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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Droit de r&#233;ponse d'Emma&#252;s Connect</title>
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		<dc:date>2023-05-24T12:27:32Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s la publication de l'article &#171; Emma&#252;s Connect : financements contre flicage &#187; publi&#233; dans nos colonnes dans notre num&#233;ro de mars dernier, l'association Emma&#252;s Connect a demand&#233; d'exercer son droit de r&#233;ponse en application de l'article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la libert&#233; de la presse. &#171; Dans son num&#233;ro de mars 2023, CQFD a publi&#233; un papier intitul&#233; &#171; Emma&#252;s Connect : financements contre flicage &#187;, dont le titre et le contenu, que nous contestons fermement, ont conduit &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no218-mars-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;218 (mars 2023)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la publication de l'article &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Emmaus-Connect-financements-contre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Emma&#252;s Connect : financements contre flicage &#187;&lt;/a&gt; publi&#233; dans nos colonnes dans notre num&#233;ro de mars dernier, l'association Emma&#252;s Connect a demand&#233; d'exercer son droit de r&#233;ponse en application de l'article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la libert&#233; de la presse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; D&lt;/span&gt;ans son num&#233;ro de mars 2023, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a publi&#233; un papier intitul&#233; &#171; Emma&#252;s Connect : financements contre flicage &#187;, dont le titre et le contenu, que nous contestons fermement, ont conduit &#224; solliciter le pr&#233;sent droit de r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous semble important de partager avec les lecteurs les modalit&#233;s r&#233;elles du projet qui y est mis en cause, issu d'un appel &#224; projets de la Direction g&#233;n&#233;rale des &#233;trangers en France (DGEF) et qui doit permettre d'aider plus de 1 000 personnes primo-arrivantes &#224; se saisir du num&#233;rique pour favoriser leur insertion socio-professionnelle. Nous regrettons que le contributeur de ce papier ait recueilli et publi&#233; des informations que nous contestons sous couvert d'anonymat, sans chercher &#224; nous contacter et &#224; v&#233;rifier l'ensemble des &#233;l&#233;ments avant parution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord rappeler que de nombreuses associations en premi&#232;re ligne dans le soutien aux personnes migrantes en France, travaillent en collaboration avec la DGEF. C'est le cas de France Terre d'Asile, Singa France ou Forum R&#233;fugi&#233;s par exemple. R&#233;pondre &#224; ces appels &#224; projets est courant pour une association de solidarit&#233; comme la n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce que sugg&#232;re le papier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Aucune donn&#233;e individuelle ou statistique sur la proportion de personnes en situation irr&#233;guli&#232;re accueillies par l'association n'est communiqu&#233;e &#224; la DGEF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Nous n'avons pas &#171; d&#233;cid&#233; de fournir des donn&#233;es &#224; la Cour des comptes &#187; : nous n'avons pas connaissance d'une demande de ce type venant de la Cour des comptes et n'avons d'ailleurs jamais transmis aucune donn&#233;e &#224; la Cour des comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. La finalit&#233; du projet n'est pas seulement de &#171; cr&#233;er du contenu num&#233;rique pour les personnes migrantes &#187;, mais aussi de d&#233;ployer des parcours d'accompagnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Notre accompagnement ne se fait jamais &#171; sous conditions &#187;, quelles que soient les informations partag&#233;es lors de ces premiers rendez-vous. Toute personne en situation de difficult&#233; est accompagn&#233;e par l'association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos &#233;quipes interviennent dans un cadre humain et individualis&#233; dans le respect et la pr&#233;occupation des personnes en situation de migration. Pour nos &#233;quipes, cela implique de comprendre la situation de la personne accueillie lors de son inscription. Cela peut &#234;tre d&#233;licat, mais n'a rien d'inhabituel pour une structure de l'action sociale. Il est de notre responsabilit&#233; de pr&#233;parer au mieux les &#233;quipes &#224; ces rendez-vous d'inscription pendant lesquels des sujets personnels, voire intimes, peuvent &#234;tre abord&#233;s (revenu, logement, situation bancaire...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions nous permettent de proposer diff&#233;rents accompagnements adapt&#233;s aux besoins de chaque personne, ses attentes, son parcours de vie. Chaque ann&#233;e, nos &#233;quipes d&#233;veloppent de nouveaux parcours p&#233;dagogiques et modalit&#233;s d'action pour apporter des r&#233;ponses adapt&#233;es &#224; chacun&#183;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce papier nous a donc profond&#233;ment attrist&#233;s. Il met en doute notre engagement quotidien, nos valeurs et notre int&#233;grit&#233;. Nous ne pouvions pas rester sans mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes fier&#183;e&#183;s de nous engager chaque jour pour &#233;viter que le num&#233;rique ne devienne un facteur d'exclusion suppl&#233;mentaire. Nous accueillons chaque ann&#233;e 25 000 personnes en situation de pr&#233;carit&#233; orient&#233;es par des travailleurs sociaux, quels que soient leur statut, leur origine, leur religion. Laisser supposer le contraire, c'est m&#233;conna&#238;tre Emma&#252;s Connect, son fonctionnement et ses missions. C'est aussi, plus largement, jeter le discr&#233;dit sur un mouvement essentiel &#224; la solidarit&#233; dans notre pays. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Servantes et se&#241;oras</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Servantes-et-senoras</link>
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		<dc:date>2023-05-12T10:12:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Perez</dc:creator>


		<dc:subject>Ana Penyas</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; Valence, en Espagne, la dessinatrice Ana Penyas et la chercheuse Alba Herrero exposent en ce moment leurs recherches sur la condition des travailleuses domestiques dans leur r&#233;gion. Un si&#232;cle de subordination, d'abus et d'exploitation, en paroles et en dessins. Entretien &#224; quatre mains. On doit &#234;tre &#224; la fin du printemps 1942, &#224; Castell&#243;n de la Plana, ville espagnole moyenne &#224; une cinquantaine de kilom&#232;tres au nord de Valence. La guerre civile est finie depuis trois ans, le pays est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no218-mars-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;218 (mars 2023)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ana-Penyas" rel="tag"&gt;Ana Penyas&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Valence, en Espagne, la dessinatrice Ana Penyas et la chercheuse Alba Herrero exposent en ce moment leurs recherches sur la condition des travailleuses domestiques dans leur r&#233;gion. Un si&#232;cle de subordination, d'abus et d'exploitation, en paroles et en dessins. Entretien &#224; quatre mains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5031 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_218_penyas_02_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH253/web_218_penyas_02_1200px-1d37a.jpg?1768920376' width='500' height='253' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Ana Penyas
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;O&lt;/span&gt;n doit &#234;tre &#224; la fin du printemps 1942, &#224; Castell&#243;n de la Plana, ville espagnole moyenne &#224; une cinquantaine de kilom&#232;tres au nord de Valence. La guerre civile est finie depuis trois ans, le pays est d&#233;vast&#233;. Ma grand-m&#232;re Isabel a neuf ans et demi. Son p&#232;re vient de mourir, &#224; 39 ans, d'un cancer ; sa m&#232;re, &#226;g&#233;e de 34 ans, n'est pas en &#233;tat de s'occuper de ses enfants &#8211; elle mourra quelques ann&#233;es plus tard &#171; de mis&#232;re &#187;. Ses deux petits fr&#232;res et sa s&#339;ur sont envoy&#233;s dans un de ces orphelinats monstrueux d&#233;crits par Carlos Gim&#233;nez dans sa bande dessin&#233;e &lt;i&gt;Paracuellos &lt;/i&gt; (&#233;ditions Fluide glacial). Isabel est l'a&#238;n&#233;e, elle est assez grande pour travailler, et on la place dans une famille bourgeoise de Castell&#243;n ; elle s'y occupe des enfants, dont certains ont son &#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mur d'une salle de l'Institut valencien d'art moderne (IVAM), une planche de la dessinatrice Ana Penyas&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Son livre Nous allons toutes bien a &#233;t&#233; traduit en 2019 par Cambourakis. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; met justement en sc&#232;ne une petite servante d'une dizaine d'ann&#233;es, elle aussi pr&#233;nomm&#233;e Isabel, qui conduit &#224; la promenade une toute petite fille et lui pique son go&#251;ter. Sans doute le r&#233;cit d'une des 35 femmes qu'elle a interrog&#233;es avec la chercheuse en anthropologie Alba Herrero pour leur projet &lt;i&gt;En una casa. Genealog&#237;a del trabajo del hogar y los cuidados&lt;/i&gt; [Dans une maison. G&#233;n&#233;alogie du travail domestique et de soin], &#224; la fois exposition (jusqu'au 23 avril) et livre-catalogue (en espagnol) &#8211; les deux, passionnants et bouleversants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En una casa associe des objets li&#233;s aux repr&#233;sentations des travailleuses domestiques dans la culture populaire, des t&#233;moignages de leurs luttes, ainsi que les r&#233;sultats d'entretiens men&#233;s avec des femmes concern&#233;es, et dont les propos sont mis en sc&#232;ne par Ana Penyas sous forme de planches de bande dessin&#233;e. Ce faisant, leur travail op&#232;re une vaste coupe dans la condition des femmes espagnoles aux xxe et xxie si&#232;cles. Dans ce pays parmi les moins urbanis&#233;s et industrialis&#233;s d'Europe, o&#249; d'immenses masses paysannes affam&#233;es subir longtemps le joug d'une poign&#233;e de grands propri&#233;taires et d'un demi-si&#232;cle de dictature militaire fasciste et ultracatholique, l'histoire des travailleuses domestiques, gouvernantes, femmes de m&#233;nage, bonnes d'enfants, ou tout &#231;a &#224; la fois, est celle d'un tr&#232;s grand nombre de femmes des classes populaires, contraintes de travailler au domicile d'autres familles &#8211; en plus des t&#226;ches de leur propre foyer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Laurent Perez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5102 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;250&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_218_penyas_03_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH789/web_218_penyas_03_1200px-eede5.jpg?1768920377' width='500' height='789' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#171; Les servantes aussi sont des personnes ! On en marre d'&#234;tre en marge
de la soci&#233;t&#233; ! L'ordonnance sur le travail, tout de suite ! &#187;&lt;br&gt;
