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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>En mer &#201;g&#233;e : &#171; Le bateau a un trou mais les gardes-c&#244;tes ne nous aident pas &#187;</title>
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&lt;p&gt;Les gardes-c&#244;tes grecs ont pour mission de porter secours aux embarcations en d&#233;tresse, quels qu'en soient les passagers. D&#233;but mars, ils firent l'inverse : tentatives de chavirage, vols de moteurs, remorquages jusqu'aux eaux turques, tirs &#224; balle r&#233;elle... Alors qu'elles pr&#234;taient assistance t&#233;l&#233;phonique &#224; des exil&#233;&#183;es en pleine travers&#233;e, des militantes d'Alarm Phone ont &#233;t&#233; t&#233;moins, &#224; distance, d'exactions d'une ampleur in&#233;dite. Voici leur r&#233;cit. Depuis 2014, le r&#233;seau Alarm Phone (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les gardes-c&#244;tes grecs ont pour mission de porter secours aux embarcations en d&#233;tresse, quels qu'en soient les passagers. D&#233;but mars, ils firent l'inverse : tentatives de chavirage, vols de moteurs, remorquages jusqu'aux eaux turques, tirs &#224; balle r&#233;elle... Alors qu'elles pr&#234;taient assistance t&#233;l&#233;phonique &#224; des exil&#233;&#183;es en pleine travers&#233;e, des militantes d'Alarm Phone ont &#233;t&#233; t&#233;moins, &#224; distance, d'exactions d'une ampleur in&#233;dite. Voici leur r&#233;cit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis 2014, le r&#233;seau Alarm Phone propose une assistance t&#233;l&#233;phonique aux personnes en d&#233;tresse en M&#233;diterran&#233;e, gr&#226;ce &#224; un num&#233;ro joignable 24 h/24. Dans une douzaine de pays, des b&#233;n&#233;voles se relaient pour r&#233;pondre aux appels et tenter de mobiliser les services de secours en mer. Dans les r&#233;cits qui suivent, deux &#233;quipes de militantes racontent leurs permanences des 1&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&lt;sup&gt;r&lt;/sup&gt;, 2 et 3 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste avant, le 28 f&#233;vrier, la Turquie avait annonc&#233; l'ouverture de ses fronti&#232;res aux r&#233;fugi&#233;s cantonn&#233;s sur son territoire, cherchant ainsi &#224; faire pression sur l'Europe pour qu'elle intervienne &#224; ses c&#244;t&#233;s en Syrie. &#192; terre, la situation a tr&#232;s vite explos&#233; : des milliers de personnes mass&#233;es &#224; la fronti&#232;re gr&#233;co-turque se sont retrouv&#233;es prises en tenaille dans un &lt;i&gt;no man's land&lt;/i&gt;, emp&#234;ch&#233;es d'avancer par les Grecs, interdites de rebrousser chemin par les Turcs. Et en mer ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Quelque part en Europe, 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mars, 15 h-23 h&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme souvent, on s'est retrouv&#233;es plus t&#244;t pour se pr&#233;parer, regarder la m&#233;t&#233;o, prendre le pouls du moment. Aujourd'hui, vu la situation &#224; la fronti&#232;re turque, on s'attend &#224; des travers&#233;es nombreuses en mer &#201;g&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14 h 20.&lt;/strong&gt; On allume les ordinateurs, on branche les t&#233;l&#233;phones. On lit la synth&#232;se de l'&#233;quipe pr&#233;c&#233;dente, tentant de d&#233;blayer les infos pour comprendre ce qui se joue pour chaque&lt;i&gt; cas&lt;/i&gt; ouvert, c'est-&#224;-dire chaque embarcation en d&#233;tresse qui a contact&#233; Alarm Phone (AP). Elles sont cinq en tout depuis ce matin, parties des c&#244;tes turques &#224; destination des &#238;les grecques de Chios et Lesbos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 h 00.&lt;/strong&gt; On prend le relais de L., de permanence depuis la veille. &#201;puis&#233;, il trouve encore la force de nous faire un point d&#233;taill&#233; pour chaque bateau, de nous transmettre conseils et recommandations. De notre c&#244;t&#233;, on se r&#233;partit les t&#226;ches, souvent &#224; la vol&#233;e. L'ambiance est tendue, concentr&#233;e. Aujourd'hui, la m&#233;t&#233;o est bonne, la mer calme. A priori, de bonnes conditions de navigation. Sauf que les travers&#233;es se font sur des bateaux gonflables surcharg&#233;s, avec de mauvais moteurs, sans gilet de sauvetage pour tout le monde. &#192; bord, les passagers ont peu d'eau, de nourriture, de v&#234;tements chauds. Les distances ont beau &#234;tre r&#233;duites en mer &#201;g&#233;e (quelques kilom&#232;tres seulement parfois), les travers&#233;es sont loin d'&#234;tre sans risques : en 2019, 71 personnes y ont perdu la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis aujourd'hui, il se passe autre chose. Sur les cinq embarcations avec lesquelles AP est en contact, trois ont &#233;t&#233; attaqu&#233;es par des hommes masqu&#233;s. Leurs moteurs ont &#233;t&#233; d&#233;truits ou vol&#233;s, l'essence confisqu&#233;e. &#192; Lesbos, des fascistes ont emp&#234;ch&#233; un bateau de d&#233;barquer ; les passagers ont fini par &#234;tre exfiltr&#233;s par les autorit&#233;s grecques. Impossible de les joindre depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 h 36.&lt;/strong&gt; Le t&#233;l&#233;phone sonne. Premier contact avec le bateau n&#176; 5, sur lequel on d&#233;cide de concentrer nos forces. 35 personnes, dont 11 enfants, qui sont en mer depuis des heures. Elles n'ont plus de moteur, il a &#233;t&#233; vol&#233; par un bateau non identifi&#233;. Elles disent avoir &#233;t&#233; ensuite approch&#233;es par des gardes-c&#244;tes grecs, dont la mission n'&#233;tait visiblement pas de les secourir mais de les affoler un peu plus : &#171; &lt;i&gt;Ils ne font que des vagues, ils ne nous aident pas. Nous avons tr&#232;s peur. Maintenant, ils s'&#233;loignent. S'il vous pla&#238;t, nous avons besoin d'aide.&lt;/i&gt; &#187; Nous n'aurons jamais de conversation directe avec les personnes &#224; bord, les &#233;changes se font par messages vocaux, toujours la m&#234;me voix de femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;16 h 24.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Nous allons bien mais nous sommes tr&#232;s fatigu&#233;s. Nous dirigeons le bateau avec nos mains. Nous sommes pr&#232;s de l'&#238;le. Le bateau des gardes-c&#244;tes est derri&#232;re nous mais ils ne nous aident pas. Il y a de l'eau dans notre bateau. Le bateau a un trou. S'il vous pla&#238;t, aidez-nous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes &#224; bord voient la terre, de gros bateaux pr&#232;s d'elles, et ne comprennent pas pourquoi personne ne vient les secourir. Nous non plus on ne comprend pas. O&#249; plut&#244;t, on commence &#224; saisir qu'aujourd'hui les r&#232;gles sont diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le matin, les gardes-c&#244;tes grecs refusent de nous donner la moindre information. L&#224; o&#249; d'habitude une coop&#233;ration minimum et polie se met en place, se dresse d&#233;sormais un mur. Ils sont agressifs, sur les dents. Ils nient les situations de d&#233;tresse et s'&#233;nervent quand on exige qu'ils remplissent leur mission : secourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17 h 00.&lt;/strong&gt; Par une autre source, on a la confirmation que Frontex (l'agence europ&#233;enne charg&#233;e de contr&#244;ler les fronti&#232;res) et les gardes-c&#244;tes grecs sont sur place. Ils sont donc bien en train de regarder ce bateau surcharg&#233; prendre l'eau sans intervenir. Sont-ils assez pr&#232;s pour entendre les passagers crier ? Parce que nous, oui, et &#231;a nous glace le sang. Toutes les 30 minutes, ils nous envoient des vid&#233;os et des messages vocaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous avons une nouvelle position&lt;/i&gt; [GPS]&lt;i&gt;. Les gardes-c&#244;tes ne nous ont pas pris. Nous dirigeons le bateau avec nos mains. On met les mains dans l'eau et on avance.&lt;/i&gt; &#187; Ils sont &#224; moins de 6 km de Lesbos. Des heures que leur bateau est dans les eaux grecques. Des heures que les gardes-c&#244;tes sont inform&#233;s. Mais il ne se passe rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18 h 58.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Nous avons besoin d'aide. Notre bateau a un trou. Nous sommes si fatigu&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; &#192; 3 km de Lesbos, frigorifi&#233;es, &#233;puis&#233;es, les personnes &#224; bord n'en peuvent plus. Elles ont us&#233; leurs derni&#232;res forces pour faire avancer le bateau trou&#233;. Derri&#232;re, les enfants pleurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;19 h 18.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Aidez-nous, s'il vous pla&#238;t. Les enfants ont faim et soif. Nous n'avons rien. L'eau entre de plus en plus dans le bateau. Les enfants sont gel&#233;s. Nos v&#234;tements sont tr&#232;s mouill&#233;s. Il fait tellement froid. Nous sommes en train de mourir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voudrait que le monde entier entende leurs voix, alors on fait des tweets. Des tweets pour m&#233;diatiser, pour faire pression, mais aussi parce qu'on ne sait pas quoi faire d'autre. On envoie des mails officiels avec l'UNHCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les r&#233;fugi&#233;s) en copie, on s'engueule avec les gardes-c&#244;tes et on tweete. Surtout, on ne sait plus quoi dire aux personnes &#224; bord, &#224; part de tenir bon, qu'on ne peut pas faire plus, mais qu'on est avec elles et qu'on ne les l&#226;chera pas. Aujourd'hui, les r&#232;gles ont chang&#233; et on se demande comment trouver une issue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;19 h 51.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Maintenant, nous ne pouvons plus continuer. Nous sommes fatigu&#233;s. Il fait trop froid. Il fait tr&#232;s sombre. On ne voit rien. Nous ne pouvons pas continuer.&lt;/i&gt; &#187; Ils crient &#171; &lt;i&gt;Help&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Help&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Help&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; tous ensemble. La nuit est tomb&#233;e. Ils ne savent m&#234;me plus dans quelle direction avancer. Ils se d&#233;couragent, perdent espoir, on le sent. De notre c&#244;t&#233;, il faut combattre le sentiment d'impuissance, contenir la rage, et continuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20 h 38.&lt;/strong&gt; &#201;ni&#232;me appel aux gardes-c&#244;tes grecs et soudain changement de ton. Une op&#233;ration de secours a &#233;t&#233; lanc&#233;e, disent-ils. M&#233;fiantes, on n'ose pas tout &#224; fait y croire. Une heure plus tard, le sauvetage est confirm&#233; par ces m&#234;mes gardes-c&#244;tes, et on pousse un gros soupir de soulagement. M&#234;me si les personnes &#224; bord ne sont plus joignables, et qu'on aimerait entendre de leur bouche qu'elles vont bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;23 h 00.&lt;/strong&gt; On passe le relais &#224; l'&#233;quipe de nuit, quatre cas toujours ouverts et trois nouveaux appels dans les quinze derni&#232;res minutes. &lt;i&gt;Force et courage&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les jours suivants, les t&#233;moignages gla&#231;ants affluent : agressions et tentatives d'intimidation semblent devenir syst&#233;matiques. Les gardes-c&#244;tes grecs agissent &#224; visage d&#233;couvert : vols et destructions de moteurs, tirs &#224; balles r&#233;elles ; les refoulements violents et ill&#233;gaux s'encha&#238;nent&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Escalating Violence in the Aegean Sea - Attacks and human rights abuses by (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. Bien s&#251;r de telles pratiques existaient avant ce basculement&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aegean Regional Analysis, rapport d'Alarm Phone (03/02/2020).&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt;, mais pas de mani&#232;re aussi d&#233;complex&#233;e. Le maintien de l'Europe-forteresse repose sur les &#233;paules de la Gr&#232;ce, qui re&#231;oit le soutien de tous les dirigeants europ&#233;ens. La fronti&#232;re ne doit pas c&#233;der, quoi qu'il en co&#251;te.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ailleurs en Europe, 2 &amp; 3 mars, 23 h-11 h&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce soir-l&#224;, nous sommes deux &#224; faire la permanence de nuit. Souvent, on les fait &#224; distance, mais cette fois-ci, on a d&#233;cid&#233; de se retrouver physiquement. Pas toujours facile d'&#234;tre seule devant son ordinateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02 h 11.&lt;/strong&gt; Le t&#233;l&#233;phone sonne : une position GPS &#224; la limite de la fronti&#232;re gr&#233;co-turque. 50 &#224; 55 personnes &#224; bord dont une vingtaine d'enfants. Leur moteur est cass&#233;. &#171; &lt;i&gt;Il y a de l'eau dans le bateau, on va couler d'ici une demi-heure&lt;/i&gt; &#187;, nous annonce une voix fataliste, assez calme vu les circonstances. Le monsieur nous explique que des Grecs (gardes-c&#244;tes ? fachos ?) les ont intercept&#233;es, frapp&#233;es, ont d&#233;truit leur moteur et vol&#233; leur essence. &#171; &lt;i&gt;Nous sommes sur l'eau depuis 4... non 7 heures, le bateau est plein d'eau, on va mourir.&lt;/i&gt; &#187; On propose d'appeler les gardes-c&#244;tes turcs. &#171; &lt;i&gt;Ils ne viendront pas, &#231;a fait une heure qu'on les appelle, mais ils ne viennent pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02 h 18.&lt;/strong&gt; On appelle quand m&#234;me les gardes-c&#244;tes turcs. L'op&#233;rateur nous remercie poliment, mais n'a aucune information &#224; nous donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02 h 53.&lt;/strong&gt; &#171; &lt;i&gt;Il y a des soldats grecs, ils vont nous tuer. Ils ont attach&#233; une corde &#224; notre bateau et ils nous tirent avec leur bateau. Ils vont nous frapper et nous tuer. Ils crient. On a des enfants &#224; bord. Aidez-nous.&lt;/i&gt; &#187; En fond, bruit de vagues et hurlements, l'horreur. On esp&#232;re que les Grecs les tirent juste vers les eaux turques et que &#231;a n'ira pas plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;02 h 59.&lt;/strong&gt; Les personnes &#224; bord nous disent que les Grecs sont partis. Les gardes-c&#244;tes turcs arrivent pour les secourir. Tout le monde est sain et sauf. On respire. On prend le temps de se regarder, de se sourire, soulag&#233;es. Un comble de se r&#233;jouir que des personnes n'aient pas pu atteindre leur but, l'Europe. Mais elles sont sauves et c'est le plus important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;07 h 10. U&lt;/strong&gt;n bateau nous contacte, 38 personnes dont 20 enfants en route pour Samos. Leur position GPS est clairement dans les eaux grecques. On appelle les gardes-c&#244;tes grecs, le ventre nou&#233; au vu des exactions des jours pr&#233;c&#233;dents. On nous r&#233;pond que ce bateau est en Turquie. S'ensuit une nouvelle histoire kafka&#239;enne de fronti&#232;res maritimes, Grecs et Turcs se renvoyant la balle. Les 38 passagers seront finalement secourus par les Turcs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;09 h 39.&lt;/strong&gt; Le t&#233;l&#233;phone sonne &#224; nouveau. Deux bateaux en route pour Kastell&#243;rizo : les gardes-c&#244;tes grecs ont tir&#233; sur le premier. Une personne &#224; bord, peut-&#234;tre deux, ont &#233;t&#233; bless&#233;es et saignent. Les informations ne sont pas claires, elles viennent du second bateau, qui a assist&#233; &#224; la sc&#232;ne avant de faire demi-tour. On appelle la centrale des gardes-c&#244;tes &#224; Ath&#232;nes, au courant de rien. Ils nient tout acte de violence de leurs coll&#232;gues, disent qu'ils ne sont inform&#233;s d'aucun bateau dans la zone. Nous avons du mal &#224; garder notre calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11 h 00.&lt;/strong&gt; La permanence se termine. Malgr&#233; une confiance absolue dans les camarades qui prennent la rel&#232;ve, il est difficile de l&#226;cher. Plus tard, nous apprendrons que les gardes-c&#244;tes grecs ont refus&#233; l'acc&#232;s au port aux personnes bless&#233;es, et que le contact a &#233;t&#233; perdu avec l'embarcation. Vers 23 h, apr&#232;s des heures d'angoisse, l'&#233;quipe de nuit arrivera finalement &#224; la joindre de nouveau. Les passagers sont revenus sur la rive turque. Deux hommes sont bless&#233;s aux jambes et &#224; l'&#233;paule.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des militantes d'Alarm Phone&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_4292 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH545/alarm-phone-logo-1-31b19.jpg?1768815860' width='500' height='545' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Escalating Violence in the Aegean Sea - Attacks and human rights abuses by European Coastguards &#187;, communiqu&#233; d'Alarm Phone (04/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Aegean Regional Analysis&lt;/i&gt;, rapport d'Alarm Phone (03/02/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Auvergne : le &#171; maire &#224; migrants &#187; qui h&#233;risse les fachos</title>
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		<dc:date>2020-04-27T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Juliette Iturralde</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
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		<dc:subject>G&#233;rard Dubois</dc:subject>
		<dc:subject>Dubois</dc:subject>
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		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pessat-Villeneuve, c'est un tout petit bled &#224; c&#244;t&#233; de Clermont-Ferrand. 600 p&#233;kins et des brouettes. Pour ligne d'horizon, z&#233;ro commerce et une torpeur r&#233;sidentielle marqu&#233;e. Mais ce relatif d&#233;sert rec&#232;le une surprise : dans le parc du ch&#226;teau qui abrite la mairie, une soixantaine de demandeurs d'asile sont log&#233;s dans des pavillons par volont&#233; du maire, G&#233;rard Dubois. Lequel ne se fait pas que des amis... Reportage d'avant confinement. Accoud&#233; au comptoir de la petite cuisine attenante &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gerard-Dubois" rel="tag"&gt;G&#233;rard Dubois&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/habitants" rel="tag"&gt;habitants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pessat-Villeneuve, c'est un tout petit bled &#224; c&#244;t&#233; de Clermont-Ferrand. 600 p&#233;kins et des brouettes. Pour ligne d'horizon, z&#233;ro commerce et une torpeur r&#233;sidentielle marqu&#233;e. Mais ce relatif d&#233;sert rec&#232;le une surprise : dans le parc du ch&#226;teau qui abrite la mairie, une soixantaine de demandeurs d'asile sont log&#233;s dans des pavillons par volont&#233; du maire, G&#233;rard Dubois. Lequel ne se fait pas que des amis... Reportage d'avant confinement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3325 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L307xH400/-1519-9a47a.jpg?1768652520' width='307' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Juliette Iturralde
