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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Dans le train pour Oran</title>
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		<dc:creator>Nedjib Sidi Moussa</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le train express venait de quitter la gare pour rejoindre Oran, la capitale de l'ouest. La ville o&#249; partent s'encanailler les Alg&#233;rois tenus par le rigorisme du quotidien et qui cherchent &#224; &#233;chapper, le temps d'une vir&#233;e, &#224; l'ennui structurel... Le train express venait de quitter la gare pour rejoindre Oran, la capitale de l'ouest. La ville o&#249; partent s'encanailler les Alg&#233;rois tenus par le rigorisme du quotidien et qui cherchent &#224; &#233;chapper, le temps d'une vir&#233;e, &#224; l'ennui structurel. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le train express venait de quitter la gare pour rejoindre Oran, la capitale de l'ouest. La ville o&#249; partent s'encanailler les Alg&#233;rois tenus par le rigorisme du quotidien et qui cherchent &#224; &#233;chapper, le temps d'une vir&#233;e, &#224; l'ennui structurel...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e train express venait de quitter la gare pour rejoindre Oran, la capitale de l'ouest. La ville o&#249; partent s'encanailler les Alg&#233;rois tenus par le rigorisme du quotidien et qui cherchent &#224; &#233;chapper, le temps d'une vir&#233;e, &#224; l'ennui structurel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis la voiture de premi&#232;re classe&lt;/strong&gt;, une voix s'&#233;levait, plus forte que celle des autres passagers. C'&#233;tait celle d'un retrait&#233; au front d&#233;garni, aux longues jambes et &#224; l'&#233;l&#233;gance d&#233;su&#232;te dans son costume gris. Dans un fran&#231;ais ch&#226;ti&#233;, il prit &#224; t&#233;moin l'assistance pour d&#233;plorer le manque de confort du Coradia (fabriqu&#233; par Alstom) pourtant mis en service l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Selon lui, il &#233;tait impossible que l'on r&#233;serve un tel sort aux voyageurs de France. Ce qui t&#233;moignait de l'incurie des pouvoirs publics alg&#233;riens, de leur m&#233;pris pour les simples citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un homme d'une quarantaine d'ann&#233;es&lt;/strong&gt;, &#224; la calvitie pr&#233;coce et v&#234;tu d'un polo de couleur vive se sentit oblig&#233; de contredire son a&#238;n&#233; dans un fran&#231;ais tout aussi correct, en roulant les &lt;i&gt;r&lt;/i&gt; de fa&#231;on plus perceptible. Habitu&#233; des d&#233;placements en Suisse, il tint &#224; souligner que les rames en circulation en Alg&#233;rie &#233;taient d'une qualit&#233; bien sup&#233;rieure. Or, le vieux ne connaissait pas la Conf&#233;d&#233;ration helv&#233;tique et dut m&#234;me conc&#233;der n'avoir jamais pris le train dans l'ancienne m&#233;tropole. Ce qui ne l'emp&#234;chait pas d'avoir des id&#233;es bien arr&#234;t&#233;es sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;bat n'en restait pas moins cordial&lt;/strong&gt; et d&#233;borda sur le terrain politique. L'ancien prit l'initiative d'&#233;voquer le &lt;i&gt;hirak&lt;/i&gt; (mouvement de contestation actuel) en faisant part de sa compr&#233;hension pour les protestataires, tant qu'ils ne d&#233;passent pas les limites du raisonnable. Pour lui, il ne fallait surtout pas que le bon peuple alg&#233;rien &#233;coute les mots d'ordre de l'extr&#234;me gauche ou suive l'exemple des Gilets jaunes. Recyclant les &#233;l&#233;ments de langage des tenants du pouvoir, il affirma doctement qu'ils ne devaient pas tous d&#233;gager, par opposition aux slogans lanc&#233;s chaque vendredi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exc&#233;d&#233;&lt;/strong&gt;, pr&#234;t &#224; bondir de son si&#232;ge, le benjamin se lan&#231;a dans un vibrant plaidoyer en faveur des revendications du mouvement populaire. Oui, il fallait qu'ils d&#233;gagent tous et ensuite les Alg&#233;riens participeraient &#224; des &#233;lections transparentes, &#233;difieraient un &#201;tat de droit, consacreraient la citoyennet&#233;, etc. L'ancien ne parut pas insensible &#224; ces arguments mais il insista toutefois sur la n&#233;cessit&#233; d'un retour rapide &#224; l'ordre pour sortir du chaos. Avec l'aide de Dieu, l'arm&#233;e veillerait &#224; sauvegarder les int&#233;r&#234;ts supr&#234;mes de la patrie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Continuant sur sa lanc&#233;e&lt;/strong&gt;, le sexag&#233;naire estimait d'ailleurs que les r&#233;els ennemis de l'Alg&#233;rie &#233;taient les Juifs et les francs-ma&#231;ons qui cherchaient &#224; la d&#233;stabiliser, de jour comme de nuit. L'homme au polo crut bon de pr&#233;ciser qu'il ne fallait pas mettre tous les Juifs dans le m&#234;me sac. C'&#233;taient d'abord les sionistes qui posaient probl&#232;me &#224; ses yeux. Avec cette pirouette de bon aloi, il se r&#233;concilia avec le vieux singe, tout sourire, comme satisfait d'avoir amus&#233; la galerie avec ses man&#339;uvres de propagandiste sur le retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;trangement&lt;/strong&gt;, aucun des autres passagers ne chercha &#224; s'immiscer dans cette conversation men&#233;e &#224; voix haute. Fallait-il attribuer cette r&#233;serve &#224; la m&#233;fiance d&#233;sabus&#233;e dont faisaient preuve les Alg&#233;riens jadis prompts &#224; donner leur avis au premier venu ? &#192; moins que les voyageurs ne pr&#233;f&#233;rassent admirer la beaut&#233; des h&#244;tes ou h&#244;tesses de la Soci&#233;t&#233; nationale des transports ferroviaires qui, par&#233;s de leurs uniformes impeccables, t&#234;tes nues, distribuaient un journal islamo-conservateur en arabe et un quotidien sportif en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s plus de quatre heures&lt;/strong&gt;, une voix f&#233;minine annon&#231;ait dans les deux langues l'arriv&#233;e &#224; Oran, mettant fin aux r&#234;veries des passagers solitaires et aux messes basses des couples l&#233;gitimes. Chacun avait alors une bonne raison de fl&#226;ner sur le front de mer, de s'enrhumer sur les hauteurs de Santa Cruz, d'engloutir une pizza au march&#233; de la Bastille, d'&#233;changer avec une psychologue au restaurant ou de vilipender le pouvoir sur la rue Ben M'Hidi.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nedjib Sidi Moussa&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#192; nous le paradis terrestre !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-nous-le-paradis-terrestre</link>
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		<dc:date>2020-02-27T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
		<dc:subject>excitante nouvelle</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;ditions L'Insomniaque</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;loquent sous-titre</dc:subject>
		<dc:subject>indomptables &#233;ditions</dc:subject>
		<dc:subject>meilleures histoires</dc:subject>
		<dc:subject>histoires anglo-saxonnes</dc:subject>
		<dc:subject>subversion piment&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>enfin traduite</dc:subject>
		<dc:subject>origines jusqu'au</dc:subject>
		<dc:subject>jusqu'au XXe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une des meilleures histoires anglo-saxonnes de la subversion piment&#233;e est enfin traduite en fran&#231;ais sous le titre Le Communalisme et l'&#233;loquent sous-titre &#171; Les Communaut&#233;s affinitaires et dissidentes, des origines jusqu'au XXe si&#232;cle &#187; . Une excitante nouvelle : gr&#226;ce aux indomptables &#233;ditions L'Insomniaque, une des meilleures histoires anglo-saxonnes de la subversion piment&#233;e est enfin traduite en fran&#231;ais sous le titre Le Communalisme et l'&#233;loquent sous-titre &#171; Les Communaut&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/excitante-nouvelle" rel="tag"&gt;excitante nouvelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/editions-L-Insomniaque" rel="tag"&gt;&#233;ditions L'Insomniaque&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-eloquent-sous-titre" rel="tag"&gt;l'&#233;loquent sous-titre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/enfin-traduite" rel="tag"&gt;enfin traduite&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/origines-jusqu-au" rel="tag"&gt;origines jusqu'au&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une des meilleures histoires anglo-saxonnes de la subversion piment&#233;e est enfin traduite en fran&#231;ais sous le titre &lt;i&gt;Le Communalisme&lt;/i&gt; et l'&#233;loquent sous-titre &#171; &lt;i&gt;Les Communaut&#233;s affinitaires et dissidentes, des origines jusqu'au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt; &#187; .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;ne excitante nouvelle : gr&#226;ce aux indomptables &#233;ditions L'Insomniaque, une des meilleures histoires anglo-saxonnes de la subversion piment&#233;e est enfin traduite en fran&#231;ais sous le titre &lt;i&gt;Le Communalisme&lt;/i&gt; et l'&#233;loquent sous-titre &#171; &lt;i&gt;Les Communaut&#233;s affinitaires et dissidentes, des origines jusqu'au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communalism : From Its Origins to the Twentieth Century, Seabury Press, 1974.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'auteur : Kenneth Rexroth&lt;/strong&gt; (1905-1982), un satan&#233; autodidacte encanaill&#233; avec des myriades d'artistes excentriques comme Marcel Duchamp, Allen Ginsberg, Diego Rivera ou d'agitateurs libertaires comme Emma Goldman, Paul Mattick, Alexandre Berkman. Rexroth enseigna &#224; Santa Barbara la chanson rebelle et la po&#233;sie de combat, vint en aide pendant la Seconde Guerre mondiale &#224; moult pacifistes d'origine japonaise harcel&#233;s par la flicaille &#233;tatsunienne, et veilla toute sa vie &#224; &#233;tablir des jonctions entre l'anarcho-syndicalisme farouche des Wobblies&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Membres du syndicat libertaire international IWW (Industrial Workers of the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et l'&#233;picurisme loufoque des Diggers&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mouvement contre-culturel anarchiste actif en Californie &#224; la fin des ann&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#224; la Emmett Grogan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le panorama bross&#233; par le prof insurg&#233;&lt;/strong&gt; des principales exp&#233;riences communalistes tent&#233;es sur notre plan&#232;te s'av&#232;re pour le moins impressionnant puisqu'il comprend toutes les esp&#232;ces de zigotos s'&#233;tant mis &#224; un moment ou un autre &#224; mettre tous leurs biens en commun. Qu'il s'agisse de r&#233;volt&#233;s religieux tr&#232;s rationnels comme les lollards, les hutt&#233;rites, les anabaptistes, ou compl&#232;tement extravagants comme les membres de &#171; la communaut&#233; extatique et orgiastique des adamites de Boh&#232;me &#187; ou les Sons of Freedom d&#233;filant en masse tout nus et br&#251;lant l'argent ainsi que les maisons luxueuses. Qu'il s'agisse des chevaliers anarchistes de l'entraide, des g&#233;ographes &#201;lis&#233;e Reclus et Pierre Kropotkine au d&#233;tonateur-cl&#233; de l'individualisme libertaire aux States Josuah Warren, ou des &#233;meutiers partageux&lt;i&gt; britishs&lt;/i&gt; (les b&#234;cheurs, les niveleurs, les divagateurs) appelant les d&#233;poss&#233;d&#233;s &#224; jouir tout de suite des biens de la terre et &#224; en finir avec la propri&#233;t&#233; priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Minutieusement d&#233;crites et analys&#233;es&lt;/strong&gt; avec une verve croustillante, toutes ces exp&#233;rimentations de modes de vie transgressifs harmonieux donnent en tout cas fichtrement envie de tenter plus et mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous terminons notre tour d'horizon&lt;/strong&gt; avec l'h&#233;r&#233;sie pr&#233;f&#233;r&#233;e de Kenneth Rexroth, celle des Fr&#232;res et des S&#339;urs du Libre-Esprit au XII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Les parpaillots de la secte estimaient qu'il n'y avait &#171; &lt;i&gt;ni dieu au ciel ni ma&#238;tre sur la terre&lt;/i&gt; &#187;, qu'il n'y avait d&#232;s lors plus &#224; suer quatre chemises pour un seigneur ou pour le fils du charpentier, et que le seul p&#233;ch&#233; mortel consistait &#224; ne pas &#234;tre imbu de sa propre divinit&#233;, &#224; ne pas &#171; &lt;i&gt;passer outre aux tabous g&#233;n&#233;ralement admis&lt;/i&gt; &#187;. Quant aux forces d&#233;pens&#233;es dans les &#226;cres exercices du noviciat, il fallait les r&#233;parer par des buffets pantagru&#233;liques, par de longues siestes, par des tenues sh&#233;h&#233;razadesques (qui se portaient sous leurs v&#234;tements monacaux) et des orgies &#224; faire rougir le Malin.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;No&#235;l Godin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Communalism : From Its Origins to the Twentieth Century&lt;/i&gt;, Seabury Press, 1974.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Membres du syndicat libertaire international IWW (Industrial Workers of the World) cr&#233;&#233; en 1905.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mouvement contre-culturel anarchiste actif en Californie &#224; la fin des ann&#233;es 1960.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Sur la Plaine, des vigiles et des coups</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Sur-la-Plaine-des-vigiles-et-des</link>
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		<dc:date>2020-01-16T22:15:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Tomagnetik</dc:subject>
		<dc:subject>Marie</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>
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		<dc:subject>Plaine</dc:subject>
		<dc:subject>vigiles</dc:subject>
		<dc:subject>chantier</dc:subject>
		<dc:subject>Alice</dc:subject>
		<dc:subject>l'un d'eux</dc:subject>