&#171; Nous exigeons les m&#234;mes droits que tous les travailleurs et un contrat ! Assez de morts ! &#187;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre travail se fonde sur des t&#233;moignages qui couvrent un si&#232;cle entier de l'histoire du travail domestique. Comment avez-vous proc&#233;d&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Notre but &#233;tait de mieux comprendre les discours, les perceptions et les repr&#233;sentations li&#233;s aux travailleuses domestiques et du soin, &#224; leurs exp&#233;riences de vie, aux mani&#232;res de nommer les choses ou de les &#233;prouver &#8211; et aussi les changements et les continuit&#233;s au fil du temps. Apr&#232;s des recherches bibliographiques et documentaires, nous avons interrog&#233; 35 femmes n&#233;es entre 1930 et 1997, de diverses origines, en majorit&#233; travailleuses domestiques, mais aussi employeuses issues des classes sup&#233;rieures ou moyennes. Notre &#233;chantillon r&#233;pondait &#224; trois crit&#232;res principaux : l'&#226;ge, l'origine (les travailleuses venaient autrefois des villages, elles arrivent aujourd'hui du Sud global, mais les structures in&#233;galitaires restent les m&#234;mes) et enfin le degr&#233; de politisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons commenc&#233; par interroger des femmes que nous connaissions, m&#232;res, tantes ou grands-m&#232;res d'amies, ou des femmes qui travaillaient chez des personnes de notre connaissance. Puis cela a fait boule de neige&#8230; Nous nous sommes en fait rendu compte que c'&#233;tait une activit&#233; tr&#232;s r&#233;pandue : &#233;norm&#233;ment de femmes ont &#233;t&#233;, &#224; un moment ou &#224; un autre de leur vie, travailleuses domestiques &#8211; et un certain nombre d'entre elles ont ensuite elles-m&#234;mes employ&#233; des femmes dans cette situation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre exposition montre qu'une relation personnelle sinc&#232;re s'&#233;tablit souvent entre employeur&#183;ses et employ&#233;es &#8211; mais toujours sur fond de subordination et de domination...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour nous, il &#233;tait important d'aborder le travail &#224; domicile du point de vue de l'organisation sociale du soin. On ne peut pas traiter cette activit&#233; de mani&#232;re isol&#233;e ; il faut l'envisager en lien avec le r&#244;le de l'&#201;tat et des familles. L'organisation actuelle tend &#224; f&#233;miniser et &#224; pr&#233;cariser le soin, pourtant indispensable &#224; la vie. Or, les travailleuses domestiques insistent aujourd'hui sur le fait que le droit &#224; recevoir du soin ne devrait pas s'exercer aux d&#233;pens de la personne qui le prodigue &#8211; pas plus que le contraire, mais il se trouve qu'actuellement ce sont les situations &#233;conomiques des employeuses qui d&#233;terminent les conditions des unes et des autres. C'est donc l'&#201;tat qui devrait assumer la responsabilit&#233; de ce travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relation entre travailleuses et employeur&#183;ses est extr&#234;mement complexe et vari&#233;e. De plus en plus, les travailleuses &#224; domicile refusent d'&#234;tre consid&#233;r&#233;es comme &#8220;faisant partie de la famille&#8221; et revendiquent le caract&#232;re professionnel de leur activit&#233;. Mais elles &#233;voquent aussi souvent les liens affectifs et les &#233;motions que suscite ce travail ; tandis que la professionnalisation n'a pas mis fin aux abus et aux humiliations. D'autant que ce travail s'exerce dans l'intimit&#233; du foyer familial ; il est donc difficile de contr&#244;ler les conditions de travail et le respect des normes l&#233;gales, aussi insuffisantes soient ces derni&#232;res. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis le d&#233;but du xxe si&#232;cle, les travailleuses &#224; domicile s'organisent et expriment leurs revendications. Quelles relations entretiennent-elles avec le mouvement social ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'agissant d'une activit&#233; presque exclusivement f&#233;minine &#8211; et que les femmes ont historiquement toujours &#233;t&#233; contraintes d'exercer gratuitement chez elles &#8211;, les travailleuses domestiques se sont dans l'ensemble trouv&#233;es marginalis&#233;es &#224; l'int&#233;rieur du mouvement ouvrier et de la vie politique. Pendant la IIe R&#233;publique espagnole (1931-1939), les luttes de classes ont pu permettre que des liens se tissent, par exemple, dans certains villages d'Andalousie, avec le Syndicat du service domestique, cr&#233;&#233; &#224; l'int&#233;rieur du syndicat anarchiste CNT [Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail]. Mais, la plupart du temps, ces travailleuses n'&#233;taient pas concern&#233;es par les lois r&#233;gulant le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Les lois de 1985 sur le travail soumettent les travailleuses domestiques &#224; un r&#233;gime discriminatoire &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1970, sauf rares exceptions, les luttes se sont moins d&#233;roul&#233;es dans le cadre syndical que dans les paroisses et &#224; l'int&#233;rieur du mouvement chr&#233;tien de base2. Apr&#232;s le retour &#224; la d&#233;mocratie, les lois de 1985 sur le travail &#8211; les premi&#232;res depuis l'&#233;poque de la r&#233;publique &#8211; soumettent les travailleuses domestiques &#224; un r&#233;gime discriminatoire : elles &#233;taient par exemple priv&#233;es d'assurance ch&#244;mage, ou pouvaient travailler jusqu'&#224; 60 heures par semaine. C'est &#224; cette &#233;poque, afin d'exiger l'&#233;galit&#233; et l'abolition de ce statut, que sont n&#233;es les premi&#232;res associations de travailleuses domestiques, plus proches du mouvement f&#233;ministe que des syndicats. Ces associations existent encore aujourd'hui ; elles sont d&#233;sormais les plus actives d&#233;fenseures des droits des personnes exil&#233;&#183;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Espagne, les derni&#232;res d&#233;cennies ont vu ressurgir des formes d'exploitation qui rappellent celles des g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes. Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'exemple le plus &#233;vident est celui des travailleuses internas, qui vivent au domicile de leurs employeur&#183;ses. Les luttes des ann&#233;es 1970 et l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; et du mod&#232;le familial avaient vu cette condition se rar&#233;fier. Mais depuis les ann&#233;es 1990, avec le vieillissement de la population espagnole et la croissance de l'immigration venue du Sud global, elle r&#233;appara&#238;t massivement ; &#233;norm&#233;ment de familles y ont aujourd'hui recours pour la prise en charge des personnes &#226;g&#233;es. Cela s'explique notamment par la l&#233;gislation sur les &#233;trangers et la politique migratoire espagnole, qui imposent un d&#233;lai de trois ans avant que les personnes exil&#233;&#183;es ne puissent r&#233;gulariser leur situation. L'&#201;tat s'en lave les mains et fait reposer la responsabilit&#233; sociale du soin sur les familles, tout en ouvrant la porte &#224; des situations d'exploitation et d'abus &#224; l'int&#233;rieur des foyers. Dans certains cas, les relations de travail sont en fait proches de l'esclavage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par L. P.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5103 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;132&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_218_penyas_01_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH670/web_218_penyas_01_1200px-310d8.jpg?1768920377' width='500' height='670' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#171; &#8211; Tiens, Isabel, le go&#251;ter de b&#233;b&#233; pour la promenade. &#187;&lt;br&gt;
&#171; &#8211; J'ai sommeil.&lt;br&gt;
&#8211; C'est normal, si tu as faim. &#187;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Son livre &lt;i&gt;Nous allons toutes bien&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; traduit en 2019 par Cambourakis. Elle y &#233;voque la vie de ses deux grands-m&#232;res, d'apr&#232;s leurs r&#233;cits.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un aspirateur pour les gouverner tous</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Un-aspirateur-pour-les-gouverner</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Un-aspirateur-pour-les-gouverner</guid>
		<dc:date>2023-04-27T09:47:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>A&#239;e Tech</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mois apr&#232;s mois, A&#239;e Tech d&#233;fonce la technologie et ses vains mirages. Sixi&#232;me &#233;pisode d&#233;di&#233; aux aspirateurs robots, avatars rampants d'un monde o&#249; chaque recoin de notre quotidien domestique sera mis sous coupe r&#233;gl&#233;e &#8211; m&#234;me les WC. Envie de d&#233;primer ? File vite sur le site du fabricant de babioles futuristes iRobot. Tu y d&#233;couvriras une flop&#233;e d'aspirateurs robots aussi hideux que perfectionn&#233;s. Le nec du nec. Alors certes, le prix est costaud : le &#171; Roomba s9+ avec syst&#232;me d'autovidage (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no218-mars-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;218 (mars 2023)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aie-Tech" rel="tag"&gt;A&#239;e Tech&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH100/aie-tech-logo2-2-5dae1.jpg?1768920377' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mois apr&#232;s mois, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Aie-Tech' class=&#034;spip_in&#034;&gt;A&#239;e Tech&lt;/a&gt; d&#233;fonce la technologie et ses vains mirages. Sixi&#232;me &#233;pisode d&#233;di&#233; aux aspirateurs robots, avatars rampants d'un monde o&#249; chaque recoin de notre quotidien domestique sera mis sous coupe r&#233;gl&#233;e &#8211; m&#234;me les WC.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_568 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH625/p08_numerique_cqfd108-29615.jpg?1768654576' width='400' height='625' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;nvie de d&#233;primer ? File vite sur le site du fabricant de babioles futuristes iRobot. Tu y d&#233;couvriras une flop&#233;e d'aspirateurs robots aussi hideux que perfectionn&#233;s. Le nec du nec. Alors certes, le prix est costaud : le &#171; &lt;i&gt;Roomba s9+ avec syst&#232;me d'autovidage connect&#233; au Wi-Fi &lt;/i&gt; &#187; co&#251;te la bagatelle de 1 499 euros. Mais en vrai, c'est donn&#233;, tant les fonctionnalit&#233;s sont &#233;patantes. Ce mod&#232;le b&#233;n&#233;ficie ainsi d'une &#171; &lt;i&gt;aspiration 40 fois plus puissante&lt;/i&gt; &#187; que les anciens de la gamme. Largement de quoi arracher ta moquette et engloutir ton chat. Surtout, chaque appareil est pr&#233;sent&#233; avec une petite ic&#244;ne certifiant que le bidule &#171; &lt;i&gt;apprend et cartographie&lt;/i&gt; &#187;. C'est bien le minimum pour un balai am&#233;lior&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;iRobot, c'est un peu le Tesla de l'aspirateur &#8211; un g&#233;ant de la tech' aux yeux robotiques plus gros que le ventre. Apr&#232;s avoir mis la main sur le cador fran&#231;ais du secteur, Robopolis, en 2017, l'entreprise ricaine a elle-m&#234;me &#233;t&#233; rachet&#233;e par Amazon en 2022 pour la bagatelle de 1,7 milliard de dollars. Quant &#224; son produit phare, ce si abordable Roomba, il s'est r&#233;cemment fait &#233;pingler pour une histoire de confidentialit&#233; &#233;difiante. Que je t'explique : pour &#171; &lt;i&gt;apprendre et cartographier&lt;/i&gt; &#187;, ces taupes roulantes sont dot&#233;es d'une cam&#233;ra, logique. Cons&#233;quence : ils &lt;del&gt;filment&lt;/del&gt; aspirent toutes les donn&#233;es &#224; leur port&#233;e &#8211; disposition des meubles, autres appareils m&#233;nagers, pr&#233;sence de M&#233;dor... Et &#231;a, c'est de l'or, une mine de donn&#233;es. Pour exploiter ce filon, iRobot s'est tourn&#233;e vers une soci&#233;t&#233; d&#233;nomm&#233;e Scale AI ; laquelle sous-traite la part (encore) humaine du boulot &#224; des employ&#233;s sous-pay&#233;s au Venezuela. Peu ravis de leurs jobs, quelques-uns de ces employ&#233;s ont fait circuler sur le web certaines images ainsi pill&#233;es. R&#233;sultat : une utilisatrice a d&#233;couvert que circulait sur Facebook une photo d'elle assise sur ses toilettes. L'auteur du clich&#233; : son aspirateur. Roomba les masques.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Les aspirateurs connect&#233;s ont d'abord vocation &#224; engloutir le maximum de donn&#233;es de leurs utilisateurs&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'affaire n'a rien d'anecdotique, &#224; tel point que le magazine du tr&#232;s s&#233;rieux MIT y a consacr&#233; une longue enqu&#234;te : &#171; A Roomba recorded a woman on the toilet. How did screenshots end up on Facebook ? &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soit en fran&#231;ais : &#171; Un Roomba a film&#233; une femme sur les toilettes. Comment (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; On ne va pas entrer dans les d&#233;tails, tant le tableau trac&#233; est tentaculaire. Mais une chose est s&#251;re : comme les montres connect&#233;es, les enceintes type Alexa ou les volants roulants connect&#233;s (oui, &#231;a existe), les aspirateurs connect&#233;s ont d'abord vocation &#224; engloutir le maximum de donn&#233;es de leurs utilisateurs. Dans le monde automatis&#233; qu'ils prolongent, chaque d&#233;tail compte, s'agr&#232;ge &#224; d'autres, affine la surveillance totale &#224; des fins mercantiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette aune qu'il faut lire l'achat de l'entreprise par Amazon en 2022 : une annexion brutale de l'immense base de donn&#233;es accumul&#233;es par les aspirobots. Cit&#233; dans un article de &lt;i&gt;Heidi.news&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Comment je suis tomb&#233; dans l'enfer de la surveillance globalis&#233;e &#8211; et vous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, le boss d'une entreprise de cybers&#233;curit&#233; genevoise pose les choses ainsi : &#171; &lt;i&gt;La valeur de ce rachat ne r&#233;side pas dans la technologie d&#233;velopp&#233;e par iRobot. Ce qui compte, ce sont les donn&#233;es qu'iRobot a accumul&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es et c'est sur ce capital qu'Amazon met la main&lt;/i&gt;. &#187; Il y a quelques ann&#233;es, cette association de malfaiteurs faisait encore office d'horizon &#224; proscrire. Parfaite illustration, un article du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le PDG d'iRobot se d&#233;fend d'aspirer les donn&#233;es &#187; (05/12/17).