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Accoud&#233; au comptoir de la petite cuisine attenante &#224; son bureau de maire, G&#233;rard Dubois encha&#238;ne les anecdotes, l'air guilleret, s&#251;r de lui. Petite barbe blanche, &#233;nergie &#224; revendre, tutoiement facile, il revient notamment sur cette p&#233;riode qui a fa&#231;onn&#233; son engagement : l'accueil, il y a bient&#244;t cinq ans, d'un premier groupe de personnes migrantes, qui avait tant fait jaser dans le village et au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je me souviens de cette conseill&#232;re municipale qui &#233;tait venue me demander, un peu penaude : &#8220;G&#233;rard, tu penses que je dois rentrer ma b&#233;tonni&#232;re pour pas qu'ils me la volent&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&#8221; Je lui avais r&#233;pondu que ces jeunes gens avaient endur&#233; mille &#233;preuves, surv&#233;cu &#224; la travers&#233;e de la M&#233;diterran&#233;e, &#224; la Libye, aux centres de d&#233;tention, &#224; Calais, et qu'il y avait a priori peu de chances qu'ils s'int&#233;ressent &#224; sa b&#233;tonni&#232;re...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le maire du petit bourg r&#233;sidentiel de Pessat-Villeneuve (Puy-de-D&#244;me) raconte cette histoire, c'est pour montrer que les mentalit&#233;s ont largement &#233;volu&#233; depuis cet &#233;pisode de novembre 2015. &#192; l'&#233;poque, le village s'appr&#234;te &#224; accueillir un premier groupe de migrants arriv&#233;s en car, une cinquantaine de jeunes hommes en provenance de Calais. Et l'ambiance est on ne peut plus crisp&#233;e. Lettres anonymes virulentes, menaces de mort sur les sites d'extr&#234;me droite, r&#233;union publique houleuse avec les habitants : la tension r&#232;gne. G&#233;rard Dubois reste impressionn&#233; par le souvenir de la d&#233;ferlante : &#171; &lt;i&gt;En quarante-huit heures, on a re&#231;u plus de deux cents appels t&#233;l&#233;phoniques malveillants, &#224; tel point qu'on a d&#251; fermer notre ligne &#8211; les secr&#233;taires &#233;taient traumatis&#233;es &#224; force d'entendre des horreurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Point d'orgue de cette campagne de haine attis&#233;e de l'ext&#233;rieur, la journ&#233;e du 13 novembre 2015, quand sont d&#233;couverts des tags appelant au meurtre des migrants sur le ch&#226;teau, ainsi que des inscriptions traitant G&#233;rard Dubois de collabo sur un pont autoroutier des environs. Dans la soir&#233;e, la pr&#233;fecture appelle le maire pour le pr&#233;venir : alerte maximum, il y a une attaque terroriste au Bataclan et &#231;a pourrait titiller les fachos qui le ha&#239;ssent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation s'est depuis largement apais&#233;e, les habitants d&#233;couvrant rapidement que les migrants sont des gens comme les autres. Mais il subsiste une certaine crispation. Il faut dire que le combat du maire de Pessat a fait de lui une cible prioritaire pour les tenants de la France aux Fran&#231;ais. Il en a bien conscience, s'en amuse presque : &#171; &lt;i&gt;J'ai encore re&#231;u une lettre anonyme il y a trois jours, selon laquelle j'&#233;tais l'ennemi du peuple fran&#231;ais et de la race blanche. Cela ne s'est jamais vraiment arr&#234;t&#233;. Je sais bien quelles sont les id&#233;es de ces gens. Mais la plupart du temps je parviens &#224; en rigoler, &#224; ne pas rester bloqu&#233; sur leur violence. Et je sais bien que c'est aussi li&#233; &#224; ma personnalit&#233; : j'ai tendance &#224; aimer provoquer, &#224; r&#233;pondre du tac au tac. Et j'assume mes positions, je ne les cache pas. C'est &#231;a qui les fait enrager.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site &lt;i&gt;Riposte la&#239;que&lt;/i&gt;, nid &#224; racistes d&#233;complex&#233;s, a ainsi consacr&#233; une longue diatribe &#224; ce maire droit dans ses bottes juste avant le premier tour des municipales. Son titre : &#171; Pessat-Villeneuve : &#233;lecteurs, virez votre maire &#224; migrants, G&#233;rard Dubois &#187;. En une prose toute raffin&#233;e, l'auteur, un certain Brenton Anders, qui se d&#233;finit comme &#171; &lt;i&gt;Fran&#231;ais de France en France&lt;/i&gt; &#187; &lt;i&gt;(uhuh)&lt;/i&gt;, s'offusque que soient accueillis des &#171; occupants &#187; et &#171; &lt;i&gt;des d&#233;serteurs de leur pays venus se la couler douce en France&lt;/i&gt; &#187;. Pour en finir avec ce scandale, il appelait &#224; jouer sur le &#171; &lt;i&gt;panachage&lt;/i&gt; &#187; des voix, possibilit&#233; de rayer le nom d'un candidat d'une liste offerte aux &#233;lecteurs des communes de moins de 1 000 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#226;p&#233; : seule &#224; se pr&#233;senter car les branquignols d'extr&#234;me droite n'ont pas r&#233;ussi &#224; s'organiser, la liste du maire est facilement pass&#233;e au premier tour&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur sa liste, G&#233;rard Dubois est tout de m&#234;me celui qui a obtenu le moins de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Cheh&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le bulletin municipal 2019&lt;/strong&gt;, G&#233;rard Dubois, plume all&#232;gre et bavarde, s'enflamme : &#171; &lt;i&gt;Le record de 2018 vient d'exploser puisque nous passons de 618 &#224; 656 habitants, et ce record n'a pas fini de tomber car les projets que je vais d&#233;velopper vont vous montrer que vous avez fait le bon choix.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bond est m&#233;ritoire, c'est vrai. Mais il n'en reste pas moins que 650 et des poussi&#232;res, c'est pas b&#233;zef. Et que Pessat-Villeneuve, bourgade r&#233;sidentielle paum&#233;e dans les champs surtout peupl&#233;e de cadres de Michelin (la grosse industrie du coin) et de CSP +, ne d&#233;gage pas une &#233;nergie folle. Il y a un ch&#226;teau, un menhir et une &#233;cole au nom fort symbolique : &#171; Arc-en-ciel &#187;. Pour le reste : rien. Pas m&#234;me un troquet, bordel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute l'une des raisons qui ont pouss&#233; le maire, un tantinet m&#233;galo, &#224; ruer dans les brancards. Non content de faire accueillir des centaines de personnes migrantes depuis 2015, il a inaugur&#233; dans l'entr&#233;e du ch&#226;teau &#8211; o&#249; est install&#233;e la mairie depuis 2018 &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le b&#226;timent appartenait auparavant au comit&#233; d'entreprise d'Air France.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8211; un Parvis des droits de l'homme... et des r&#233;fugi&#233;s, comportant quelques plaques et pancartes rappelant les principes &#233;dict&#233;s dans la Convention de Gen&#232;ve du 28 juillet 1951.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif : faire de Pessat le symbole d'une cohabitation r&#233;ussie entre populations locales et nouveaux arrivants. Ce n'&#233;tait pas gagn&#233;. Lors de la premi&#232;re r&#233;union publique consacr&#233;e &#224; l'arriv&#233;e des nouveaux venus, organis&#233;e sous protection polici&#232;re, une habitante a ainsi exprim&#233; sa peur qu'ils ne violent ses enfants. L'assembl&#233;e n'a pas tard&#233; &#224; se d&#233;chirer. Jusqu'&#224; ce qu'une personne pose la question : &#171; &lt;i&gt;Mais au fait, eux, comment ils vont&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Dans la foul&#233;e, raconte G&#233;rard Dubois, le regard collectif s'est d&#233;centr&#233; et les bonnes volont&#233;s se sont manifest&#233;es : une instit' a propos&#233; de donner des cours de fran&#231;ais, d'autres ont sugg&#233;r&#233; diverses activit&#233;s. Quelques jours apr&#232;s, il y avait plus de cinquante b&#233;n&#233;voles investis dans l'accueil des nouveaux venus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re la mairie, il y a un grand parc agr&#233;able, avec des aires de jeu, des arbres, de l'espace. C'est l&#224; qu'ont &#233;t&#233; construits il y a un bail cinq grands pavillons, qui peuvent accueillir chacun vingt-cinq personnes, en semi-collectivit&#233; (cuisine et salle de bain partag&#233;es). L'association qui g&#232;re les lieux dans des bureaux mitoyens s'appelle la Cecler. Elle a pris la suite de Forum r&#233;fugi&#233;s, mandat&#233;e pour les premi&#232;res arriv&#233;es. Le boulot est &#224; la fois simple et compliqu&#233;, explique Alexandre, qui est employ&#233; sur place et se montre d'un enthousiasme notable, parfois teint&#233; d'un certain paternalisme : &#171; &lt;i&gt;Nous, on veut d&#233;velopper l'autonomie des gens qui transitent par ici. L'id&#233;al, c'est qu'ils se passent de nous. Ils restent une dizaine de mois puis on les aide &#224; se loger dans la r&#233;gion et &#224; chercher du boulot. On trouve des solutions, pas toujours l'id&#233;al mais au moins on avance.&lt;/i&gt; &#187; Et de citer l'exemple d'un des jeunes hommes log&#233;s ici, qui se forme &#224; la boulangerie dans le commerce du village voisin, qu'il rejoint tous les jours en v&#233;lo : &#171; &lt;i&gt;Le patron est &#233;pat&#233; par son &#233;nergie, &#231;a se passe super bien.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, environ soixante-dix personnes s&#233;journent dans les pavillons. Contrairement aux premiers arriv&#233;s de 2015, la plupart ont obtenu le statut de r&#233;fugi&#233; ; ils viennent d'&#201;rythr&#233;e ou du Soudan, pays qu'ils ont fuis essentiellement pour &#233;viter la guerre ou le service militaire. Beaucoup ont transit&#233; par des camps au Niger ou au Tchad apr&#232;s avoir connu les emb&#251;ches de l'&#201;thiopie et de la Libye, y poireautant de longs mois dans une mis&#232;re extr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apr&#232;s-midi, cinq jeunes profitent du soleil sur la pelouse. Tous viennent d'&#201;rythr&#233;e. Le dialogue lanc&#233;, ils se d&#233;clarent ravis d'&#234;tre ici, d'entrevoir une normalisation de leur situation. Ils veulent bosser, dans le b&#226;timent ou l'agriculture, peu importe, mais c'est la premi&#232;re des choses qu'ils disent : du taf, voil&#224; le r&#234;ve. L'un d'eux propose de visiter leur pavillon. Dans le salon, la t&#233;l&#233;vision diffuse une &#233;mission de t&#233;l&#233;-r&#233;alit&#233; qu'ils ne regardent pas, trop affair&#233;s &#224; discuter de gastronomie &#233;rythr&#233;enne en servant aux invit&#233;s un verre de th&#233; au citron et une assiette de cacahu&#232;tes. Il para&#238;t que les cr&#234;pes l&#224;-bas sont de premi&#232;re. Et pour l'avenir, ils semblent confiants, m&#234;me s'ils s'emmerdent un peu dans le coin, forc&#233;ment &#8211; les ateliers, cours et parties de foot ne suffisent pas toujours &#224; remplir les journ&#233;es. Comme les employ&#233;s de la Cecler, ils ont une philosophie bien pos&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Step by step&lt;/i&gt; &#187; (&#171; pas &#224; pas &#187;), r&#233;sume l'un d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la sortie du centre, une employ&#233;e discute avec une femme soudanaise de la meilleure mani&#232;re de confectionner des masques d'argile et des cr&#232;mes de beaut&#233; en n'utilisant que des produits naturels. Un b&#233;n&#233;vole passe pour presser le mouvement : si elle veut aller faire les courses au supermarch&#233; aujourd'hui, c'est maintenant ou jamais. D&#233;cision est alors prise qu'un atelier sera consacr&#233; &#224; ces questions &#233;colo-cosm&#233;tiques dans la semaine. Charg&#233; d'une poign&#233;e de r&#233;sidents, le minibus s'envole vers le magasin et la civilisation marchande.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour &#224; la mairie.&lt;/strong&gt; Il est touchant, G&#233;rard Dubois. &#201;voquant le d&#233;part des premiers accueillis de 2015, il raconte avoir pleur&#233; &#224; chaudes larmes, tout comme nombre de ses ex-h&#244;tes. M&#234;me r&#233;action lacrymale lors du premier mariage entre deux r&#233;fugi&#233;s qu'il a c&#233;l&#233;br&#233; lui-m&#234;me, en 2019. Au fond, il s'en fout un peu de ce qu'on pense de lui, s'en revendique m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;Je suis un tar&#233;, pas un maire normal.&lt;/i&gt; &#187; Sa derni&#232;re id&#233;e : monter un caf&#233;-&#233;picerie qui serait tenu par des r&#233;fugi&#233;s, jouer sur cette dynamique qui pourrait donner vie &#224; Pessat et encourager dans la r&#233;gion cet objectif formul&#233; par Alexandre : &#171; &lt;i&gt;On cherche &#224; lever les repr&#233;sentations erron&#233;es sur les r&#233;fugi&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, G&#233;rard Dubois se f&#233;licite chaque jour d'avoir initi&#233; ce mouvement collectif et impos&#233; l'id&#233;e &#224; son conseil municipal et aux habitants de la bourgade : &#171; &lt;i&gt;On m'avait promis que le ch&#226;teau serait br&#251;l&#233;, qu'il y aurait des d&#233;tritus partout, des violences, des viols, mais on n'a jamais eu le moindre pwrobl&#232;me de ce genre.&lt;/i&gt; &#187; Si les habitants sont d&#233;sormais convaincus ? Pas tous, r&#233;pond-t-il : il reste des irr&#233;ductibles, mais la plupart auraient r&#233;vis&#233; leur jugement et s'accommoderaient fort bien de la situation. Seuls les fachos continuent &#224; diagnostiquer une invasion aux cons&#233;quences catastrophiques. Le fin mot de l'histoire : &#171; &lt;i&gt;Les extr&#233;mistes font du bruit, pas les gens solidaires.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Emilien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur sa liste, G&#233;rard Dubois est tout de m&#234;me celui qui a obtenu le moins de votes, seulement 177 suffrages sur 260 votants. Il n'emp&#234;che : ce sera bien lui le maire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le b&#226;timent appartenait auparavant au comit&#233; d'entreprise d'Air France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>R&#233;fugi&#233;s syriens : non, il n'est pas encore temps de rentrer</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Refugies-syriens-non-il-n-est-pas</link>
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		<dc:date>2020-04-24T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Leila al-Shami</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ma&#239;da Chavak</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
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		<dc:subject>guerre</dc:subject>
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&lt;p&gt;Les r&#233;cents combats dans la province d'Idlib ont remis un coup de projecteur sur le calvaire des civils syriens. Neuf ans apr&#232;s le d&#233;but de la guerre, on estime &#224; plus de 6,6 millions le nombre de personnes d&#233;plac&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de la Syrie et &#224; 5,6 millions celui des r&#233;fugi&#233;s syriens dans le monde. Autant d'exil&#233;s que d'aucuns aimeraient voir retourner dans leur foyer&#8230; L'activiste syro-britannique Leila al-Shami alerte ici sur le danger de la politique du retour dans un pays o&#249; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;cents combats dans la province d'Idlib ont remis un coup de projecteur sur le calvaire des civils syriens. Neuf ans apr&#232;s le d&#233;but de la guerre, on estime &#224; plus de 6,6 millions le nombre de personnes d&#233;plac&#233;es &#224; l'int&#233;rieur de la Syrie et &#224; 5,6 millions celui des r&#233;fugi&#233;s syriens dans le monde. Autant d'exil&#233;s que d'aucuns aimeraient voir retourner dans leur foyer&#8230; L'activiste syro-britannique Leila al-Shami alerte ici sur le danger de la politique du retour dans un pays o&#249; la r&#233;pression et la brutalit&#233; du r&#233;gime n'ont jamais cess&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3322 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L262xH400/-1508-9133a.jpg?1768651275' width='262' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ma&#239;da Chavak
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;i&gt;Cet article est une version actualis&#233;e d'un texte initialement publi&#233; en octobre et en anglais sur le site Crisis Magazine&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Syria, refugees, and solidarity &#187;, Crisismag.net (01/10/2019).&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Personne ne quitte son domicile volontairement, &#224; moins que sa maison soit la bouche d'un requin. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;(Warsan Shire, po&#233;tesse britannico-somalienne)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;a travers&#233;e de M&#233;diterran&#233;e est p&#233;rilleuse. Rien qu'en 2018, 2 277 personnes sont ainsi mortes en tentant de rejoindre l'Europe&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette estimation, tous pays d'origine confondus, est tir&#233;e du rapport 101 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui ont surv&#233;cu au voyage ont d&#251; faire face &#224; un accueil mitig&#233;. D'une part, l'afflux de r&#233;fugi&#233;s et de migrants en Europe (ainsi que dans d'autres pays du monde) offre des boucs &#233;missaires parfaits aux classes dirigeantes incapables de r&#233;gler leurs probl&#232;mes internes, tout en alimentant un climat de x&#233;nophobie et des sentiments nationalistes croissants. D'autre part, il existe des &#233;lans de solidarit&#233;, qui vont de l'organisation d'un accueil effectif aux manifestations scandant &#171; &lt;i&gt;Refugees welcome&lt;/i&gt; &#187;. Ces efforts vitaux m&#233;ritent d'&#234;tre poursuivis. Mais la solidarit&#233; qui ne commence qu'aux fronti&#232;res de l'Europe a ceci de probl&#233;matique qu'elle ne se penche pas sur les raisons principales qui poussent les demandeurs d'asile &#224; fuir leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La moiti&#233; de la population syrienne chass&#233;e de chez elle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2011, date &#224; laquelle l'&#201;tat syrien a commenc&#233; sa guerre contre un soul&#232;vement pro-d&#233;mocratique, plus de la moiti&#233; de la population a &#233;t&#233; chass&#233;e de chez elle. M&#234;me si d'autres acteurs du conflit, parasites djihadistes ou forces d'opposition, ont eux aussi provoqu&#233; des d&#233;placements, la responsabilit&#233; principale revient &#224; la violence de l'&#201;tat et de ses bailleurs de fonds &#233;trangers [&lt;i&gt;Russie, Iran, Hezbollah libanais&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Note de traduction.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;