		<dc:subject>Lisa</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour s&#233;curiser le chantier contest&#233; de r&#233;novation de la Plaine, l'entreprise publique charg&#233;e des travaux a fait appel &#224; une soci&#233;t&#233; de s&#233;curit&#233; abonn&#233;e aux exc&#232;s de z&#232;le. Sur fond de sexisme et d'homophobie, les r&#233;cits d'agression se multiplient. Un chantier, des gravats, des vigiles. Bienvenue sur la Plaine (place Jean-Jaur&#232;s), lieu embl&#233;matique d'un Marseille populaire, festif et militant que la mairie se pla&#238;t &#224; imaginer six pieds sous terre. Depuis l'automne dernier, la place se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Tomagnetik" rel="tag"&gt;Tomagnetik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marie" rel="tag"&gt;Marie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-un" rel="tag"&gt;l'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Plaine" rel="tag"&gt;Plaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/vigiles" rel="tag"&gt;vigiles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chantier" rel="tag"&gt;chantier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Alice" rel="tag"&gt;Alice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-un-d-eux" rel="tag"&gt;l'un d'eux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Lisa" rel="tag"&gt;Lisa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour s&#233;curiser le chantier contest&#233; de r&#233;novation de la Plaine, l'entreprise publique charg&#233;e des travaux a fait appel &#224; une soci&#233;t&#233; de s&#233;curit&#233; abonn&#233;e aux exc&#232;s de z&#232;le. Sur fond de sexisme et d'homophobie, les r&#233;cits d'agression se multiplient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH321/-1392-82316.jpg?1779622897' width='500' height='321' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Tomagn&#233;tik
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;n chantier, des gravats, des vigiles. Bienvenue sur la Plaine (place Jean-Jaur&#232;s), lieu embl&#233;matique d'un Marseille populaire, festif et militant que la mairie se pla&#238;t &#224; imaginer six pieds sous terre. Depuis l'automne dernier, la place se refait une &#171; beaut&#233; &#187;. Une r&#233;novation que beaucoup auraient pu accepter, &#224; condition qu'elle ne se fasse pas au prix de l'identit&#233; du quartier. Rat&#233;. Apr&#232;s une &#171; &lt;i&gt;concertation&lt;/i&gt; &#187; bidonn&#233;e et une s&#233;rie de mensonges &#233;hont&#233;s&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entre autres, de vaines promesses de transplantations d'arbres, de pistes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la municipalit&#233; a mis le paquet pour mener &#224; bien son projet de requalification impos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le top d&#233;part des travaux est donn&#233; le 15 octobre 2018, entra&#238;nant une vive contestation suivie d'une r&#233;pression muscl&#233;e. Un mur est m&#234;me &#233;rig&#233; autour des 2,5 hectares de chantier. Un an plus tard, les travaux de la Plaine sont loin d'&#234;tre termin&#233;s, mais une bonne partie dudit mur a &#233;t&#233; retir&#233;. Une partie de la place a &#233;t&#233; restitu&#233;e aux Marseillais et l'on peut aujourd'hui marcher sur une all&#233;e min&#233;ralis&#233;e et aseptis&#233;e pompeusement appel&#233;e &lt;i&gt;rambla&lt;/i&gt;. Marie&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; l'emprunte souvent. Comme ce mercredi soir de septembre.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Sales lesbiennes ! Salopes ! Connasses ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Il est environ minuit quand, rentrant d'une soir&#233;e avec une amie, Marie est prise d'une soudaine envie d'uriner. Faute de toilettes publiques, les deux jeunes femmes d&#233;cident de s'&#233;loigner de l'all&#233;e &#233;clair&#233;e et de p&#233;n&#233;trer dans le chantier. &#201;cartant la grille &#224; demi ouverte, elles tombent nez &#224; nez avec cinq vigiles salari&#233;s de la soci&#233;t&#233; de s&#233;curit&#233; AMGS, un sous-traitant embauch&#233; par la Soleam&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La soci&#233;t&#233; d'&#233;conomie mixte en charge de la &#171; requalification &#187; du quartier.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Marie s'excuse et s'appr&#234;te &#224; faire demi-tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que, raconte Marie, elle et son amie se font violemment agripper par les vigiles. Torrent d'insultes : &#171; &lt;i&gt;Sales lesbiennes&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Salopes&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Connasses&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Choqu&#233;e, l'amie de Marie sort son portable et s'appr&#234;te &#224; filmer. Pas de quoi d&#233;stabiliser les agents qui, toujours d'apr&#232;s Marie, s'emparent de l'objet et poussent les deux jeunes femmes &#224; l'ext&#233;rieur du chantier en les narguant, portable &#224; la main et sourire aux l&#232;vres. Le ton monte.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Et je suis rest&#233;e avec mon sang sur les cuisses &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#234;me soir, Alice rentrait chez elle avec des amies quand elle a entendu hurler : &#171; &lt;i&gt;Les vigiles &#233;taient dans le chantier, les deux filles de l'autre c&#244;t&#233;. On a essay&#233; de n&#233;gocier le t&#233;l&#233;phone.&lt;/i&gt; &#187; En retour, Alice affirme s'&#234;tre fait copieusement insulter : &#171; &lt;i&gt;Petite conne&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Petite pute&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Elle explique aussi s'&#234;tre fait menacer de viol, l'un des vigiles lui signifiant qu'elle n'avait pas int&#233;r&#234;t &#224; le croiser en dehors du chantier. &#171; &lt;i&gt;Ils ont ensuite commenc&#233; &#224; d&#233;truire une barri&#232;re&lt;/i&gt; [d&#233;limitant le chantier] &lt;i&gt;puis l'un d'eux s'est ru&#233; sur moi, m'a gaz&#233;e &#224; bout portant et m'a jet&#233;e &#224; terre. Je me suis relev&#233;e, il m'a rejet&#233;e au sol.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;e sur les lieux, la police embarque Alice, Marie, son amie et une quatri&#232;me personne. Direction le commissariat o&#249; elles passeront plus de quinze heures en garde &#224; vue : autres agents, m&#234;me ambiance. Alice a ses r&#232;gles, mais pas de protections : &#171; &lt;i&gt;Impossible de r&#233;cup&#233;rer un tampon ou une serviette, ils ont refus&#233; de m'en donner. Les flics rigolaient et moi, je suis rest&#233;e avec mon sang sur les cuisses.&lt;/i&gt; &#187; Quant &#224; la quatri&#232;me personne interpell&#233;e, elle effectuera sa garde &#224; vue dans la cellule des hommes alors que, transsexuelle, elle avait demand&#233; &#224; rester avec les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Des bleus sur le cou &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis un an, au comptoir des troquets ou dans les r&#233;unions de l'assembl&#233;e du quartier, les r&#233;cits de ce genre affluent. Parmi eux, celui de Lisa. Le 28 novembre 2018, il est 22 h quand elle p&#233;n&#232;tre dans le chantier qui, &#224; ce moment-l&#224;, est encore int&#233;gralement mur&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je voulais faire quelques photos de la place en l'&#233;tat, la nuit, &lt;/i&gt;explique-t-elle.&lt;i&gt; C'&#233;tait un peu os&#233; c'est s&#251;r, mais je me disais : au pire ils me virent.&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt; C'&#233;tait qu'un jeu.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;T&#233;moignage recueilli par le site Mars infos autonomes : &#171; Menaces de viol, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187; un jeu que les vigiles prennent tr&#232;s au s&#233;rieux. Lisa s'en rend compte et tente de reculer vers la sortie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de passer le portail, l'un d'eux, dit-elle, l'attrape par le sac &#224; dos et la propulse en arri&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Ils m'empoignent par les &#233;paules et commencent &#224; m'insulter : &#8220;Esp&#232;ce de pute, esp&#232;ce de salope, d&#233;gage de l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&#8221;&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Les deux me tiennent, l'un par l'&#233;paule l'autre par le cou. Je commence vraiment &#224; flipper.&lt;/i&gt; &#187; Lisa explique que, malgr&#233; ses efforts pour rester calme, les agents la pousseront &#224; bout jusqu'&#224; ce qu'elle craque et crache &#224; la figure de l'un d'eux. Le surlendemain, elle consulte un m&#233;decin : &#171; &lt;i&gt;Il a constat&#233; des bleus sur le cou, le dos et les deux jambes, avec traces de doigts. Ainsi qu'une grosse bosse sur le sacrum.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il y a plus d'impact quand c'est une femme qui vient se plaindre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Porter plainte ? Lisa s'y est coll&#233;e, Alice et Marie s'y refusent : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que tu veux faire, c'est David contre Goliath&lt;/i&gt; &#187;, se d&#233;sesp&#232;re cette derni&#232;re. Mais sans plaintes, difficile de chiffrer le nombre de personnes concern&#233;es. Ce qui semble d'ailleurs arranger AMGS. Contact&#233;e, la soci&#233;t&#233; conc&#232;de qu'il y a pu y avoir &#171; &lt;i&gt;des interventions muscl&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, mais qui seraient justifi&#233;es par des agressions : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui j'ai plus de bless&#233;s de mon c&#244;t&#233; que ce qu'il y a pu avoir chez eux. Sinon ils se seraient manifest&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Et d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Je veux bien qu'il y ait des t&#233;moignages, mais est-ce qu'il y a des vid&#233;os&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Si l'on se r&#233;f&#232;re &#224; l'histoire de Marie concernant le t&#233;l&#233;phone confisqu&#233; par les vigiles, on comprend que ce genre de preuves puisse &#234;tre difficile &#224; apporter. Qu'importe, pour l'entreprise, ces histoires d'insultes sexistes et de menaces de viols sont de l'ordre de l' &#187; &lt;i&gt;affabulation&lt;/i&gt; &#187;, voire de la manipulation : les opposants au projet auraient &#171; &lt;i&gt;trouv&#233; judicieux de faire intervenir la gent f&#233;minine parce que, dans la soci&#233;t&#233; actuelle, il y a plus d'impact quand c'est une femme qui vient se plaindre en disant &#8220;On a essay&#233; de me violer&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&#8221; que quand c'est un homme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons au passage que des hommes ont aussi fait les frais de l'agressivit&#233; des vigiles. Et s'il est vrai que les agents ont &#233;t&#233; parfois vis&#233;s par des jets de pierres, ils ont eux aussi d&#233;velopp&#233; une certaine app&#233;tence pour l'art du caillassage.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Allez vous bouffer la chatte ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Habitu&#233;e du quartier, Lucia n'a aucun doute sur l'existence des agressions sexistes. Elle a d'ailleurs d&#233;cid&#233; de recueillir des t&#233;moignages pour porter l'affaire en justice, tout en estimant qu' &#187; &lt;i&gt;il y a d'autres modes d'action possibles&lt;/i&gt; &#187;. R&#233;f&#233;rence faite &#224; la marche en mixit&#233; choisie&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans hommes cisgenres, c'est-&#224;-dire dont le genre ressenti correspond au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; organis&#233;e le jeudi 10 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, une bonne centaine de personnes s'&#233;taient donn&#233; rendez-vous sur la place avant de d&#233;ambuler, &#224; la tomb&#233;e de la nuit, dans les rues du quartier. Le cort&#232;ge avait fini par converger de nouveau vers la Plaine, mass&#233; derri&#232;re une banderole sur laquelle on pouvait lire : &#171; &lt;i&gt;Plaines de rage&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Face aux agressions transphobes, lesbophobes et sexistes, on s'organise.&lt;/i&gt; &#187; une sono avait &#233;t&#233; install&#233;e et une boum improvis&#233;e avait rassembl&#233; une trentaine de personnes. Jusqu'&#224; ce que les bleus sifflent la fin de la r&#233;cr&#233;&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur aurait &#233;t&#233; une barri&#232;re de chantier renvers&#233;e. Deux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &#224; grand renfort de gaz lacrymog&#232;ne et de phrases assassines : &#171; &lt;i&gt;Allez vous bouffer la chatte&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Va te laver, crasseuse, t'es d&#233;gueulasse&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Des propos rapport&#233;s par Zo&#233;, qui passait par l&#224; : &#171; &lt;i&gt;Elles sont venues d&#233;noncer le sexisme des vigiles, mais ont re&#231;u le m&#234;me traitement de la part des repr&#233;sentants de l'&#201;tat.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la police, on rejette les accusations de violence : &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait l'une des brigades les plus calmes, experte du maintien de l'ordre dans un secteur o&#249; on n'est pas des plus populaires.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Dispers&#233;e par la police, une manifestation f&#233;ministe tourne mal sur la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &#187; Allez savoir pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Entre autres, de vaines promesses de transplantations d'arbres, de pistes cyclables et de navettes de nuit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La soci&#233;t&#233; d'&#233;conomie mixte en charge de la &#171; requalification &#187; du quartier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;T&#233;moignage recueilli par le site &lt;i&gt;Mars infos autonomes&lt;/i&gt; : &#171; &lt;a href=&#034;https://mars-infos.org/menaces-de-viol-tabassages-3685&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Menaces de viol, tabassages, agressions : les vigiles du chantier de la Plaine en roue libre&lt;/a&gt; &#187; (22/12/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sans hommes cisgenres, c'est-&#224;-dire dont le genre ressenti correspond au sexe biologique assign&#233; &#224; la naissance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur aurait &#233;t&#233; une barri&#232;re de chantier renvers&#233;e. Deux personnes ont &#233;cop&#233; de 42 heures de garde &#224; vue et d'un proc&#232;s pour outrage et r&#233;bellion qui se tiendra en mars.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://marsactu.fr/dispersee-par-la-police-une-manifestation-feministe-tourne-mal-sur-la-plaine/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dispers&#233;e par la police, une manifestation f&#233;ministe tourne mal sur la Plaine&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Marsactu &lt;/i&gt;(16/10/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Les Mcdo &#187; de Saint-Barth' : une lutte de quartier(s)</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Les-Mcdo-de-Saint-Barth-une-lutte</link>