&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, dont l'auteur s'interrogeait en 2017 : &#171; &lt;i&gt;En possession de telles donn&#233;es, quel profit pourraient en tirer des entreprises telles que Google ou Amazon ? Vous proposer un canap&#233;, s'il appara&#238;t que vous n'en avez pas ? Vous assaillir d'annonces pour des jouets, s'il d&#233;tecte la pr&#233;sence d'un enfant ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonnes questions. En partie &#233;claircies depuis, en mode gambadons vers le pire. Versant dystopie flippante, il y avait La Zone du dehors sign&#233; Damasio, il y a d&#233;sormais l'Amazon du dedans sign&#233; Jeff Bezos, un monde o&#249; la fr&#233;quence de tes passages aux toilettes se monnaye. Quant &#224; l'utilisatrice de Roomba dont la photo sur la lunette des WC a fuit&#233; sur la Toile, on lui proposerait bien une annonce commerciale personnalis&#233;e : le top 5 des meilleurs marteaux pour &#233;crabouiller ces horreurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Soit en fran&#231;ais : &#171; Un Roomba a film&#233; une femme sur les toilettes. Comment les captures d'&#233;cran se sont-elles retrouv&#233;es sur Facebook ? &#187;, &lt;i&gt;MIT Technology Review&lt;/i&gt; (19/12/2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Comment je suis tomb&#233; dans l'enfer de la surveillance globalis&#233;e &#8211; et vous aussi &#187;, &lt;i&gt;Heidi news&lt;/i&gt; (12/09/2022).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Le PDG d'iRobot se d&#233;fend d'aspirer les donn&#233;es &#187; (05/12/17).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sabiha Husi&#263;, toujours en guerre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Sabiha-Husic-toujours-en-guerre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Sabiha-Husic-toujours-en-guerre</guid>
		<dc:date>2023-04-27T09:47:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Perez, Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Junie Briffaz</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Psychoth&#233;rapeute et th&#233;ologienne musulmane, Sabiha Husi&#263; s'attache depuis trois d&#233;cennies &#224; soutenir les femmes de Bosnie viol&#233;es pendant le conflit arm&#233; des ann&#233;es 1990. Elle nous a re&#231;us un jour de d&#233;cembre dans les locaux de son association, &#224; quelques dizaines de kilom&#232;tres de Sarajevo. En gravissant sous une pluie battante la longue c&#244;te asphalt&#233;e qui nous m&#232;ne &#224; Sabiha Husi&#263;, on s'attend &#224; se heurter &#224; un discours m&#233;diatique bien huil&#233; et &#224; une parole contenue. Celle d'une figure du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no218-mars-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;218 (mars 2023)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Junie-Briffaz" rel="tag"&gt;Junie Briffaz&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH100/web_218_juniebriffaz_sabihahasic_couv-b1aa9.jpg?1768732061' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Psychoth&#233;rapeute et th&#233;ologienne musulmane, Sabiha Husi&#263; s'attache depuis trois d&#233;cennies &#224; soutenir les femmes de Bosnie viol&#233;es pendant le conflit arm&#233; des ann&#233;es 1990. Elle nous a re&#231;us un jour de d&#233;cembre dans les locaux de son association, &#224; quelques dizaines de kilom&#232;tres de Sarajevo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5097 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_218_juniebriffaz_sabihahasic_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH672/web_218_juniebriffaz_sabihahasic_1200px-e1f7a.jpg?1768732062' width='500' height='672' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Junie Briffaz
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n gravissant sous une pluie battante la longue c&#244;te asphalt&#233;e qui nous m&#232;ne &#224; Sabiha Husi&#263;, on s'attend &#224; se heurter &#224; un discours m&#233;diatique bien huil&#233; et &#224; une parole contenue. Celle d'une figure du f&#233;minisme bosnien, habitu&#233;e &#224; dealer avec l'ONU ; et qui a m&#234;me re&#231;u la visite d'Angelina Jolie lorsque la star &#233;tait &#233;missaire du Haut Commissariat des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s. Il n'en sera rien : la langue de bois, Sabiha ne conna&#238;t pas. Turban corail sur la t&#234;te, veston accord&#233; et poign&#233;e de main solide, elle re&#231;oit dans son bureau o&#249; s'entassent des piles de dossiers. &#171; &lt;i&gt;Douze mille. On a accueilli plus de 12 000 femmes ici en trente ans&lt;/i&gt; &#187;, indique-t-elle. Ici, c'est Medica Zenica, une structure qu'elle a fond&#233;e en 1993 dans le but de soutenir psychologiquement et juridiquement les quelque 20 000 femmes (pour beaucoup d'&#171; ethnie &#187; bosniaque, de confession musulmane) victimes de violences sexuelles et de viols, perp&#233;tr&#233;s en masse pendant le conflit arm&#233; qui a ravag&#233; la Bosnie-Herz&#233;govine de 1992 &#224; 1995. Parce qu'il y a des plaies que le temps ne suffit pas &#224; panser, trois d&#233;cennies plus tard, l'association tourne toujours &#224; plein. L'histoire de ce lieu, Sabiha Husi&#263; nous la raconte un matin d'hiver, entre deux tasses de th&#233;. Une histoire qui se m&#234;le &#224; une autre, plus intime : la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je ne sais pas ce que je vais faire de ce corps &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout commence au d&#233;but de l'ann&#233;e 1993. Sabiha a une trentaine d'ann&#233;es. Depuis un an, son pays est en proie &#224; une guerre fratricide, dans le contexte de la dislocation de la Yougoslavie. D&#232;s la proclamation d'ind&#233;pendance de la Bosnie-Herz&#233;govine, le 1er mars 1992, la jeune r&#233;publique multiethnique est devenue la cible de ses voisins serbes et croates et de leurs milices qui multiplient les exactions&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la Bosnie-Herz&#233;govine yougoslave, les Bosniaques (musulmans) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Avec d'autres s&#339;urs de gal&#232;re, Sabiha se met alors &#224; bricoler des groupes de parole informels&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sabiha vit alors dans la petite ville de Vitez, &#224; environ 80 kilom&#232;tres au nord-est de la capitale, Sarajevo. Lorsque les milices croates prennent la ville et expulsent sa population musulmane, Sabiha, elle-m&#234;me musulmane, prend la route, venant grossir les rangs des d&#233;plac&#233;s qui affluent dans des camps construits &#224; la va-vite. Direction celui de Zenica, ville moyenne rest&#233;e sous contr&#244;le bosniaque, &#224; une quinzaine de kilom&#232;tres de l&#224;. Sur le chemin, Sabiha est confront&#233;e au pire. Elle raconte : &#171; &lt;i&gt;Le trajet entre Vitez et Zenica &#233;tait horrible&#8230; C'est l&#224; que je me suis rendu compte de ce qui &#233;tait en train de se passer, l&#224; que j'ai vu nos soldats&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Certains soldats bosniaques se sont &#233;galement rendus coupables de crimes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; violer des femmes et des filles.&lt;/i&gt; &#187; Une fois arriv&#233;e dans le camp, elle comprend que ce qu'elle a vu sur la route de Zenica, elles sont nombreuses &#224; l'avoir v&#233;cu. Entre femmes, les langues se d&#233;lient : &#171; &lt;i&gt;Certaines disaient : &lt;/i&gt; &#8220;Je ne peux pas dormir, je ne peux pas manger, je ne sais pas ce que je vais faire de ce corps, de ma vie&#8230; J'aurais pr&#233;f&#233;r&#233; qu'ils me tuent&#8230;&#8221; &#187; Avec d'autres s&#339;urs de gal&#232;re, Sabiha se met alors &#224; bricoler des groupes de parole informels : &#171; &lt;i&gt;On s'asseyait ensemble et on parlait. C'&#233;tait une sorte de travail th&#233;rapeutique, m&#234;me si &#224; ce moment-l&#224; on ne savait pas encore que c'&#233;tait de &#231;a qu'il s'agissait.&lt;/i&gt; &#187; Tr&#232;s vite, elle a l'id&#233;e de monter une structure, de s'organiser pour soutenir psychologiquement les victimes. Ce sera Medica, cr&#233;&#233;e peu de temps apr&#232;s, &#224; l'ext&#233;rieur du camp. &#171; &lt;i&gt;On a appris sur le tas,&lt;/i&gt; explique-t-elle avec humilit&#233;. &lt;i&gt;On n'avait aucune comp&#233;tence, mais on pouvait au moins leur apporter une &#233;coute, entendre leur voix. &lt;/i&gt; &#187; Ce n'est que plus tard, apr&#232;s la guerre et loin de chez elle, que Sabiha se formera &#224; la psychoth&#233;rapie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une fatwa au service des survivantes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le travail de Medica a beau &#234;tre salutaire, Sabiha en a conscience : beaucoup de femmes ne pousseront jamais les portes de l'association. &#171; &lt;i&gt;Il y avait un tabou. Personne ne se pr&#233;occupait des violences sexuelles, et on entendait ici et l&#224; : &lt;/i&gt; &#8220;Vous ne pouvez pas les encourager &#224; parler, vous allez d&#233;truire des familles, etc.&#8221; &#187; Mais pour Sabiha, refermer le couvercle n'est pas une option. Avec son &#233;quipe, elle arpente les camps de d&#233;plac&#233;s, se rend dans des villages recul&#233;s pour informer les femmes du soutien que l'association peut leur apporter.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Pour Sabiha, refermer le couvercle n'est pas une option&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour gagner la confiance des familles bosniaques, Sabiha s'appuie sur la formation de th&#233;ologienne qu'elle a suivie quelques ann&#233;es plus t&#244;t : &#171; &lt;i&gt; Je parvenais &#224; me rendre dans des familles musulmanes en leur disant que j'&#233;tais l&#224; pour savoir comment &#231;a allait, quels &#233;taient leurs besoins, etc. Au d&#233;but, je m'asseyais et on &#233;changeait tous ensemble. Puis, apr&#232;s quelque temps, 45 minutes, une heure peut-&#234;tre, je demandais aux hommes de nous laisser entre femmes, en disant qu'on avait besoin de parler de nos trucs &#224; nous.&lt;/i&gt; &#187; Elle conclut, une pointe de fiert&#233; dans la voix : &#171; &lt;i&gt; C'est comme &#231;a que j'arrivais &#224; avoir l'espace et le temps pour parler avec elles de ce qu'elles avaient v&#233;cu. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa casquette de th&#233;ologienne, Sabiha s'en sert habilement, la mettant au service de son combat. Elle parvient m&#234;me &#224; impulser la proclamation d'une fatwa (avis juridique) pr&#233;conisant de &#171; &lt;i&gt; respecter ces femmes, les accepter, les aider&lt;/i&gt; &#187;. Avec le recul, Sabiha estime que &#171; &#231;a a aid&#233; la communaut&#233; musulmane de Bosnie &#224; prendre conscience du probl&#232;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Solidarit&#233; de fa&#231;ade &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Trente ans plus tard, Medica accueille encore certaines victimes pour la premi&#232;re fois : &#171; &lt;i&gt;On ne sait jamais quand les survivantes parleront&lt;/i&gt; &#187;, explique Sabiha. Elles viennent pour entamer un suivi parce qu'elles en ressentent le besoin ou pour obtenir un certificat qui leur permettra de pr&#233;tendre &#224; l'allocation de victime de guerre. Une pension de 300 euros, vers&#233;e aux femmes agress&#233;es sexuellement pendant le conflit &#8211; une ressource pr&#233;cieuse dans un pays o&#249; les salaires n'atteignent pas toujours cette somme. Mais pour y avoir droit, &#171; &lt;i&gt;on leur demande &#233;norm&#233;ment de justificatifs, &lt;/i&gt; d&#233;plore Sabiha. &lt;i&gt;En plus du document de prise en charge par Medica, elles doivent fournir leur t&#233;moignage ou encore des documents &#233;manant de centres de sant&#233;. Dans certaines situations, s'il y a eu des t&#233;moins, la commission peut aussi leur demander de fournir un &#233;crit&lt;/i&gt; &#187;. Et Sabiha d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas simple pour elles de retourner ainsi dans le pass&#233;. Beaucoup revivent leur traumatisme, des images refont surface&#8230; &lt;/i&gt; &#187; &#192; Medica, la psychoth&#233;rapeute et son &#233;quipe font alors de leur mieux pour les aider &#224; rassembler les preuves. Un travail colossal dont beaucoup de femmes ne voient jamais le bout : en juin 2022, seules 1 300 d'entre elles &#233;taient parvenues &#224; d&#233;crocher l'allocation. Sabiha fulmine : &#171; &lt;i&gt;On se bat depuis 1993 pour rompre le silence ; aujourd'hui, les instances internationales reconnaissent le viol comme un crime de guerre &#224; part enti&#232;re ; mais on attend toujours davantage d'actions concr&#232;tes de la part de l'&#201;tat, qui pour sa part a tendance &#224; s'en tenir &#224; une solidarit&#233; de fa&#231;ade !