]. Le r&#233;gime a eu recours &#224; d'incessants bombardements a&#233;riens des villes et &#224; des arrestations massives d'opposants. De nombreux observateurs &#233;voquent le chiffre d'un demi-million de morts&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Concernant les seuls civils, le R&#233;seau syrien des droits de l'homme (SNHR) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; (selon un bilan qui date de plus de deux ans). Avec 27 % des logements et deux tiers des &#233;tablissements scolaires et m&#233;dicaux endommag&#233;s ou d&#233;truits, le pays est un champ de ruines. L'effondrement des services publics et de l'&#233;conomie, qui ont plong&#233; pr&#232;s de 80 % de la population dans la pauvret&#233;, sont d'autres causes &#233;videntes de d&#233;placement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit d'un consensus mondial croissant sur le fait que la guerre semble toucher &#224; sa fin, les Syriens continuent de s'exiler pour sauver leur vie. Depuis d&#233;cembre 2019, pr&#232;s d'un million de personnes &lt;i&gt;[80 &lt;/i&gt;%&lt;i&gt; sont des femmes et des enfants]&lt;/i&gt; ont fui la province d'Idlib face aux assauts incessants du r&#233;gime et de la Russie pour reprendre l'enclave rebelle. Peu de possibilit&#233;s de secours leur &#233;taient offertes, car la fronti&#232;re syro-turque est ferm&#233;e. Ces r&#233;fugi&#233;s s'entassent donc dans des camps insalubres ou dorment en plein air. Avec l'inexistence des soins, une &#233;ventuelle propagation du coronavirus parmi les populations d&#233;plac&#233;es pourrait avoir des cons&#233;quences d&#233;vastatrices.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Entre &#171; crise &#187; et arme migratoire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'en Europe, on &#233;voque sans cesse la &#171; &lt;i&gt;crise migratoire&lt;/i&gt; &#187;, seuls 11,6 % des d&#233;plac&#233;s syriens se sont r&#233;fugi&#233;s sur le Vieux Continent. La plupart demeurent dans la r&#233;gion, accueillis en premier lieu dans les pays limitrophes, o&#249; ils sont de plus en plus consid&#233;r&#233;s comme un probl&#232;me. En Turquie, qui accueille plus de 3,6 millions de Syriens sur son sol (plus que tout autre pays), l'incitation au renvoi des immigr&#233;s a constitu&#233; un argument-cl&#233; lors des &#233;lections municipales de 2019. Sur les m&#233;dias sociaux, des campagnes de d&#233;sinformation ont r&#233;pandu la haine et la division, provoquant rassemblements anti-syriens et attaques contre leurs commerces. En juillet dernier, des milliers de r&#233;fugi&#233;s syriens, l&#233;gaux ou ill&#233;gaux, dont des enfants, ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s dans tout le pays &#8211; &#224; Istanbul en particulier, la rafle a &#233;t&#233; massive. Ces exil&#233;s ont &#233;t&#233; contraints de signer des formulaires de rapatriement &#171; volontaire &#187; puis ont &#233;t&#233; expuls&#233;s vers le nord de la Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers mois, la Turquie a utilis&#233; les r&#233;fugi&#233;s comme une arme, arguant du fait que l'Union europ&#233;enne (UE) n'avait pas vers&#233; l'int&#233;gralit&#233; des paiements convenus pour les maintenir sur son territoire. Les autorit&#233;s ont incit&#233; des milliers de personnes &lt;i&gt;[majoritairement des Afghans, mais aussi des Irakiens, des Syriens, des Somaliens, etc.]&lt;/i&gt; &#224; traverser sa fronti&#232;re avec la Gr&#232;ce, les pla&#231;ant dans une situation d'extr&#234;me pr&#233;carit&#233; puisque la fronti&#232;re &#233;tait boucl&#233;e du c&#244;t&#233; grec. Amass&#233;s le long des barbel&#233;s, des r&#233;fugi&#233;s ont &#233;t&#233; maltrait&#233;s par les gardes-fronti&#232;res grecs, asperg&#233;s par des canons &#224; eau et des gaz lacrymog&#232;nes&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 17 mars, Human Rights Watch a m&#234;me d&#233;nonc&#233; des d&#233;nudements, des violences (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. L'UE a multipli&#233; les r&#233;unions d'urgence pour faire face &#224; cette &#171; crise &#187; et envisager de r&#233;pondre aux demandes de la Turquie. C'est la menace de voir s'&#233;chouer sur les c&#244;tes europ&#233;ennes des milliers de cadavres basan&#233;s qui l'a pouss&#233;e &#224; &#171; agir &#187; &#8211; ce que les images quotidiennes d'enfants syriens pris au pi&#232;ge sous les d&#233;combres de leurs maisons d&#233;truites et les cris angoiss&#233;s de leurs parents n'ont jamais r&#233;ussi &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, l'hostilit&#233; grandit envers les r&#233;fugi&#233;s au Liban, o&#249; ils constituent aujourd'hui un tiers de la population, la plupart d'entre eux se trouvant dans une situation pr&#233;caire sans r&#233;sidence l&#233;gale. Un d&#233;cret gouvernemental a donn&#233; la priorit&#233; &#224; l'emploi aux travailleurs libanais, ce qui a conduit au licenciement de nombreux Syriens. Les incitations au racisme se sont multipli&#233;es de la part de politiciens de premier plan qui d&#233;crivent les r&#233;fugi&#233;s comme une menace existentielle pour la stabilit&#233; et la prosp&#233;rit&#233; du Liban et appellent &#224; leur retour en Syrie, arguant que le pays est d&#233;sormais &#171; s&#251;r &#187;. Les camps de r&#233;fugi&#233;s ont fait l'objet de rafles. Mani&#232;re de pousser les Syriens &#224; rentrer chez eux&#8230; Selon Human Rights Watch, au Liban aussi des formulaires de rapatriement &#171; volontaire &#187; ont &#233;t&#233; utilis&#233;s pour mener des expulsions exp&#233;ditives.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le mensonge d'un pays s&#251;r et stable&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que la guerre touche &#224; sa fin et que la Syrie est d&#233;sormais un endroit &#171; s&#251;r &#187; est une petite musique qui monte en puissance &#224; mesure que l'empathie pour les souffrances des Syriens s'amenuise. L'un des principaux promoteurs de ce r&#233;cit est le r&#233;gime lui-m&#234;me. En septembre 2018, le vice-premier ministre Walid Al-Mouallem a d&#233;clar&#233; devant l'Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations unies que la &#171; &lt;i&gt;guerre contre le terrorisme&lt;/i&gt; &#187; &#233;tait &#171; &lt;i&gt;presque termin&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, que la Syrie &#233;tait &#171; &lt;i&gt;devenue plus s&#251;re et plus stable&lt;/i&gt; &#187; et que &#171; &lt;i&gt;les portes &#233;taient ouvertes &#224; tous les r&#233;fugi&#233;s syriens pour qu'ils rentrent volontairement et en toute s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime utilise la question du retour comme un levier par lequel il esp&#232;re obtenir des fonds pour la reconstruction du pays. Mais cet argent sera d&#233;tourn&#233; par le r&#233;gime pour &#171; &lt;i&gt;financer ses atrocit&#233;s, &#339;uvrer pour son propre int&#233;r&#234;t, r&#233;primer ceux qui sont per&#231;us comme des opposants et profiter &#224; ceux qui lui sont fid&#232;les&lt;/i&gt; &#187;, s'alarme Human Rights Watch. En Europe, des groupes d'extr&#234;me droite ont &#233;galement relay&#233; le r&#233;cit du retour post-guerre en toute s&#233;curit&#233;. Apr&#232;s leurs visites &#224; Damas, des politiciens allemands de l'AfD et des militants de la mouvance identitaire ont appel&#233; au rapatriement des r&#233;fugi&#233;s syriens.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sister aux appels au retour&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il faut r&#233;sister &#224; ces appels au retour. D'ores et d&#233;j&#224;, des exil&#233;s sont contraints de rentrer en raison de la pr&#233;carit&#233; et de l'hostilit&#233; qu'ils rencontrent dans les pays d'accueil ; d&#232;s leur arriv&#233;e en Syrie, certains sont enlev&#233;s de force par les services de s&#233;curit&#233;. Le R&#233;seau syrien des droits de l'homme (SNHR) rapporte qu'entre d&#233;but 2014 et ao&#251;t 2019, 1 916 r&#233;fugi&#233;s, dont 219 enfants, ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s &#224; leur retour au pays. Parmi eux, on compte 638 disparus et 15 morts sous la torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la guerre fait toujours rage dans certaines parties du pays et m&#234;me celles qui ne subissent plus de bombardements quotidiens sont loin d'&#234;tre &#171; s&#251;res et stables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre ONG, la Syrian Association for Citizens Dignity, a examin&#233; la situation dans les zones anciennement tenues par l'opposition, mais repass&#233;es sous le contr&#244;le du r&#233;gime apr&#232;s des bombardements aveugles et une guerre de si&#232;ge. Des &#171; accords de r&#233;conciliation &#187; avaient &#233;t&#233; conclus dans la plupart des cas sous les auspices de la Russie : les personnes affili&#233;es &#224; l'opposition se voyaient garantir la protection de leurs droits, pendant au moins six mois, y compris contre la pers&#233;cution, et &#233;taient exempt&#233;es d'enr&#244;lement au sein des forces du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces garanties n'ont pas &#233;t&#233; respect&#233;es. De nombreux jeunes ont &#233;t&#233; incorpor&#233;s de force dans les milices pro-Bachar et envoy&#233;s comme chair &#224; canon sur les lignes de front, o&#249; ils ont &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; se battre contre d'anciens camarades. Les r&#233;fractaires ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, ont disparu ou ont &#233;t&#233; tu&#233;s par les services de s&#233;curit&#233;. Dans le viseur du r&#233;gime : les membres de l'opposition arm&#233;e et politique et leurs familles, les &lt;i&gt;media activists&lt;/i&gt; et les travailleurs humanitaires&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Syrie : arrestations et harc&#232;lement dans les zones reconquises &#187;, Human (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;S'attaquer aux causes profondes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si l'UE consid&#232;re toujours officiellement que la Syrie reste un pays peu s&#251;r pour le retour des r&#233;fugi&#233;s, le climat europ&#233;en se fait de plus en plus d&#233;l&#233;t&#232;re pour ces derniers, comme pour les autres migrants. Les pays de l'Union ont mis en place des contr&#244;les frontaliers plus stricts et des syst&#232;mes de quotas. Ils ont mis fin &#224; leurs op&#233;rations de sauvetage en mer et tendent &#224; criminaliser la solidarit&#233;. Les groupes d'extr&#234;me droite gagnent en puissance, cherchant &#224; diaboliser les migrants comme une menace existentielle pour les Europ&#233;ens (blancs). Il est vital de continuer &#224; r&#233;sister &#224; ces ph&#233;nom&#232;nes afin que ceux qui fuient la guerre, la pers&#233;cution et la pauvret&#233; b&#233;n&#233;ficient d'un refuge et d'un soutien pour reconstruire leur vie d&#232;s leur arriv&#233;e en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que leur nombre reste relativement faible aujourd'hui, les r&#233;fugi&#233;s servent d&#233;j&#224; de pr&#233;texte pour restreindre la libert&#233; d'aller et venir, construire des murs et des fronti&#232;res imp&#233;n&#233;trables, accro&#238;tre les dispositifs s&#233;curitaires de l'&#201;tat et exploiter des divisions fond&#233;es sur la race, la religion ou l'origine nationale. Que se passera-t-il demain lorsque les effets du changement climatique et de l'effondrement &#233;cologique provoqueront de vastes mouvements de population &#224; travers le monde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; doit aussi s'attaquer aux causes profondes. Une pression accrue doit &#234;tre exerc&#233;e sur le r&#233;gime syrien pour qu'il mette fin aux violations syst&#233;matiques des droits humains, notamment les d&#233;tentions arbitraires et le bombardement permanent des populations et des infrastructures civiles. Tous ceux qui ont commis des crimes de guerre doivent &#234;tre mis face &#224; leurs responsabilit&#233;s. Il faut s'opposer aux appels au rapatriement des r&#233;fugi&#233;s, &#224; moins qu'ils ne soient &lt;i&gt;vraiment &lt;/i&gt;volontaires, s&#251;rs et dignes &#8211; et contr&#244;l&#233;s par des acteurs ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un moyen concret de solidarit&#233; est de soutenir les organisations de la soci&#233;t&#233; civile syrienne, qui tentent collectivement de mettre en lumi&#232;re les souffrances de ceux qui ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s de force de leurs maisons. C'est l'objectif de la campagne intitul&#233;e #HalfofSyria&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Page Facebook : @WeAreHalfOfSyria.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, qui documente l'exp&#233;rience du d&#233;placement et les raisons pour lesquelles les Syriens craignent toujours de rentrer chez eux. Car au bout du compte, l'&#233;quation est simple : tant que les gens ne seront pas prot&#233;g&#233;s des massacres dans leur propre pays, ils continueront &#224; chercher la s&#233;curit&#233; &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Leila Al-Shami (co-auteure, avec Robin Yassin-Kassab, du livre &lt;i&gt;Burning country &#8211; Au c&#339;ur de la r&#233;volution syrienne&lt;/i&gt;, L'&#233;chapp&#233;e, 2019). &lt;br class='manualbr' /&gt;Traduction M. L.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://crisismag.net/2019/10/01/syria-refugees-solidarity/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syria, refugees, and solidarity&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Crisismag.net &lt;/i&gt;(01/10/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cette estimation, tous pays d'origine confondus, est tir&#233;e du rapport &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://data2.unhcr.org/en/documents/download/70360&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;101 Facts &amp; Figures on the Syrian Refugee Crisis, volume II&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, American University of Beirut (juillet 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Note de traduction.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Concernant les seuls civils, le R&#233;seau syrien des droits de l'homme (SNHR) attribue au r&#233;gime d'Assad 199 455 morts dont 22 737 enfants, soit plus de 90 % des victimes entre mars 2011 et octobre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 17 mars, Human Rights Watch a m&#234;me d&#233;nonc&#233; des d&#233;nudements, des violences sexuelles et des s&#233;questrations arbitraires commis fin f&#233;vrier et d&#233;but mars par les forces de s&#233;curit&#233; grecques et des &#171; &lt;i&gt;hommes arm&#233;s non identifi&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Des t&#233;moignages &#233;voquent aussi des tirs &#224; balle r&#233;elle, voire des morts (&#171; &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/news/2020/03/17/greece-violence-against-asylum-seekers-border&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Greece : Violence Against Asylum Seekers at Border&lt;/a&gt; &#187;,&lt;i&gt; Hrw.org&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/fr/news/2019/05/21/syrie-arrestations-et-harcelement-dans-les-zones-reconquises&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Syrie : arrestations et harc&#232;lement dans les zones reconquises&lt;/a&gt; &#187;, Human Rights Watch (21/05/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Page Facebook : &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/wearehalfofsyria&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;@WeAreHalfOfSyria&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Coronap&#233;dagogie</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Coronapedagogie</link>
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		<dc:date>2020-04-22T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Jean-Michel Blanquer</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Alors que le gouvernement a sorti la grosse artillerie technologique, beaucoup d'enseignants s'interrogent sur le sens et la possibilit&#233; de l'apprentissage &#224; distance dans un contexte o&#249; la crise sanitaire creuse les injustices sociales et scolaires. D&#232;s la fin du mois de f&#233;vrier, alors que les premiers &#233;tablissements scolaires fermaient leurs portes dans les r&#233;gions les plus pr&#233;cocement touch&#233;es par l'&#233;pid&#233;mie, le ministre de l'&#201;ducation nationale Jean-Michel Blanquer et son adjoint (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Jean-Michel-Blanquer" rel="tag"&gt;Jean-Michel Blanquer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gabriel-Attal" rel="tag"&gt;Gabriel Attal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etablissements-scolaires" rel="tag"&gt;&#233;tablissements scolaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/distance" rel="tag"&gt;distance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Attal-fanfaronnaient" rel="tag"&gt;Attal fanfaronnaient&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/scolaires-fermaient" rel="tag"&gt;scolaires fermaient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Delphine" rel="tag"&gt;Delphine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-institution-scolaire" rel="tag"&gt;l'institution scolaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etablissements" rel="tag"&gt;&#233;tablissements&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que le gouvernement a sorti la grosse artillerie technologique, beaucoup d'enseignants s'interrogent sur le sens et la possibilit&#233; de l'apprentissage &#224; distance dans un contexte o&#249; la crise sanitaire creuse les injustices sociales et scolaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3320 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-1515-d7add.jpg?1768656831' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Martin Barzilai