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		<dc:date>2020-01-16T22:15:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>ici</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>McDo</dc:subject>
		<dc:subject>New York</dc:subject>
		<dc:subject>d'en sortir</dc:subject>
		<dc:subject>peine engag&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>envie d'en</dc:subject>
		<dc:subject>McDo France</dc:subject>
		<dc:subject>Horizon born&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la d&#233;fense de 77 emplois dans l'univers impitoyable de la malbouffe, ce qui se joue autour du McDonald's de Saint-Barth&#233;lemy, dans les quartiers Nord de Marseille, concerne une zone urbaine souffrant de s&#233;v&#232;re s&#233;gr&#233;gation territoriale. Une &#233;quipe solidaire, en lien avec les cit&#233;s environnantes, y fait vivre une culture ouvri&#232;re bien ancr&#233;e dans le paysage. &#192; peine engag&#233;s sur le rond-point, on a d&#233;j&#224; envie d'en sortir. Glissi&#232;res de b&#233;ton, terre-plein central encombr&#233; de gravats (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au-del&#224; de la d&#233;fense de 77 emplois dans l'univers impitoyable de la malbouffe, ce qui se joue autour du McDonald's de Saint-Barth&#233;lemy, dans les quartiers Nord de Marseille, concerne une zone urbaine souffrant de s&#233;v&#232;re s&#233;gr&#233;gation territoriale. Une &#233;quipe solidaire, en lien avec les cit&#233;s environnantes, y fait vivre une culture ouvri&#232;re bien ancr&#233;e dans le paysage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3165 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1384-ea694.jpg?1779606178' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#192;&lt;/span&gt; peine engag&#233;s sur le rond-point, on a d&#233;j&#224; envie d'en sortir. Glissi&#232;res de b&#233;ton, terre-plein central encombr&#233; de gravats et autres rebuts du chantier de la voie rapide L2&#8230; Horizon born&#233; par des tours et des barres &#224; la r&#233;putation sulfureuse. Un territoire inhospitalier, sous forte pression immobili&#232;re. Difficile d'imaginer que jusque dans les ann&#233;es 1960, s'&#233;tendaient ici des &#171; campagnes &#187;, un d&#233;dale de chemins ruraux, de terres mara&#238;ch&#232;res, de cabanons&#8230; et le plus vaste bidonville de Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seb range sa BMW sur le parking flanquant la chaotique rotonde. On a rendez-vous avec &#171; les McDo &#187;. Ces derniers temps, on les a vus partout : pendant les jours de col&#232;re qui ont embras&#233; la ville apr&#232;s les effondrements d'immeubles du 5 novembre 2018, sur les piquets des Gilets jaunes, avec les sinistr&#233;s de l'incendie de Maison-Blanche&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; La cit&#233; qui fait des &#233;tincelles &#187;, CQFD n&#176; 180 (octobre 2019).&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, dans la manif pour Steve Maia Cani&#231;o&#8230; &#199;a saute tout de suite aux yeux : le combat ici n'est pas que syndical. Outre l'emploi, on d&#233;fend un espace de convivialit&#233; et de r&#233;sistance aussi improbable que peut l'&#234;tre un fast-food, tout comme la voisine galerie marchande du Merlan&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Gr&#232;ve de ouf au Carrefour du Merlan &#187; (CQFD n&#176; 17, novembre 2004) et &#171; Au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Ou&#8230; un rond-point.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des avantages sociaux rarissimes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On croise d'abord Sophie *, qui vaque en terrasse. Les jeunes du coin l'appellent &#171; maman &#187;. Cette Eurasienne vive et menue travaille ici depuis l'ouverture, en 1992. Rarissime chez McDo. Voil&#224; pourquoi, depuis deux ans, cet endroit atypique, o&#249; les employ&#233;s ont obtenu des avantages sociaux inconnus ailleurs (CDI, treizi&#232;me mois contractualis&#233;&#8230; autant dire la lune), est en butte &#224; la malveillance conjointe de la multinationale et de deux franchis&#233;s. L'enjeu inavou&#233; est de se d&#233;barrasser de ce mauvais exemple pour la bonne marche d'une industrie bas&#233;e sur un radical &lt;i&gt;turn over&lt;/i&gt; de la client&#232;le et des travailleurs. Militant Sud et porte-parole de l'intersyndicale McDo des Bouches-du-Rh&#244;ne, Tony Rodriguez en sourit encore : &#171; &lt;i&gt;L'autre jour, un copain de la Conf&#233;d&#233;ration paysanne me chambrait : &#8220;Nous, un McDo, on le d&#233;monte. Et vous, vous le d&#233;fendez&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&#8221;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la cha&#238;ne US, l'affaire de Saint-Barth&#233;lemy n'est pas un mince probl&#232;me : le march&#233; fran&#231;ais est le plus juteux au monde apr&#232;s les &#201;tats-Unis&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les nouvelles recettes de McDonald's France &#187;, site du journal Les &#201;chos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Les groupements d'enseignes franchis&#233;es se gavent tellement que le sous-directeur de McDonald's France s'est r&#233;cemment mis &#224; son compte, r&#234;vant d'une &lt;i&gt;success story&lt;/i&gt; de franchiseur franchis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la pause. Malik * s'assoit avec un plateau-repas. &#171; &lt;i&gt;Ex-gal&#233;rien des cages d'escalier&lt;/i&gt; &#187;, il fait ici sa premi&#232;re exp&#233;rience du monde du travail : &#171; &lt;i&gt;Je gagne moins, mais on se serre les coudes, et ma m&#232;re dort tranquille.&lt;/i&gt; &#187; In&#232;s *, m&#232;re c&#233;libataire venue du Var il y a dix-sept ans : &#171; &lt;i&gt;J'ai refait ma vie ici, j'habite &#224; c&#244;t&#233;, mes coll&#232;gues de boulot sont devenus des amis. Si je perds &#231;a, je devrai repartir de z&#233;ro.&lt;/i&gt; &#187; En mai dernier, les McDo ont organis&#233; une f&#234;te avec des Gilets jaunes. Des gosses d'une cit&#233; voisine ont dans&#233; et slam&#233; devant le comptoir orn&#233; de T-shirts o&#249; on lisait &#171; &lt;i&gt;Non &#224; la discrimination sociale&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Justice pour Adama &#8211; Pas de justice pas de paix&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les McDo &#187; de Marseille sont mondialement connus. &lt;i&gt;Le New York Times&lt;/i&gt; a fait sa une de leur histoire et ils ont re&#231;u le soutien de coll&#232;gues d'un peu partout dans l'Hexagone, mais aussi des &#201;tats-Unis. McDo France parano&#239;e : apr&#232;s une tentative d'occupation, le si&#232;ge r&#233;gional d'Aix-en-Provence a &#233;t&#233; ferm&#233; pendant dix mois et le personnel somm&#233; de travailler &#224; domicile&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Canard encha&#238;n&#233; (31/07/2019).&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Faillite organis&#233;e &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Reprenons la gen&#232;se de l'histoire. D&#233;but 2018, le franchis&#233; Jean-Pierre Brochiero, &#224; la t&#234;te de six McDo, en c&#232;de cinq au franchis&#233; Mohamed Abassi qui, avec ses m&#233;thodes muscl&#233;es, va maintenant g&#233;rer 14 &#233;tablissements sur Marseille et ses environs. Et le sixi&#232;me ? Saint-Barth&#233;lemy est d&#233;tach&#233; du lot. Un repreneur (le p&#232;re d'un associ&#233; d'Abassi) se d&#233;clare, avec un projet de reconversion en fast food asiatique hallal, &#171; Halifood &#187;. Il s'agit en fait de pr&#233;parer la mise &#224; la rue d'une &#233;quipe trop soud&#233;e. Et d'&#233;carter un d&#233;l&#233;gu&#233; syndical remuant, Kamel Guemari, embauch&#233; ici &#224; l'&#226;ge de 16 ans, et d&#233;sormais sous-directeur. L'inspection du travail refuse son licenciement le 25 juillet 2019. Quelques jours plus tard, &#224; l'entr&#233;e du parking, une voiture fonce sur Kamel, le ratant de peu, puis dispara&#238;t dans un crissement de pneus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 2018, le tribunal de grande instance de Marseille avait barr&#233; la voie &#224; Halifood : projet inconsistant, manque de capital&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; &#199;a s'est pass&#233; comme &#231;a chez McDonald's&#8230; &#187;, CQFD n&#176;169 (octobre 2018).&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Kamel s'agace : &#171; &lt;i&gt;Hali-foutaise, oui&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Ils voulaient nous ghetto&#239;ser. C'est &#224; cause de nos gueules. De nos barbes&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Regarde les &#233;quipiers. Et la client&#232;le : il y en a de toutes les couleurs. Des &#233;l&#232;ves infirmi&#232;res, des lyc&#233;ens, des mamans avec leur smala, et m&#234;me des flics du commissariat d'&#224; c&#244;t&#233;. Ici, on se respecte.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambiance familiale devant et derri&#232;re le comptoir tranche avec le stress anonyme d'un fast food &#171; normal &#187;, o&#249; l'employ&#233; comme le client subissent la cadence m&#233;canique d'une non-vie hyper-rentabilis&#233;e. L&#224;, on croit plonger dans une sc&#232;ne de &lt;i&gt;Brooklyn Boogie&lt;/i&gt;, de Wayne Wang et Paul Auster (1995). Et, comme dans le film culte, des vis&#233;es sp&#233;culatives menacent le lien social : la valeur fonci&#232;re, dans une zone en plein chamboulement, va faire la culbute. Jouxtant le parking, un terrain vague attend l'implantation prochaine d'un laboratoire de recherche scientifique. McDo France, propri&#233;taire des murs et du sol, entend maximiser son investissement initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, on creuse artificiellement le d&#233;ficit : l'&#233;tablissement Saint-Barth&#233;lemy, seul sur un secteur de 160 000 habitants (les 13&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; et 14&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissements, gouvern&#233;s par le RN depuis 2014), n'appara&#238;t plus sur l'appli McDo. Les livraisons &#224; domicile, m&#234;me command&#233;es depuis une cit&#233; voisine (&#171; &lt;i&gt;On a fait le test&lt;/i&gt; &#187;), sont aiguill&#233;es vers l'enseigne de la Blancarde, &#224; plusieurs kilom&#232;tres de l&#224;. Le mobilier n'a pas &#233;t&#233; chang&#233; depuis des lustres. Le service en salle est n&#233;glig&#233; par le patron, qui maintient l'&#233;quipe en sous-effectif. Par contre, quatre vigiles sont grassement pay&#233;s &#224; temps plein pour surveiller les lieux et&#8230; les employ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 septembre 2019, Jean-Pierre Brochiero a sollicit&#233; une proc&#233;dure de sauvegarde pour ce McDo qui lui colle au doigt comme le sparadrap du capitaine Haddock. Le 2 octobre, le tribunal de commerce a nomm&#233; une administratrice parisienne &#8211; les salari&#233;s ayant demand&#233; un d&#233;paysement. Leur avocat, Ralph Blindauer, d&#233;nonce une &#171; &lt;i&gt;faillite organis&#233;e&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Le franchis&#233; veut que le tribunal fasse le sale boulot &#224; sa place&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare-t-il au site d'info &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://marsactu.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marsactu&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. En face, on a &#171; &lt;i&gt;un mouvement social fait de fraternit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, affirme-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il &#233;tait &#233;tudiant, Salim a boss&#233; au McDo Saint-Barth&#233;lemy. Aujourd'hui prof au lyc&#233;e Diderot et militant du Syndicat des quartiers populaires, il accompagne ses ex-coll&#232;gues. &#171; &lt;i&gt;Pourquoi vous montez pas une Scop, comme les Fralibs&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;sistant &#224; une d&#233;localisation impos&#233;e par le groupe Unilever, les employ&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;i&gt; ? un &#8220;Mac-Quartiers&#8221; fabriqu&#233; avec des produits locaux, &#231;a casserait la baraque. Imagine le buzz : &lt;/i&gt;le New York Times &lt;i&gt;en ferait une &#233;dition sp&#233;ciale, s&#251;r&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; On en a d&#233;j&#224; l'eau &#224; la bouche.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* Pr&#233;nom modifi&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire sur le m&#234;me sujet&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ca-s-est-passe-comme-ca-chez' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#199;a s'est pass&#233; comme &#231;a chez McDonald's&#8230;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;169 (octobre 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Les-McDo-de-Marseille-touches-mais' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#8220;Les McDo&#8221; de Marseille : touch&#233;s mais pas coul&#233;s&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;183 (janvier 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/La-cite-qui-fait-des-etincelles' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La cit&#233; qui fait des &#233;tincelles&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 180 (octobre 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Greve-de-ouf-au-Carrefour-du' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Gr&#232;ve de ouf au Carrefour du Merlan&lt;/a&gt; &#187; (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 17, novembre 2004) et &#171; Au Carrefour des f&#233;odalit&#233;s &#187; (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 23, mai 2005) sur la mobilisation des quartiers en soutien &#224; Momo, d&#233;l&#233;gu&#233; syndical emprisonn&#233; sur faux t&#233;moignage d'un vigile. La CGT de ce m&#234;me supermarch&#233; marseillais a r&#233;cemment assign&#233; Carrefour en justice pour avoir encaiss&#233; le CICE (Cr&#233;dit d'imp&#244;t pour la comp&#233;titivit&#233; et l'emploi) tout en d&#233;truisant des emplois. Le tribunal de Marseille rendra sa d&#233;cision le 21 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/les-nouvelles-recettes-de-mcdonalds-france-1026805&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les nouvelles recettes de McDonald's France&lt;/a&gt; &#187;, site du journal &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt; (05/06/2019). On apprend dans cet article que le volume d'affaires des enseignes McDonald's s'est &#233;lev&#233; en 2018 &#224; 5,1 milliards d'euros dans l'Hexagone, berceau de la &#171; grande cuisine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; (31/07/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Ca-s-est-passe-comme-ca-chez' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#199;a s'est pass&#233; comme &#231;a chez McDonald's&#8230;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;169 (octobre 2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#233;sistant &#224; une d&#233;localisation impos&#233;e par le groupe Unilever, les employ&#233;s de l'usine de conditionnement de th&#233; Fralib, &#224; G&#233;menos, pr&#232;s de Marseille, se sont mis &#224; leur compte sous la forme d'une soci&#233;t&#233; coop&#233;rative.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Wild Wild Capitalism</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