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'ind&#233;niables, les progr&#232;s sont minces. &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, parler d'agressions sexuelles et de viols de guerre dans les familles et dans la soci&#233;t&#233; est devenu possible&lt;/i&gt; &#187;, conc&#232;de Sabiha, avant de pond&#233;rer : &#171; &lt;i&gt;Certes, &#224; pr&#233;sent, les politiques entendent ce qu'il s'est pass&#233;, et que quelqu'un en est responsable. Mais ils sont toujours incapables de reconna&#238;tre l'existence de violences sexuelles au pr&#233;sent et au sein des familles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sabiha souffle un coup, scrute l'heure. Dehors, la pluie a cess&#233; et sur la table, les tasses de th&#233; sont vides : l'&#233;change touche &#224; sa fin. Peu loquace sur ses drames &#224; elle, la psy l&#226;chera juste que &#171; &lt;i&gt;ce n'est pas simple de travailler avec des gens traumatis&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, qu'elle tente cahin-caha de prot&#233;ger sa sant&#233; mentale : &#171; &lt;i&gt;C'est n&#233;cessaire pour pouvoir aider les autres&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Elle nous raccompagne &#224; la porte, s'excusant presque d'avoir &#224; faire : le bruit des bottes a beau s'&#234;tre tu en Bosnie, Sabiha, elle, ne d&#233;sarme pas.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret &amp; Laurent Perez&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans la Bosnie-Herz&#233;govine yougoslave, les Bosniaques (musulmans) repr&#233;sentaient une majorit&#233; relative (44 %) de la population. Refusant l'ind&#233;pendance de cet &#201;tat o&#249; ils seraient minoritaires, les Serbes de Bosnie d&#233;clenchent une guerre civile ; avec le soutien actif de la Serbie, ils entreprennent une guerre de conqu&#234;te et de nettoyage ethnique. En 1993-1994, les Croates les imitent dans les r&#233;gions o&#249; ils sont pr&#233;sents. Les accords de paix de Dayton, en 1995, ent&#233;rinent le nettoyage ethnique et la s&#233;paration des populations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Certains soldats bosniaques se sont &#233;galement rendus coupables de crimes de guerre, y compris de viols, mais dans des proportions nettement moindres que Serbes et Croates.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Que des larves</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Que-des-larves</link>
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		<dc:date>2023-04-21T10:00:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Nicolas de la Casini&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#201;crivain prol&#233;taire et auteur pendant dix ans dans nos colonnes de la chronique &#171; Je vous &#233;cris de l'usine &#187;, Jean-Pierre Levaray renoue avec la fiction dans Comme si on domptait les machines, recueil de nouvelles &#224; para&#238;tre en juin[[Pour permettre la sortie du livre (illustr&#233; par Thierry Guitard), une souscription est lanc&#233;e jusqu'au 31 mai sur le site des &#233;ditions de la Pigne : lapigne.org]. Il partage ici avec nous le d&#233;but de l'un des seize textes de l'ouvrage. Au menu : hypocrisie, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no218-mars-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;218 (mars 2023)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas-de-la-Casiniere-95" rel="tag"&gt;Nicolas de la Casini&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;crivain prol&#233;taire et auteur pendant dix ans dans nos colonnes de la chronique &#171; Je vous &#233;cris de l'usine &#187;, Jean-Pierre Levaray renoue avec la fiction dans &lt;i&gt;Comme si on domptait les machines&lt;/i&gt;, recueil de nouvelles &#224; para&#238;tre en juin&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour permettre la sortie du livre (illustr&#233; par Thierry Guitard), une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Il partage ici avec nous le d&#233;but de l'un des seize textes de l'ouvrage. Au menu : hypocrisie, m&#233;pris et ivresse du pouvoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5083 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_dp_lacasiniere12_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH684/web_dp_lacasiniere12_1200px-2afb5.jpg?1768730515' width='500' height='684' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Nicolas de la Casini&#232;re
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;I&lt;/span&gt;Ils sont venus, ils sont tous l&#224;. Non, pas tous, mais presque. Plusieurs m'ont t&#233;l&#233;phon&#233; pour s'excuser. M&#234;me Nicolas m'a contact&#233;. Il m'a juste dit qu'il ne pouvait pas venir, &#224; cause de la date et qu'il avait pr&#233;vu autre chose avec sa dame. La prochaine fois qu'il me le demandera, je ne lui pr&#234;terai pas mon h&#244;tel priv&#233;. Non, mais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l'ai fait expr&#232;s, de choisir le 24 d&#233;cembre pour f&#234;ter mon d&#233;part. Pour voir sur qui je pouvais vraiment compter. En m&#234;me temps, maintenant, je m'en fous. Je vais avoir d'autres chats &#224; fouetter et un autre milieu &#224; m'occuper.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Voir l'action grimper autant, tripler sa valeur en si peu d'ann&#233;es, &#231;a valait un petit sacrifice&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Je m'aper&#231;ois que dans la salle, il y a quelques-uns de mes concurrents directs, certains auraient voulu me voir mordre la poussi&#232;re. J'ai gagn&#233;, tant pis pour eux. J'ai maintenu l'entreprise lors des crises successives et j'ai r&#233;ussi &#224; conforter notre soci&#233;t&#233; dans le haut du panier du CAC 40, c'est quand m&#234;me pas rien. FFI&#169; est devenue une valeur de r&#233;f&#233;rence, aujourd'hui. J'ai de quoi &#234;tre fier. Bien s&#251;r, cela s'est fait au prix de divers abandons et de diverses restructurations, mais changer de m&#233;thodes de travail, investir dans des pays &#233;mergents et se recentrer sur des march&#233;s porteurs, c'est le b.a.-ba. On est pass&#233; de 150 000 collaborateurs dans le monde, &#224; 80 000. C'est plut&#244;t pas mal. On ne fait pas d'omelette sans casser d'&#339;ufs. Et puis, voir l'action grimper autant, tripler sa valeur en si peu d'ann&#233;es, &#231;a valait un petit sacrifice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! Voici enfin un plateau de coupes de champagne qui passe. Voyons voir ce qu'il donne ce champagne. FFI&#169; en a command&#233; des caisses, je veux voir o&#249; est pass&#233; notre argent. Le producteur est un ami, mais j'ai parfois du mal avec sa piquette. Oups ! Pas terrible encore cette ann&#233;e. Mais &#231;a m'amuse d'autant plus que tous ces zouaves rassembl&#233;s devront boire &#231;a jusqu'&#224; la lie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai bien fait de choisir La Verri&#232;re pour organiser mon pot de d&#233;part. Mon &#171; pot de d&#233;part &#187;, &#231;a me fait marrer. Comme mes prolos lorsqu'ils partent en retraite&#8230; Je suis peut-&#234;tre un peu comme eux. Va savoir. &#192; force de voir leurs repr&#233;sentants syndicaux, je les ai imit&#233;s. Non, je rigole. N'emp&#234;che que je les ai bien eus aussi, ceux-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Verri&#232;re vient juste d'ouvrir, au pied de la tour, et je ne pouvais pas faire moins que de les aider &#224; pendre leur cr&#233;maill&#232;re tout en f&#234;tant mon d&#233;part. Je suis encore dans le coup, non ?! Jolies, les guirlandes lumineuses. Ils font de ces trucs maintenant. Et les sapins d&#233;cor&#233;s, c'est pas mal. &#199;a donne &#224; la soir&#233;e un c&#244;t&#233; kitsch qui me va bien, un c&#244;t&#233; hollywoodien, fin de film &#224; gros budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, il faut que j'aille faire la tourn&#233;e de mes ouailles avant les discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faune des courtisans et des l&#232;che-bottes. Ce sont eux qui viennent &#224; moi les premiers, &#233;videmment. Ils croient vraiment que c'est en &#233;tant &#224; mes pieds qu'ils acc&#233;deront au vrai pouvoir ? Que des larves. Ils me sourient, se tortillent devant moi. Ils veulent mon bien, croient &#234;tre l'incarnation du pouvoir parce qu'ils sont d&#233;f&#233;rents envers moi. On ne se rend pas compte mais faire partie de l'&#233;lite, &#231;a a des d&#233;savantages. Et m&#234;me si j'ai peu de sympathie pour l'esp&#232;ce humaine, ce genre de comportement n'arrange pas ma perception. De toute fa&#231;on, ils sont fichus : s'ils se rebellaient, je les casserais. Leur alternative est quasi nulle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais o&#249; sont Bertrand et Charles, mes fid&#232;les, mon &#233;quipe, mes hommes de main, ceux sur lesquels je peux compter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! Quelques membres du conseil d'administration. L&#224;, on est en terrain connu. On se c&#244;toie depuis si longtemps. On a la m&#234;me vision du monde et presque le m&#234;me costume. On n'a pas besoin qu'on nous raconte des histoires, c'est nous qui avons fait ce que FFI&#169; est devenu. Il faudra que j'invite l'un d'eux &#224; nous rendre visite quelques jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, je reste membre du CA, pas seulement pour les jetons de pr&#233;sence, mais pour rester aux commandes et mettre la pression sur mon successeur. Ah, il a voulu ma place de PDG, va falloir bosser. C'est lui qui devra fermer les quelques bo&#238;tes qui restent implant&#233;es en Europe du Nord. &#199;a m'amuse d'avance de savoir qu'il commencera son r&#232;gne en supprimant des emplois. Il faut pourtant que je me montre avec lui, comme si nous &#233;tions complices, comme si nous ne faisions qu'un. Pour l'avenir de FFI&#169;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; La Fayette, le repr&#233;sentant des clients, des coop&#233;ratives agricoles. Le type qui me fait bien sentir que sans lui, sans ses achats de mes phytosanitaires, je serais coul&#233;. Tu parles. Maintenant que je fourgue la moiti&#233; des productions en Inde, il peut toujours se la jouer. Il est adipeux et veule, je ne le supporte pas. Il transpire, en plus, dans son costard de parvenu. Et sa rosette de la L&#233;gion d'honneur, qu'est-ce qu'il a fait pour l'avoir ? Il faudra d'ailleurs que j'en parle en haut lieu. C'est moi qui la m&#233;rite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me d&#233;fais vite de ce type, mais c'est pour tomber sur pire : Petrovitch est l&#224;. Cette fois, j'ai un peu les boules, on a pass&#233; des accords et j'ai un peu d&#233;pass&#233; les bornes. Ce sont les lois du march&#233;. Il faudra bien que ces Russkoffs se mettent au go&#251;t du jour. Tout ne se r&#232;gle pas &#224; coups de flingue. Le march&#233; africain, c'&#233;tait pour moi. Je vois qu'il sourit d'une fa&#231;on pas tr&#232;s agr&#233;able, mais il est courtois. Je m'&#233;loigne.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre Levaray&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour permettre la sortie du livre (illustr&#233; par Thierry Guitard), une souscription est lanc&#233;e jusqu'au 31 mai sur le site des &#233;ditions de la Pigne : &lt;a href=&#034;https://lapigne.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lapigne.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bandit r&#233;volutionnaire, prisonnier prol&#233;taire</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Bandit-revolutionnaire-prisonnier</link>
