostitution, portant un regard m&#233;prisant sur la paysannerie et adh&#233;rant totalement aux &#233;lans coloniaux de l'&#233;poque&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En t&#233;moignent les c&#233;r&#233;monies publiques de d&#233;voilement, mettant en sc&#232;ne l' &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Plus le bouquin avance et plus notre gorge se serre, alors qu'on d&#233;couvre vers la fin cette citation gla&#231;ante : &#171; &lt;i&gt;La femme doit observer [&#8230;] toutes les r&#232;gles d'hygi&#232;ne prescrites pendant la grossesse et se rappeler que, pendant neuf mois, elle cesse d'une certaine mani&#232;re de s'appartenir. Elle est en somme au service de la collectivit&#233;, et son corps &#8220;produit&#8221; un nouveau membre pour la r&#233;publique ouvri&#232;re.&lt;/i&gt; &#187; &lt;i&gt;Oups !&lt;/i&gt; On avait failli oublier que le totalitarisme allait bient&#244;t recouvrir de sa chape de plomb les plus beaux &#233;lans de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Pauline Laplace&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En t&#233;moignent les c&#233;r&#233;monies publiques de d&#233;voilement, mettant en sc&#232;ne l' &#171; adh&#233;sion &#187; des femmes musulmanes du Turkestan au r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ouvrez, ouvrez la cage aux smartphones</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Ouvrez-ouvrez-la-cage-aux</link>
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		<dc:date>2024-04-19T10:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>A&#239;e Tech</dc:subject>
		<dc:subject>Cl&#233;ment Bu&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mois apr&#232;s mois, A&#239;e Tech d&#233;fonce la technologie et ses vains mirages. Dix-septi&#232;me &#233;pisode d&#233;di&#233; &#224; l'acceptabilit&#233; sociale des technologies et &#224; mes propres arrangements coupables avec l'empire des &#233;crans. Ce matin, j'ai quitt&#233; ma carlo du Limousin pour une balade aux aurores, sifflotant tel un scout ivre sur le chemin qui descend vers Saint-Jean-Ligoure, bord&#233; de champs et de haies particuli&#232;rement tchipants. Faut dire que c'est le d&#233;but du printemps et que les piafs s'en donnent &#224; c&#339;ur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no229-avril-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;229 (avril 2024)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aie-Tech" rel="tag"&gt;A&#239;e Tech&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Clement-Buee" rel="tag"&gt;Cl&#233;ment Bu&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mois apr&#232;s mois, A&#239;e Tech d&#233;fonce la technologie et ses vains mirages. Dix-septi&#232;me &#233;pisode d&#233;di&#233; &#224; l'acceptabilit&#233; sociale des technologies et &#224; mes propres arrangements coupables avec l'empire des &#233;crans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4145 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200fracturenuma_c_rique_resultat-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH273/1200fracturenuma_c_rique_resultat-2-e4fa7.jpg?1779625294' width='500' height='273' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Cl&#233;ment Bu&#233;e
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;e matin, j'ai quitt&#233; ma carlo du Limousin pour une balade aux aurores, sifflotant tel un scout ivre sur le chemin qui descend vers Saint-Jean-Ligoure, bord&#233; de champs et de haies particuli&#232;rement &lt;i&gt;tchipants&lt;/i&gt;. Faut dire que c'est le d&#233;but du printemps et que les piafs s'en donnent &#224; c&#339;ur joie &#9834;&#9835;&#9835;&#9834;. En trente minutes, j'en ai identifi&#233; une quarantaine. Les habituelles m&#233;sanges charbonni&#232;res, merles ou rouges-gorges, mais aussi des moins &#171; connus &#187; : sittelle torchepot, fauvette &#224; t&#234;te noire, m&#233;sange nonnette, serin cini, roitelet triple-bandeau&#8230; &#212;, joie des plumes et des p&#233;piements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait d&#233;duire de ces lignes que je suis un ornithologue avis&#233;. Ben non, je d&#233;bute. J'ai