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la fin du mois de f&#233;vrier, alors que les premiers &#233;tablissements scolaires fermaient leurs portes dans les r&#233;gions les plus pr&#233;cocement touch&#233;es par l'&#233;pid&#233;mie, le ministre de l'&#201;ducation nationale Jean-Michel Blanquer et son adjoint Gabriel Attal fanfaronnaient. Le premier d'affirmer que l'institution scolaire &#171; &lt;i&gt;serait capable de d&#233;clencher de l'enseignement &#224; distance massif si &#231;a devait concerner des territoires entiers&lt;/i&gt; &#187;. Le second de surench&#233;rir sur les capacit&#233;s du &#171; &lt;i&gt;Centre national d'enseignement &#224; distance (Cned) qui travaille depuis un mois &#224; la mise en place de plateformes pour continuer &#224; suivre ses cours &#224; distance&lt;/i&gt; &#187;. Et face aux critiques de la base et des parents surgissant sur les ondes des radios ou les plateaux des jit&#233;s, les &#233;l&#233;ments de langage &#233;taient d&#233;j&#224; bien rod&#233;s pour masquer l'impr&#233;paration r&#233;elle du minist&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Nous allons syst&#233;matiser toutes les solutions innovantes que nous font remonter les enseignants du r&#233;seau d'&#233;ducation prioritaire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gabriel Attal sur France Inter le 18 mars.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delphine*, professeur d'anglais dans un petit coll&#232;ge du centre-ville de Marseille, insiste surtout sur la r&#233;activit&#233; d'une cheffe d'&#233;tablissement et d'une &#233;quipe p&#233;dagogique soud&#233;es depuis plusieurs ann&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s une premi&#232;re semaine un peu chaotique, on s'est r&#233;parti un tour t&#233;l&#233;phonique aupr&#232;s de tous les gamins et leurs parents pour se rendre compte qu'une bonne moiti&#233; d'entre eux n'utilisait pas l'espace num&#233;rique de travail ou ne disposait que d'un smartphone pourri. &#187;&lt;/i&gt; Des tablettes seront finalement d&#233;nich&#233;es dans les stocks du Conseil d&#233;partemental. Fran&#231;ois, professeur de math&#233;matiques dans un lyc&#233;e &#171; accompagn&#233; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s la tr&#232;s contest&#233;e r&#233;forme de l'&#233;ducation prioritaire de Najat (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, envisage avec ses coll&#232;gues de &#171; &lt;i&gt;monter une cagnotte pour payer &#224; certains &#233;l&#232;ves un abonnement &#224; Internet si la fermeture des &#233;tablissements doit durer&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas simple non plus d'organiser la continuit&#233; du service public au sein d'Aix-Marseille Universit&#233; (AMU) o&#249; Kaouther intervient comme enseignante contractuelle dans une licence de sciences humaines. &#171; &lt;i&gt;Beaucoup de professeurs passent l'essentiel de leur temps &#224; faire du secr&#233;tariat ou du d&#233;pannage informatique ! AMU a d&#251; acheter en urgence 250 ordinateurs portables pour &#233;quiper ses agents administratifs.&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me probl&#233;matique pour Delphine, qui doit &#171; &lt;i&gt;r&#233;pondre &#224; une avalanche de mails ou de SMS pour r&#233;soudre des probl&#232;mes li&#233;s &#224; des conversions de formats de fichiers, connexions qui sautent, identifiants invalides, vid&#233;os qui plantent&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'enseignement secondaire comme dans le sup&#233;rieur, ces femmes et hommes d'exp&#233;rience pl&#233;biscitent la dimension physique et humaine de la relation p&#233;dagogique. Fran&#231;ois ne voit pas comment faire &#224; distance tout son habituel boulot de remotivation, d'explication &#224; l'aide de multiples dessins et sch&#233;mas au tableau pour &#233;viter que les plus fragiles ne s'enfoncent : &#171; &lt;i&gt;Dans une classe, j'ai r&#233;cup&#233;r&#233; huit devoirs sur un effectif de trente &#233;l&#232;ves.&lt;/i&gt; &#187; Delphine, elle, parle de ces &#171; &lt;i&gt;profs un peu &#224; l'ancienne qui utilisent la menace du z&#233;ro&lt;/i&gt; &#187;, avant de poursuivre sur la n&#233;cessit&#233; du &#171; &lt;i&gt;suivi social qui s'effectue en permanence lorsque les &#233;l&#232;ves sont pr&#233;sents dans les &#233;tablissements scolaires avec les enseignants, les conseillers principaux d'&#233;ducation, les assistants &#233;ducatifs, les professionnels du travail sanitaire et social&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Kaouther pense &#224; cette &#233;tudiante qui se connecte en visioconf&#233;rence depuis un lieu ressemblant fortement &#224; un garage, &#224; cette autre qui, envelopp&#233;e dans une couverture, essaye de suivre le cours depuis son balcon battu par le mistral. Pour l'instant et sans les ignorer, le nouveau pr&#233;sident de l'universit&#233; a renvoy&#233; le traitement des questions sociales aggrav&#233;es par la crise sanitaire aux structures d&#233;di&#233;es du Crous ou du D&#233;partement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein d'AMU, plusieurs enseignants ont lanc&#233; un appel&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'urgence est maintenant de travailler ensemble &#187;, consultable sur le site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#224; construire des r&#233;ponses &#171; &lt;i&gt;collectivement&lt;/i&gt; &#187;, plut&#244;t que de se contenter de poster, chacun dans son coin, des &#171; &lt;i&gt;contenus&lt;/i&gt; &#187; sur des interfaces num&#233;riques. Une voie/voix pour se pr&#233;parer d&#232;s maintenant &#224; l'apr&#232;s-crise en mettant &#171; &#224; distance &#187; les sombres pr&#233;dictions du philosophe italien Giorgio Agamben&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans Le Monde du 28 mars.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; ? &#171; &lt;i&gt;Tout comme les guerres ont laiss&#233; en h&#233;ritage &#224; la paix une s&#233;rie de technologies n&#233;fastes, il est bien probable que l'on cherchera &#224; continuer apr&#232;s la fin de l'urgence sanitaire les exp&#233;riences que les gouvernements n'avaient pas encore r&#233;ussi &#224; r&#233;aliser : que l'on ferme les universit&#233;s et que les cours se fassent en ligne, que l'on cesse une fois pour toutes de se r&#233;unir pour parler des questions politiques et culturelles et qu'on &#233;change uniquement des messages digitaux, et que partout il soit possible que les machines remplacent tout contact, toute contagion, entre les humains.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Gabriel Attal sur France Inter le 18 mars.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Apr&#232;s la tr&#232;s contest&#233;e r&#233;forme de l'&#233;ducation prioritaire de Najat Vallaud-Belkacem en 2014, beaucoup d'&#233;tablissements ont perdu leur classement en Zep/Rep et les moyens suppl&#233;mentaires qui allaient avec.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://academia.hypotheses.org/21412&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'urgence est maintenant de travailler ensemble&lt;/a&gt; &#187;, consultable sur le site &lt;i&gt;fr.hypotheses.org&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 28 mars.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Confin&#233; dehors</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Confine-dehors</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Confine-dehors</guid>
		<dc:date>2020-04-20T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pablo Chignard</dc:creator>


		<dc:subject>Pablo Chignard</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>pays</dc:subject>
		<dc:subject>Waku Mo&#239;se</dc:subject>
		<dc:subject>Mo&#239;se</dc:subject>
		<dc:subject>Waku</dc:subject>
		<dc:subject>Mo&#239;se tenait</dc:subject>
		<dc:subject>n'ai</dc:subject>
		<dc:subject>Rencontre africaine</dc:subject>
		<dc:subject>Mo&#239;se tombe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce 24 mars &#224; Grenoble, Waku Mo&#239;se est assis seul le long d'un petit parking &#224; c&#244;t&#233; du parc Paul-Mistral. Sur le muret, il fait s&#233;cher une poign&#233;e de v&#234;tements au soleil. &#171; Mets ton v&#233;lo l&#224;, c'est plus discret, les flics passent souvent sur le boulevard l&#224;-bas. &#187; Accroupi, on &#233;coute la voix suave de ce S&#233;n&#233;galais de 43 ans raconter son quotidien. Lui qui passe ses journ&#233;es dehors et ses nuits au c&#339;ur du parc, ou dans un centre d'h&#233;bergement. Au S&#233;n&#233;gal, Waku Mo&#239;se tenait un restaurant &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Pablo-Chignard-313" rel="tag"&gt;Pablo Chignard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Waku-Moise" rel="tag"&gt;Waku Mo&#239;se&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Moise" rel="tag"&gt;Mo&#239;se&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Waku" rel="tag"&gt;Waku&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Moise-tenait" rel="tag"&gt;Mo&#239;se tenait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/n-ai" rel="tag"&gt;n'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rencontre-africaine" rel="tag"&gt;Rencontre africaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Moise-tombe" rel="tag"&gt;Mo&#239;se tombe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce 24 mars &#224; Grenoble, Waku Mo&#239;se est assis seul le long d'un petit parking &#224; c&#244;t&#233; du parc Paul-Mistral. Sur le muret, il fait s&#233;cher une poign&#233;e de v&#234;tements au soleil. &#171; &lt;i&gt;Mets ton v&#233;lo l&#224;, c'est plus discret, les flics passent souvent sur le boulevard l&#224;-bas.&lt;/i&gt; &#187; Accroupi, on &#233;coute la voix suave de ce S&#233;n&#233;galais de 43 ans raconter son quotidien. Lui qui passe ses journ&#233;es dehors et ses nuits au c&#339;ur du parc, ou dans un centre d'h&#233;bergement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3321 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-1516-a4b78.jpg?1768700160' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Pablo Chignard
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au S&#233;n&#233;gal, Waku Mo&#239;se tenait un restaurant &#224; Oussouye, dans le sud du pays : &#171; &lt;i&gt;Il figurait dans le&lt;/i&gt; Guide du routard &#187;, raconte-t-il fi&#232;rement. &#171; &lt;i&gt;J'ai un dipl&#244;me h&#244;telier, je peux te faire un b&#339;uf bourguignon si tu veux&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; En 2014, le cuisinier quitte son pays natal et rejoint sa famille &#224; Corbeil-Essonnes o&#249; son p&#232;re, militant au Raddho (Rencontre africaine pour la d&#233;fense des droits de l'Homme), a obtenu le statut de r&#233;fugi&#233; politique. Plus tard, Waku Mo&#239;se tombe amoureux, se marie et s'installe en Is&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Je travaillais comme auxiliaire de vie &#224; Saint-Marcellin dans un foyer pour handicap&#233;s, puis &#224; Roybon. On s'est s&#233;par&#233;s avec ma femme, alors je suis venu &#224; Grenoble en esp&#233;rant trouver le m&#234;me travail. Mais &#231;a n'a pas march&#233; et &#231;a fait dix mois que je vis &#224; la rue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Waku Mo&#239;se fait le tour des agences d'int&#233;rim et d&#233;croche quelques journ&#233;es de boulot, au centre de tri des d&#233;chets de l'agglom&#233;ration. &#171; &lt;i&gt;Je serais encore en train de travailler s'il n'y avait pas eu le coronavirus. Le centre de tri s'est s&#233;par&#233; des int&#233;rimaires, dont moi, et d'une partie des salari&#233;s, deux jours avant le confinement. Je n'ai plus de travail depuis. Je n'ai pas le droit au ch&#244;mage. Je vais &#234;tre pay&#233; le 12 avril, j'ai fait quatre jours d'int&#233;rim, alors vu que les Restaurants du c&#339;ur sont ferm&#233;s, je bricole comme je peux.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses affaires sont &#233;parpill&#233;es chez des amis &#224; droite &#224; gauche. De temps en temps, il va y faire sa lessive. Ces m&#234;mes amis lui apportent &#224; manger et lui t&#233;l&#233;phonent mais, explique-t-il, &#171; &lt;i&gt;je ne dors plus chez eux, je n'ai pas envie d'&#234;tre une personne &#224; charge avec ce virus, je pr&#233;f&#232;re avoir mon autonomie&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je sens la froideur des gens, il y a de la m&#233;fiance &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Waku Mo&#239;se passe son temps dehors, le plus souvent dans le parc Paul-Mistral ou &#224; proximit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Les flics mettent quand m&#234;me la pression, je ne me sens pas tranquille en &#233;tant dehors. Ils viennent trois ou quatre fois par jour mais Dieu merci, ils ne m'ont mis aucune amende, ils semblent comprendre ma situation.&lt;/i&gt; &#187; Certaines nuits, il arrive &#224; se loger dans un centre d'h&#233;bergement : &#171; &lt;i&gt;Aux alg&#233;cos, &#224; c&#244;t&#233; de l'h&#244;tel de police. L&#224;-bas, il y a des toilettes communes et on se lave dehors. Faut partir entre 8 h et 8 h&lt;/i&gt; &lt;i&gt;30. On est trois ou quatre par chambre&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : mais qu'est-ce qu'on combat exactement&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Peut-&#234;tre que je suis un danger et porteur, peut-&#234;tre que ce sont les autres. Il faut des mesures idoines, chacun dans sa chambre ; mais ils ne veulent pas mettre les moyens pour nous qui sommes &#224; la rue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux hommes au loin s'approchent puis bifurquent. &#171; &lt;i&gt;H&#233;, venez me dire bonjour&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! C'est pas un flic. H&#233; les compatriotes&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Ok vous voulez pas, vive la Guin&#233;e-Conakry&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; s'exclame Waku Mo&#239;se. Les compatriotes, ce sont tous les Africains subsahariens, surtout des Guin&#233;ens en demande d'asile avec qui il tra&#238;ne dans le parc, les rares personnes qui lui parlent encore. &#171; &lt;i&gt;Je sens la froideur des gens, ils sont de plus en plus &#233;loign&#233;s les uns des autres, ils se demandent qui est porteur et qui ne l'est pas, il y a de la m&#233;fiance. Les humains s'&#233;loignent de plus en plus depuis que le confinement a &#233;t&#233; mis en place. Plus personne ne me parle... Ah si, sauf cette dame l'autre jour qui est venue nous demander si on avait besoin de quelque chose, elle nous a donn&#233; cinq euros.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le parking, des joggeurs joggent, des trottinettes trottent, des vieux marchent, en silence. Waku Mo&#239;se tire sur son cigare et avale quelques gorg&#233;es de bi&#232;re. Les sir&#232;nes des flics retentissent. &#171; &lt;i&gt;Grenoble est une ville pleine d'activit&#233;, l&#224; c'est devenu une ville fant&#244;me, on dirait qu'il y a eu une guerre m&#234;me s'il n'y a pas de ruines, c'est triste. &#199;a craint, les lois et les d&#233;cisions qui sont prises se corsent, on est dans une guerre froide.&lt;/i&gt; &#187; Na&#239;vement, on lui demande comment il s'informe : &#171; &lt;i&gt;Avec les journaux que je ramasse, la t&#233;l&#233; quand je passe chez des amis, par le bouche-&#224;-oreille et en consultant Internet quand j'ai un peu de cr&#233;dit.&lt;/i&gt; &#187; Coup&#233; des gens mais pas du monde.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; J'ai une recette &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Waku Mo&#239;se s'y conna&#238;t en maladie infectieuse, lui qui dit avoir attrap&#233; dix fois le paludisme au pays. &#171; &lt;i&gt;En Afrique, cette maladie a rapport&#233; beaucoup d'argent aux industries pharmaceutiques, qui sont des entreprises occidentales &#233;videmment...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le Covid-19, qu'est-ce qu'on pourrait faire pour s'en soigner ? Lui a le rem&#232;de : &#171; &lt;i&gt;&#201;tant un petit peu traditionaliste, je crois pouvoir soigner les gens de ce virus. C'est une petite grippe compar&#233;e au paludisme&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon l'Organisation mondiale de la sant&#233;, plus de 400 000 personnes sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. J'ai une recette, j'en ai pr&#233;par&#233; et j'en ai pris. Dedans il y a de la myrrhe. C'est un arbre qui pousse en Afrique, avec ses graines on fait des huiles et &#231;a sert aussi contre la toux et la fi&#232;vre.&lt;/i&gt; &#187; D'un air malicieux, Waku Mo&#239;se conclut : &#171; &lt;i&gt;Tu rajoutes du citron et un autre ingr&#233;dient... que je ne vais pas te r&#233;v&#233;ler !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte et photo Pablo Chignard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon l'Organisation mondiale de la sant&#233;, plus de 400 000 personnes sont mortes du paludisme en 2018, pour la plupart en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au sommaire du n&#176;186</title>
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		<description>
&lt;p&gt;En couverture : &#171; Nous sommes en guerre... sociale &#187; (illustr&#233; par L.L. de Mars). Au menu : quelques implications politiques et sociales de la crise sanitaire, et un dossier pour ne pas oublier les migrants. En ces temps de crise sanitaire, les articles de l'actualit&#233; la plus mouvante seront mis en ligne dans les prochains jours. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement. Pendant tout le mois d'avril, le journal papier sera disponible chez de nombreux marchands de journaux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une3_cabrule" rel="tag"&gt;une3_cabrule&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sommaire" rel="tag"&gt;Sommaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/une_focus" rel="tag"&gt;une_focus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baptiste-Alchourroun" rel="tag"&gt;Baptiste Alchourroun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tommy" rel="tag"&gt;Tommy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tessa-Kraan" rel="tag"&gt;Tessa Kraan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rezon" rel="tag"&gt;Rezon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/sanitaire" rel="tag"&gt;sanitaire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/possibilite" rel="tag"&gt;possibilit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton3084-717c4.jpg?1768762275' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En couverture : &#171; Nous sommes en guerre... sociale &#187; (illustr&#233; par L.L. de Mars). Au menu : quelques implications politiques et sociales de la crise sanitaire, et un dossier pour ne pas oublier les migrants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;En ces temps de crise sanitaire, les articles de l'actualit&#233; la plus mouvante seront mis en ligne &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020'&gt;dans les prochains jours&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement. Pendant tout le mois d'avril, le journal papier sera disponible chez de nombreux &lt;a href=&#034;http://web2store.mlp.fr/produit.aspx?edi_code=H0o7caSytkE%3d&amp;tit_code=UCrTkuIne3o%3d&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;marchands de journaux restant ouverts&lt;/a&gt; pendant le confinement. Exceptionnellement, vous pouvez aussi vous procurer le journal &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-en-PDF-a-prix-libre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;en version num&#233;rique&lt;/a&gt; (format PDF). Pour recevoir les num&#233;ros suivants &#224; la maison, il y a aussi la possibilit&#233; de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;s'abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Virus partout, justice sociale nulle part&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;La Macronie confine le droit du travail&lt;/strong&gt; &#8211; Sous pr&#233;texte de guerre &#233;conomique en temps d'&#233;pid&#233;mie, le gouvernement a port&#233; un coup violent au droit du travail. Semaine de 60 heures, journ&#233;es de 12 heures, moins de temps de repos, possibilit&#233; pour l'employeur d'imposer les dates de cong&#233;s... Ces mesures exposent encore plus les salari&#233;s au virus et menacent d'entrer un jour dans le droit commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Soignantes et soignants : une arm&#233;e sans munitions&lt;/strong&gt; &#8211; Il ne faudrait pas que les applaudissements qu'on leur doit couvrent la parole des soignant&#183;es. T&#233;moignages d'une rage encore contenue.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3314 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L457xH400/-1510-f4404.jpg?1768649564' width='457' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Rezon