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		<dc:date>2023-04-21T09:59:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Elena Vieillard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Braqueur de banques, communiste r&#233;volutionnaire combattant, d&#233;tenu pendant plus de 20 ans&#8230; Dans Je courais en pensant &#224; Anna (&#233;d. Premiers matins de novembre), Pasquale Abatangelo se rem&#233;more sa vie de r&#233;volt&#233; et raconte la rencontre explosive entre prisonniers &#171; asociaux &#187; et extr&#234;me gauche radicale dans l'Italie post&#8209;1968. Pourquoi &#233;crire une autobiographie si ce n'est, comme l'explique Pasquale Abatangelo, pour &#171; raconter une histoire beaucoup plus grande que sa vie &#187; ? Sa vie &#224; lui, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no218-mars-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;218 (mars 2023)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Braqueur de banques, communiste r&#233;volutionnaire combattant, d&#233;tenu pendant plus de 20 ans&#8230; Dans &lt;i&gt;Je courais en pensant &#224; Anna&lt;/i&gt; (&#233;d. Premiers matins de novembre), Pasquale Abatangelo se rem&#233;more sa vie de r&#233;volt&#233; et raconte la rencontre explosive entre prisonniers &#171; asociaux &#187; et extr&#234;me gauche radicale dans l'Italie post&#8209;1968.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5100 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_218_elena_italiens_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH498/web_218_elena_italiens_1200px-50749.jpg?1768920379' width='500' height='498' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Elena Vieillard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;ourquoi &#233;crire une autobiographie si ce n'est, comme l'explique Pasquale Abatangelo, pour &#171; &lt;i&gt;raconter une histoire beaucoup plus grande que sa vie&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sauf pr&#233;cision contraire, les propos de Pasquale Abatangelo proviennent de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; ? Sa vie &#224; lui, il la relate dans &lt;i&gt;Je courais en pensant &#224; Anna &#8211; Voyage &#224; travers les luttes radicales italiennes des ann&#233;es 1970&lt;/i&gt; (&#233;ditions Premiers matins de novembre). Son abondant r&#233;cit est d'abord celui d'enfermements multiples dans l'Italie d'apr&#232;s-guerre : un retour &#171; au pays &#187; qui ressemble &#224; un exil (il est issu d'une famille d'Italiens &#233;migr&#233;s en Gr&#232;ce, expuls&#233;s en 1945), la mis&#232;re, le pensionnat, le service militaire, le travail&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pasquale raconte aussi (surtout) ses incessantes strat&#233;gies, des plus spontan&#233;es aux plus &#233;labor&#233;es, pour briser tous ces carcans : escapades, rock'n'roll, drogue, d&#233;linquance&#8230; S'il se revendique aujourd'hui farouchement communiste, Pasquale Abatangelo a d&#233;boul&#233; dans la vie avec une &#226;me d'anarchiste &#8211; dont t&#233;moignent sa qu&#234;te rageuse de libert&#233; et un A cercl&#233; tatou&#233; sur une cuisse dans sa jeunesse. Son caract&#232;re r&#233;volt&#233; l'am&#232;nera &#224; emprunter, chaque fois qu'il le pourra, des chemins de traverse, jusqu'&#224; embrasser la profession de braqueur de banques.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;La taule n'est plus un angle mort des luttes r&#233;volutionnaires, elle en devient un &#233;picentre&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Sans surprise, la prison arrive tr&#232;s t&#244;t dans son existence. Pasquale conna&#238;t sa premi&#232;re incarc&#233;ration, pour une simple rixe en bo&#238;te de nuit, l'ann&#233;e de ses seize ans. En tout, il passera 21 ans derri&#232;re les barreaux. Et c'est l&#224;, dans le sillage d'une ann&#233;e 1968 br&#251;lante, que survient cette &#171; histoire plus grande que sa vie &#187; qui fait tout l'int&#233;r&#234;t de son r&#233;cit : la rencontre, explosive, &#171; &lt;i&gt;entre bandits et r&#233;volutionnaires&lt;/i&gt; &#187;, entre prisonniers &#171; asociaux &#187; et militants d'extr&#234;me gauche.
D'un coup, la taule n'est plus un angle mort des luttes politiques r&#233;volutionnaires, elle en devient un &#233;picentre. &#171; &lt;i&gt;La critique de l'autorit&#233;, des institutions totales, des dispositifs de pouvoir pr&#233;sents &#224; l'&#233;cole, dans les casernes, dans les h&#244;pitaux, dans les asiles, avait aussi produit un regard nouveau sur les prisons,&lt;/i&gt; &#233;crit Pasquale dans son livre. &lt;i&gt;C'&#233;tait l'ouverture attendue depuis des ann&#233;es. Une opportunit&#233; que les d&#233;tenus avaient diablement prise au s&#233;rieux, avec l'urgence des batailles &#224; mener sans tarder et la t&#233;m&#233;rit&#233; de ceux qui n'ont rien &#224; perdre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; La v&#233;rit&#233; est toujours r&#233;volutionnaire &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Incarnation de ce rapprochement spectaculaire, qui va nourrir les luttes &#224; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur des prisons, Pasquale devient un &#171; &lt;i&gt;voyou politis&#233;&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt; Je suis pass&#233; des vols aux braquages de banques, de la d&#233;linquance au militantisme r&#233;volutionnaire, de la participation aux luttes des prol&#233;taires prisonniers &#224; la lutte arm&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Il participera &#224; la cr&#233;ation des Noyaux arm&#233;s prol&#233;taires, groupe d'ex-prisonniers engag&#233;s dans la lutte arm&#233;e, puis rejoindra en d&#233;tention les Brigades rouges, l'organisation combattante r&#233;volutionnaire la plus importante de l'&#233;poque en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Pasquale Abatangelo, raconter son parcours repr&#233;sente un &#171; &lt;i&gt;devoir politique et moral vis-&#224;-vis de [sa] classe d'appartenance&lt;/i&gt; &#187;. Et une autre mani&#232;re de poursuivre la lutte &#171; &lt;i&gt;sur le champ de bataille de la m&#233;moire&lt;/i&gt; &#187;. Lui qui regrette &#224; la fin de son livre un &#171; &lt;i&gt;gouffre entre les g&#233;n&#233;rations&lt;/i&gt; &#187; savamment entretenu par la bourgeoisie, rappelle que l'histoire est d'abord &#233;crite par les vainqueurs &#171; &lt;i&gt;pour l&#233;gitimer leurs raisons et criminaliser celles de l'adversaire&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Depuis un demi-si&#232;cle, avec la complicit&#233; de ses laquais et des m&#233;dias de r&#233;gime, l'&#201;tat italien cherche &#224; imposer sa version des faits. Au tout d&#233;part, il s'agissait d'effacer l'existence m&#234;me de notre exp&#233;rience, mais cela s'est r&#233;v&#233;l&#233; impossible tant elle a marqu&#233; le pays. Ils ont du coup lanc&#233; une gigantesque offensive de contre-information historique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, t&#233;moigner est en soi un acte subversif : &#171; &lt;i&gt;La v&#233;rit&#233; est toujours r&#233;volutionnaire et d'une fa&#231;on ou d'une autre elle refera surface, souligne, encore combatif, le vieux militant. Cette exp&#233;rience reste un danger pour le pouvoir et un cauchemar pour la classe dominante. Tout simplement parce qu'elle peut se reproduire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Beno&#238;t Godin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sauf pr&#233;cision contraire, les propos de Pasquale Abatangelo proviennent de diff&#233;rentes interventions &#224; l'occasion de pr&#233;sentations publiques de son livre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Luxe, calme et tapis de course pour chevaux</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Luxe-calme-et-tapis-de-course-pour</link>
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		<dc:date>2023-04-17T08:54:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Louis</dc:creator>


		<dc:subject>Gwen Tomahawk</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Membre du collectif Cordistes en col&#232;re et auteur, &#201;ric Louis nous raconte une journ&#233;e pas comme les autres chez &#201;douard de Rothschild. Sa mission de haute importance pour le milliardaire propri&#233;taire d'une &#233;curie de chevaux de course ? R&#233;parer un tapis de course&#8230; pour chevaux. Elle se goupillait plut&#244;t pas mal, cette journ&#233;e de boulot. Jusqu'au moment o&#249; j'ai mis ma disqueuse en route. Une grosse, de celles qui accueillent un disque de diam&#232;tre 230 mm. De celles qui font un raffut de tous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Membre du collectif Cordistes en col&#232;re et auteur, &#201;ric Louis nous raconte une journ&#233;e pas comme les autres chez &#201;douard de Rothschild. Sa mission de haute importance pour le milliardaire propri&#233;taire d'une &#233;curie de chevaux de course ? R&#233;parer un tapis de course&#8230; pour chevaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5099 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_218_gwen_tomahawk_rotschild_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH709/web_218_gwen_tomahawk_rotschild_1200px-d5317.jpg?1768908270' width='500' height='709' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Gwen Tomahawk
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;lle se goupillait plut&#244;t pas mal, cette journ&#233;e de boulot. Jusqu'au moment o&#249; j'ai mis ma disqueuse en route. Une grosse, de celles qui accueillent un disque de diam&#232;tre 230 mm. De celles qui font un raffut de tous les diables. Le gars qui m'avait re&#231;u accourait alors, affol&#233; :
&#171; &lt;i&gt;Arr&#234;tez ! Faut pas faire de bruit. Monsieur monte.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arr&#234;te la machine. Je regarde le gars d'un air circonspect. Autant h&#233;b&#233;t&#233; qu'interrogateur. Monsieur monte ? Il monte o&#249; ? Il me d&#233;signe un homme sur son cheval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout d'un moment, je me demande ce que je fous l&#224;. Plant&#233; dans la cour de ce ch&#226;teau. &#192; mater un gars qui passe sur son bourrin. Imp&#233;rial. Hautain. Indiff&#233;rent &#224; ma pr&#233;sence insignifiante.
Je tire sur ma roul&#233;e. Et crache ma fum&#233;e, pensif. Mon chantier est en plan. &#192; quelle heure je vais rentrer ? J'ai de la route. Ferri&#232;res est &#224; 150 kilom&#232;tres de la maison. Il croit que j'ai que &#231;a &#224; foutre, le cavalier de l'apocalypse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Y a des salles de sport pour les chevaux ? &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, je suis jonctionneur de bandes transporteuses. Je sais, &#231;a doit para&#238;tre obscur &#224; beaucoup. Pour r&#233;sumer, une bande transporteuse c'est un tapis roulant. Comme &#224; la caisse du supermarch&#233;. Et pour qu'il tourne, il faut bien qu'il soit jonctionn&#233;. &#171; Sans fin &#187;. C'est-&#224;-dire circulaire. Ferm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, il ne na&#238;t pas comme &#231;a. Au d&#233;part, ce n'est qu'une bande de textile, rev&#234;tue de PVC ou de caoutchouc. Qu'il faut bien fermer, jonctionner. C'est un m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prochaine fois que tu attends &#224; la caisse &#224; Auchan (ne passe surtout pas aux caisses automatiques, malheureux&#8230;), observe bien le tapis tourner. &#192; un moment donn&#233;, si tu fais bien gaffe, tu verras passer une bande transversale, marqu&#233;e de zigzag, sur toute la largeur du tapis. C'est la jonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2004, je suis donc jonctionneur. Dans une petite agence de t&#244;les vertes, perdue au fond d'une petite zone industrielle. &#192; Roye, elle-m&#234;me perdue aux confins orientaux du d&#233;partement de la Somme. C'est pas tr&#232;s gai par ici, mais on est peinards, &#224; deux dans notre petite agence. Isol&#233;s et autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De temps en temps, on bosse &#224; l'atelier. Du moins, on le fait croire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus souvent, on bosse sur site. Pour remplacer les tapis sur les convoyeurs, les machines. Dans l'industrie, l'agriculture, la logistique, les silos, les abattoirs&#8230; Partout o&#249; il y a des bandes transporteuses. Presque partout, du coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour, un gars m'appelle, &#224; la recherche d'un tapis d'un genre particulier. Introuvable.