juste t&#233;l&#233;charg&#233; il y a peu sur mon smartphone une application capable d'identifier les chants d'oiseaux. Et j'ai donc pass&#233; la moiti&#233; de ma &lt;i&gt;bucolique&lt;/i&gt; balade le nez coll&#233; &#224; l'&#233;cran, tentant ensuite d'associer chaque chant entendu aux solutions propos&#233;es. J'y ai pris beaucoup de plaisir. Et je pense que cet outil va me permettre de progresser plus rapidement dans ma connaissance des &lt;i&gt;tchips&lt;/i&gt;. N'emp&#234;che : moi qui jamais ne sortais ce genre d'appareil en pleine nature, voil&#224; que j'y suis coll&#233; comme un ado en vacances avec ses parents. Et que j'active m&#234;me l'option &#171; localisation &#187;, pour rendre l'application plus pr&#233;cise. &lt;i&gt;Oh lord&lt;/i&gt;, que suis-je devenu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est beaucoup comme &#231;a : au fil des ans, on laisse tomber nos d&#233;fenses. Anti-smartphone &#233;ructant il y a encore quelques ann&#233;es, me voil&#224; en train d'espionner les oiseaux par leur biais pendant mes balades. Alors oui, il n'y a pas mort d'homme ni de piaf. Mais c'est bien ainsi qu'&#224; un niveau individuel, m&#234;me les plus r&#233;ticents se font rattraper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si mon cas n'est pas le plus parlant, tant je suis &#224; la tra&#238;ne des nouvelles technologies, cette inflexion g&#233;n&#233;ralis&#233;e de la d&#233;fiance renvoie &#224; un ph&#233;nom&#232;ne collectif, bas&#233;e sur des techniques marketing de fabrication du consentement. Quand une nouvelle technologie d&#233;barque et effraie, il faut la rendre acceptable, sexy, d&#233;sirable. La localisation de toutes et tous au quotidien ? C'est pour le GPS, tellement plus pratique que les cartes. Les nanotechnologies ? Ton papy qui souffre de Parkinson leur dit merci&#8230; On a r&#233;cemment entendu cette petite musique concernant le dernier projet de ce tar&#233; d'Elon&lt;i&gt; fucking&lt;/i&gt; Musk, Neuralink, qui vise &#224; cr&#233;er des implants c&#233;r&#233;braux afin de r&#233;volutionner &#171; l'interface cerveau-ordinateur &#187;. Pour Musk, qui a obtenu en 2023 le droit de faire des essais sur les humains, cela permettrait &#224; l'humanit&#233; de trouver &#171; &lt;i&gt;une vraie symbiose avec l'intelligence artificielle&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Neuralink, start-up d'Elon Musk, pourra tester ses implants c&#233;r&#233;braux sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;. &#199;a fait flipper ? Pas du tout, voyons : ces joujoux ne seront utilis&#233;s que pour aider des gens malades ou handicap&#233;s, par exemple en les dotant d'exosquelettes reli&#233;s au cerveau. Merci Elon, nouveau J&#233;sus. Ensuite, sait-on jamais, il pourrait y avoir d'autres usages&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour &#224; mes piafs. J'imagine que d'ici quelques ann&#233;es il existera des applications capables non seulement d'identifier les chants mais de dire pr&#233;cis&#233;ment o&#249; se trouve chaque oiseau. Il n'y aura plus d'apprentissage, plus d'h&#233;sitation, plus de plaisir de la d&#233;couverte. Les oiseaux seront comme les Pok&#233;mon virtuels traqu&#233;s en ville par des gens flippants. Et moi je serai le temps d'une balade aussi &#171; bon &#187; en identification qu'un ornithologue pro. Sauf que je ne saurai rien.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.france24.com/fr/%C3%A9co-tech/20230526-neuralink-la-start-up-d-elon-musk-pourra-tester-ses-implants-c%C3%A9r%C3%A9braux-sur-des-humains&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt; Neuralink, start-up d'Elon Musk, pourra tester ses implants c&#233;r&#233;braux sur des humains &lt;/a&gt; &#187;, France 24, 26/05/2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du bio pour les pr&#233;caires !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Du-bio-pour-les-precaires</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Du-bio-pour-les-precaires</guid>
		<dc:date>2024-04-19T10:36:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ga&#235;lle Desnos</dc:creator>