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Justice confin&#233;e : &#171; Les principes protecteurs des personnes inculp&#233;es sont violent&#233;s &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; L'&#233;tat d'urgence sanitaire a laiss&#233; les mains libres au gouvernement pour l&#233;gif&#233;rer par ordonnances. En premi&#232;re ligne, le syst&#232;me judiciaire. Si la majorit&#233; des proc&#232;s a &#233;t&#233; report&#233;e, certaines r&#232;gles ont chang&#233; pour ceux qui continuent &#224; se tenir. Rapha&#235;l Kempf, avocat au barreau de Paris et auteur du livre &lt;i&gt;Ennemis d'&#201;tat : les lois sc&#233;l&#233;rates, des anarchistes aux terroristes&lt;/i&gt;, pointe plusieurs dangers de ce nouvel &#233;tat d'exception. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Face au Covid-19 en prison : amnistie g&#233;n&#233;rale !&lt;/strong&gt; &#8211; Puisque que les prisons sont un miroir de nos soci&#233;t&#233;s et qu'elles endurent actuellement une terrible crise sanitaire et sociale, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a d&#233;cid&#233; de laisser carte blanche &#224; &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt;, journal anti-carc&#233;ral et abolitionniste, pour une double page d'analyses et de t&#233;moignages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; Deux menaces p&#232;sent sur les quartiers : le coronavirus et la police &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Le 10 mars dernier, le collectif Urgence notre police assassine lan&#231;ait une application permettant de filmer les interventions des forces de l'ordre sans que celles-ci puissent effacer les images. Le but ? Disposer de preuves opposables &#224; la justice en cas de violences polici&#232;res. Un outil d'autant plus pr&#233;cieux que depuis le d&#233;but du confinement, les exactions se multiplient dans les quartiers populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Crise sanitaire au f&#233;minin&lt;/strong&gt; &#8211; Augmentation des faits de violence conjugale, acc&#232;s &#224; l'IVG en p&#233;ril, prostitu&#233;es sur la paille... Pour de nombreuses femmes, les effets de la crise sanitaire se font particuli&#232;rement sentir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3315 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH514/-1511-de906.jpg?1768734077' width='400' height='514' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Tommy
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Du fric pour la recherche publique !&lt;/strong&gt; &#8211; Le 5 mars, les universit&#233;s vivaient une journ&#233;e de mobilisation nationale. L'id&#233;e ? Intensifier la lutte contre la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Mais une semaine plus tard, coronavirus : la fermeture des facs met forc&#233;ment un coup d'arr&#234;t au mouvement. Pour autant, le monde universitaire ne baisse pas la garde, car les bouff&#233;es n&#233;olib&#233;rales du gouvernement risquent bien de survivre &#224; la crise sanitaire. Point de situation, avec le Covid-19 comme agent r&#233;v&#233;lateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Coronap&#233;dagogie&lt;/strong&gt; &#8211; Alors que le gouvernement a sorti la grosse artillerie technologique, beaucoup d'enseignants s'interrogent sur le sens et la possibilit&#233; de l'apprentissage &#224; distance dans un contexte o&#249; la crise sanitaire creuse les injustices sociales et scolaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Confin&#233; dehors&lt;/strong&gt; &#8211; Ce 24 mars &#224; Grenoble, Waku Mo&#239;se est assis seul le long d'un petit parking &#224; c&#244;t&#233; du parc Paul-Mistral. Accroupi, on &#233;coute la voix suave de ce S&#233;n&#233;galais de 43 ans raconter son quotidien. Lui qui passe ses journ&#233;es dehors et ses nuits au c&#339;ur du parc, ou dans un centre d'h&#233;bergement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;La peste &#224; Marseille : &#171; Pendant l'&#233;pid&#233;mie, les barri&#232;res sociales se sont maintenues &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Entre 1720 et 1722, la peste tue pr&#232;s de la moiti&#233; des habitants de Marseille. &#192; l'&#233;poque d&#233;j&#224;, les autorit&#233;s ont recours &#224; la tactique du confinement, d&#233;veloppant au passage des outils de police et de r&#233;pression qui survivront pour partie &#224; l'&#233;pid&#233;mie...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : &#171; Migrants : des barbel&#233;s et quelques mains tendues &#187;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_3310 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;69&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1507-6e94f.jpg?1768683451' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jungle autour du camp de M&#243;ria, Lesbos, novembre 2019 / Tessa Kraan
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;En pleine crise sanitaire, ne pas oublier les migrant&#183;es&lt;/strong&gt; &#8211; Une &#233;pid&#233;mie de x&#233;nophobie et d'indiff&#233;rence frappe les exil&#233;&#183;es depuis longtemps. Et voici maintenant le Covid-19...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;R&#233;fugi&#233;s syriens : non, il n'est pas encore temps de rentrer&lt;/strong&gt; &#8211; Neuf ans apr&#232;s le d&#233;but de la guerre en Syrie, on estime &#224; plus de 6,6 millions le nombre de personnes d&#233;plac&#233;es &#224; l'int&#233;rieur du pays et &#224; 5,6 millions celui des r&#233;fugi&#233;s syriens dans le monde. Autant d'exil&#233;s que d'aucuns aimeraient voir retourner dans leur foyer&#8230; L'activiste syro-britannique Leila al-Shami alerte ici sur le danger de la politique du retour dans un pays o&#249; la r&#233;pression et la brutalit&#233; du r&#233;gime n'ont jamais cess&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;En mer &#201;g&#233;e : &#171; Le bateau a un trou mais les gardes-c&#244;tes ne nous aident pas &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Les gardes-c&#244;tes grecs ont pour mission de porter secours aux embarcations en d&#233;tresse, quels qu'en soient les passagers. D&#233;but mars, ils ont fait l'inverse : tentatives de chavirage, vols de moteurs, remorquages jusqu'aux eaux turques, tirs &#224; balle r&#233;elle... Alors qu'elles pr&#234;taient assistance t&#233;l&#233;phonique &#224; des exil&#233;&#183;es en pleine travers&#233;e, des militantes d'Alarm Phone ont &#233;t&#233; t&#233;moins, &#224; distance, d'exactions d'une ampleur in&#233;dite. Elles racontent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Lesbos : une tra&#238;n&#233;e de poudre qui n'en finit pas&lt;/strong&gt; &#8211; Actes de haine, incendies criminels, refoulement de bateaux vers la Turquie, enfermement arbitraire et brutalit&#233; aveugle : ces derni&#232;res semaines, les &#233;v&#233;nements dramatiques se sont succ&#233;d&#233; &#224; une vitesse folle du c&#244;t&#233; de l'&#238;le de Lesbos. Une forme exacerb&#233;e du rejet syst&#233;mique et de la violence que vivent, chaque jour, les exil&#233;&#183;es cherchant asile en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Auvergne : le &#171; maire &#224; migrants &#187; qui h&#233;risse les fachos&lt;/strong&gt; &#8211; Pessat-Villeneuve, c'est un tout petit bled &#224; c&#244;t&#233; de Clermont-Ferrand. 600 p&#233;kins et des brouettes. Pour ligne d'horizon, z&#233;ro commerce et une torpeur r&#233;sidentielle marqu&#233;e. Mais ce relatif d&#233;sert rec&#232;le une surprise : dans le parc du ch&#226;teau qui abrite la mairie, une soixantaine de demandeurs d'asile sont log&#233;s dans des pavillons par volont&#233; du maire, G&#233;rard Dubois. Lequel ne se fait pas que des amis... Reportage d'avant confinement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Squat Bugatti : chronique d'un d&#233;sastre sanitaire annonc&#233;&lt;/strong&gt; &#8211; Vivre &#224; 200 en squat, avec une cuisine, deux &#233;viers, trois douches et quelques toilettes, &#231;a se passe comment ? Mal. Par temps de contagion et de confinement, c'est encore pire. &#192; Bugatti, squat de l'agglom&#233;ration strasbourgeoise accueillant une majorit&#233; d'exil&#233;&#183;es, au moins quatorze habitant&#183;es ont &#233;t&#233; atteint&#183;es par le coronavirus&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_3313 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L487xH400/-1509-d8b9b.jpg?1768734077' width='487' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Contre l'inflation technologique : &#171; Arr&#234;ter de nourrir la b&#234;te qui nous d&#233;vore &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Avec sa r&#233;cente &lt;i&gt;Histoire politique de la roue&lt;/i&gt;, le journaliste et &#233;crivain Rapha&#235;l Meltz &#233;branle joliment le dogme du progr&#232;s &#224; tout prix. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;dito : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Deux-virus-pour-le-prix-d-un' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Deux virus pour le prix d'un&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le ! : &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-devins-de-Marseille' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les devins de Marseille&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;Les bonnes nouvelles du mois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Horoscope&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;Abonnement&lt;/strong&gt; (&lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;) / &lt;strong&gt;Mots crois&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3307 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;58&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH255/-1504-899c6.jpg?1768734077' width='180' height='255' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;186 de CQFD, illustr&#233;e par L.L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Le num&#233;ro 186 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;en kiosque&lt;/a&gt; du 3 au 29 avril.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Ce num&#233;ro est disponible chez plus de 2 000 marchands de journaux toujours ouverts partout en France. Pour retrouver les points de vente pr&#232;s de chez vous, &lt;a href=&#034;http://web2store.mlp.fr/produit.aspx?edi_code=H0o7caSytkE%3d&amp;tit_code=UCrTkuIne3o%3d&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cliquez ici&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Exceptionnellement, vous pouvez aussi vous procurer ce num&#233;ro &#224; prix libre &lt;a href='https://cqfd-journal.org/CQFD-en-PDF-a-prix-libre' class=&#034;spip_in&#034;&gt;en version num&#233;rique&lt;/a&gt; (format PDF).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Pour recevoir les prochains num&#233;ros dans votre bo&#238;te aux lettres, vous avez &#233;galement la possibilit&#233; de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class='spip_document_3311 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://cqfd-journal.org/IMG/pdf/-20.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 532.4 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1768649032' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;186 de CQFD en PDF
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Contre l'inflation technologique : &#171; Arr&#234;ter de nourrir la b&#234;te qui nous d&#233;vore &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Contre-l-inflation-technologique</link>
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		<dc:date>2020-04-18T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Avec son Histoire politique de la roue, le journaliste Rapha&#235;l Metz &#233;branle joliment le dogme du progr&#232;s &#224; tout prix. Entretien. Depuis le d&#233;but du confinement de masse, il y a de toute &#233;vidence quelque chose d'inattendu qui flotte dans l'air. Pas simplement un virus et une propension &#224; se moucher du coude, mais &#233;galement une petite musique de remise en cause de l'existant. Comme si soudain quelques-un(e)s ouvraient les yeux. Avec cette question en bandouli&#232;re, corollaire de la grave crise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baptiste-Alchourroun" rel="tag"&gt;Baptiste Alchourroun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/temps" rel="tag"&gt;temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Parce" rel="tag"&gt;Parce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/notamment" rel="tag"&gt;notamment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/roue" rel="tag"&gt;roue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Azteques" rel="tag"&gt;Azt&#232;ques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/question" rel="tag"&gt;question&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/roue-parce" rel="tag"&gt;roue parce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/progres" rel="tag"&gt;progr&#232;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec son &lt;i&gt;Histoire politique de la roue&lt;/i&gt;, le journaliste Rapha&#235;l Metz &#233;branle joliment le dogme du progr&#232;s &#224; tout prix. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3323 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH329/-1517-50e92.jpg?1768658247' width='400' height='329' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but du confinement de masse, il y a de toute &#233;vidence quelque chose d'inattendu qui flotte dans l'air. Pas simplement un virus et une propension &#224; se moucher du coude, mais &#233;galement une petite musique de remise en cause de l'existant. Comme si soudain quelques-un(e)s ouvraient les yeux. Avec cette question en bandouli&#232;re, corollaire de la grave crise sanitaire dans laquelle on clapote et du ralentissement &#224; tous crins : le &#171; progr&#232;s &#187; technologique et son cort&#232;ge d'acc&#233;l&#233;rations et d'ali&#233;nations sont-ils souhaitables ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, le dernier ouvrage en date de Rapha&#235;l Meltz, en son temps fondateur de feu le journal &lt;i&gt;Le Tigre&lt;/i&gt; et auteur de quelques romans fort conseill&#233;s, apporte son lot de pistes de r&#233;flexion. Intitul&#233; &lt;i&gt;Histoire politique de la roue&lt;/i&gt; (&#233;d. Librairie Vuibert), cet essai interroge avec brio les pr&#233;suppos&#233;s de notre civilisation occidentale, notamment en mati&#232;re de progr&#232;s technique. Focalis&#233; sur la question de la roue, objet &#224; la fois omnipr&#233;sent et totalement impens&#233;, il permet de d&#233;centrer l'analyse et d'envisager un rapport au monde compl&#232;tement renouvel&#233;. Entretien sans masque.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi s'&#234;tre lanc&#233; dans ce projet ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y avait d'abord cette interrogation basique : d'o&#249; vient la roue ? C'est un objet &#224; la fois extr&#234;mement banal et tr&#232;s peu interrog&#233;. Je le dis en introduction : dans le catalogue de la Biblioth&#232;que nationale de France, on voit que dans les derni&#232;res ann&#233;es 374 ouvrages sur Nicolas Sarkozy ont &#233;t&#233; publi&#233;s, alors qu'il n'y en a pas eu un seul sp&#233;cifiquement consacr&#233; &#224; la roue &#8211; constat troublant... Quand j'ai commenc&#233; les recherches, j'ai d'abord &#233;t&#233; confront&#233; &#224; des consid&#233;rations tr&#232;s techniques, pr&#233;sentes dans le livre, mais je me suis rendu compte que ce qui est v&#233;ritablement fascinant, en fait, c'est ce que la roue raconte de l'histoire de l'humanit&#233;. Par son interm&#233;diaire, on peut interroger la question du mouvement, du progr&#232;s &#224; tout prix. Une probl&#233;matique d'autant plus parlante pour moi que je connais bien le Mexique, pays de plusieurs des grandes civilisations pr&#233;colombiennes. Or il faut savoir que ces civilisations ont dans un certain sens &lt;i&gt;refus&#233;&lt;/i&gt; d'inventer la roue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu abordes cette histoire sous un biais farouchement politique...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si la premi&#232;re partie du livre n'est pas d&#233;nu&#233;e d'interrogations politiques, notamment en ce qui concerne la mani&#232;re dont l'histoire occidentale veut toujours sacrer un inventeur pr&#233;cis sur lequel broder un r&#233;cit, ce qui est impossible dans le cas de la roue (on sait juste qu'entre 4 000 et 3 000 avant notre &#232;re on trouve des roues dans plusieurs civilisations, notamment la puissante Sumer, en M&#233;sopotamie), cette dimension est en effet au c&#339;ur de la deuxi&#232;me partie, &#8220;Un monde sans roue&#8221;. J'y interroge notamment l'absence de v&#233;hicules &#224; roues dans l'Am&#233;rique pr&#233;colombienne. Il se trouve que dans des zones correspondant au Mexique et &#224; l'Am&#233;rique centrale actuels, le principe en &#233;tait connu. D&#232;s 1880, un explorateur, D&#233;sir&#233; Charnay, d&#233;couvre dans un cimeti&#232;re des jouets pour enfants dot&#233;s de roues. Et depuis on a trouv&#233; des dizaines d'exemples, dans des lieux diff&#233;rents, de ce genre de petits v&#233;hicules &#224; roulettes. Sauf que ladite roue n'&#233;tait pas utilis&#233;e dans la vie quotidienne, le commerce ou la guerre. Cette &#233;nigme incroyable a suscit&#233; de nombreuses r&#233;flexions : la plupart du temps les historiens cherchent une r&#233;ponse technique, d&#233;terministe, pour justifier ce qui appara&#238;t comme un manque. L'explication la plus connue, notamment parce que c'est celle qu'a propos&#233;e le scientifique am&#233;ricain Jared Diamond, est que les peuples am&#233;ricains n'utilisaient pas la roue parce qu'ils n'avaient pas d'animaux de trait &#8211; ni chevaux ni b&#339;ufs. Un raisonnement idiot, puisqu'on peut tr&#232;s bien utiliser la roue sans animaux, via une brouette ou un chariot &#224; bras. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle explication proposes-tu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour comprendre ce qui se joue, il faut se d&#233;centrer de la vision occidentale, qui s'est impos&#233;e d&#232;s le XVI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et la conqu&#234;te du Mexique par Hern&#225;n Cort&#233;s. On voit alors les Azt&#232;ques comme un peuple attard&#233; parce qu'il ne poss&#232;de ni la roue ni le fer. Le r&#233;cit occidental a longtemps &#233;t&#233; celui des conquistadors, vus comme des aventuriers malins et courageux. Or ce qui est le plus notable chez Cort&#233;s et ses hommes, c'est surtout leur veulerie et leur avidit&#233;. Les Azt&#232;ques, qui n'&#233;taient &#233;videmment pas exempts de d&#233;fauts (notamment cette d&#233;sagr&#233;able habitude consistant &#224; se faire des soupes avec les restes de leurs ennemis vaincus...), n'avaient par contre pas le culte de la richesse. Quand l'empereur Moctezuma re&#231;oit Cort&#233;s dans son palais, il lui explique qu'il n'a pas beaucoup d'or mais qu'il veut bien le partager : &#8220;&lt;i&gt;Tout ce que j'ai est &#224; vous, si vous le souhaitez.&lt;/i&gt;&#8221; Et c'est pour cette raison que les Azt&#232;ques finissent par &#234;tre &#233;cras&#233;s : ils ont du mal &#224; comprendre que les autres sont des ennemis. Alors que les Espagnols sont obs&#233;d&#233;s par l'or, leur qu&#234;te absolue, au point de fantasmer un immense tr&#233;sor qui ne sera jamais trouv&#233;, et de torturer le dernier empereur azt&#232;que, Cuauht&#233;moc, pour lui faire avouer o&#249; il a cach&#233; l'or qu'en r&#233;alit&#233; il n'a pas. Car l'or, pour les Azt&#232;ques, ce n'est pas tant la richesse que la beaut&#233;. J'avais d&#233;j&#224; &#233;crit sur cette th&#233;matique dans mon dernier roman, &lt;i&gt;Jeu nouveau&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Tripode, 2018.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment cette histoire a-t-elle ensuite &#233;t&#233; racont&#233;e par les Mexicains eux-m&#234;mes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est toute l'ambigu&#239;t&#233; de la nation mexicaine. Elle a du mal &#224; se d&#233;faire de cette vision des Azt&#232;ques comme civilisation ayant p&#226;ti de ses manques technologiques. En 1968, au moment des Jeux olympiques de Mexico, le gouvernement mexicain publie une brochure pour faire conna&#238;tre l'histoire de son pays aux visiteurs. Il y est &#233;crit : &#8220;&lt;i&gt;En d&#233;pit de leurs splendides &#233;difices, de leurs math&#233;matiques complexes et de leur pass&#233; mill&#233;naire, les peuples pr&#233;colombiens ne parvinrent pas &#224; surmonter les obstacles cr&#233;&#233;s par leur retard technologique : ignorance de la roue, manque de b&#234;tes de somme et insuffisance des techniques m&#233;tallurgiques.&lt;/i&gt;&#8221; C'est ce qui m'int&#233;resse : pourquoi ce &#8220;en d&#233;pit&#8221; ? Pourquoi lire les choses dans ce sens-l&#224; ? La v&#233;rit&#233;, c'est que la roue ne manque pas aux Azt&#232;ques. Qu'ils s'en passent tr&#232;s bien. Je raconte dans le livre que si la conqu&#234;te s'&#233;tait jou&#233;e par le biais d'un concours agricole, les Azt&#232;ques l'auraient largement emport&#233;, gr&#226;ce &#224; leurs c&#233;l&#232;bres jardins flottants, les &lt;i&gt;chinampas&lt;/i&gt;, aussi productifs que notre agriculture intensive contemporaine, bourr&#233;e d'engrais et de pesticides. &#192; l'&#233;poque, en 1519, l'agriculture europ&#233;enne est totalement sous-d&#233;velopp&#233;e, notamment &#224; cause de charrues mal adapt&#233;es. Dans ce domaine, les Mexicains d'alors dominent compl&#232;tement une Europe archa&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs ce que montre la fa&#231;on dont Tenochtitlan, devenue Mexico apr&#232;s la prise du pouvoir par les Espagnols, a &#233;volu&#233; : les nouveaux ma&#238;tres de la ville, qui &#233;tait une splendide cit&#233; lacustre, d&#233;cident de d&#233;molir tous les b&#226;timents et d'ass&#233;cher les lacs. Notamment pour construire des routes, sur lesquelles faire rouler les chariots &#224; roues... Une d&#233;cision stupide, car la ville est une cuvette, arros&#233;e par les montagnes environnantes et les pluies tropicales une partie de l'ann&#233;e. Cons&#233;quence : la cit&#233; est tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement inond&#233;e, parfois m&#234;me pendant plusieurs ann&#233;es. Et c'est un probl&#232;me qui n'a toujours pas &#233;t&#233; r&#233;solu &#224; ce jour, malgr&#233; la construction d'un grand canal d'&#233;vacuation au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, qui est d&#233;j&#224; obsol&#232;te, la ville s'affaissant un peu plus chaque ann&#233;e. Au fond, les Mexicains sont encore en train d'&#233;ponger les conneries des Espagnols. C'est une tr&#232;s bonne illustration d'un progr&#232;s qu'on te donne comme fabuleux alors qu'il est d&#233;faillant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu expliques que les Azt&#232;ques auraient refus&#233; la roue pour ne pas changer leur rapport &#224; l'espace...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sur ce point, je fais appel au travail de l'anthropologue Pierre Clastres, que j'utilise en le d&#233;calant d'un cran, parce que lui a travaill&#233; sur les &#8220;soci&#233;t&#233;s sans &#201;tat&#8221;, ce qui n'est pas le cas des Azt&#232;ques o&#249; il y a une puissante institution centrale. Je reprends ses interrogations sur la question du manque suppos&#233; de d&#233;veloppement des peuples &#8220;&lt;i&gt;sans foi, sans loi, sans roi&lt;/i&gt;&#8221;, qu'on a toujours d&#233;finis par ce &#8220;&lt;i&gt;sans&lt;/i&gt;&#8221;. Or le fait est que ces attributs ne leur manquaient pas. Et c'est pareil avec la roue : j'&#233;mets l'hypoth&#232;se que les peuples pr&#233;colombiens d&#233;cident de se passer de la roue parce qu'ils ne s'int&#233;ressent pas &#224; ce qu'elle pourrait leur apporter. Parce qu'elle change l'appr&#233;hension de l'espace et du temps, qu'elle fait passer &#224; une autre &#233;chelle. Or la conception azt&#232;que du monde n'est pas fond&#233;e sur une recherche d'expansion &#224; tout prix. D'ailleurs, leurs guerres sanglantes relevaient davantage du rituel que de la volont&#233; de conqu&#234;te : il s'agissait la plupart du temps de capturer des prisonniers pour pouvoir les sacrifier afin de plaire aux dieux. Et non pas d'agrandir leur territoire, comme dans les guerres europ&#233;ennes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette id&#233;e de refuser une technologie semble peu dans l'air du temps&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est pourtant un principe fondamental, qui s'apparente pour moi &#224; la magnifique phrase du &lt;i&gt;Bartleby&lt;/i&gt; de Herman Melville : &#8220;&lt;i&gt;Je pr&#233;f&#233;rerais ne pas.&lt;/i&gt;&#8221; S'abstenir, simplement. On a le droit de refuser une technologie, on n'est pas oblig&#233; de s'en saisir parce qu'elle est l&#224;, devant nous. Et j'ai l'impression que c'est une mani&#232;re de penser qui revient tr&#232;s timidement au go&#251;t du jour face &#224; l'inflation des technologies contemporaines. Alors que c'&#233;tait difficile au d&#233;but des Trente Glorieuses : tout progr&#232;s technologique &#233;tait bon &#224; prendre dans les ann&#233;es 1950 ou 1960. Il y a eu un sursaut dans les ann&#233;es 1970, avec des journaux tr&#232;s engag&#233;s en mati&#232;re de remise en cause de l'&#232;re industrielle comme &lt;i&gt;La Gueule ouverte&lt;/i&gt;, mais aussi &lt;i&gt;Hara-Kiri&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Charlie&lt;/i&gt;, et puis avec la candidature &#224; la pr&#233;sidentielle de l'&#233;cologiste Ren&#233; Dumont en 1974. Mais la parenth&#232;se s'est violemment referm&#233;e dans les ann&#233;es 1980. Et depuis on a du mal &#224; retrouver en la mati&#232;re une v&#233;ritable pens&#233;e radicale, structur&#233;e et agissante. C'est un peu d&#233;primant : d'un c&#244;t&#233; on te dit que tout est foutu, notamment en mati&#232;re de r&#233;chauffement climatique, et de l'autre tu as des responsables politiques, de tous bords, qui proposent des mesurettes &#233;cologistes grotesques. La question de la remise en question profonde du progr&#232;s technologique &#224; tout prix n'est plus vraiment pos&#233;e, hormis &#224; la marge. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur cette question, la roue fait office de symbole tr&#232;s efficace. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, je trouve que la roue est un des premiers marqueurs du fantasme de la technologie triomphante : c'est un objet &#233;labor&#233;, qu'on ne retrouve pas dans la nature. Seul l'homme pouvait concevoir la roue, laquelle a marqu&#233; une bascule qui n'a jamais &#233;t&#233; clairement interrog&#233;e, ni en - 3 500, ni apr&#232;s. Et pourtant elle symbolise &#224; la perfection ce fantasme de la sup&#233;riorit&#233; technologique occidentale, qu'on retrouve aussi dans la m&#233;decine, avec ce postulat posant qu'on va pouvoir tout soigner par la chimie. Et c'est la m&#234;me chose pour les nouvelles technologies li&#233;es au num&#233;rique : on te dit que l'homme ne pourrait pas se passer de toutes ces innovations, qui soi-disant lui font du bien et lui permettent de gagner du temps, mais ce qu'on observe c'est que l'humanit&#233; est de plus en plus d&#233;pressive, stress&#233;e et a l'impression de manquer de temps. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a &#233;galement cette ambivalence : la roue n'est pas porteuse que de l'enfer automobile. Cette m&#234;me roue, c'est le v&#233;lo, que tu d&#233;fends vigoureusement. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce que je trouve int&#233;ressant, c'est d'interroger l'inscription de l'homme dans l'espace. L&#224; je reprends les travaux du pr&#233;curseur de l'&#233;cologie politique Ivan Illich, qui montre non seulement que la voiture va moins vite que le v&#233;lo si tu prends en compte le co&#251;t r&#233;el&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En incluant notamment le temps pass&#233; &#224; travailler pour pouvoir se payer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, mais aussi que le v&#233;lo peut &#234;tre facteur d'&#233;mancipation. Par exemple au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la bicyclette a permis aux femmes de s'&#233;chapper un peu de leur espace quotidien, le foyer. C'est pour cela que j'ai du mal avec cette condescendance envers ce moyen de transport, qui serait r&#233;serv&#233; aux dits &#8220;bobos&#8221;. Une posture qui s'est illustr&#233;e avec la vision dominante du mouvement des Gilets jaunes : les pauvres seraient en bagnole en p&#233;riph&#233;rie et les bobos en centre-ville en v&#233;lo. C'est compl&#232;tement artificiel : il y a des gros bourgeois dans les villes avec des SUV, et des prolos en v&#233;lo &#224; la campagne, heureusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il faut vraiment interroger est ailleurs : comment on en est arriv&#233; &#224; une soci&#233;t&#233; construite totalement autour de la bagnole, et du culte de la vitesse, de l'efficacit&#233; ? Je cite dans le livre un texte publi&#233; en 2017, &#224; l'occasion de l'inauguration du dernier tron&#231;on de la ligne &#224; grande vitesse Paris-Bordeaux : &lt;i&gt;Gagner son temps et perdre sa vie&lt;/i&gt;. Lequel cite une autre brochure, publi&#233;e en 1991 : &lt;i&gt;Relev&#233; provisoire de nos griefs contre le despotisme de la vitesse &#224; l'occasion de l'extension des lignes du TGV&lt;/i&gt;. Comparer les deux textes est assez d&#233;primant, parce que celui de 2017 est beaucoup moins ambitieux dans le fond. Beaucoup plus rationnel dans son calcul &#233;conom&#233;trique du co&#251;t du kilom&#232;tre suppl&#233;mentaire de TGV. Alors que le dilemme est plus profond. De la m&#234;me mani&#232;re, on ne retient la plupart du temps d'Illich que ses consid&#233;rations &#233;conomiques (la vitesse r&#233;elle d'une voiture, en fonction du temps total mis &#224; l'acheter et &#224; la conduire) et non plus philosophiques, sur la question de la place de l'individu dans son espace. Je trouve que c'est assez symptomatique de l'&#233;poque, de renoncer aux grands enjeux de fond. C'est pour &#231;a que j'aime tant G&#233;b&#233;, l'auteur de &lt;i&gt;L'An 01&lt;/i&gt;, cette exceptionnelle bande dessin&#233;e qui d&#233;cr&#232;te : &#8220;&lt;i&gt;On arr&#234;te tout, on r&#233;fl&#233;chit et c'est pas triste&lt;/i&gt;&#8221; &#8211; rares sont ceux qui arrivent &#224; poser les enjeux politiques en passant par le biais de l'imaginaire, en sortant du rationalisme pur. Ce qui est important dans cette question de la vitesse, c'est de ne pas s'interroger sur une &#233;quation chiffr&#233;e, mais sur la place de l'homme dans sa vie. Et je trouve que c'est de plus en plus difficile &#224; faire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Niveau imaginaire, il semble difficile de rivaliser avec la Silicon Valley triomphante, et le storytelling d&#233;ploy&#233; autour de figures comme Elon Musk. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui mais il faut aussi se garder des ennemis-&#233;pouvantails, qui masquent parfois les vrais enjeux. L'Hyperloop de Musk &lt;i&gt;[une sorte de train futuriste]&lt;/i&gt;, c'est assez simple de voir que c'est d&#233;lirant comme volont&#233; d'aller encore plus vite que le TGV, lequel va d&#233;j&#224; &lt;i&gt;trop&lt;/i&gt; vite, comme le disaient bien en 1991 les auteurs de la brochure &#8220;contre le despotisme de la vitesse&#8221;. Mais attention : ce n'est pas le co&#251;t du TGV ou de l'Hyperloop le probl&#232;me, c'est bien la notion de vitesse par principe. Attention &#224; ne pas penser avec les armes de l'ennemi. Comme quand les Mexicains d'aujourd'hui disent &#8220;&lt;i&gt;la roue manquait aux Azt&#232;ques&lt;/i&gt;&#8221; alors qu'il y avait surtout une chose qui manquait : la sagesse aux Espagnols. Il faut faire attention &#224; l'imp&#233;ratif d'efficacit&#233;, y compris chez ceux qui cherchent &#224; penser autrement la soci&#233;t&#233;. Et c'est une question qui me semble cruciale : jusqu'o&#249; se faire conna&#238;tre parce qu'on pense avoir les bonnes id&#233;es ? Jusqu'o&#249; utiliser Twitter ou Facebook pour faire passer des messages qu'on pense justes ? Jusqu'o&#249; utiliser Google pour faire des recherches visant &#224; dire du mal de Google ? Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en revient &#224; la roue : qu'est-ce qui &lt;i&gt;manque&lt;/i&gt; ? &#192; qui ? Pourquoi ? Fallait-il inventer YouTube ? Les smartphones ? Les GPS ? Tous ces gadgets qui peuplent notre quotidien ? Faut-il s'en servir ? Ces questions me semblent beaucoup plus importantes que, par exemple, le rejet d'un homme politique du moment (&#8220;Macron, t'es trop con !&#8221; &#8212; bon, et nous on est quoi alors ?). En ce sens, je crois moins &#224; l'insurrection qu'au l&#226;cher-prise g&#233;n&#233;ral. Si tu refuses de nourrir la machine, alors quelque chose peut arriver. Je crois vraiment &#224; l'arr&#234;t. Arr&#234;ter de nourrir la b&#234;te qui nous d&#233;vore. Ce qui m'int&#233;resse avec cette histoire de roue, c'est que &#231;a permet de d&#233;caler les cases, de pousser &#224; r&#233;fl&#233;chir en dehors des sch&#233;mas attendus. Et j'y ai trouv&#233; de plus en plus de sens &#224; mesure que j'&#233;crivais le livre, notamment par rapport &#224; la notion de progr&#232;s. Internet a &#233;t&#233; un parfait exemple en ce sens : on disait, on esp&#233;rait, que &#231;a allait tout changer, en bien. Au milieu des ann&#233;es 1990, j'&#233;tais &#233;norm&#233;ment excit&#233; par les possibilit&#233;s qui s'ouvraient : le nouveau livre, la connaissance universelle, le dialogue sans fronti&#232;res. Sauf que non : on s'est fait pi&#233;ger par cette Gorgone au regard gla&#231;ant qui s'appelle progr&#232;s. C'est all&#233; vers le pire, comme d'habitude. Et il faut &#234;tre vigilant, tout le temps : c'est pour &#231;a que j'aime tant les livres des &#233;ditions de L'&#233;chapp&#233;e qui sont tr&#232;s utiles, notamment ceux contre la &#8220;tyrannie&#8221; num&#233;rique ou culturelle&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Parmi les ouvrages r&#233;cents, L'intelligence artificielle ou l'enjeu du si&#232;cle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; : ce sont des textes qui remobilisent, donnent des arguments pour refuser la tyrannie des objets num&#233;riques. Ils te montrent le pi&#232;ge, ce c&#244;t&#233; lumineux du progr&#232;s qui occulte le reste. &#192; ma mesure, c'est ce que j'ai essay&#233; de faire avec la roue. Parce que c'est ce dont je me sens capable : un travail de d&#233;construction des &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, des certitudes, du savoir institu&#233;. Libre ensuite &#224; chaque lecteur d'en tirer des le&#231;ons pour lui-m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Tripode, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En incluant notamment le temps pass&#233; &#224; travailler pour pouvoir se payer ledit v&#233;hicule.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Parmi les ouvrages r&#233;cents, &lt;i&gt;L'intelligence artificielle ou l'enjeu du si&#232;cle&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Silicolonisation du monde&lt;/i&gt; (&#201;ric Sadin), &lt;i&gt;Divertir pour dominer 2 &lt;/i&gt;(Collectif) ou &lt;i&gt;Remplacer l'humain &#8211; Critique de l'automatisation de la soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; (Nicholas Carr).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<dc:creator>Antoine Souquet</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Le 5 mars, les universit&#233;s vivaient une journ&#233;e de mobilisation nationale. L'id&#233;e ? Intensifier la lutte contre la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Mais une semaine plus tard, coronavirus : la fermeture des facs met forc&#233;ment un coup d'arr&#234;t au mouvement. Pour autant, le monde universitaire ne baisse pas la garde, car les bouff&#233;es n&#233;olib&#233;rales du gouvernement risquent bien de survivre &#224; la crise sanitaire. Point de situation, avec le Covid-19 comme agent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 5 mars, les universit&#233;s vivaient une journ&#233;e de mobilisation nationale. L'id&#233;e ? Intensifier la lutte contre la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Mais une semaine plus tard, coronavirus : la fermeture des facs met forc&#233;ment un coup d'arr&#234;t au mouvement. Pour autant, le monde universitaire ne baisse pas la garde, car les bouff&#233;es n&#233;olib&#233;rales du gouvernement risquent bien de survivre &#224; la crise sanitaire. Point de situation, avec le Covid-19 comme agent r&#233;v&#233;lateur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3319 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L318xH400/-1514-a8837.jpg?1768649565' width='318' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La majorit&#233; des projets qu'on avait sur ce virus &#233;taient en stand-by, en partie &#224; cause de probl&#232;mes de financement.