On se fixe rendez-vous dans un bistrot. Le monsieur est un sexag&#233;naire sautillant. Sa BMW break atteste de sa r&#233;ussite. Le gars est n&#233;anmoins sympa. Il a apport&#233; un &#233;chantillon. Effectivement, c'est du lourd. Et pour cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est pour un home-trainer destin&#233; aux chevaux.
&#8211; Un quoi ??
&#8211; Un home-trainer, un tapis de course, comme dans les salles de sport, mais pour les chevaux.
&#8211; Y a des salles de sport pour les chevaux ?
&#8211; Non, mais mon client en a un pour ses chevaux.
&#8211; Putain, c'est Rothschild votre client, ma parole !
&#8211; Tout juste. &#201;douard de Rothschild.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'imagine les sabots ferr&#233;s d'un bourrin de 500 kilos en train de matraquer le pauvre tapis. C'est autre chose qu'un apprenti bodybuilder dans une salle de fitness !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s maintes recherches, je ne trouverai pas le type de bande identique &#224; ce qu'il m'a montr&#233;. Je lui propose une &#233;quivalence. Ses autres pistes le menant dans une impasse, il accepte ma proposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est comme &#231;a, qu'un beau matin de printemps, je franchis les grilles du ch&#226;teau de Ferri&#232;res, en Seine-et-Marne, au volant de mon Kangoo de service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des employ&#233;s me re&#231;oit. Accueillant. Avenant. On sait recevoir chez les Rothschild.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ch&#226;teau est moins grand que Versailles. M&#234;me s'il en impose. Pas beaucoup plus beau. Pardon, mais le ch&#226;teau de Versailles, c'est le mauvais go&#251;t incarn&#233;. T'enl&#232;ves le gigantisme, qu'est-ce qu'il reste ? Une b&#226;tisse faite de rectangles, &#224; toit plat. Tristement triste. D&#233;primante &#224; se pendre. L'anc&#234;tre de la barre HLM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour de moi, des arbres. Centenaires. Massifs. Eux s'en foutent d'&#234;tre chez les riches. &#199;a les arrange m&#234;me. Ailleurs, sur une place publique, le long d'un boulevard, ils risqueraient la tron&#231;onneuse. &#192; la merci de la connerie d'un &#233;dile friand de projets immobiliers.
Ici, les arbres sont tranquilles. Le riche est capable de d&#233;cimer arbres et hommes de contr&#233;es qu'il ne fr&#233;quente pas, mais est tout amour et attention pour son havre de paix. Son domaine. Son sanctuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Chaque animal a son petit appartement privatif, avec une fen&#234;tre &#171; qui donne sur la vall&#233;e et la for&#234;t. C'est important, Monsieur y tient &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Plus encore que des arbres, ici c'est le domaine des chevaux.
Sur la gauche de l'entr&#233;e, un immense man&#232;ge couvert. Plusieurs chevaux peuvent y trotter en rond, &#224; l'abri des intemp&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le must, c'est l'&#233;curie. Le b&#226;timent est vaste. Construit tout en bois.
Puisque je ne peux pas travailler tant que Monsieur monte, l'homme de main me fait visiter. Encourag&#233; par mon &#233;bahissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur, tout est propre. Nickel. &#192; peine si &#231;a sent le canasson. Il doit en passer des heures le gars &#224; nettoyer tout &#231;a. Le fumier est &#233;vacu&#233; chaque jour, &#224; en juger par la fra&#238;cheur et la blondeur de la paille qui matelasse les boxes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les boxes&#8230; Chaque animal a son petit appartement privatif, avec une fen&#234;tre &#171; &lt;i&gt; qui donne sur la vall&#233;e et la for&#234;t. C'est important, Monsieur y tient&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici tout n'est que luxe, calme et obs&#233;quiosit&#233;.
Ces b&#234;tes sont infiniment mieux trait&#233;es que la plupart des humains.
Dans l'&#233;curie, une salle de douche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeannine, presque octog&#233;naire de mon village, n'a pas de douche chez elle. M&#234;me pas l'eau chaude.
Enfin, tr&#244;ne, m&#233;canique improbable, le fameux home-trainer que je suis venu r&#233;parer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais pouvoir m'y remettre. Monsieur a fini de monter. Il rentre prestement dans le ch&#226;teau. Allonge son pas bott&#233; et press&#233; sur le perron de pierre. D&#233;j&#224; accapar&#233; par un autre noble projet. Dandy overbook&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il laisse la bride de son cheval dans la main d'un membre du personnel. Charge &#224; lui de le ramener dans ses luxueux quartiers. De le desseller, le bouchonner, l'abreuver&#8230; Bref, d'accomplir toutes les basses besognes n&#233;cessaires. T&#226;ches subalternes indignes du rang de Monsieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de la journ&#233;e, je repasse le portail en sens inverse. Encore deux heures de route m'attendent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai travaill&#233; pour Rothschild.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette phrase ne prend pas une r&#233;sonance particuli&#232;re en moi, ce jour-l&#224; de 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, Macron ne travaille pas encore pour la banque Rothschild. Il est encore &#224; l'&#233;cole. Il tra&#238;ne son reste de jeunesse sur les bancs de l'ENA, alors que je bosse depuis une quinzaine d'ann&#233;es.
&#192; cette &#233;poque, il n'est pas pr&#233;sident de la R&#233;publique.
&#192; cette &#233;poque, personne ne sait qui c'est, Macron. Et c'&#233;tait bien comme &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;ric Louis&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Et toi, tu jouis ?</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/putain-de-chrnique-16-Et-toi-tu</link>
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		<dc:date>2023-04-13T17:34:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yz&#233; Volupt&#233;e</dc:creator>


		<dc:subject>Nijelle Botainne </dc:subject>
		<dc:subject>Putain de chronique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Yz&#233; Volupt&#233;e est travailleuse du sexe. Escort, r&#233;alisatrice et performeuse porno-f&#233;ministe, elle chronique dans ces colonnes son quotidien, ses r&#233;flexions et ses coups de gueule. La r&#233;alit&#233; d'Yz&#233; n'est pas celle des personnes exploit&#233;es par les r&#233;seaux de traite ou contraintes par d'autres &#224; se prostituer. Son activit&#233; est pour elle autant un moyen de subsistance qu'un choix politique. J'ai &#233;t&#233; de ces enfants pr&#233;coces, convaincu&#183;es tout petits que la sexualit&#233; &#233;tait une des grandes joies (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no218-mars-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;218 (mars 2023)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nijelle-Botainne" rel="tag"&gt;Nijelle Botainne &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Putain-de-chronique" rel="tag"&gt;Putain de chronique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Yz&#233; Volupt&#233;e est travailleuse du sexe. Escort, r&#233;alisatrice et performeuse porno-f&#233;ministe, elle chronique dans ces colonnes son quotidien, ses r&#233;flexions et ses coups de gueule. La r&#233;alit&#233; d'Yz&#233; n'est pas celle des personnes exploit&#233;es par les r&#233;seaux de traite ou contraintes par d'autres &#224; se prostituer. Son activit&#233; est pour elle autant un moyen de subsistance qu'un choix politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5101 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_218_chro16_nijelle_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH693/web_218_chro16_nijelle_1200px-42073.jpg?1768660091' width='500' height='693' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Nijelle B.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;J&lt;/span&gt;'ai &#233;t&#233; de ces enfants pr&#233;coces, convaincu&#183;es tout petits que la sexualit&#233; &#233;tait une des grandes joies de l'existence. En maternelle, j'organisais des r&#233;unions secr&#232;tes dans la cour de l'&#233;cole pour faire des tutos de p&#233;n&#233;tration virtuelle avec des phallus dessin&#233;s dans le sable (j'avais d&#233;j&#224; fort le go&#251;t de la p&#233;dagogie). Je savais qu'ins&#233;rer des objets dans mes orifices &#233;tait une source de plaisir in&#233;puisable, je me masturbais dans mon bain, dans mon lit, apr&#232;s le go&#251;ter... J'ai fait cent fois le tour de ma maison pour d&#233;nicher les objets les plus ergonomiques et les plus surprenants. J'ai d&#233;couvert mon point G avec l'antenne de ma cha&#238;ne hi-fi qui, malgr&#233; sa finesse, poss&#233;dait le pouvoir de stimuler cette zone minuscule &#224; l'entr&#233;e de mon vagin. J'ai tremp&#233; mon lit, b&#233;atement, clandestinement, en me demandant quand m&#234;me si tout cela &#233;tait bien normal et si tous mes camarades de classe faisaient pareil dans le secret de leur entrejambe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis la sexualit&#233; partag&#233;e a tout ab&#238;m&#233;. J'ai arr&#234;t&#233; de me branler, je suis devenue ce que le patriarcat attendait de moi : allumeuse&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : jusqu'&#224; il y a peu, Yz&#233; alternait tant&#244;t avec le f&#233;minin, tant&#244;t avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, disponible, comp&#233;tente, pas exigeante. J'ai fil&#233; les cl&#233;s de mon intimit&#233; &#224; tous les mecs que j'ai laiss&#233;s me baiser en attendant celui qui, tel le Messie, saurait me faire kiffer comme dans mes souvenirs. J'ai pris mon enveloppe corporelle en horreur, je l'ai laiss&#233;e aux autres, j'ai fait du sexe par convention. Je suis devenue experte en mati&#232;re de simulation. J'ai bais&#233; des centaines de fois, sans plus rien comprendre &#224; mon corps. Le lien &#233;tait rompu. Il n'&#233;tait plus moi : il &#233;tait &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai continu&#233;. Parce que je ne savais pas que j'avais le choix. Parce que parfois, malgr&#233; la contrainte, l'envie de faire plaisir, la peur de d&#233;cevoir, la terreur de l'abandon, je ressentais quelque chose. Je n'ai jamais oubli&#233; mes souvenirs d'enfant, ils m'ont accompagn&#233; comme un mantra durant toutes ces ann&#233;es o&#249; mon corps n'&#233;tait plus qu'un champ de bataille que je ne savais pas comment r&#233;parer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais obs&#233;d&#233;e par l'orgasme. Parce que des fois, je jouissais. Je pouvais ne rien ressentir durant tout le rapport, m'ennuyer &#224; mourir, souffrir de diff&#233;rentes mani&#232;res, mais il arrivait que mon corps, m&#251; par une force dont j'ignorais la cause, s'&#233;veille et transforme tout &#224; coup ce cauchemar insipide en un feu d'artifice d&#233;tonant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis attel&#233;e avec acharnement &#224; reconstruire le lien. Avec une personne en particulier, j'ai fait l'exp&#233;rience de ne plus faire qu'un avec mon corps, de parvenir &#224; cet &#233;tat r&#233;gressif d'abandon et de fi&#232;vre, mammif&#232;re liquide, substances informes, petit bouquet de nerfs, tendresse, rage et volupt&#233;. J'ai appris que l'orgasme pouvait &#234;tre moins bon que tout ce qui venait avant. Qu'il n'&#233;tait que le point final d'une longue symphonie et qu'apr&#232;s avoir dans&#233; parmi les astres pendant l'&#233;ternit&#233;, l'explosion de l'&#233;toile perdait de son attrait. Je me sentais, enfin, en s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, alors m&#234;me que toutes les plan&#232;tes semblaient align&#233;es, il arrivait encore que mon corps se d&#233;robe. Dissoci&#233;&#183;e de moi-m&#234;me, t&#233;moin de l'int&#233;rieur, coup&#233;&#183;e de mon plaisir, sans autre d&#233;sir que celui d'en avoir. Mais o&#249; &#233;tait le n&#339;ud ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l'ai enfin compris en devenant putain. Parce que figurez-vous que, des fois, j'y prends du plaisir, voire je jouis. Au d&#233;tour d'un co&#239;t sans grande fantaisie, avec des hommes quelconques qui ne me font gu&#232;re d'effet, il arrive que mon corps me fasse la surprise de se manifester. Il se joue avec mes clients un accord diff&#233;rent que le contrat tacite qu'on fait &#224; ses amant&#183;es. C'est parce que je n'attends rien ni de moi ni surtout de leur part que le plaisir s'invite. Parce que je ne vends ni rencontre amoureuse ni parodie nuptiale, mais bien une relation de soutien dont mon corps est l'outil. Parce que je peux mentir sans ressentir de honte, simuler sans trahir, omettre sans tromper, &#171; &#234;tre &#187; sans autre risque qu'ils ne reviennent jamais, que mon corps se d&#233;lie. Et alors, parfois, je jouis.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Yz&#233; Volupt&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;NDLR : jusqu'&#224; il y a peu, Yz&#233; alternait tant&#244;t avec le f&#233;minin, tant&#244;t avec le masculin. Dans cette chronique, Yz&#233; se genre au masculin quand il est question du pr&#233;sent, au f&#233;minin quand il s'agit du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; On se bat pour tous les sports f&#233;minins &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/On-se-bat-pour-tous-les-sports</link>