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		<dc:subject>center</dc:subject>
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		<dc:subject>&#226;ge d'or</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entre la fin de la guerre de S&#233;cession et l'aube du XXe si&#232;cle, les &#201;tats-Unis vont conna&#238;tre la plus fulgurante p&#233;riode de d&#233;veloppement &#233;conomique (jusqu'au boom chinois des ann&#233;es 1990). Pour le plus grand profit d'une petite &#233;lite politico-industrielle entr&#233;e dans la post&#233;rit&#233; sous le nom de &#171; barons voleurs &#187;. Les blases sont connus et renvoient &#224; un &#226;ge d'or du capitalisme &#233;tatsunien : Rockefeller, Morgan, Carnegie, Vanderbilt. Un syst&#232;me magique qui aurait transform&#233; les loqueteux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entre la fin de la guerre de S&#233;cession et l'aube du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les &#201;tats-Unis vont conna&#238;tre la plus fulgurante p&#233;riode de d&#233;veloppement &#233;conomique (jusqu'au boom chinois des ann&#233;es 1990). Pour le plus grand profit d'une petite &#233;lite politico-industrielle entr&#233;e dans la post&#233;rit&#233; sous le nom de &#171; barons voleurs &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH357/-1404-05a62.jpg?1779622898' width='500' height='357' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk &amp; Replonk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;es blases sont connus et renvoient &#224; un &#226;ge d'or du capitalisme &#233;tatsunien : Rockefeller, Morgan, Carnegie, Vanderbilt. Un syst&#232;me magique qui aurait transform&#233; les loqueteux en milliardaires. Illusion ! Ils sont issus &#224; 90 % des petite et grande bourgeoisies comme l'a montr&#233; &#171; &lt;i&gt;une &#233;tude portant sur les origines de 300 dirigeants de l'industrie textile, des chemins de fer et de l'aci&#233;rie des ann&#233;es 1870 &lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toutes les r&#233;f&#233;rences et citations sont tir&#233;es de : une histoire populaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Au vrai : des voleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La collusion et la corruption&lt;/strong&gt; furent en effet monnaie courante chez ces industriels et leurs complices : membres des gouvernements, parlements, tribunaux et... pr&#233;sidents. Ainsi la ligne ferroviaire reliant la c&#244;te Ouest &#224; la c&#244;te Est s'est construite au prix de centaines de milliers de dollars de pots-de-vin et de dizaines de millions de d&#233;tournements de fonds publics. Si on leur accole le titre de baron, c'est parce qu'ils font payer leur r&#233;ussite &#224; des arm&#233;es de lumpenprol&#233;taires r&#233;cemment d&#233;barqu&#233;s sur le sol am&#233;ricain : des milliers d'Irlandais et de Chinois se tuent &#224; la t&#226;che (litt&#233;ralement, &#224; cause des conditions climatiques extr&#234;mes et des attaques des Indiens) pendant quatre ans pour construire des milliers de kilom&#232;tres de voies avec un ou deux dollars par jour en guise de r&#233;mun&#233;ration. Pour mettre d&#233;finitivement le pays en coupe r&#233;gl&#233;e, ces barons voleurs constitu&#232;rent de puissantes ententes regroupant compagnies ferroviaires, banques et compagnies d'assurance pour commencer. Puis vint le tour de la m&#233;tallurgie, du p&#233;trole et des r&#233;seaux de communication. &#171; &lt;i&gt;Ces industries furent en fait les premiers b&#233;n&#233;ficiaires de cette sorte d' &#8220;&#201;tat providence&#8221;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour mater les r&#233;voltes&lt;/strong&gt; qui ne manqu&#232;rent pas d'&#233;clater, la caste au pouvoir d&#233;ploya l'arsenal classique. Elle stipendia une classe intellectuelle d&#233;versant des flots de propagande dans toutes sortes de feuilles de chou, joua sur les divisions ethniques au sein des ouvriers (enr&#244;lant les Irlandais dans la police notamment) et eut recours &#224; diverses milices quand le contr&#244;le des &#233;v&#233;nements fut pr&#232;s de lui &#233;chapper. On pr&#234;te m&#234;me &#224; Jay Gould, patron de quatre compagnies de chemin de fer, une sentence pour le moins explicite : &#171; &lt;i&gt;Je peux embaucher la moiti&#233; de la classe ouvri&#232;re pour tuer l'autre moiti&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vraie ou fausse&lt;/strong&gt;, la phrase traduit la mentalit&#233; de ces barons voleurs : il n'y a rien que l'argent ne puisse acheter. De la parole aux actes, Gould r&#233;gla un contentieux commercial avec Vanderbilt en envoyant une bande de nervis, le Hell's Kitchen Mob, tabasser les soutiens de son rival. &#192; plusieurs reprises, ce furent de v&#233;ritables batailles rang&#233;es qui oppos&#232;rent les ouvriers en gr&#232;ve et les sicaires de l'agence Pinkerton (pour laquelle Dashiell Hammet, l'auteur du Faucon maltais et surtout de La Moisson rouge, a travaill&#233; pendant cinq ans). Dans les ann&#233;es 1880, les &#201;tats-Unis connurent une situation pr&#233;-r&#233;volutionnaire avec de multiples appels &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale voire &#224; l'insurrection arm&#233;e lanc&#233;s par des syndicats naissants. De 1881 &#224; 1885, le pays enregistra pas moins de 500 gr&#232;ves par an et le mouvement gagna toutes les cat&#233;gories sociales, y compris la population noire et les d&#233;tenus, d&#233;j&#224; nombreux &#224; l'&#233;poque. 1886 constitua un point culminant avec le grand appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai et la r&#233;pression f&#233;roce qui s'ensuivit. Sonn&#233;s par la grande crise &#233;conomique de 1893, les prolos ricains cherch&#232;rent une issue politique &#224; travers l'&#233;mergence d'un mouvement &#171; populiste &#187;. Mais c'est l&#224; une autre histoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Toutes les r&#233;f&#233;rences et citations sont tir&#233;es de : une &lt;i&gt;histoire populaire des &#201;tats-Unis&lt;/i&gt;, Howard Zinn, Agone.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Euromed 2 : la ville est morte, ville la ville !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Euromed-2-la-ville-est-morte-ville</link>
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		<dc:date>2020-01-07T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charly, Oum Ziad</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Yohanne Lamoul&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
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		<dc:subject>logements</dc:subject>
		<dc:subject>d'Euromed</dc:subject>
		<dc:subject>Crottes</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tape</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pr&#233;emptions, d&#233;logements, expulsions de sans-papiers, requalification du port et du march&#233; aux Puces... Les Crottes, quartier immigr&#233; et ouvrier du nord du Marseille, subissent depuis vingt ans les offensives d'Euromed 2, un m&#233;gaprojet urbain au pilotage brutal, qui b&#226;tit &#171; Smartseille &#187;. La ville de demain, mais pas pour tout le monde. Recette en quatre &#233;tapes. &#171; Parce que la vie fait la ville &#187;, mart&#232;lent les panneaux publicitaires d'Euromed 2. Lorsqu'il est accus&#233; de d&#233;loger les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marche" rel="tag"&gt;Marche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Euromed" rel="tag"&gt;Euromed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/panneaux-publicitaires" rel="tag"&gt;panneaux publicitaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/logements" rel="tag"&gt;logements&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Euromed" rel="tag"&gt;d'Euromed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Crottes" rel="tag"&gt;Crottes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Etape" rel="tag"&gt;&#201;tape&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;emptions, d&#233;logements, expulsions de sans-papiers, requalification du port et du march&#233; aux Puces... Les Crottes, quartier immigr&#233; et ouvrier du nord du Marseille, subissent depuis vingt ans les offensives d'Euromed 2, un m&#233;gaprojet urbain au pilotage brutal, qui b&#226;tit &#171; Smartseille &#187;. La ville de demain, mais pas pour tout le monde. Recette en quatre &#233;tapes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3183 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-1402-ba122.jpg?1779604669' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Parce que la vie fait la ville&lt;/i&gt; &#187;, mart&#232;lent les panneaux publicitaires d'Euromed 2. Lorsqu'il est accus&#233; de d&#233;loger les habitants des Crottes&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le quartier tire son nom d'un mot proven&#231;al signifiant &#171; grottes &#187;.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, quartier-village de Marseille situ&#233; entre le m&#233;tro Bougainville et les docks, l'&#233;tablissement public d'am&#233;nagement pr&#233;tend construire sur des friches, dans des lieux &#171; &lt;i&gt;d&#233;grad&#233;s&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;enclav&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. C'est vite oublier qu'il am&#233;nage un quartier non pas d&#233;c&#233;d&#233; de mort naturelle, mais tu&#233; par plusieurs d&#233;cennies de d&#233;litement programm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;tape 1 : r&#233;duisez le prolo&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, des maisons ouvri&#232;res poussent autour des fonderies et usines d'alumine. Face aux docks, les Crottes s'activent dans la r&#233;paration navale et l'agroalimentaire. Des marins au long cours, du S&#233;n&#233;gal, des Comores et du Maghreb grossissent les rangs des dockers d'apr&#232;s-guerre. Le quartier devient l'arri&#232;re-cour des activit&#233;s portuaires de Marseille, propice aux marchandages et &#224; l'embauche, prolongeant la sociabilit&#233; &#224; la sortie du travail sur le zinc des comptoirs ouvriers de la rue de Lyon. Dans les ann&#233;es 1970, l'agonie du port laisse place &#224; l'essence et &#224; la ferraille des Volkswagen, Ford et Peugeot. Et leur lot de casses automobiles et de restaurants ouvriers, o&#249; les manutentionnaires africains et nord-africains investissent les cuisines et les circuits courts de la vente informelle. Une nouvelle &#233;poque se dessine, avec la mont&#233;e du ch&#244;mage, la bidouille et les taudis qui se d&#233;gradent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 2000, le reflux des industries du littoral laisse &#224; d&#233;couvert des friches qui attisent la convoitise des promoteurs : Nexity, Constructa et autres Bouygues. L'op&#233;ration urbaine Euromed 2, sur le p&#233;rim&#232;tre des Crottes, est annonc&#233;e en 2007, dans le prolongement d'Euromed 1, poursuivant la conversion des docks en zone tertiaire et r&#233;sidentielle de haut standing. Sous les bulldozers d'Eiffage, les huit vieilles chemin&#233;es de la centrale &#233;lectrique du Cap Pin&#232;de sont remplac&#233;es par l'&#238;lot d&#233;monstrateur d'Euromed appel&#233; Smartseille, &#233;co-cit&#233; labellis&#233;e de 4 000 logements et 58 000 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; de bureaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euromed lorgne aussi sur le foncier de la raffinerie de sucre d&#233;clinante Saint Louis, qui avait accus&#233; la suppression de 80 emplois en 2015. Les syndicats vocif&#232;rent contre cette sp&#233;culation par l'immobilier du tertiaire, qui s'accommode tr&#232;s bien du d&#233;clin forc&#233; des activit&#233;s ouvri&#232;res : ce ne sont s&#251;rement pas les 20 000 emplois &lt;i&gt;high tech&lt;/i&gt; annonc&#233;s qui r&#233;sorberont les 34 % de taux de ch&#244;mage chez les habitant&#8226;es du quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, avec le d&#233;part de la client&#232;le ouvri&#232;re et la relocalisation contrainte des concessionnaires automobiles vers la zone commerciale sud (La Valentine), les caf&#233;s, salons de coiffure et autres petits commerces disparaissent &#224; leur tour. Puis la d&#233;claration d'utilit&#233; publique (DUP) de 2017 fournit &#224; Euromed l'arsenal juridique pour achever les derni&#232;res &#233;choppes : les indemnisations d'&#233;viction sont index&#233;es sur le chiffre d'affaires des deux derni&#232;res ann&#233;es, r&#233;duites &#224; peau de chagrin, quitte &#224; imposer une retraite anticip&#233;e aux tenanciers : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a plus de clients depuis que les bo&#238;tes ont ferm&#233;. Mon chiffre d'affaires a &#233;t&#233; divis&#233; par deux. Avec ce qu'ils me donnent, je ne pourrai jamais repartir ailleurs&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne le propri&#233;taire d'un snack historique de la rue de Lyon. Comme un dernier coup de massue &#224; la survie des Crottes, la construction du centre social est avort&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;tape 2 : blanchissez les Puces&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mardi 22 octobre 2019, un violent orage s'abat sur Marseille et propage le feu dans le march&#233; aux Puces, le c&#339;ur battant des Crottes. 