		<dc:subject>Robin Szczygiel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant que l'agro-industrie &#233;puise les sols et laisse producteurs et consommateurs sur le carreau, &#224; Montpellier, on exp&#233;rimente la caisse alimentaire commune. Objectif : ne plus sacrifier l'alimentation sur l'autel d'un budget trop serr&#233; et promouvoir un mod&#232;le agricole plus solidaire et durable. Nich&#233; dans une ruelle tranquille &#224; un jet de pierre de la gare Saint-Roch, le bureau de change de La Graine s'anime. Vers la fin de l'apr&#232;s-midi, l'association, qui &#233;dite et fait circuler la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no229-avril-2024" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;229 (avril 2024)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Robin-Szczygiel" rel="tag"&gt;Robin Szczygiel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant que l'agro-industrie &#233;puise les sols et laisse producteurs et consommateurs sur le carreau, &#224; Montpellier, on exp&#233;rimente la caisse alimentaire commune. Objectif : ne plus sacrifier l'alimentation sur l'autel d'un budget trop serr&#233; et promouvoir un mod&#232;le agricole plus solidaire et durable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5584 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_229_32_robin_ssa_1200px_1_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH354/web_229_32_robin_ssa_1200px_1_-29212.jpg?1779633332' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Robin Szczygiel
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;N&lt;/span&gt;ich&#233; dans une ruelle tranquille &#224; un jet de pierre de la gare Saint-Roch, le bureau de change de La Graine s'anime. Vers la fin de l'apr&#232;s-midi, l'association, qui &#233;dite et fait circuler la monnaie locale de Montpellier, re&#231;oit ses adh&#233;rents d&#233;sireux d'&#233;changer leurs euros contre quelques billets color&#233;s. Engag&#233;e dans la promotion d'une &#233;conomie alternative ax&#233;e sur les circuits courts et la solidarit&#233;, La Graine est depuis quelques ann&#233;es aux avant-postes d'une nouvelle fa&#231;on de commercer localement. Il y a peu, elle est devenue l'une des chevilles ouvri&#232;res d'une exp&#233;rimentation locale pionni&#232;re en son genre : la caisse alimentaire commune. L'initiative, officiellement lanc&#233;e le 28 janvier 2023, vise &#224; lutter contre la pr&#233;carit&#233; alimentaire en rendant l'alimentation durable accessible &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Du pain sur la planche sociale&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est d'abord l'&#201;tat qui a voulu lancer une r&#233;flexion autour de l'aide &#224; l'alimentaire&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la fin de l'ann&#233;e 2020, face &#224; une pr&#233;carit&#233; alimentaire exacerb&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;, raconte G&#233;rard, &#233;conomiste et copr&#233;sident de La Graine.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;La plupart des denr&#233;es viennent en r&#233;alit&#233; des exc&#233;dents de l'industrie qui, au passage, se taille un bonus fiscal sur ces donations&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Lui et son association, ainsi qu'une bonne vingtaine de structures locales et nationales, prennent la proposition gouvernementale au pied de la lettre. Rapidement, une r&#233;flexion collective s'engage dans le but de concevoir une exp&#233;rimentation r&#233;ellement capable d'am&#233;liorer la lutte contre la pr&#233;carit&#233; alimentaire. &lt;i&gt;&#171; On a tr&#232;s vite identifi&#233; les limites du dispositif d'aide alimentaire actuel &#187;&lt;/i&gt;, se souvient-il. Reposant sur des associations telles que les Restos du C&#339;ur ou la Banque alimentaire, l'aide alimentaire peine &#224; offrir des produits de qualit&#233; aux b&#233;n&#233;ficiaires. La plupart des denr&#233;es viennent en r&#233;alit&#233; des exc&#233;dents de l'industrie qui, au passage, se taille un bonus fiscal sur ces donations.