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		<dc:date>2023-04-13T17:34:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rom&#233;o Bondon</dc:creator>


		<dc:subject>Faustine Jacquot</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La principale &#233;quipe de handball f&#233;minin de N&#238;mes voit ses financements se r&#233;duire au point de mettre en danger la vie du club. En cause ? Des choix politiques qui se font syst&#233;matiquement au d&#233;triment des clubs f&#233;minins. Rencontre avec des sportives en lutte. Fin janvier 2023, cinq joueuses du Bouillargues Handball N&#238;mes M&#233;tropole (BHNM), en deuxi&#232;me division nationale, se retrouvent dans leur vestiaire pour r&#233;aliser une courte vid&#233;o. L'une d'elles entre dans la pi&#232;ce tenant &#224; la main un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marion-Esnault-266" rel="tag"&gt;Faustine Jacquot&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La principale &#233;quipe de handball f&#233;minin de N&#238;mes voit ses financements se r&#233;duire au point de mettre en danger la vie du club. En cause ? Des choix politiques qui se font syst&#233;matiquement au d&#233;triment des clubs f&#233;minins. Rencontre avec des sportives en lutte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5098 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_218_faustinejacquot_sprotf_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH716/web_218_faustinejacquot_sprotf_1200px-33255.jpg?1768920380' width='500' height='716' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Faustine Jacquot
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;F&lt;/span&gt;in janvier 2023, cinq joueuses du Bouillargues Handball N&#238;mes M&#233;tropole (BHNM), en deuxi&#232;me division nationale, se retrouvent dans leur vestiaire pour r&#233;aliser une courte vid&#233;o. L'une d'elles entre dans la pi&#232;ce tenant &#224; la main un courrier fictif repr&#233;sentant les v&#339;ux de Franck Proust, le pr&#233;sident de la communaut&#233; d'agglom&#233;ration, &#224; destination du club. Les joueuses ouvrent l'enveloppe. Dedans, des feuilles blanches. Un courrier sans contenu, &#224; l'image du silence de celui qui &#171; n'aime pas les sportives &#187;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Franck Proust n'aime pas les sportives &#187;, L'Humanit&#233; (21/12/2022)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et dont les coupes budg&#233;taires arbitraires fragilisent en tout quatre clubs f&#233;minins de haut niveau &#224; l'&#233;chelle de l'agglom&#233;ration. &#171; &lt;i&gt;Pourquoi n'aidez-vous que les clubs masculins ? Pourquoi dites-vous que notre sport ne rayonne pas suffisamment ? Pourquoi cette discrimination envers les filles ? Pourquoi ne m&#233;ritons-nous pas votre soutien ?&lt;/i&gt; &#187; demandent-elles. Autant de questions qui annoncent la couleur : les sportives sont discrimin&#233;es et elles vont devoir se battre pour d&#233;fendre leurs clubs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mauvaise foi m&#233;tropolitaine&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors que les financements attribu&#233;s par N&#238;mes M&#233;tropole au BNHM sont pass&#233;s de 130 000 euros en 2020 &#224; 60 000 euros en 2021, avant de carr&#233;ment dispara&#238;tre en 2022, ceux auxquels ont droit les clubs masculins n'ont que peu diminu&#233;. Au micro de France Bleu Gard Loz&#232;re, Franck Proust entend couper court aux critiques qui fusent dans la presse depuis l'annonce de la d&#233;cision en mai dernier : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas un probl&#232;me de sexisme ou de discrimination, c'est un probl&#232;me de l&#233;galit&#233;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(18/01/2023).&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#187; La carte ma&#238;tresse de son argumentaire : les comp&#233;tences de la communaut&#233; d'agglom&#233;ration ne permettent pas le financement de structures sportives. Pourtant, d'autres clubs professionnels, parmi lesquels N&#238;mes Olympique, l'USAM et le RCN, tous masculins, restent bien financ&#233;s&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Respectivement, le club professionnel de football (Ligue 2), de handball (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Sa justification ? Ces financements sont attribu&#233;s au titre de prestations de services de communication, vers&#233;es aux clubs dont la bonne couverture m&#233;diatique est assur&#233;e et qui profitent &#224; l'image de N&#238;mes M&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Manon Lachaize, 22 ans, demi-centre au BHNM, comme pour ses co&#233;quipi&#232;res, &#231;a ne fait pas de doute : &#171; &lt;i&gt;C'est vraiment de la discrimination. Le pr&#233;sident Franck Proust estime que nous ne rayonnons pas assez par rapport au sport masculin.&lt;/i&gt; &#187; Rayonner, c'est-&#224;-dire attirer les investisseurs priv&#233;s et &#234;tre largement diffus&#233;. Les clubs f&#233;minins des diff&#233;rentes ligues professionnelles de sport collectif d&#233;pendent encore majoritairement des subventions publiques&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon l'&#233;tude &#171; Le sport f&#233;minin &#187;, r&#233;alis&#233;e par le Centre de droit et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; et la m&#233;diatisation, mis &#224; part lors de quelques comp&#233;titions internationales, reste tr&#232;s modeste. Mobiliser un tel argument revient tout bonnement &#224; assumer un v&#233;ritable d&#233;sengagement vis-&#224;-vis du sport f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le combat devient politique&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; une injustice qui renvoie plus largement aux in&#233;galit&#233;s structurelles entre le sport professionnel masculin et f&#233;minin, les handballeuses de Bouillargues se mobilisent depuis pr&#232;s d'un an sur le terrain comme sur les r&#233;seaux. Pour Chlo&#233; Roelandt, 32 ans, pivot au BHNM, c'est d&#233;sormais un combat politique : &#171; &lt;i&gt;On esp&#232;re qu'ils reviennent sur leur position, non seulement sur le plan financier, mais aussi pour qu'on soit reconnues en tant que sportives de haut niveau.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans ce combat, les moyens de luttes ne se limitent pas &#224; de l'indignation sur les r&#233;seaux sociaux ou des vid&#233;os. &#171; &lt;i&gt;On a fait des sit-in devant N&#238;mes M&#233;tropole&lt;/i&gt;, poursuit la joueuse. &lt;i&gt;Il y avait plusieurs repr&#233;sentantes de clubs &#8211; le foot, le volley, le basket et le handball. Les filles du foot sont venues nous voir, les &#233;tudiantes du club sont all&#233;es voir un match de foot pour montrer le soutien et pour essayer de se mobiliser.&lt;/i&gt; &#187; Si les autres &#233;quipes touch&#233;es par ces coupes budg&#233;taires ont peu &#224; peu cess&#233; de se manifester, les handballeuses de Bouillargues, elles, pers&#233;v&#232;rent et cherchent &#224; renouveler leurs actions. Une cagnotte en ligne leur a ainsi permis de r&#233;colter quelques milliers d'euros et de toucher des m&#233;dias nationaux. &#171; &lt;i&gt;Le but de la cagnotte &#233;tait moins de r&#233;cup&#233;rer de l'argent que d'&#234;tre vues, de sortir une liste &#224; ce pr&#233;sident pour dire :&lt;/i&gt; &#8220;Regardez le nombre de personnes qui nous soutiennent et qui trouvent votre d&#233;cision aberrante&#8221; &#187;, explique Manon Lachaize. Des d&#233;l&#233;gations de joueuses se rendent r&#233;guli&#232;rement &#224; l'assembl&#233;e communautaire de N&#238;mes M&#233;tropole pour rappeler, au moins par leur pr&#233;sence, que les choix des &#233;lu&#183;es ne passent toujours pas.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pour un f&#233;minisme sportif&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Il faut que les sportives d&#233;veloppent une conscience de genre et qu'un f&#233;minisme sportif &#233;merge &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le monde du sport est peu habitu&#233; &#224; des mobilisations collectives comme celle men&#233;e par les handballeuses de Bouillargues. Il y a encore dix ans, la sociologue Christine Mennesson expliquait que dans le sport, &#171; &lt;i&gt;les mobilisations genr&#233;es demeurent exceptionnelles&lt;/i&gt; &#187;, alors m&#234;me que &#171; &lt;i&gt;les femmes font l'objet dans ces disciplines de politiques identitaires les incitant &#224; se conformer aux normes sexu&#233;es et sexuelles dominantes&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pourquoi les sportives ne sont-elles pas f&#233;ministes ? &#187;, Sciences sociales (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Aujourd'hui, si les protestations sont nombreuses et de plus en plus m&#233;diatis&#233;es, elles restent n&#233;anmoins le fait de personnes isol&#233;es r&#233;agissant &#224; des discriminations criantes. Rien que ces derni&#232;res semaines, la basketteuse Salimata Sylla a d&#233;nonc&#233; le traitement des sportives voil&#233;es en France apr&#232;s avoir &#233;t&#233; interdite d'une comp&#233;tition ; des cyclistes professionnelles se sont insurg&#233;es contre l'abandon de la cr&#233;ation d'une section f&#233;minine au sein de l'&#233;quipe B&amp;B Hotels-KTM et le peu de consid&#233;ration de ses dirigeants ; la skippeuse Clarisse Cr&#233;mer a &#233;t&#233; l&#226;ch&#233;e par son sponsor, la Banque populaire, et ne pourra donc pas participer au prochain Vend&#233;e Globe, tout &#231;a parce qu'elle est devenue maman. Pour B&#233;atrice Barbusse, sociologue et vice-pr&#233;sidente de la F&#233;d&#233;ration fran&#231;aise de handball, tous ces cas convergent et indiquent &#171; &lt;i&gt;l'&#233;mergence d'une sororit&#233; sportive&lt;/i&gt; &#187;. Une &#233;tape importante, mais en rien suffisante selon elle : &#171; &lt;i&gt;Il faut que les sportives d&#233;veloppent une conscience de genre et qu'un f&#233;minisme sportif &#233;merge. &lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Sexisme dans le sport, Anamosa, 2022.&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette lutte, des soutiens amateurs ou extrasportifs se structurent peu &#224; peu. L'association Femmes journalistes de sport, cr&#233;&#233;e en 2021 autour du mot d'ordre &#171; &lt;i&gt;Occupons le terrain !&lt;/i&gt; &#187;, entend ainsi d&#233;fendre et promouvoir celles qui ne repr&#233;sentent actuellement que 15 % des r&#233;dactions sportives. En d&#233;cembre dernier, la premi&#232;re Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du foot f&#233;ministe s'est tenue en r&#233;gion parisienne &#224; l'initiative de l'association pionni&#232;re Les D&#233;gommeuses. Des exemples &#224; suivre ? Manon Lachaize en convient : dans le sport professionnel, une organisation collective &#171; &lt;i&gt;ferait du bien &#224; beaucoup de femmes &#8211; m&#234;me &#224; des hommes. &#199;a permettrait peut-&#234;tre &#224; certaines personnes de sortir du silence. On ne parle pas qu'en notre nom. On parle au nom de tous les sports f&#233;minins, de tous les clubs f&#233;minins. On se bat pour tout le monde.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rom&#233;o Bondon&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Franck Proust n'aime pas les sportives &#187;, &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; (21/12/2022)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;(18/01/2023).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Respectivement, le club professionnel de football (Ligue 2), de handball (Division 1) et de rugby (Nationale 2).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon l'&#233;tude &#171; Le sport f&#233;minin &#187;, r&#233;alis&#233;e par le Centre de droit et d'&#233;conomie du sport (CDES) en 2017, la part des subventions repr&#233;sentait alors entre 50 et 62 % des revenus des clubs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Pourquoi les sportives ne sont-elles pas f&#233;ministes ? &#187;, &lt;i&gt;Sciences sociales et sport&lt;/i&gt; n&#176; 5, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Sexisme dans le sport&lt;/i&gt;, Anamosa, 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Travailleur&#183;ses du BTP unissez-vous !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Travailleur-ses-du-BTP-unissez</link>