200 forain&#8226;es sont &#233;vacu&#233;&#8226;es de ce lieu hors normes, informel et foisonnant, o&#249; le Marseille populaire se presse &#224; la recherche de bonnes affaires. On a fr&#244;l&#233; le coup de gr&#226;ce, alors que l'existence du march&#233; est remise en cause par un chantier attenant de Bouygues &#8211; 14 hectares d'&#233;quipements, logements et bureaux neufs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Form&#233;es spontan&#233;ment dans les ann&#233;es 1970 sur les espaces p&#233;riportuaires, les Puces n'en sont pas &#224; leur premi&#232;re correction disciplinaire. En 1989, elles ont &#233;t&#233; la cible du maire Robert Vigouroux, qui a tent&#233; de les canaliser sur la friche de l'usine Alsthom&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'emplacement actuel du march&#233;, entre l'avenue du Cap-Pin&#232;de, le boulevard (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Brocanteurs, brocanteuses et antiquaires, escort&#233;&#8226;es dans l'enceinte du nouveau site, sont tri&#233;s entre bon grain et ivraie. Les forain&#8226;es r&#233;fractaires &#224; la structuration du march&#233; alimentaire par le MIN (March&#233; d'int&#233;r&#234;t national) des Arnavaux doivent &#234;tre mis&#8226;es au ban. Malgr&#233; les 300 policiers qui d&#233;m&#233;nagent &lt;i&gt;manu militari&lt;/i&gt; les &#233;talages, l'offensive est d&#233;jou&#233;e : la gr&#232;ve des l&#233;gumiers-l&#233;gumi&#232;res et des marchand&#8226;es ambulant&#8226;es, l'&#233;nergie de survie de la population, tributaire du syst&#232;me D, et la fluidit&#233; des circuits d'approvisionnement m&#233;diterran&#233;ens des commer&#231;ant&#8226;es immigr&#233;&#8226;es d&#233;bordent le programme officiel&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le lien et le gain : ethnographie d'une place marchande informelle, le cas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. On estime la fr&#233;quentation actuelle &#224; 100 000 visiteurs et visiteuses par semaine pour 600 forain&#8226;es et plus de 1 000 emplois. Sans compter le &#171; off &#187;, boulevard du Capitaine-G&#232;ze : des &#233;tals &#224; m&#234;me le sol, qui s'allongent au gr&#233; des interdits de vente &#224; la sauvette dans le centre-ville et de la pr&#233;carisation des conditions d'accueil des nouveaux migrant&#8226;es : &#171; &lt;i&gt;Je vends des p&#226;tisseries maison pour faire vivre ma famille&lt;/i&gt; &#187;, confie Amal *, fra&#238;chement d&#233;barqu&#233;e d'Alger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bijoux de pacotille, hard-discount hallal et outillage professionnel c&#244;toient sapes de seconde main et cagettes de l&#233;gumes vendues en cul de camion. La mosqu&#233;e Al Isl&#226;h, la salle des f&#234;tes et les caf&#233;s renforcent la centralit&#233; de ce Marseille &#233;loign&#233; des cartes postales. Mais cette zone de marginalit&#233; est bel et bien dans le collimateur des am&#233;nageurs d'Euromed 2. Les forain&#8226;es craignent que la restructuration du march&#233; officiel hausse le co&#251;t de location et exclut ceux qui d&#233;pendent d'une vente &#224; bon march&#233;. Quant aux vendeurs et vendeuses &#224; la sauvette, ils sont de plus en plus stigmatis&#233;s par les &#233;diles locaux, qui accentuent harc&#232;lement policier et d&#233;nigrement m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3184 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH413/-1403-a81bf.jpg?1779606179' width='400' height='413' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Yohanne Lamoul&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;tape 3 : hachez proprios et locataires&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Retour rue de Lyon, o&#249; Euromed met les petits proprios &#224; la d&#233;coupe : &#171; &lt;i&gt;J'ai pass&#233; ma vie d'ouvrier &#224; me battre pour acheter cet appartement, je me suis endett&#233; sur vingt ans, j'ai termin&#233; de rembourser mon pr&#234;t il y a deux ans et ils me virent pour une bouch&#233;e de pain&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; s'indigne Bernard. Les propri&#233;taires occupant&#8226;es sont indemnis&#233;&#8226;es au prix du march&#233;, point. Mais qui accepterait sans sourciller le prix mis&#233;rable d'un march&#233; immobilier asphyxi&#233; par quinze ans de politique de pr&#233;emption pour un foyer qui repr&#233;sente les &#233;conomies d'une vie ? &#171; &lt;i&gt;On ne peut rien acheter, on a essay&#233; de louer mais on s'est fait refuser parce que nos retraites sont trop petite&lt;/i&gt;s &#187; : Bernard et Jeanne, octog&#233;naires, indemnis&#233;s 1 000 &#8364; le m&#232;tre carr&#233;, peinent &#224; retrouver un logement &#233;quivalent dans le quartier. Ils s'en sont sortis un temps gr&#226;ce &#224; un voisin qui leur louait un studio. Las : ce dernier s'est vu &#224; son tour expropri&#233;, ce qui a oblig&#233; le couple &#224; refaire ses valises. Deux nouvelles portes mur&#233;es sont donc venues s'ajouter &#224; la collection d&#233;j&#224; bien fournie du quartier : depuis 2003, toute cession immobili&#232;re y fait syst&#233;matiquement l'objet d'un rachat contraint par Euromed et d'une &#171; &lt;i&gt;mise en s&#233;curit&#233;&lt;/i&gt; &#187; qui consiste &#224; murer et &#224; d&#233;vitaliser les logements &#8211; cuisines et salles de bains sont d&#233;molies &#224; coups de massue. Petit &#224; petit, le quartier se vide : &#171; &lt;i&gt;J'ai l'impression de vivre avec des fant&#244;mes&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare une habitante, d&#233;signant de la t&#234;te les deux portes mur&#233;es de son palier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les promesses de la DUP&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La ZAC Littorale elle-m&#234;me doit &#234;tre le lieu de cr&#233;ation de plus de 1 300 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, les propositions de relogement re&#231;ues par les locataires des logements rachet&#233;s sont bien &#233;loign&#233;es des constructions flambant neuves. &#201;tonnant qu'un &#233;tablissement qui a vendu des milliers de m&#232;tres carr&#233;s de ville &#224; des promoteurs priv&#233;s ne parvienne pas &#224; n&#233;gocier, dans les milliers de nouveaux logements qu'il fait sortir de terre, une cinquantaine de places pour les locataires qu'il d&#233;loge. Face &#224; la p&#233;nurie de logements sociaux &#224; Marseille, Euromed, par courrier, invite m&#234;me certains d&#233;log&#233;s &#224; &#171; &lt;i&gt;effectuer des recherches de&lt;/i&gt; [leur] &lt;i&gt;c&#244;t&#233;&lt;/i&gt; &#187; dans le priv&#233;. La lettre ajoute que depuis &#171; &lt;i&gt;le drame de la rue d'Aubagne en novembre dernier, la Ville de Marseille est confront&#233;e &#224; une crise du logement sans pr&#233;c&#233;dent&lt;/i&gt; &#187;. &#192; sa r&#233;ception, Ali s'exclame &#224; bout de nerfs : &#171; &lt;i&gt;Ils construisent 30 000 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;logements et ils sont pas foutus de nous en trouver un ? Avec ce que je gagne, je vais me retrouver dans un immeuble qui s'effondre&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Depuis sa fen&#234;tre, on aper&#231;oit Smartseille, o&#249; on vient de lui refuser une place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 mars 2018, Euromed y organise une r&#233;union de concertation. Le collectif de la rue de Lyon &#171; On se laisse pas faire &#187; s'y invite. Face aux habitant&#8226;es d&#233;log&#233;.es qui expriment leur col&#232;re au sujet de la d&#233;gradation du quartier, des expropriations &#224; bas prix et de l'avenir du march&#233; aux Puces, le communicant d&#233;roule imperturbablement son PowerPoint : devant les images de synth&#232;se des toits-terrasses avec vue sur mer, construits sur les ruines de leurs logements, une habitante se r&#233;volte : &#171; &lt;i&gt;On me vire de chez moi, pourquoi je ne pourrais pas aller l&#224;-bas&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;tape 4 : Les yeux dans le bouillon des squatteurs&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Restent quelques tranches de vie dans un quartier balay&#233; par la brutalit&#233; sp&#233;culative : les squatteurs et les squatteuses. Encore une fois, Euromed est tout &#233;quip&#233; pour d&#233;blayer le terrain : gardiennage syst&#233;matique des portes, prestataire de s&#233;curit&#233; priv&#233;e et encouragement des voisins &#224; la d&#233;lation. Depuis un an et demi, personne n'est parvenu &#224; se loger dans le b&#226;ti propri&#233;t&#233; d'Euromed. Quand il n'est pas encore en possession d'un b&#226;timent squatt&#233; mais aspire &#224; l'acqu&#233;rir, Euromed ne se prive pas de mettre la pression au propri&#233;taire pour que les occupant&#8226;es soient expuls&#233;&#8226;es avant rachat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 septembre dernier, 400 exil&#233;&#8226;es sont ainsi d&#233;log&#233;&#8226;es de deux squats rue Magallon, o&#249; ils avaient trouv&#233; refuge pendant leur proc&#233;dure d'asile. Lors de l'op&#233;ration de police, seuls vingt-huit d'entre eux, consid&#233;r&#233;s comme &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s vuln&#233;rables&lt;/i&gt; &#187;, sont conduits dans des centres d'h&#233;bergement d'urgence. La plupart des autres se rabattent sur les appartements abandonn&#233;s de la cit&#233; Kalliste. D'autres s'installent &#224; quelques dizaines de m&#232;tres du squat, sous une passerelle de m&#233;tro d&#233;saffect&#233;e, entour&#233;e de b&#226;timents vides, de d&#233;charges et de friches. Mais, apparemment, ici aussi ils d&#233;rangent : quelques jours plus tard la police d&#233;molit les quelques cartons et pneus entass&#233;s pour abriter les affaires du vent, jetant effets personnels et papiers d'identit&#233; dans une benne. Face &#224; la double peine de la politique de gentrification coupl&#233;e au harc&#232;lement policier des exil&#233;&#8226;es, Ayola explose : &#171; &lt;i&gt;Mais ils veulent qu'on aille o&#249;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Le squat &#233;tait pourri, sans eau, bond&#233;, bruyant et pas un endroit o&#249; s'allonger. Maintenant on se cache ici, dans la rue, y a personne, on d&#233;range personne. Et ils nous d&#233;gagent encore&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Qu'est-ce qu'ils veulent&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Qu'on cr&#232;ve&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?!&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore quelques ann&#233;es et Euromed pourra affirmer apporter de nouvelles vies dans un quartier mort. Qu'il aura lui-m&#234;me tu&#233;. En attendant l'arriv&#233;e des bulldozers, il ne reste plus qu'&#224; tenir la fa&#231;ade de ces alignements de maisons fant&#244;mes et &#224; se pr&#233;munir contre les intrusions des squatteurs et squatteuses. Quoi de mieux que des cam&#233;ras ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#171; &lt;i&gt;yeux dans le quartier&lt;/i&gt; &#187;, pour reprendre l'expression d'un bureaucrate d'Euromed. Des yeux, des vrais, et si possible port&#233;s par des visages qui offriront une belle vitrine aux investisseurs de demain : des yeux d'artistes, d'artisan&#8226;es &#233;co-responsables, de startuppers pleins de belles id&#233;es, enclins &#224; jeter un &#339;il sur le voisinage et qui, s&#251;rs de leur bon droit, d&#233;nonceront l'exil&#233;&#8226;e qui tentera de s'introduire ill&#233;galement dans le b&#226;timent vide d'&#224; c&#244;t&#233;. Pour cela, l'urbanisme temporaire offre une solution cl&#233; en main : fresques urbaines, festivals de musique, ateliers d'artistes, &#233;conomie sociale et solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euromed n'a pas oubli&#233; les bonnes vieilles techniques : faire venir quelques bobos dans le quartier a toujours &#233;t&#233; le lubrifiant id&#233;al pour faire passer la pilule de la gentrification.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;tape 5 : Et maintenant, flambez !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Charly &amp; Oum Ziad&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le quartier tire son nom d'un mot proven&#231;al signifiant &#171; grottes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'emplacement actuel du march&#233;, entre l'avenue du Cap-Pin&#232;de, le boulevard du Capitaine-G&#232;ze et la rue de Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le lien et le gain : ethnographie d'une place marchande informelle, le cas du march&#233; aux Puces &#224; Marseille&lt;/i&gt;, Michel Peraldi et V&#233;ronique Manry, Laboratoire m&#233;diterran&#233;en de sociologie, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;La ZAC Littorale elle-m&#234;me doit &#234;tre le lieu de cr&#233;ation de plus de 1 300 logements sociaux dont certains seront r&#233;alis&#233;s avant les premi&#232;res d&#233;molitions pr&#233;vues sur la rue de Lyon.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sp&#233;culateurs sur la ville</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Speculateurs-sur-la-ville</link>
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		<dc:date>2020-01-02T14:41:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Patxi Beltzaiz</dc:subject>
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&lt;p&gt;Apr&#232;s Gouverner Marseille en 2005 et Sociologie de Marseille en 2015, Michel Peraldi poursuit son oeuvre de d&#233;mystification de la cit&#233; phoc&#233;enne dans Marseille en r&#233;sistance &#224; para&#238;tre en 2020. Loin des clich&#233;s et des clins d'yeux du marketing territorial, le sociologue aligne les faits et les analyses qui remettent la ville &#224; sa juste place : une cit&#233; provinciale banale dans laquelle les prix tr&#232;s bas du foncier attirent petits et gros investisseurs. Entretien. En 2015, vous insistiez sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Patxi-Beltzaiz-118" rel="tag"&gt;Patxi Beltzaiz&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une-ville" rel="tag"&gt;d'une ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/classe-moyenne" rel="tag"&gt;classe moyenne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s &lt;i&gt;Gouverner Marseille &lt;/i&gt;en 2005 et&lt;i&gt; Sociologie de Marseille&lt;/i&gt; en 2015, Michel Peraldi poursuit son oeuvre de d&#233;mystification de la cit&#233; phoc&#233;enne dans Marseille en r&#233;sistance &#224; para&#238;tre en 2020. Loin des clich&#233;s et des clins d'yeux du marketing territorial, le sociologue aligne les faits et les analyses qui remettent la ville &#224; sa juste place : une cit&#233; provinciale banale dans laquelle les prix tr&#232;s bas du foncier attirent petits et gros investisseurs. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH328/-1400-f7ed3.jpg?1779622899' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Patxi Beltzaiz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2015, vous insistiez sur l'&#233;cart entre ville imagin&#233;e et ville habit&#233;e. Comment ces diff&#233;rentes l&#233;gendes participent-elles &#224; troubler la compr&#233;hension de la ville ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut rester vigilant avec cette histoire de particularisme marseillais car toutes les villes ont une l&#233;gende. Dans le cas de Marseille, on observe une superposition des l&#233;gendes : au cours des si&#232;cles, entre la ville mondiale et la ville provinciale centr&#233;e sur son r&#244;le administratif local, toutes sortes de repr&#233;sentations sont venues se concat&#233;ner. C'est le cas quand on stigmatise le Marseille-Chicago des stups et du stupre. &#199;a l'est aussi quand on chante les r&#233;ussites d'une cit&#233; cosmopolite. Si on regarde la r&#233;alit&#233; actuelle avec les lunettes du sociologue, on peut affirmer que Marseille est bien moins cosmopolite que Paris et peut-&#234;tre moins aussi que certaines villes &#233;tudiantes comme Poitiers ! Ce cosmopolitisme, qui a exist&#233; lorsqu'elle a &#233;t&#233; un aimant, un refuge ou une &#233;tape pour des humanit&#233;s en mouvement, constitue aujourd'hui une part de son capital immat&#233;riel au sens de l'Unesco, un march&#233; pour les professionnels du tourisme, un motif de r&#233;inventions pour toute une classe moyenne intellectuelle. Tous cherchent &#224; se r&#233;approprier cette l&#233;gende. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La banalit&#233;, fil conducteur dans votre travail pour saisir objectivement Marseille, est tristement confirm&#233;e par Euromed. Ce projet m&#233;galo pilot&#233; par l'&#201;tat qui vise &#224; la recr&#233;ation d'une ville de toutes pi&#232;ces en lieu et place des quartiers de la zone portuaire est prolong&#233; par les chantiers du Vieux-Port ou de la Plaine &lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour d&#233;signer les premiers am&#233;nagements de la requalification de la place (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;. Trahit-il la volont&#233; des pouvoirs locaux de faire table rase de l'existant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On d&#233;passe ici le seul registre de la banalit&#233; pour se confronter &#224; un travail de normalisation que l'on retrouve dans toutes les grandes m&#233;tropoles. Les urbanistes s'appuient sur des usages st&#233;r&#233;otyp&#233;s de l'espace public, marqu&#233;s par la dimension s&#233;curitaire et la volont&#233; de produire une sorte de r&#233;enchantement touristique &#224; l'instar de ce que j'ai pu observer dans mon livre &lt;i&gt;Marrakech ou le souk des possibles&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La D&#233;couverte, 2018.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Il s'agit aussi de rendre la ville conforme &#224; l'id&#233;al de confort qui serait propre aux classes moyennes. Euromed est l'arch&#233;type de cette variante marseillaise du nulle part que l'on retrouve &#224; la D&#233;fense &#224; Paris ou &#224; la Part-Dieu &#224; Lyon. Mais ce qui me sid&#232;re le plus, c'est le processus de &#8220;conformisation&#8221;, de banalisation du commerce enclench&#233; par les marques franchis&#233;es, transformant des rues enti&#232;res en hall d'a&#233;roport l&#224; o&#249; battait le pouls d'un bazar m&#233;langeant une infinit&#233; de types de relations, commerciales ou non. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec un taux d'homicides li&#233;s au banditisme tr&#232;s &#233;lev&#233;, des quartiers parmi les plus pauvres d'Europe, une concentration de l'habitat insalubre et une classe politique d'une m&#233;diocrit&#233; rare, la singularit&#233; de Marseille serait-elle celle d'une ville laiss&#233;e &#224; l'abandon pour faciliter une vaste op&#233;ration d'&#233;puration sociale &#224; l'encontre des classes populaires, en suivant une strat&#233;gie du choc ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avec Jean-Claude Gaudin, c'est une petite bourgeoisie affairiste qui a pris le pouvoir pour nettoyer la ville et cr&#233;er les conditions d'un capitalisme sp&#233;culatif autour de la valeur du foncier. De m&#234;me, industriels importants et grande bourgeoisie sont pr&#233;sents et actifs sur la cit&#233; phoc&#233;enne pour se livrer &#224; des op&#233;rations de sp&#233;culation immobili&#232;re. Et je tiens &#224; souligner que la ville ne compte pas forc&#233;ment plus de d&#233;c&#232;s li&#233;s &#224; la criminalit&#233; organis&#233;e que la banlieue parisienne ou la Corse. Elle sert de bouc &#233;missaire par rapport &#224; des situations tr&#232;s r&#233;pandues sur tout le territoire avec des modes d'approvisionnement des stup&#233;fiants et des niveaux de consommation similaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la m&#233;diocrit&#233; suppos&#233;e du personnel politique local, l&#224; aussi peut-on vraiment parler d'une singularit&#233; ? Gaudin, Martine Vassal &lt;i&gt;[pr&#233;sidente LR du D&#233;partement]&lt;/i&gt; ou Renaud Muselier &lt;i&gt;[pr&#233;sident LR de la R&#233;gion]&lt;/i&gt; sont-ils plus bas de plafond que les Balkany ou Fran&#231;ois Hollande ? Si on veut voir une d&#233;cr&#233;pitude de la classe politique, c'est davantage &#224; l'&#233;chelle nationale qu'il faut regarder. Avec l'&#233;quipe Gaudin, on a assist&#233; &#224; une transformation du profil social des hommes et femmes politiques par rapport &#224; l'&#233;poque de Gaston Defferre &lt;i&gt;[maire &#171; socialiste&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; de 1953 &#224; 1986]&lt;/i&gt;, qui &#233;tait entour&#233; de grands avocats p&#233;nalistes, de professeurs d'universit&#233;, de m&#233;decins renomm&#233;s. &#192; partir de 2000, vient le r&#232;gne des petits commer&#231;ants, promoteurs immobiliers et avocats d'affaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Insistant sur la d&#233;cadence &#233;conomique de la ville, vous affirmez en 2005 que &#171; Marseille est une &#233;toile &#233;conomiquement morte dont la lumi&#232;re continue de briller &#187;. L'attractivit&#233;, surtout touristique, pour laquelle la municipalit&#233;, la M&#233;tropole et le D&#233;partement investissent des capitaux importants, ne serait-elle qu'une l&#233;gende suppl&#233;mentaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le renouveau &#233;conomique marseillais ne profite qu'&#224; une fraction de la population. Cela marque le passage d'une ville industrielle autour de l'activit&#233; portuaire &#224; une ville sp&#233;culative. On peut prendre l'exemple de feu Jacques Saad&#233;, patron de la CMA CGM &#8211; leader mondial du transport maritime en conteneurs &#8211;, qui installe son si&#232;ge dans une tour cens&#233;e inaugurer la &lt;i&gt;skyline&lt;/i&gt; marseillaise. Mais on n'y trouve que 4 % de son personnel alors que l'essentiel de l'activit&#233; de la compagnie se situe &#224; Tanger au Maroc et Port-Sa&#239;d en &#201;gypte. Un autre gratte-ciel va voir le jour avec Bouygues et Sodexo est sur les rangs. Le nerf de cette attractivit&#233; reste la faiblesse des prix du foncier dans la perspective de s'assurer une rente immobili&#232;re car Marseille est encore la moins ch&#232;re des grandes villes d'Europe de l'Ouest. Pour quelles retomb&#233;es &#233;conomiques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les quartiers Nord ou &#224; la Belle-de-Mai, cela ne fournit pas d'emploi &#224; ceux qui sont rest&#233;s &#224; quai : la ville red&#233;marre sans la population qui y vit. Dans le domaine de l'&#233;conomie cr&#233;ative, on peut prendre l'exemple de la s&#233;rie &#224; succ&#232;s &lt;i&gt;Plus belle la vie &lt;/i&gt;qui a donn&#233; du boulot &#224; 8 000 personnes depuis sa cr&#233;ation en 2004. Mais la plupart des contrats propos&#233;s sont ultra-pr&#233;caires et flexibles &#224; l'&#233;chelle nationale. Quelques individus des quartiers pourront en b&#233;n&#233;ficier mais ce sera toujours une goutte d'eau dans un oc&#233;an de ch&#244;mage et de pauvret&#233; tant il s'agit d'un march&#233; complexe, reposant sur des r&#233;seaux personnels et prenant une dimension europ&#233;enne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parmi les th&#232;mes qui servent &#224; vendre la ville, il y a donc cette image d'un cosmopolitisme marseillais r&#233;ussi. Qu'en est-il de ce m&#233;lange harmonieux des communaut&#233;s ? De l'h&#233;g&#233;monie d'une d&#233;mocratie chr&#233;tienne plut&#244;t blanche, catholique ou protestante, &#224; la sauce marseillaise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;lectorat captif de Gaudin, ce sont 100 000 personnes concentr&#233;es dans 3 ou 4 arrondissements au sud de la ville. Leur profil type est d'&#234;tre blanc, europ&#233;en, appartenant aux classes moyennes &#8211; commer&#231;ants, fonctionnaires, professions lib&#233;rales. Mais &#231;a ne mange pas de pain d'aller passer une heure avec les communaut&#233;s et &#231;a peut m&#234;me participer &#224; consolider la stature d'un maire soucieux d'&#339;cum&#233;nisme, de rassemblement religieux&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans les documentaires de Michel Samson et Jean-Louis Comolli, on voit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. C'est un message qui satisfait les int&#233;r&#234;ts de la haute hi&#233;rarchie catholique et Gaudin en est tr&#232;s proche. De plus, l'&#233;dile marseillais est un bon acteur, il sait incarner ce r&#244;le. Ce qui renforce ma conviction que plus les soci&#233;t&#233;s se complexifient, travers&#233;es qu'elles sont par des influences nationales, europ&#233;ennes voire mondiales, plus la fonction politique se r&#233;duit &#224; un th&#233;&#226;tre. Et quoi de mieux que la r&#233;f&#233;rence au cosmopolitisme pour soigner d&#233;cor et couleur locale ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous attirez l'attention sur ces couches moyennes qui pourraient jouer un r&#244;le majeur dans la reconfiguration de la ville, dans sa gentrification. Alors que les &#233;lections municipales se profilent et que l'actualit&#233; marseillaise a &#233;t&#233; domin&#233;e par les effondrements du 5 novembre 2018, une reconfiguration politique semble s'amorcer. Signe d'un basculement possible de ces couches moyennes vers une v&#233;ritable alternative sur les d&#233;combres de la d&#233;mocratie chr&#233;tienne (PS-LR) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'importance grandissante de ces couches moyennes trahit les &#233;volutions sociologiques de la population marseillaise en lien avec la transformation de la ville : la disparition de la classe ouvri&#232;re li&#233;e aux activit&#233;s de la zone industrialo-portuaire. Comment faire le portrait de cette classe moyenne compos&#233;e de &#8220;&lt;i&gt;ceux qui montent et de ceux qui descendent&lt;/i&gt;&#8221; selon le sociologue Pierre Bourdieu ? C'est un ensemble tr&#232;s flou avec un groupe d'affairistes autour de commer&#231;ants, d'entrepreneurs, de promoteurs, de consultants que l'on retrouve parmi tous les conseillers municipaux de Gaudin, un groupe de cr&#233;atifs autour des m&#233;tiers artistiques et de la communication, un groupe plus traditionnel enfin autour des fonctionnaires territoriaux, des profs. Ces derniers sont aujourd'hui tr&#232;s &#233;loign&#233;s d'un syst&#232;me politique dans lequel ils ne se reconnaissent plus apr&#232;s la d&#233;composition de la gauche. Ils sont attach&#233;s &#224; un certain format intellectuel du d&#233;bat politique, lequel n'est pas soluble dans la basse politique. D&#232;s lors, une frange non n&#233;gligeable de la classe moyenne se retrouve dans les collectifs, les associations, les grands d&#233;bats autour des questions environnementales ou de l'accueil des migrants mais plus dans les urnes. Par ailleurs, aujourd'hui l'acteur politique majeur c'est l'&#201;tat, sur le logement, la s&#233;curit&#233;, le d&#233;veloppement &#233;conomique, etc. Par exemple, les grands organismes HLM s'inscrivent dans des f&#233;d&#233;rations nationales en lien avec l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la d&#233;mocratie chr&#233;tienne, courant repr&#233;sent&#233; par des partis d&#233;di&#233;s en Italie et en Allemagne mais pas vraiment en France, elle pourrait &#234;tre revitalis&#233;e par le mouvement macroniste. Mais que va-t-il sortir de l'humus r&#233;sultant de la d&#233;composition de la gauche et de la droite ? &#192; bien des &#233;gards, on vit une situation pr&#233;r&#233;volutionnaire avec l'obsolescence du syst&#232;me politique defferro-gaudiniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais concernant la comp&#233;tition &#233;lectorale &#224; venir, il y a assez peu de suspense. D'un c&#244;t&#233;, une gauche qui devrait aller &#224; la bataille en ordre dispers&#233;. De l'autre c&#244;t&#233;, une droite &#233;galement divis&#233;e qui est dans la m&#234;me situation que l'actuel maire de Marseille de 1986 &#224; 1992, c'est-&#224;-dire dans l'obligation de passer par une alliance pour acc&#233;der au pouvoir. Deux possibilit&#233;s s'offrent &#224; Martine Vassal, pr&#233;sidente de la M&#233;tropole et du D&#233;partement et a priori la mieux plac&#233;e pour 2020 : soit elle peut s'allier avec En Marche, d&#232;s lors que le parti pr&#233;sidentiel parvient &#224; se structurer autour d'une candidature consensuelle, soit avec le Rassemblement national. Mais le s&#233;curitaire risque d'&#234;tre l'arbitre des prochaines &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales. Et Gaudin avait fini par choisir le soutien du FN pour diriger le conseil r&#233;gional Paca. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la vision de l'&#201;tat pour redynamiser Marseille ? Quel est votre regard sur l'avenir de la ville ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s les effondrements de la rue d'Aubagne, beaucoup de voix se sont exprim&#233;es en faveur d'une mise sous tutelle de la ville par l'&#201;tat. Mais Marseille conna&#238;t d&#233;j&#224; une tutelle de fait ! L'&#201;tat prend la main sur tous les dossiers laiss&#233;s &#224; l'abandon par la Ville et, depuis bien longtemps, les services publics gouvernent ce territoire. Il faut faire avec cette r&#233;alit&#233;. La seule inconnue concerne ce qui peut ressortir de la fonction m&#233;tropolitaine. Pour l'instant, la constitution d'une nouvelle &#233;lite m&#233;tropolitaine est &#233;touff&#233;e par les vieux notables alors que les dossiers cruciaux s'amoncellent : en particulier les transports dans un &#233;tat lamentable mais aussi le logement, l'environnement. Une fois de plus, ce renouvellement ne pourra se faire que dans le dialogue entre ces nouvelles &#233;lites et l'&#201;tat. Il semble peu probable que les collectifs et les associations, issus d'une tradition de luttes y compris dans les mondes immigr&#233;s, se r&#233;concilient avec le syst&#232;me politique local tant leurs mani&#232;res de faire de la politique sont diff&#233;rentes. Et une &#233;ventuelle recomposition de la gauche sera un processus tr&#232;s lent : &#231;a prendra au moins dix ans pour qu'une entente de circonstance entre communistes, socialistes et insoumis &lt;i&gt;[qui tentent de s'unir pour les prochaines municipales sous la banni&#232;re du &#171; Printemps marseillais&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt;] &lt;/i&gt;aboutisse &#224; quelque chose de coh&#233;rent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'id&#233;e de provoquer un changement profond de la population de la ville gr&#226;ce &#224; la politique d'attractivit&#233; et un effet TGV est compl&#232;tement absurde. Certes, nous vivons dans un monde de mobilit&#233;s qui met en mouvement aussi bien des Parisiens, des Lyonnais que des Alg&#233;riens mais on ne renouvelle pas une ville enti&#232;re. &#192; Marseille, persiste un fondement anthropologique, celui d'une ville de propri&#233;taires. Avec un taux de 44 %, la cit&#233; phoc&#233;enne est plus proche de Nice, la ville des retrait&#233;s s&#233;curis&#233;s, et tr&#232;s loin devant Lille ou Lyon. C'est surtout cela qui freine le changement. N&#233;anmoins des &#233;volutions sociologiques sont &#224; l'&#339;uvre sans qu'on puisse encore discerner leur devenir : fin des ouvriers comme classe, fin des services publics &#224; l'ancienne, mont&#233;e en puissance d'un front social entre affairistes et cr&#233;atifs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour d&#233;signer les premiers am&#233;nagements de la requalification de la place Jean-Jaur&#232;s (nom officiel de la Plaine), une habitante du quartier d&#233;clarait : &#171; &lt;i&gt;Cela va rassembler &#224; ce qu'on trouve partout ailleurs&lt;/i&gt; &#187; (France 3, &#233;dition de proximit&#233; 04/10/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La D&#233;couverte, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans les documentaires de Michel Samson et Jean-Louis Comolli, on voit Gaudin portant coiffe traditionnelle faire campagne dans la communaut&#233; comorienne avec de forts relents n&#233;ocoloniaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Morts de la rue : la liste infinie</title>