&lt;/i&gt; &#187; Ce 5 mars, jour de mobilisation g&#233;n&#233;rale pour la recherche publique, l'homme qui s'exprime sur France Info est directeur de recherche au CNRS. Membre d'un laboratoire qui &#233;tudie notamment les coronavirus, &#201;tienne Decroly pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Nous avions &#233;t&#233; oblig&#233;s de&lt;/i&gt; shifter une &lt;i&gt;partie des projets de recherches vers des projets qui &#233;taient financ&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;claration gla&#231;ante met en lumi&#232;re une r&#233;alit&#233; subie depuis de nombreuses ann&#233;es par les personnels universitaires. La recherche scientifique est de plus en plus d&#233;pendante de financeurs (priv&#233;s ou publics) qui imposent les sujets et les modalit&#233;s de recherche, tout en r&#233;clamant des r&#233;sultats rapides et quantifiables. Et le t&#226;tonnement scientifique alors ? L'exp&#233;rimentation ? Les &#233;checs et les impasses n&#233;cessaires aux d&#233;couvertes qui leur succ&#232;dent ? Plus le temps, ni l'argent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant de dysfonctionnements majeurs que la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) ne fera qu'accentuer.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Soigner le mal par le mal&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Personnels mobilis&#233;s et gouvernants sont d'accord sur un point : l'Universit&#233; va mal. Mais l'identification des causes et les rem&#232;des pr&#233;conis&#233;s sont aux antipodes... C&#244;t&#233; gouvernemental, la th&#233;rapie choisie est donc un projet de loi, dont la mise en application est pr&#233;vue pour l'an prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de cette LPPR d&#233;bute le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier 2019, quand le Premier ministre, &#201;douard Philippe, annonce la constitution de trois commissions cens&#233;es se pencher sur l'&#233;tat de la recherche fran&#231;aise. Form&#233;s de parlementaires, de scientifiques, de cadres des institutions de recherche et d' &#187; acteurs industriels &#187;, ces groupes de travail rendent leurs rapports fin 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion ? L'heure est grave : la France conna&#238;t un &#171; &lt;i&gt;d&#233;crochage rapide depuis quinze ans &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;en tant que puissance industrielle et &#233;conomique de premier plan&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit ainsi la commission charg&#233;e de plancher sur les questions de financement. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les diff&#233;rents rapports soulignent bien la pr&#233;carit&#233; d'une grande partie du personnel des universit&#233;s : r&#233;mun&#233;ration faible&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon les calculs de la Conf&#233;d&#233;ration des jeunes chercheurs, les vacataires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, instabilit&#233; des postes et statuts. Mais ils s'inqui&#232;tent surtout de la place de la France dans la grande comp&#233;tition &#233;conomique et scientifique mondiale : chute au classement des publications, des innovations, peu de prix Nobel et pas assez de leaders priv&#233;s dans les secteurs dits innovants (le champ des nouvelles technologies, peupl&#233; de &#171; licornes &#187;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les plus grosses start-up du monde, valoris&#233;es chacune &#224; plus d'un milliard (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; disruptives).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour les constats. Quid des solutions ? &#201;douard Philippe a beau afficher le noble objectif de &#171; &lt;i&gt;redonner &#224; la recherche de la visibilit&#233;, de la libert&#233; et des moyens&lt;/i&gt; &#187;, on se dirige en v&#233;rit&#233; vers une d&#233;r&#233;gulation massive de ce service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e g&#233;n&#233;rale est de soumettre encore davantage la recherche &#224; des exigences &#233;conomiques et d'innovation de court terme. D'o&#249; l'&#233;valuation drastique du travail des scientifiques ; d'o&#249; les financements de projets par appels d'offres ponctuels : ce sont les financeurs (&#201;tat, laboratoires, R&#233;gions, entreprises...) qui d&#233;cident de l'orientation des recherches en proposant des financements sur les sujets qu'ils d&#233;finissent comme prioritaires. Ce qui &#233;clipse le caract&#232;re profond&#233;ment al&#233;atoire et cr&#233;atif de la recherche, qui ne peut se planifier ou se pr&#233;voir en termes de productivit&#233; et d'efficacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces logiques budg&#233;taires qui expliquent les difficult&#233;s rencontr&#233;es par l'&#233;quipe d'&#201;tienne Decroly, incapable de trouver des financements pour &#233;tudier les coronavirus, consid&#233;r&#233;s comme secondaires avant la crise.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;carit&#233; un jour&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le personnel enseignant, lui, ne se voit proposer qu'une g&#233;n&#233;ralisation de la pr&#233;carit&#233; et de l'incertitude. Pour compenser les salaires bas ? Explosion des primes ! Mais primes &#224; la performance et &#224; la publication, donc non r&#233;guli&#232;res et in&#233;gales. Face &#224; la multiplication des contrats pr&#233;caires et la difficult&#233; d'acc&#233;der au statut de professeur titulaire ? Introduction des CDI de projet ! D'une dur&#233;e d'une &#224; six ann&#233;es, ils sont cens&#233;s faire la liaison entre le doctorat et un statut d'enseignant-chercheur. En r&#233;alit&#233;, avec la multiplication des contrats de ce type, les jeunes chercheurs seront trimball&#233;s de contrats courts en missions ponctuelles, avec la pression constante de devoir produire des r&#233;sultats dans une temporalit&#233; br&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nombre de chercheurs, la course aux fonds est, et restera, le seul horizon. Or, le temps pass&#233; &#224; monter des dossiers de financement empi&#232;te sur des activit&#233;s de recherche d&#233;j&#224; rogn&#233;es par les t&#226;ches administratives et les activit&#233;s p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lise&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;nom modifi&#233;.&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, attach&#233;e temporaire d'enseignement et de recherche&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le statut d'ATER est une forme de contrat court &#224; destination des doctorants (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; mobilis&#233;e &#224; Aix-Marseille Universit&#233;, nous r&#233;sume le probl&#232;me : &#171; &lt;i&gt;On donnera les moyens aux &#8220;bons&#8221; chercheurs de faire de la recherche et les autres devront faire de l'enseignement. C'est une hi&#233;rarchisation scandaleuse, comme si l'enseignement &#233;tait une punition. Alors que c'est extr&#234;mement important de lier les deux car c'est comme &#231;a qu'on a cr&#233;&#233; l'universit&#233;, en en faisant un endroit de diffusion de la recherche.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 2019, le pr&#233;sident du CNRS, Antoine Petit, a eu le m&#233;rite d'annoncer clairement la couleur : dans une tribune publi&#233;e par &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt;, il appelait de ses v&#339;ux &#171; &lt;i&gt;une loi ambitieuse, in&#233;galitaire &#8211; oui, in&#233;galitaire, une loi vertueuse et darwinienne, qui encourage les scientifiques, &#233;quipes, laboratoires, &#233;tablissements les plus performants &#224; l'&#233;chelle internationale&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ambiance s&#233;lection naturelle et jungle impitoyable pour le monde universitaire, avec des &#233;tablissements d'excellence qui b&#233;n&#233;ficieront du gros des moyens et pourront proposer des contrats all&#233;chants aux chercheurs les plus en vue, tandis que ceux de seconde zone devront supprimer des formations faute de moyens ou d'enseignants.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Comment r&#233;sister ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; tout cela, comment se mobiliser dans un monde universitaire plus habitu&#233; aux s&#233;minaires feutr&#233;s qu'&#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ? Et surtout, comment faire pression sur des institutions qui embauchent pour quelques mois seulement, payent au lance-pierre et entretiennent une grande concurrence au sein de leur personnel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s d&#233;cembre 2019, des tribunes de m&#233;contentement ont &#233;t&#233; publi&#233;es. Des revues scientifiques ont stopp&#233; leurs publications. Puis certains personnels (souvent les plus pr&#233;caires) se sont mis en gr&#232;ve. Le d&#233;but de l'ann&#233;e 2020 a &#233;t&#233; rythm&#233; par diverses actions : assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, travail d'information, r&#233;tention des notes, cours et conf&#233;rences libres, d&#233;mission des fonctions administratives. Le 5 mars, des dizaines de milliers de personnes ont manifest&#233; contre la LPPR, tandis que des dizaines d'&#233;tablissements &#233;taient occup&#233;s par des actions diverses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons qu'imaginer ce qu'aurait donn&#233; la suite de ce mouvement sans la fermeture des facs. Mais pour &#201;lise, la situation actuelle pose d'autres questions inqui&#233;tantes : &#171; &lt;i&gt;Avec cette fermeture, ce qui est pernicieux ce sont les cours &#224; distance. L'enjeu derri&#232;re, c'est le&lt;/i&gt; e-learning &lt;i&gt;et le d&#233;veloppement de tout ce&lt;/i&gt; bullshit&lt;i&gt; d'universit&#233; nouvelle g&#233;n&#233;ration o&#249; on d&#233;valorise la relation entre l'enseignant et l'&#233;tudiant en disant que demain on pourra obtenir un dipl&#244;me en regardant une cha&#238;ne YouTube. Il faut faire attention &#224; ne pas donner l'illusion qu'il y a une r&#233;elle continuit&#233; p&#233;dagogique. L'enseignement &#224; distance fige les in&#233;galit&#233;s sociales, entre ceux qui ont un ordinateur ou pas, qui ont une bonne connexion ou non...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus efficace qu'une pand&#233;mie, cette nouvelle &#233;tape dans la minutieuse entreprise de d&#233;mant&#232;lement du service public men&#233;e par les gouvernements successifs aura-t-elle la peau de l'Universit&#233; publique ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Antoine Souquet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon les calculs de la Conf&#233;d&#233;ration des jeunes chercheurs, les vacataires sont pay&#233;s en dessous du Smic horaire, en &#233;quivalence de travail effectif.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les plus grosses start-up du monde, valoris&#233;es chacune &#224; plus d'un milliard de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pr&#233;nom modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le statut d'ATER est une forme de contrat court &#224; destination des doctorants en fin de th&#232;se et des docteurs fra&#238;chement dipl&#244;m&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise sanitaire au f&#233;minin</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Crise-sanitaire-au-feminin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Crise-sanitaire-au-feminin</guid>
		<dc:date>2020-04-13T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Katjastroph</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>violences</dc:subject>
		<dc:subject>num&#233;ro</dc:subject>
		<dc:subject>confinement</dc:subject>
		<dc:subject>Mathilde Bl&#233;zat</dc:subject>
		<dc:subject>Marl&#232;ne Schiappa</dc:subject>
		<dc:subject>raisons exceptionnelles</dc:subject>
		<dc:subject>actuellement ferm&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Marion Mornet</dc:subject>
		<dc:subject>femmes n'ont</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Augmentation des faits de violence conjugale, acc&#232;s &#224; l'IVG en p&#233;ril, prostitu&#233;es sur la paille... Pour de nombreuses femmes, les effets de la crise sanitaire se font particuli&#232;rement sentir. &#171; Pour des raisons exceptionnelles, le 39-19 est actuellement ferm&#233;. Nous vous invitons &#224; renouveler votre appel ult&#233;rieurement. &#187; Aux premiers jours du confinement, le num&#233;ro national d'&#233;coute pour les femmes victimes de violences &#233;tait aux abonn&#233;s absents. D'apr&#232;s Marl&#232;ne Schiappa, secr&#233;taire d'&#201;tat (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mathilde-Blezat-1850" rel="tag"&gt;Mathilde Bl&#233;zat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marlene-Schiappa" rel="tag"&gt;Marl&#232;ne Schiappa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/raisons-exceptionnelles" rel="tag"&gt;raisons exceptionnelles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/actuellement-ferme" rel="tag"&gt;actuellement ferm&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marion-Mornet" rel="tag"&gt;Marion Mornet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/femmes-n-ont" rel="tag"&gt;femmes n'ont&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Augmentation des faits de violence conjugale, acc&#232;s &#224; l'IVG en p&#233;ril, prostitu&#233;es sur la paille... Pour de nombreuses femmes, les effets de la crise sanitaire se font particuli&#232;rement sentir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3318 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L289xH400/-1513-69fe9.jpg?1768653471' width='289' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Katjastroph
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pour des raisons exceptionnelles, le 39-19 est actuellement ferm&#233;. Nous vous invitons &#224; renouveler votre appel ult&#233;rieurement.&lt;/i&gt; &#187; Aux premiers jours du confinement, le num&#233;ro national d'&#233;coute pour les femmes victimes de violences &#233;tait aux abonn&#233;s absents. D'apr&#232;s Marl&#232;ne Schiappa, secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes, ces bugs seraient li&#233;s &#224; &#171; &lt;i&gt;un basculement de plateforme&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Coronavirus : Marl&#232;ne Schiappa assure que le 39-19 &#8220;fonctionne toujours&#8221; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; cens&#233; permettre aux &#233;coutantes de travailler de chez elle. Un dysfonctionnement technique qui fait tiquer Mathilde Bl&#233;zat, co-autrice de l'ouvrage &lt;i&gt;Notre corps, nous-m&#234;mes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article &#171; &#8220;Notre corps, nous-m&#234;mes&#8221;, entre intime et politique &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui a longuement travaill&#233; sur les violences conjugales : &#171; &lt;i&gt;Ces violences sont cens&#233;es &#234;tre l'une des grandes causes de leur quinquennat mais, visiblement, leur degr&#233; d'analyse est tr&#232;s limit&#233; puisqu'ils n'ont rien anticip&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journaliste s'interroge notamment sur la r&#233;cente d&#233;claration de la secr&#233;taire d'&#201;tat, affirmant qu'en cas d'urgence les femmes pouvaient contacter le 17 : &#171; &lt;i&gt;Il faut tenir compte de la notion d'emprise psychologique. Appeler ce num&#233;ro est souvent le r&#233;sultat d'un processus dans lequel la famille ou les amis jouent un r&#244;le en alertant la victime sur son &#233;tat, ce qui est souvent devenu impossible avec le confinement. Certaines femmes n'ont d'ailleurs pas acc&#232;s &#224; leur t&#233;l&#233;phone et ne peuvent donc pas communiquer. Et quand bien m&#234;me elles parviendraient &#224; appeler le 17, je doute que la police ait chang&#233; ses pratiques : habituellement, beaucoup de femmes s'entendent dire de rentrer chez elle, d'attendre que &#231;a se calme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sujet des dispositifs d'alerte mis en place dans les pharmacies et les centres commerciaux pour permettre aux femmes de donner l'alerte, Mathilde Bl&#233;zat reste sceptique : &#171; &lt;i&gt;&#199;a peut &#234;tre une bonne id&#233;e, mais apr&#232;s il y a quoi&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s, il y a Marl&#232;ne Schiappa qui promet le financement de &#171; &lt;i&gt;20 000 nuit&#233;es d'h&#244;tel pour que les femmes puissent fuir l'homme violent&lt;/i&gt; &#187;. Un premier pas dont on attendait, &#224; l'heure o&#249; ces lignes &#233;taient &#233;crites, la mise en &#339;uvre effective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre inqui&#233;tude : &#187; &lt;i&gt;Des situations de violences vont certainement &#233;merger chez des couples qui en &#233;taient jusque l&#224; pr&#233;serv&#233;s,&lt;/i&gt; s'alarme Mathilde Bl&#233;zat. &lt;i&gt;L'effet confinement joue sur les nerfs des gens. Les gosses augmentent d'autant plus le potentiel de p&#233;tage de plomb. M&#234;me sans passif.&lt;/i&gt; &#187; Pour preuve, en zone gendarmerie, les appels au 17 pour des faits de violence conjugale avaient bondi de 32 % au bout de la premi&#232;re semaine&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Confinement : les violences conjugales en hausse, un dispositif d'alerte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;On nous dira apr&#232;s qu'il y a eu des pots cass&#233;s comme il y en a toujours &#8220;&#224; la guerre&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, temp&#234;te l'autrice.