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		<dc:date>2023-04-13T17:34:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;na Rosada</dc:creator>


		<dc:subject>Nodi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis deux ans, &#224; Marseille, le Collectif autonome du b&#226;timent s'engage sur plusieurs fronts pour soutenir les travailleur&#183;ses du BTP. Entre permanences de soutien et d'information et formations sur les droits, l'objectif est clair : sortir de l'isolement pour nourrir un rapport de forces politique avec les employeurs. Sur les palissades qui barrent l'acc&#232;s &#224; certains chantiers de Marseille, des stickers orn&#233;s d'une pelle et d'une pioche entrecrois&#233;es, &#233;voquant la faucille et le marteau, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no218-mars-2023" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;218 (mars 2023)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nodi" rel="tag"&gt;Nodi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis deux ans, &#224; Marseille, le Collectif autonome du b&#226;timent s'engage sur plusieurs fronts pour soutenir les travailleur&#183;ses du BTP. Entre permanences de soutien et d'information et formations sur les droits, l'objectif est clair : sortir de l'isolement pour nourrir un rapport de forces politique avec les employeurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_5096 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/jpg/web_218_btp_dino_1200px.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH591/web_218_btp_dino_1200px-f5baf.jpg?1768920381' width='500' height='591' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Par Nodi
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;ur les palissades qui barrent l'acc&#232;s &#224; certains chantiers de Marseille, des stickers orn&#233;s d'une pelle et d'une pioche entrecrois&#233;es, &#233;voquant la faucille et le marteau, ont commenc&#233; &#224; fleurir depuis l'hiver dernier. T&#233;moignage du passage du Collectif autonome du b&#226;timent. Depuis fin 2021, celui-ci regroupe, comme son nom l'indique, des travailleur&#183;ses du b&#226;timent et des travaux publics, d&#233;sireux de s'organiser collectivement pour faire face &#224; leurs conditions de travail difficiles et aux violences du march&#233; de l'emploi. Une menuisi&#232;re, plusieurs cordistes, des ma&#231;on&#183;nes, des charpentier&#183;i&#232;res, une &#233;b&#233;niste, un man&#339;uvre&#8230; Pour l'instant, ils sont une vingtaine, parfois un peu plus, &#224; organiser formations et permanences dans une r&#233;gion o&#249; le secteur du BTP emploie officiellement plus de 120 000 personnes&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffres de la r&#233;gion Paca selon la Cellule &#233;conomique r&#233;gionale de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, les actuel&#183;les membres du collectif avaient cr&#233;&#233; l'antenne Construction de l'union syndicale Solidaires 13. Mais face &#224; la diversit&#233; des conditions de travail d'un statut et d'une profession &#224; l'autre, il leur fallait un espace d'organisation compl&#233;mentaire et ind&#233;pendant des syndicats. Un lieu o&#249; ils et elles peuvent analyser collectivement leurs quotidiens : &#171; &lt;i&gt;On recense les probl&#232;mes et on cherche &#224; visibiliser ceux qui se r&#233;p&#232;tent &lt;/i&gt; &#187;, explique Sacha*, cordiste en int&#233;rim. Pour Aur&#233;lien, qui bosse dans une entreprise de travaux solidaires, l'ambition est de rassembler les corps de m&#233;tiers et les statuts professionnels de mani&#232;re transversale : &#171; &lt;i&gt;Il y a de tout : des gens qui bossent au black, d'autres &#224; leur compte, ou en int&#233;rim, des salari&#233;s de coop&#233;ratives&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Ce qui cr&#233;e du commun ? La pr&#233;carit&#233; et la difficult&#233; des conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un arr&#234;t de travail peut te conduire &#224; &#234;tre blacklist&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En France comme ailleurs, les m&#233;tiers du b&#226;timent ab&#238;ment voire tuent. Selon les chiffres de l'Assurance maladie pour 2021, ce sont environ 47 accidents pour 1 000 salari&#233;&#183;es dans le secteur du BTP &#8211; la moyenne pour tous les secteurs &#233;tant d'environ 31 &#8211; soit environ 89 000 accidents recens&#233;s&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Accidents du travail et maladies professionnelles dans le BTP : chiffres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;Sauf qu'en g&#233;n&#233;ral, les employeurs te demandent de ne pas d&#233;clarer ton accident ; un arr&#234;t de travail peut te conduire &#224; &#234;tre blacklist&#233;. Ou alors, les patrons pr&#233;f&#232;rent que tu te reposes quelques jours, pour &#233;viter les charges suppl&#233;mentaires&lt;/i&gt; &#187;, confie Ren&#233;, charpentier et membre du collectif.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Si on devait monter tous les &#233;chafaudages et les filets de s&#233;curit&#233;, on finirait pas &#224; temps, alors on s'en passe &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#192; la dangerosit&#233; vient s'ajouter une structure de l'emploi extr&#234;mement concurrentielle. &#171; On te demande d'&#234;tre toujours performant, sous peine de ne pas t'engager la prochaine fois &#187;, explique Lucie, qui bosse pour une coop&#233;rative artisanale. Une forme de chantage &#224; l'emploi qui pousse les travailleur&#183;ses &#224; n&#233;gliger leur s&#233;curit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Quand je travaille au black, j'ai tendance &#224; venir en jean et en baskets &lt;/i&gt; &#187;, d&#233;crit Kamil. Engag&#233;&#183;es &#224; la t&#226;che, ou avec des obligations de rendement, les travailleur&#183;ses sont toujours sous pression. Les obligations de livraison et les agendas des chantiers, g&#233;n&#233;ralement bien trop serr&#233;s, donnent lieu &#224; des cadences parfois intenables. &#171; &lt;i&gt;Si on devait monter tous les &#233;chafaudages et les filets de s&#233;curit&#233;, on finirait pas &#224; temps, alors on s'en passe&lt;/i&gt; &#187;, poursuit Ren&#233;, charpentier. La sous-traitance en s&#233;rie entra&#238;ne par ailleurs une dilution de la responsabilit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Ton employeur est cens&#233; &#234;tre le garant de ta s&#233;curit&#233;, mais en int&#233;rim, les bo&#238;tes qui t'embauchent n'ont jamais mis les pieds sur le terrain &lt;/i&gt; &#187;, souligne Lucie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes et tous ne sont par ailleurs pas &#224; &#233;galit&#233; face &#224; la prise de risque : le pouvoir de n&#233;gociation varie selon les dipl&#244;mes, le statut administratif, le r&#233;gime auquel ils et elles sont affili&#233;&#183;es &#224; l'assurance maladie&#8230; Et c'est l&#224; que le collectif peut faire la diff&#233;rence : &#171; &lt;i&gt;On essaie de comprendre nos droits selon les situations, de cr&#233;er des fiches-ressources&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;crit Sacha. Ensemble, ils et elles apprennent &#224; r&#233;clamer les heures et les paniers-repas non pay&#233;s, &#224; s'opposer aux abus des patrons qui ne veulent pas r&#233;mun&#233;rer les d&#233;placements et pr&#233;f&#232;rent se passer d'&#233;quipements de s&#233;curit&#233;. Mais plus largement, c'est bien une critique politique de l'organisation du travail dont le collectif est porteur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; On se retrouve isol&#233;s dans des statuts &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;En int&#233;rim, tu vois seulement des coll&#232;gues ponctuels, mais personne avec qui tu travailles sur une longue dur&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, raconte Aur&#233;lien. Une fois le chantier termin&#233;, les &#233;quipes changent. &#171; &lt;i&gt;Un plombier, c'est maximum trois &#224; six jours sur un chantier&lt;/i&gt; &#187;, compl&#232;te Ren&#233;. Cette mobilit&#233; permanente rend complexe toute vell&#233;it&#233; d'organisation et de r&#233;ponse collective. Sans oublier que les travailleur&#183;euses peuvent aussi ne jamais &#234;tre en contact avec le ma&#238;tre d'ouvrage ou le client principal, &#233;tant donn&#233;s les diff&#233;rents &#233;chelons de sous-traitance. &#171; &lt;i&gt;La premi&#232;re question &#224; se poser c'est :&lt;/i&gt; &#8220;Qui est le patron ?&lt;i&gt;&#8221;. Et c'est parfois impossible &#224; savoir&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Lucie.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Autoentrepreneure, c'est aussi la solitude devant le client, avec une cordialit&#233; qui cache le rapport marchand, le rapport de subordination &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Autre enjeu : la difficult&#233; &#224; f&#233;d&#233;rer quand une grosse partie des acteur&#183;ices est son propre patron. &#171; &lt;i&gt;Dans un march&#233; ultralib&#233;ral, o&#249; &#233;norm&#233;ment de personnes travaillent &#224; leur compte, c'est parfois difficile de trouver du soutien&lt;/i&gt; &#187;, confie Lucie. Ensemble, ils et elles s'interrogent sur ce qui se joue dans les rapports de travail. &#171; &lt;i&gt;Autoentrepreneure, par exemple, c'est aussi la solitude devant le client, avec une esp&#232;ce de cordialit&#233; qui cache totalement le rapport marchand, le rapport de subordination&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Isa, &#233;b&#233;niste. Une solitude usante qui se double souvent de harc&#232;lements, entre remarques sexistes et vannes racistes ou homophobes, selon certains membres du collectif. Les r&#233;unions permettent alors aussi de pousser des coups de gueules, de partager des techniques pour r&#233;sister &#224; ces outrages du quotidien. Et de pointer du doigt ce que ces atmosph&#232;res peuvent avoir de d&#233;l&#233;t&#232;re, comme l'analyse Sacha &#224; propos du virilisme sur les chantiers : &#171; &lt;i&gt;C'est ce ph&#233;nom&#232;ne du &lt;/i&gt; &#8220;Si t'es un homme, faut que t'y ailles&#8221;. &lt;i&gt;Une tendance &#224; toujours rabaisser des trucs de s&#233;curit&#233;, des pr&#233;cautions de base, &#224; te faire accepter des trucs dangereux juste pour dire&lt;/i&gt; &#8220;Moi aussi, je suis capable.&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif se renseigne aussi sur les proc&#233;dures de r&#233;gularisation par le travail pour ceux et celles qui n'ont pas de papiers. Ces dernier&#183;es, davantage isol&#233;&#183;es encore, se trouvent d'ailleurs souvent rel&#233;gu&#233;&#183;es au travail &#224; la journ&#233;e, aux t&#226;ches les plus dures, pour parfois moins de 20 euros par jour. &#171; &lt;i&gt;Les bo&#238;tes d'int&#233;rim savent tr&#232;s bien qu'une partie de leurs effectifs travaillent sous alias, avec les papiers de quelqu'un d'autre. &#199;a leur permet d'avoir une main-d'&#339;uvre mall&#233;able &#224; souhait, &#224; envoyer d'un bout &#224; l'autre du d&#233;partement&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce Ren&#233;. &#171; &lt;i&gt;Le BTP repose sur l'exploitation des travailleurs sans-papiers. On est pour la r&#233;gularisation de tout le monde, l'ouverture des fronti&#232;res, la libert&#233; de circulation et d'installation&lt;/i&gt; &#187;, termine Aur&#233;lien. La position du collectif est claire : la solidarit&#233; qu'ils veulent construire d&#233;passe les chantiers.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;L&#233;na Rosada&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;* Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chiffres de la r&#233;gion Paca selon la Cellule &#233;conomique r&#233;gionale de la construction de Provence-Alpes-C&#244;te d'Azur pour 2019, employ&#233;s, int&#233;rimaires et alternants compris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Accidents du travail et maladies professionnelles dans le BTP : chiffres cl&#233;s &#187;, &#224; lire sur ameli.fr.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



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