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		<dc:creator>Francesco Nocera</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, &#224; l'arriv&#233;e du froid, les pouvoirs publics vantent leurs dispositifs d'h&#233;bergement d'urgence pour les sans-logis. Chaque ann&#233;e pourtant, les victimes mortelles de l'exclusion sociale se comptent par centaines, voire par milliers. Le collectif Les Morts de la rue se bat pour leur dignit&#233;. Tout en haut de la liste, il y a ces deux pr&#233;noms : Damian et Ladislav. Il y a leur &#226;ge, 38 et 37 ans, puis un lieu : le 10e arrondissement de Paris. Viennent ensuite Jeff, 34 ans, &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mortimer" rel="tag"&gt;Mortimer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, &#224; l'arriv&#233;e du froid, les pouvoirs publics vantent leurs dispositifs d'h&#233;bergement d'urgence pour les sans-logis. Chaque ann&#233;e pourtant, les victimes mortelles de l'exclusion sociale se comptent par centaines, voire par milliers. Le collectif Les Morts de la rue se bat pour leur dignit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3179 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/-1398-8b67d.jpg?1779622900' width='500' height='353' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mortimer
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;T&lt;/span&gt;out en haut de la liste, il y a ces deux pr&#233;noms : Damian et Ladislav. Il y a leur &#226;ge, 38 et 37 ans, puis un lieu : le 10&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris. Viennent ensuite Jeff, 34 ans, &#224; Cavaillon (Vaucluse) ; Thibaut, 26 ans, &#224; Grenoble (Is&#232;re) ; et enfin Willy, 47 ans, au Kremlin-Bic&#234;tre (Val-de-Marne). Pour tous, la m&#234;me date : 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but octobre, le collectif Les Morts de la rue (CMDR) d&#233;comptait d&#233;j&#224; 317 d&#233;c&#232;s de personnes &#171; &lt;i&gt;sans chez-soi&lt;/i&gt; &#187; en 2019 dans l'Hexagone&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La liste est disponible sur le site du CMDR : Mortsdelarue.org.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Pour toute l'ann&#233;e 2018, il en avait recens&#233; 566. Le nombre r&#233;el est sans doute &#171; &lt;i&gt;trois ou quatre fois sup&#233;rieur&lt;/i&gt; &#187;, estime Guillaume Keller-Ruscher, de l'association strasbourgeoise Grain de Sable, relais alsacien du CMDR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les m&#233;dias n'en parlent qu'en hiver, la Grande Faucheuse ne prend pas de cong&#233;s avec le retour des hirondelles : dans la rue, on meurt toute l'ann&#233;e. Et on y meurt jeune : sur la p&#233;riode 2018-2019, le CMDR a calcul&#233; un &#226;ge moyen de d&#233;c&#232;s de 48 ans, l&#224; o&#249; le quidam moyen peut esp&#233;rer d&#233;passer les 82 ans...&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Manque de moyens&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces constats accablants posent &#233;videmment la question de la prise en charge sociale de la grande pauvret&#233;, alors que le 115 &lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La plateforme t&#233;l&#233;phonique cens&#233;e proposer des h&#233;bergements d'urgence.&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; est structurellement satur&#233;. &#171; &lt;i&gt;En hiver, l'h&#233;bergement d'urgence, c'est beaucoup de pub. Les pouvoirs publics disent qu'ils vont rajouter des structures d'h&#233;bergement, mais c'est toute l'ann&#233;e que le manque se fait sentir&lt;/i&gt; &#187;, recadre Guillaume Keller-Ruscher. Du reste, en 2018, le gouvernement a d&#233;cid&#233; de sabrer 57 millions d'euros en quatre ans aux centres d'h&#233;bergement et de r&#233;insertion sociale (CHRS), un dispositif de prise en charge de moyen et long termes. Le raisonnement essentiel semble &#234;tre la r&#233;duction des co&#251;ts, la logique &#233;tant de &#171; &lt;i&gt;rogner sur les personnels&lt;/i&gt; &#187;, analyse Guillaume Keller-Ruscher. Un exemple ? &#171; &lt;i&gt;Les accueils de nuit, o&#249; il s'agit de passer par des veilleurs de nuit plut&#244;t que par des travailleurs sociaux. Une logique de l'&#8220;efficience&#8221; se met tout simplement en place.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre r&#233;alit&#233; piquante : d'apr&#232;s les donn&#233;es du CMDR, environ 30 % des morts de la rue sont des exil&#233;s. Pour les demandeurs d'asile, les places d'h&#233;bergement de droit manquent par dizaines de milliers. Et puis, &#171; &lt;i&gt;une fois qu'ils sont d&#233;bout&#233;s et qu'ils n'ont pas de titre de s&#233;jour, c'est comme s'ils n'existaient plus pour les institutions&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Germain Mignot, de Caritas Strasbourg. Gageons que la circulaire &#233;mise cet &#233;t&#233; par le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur n'arrangera rien : elle demande que les Services int&#233;gr&#233;s de l'accueil et de l'orientation (SIAO) communiquent chaque mois &#224; l'Ofii (Office fran&#231;ais de l'immigration et l'int&#233;gration) la liste des personnes demandeuses d'asile ou r&#233;fugi&#233;es h&#233;berg&#233;es par le 115. De quoi en inciter plus d'un &#224; pr&#233;f&#233;rer la rue &#224; un foyer d'o&#249; il risquerait l'expulsion vers le pays qu'il a fui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Contre l'oubli &#233;ternel&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, ce sont donc probablement plusieurs milliers de personnes qui meurent dans la rue, ou du moins &lt;i&gt;de&lt;/i&gt; la rue. Pour la plupart, on n'en saura jamais rien. Celles qui auront la &#171; chance &#187; d'&#234;tre identifi&#233;es auront droit &#224; leur nom sur une tombe &#8211; ou &#224; un simple surnom, &#224; d&#233;faut d'identit&#233; compl&#232;te. Les autres rejoindront la longue liste des morts &#224; la s&#233;pulture anonyme, avant d'&#234;tre exhum&#233;s &#224; la fin de la concession pour laisser la place &#224; d'autres, et se retrouver ainsi d&#233;finitivement effac&#233;s des m&#233;moires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est contre cette &#233;ternit&#233; de l'oubli que l'association Grain de Sable se bat. En coordination avec d'autres organisations locales (Caritas, M&#233;decins du Monde, le Secours populaire, etc.), elle tente de centraliser les informations, de recenser les d&#233;c&#232;s. Elle t&#226;che d'&#234;tre pr&#233;sente au moment des fun&#233;railles et d'y rassembler ceux qui ont connu la personne, mais aussi d'entretenir les s&#233;pultures. En r&#233;sum&#233; : veiller &#224; la m&#233;moire de ces hommes et de ces femmes abandonn&#233;s de tous &#8211; un &#233;chec collectif de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Strasbourg, dans la cour de l'&#233;glise Saint-Pierre-le-Vieux, les morts de la rue ont depuis 2017 leur plaque comm&#233;morative. &#171; &lt;i&gt;Une c&#233;r&#233;monie en leur nom y est organis&#233;e tous les premiers samedis de novembre depuis 2014&lt;/i&gt; &#187;, confie Guillaume Keller-Ruscher. Un tissu brun avec un arbre dessin&#233;, nomm&#233; l'arbre de vie, o&#249; figurent les pr&#233;noms des personnes mortes durant l'ann&#233;e (18 &#224; Strasbourg en 2018), orne pour l'occasion la grille de l'&#233;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, parmi les pr&#233;noms, il y aura sans doute celui de Habib. Le 25 mai, ce jeune Afghan d'une vingtaine d'ann&#233;es s'est pendu dans le parc du Glacis, &#224; Strasbourg. La veille, il avait vainement essay&#233; de joindre le 115 pour une place d'h&#233;bergement.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Francesco Nocera&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La liste est disponible sur le site du CMDR : &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://mortsdelarue.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mortsdelarue.org&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La plateforme t&#233;l&#233;phonique cens&#233;e proposer des h&#233;bergements d'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marx des villes, Robinson des champs</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Marx-des-villes-Robinson-des</link>
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		<dc:date>2020-01-01T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Entre &#238;lots sauvages et m&#233;tropole marxiste, trois ouvrages parus r&#233;cemment questionnent le rapport entre habitat et politique. On ne va tout de m&#234;me pas partager notre &#238;le avec ces gens &#187;, lance Jack &#224; ses fr&#232;res. Dans Robinson suisse, bande dessin&#233;e parue cet &#233;t&#233; aux &#233;ditions Atrabile, Alex Baladi nous conte l'histoire d'une famille suisse vivant depuis quatre ans sur une &#238;le apr&#232;s un naufrage. Au gr&#233; des cases aux couleurs fauvistes et au trait noir &#233;pais, les Zermatt, qui se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Habiter" rel="tag"&gt;Habiter&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entre &#238;lots sauvages et m&#233;tropole marxiste, trois ouvrages parus r&#233;cemment questionnent le rapport entre habitat et politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3180 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;51&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L140xH186/-1399-38db5.jpg?1779602734' width='140' height='186' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture de &#034;Robinson suisse&#034; d'Alex Baladi.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;O&lt;/span&gt;n ne va tout de m&#234;me pas partager notre &#238;le avec ces gens &#187;, lance Jack &#224; ses fr&#232;res. Dans &lt;i&gt;Robinson suisse&lt;/i&gt;, bande dessin&#233;e parue cet &#233;t&#233; aux &#233;ditions Atrabile, Alex Baladi nous conte l'histoire d'une famille suisse vivant depuis quatre ans sur une &#238;le apr&#232;s un naufrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au gr&#233; des cases aux couleurs fauvistes et au trait noir &#233;pais, les Zermatt, qui se per&#231;oivent comme les habitants l&#233;gitimes de l'&#238;le paradisiaque, sont en proie &#224; la peur qu'une horde de &#171; sauvages &#187; ne viennent perturber leur &#171; chez soi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#232;re, p&#233;tri d'un christianisme fi&#233;vreux, et Jack, qui surjoue le colonisateur viril, massacrent des animaux, dynamitent des grottes ou caricaturent les &#171; sauvages &#187; &#224; la sauce Michel Leeb. Tout au long de l'ouvrage, les insulaires demeureront invisibles : ils ont d&#233;sert&#233; l'&#238;lot &#224; l'arriv&#233;e des Zermatt. Ils sauveront discr&#232;tement la m&#232;re d'une attaque d'un King Kong tropical lib&#233;r&#233; par la b&#234;tise destructrice des hommes de la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roman originellement &#233;crit par un pasteur al&#233;manique &#224; la fin du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, &lt;i&gt;Robinson suisse&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; traduit en fran&#231;ais par Isabelle de Montolieu au d&#233;but du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;. L'&#233;crivaine lausannoise a librement supprim&#233; des passages et m&#234;me ajout&#233; plusieurs chapitres. Dans le m&#234;me geste, Alex Baladi se r&#233;approprie ce mat&#233;riau litt&#233;raire pour en faire une fresque politique qui questionne la repr&#233;sentation des &#233;trangers et de leur accueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule voix dissonante dans ce fracas de violence et de racisme, Ernest qui, &#224; propos des &#171; sauvages &#187;, renverse la pens&#233;e d&#233;l&#233;t&#232;re de sa famille par un sublime : &#171; &lt;i&gt;J'esp&#232;re qu'ils vont nous aimer.&lt;/i&gt; &#187; De quoi donner des sueurs froides &#224; &#201;ric Zemmour.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Habiter et lutter&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Autre &#238;lot, autre fa&#231;on d'&lt;i&gt;habiter&lt;/i&gt;, autre imaginaire. Pour ses occupants, la Zad (&#171; Zone &#224; d&#233;fendre &#187;) a toujours incarn&#233; un lieu d'autonomie &#224; la fois enracin&#233; dans le bocage et ouvert &#224; l'autre. &#171; &lt;i&gt;Habiter revient &#224; &#233;prouver sa propre appartenance &#224; un territoire&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit ainsi le collectif Comm'un dans &lt;i&gt;Habiter en lutte &#8211; Zad de Notre-Dame-des-Landes&lt;/i&gt; : quarante ans de r&#233;sistance (&#233;ditions du Passager clandestin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;cent ouvrage propose une odyss&#233;e historique dans le quotidien des occupants, de l'entretien des haies gr&#226;ce &#224; des chantiers collectifs &#224; la prise en charge des violences au sein de la Zad. Pour les auteurs, habiter et lutter sont indissociables.