&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#171; &lt;i&gt;On a donc d&#233;cid&#233; d'exp&#233;rimenter quelque chose de tr&#232;s diff&#233;rent&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume le copr&#233;sident de La Graine. &#201;merge alors l'id&#233;e d'une s&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation &#224; &#233;chelle locale ; un projet nomm&#233; Caisse alimentaire commune (CAC), et dont la port&#233;e s'av&#232;re bien plus politique que le simple fait de redistribuer les miettes de l'industrie agroalimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Faim de changement&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans la pratique, la CAC se mat&#233;rialise par des cotisations mensuelles adapt&#233;es aux revenus de chacun de ses membres. En retour, ils re&#231;oivent 100 &#171; &#233;quivalents euros &#187; &#224; utiliser dans des points de vente tri&#233;s sur le volet &#8211; &#233;piceries solidaires, magasins bio, supermarch&#233;s coop&#233;ratifs ou march&#233;s. Sur place, les achats sont r&#233;gl&#233;s en MonA, la monnaie alimentaire sp&#233;cifique&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Le terme de &#171; d&#233;mocratie alimentaire &#187; semble ainsi trouver son plein &#233;choment cr&#233;&#233;e pour le projet, avec la complicit&#233; aguerrie du partenaire La Graine.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Aux manettes de l'exp&#233;rimentation, un comit&#233; citoyen de 60 membres-b&#233;n&#233;ficiaires, con&#231;u comme un espace d'&#233;ducation populaire. Celui-ci se r&#233;unit chaque mois pour, entre autres, statuer sur les commerces &#224; &#171; conventionner &#187;. Accessibilit&#233;, qualit&#233; des produits, relations avec les producteurs et gouvernance sont autant de crit&#232;res fix&#233;s collectivement pour se d&#233;cider. Le terme de &#171; d&#233;mocratie alimentaire &#187; semble ainsi trouver son plein &#233;cho. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;part, on avait pens&#233; &#224; instaurer un quorum pour &#234;tre s&#251;rs qu'un minimum de personnes viennent aux r&#233;unions de comit&#233; chaque mois, mais c'&#233;tait compl&#232;tement inutile : tous les membres venaient spontan&#233;ment. Il y a un fort engagement !&lt;/i&gt; &#187; s'enthousiasme H&#233;l&#232;ne, membre du comit&#233; citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le s'inspire largement de la r&#233;flexion men&#233;e par le collectif S&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir leur site : securite-sociale-alimentation.org.&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;(SSA), qui propose d'int&#233;grer l'alimentation au r&#233;gime g&#233;n&#233;ral &#233;ponyme. &#171; &lt;i&gt;Dans notre syst&#232;me de sant&#233;, lorsqu'une personne est malade, son acc&#232;s aux soins ne d&#233;pend pas de ses moyens financiers&lt;/i&gt;, explique G&#233;rard. &lt;i&gt;La caisse alimentaire s'inspire de ces valeurs universalistes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#192; chacun selon ses moyens&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Certaines personnes sont tellement d&#233;pann&#233;es par ce syst&#232;me&#8230; quand on les &#233;coute, on se dit que &#231;a vaut vraiment le coup&lt;/i&gt; &#187;, raconte Henri. Ce retrait&#233; au long pass&#233; militant fait partie des quelque 350 participants &#224; la CAC. Avec Claude, sa femme, ils cotisent plus qu'ils ne re&#231;oivent, alors que le montant de la cotisation moyenne s'&#233;l&#232;ve &#224; 61 &#8364;. &#171; &lt;i&gt;Il faut avoir l'esprit de solidarit&#233;. Quand on voit ce qui se passe actuellement, on ne peut pas rester indiff&#233;rent. On a une bonne retraite, on peut aider !&lt;/i&gt; &#187; poursuit-il. &#192; Montpellier, le taux de pauvret&#233; est sup&#233;rieur &#224; la moyenne nationale, ce qui pousse 6 &#224; 8 000 personnes, dont 10 % d'&#233;tudiants, &#224; solliciter l'aide alimentaire. Pour beaucoup, la caisse alimentaire est une v&#233;ritable bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je suis all&#233; &#224; une ou deux r&#233;unions, et ce qui m'avait plu, c'est qu'il y avait tout type de personnes&lt;/i&gt; &#187;, rapporte Martin. L'attrait de ce producteur de l&#233;gumes bio pour la CAC se dessine clairement sur une toile de convictions politiques bien ancr&#233;es : &#171; &lt;i&gt;En tant que producteur, on est lucide, on voit bien qui ach&#232;te nos produits. Je fais de la bonne bouffe et je ne peux pas la vendre moins cher&#8230; Mais je trouve d&#233;rangeant qu'elle ne soit accessible qu'aux riches.