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;IVG, un droit en danger&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Se pose aussi la question de l'acc&#232;s &#224; l'IVG, dont les conditions risquent de se d&#233;t&#233;riorer encore davantage pendant le confinement. Marl&#232;ne Schiappa et le ministre de la Sant&#233; Olivier V&#233;ran ont beau avoir r&#233;affirm&#233; que &#171; &lt;i&gt;les interruptions de grossesse sont consid&#233;r&#233;es comme des interventions urgentes&lt;/i&gt; &#187;, leurs d&#233;clarations se heurtent &#224; une r&#233;alit&#233; inqui&#233;tante : &#171; &lt;i&gt;&#199;a commence &#224; &#234;tre compliqu&#233; en Paca, notamment &#224; l'h&#244;pital d'Aix-en-Provence,&lt;/i&gt; explique Marion Mornet, du Planning familial de Marseille. &lt;i&gt;Entre les m&#233;decins malades et ceux qui se consacrent au Covid-19, on craint une saturation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre pr&#233;occupation : les mineures. Pourront-elles se rendre dans un centre de planification familiale ou &#224; l'h&#244;pital pour avorter ? Comment quitter la maison plusieurs heures quand on est clo&#238;tr&#233;e avec des parents qu'on ne souhaite pas informer de cette d&#233;cision ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les IVG chirurgicales r&#233;alis&#233;es sur des femmes atteintes du Covid-19, le protocole ne semble pas tr&#232;s clair. En t&#233;moignent les recommandations &#233;dict&#233;es le 17 mars par le Coll&#232;ge national des gyn&#233;cologues et obst&#233;triciens fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;En cas de patiente Covid-19, report de l'acte en fonction de l'&#233;volution de l'&#233;tat de la patiente et du risque de contagiosit&#233;.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Ceci implique des situations o&#249; il y aura un risque de d&#233;passement du d&#233;lai l&#233;gal. Pour ces situations, en fonction de l'organisation des diff&#233;rents centres et leur environnement, il faudra&lt;/i&gt; [parfois] &lt;i&gt;reporter l'IVG quitte &#224; ce qu'elle devienne une IMG.&lt;/i&gt; &#187; Sauf qu'en temps normal, les interventions m&#233;dicales de grossesse (IMG), possibles jusqu'&#224; terme, ne sont justifi&#233;es que si la sant&#233; de la femme ou du f&#339;tus est en danger. Surtout, elles d&#233;pendent de l'avis d'un staff de m&#233;decins : &#171; &lt;i&gt;C'est tr&#232;s subjectif,&lt;/i&gt; rappelle Marion Mornet. &lt;i&gt;C'est de la bidouille, l'IMG n'est pas faite pour &#231;a et il n'y a aucune garantie que tous les m&#233;decins joueront le jeu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre en partie &#224; la situation, plusieurs d&#233;put&#233;s ont propos&#233; un amendement &#224; la loi d'urgence contre le Covid-19, afin que le d&#233;lai l&#233;gal d'acc&#232;s &#224; l'IVG soit repouss&#233; de deux semaines. La mesure a &#233;t&#233; rejet&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des travailleuses invisibles&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les m&#233;dias, les articles sur les travailleuses &#171; en premi&#232;re ligne &#187; face au coronavirus se succ&#232;dent. Partout, on parle de ces infirmi&#232;res, aides &#224; domiciles, professeures des &#233;coles ou encore caissi&#232;res qui se rendent chaque jour au turbin la boule au ventre, craignant d'&#234;tre contamin&#233;es ou de contaminer elles-m&#234;mes les personnes avec lesquelles elles sont en contact. Malgr&#233; la d&#233;ferlante de textes consacr&#233;s au sujet, certaines manquent encore &#224; l'appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi elles, les professionnelles charg&#233;es de l'entretien des h&#244;pitaux, qui officient dans l'ombre. Dans un avis publi&#233; le 18 f&#233;vrier dernier, le Haut Conseil de la sant&#233; publique pr&#233;conisait d&#233;j&#224; aux agents le port d'&#233;quipements de protection individuelle. Sachant qu'aujourd'hui, les soignants eux-m&#234;mes manquent de masques, on doute que ces recommandations soient mises en pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre profession, autres probl&#232;mes, m&#234;me constat d'invisibilit&#233; : la situation des travailleuses du sexe et notamment des prostitu&#233;es a de quoi inqui&#233;ter. Face &#224; l'ampleur de la pand&#233;mie, le Strass, le syndicat du travail sexuel, a appel&#233; &#224; cesser le travail. Les travailleuses&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et les travailleurs.&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; qui b&#233;n&#233;ficient du statut d'auto-entrepreneuse pourront toujours recourir au fonds de solidarit&#233; mis en place pour les ind&#233;pendants. Mais pour elles comme pour les autres, les cons&#233;quences de l'arr&#234;t brutal de l'activit&#233; se font d&#233;j&#224; sentir. C'est ce qu'explique Ana&#239;s de Lenclos, porte-parole du syndicat : &#171; &lt;i&gt;Depuis la loi d'avril 2016 sur la p&#233;nalisation des clients, les travailleuses du sexe sont tomb&#233;es dans la pr&#233;carit&#233; : elles sont &#224; flux tendu et n'ont plus de matelas de s&#233;curit&#233;. D&#232;s le d&#233;but du confinement, certaines ne pouvaient plus payer ni leur loyer, ni leur nourriture. Quant &#224; celles qui vivent &#224; l'h&#244;tel, beaucoup ont &#233;t&#233; mises dehors parce qu'elles ne pouvaient plus r&#233;gler leur chambre ou que les &#233;tablissements ont ferm&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Pour parer au plus press&#233;, le Strass a mis en place une cagnotte solidaire : &#171; &lt;i&gt;On a &#233;t&#233; heureusement surpris par les dons mais c'est insuffisant par rapport aux besoins r&#233;els, sachant qu'on a &#224; peine de quoi payer des paniers-repas&lt;/i&gt; &#187;, rapporte Ana&#239;s de Lenclos. En fulminant : &#171; &lt;i&gt;Et l&#224;, tu n'entends ni les associations abolitionnistes ni l'&#201;tat&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il y a encore beaucoup de femmes dehors &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la crise sanitaire, les femmes qui vivent dans la rue sont elles aussi vuln&#233;rables. Si en temps normal leur s&#233;curit&#233; n'est pas forc&#233;ment assur&#233;e dans cet univers largement masculin, la situation actuelle renforce le danger, comme l'explique une travailleuse sociale de La Draille, une structure marseillaise qui h&#233;berge des femmes &#224; la rue avec leurs enfants : &#171; &lt;i&gt;On craint une augmentation des violences et des d&#233;compensations.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, impossible de mettre tout le monde &#224; l'abri. &#171; &lt;i&gt;Il y a encore beaucoup de femmes dehors et on est archi complet. On ne peut plus accueillir personne et le premier week-end, le 115 &#233;tait tellement surbook&#233; qu'il &#233;tait impossible de le joindre&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne la travailleuse sociale. Avant de conclure : &#171; &lt;i&gt;Clairement, les politiques ne mettent pas les moyens.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-marlene-schiappa-assure-que-le-3919-fonctionne-toujours-et-quun-plan-de-continuite-sera-mis-en-place_3873695.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Coronavirus : Marl&#232;ne Schiappa assure que le 39-19 &#8220;fonctionne toujours&#8221; et qu'un &#8220;plan de continuit&#233;&#8221; sera mis en place&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Francetvinfo.fr&lt;/i&gt; (18/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'article &#171; &#8220;Notre corps, nous-m&#234;mes&#8221;, entre intime et politique &#187; (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 185, mars 2020), consacr&#233; &#224; ce manuel collaboratif qui fait figure de r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re d'&#233;mancipation f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/03/27/confinement-un-dispositif-d-alerte-dans-les-pharmacies-pour-les-femmes-violentees_6034583_3224.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Confinement : les violences conjugales en hausse, un dispositif d'alerte mis en place dans les pharmacies&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;(27/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Macronie confine le droit du travail</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/La-Macronie-confine-le-droit-du</link>
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		<dc:date>2020-04-10T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Marine Summercity</dc:subject>
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		<dc:subject>cong&#233;s</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de guerre &#233;conomique en temps d'&#233;pid&#233;mie, le gouvernement a port&#233; un coup violent au droit du travail pour le grand bonheur du patronat. Au programme ? Une semaine de travail qui pourra &#234;tre relev&#233;e &#224; 60 heures, des journ&#233;es de 12 heures, moins de temps de repos et la possibilit&#233; pour l'employeur d'imposer les dates de cong&#233;s. Ces mesures exposent encore plus les salari&#233;s au virus et menacent d'entrer un jour dans le droit commun. Du jamais vu depuis 1958. Lors du conseil des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marine-Summercity" rel="tag"&gt;Marine Summercity&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/salaries" rel="tag"&gt;salari&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/droit" rel="tag"&gt;droit&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas-Bordacahar" rel="tag"&gt;Nicolas Borda&#231;ahar&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bordacahar" rel="tag"&gt;Borda&#231;ahar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/secteurs" rel="tag"&gt;secteurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sous pr&#233;texte de guerre &#233;conomique en temps d'&#233;pid&#233;mie, le gouvernement a port&#233; un coup violent au droit du travail pour le grand bonheur du patronat. Au programme ? Une semaine de travail qui pourra &#234;tre relev&#233;e &#224; 60 heures, des journ&#233;es de 12 heures, moins de temps de repos et la possibilit&#233; pour l'employeur d'imposer les dates de cong&#233;s. Ces mesures exposent encore plus les salari&#233;s au virus et menacent d'entrer un jour dans le droit commun.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3317 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH283/-1512-d90a7.jpg?1768649015' width='400' height='283' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Du jamais vu depuis 1958. Lors du conseil des ministres du 25 mars dernier, le gouvernement a d&#233;gain&#233; un arsenal de vingt-cinq ordonnances. Trois d'entre elles ciblent le droit du travail et ont &#233;t&#233; adopt&#233;es sans aucune consultation des syndicats. De quoi pr&#233;parer &#171; &lt;i&gt;le nouveau nouveau monde&lt;/i&gt; &#187; comme jubilait le jour m&#234;me l'endive &#224; &#233;charpe rouge Christophe Barbier sur BFM TV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de la loi d'&#233;tat d'urgence sanitaire approuv&#233;e quelques jours plus t&#244;t par le Parlement, cette rafale d'ordonnances permet aux &#171; &lt;i&gt;secteurs d'activit&#233;s particuli&#232;rement n&#233;cessaires &#224; la s&#233;curit&#233; de la Nation ou &#224; la continuit&#233; de la vie &#233;conomique et sociale&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Ordonnance n&#176; 2020-323 du 25 mars 2020 &#187;, consultable sur le site (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de s'affranchir de la l&#233;gislation en termes de temps de travail jusqu'au 31 d&#233;cembre 2020. D'apr&#232;s le minist&#232;re du Travail, seront concern&#233;s les transports, la logistique, l'agroalimentaire, l'agriculture, l'&#233;nergie et les t&#233;l&#233;communications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces secteurs, la dur&#233;e quotidienne maximale de travail est port&#233;e &#224; 12 heures au lieu de 10 actuellement &#8211; celle du travail de nuit passe de 8 &#224; 12 heures. Les salari&#233;s pourront accomplir jusqu'&#224; 48 heures de labeur hebdomadaire en moyenne contre les 44 maximum en vigueur&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur une p&#233;riode de douze semaines cons&#233;cutives. Pour les travailleurs de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Pire : au cours d'une m&#234;me semaine, il sera possible de faire trimer un salari&#233; pendant 60 heures !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re mesure &#233;tait depuis quelques jours une revendication-phare du syndicat agricole majoritaire, la FNSEA. Les fronti&#232;res &#233;tant ferm&#233;es et les r&#233;coltes approchant, l'agriculture productiviste n'est plus en mesure de faire appel &#224; ses saisonniers en provenance du Maghreb&lt;a href=&#034;#nb9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La veille du conseil des ministres, la FNSEA lan&#231;ait une campagne &#171; Des bras (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, bon march&#233; et exploitables &#224; souhait.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Razzia sur les cong&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le respect de futurs accords de branche ou d'entreprise, les patrons des secteurs concern&#233;s par les ordonnances seront aussi autoris&#233;s &#224; diff&#233;rer ou &#224; imposer &#224; leurs employ&#233;s jusqu'&#224; six jours de cong&#233;s pay&#233;s &#8211; et ils pourront les pr&#233;venir un seul jour &#224; l'avance, contre quatre semaines &#224; l'origine. Par ailleurs, les employeurs pourront modifier &#171; &lt;i&gt;unilat&#233;ralement&lt;/i&gt; &#187; les jours de repos et exiger la prise de dix jours de RTT ou de compte &#233;pargne-temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le repos minimum entre deux journ&#233;es de travail est quant &#224; lui r&#233;duit de 11 &#224; 9 heures. Enfin, derni&#232;re mesure de ce carnage social, les ordonnances introduisent des d&#233;rogations au repos dominical pour que les bo&#238;tes puissent turbiner sept jours sur sept.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Nicolas Borda&#231;ahar, avocat sp&#233;cialis&#233; en droit du travail intervenant aupr&#232;s des permanences syndicales sur Paris, ces d&#233;cisions l&#233;galisent a posteriori des pratiques patronales : &#171; &lt;i&gt;Depuis le d&#233;but du confinement, des employeurs ont forc&#233; leurs salari&#233;s &#224; se mettre en cong&#233;s pay&#233;s, en profitant du flou de la situation, du discours sur l'h&#233;ro&#239;sme des soignants et du fait que beaucoup de travailleurs pensaient encore qu'ils n'avaient pas le droit au ch&#244;mage partiel tant qu'ils n'avaient pas apur&#233; leurs cong&#233;s pay&#233;s &#8211; ce qui &#233;tait vrai il y a encore quelques ann&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; gouvernement, ces d&#233;rogations sur les cong&#233;s permettront surtout d'&#233;conomiser sur les d&#233;penses li&#233;es au ch&#244;mage partiel. Deux jours avant le conseil des ministres, celui des Comptes publics, G&#233;rald Darmanin, incitait &#224; la t&#233;l&#233;vision les salari&#233;s &#224; prendre des cong&#233;s pay&#233;s pendant le confinement afin de pouvoir travailler plus une fois l'&#233;pid&#233;mie termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Attention danger travail&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ces ordonnances sont compl&#232;tement contradictoires avec la volont&#233; de r&#233;soudre la crise sanitaire, car on prend des mesures &#224; la fois tr&#232;s dangereuses pour la sant&#233; des salari&#233;s et potentiellement accidentog&#232;nes&lt;/i&gt; &#187;, critique Nicolas Borda&#231;ahar. En effet, la l&#233;galisation des 60 heures hebdomadaires va &#224; contresens des 48 heures maximum pr&#233;conis&#233;es par l'Union europ&#233;enne. Un plafond &#233;tabli &#224; partir d'&#233;tudes d&#233;montrant qu'au-del&#224;, le salari&#233; est en &#233;tat d'&#233;puisement et se met gravement en danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, ces d&#233;rogations exposent encore plus les travailleurs au virus. Entre le 22 et le 26 mars, un agent de s&#233;curit&#233; d'un centre commercial d'Aulnay-sous-Bois, un int&#233;rimaire &#224; Roissy et une caissi&#232;re d'un Carrefour de Saint-Denis d&#233;c&#233;daient des suites du coronavirus. En cette fin mars, la CGT a d&#233;j&#224; recens&#233; pr&#232;s de 200 travailleurs infect&#233;s, notamment au sein de l'usine de Renault Cl&#233;on (Seine-Maritime), chez Amazon ou parmi les livreurs. &#171; &lt;i&gt;On a des personnes qui, depuis l'urgence sanitaire, travaillent d&#233;j&#224; en risquant d'&#234;tre contamin&#233;es, mais au lieu de les m&#233;nager, on leur impose des cadences de travail encore plus infernales. Le tout avec moins de repos et jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e !&lt;/i&gt; &#187; s'indigne l'avocat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la CGT ou Solidaires pointent &#233;galement la d&#233;finition tr&#232;s large des secteurs dits &#171; vitaux &#187;, les syndicats redoutent surtout que ces mesures s'appliquent bien au-del&#224; du 31 d&#233;cembre prochain. Il y a effectivement peu de chances que la crise &#233;conomique due au coronavirus soit r&#233;solue d'ici la fin de l'ann&#233;e. Et &#224; l'instar des derni&#232;res mesures d'urgence en mati&#232;re d'antiterrorisme, la tentation sera tr&#232;s grande pour le gouvernement de prolonger ces d&#233;rogations, voire de les int&#233;grer dans le droit commun &lt;i&gt;(lire aussi en p. 7 l'interview de l'avocat Rapha&#235;l Kempf, &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-principes-protecteurs-des' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Les principes protecteurs des personnes inculp&#233;es sont violent&#233;s &#187;&lt;/a&gt;)&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est un effort long auquel nous allons tous ensemble faire face&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;chait le Premier ministre &#201;douard Philippe &#224; la sortie de cet affligeant conseil des ministres. Une d&#233;claration au faux go&#251;t d'union sacr&#233;e que fustige Nicolas Borda&#231;ahar : &#171; &lt;i&gt;Le gouvernement vient de cr&#233;er deux mondes du travail totalement diff&#233;rents, avec deux droits parall&#232;les : d'une part, celui des t&#233;l&#233;travailleurs et de ceux qui pourront se mettre en ch&#244;mage partiel, et d'autre part, celui des gal&#233;riens qui bosseront 60 heures par semaine en mettant gravement en p&#233;ril leur sant&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l Correia&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041755940&amp;categorieLien=id&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ordonnance n&#176; 2020-323 du 25 mars 2020&lt;/a&gt; &#187;, consultable sur le site &lt;i&gt;Legifrance.gouv.fr&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur une p&#233;riode de douze semaines cons&#233;cutives. Pour les travailleurs de nuit, la dur&#233;e hebdomadaire de travail peut d&#233;sormais &#234;tre port&#233;e jusqu'&#224; 44 heures contre 40 heures maximum actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La veille du conseil des ministres, la FNSEA lan&#231;ait une campagne &#171; Des bras pour ton assiette &#187; incitant les Fran&#231;ais &#224; aller travailler dans les champs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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