Chaque chapitre se conclut par une cartographie de la zone, comme pour montrer comment les soubresauts du mouvement se sont retranscrits en dur sur le terrain. Ces instantan&#233;s fixent au fil de la r&#233;sistance &#224; l'a&#233;roport les cabanes, les champs occup&#233;s, les destructions d'habitats par la police, les barricades sur les chemins de traverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un indispensable riche en t&#233;moignages, illustrations et photographies pour ceux qui veulent revisiter cette lutte. &#171; &lt;i&gt;La Zad n'a pas fini d'inspirer&lt;/i&gt; &#187;, assure le collectif Comm'un.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marx vagabond&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des &#171; zadistes &#187; &#224; Che Guevara, des mao&#239;stes aux &#171; appellistes &#187; de Tarnac, la tradition r&#233;volutionnaire a souvent pr&#233;f&#233;r&#233; &#224; la ville une base rurale pour renverser l'ordre capitaliste. Mais dans &lt;i&gt;M&#233;tromarxisme &#8211;&lt;/i&gt; un &lt;i&gt;conte marxiste de la ville&lt;/i&gt; paru chez Entremonde, Andy Merrifield tente de &#171; &lt;i&gt;r&#233;concilier les imaginaires politiques et intellectuels du marxisme et de l'urbanisme&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;ographe critique, &#233;l&#232;ve de David Harvey, convoque huit auteurs &#8211; entre autres Karl Marx,Walter Benjamin ou Henri Lefebvre &#8211; afin de d&#233;voiler la ville comme espace organis&#233; par la domination marchande mais aussi pour montrer les potentialit&#233;s contestatrices et &#233;mancipatrices de la vie urbaine. Car comme l'avance le philosophe new-yorkais Marshall Berman, un des auteurs compil&#233;s par Merrifield, &#171; &lt;i&gt;la lecture du&lt;/i&gt; Capital &lt;i&gt;ne nous sera d'aucun secours si nous ne savons pas aussi d&#233;chiffrer les signes dans la rue&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Perry Anderson, historien marxiste fondateur de la &lt;i&gt;New Left Review&lt;/i&gt;, reprocha &#224; Berman de voir dans la ville moderne un creuset de solidarit&#233;s et de libert&#233;s. L'intellectuel, n&#233; dans le Bronx en 1940, lui r&#233;pondit &#234;tre partisan d'un marxisme plus &#171; &lt;i&gt;vagabond&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;f&#233;rant plonger dans &#171; &lt;i&gt;la merde du quotidien&lt;/i&gt; &#187; plut&#244;t que d'&#234;tre cramponn&#233; &#224; la th&#233;orie politique.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l Correia&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Miguel Peralta est libre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Miguel-Peralta-est-libre</link>
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		<dc:date>2019-12-16T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patxi Beltzaiz, V&#233;ro Traba</dc:creator>


		<dc:subject>Patxi Beltzaiz</dc:subject>
		<dc:subject>l'assembl&#233;e communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>Zepeda</dc:subject>
		<dc:subject>Miguel</dc:subject>
		<dc:subject>Elisa Zepeda</dc:subject>
		<dc:subject>Miguel Peralta</dc:subject>
		<dc:subject>Oaxaca</dc:subject>
		<dc:subject>l'assembl&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Flores Mag&#243;n</dc:subject>
		<dc:subject>communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>clan Zepeda</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Accus&#233; d'un meurtre qu'il n'a pas commis, Miguel Peralta vient de passer plus de quatre ans en prison. Anarchiste indig&#232;ne, il a pay&#233; son soutien &#224; l'assembl&#233;e communautaire de son village, face au syst&#232;me d&#233;vorant des partis politiques. R&#233;cit. Un village portant le nom d'un anarchiste ? Bienvenue &#224; Eloxochitl&#225;n de Flores Mag&#243;n, dans la Sierra Mazateca, au nord de l'&#201;tat de Oaxaca, dans le sud du Mexique. C'est l&#224; qu'est n&#233;, en 1874, le c&#233;l&#232;bre anarchiste Ricardo Flores Mag&#243;n, consid&#233;r&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-assemblee-communautaire" rel="tag"&gt;l'assembl&#233;e communautaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Zepeda" rel="tag"&gt;Zepeda&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Miguel" rel="tag"&gt;Miguel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Elisa-Zepeda" rel="tag"&gt;Elisa Zepeda&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Oaxaca" rel="tag"&gt;Oaxaca&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/clan-Zepeda" rel="tag"&gt;clan Zepeda&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Accus&#233; d'un meurtre qu'il n'a pas commis, Miguel Peralta vient de passer plus de quatre ans en prison. Anarchiste indig&#232;ne, il a pay&#233; son soutien &#224; l'assembl&#233;e communautaire de son village, face au syst&#232;me d&#233;vorant des partis politiques. R&#233;cit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3164 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L408xH400/-1383-654a7.jpg?1779603412' width='408' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Patxi Beltzaiz
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;U&lt;/span&gt;n village portant le nom d'un anarchiste ? Bienvenue &#224; Eloxochitl&#225;n de Flores Mag&#243;n, dans la Sierra Mazateca, au nord de l'&#201;tat de Oaxaca, dans le sud du Mexique. C'est l&#224; qu'est n&#233;, en 1874, le c&#233;l&#232;bre anarchiste Ricardo Flores Mag&#243;n, consid&#233;r&#233; par l'histoire officielle comme un pr&#233;curseur de la r&#233;volution mexicaine de 1910. Le &#171; magonisme &#187; d&#233;fendait l'id&#233;e que la r&#233;volution sociale doit s'appuyer sur la vie communale indig&#232;ne, sur la propri&#233;t&#233; collective de la terre, l'aide mutuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miguel Peralta, indig&#232;ne mazat&#232;que, anarchiste, a &#233;t&#233; emprisonn&#233; quatre ans, cinq mois et quatorze jours pour avoir d&#233;fendu l'assembl&#233;e communautaire d'Eloxochitl&#225;n. Il vient d'&#234;tre lib&#233;r&#233; lundi 14 octobre par une nuit de pleine lune.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Us et coutumes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au milieu des ann&#233;es 1990, Eloxochitl&#225;n, comme de nombreuses municipalit&#233;s de l'&#201;tat de Oaxaca, est r&#233;gi selon le syst&#232;me communal des &#171; &lt;i&gt;us et coutumes&lt;/i&gt; &#187;. Le conseil des anciens et l'assembl&#233;e communautaire d&#233;signent leurs autorit&#233;s traditionnelles, sans passer par les &#233;lections et les partis politiques. Les autorit&#233;s servent leur communaut&#233; durant un an, sans aucune r&#233;mun&#233;ration. Leur r&#244;le est d'organiser le travail communautaire ainsi que toutes les charges li&#233;es &#224; ce syst&#232;me d'organisation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1997, diff&#233;rentes r&#233;formes visent &#224; affaiblir ce fonctionnement traditionnel en permettant aux autorit&#233;s municipales de capter et g&#233;rer les financements publics hors du contr&#244;le de la communaut&#233;. &#202;tre maire n'est alors plus une charge, mais un moyen de nourrir ses ambitions personnelles et de s'enrichir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Eloxochitl&#225;n, quelque temps apr&#232;s la Commune de Oaxaca (2006)&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Important soul&#232;vement qui marqua la capitale de l'&#201;tat, Oaxaca de Ju&#225;rez, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, les partis politiques, toutes tendances confondues, commencent &#224; s'immiscer au sein de l'assembl&#233;e communautaire. En 2010, un certain Manuel Zepeda Cort&#232;s entame une v&#233;ritable campagne &#233;lectorale. Son pros&#233;lytisme va jusqu'&#224; distribuer de l'argent pour s'assurer des votes, g&#233;n&#233;rant ainsi une fracture au sein d'une communaut&#233; extr&#234;mement pauvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mandat de Zepeda est synonyme de violences et d'emprisonnements. La peur s'installe dans la communaut&#233;. La famille Zepeda s'enrichit en accaparant les ressources naturelles. Pour s'assurer du contr&#244;le d'Eloxochitl&#225;n, les Zepeda tentent d'&#233;liminer par tous les moyens la continuit&#233; de l'assembl&#233;e communautaire. En 2012, Pedro Peralta, membre de l'assembl&#233;e, est arr&#234;t&#233;, tortur&#233; et emprisonn&#233; durant trois ans sous l'accusation fallacieuse de &#171; port d'arme &#187;. Au Mexique, la fabrication de d&#233;lits est couramment utilis&#233;e pour emprisonner les opposants et imposer la soumission des communaut&#233;s indig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 2013, malgr&#233; un climat d'hostilit&#233; intense, l'assembl&#233;e communautaire met fin au mandat de Zepeda, et d&#233;signe de nouvelles autorit&#233;s municipales selon les &#171; us et coutumes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse de l'exercice fiscal de 2013, le dernier du r&#232;gne Zepeda, r&#233;v&#232;le la disparition de 20 millions de pesos &#8211; pr&#232;s d'un million d'euros. La pression monte d'un cran dans la communaut&#233;. Les enfants, Manuel et Elisa, prennent fait et cause pour leur p&#232;re. Le clan se serre les coudes et occupe de force la mairie. &#192; aucun moment, les autorit&#233;s de l'&#201;tat de Oaxaca n'interviennent pour mettre fin &#224; cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Cinquante ans de prison&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 14 d&#233;cembre 2014, la situation d&#233;g&#233;n&#232;re violemment. Le clan Zepeda attaque l'assembl&#233;e communautaire r&#233;unie pour d&#233;signer une nouvelle autorit&#233; agraire. Sept personnes sont bless&#233;es par balle. Apr&#232;s un premier mouvement de dispersion, l'assembl&#233;e parvient &#224; contre-attaquer et &#224; arr&#234;ter le fils Zepeda en possession d'une arme &#224; feu. Ce dernier sera remis aux policiers de Huautla, chef-lieu de la Sierra Mazateca. Il d&#233;c&#233;dera quelques heures plus tard dans des conditions douteuses. Huit personnes de l'assembl&#233;e communautaire sont imm&#233;diatement emprisonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des centaines de policiers envahissent le village et instaurent un v&#233;ritable &#233;tat de si&#232;ge. La chasse est ouverte. Trente-cinq mandats d'arr&#234;t sont &#233;mis contre des membres de l'assembl&#233;e communautaire pour homicide contre le fils Zepeda et tentative d'homicide contre Elisa Zepeda. Opportun&#233;ment, celle-ci va se pr&#233;senter comme une victime de la violence des hommes. Un th&#232;me porteur, dans un pays o&#249; les f&#233;minicides sont en augmentation constante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miguel Peralta (le fils de Pedro), comme de nombreux autres, doit se cacher. Il est interpell&#233; le 30 avril 2015 &#224; Mexico par des hommes en civil. Pendant plus de vingt heures, personne ne sait o&#249; il se trouve, jusqu'&#224; qu'il r&#233;apparaisse &#224; la prison de Tlaxiaco, dans l'&#201;tat de Oaxaca. Entre avril 2015 et f&#233;vrier 2018, six autres membres de l'assembl&#233;e communautaire sont arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, Miguel est incarc&#233;r&#233; &#224; Cuicatl&#225;n, &#224; trois heures de route d'Eloxochitl&#225;n. Son proc&#232;s se d&#233;roule au tribunal de Huautla o&#249; la collusion entre la justice et le clan Zepeda ne fait aucun doute. Du c&#244;t&#233; de l'accusation, aucune preuve n'est apport&#233;e quant &#224; la pr&#233;sence de Miguel lors des affrontements de d&#233;cembre 2014. Les t&#233;moignages sont contradictoires et incoh&#233;rents. D'ailleurs, plusieurs t&#233;moins &#224; charge ne se pr&#233;sentent pas devant le tribunal. Miguel, lui, clame son innocence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2016, Elisa Zepeda, qui tient toujours la mairie par la force, se fait &#233;lire en dehors de tout respect des &#171; us et coutumes &#187;. En d&#233;cembre 2017, lass&#233; des entraves permanentes &#224; son proc&#232;s, Miguel demande &#224; clore la phase d'investigations. L'audience finale a lieu le 28 septembre 2018 : pour cause de n&#233;gligence de l'administration judiciaire (on a &#171; oubli&#233; &#187; d'envoyer &#224; la prison son ordre de transfert), Miguel ne peut pas y assister. Le 26 octobre 2018, apr&#232;s huit jours de gr&#232;ve de la faim, Miguel est condamn&#233; &#224; cinquante ans de prison pour homicide et tentative d'homicide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 2018, Elisa Zepeda avait &#233;t&#233; &#233;lue d&#233;put&#233;e au Congr&#232;s de Oaxaca sous l'&#233;tiquette Morena (Mouvement de r&#233;g&#233;n&#233;ration nationale), parti politique du nouveau pr&#233;sident mexicain (de gauche), Andr&#232;s Manuel Lopez Obrador. Pendant que Miguel croupit en prison, Elisa gravit &#224; grands pas les marches du pouvoir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roberto Lopez Miguel, membre du collectif &lt;i&gt;Los Otros Abogadoz&lt;/i&gt; et avocat de Miguel, lance une proc&#233;dure d'appel. Au vu des irr&#233;gularit&#233;s du proc&#232;s, le Tribunal sup&#233;rieur de justice de l'&#201;tat de Oaxaca annule la peine de cinquante ans de prison et impose au juge de Huautla de r&#233;aliser une nouvelle audience finale.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lib&#233;rer ses compagnons&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'audience a lieu le 19 septembre dernier et Miguel y plaide son innocence. &#192; la sortie du tribunal, il se d&#233;clare en gr&#232;ve de la faim pour obliger le juge &#224; dicter la sentence sans tarder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Mexique, comme &#224; l'international, des collectifs multiplient les actions de solidarit&#233; pour exiger la lib&#233;ration du prisonnier politique Miguel Peralta. Des m&#233;dias nationaux comme &lt;i&gt;Aristegui Noticias&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Gatopardo &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Proceso&lt;/i&gt; suivent l'affaire. Le Congr&#232;s national indig&#232;ne exige sa lib&#233;ration. Tous ces &#233;l&#233;ments contribuent &#224; contrer le discours m&#233;diatique de la d&#233;put&#233;e Elisa Zepeda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 14 octobre 2019, Miguel en est &#224; son vingt-sixi&#232;me jour de gr&#232;ve de la faim. Peu avant minuit, il est remis en libert&#233;. Seuls ses parents sont inform&#233;s. Depuis Oaxaca, on s'entasse &#224; quelques-uns dans une camionnette pour rejoindre Cuicatl&#225;n sans aucune certitude sur sa lib&#233;ration. Arriv&#233;s &#224; destination, on retrouve Miguel libre, amaigri, heureux. La nuit sera blanche sous une lune accueillante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le lendemain matin, Miguel doit quitter l'&#201;tat de Oaxaca pour &#233;viter de possibles repr&#233;sailles. Il est impensable pour l'instant qu'il puisse retourner au village. Le clan Zepeda vient de perdre une sacr&#233;e bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prison n'a pas r&#233;ussi &#224; briser Miguel. Bien au contraire : plus offensif que jamais, il est bien d&#233;cid&#233; &#224; se battre pour faire lib&#233;rer ses sept compagnons encore emprisonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Patxi Beltzaiz &amp; V&#233;ro Traba&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Important soul&#232;vement qui marqua la capitale de l'&#201;tat, Oaxaca de Ju&#225;rez, aboutissant &#224; la cr&#233;ation de l'Assembl&#233;e populaire des peuples de Oaxaca, qui prit dans une certaine mesure la place des autorit&#233;s &#233;tatiques pendant plusieurs mois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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