&lt;/i&gt; &#187; L'ennui c'est qu'apr&#232;s quelques r&#233;unions, personne ne le recontacte pour assurer le suivi : &#171; &lt;i&gt;Quand j'ai rappel&#233; une amie qui travaille avec la caisse, elle m'a fait comprendre que le projet patinait un peu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mod&#232;le &#224; affiner&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si l'exp&#233;rimentation a du succ&#232;s, la m&#233;canique ne semble pas encore tout &#224; fait bien huil&#233;e et certains points restent en suspens, en particulier le mod&#232;le &#233;conomique. Pour le moment, la CAC tient en partie sur des subventions, avec une mise de d&#233;part de l'&#201;tat, des apports venant des collectivit&#233;s et des financements de fondations priv&#233;es. Mais tous n'ont pas vocation &#224; en assumer les frais op&#233;rationnels sur le long terme. &#192; La Graine, on pousse pour trouver un moyen de limiter le recours aux subventions. &#171; &lt;i&gt;Comme le financement de la S&#233;cu, qui repose en grande partie sur les cotisations patronales et salari&#233;es, on pourrait envisager d'introduire un m&#233;canisme similaire &#224; la caisse, avec des cotisations venant des points de vente agr&#233;&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, se positionne G&#233;rard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que gr&#226;ce &#224; la CAC, ces commerces b&#233;n&#233;ficient d'une nouvelle client&#232;le qui, touch&#233;e par la pr&#233;carit&#233; alimentaire, ne franchissait habituellement pas les portes des magasins bio. Claude t&#233;moigne : &lt;i&gt;&#171; C'est vrai que depuis qu'on est &#224; la caisse, on va plus souvent &#224; la Biocoop !&lt;/i&gt; &#187; Reste qu'au sein de l'exp&#233;rimentation,&lt;i&gt; &#171; deux tendances commencent &#224; se dessiner&lt;/i&gt;, confie G&#233;rard.&lt;i&gt; Certains ne voient pas les choses de la m&#234;me fa&#231;on et plaident pour une plus grande prise en charge de l'&#201;tat et des collectivit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Mais pas s&#251;r, selon lui, que l'&#201;tat, et son &#233;ternelle qu&#234;te d'&#233;conomies visant &#224; boucher &#171; le trou de la S&#233;cu &#187;, ou les collectivit&#233;s, confront&#233;es &#224; une baisse de leur budget, soient en mesure de r&#233;pondre &#224; cette demande. D'autant que les financements publics charrient bien souvent avec eux un risque d'interventionnisme susceptible de compromettre l'autogestion populaire d'un tel projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, l'exp&#233;rimentation, qui ne devait durer initialement qu'un an, est prolong&#233;e jusqu'&#224; 2025, avec toutes les subventions initiales. Reste &#224; savoir si le germe r&#233;volutionnaire de cette s&#233;curit&#233; sociale alimentaire r&#233;ussira &#224; ne pas finir broy&#233; par une conception plus macroniste de la &#171; s&#233;curit&#233; &#187; : matraque et r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Ga&#235;lle Desnos&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; la fin de l'ann&#233;e 2020, face &#224; une pr&#233;carit&#233; alimentaire exacerb&#233;e touchant 9,2 millions de personnes en France, le gouvernement lance une aide exceptionnelle aux associations de lutte contre la pauvret&#233; via le plan France Relance. L'id&#233;e est de d&#233;velopper des exp&#233;rimentations locales centr&#233;es sur les enjeux alimentaires dans quatre grandes villes de France, dont Montpellier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir leur site : &lt;a href=&#034;https://securite-sociale-alimentation.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;securite-sociale-alimentation.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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