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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Aux couleurs de la plan&#232;te Mars</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#192; Marseille, o&#249; les maisons et la mairie s'effondrent, la r&#233;volte des Gilets jaunes contre le roi Macron est venue se m&#234;ler &#224; la col&#232;re contre le commandant de cercle Gaudin. D&#233;but d&#233;cembre, cette confluence inesp&#233;r&#233;e a eu un effet d&#233;multiplicateur. Et dans la dur&#233;e ? Samedi 8 d&#233;cembre. Sur le cours Belsunce nimb&#233; de gaz lacrymog&#232;ne, les illuminations de No&#235;l sont dop&#233;es au feu de poubelle. Les acheteurs de cadeaux croisent des manifestants aux yeux rougis. Des chibanis bavardent avec des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Emilien-Bernard-245" rel="tag"&gt;Emilien Bernard&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/colere" rel="tag"&gt;col&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Marseille, o&#249; les maisons et la mairie s'effondrent, la r&#233;volte des Gilets jaunes contre le roi Macron est venue se m&#234;ler &#224; la col&#232;re contre le commandant de cercle Gaudin. D&#233;but d&#233;cembre, cette confluence inesp&#233;r&#233;e a eu un effet d&#233;multiplicateur. Et dans la dur&#233;e ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2883 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1127-52ff2.jpg?1782828863' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo &#201;milien Bernard
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;amedi 8 d&#233;cembre. Sur le cours Belsunce nimb&#233; de gaz lacrymog&#232;ne, les illuminations de No&#235;l sont dop&#233;es au feu de poubelle. Les acheteurs de cadeaux croisent des manifestants aux yeux rougis. Des chibanis bavardent avec des gilets de diverses couleurs. Personne ne s'inqui&#232;te au passage de bandes de gremlins surexcit&#233;s. L'&#339;il est plut&#244;t aimant&#233; par l'avanc&#233;e de deux gros insectes bleut&#233;s, deux tanks &#233;crasant des barricades symboliques et la carcasse calcin&#233;e d'une voiture &#233;lectrique de location. Singulier contraste entre cette d&#233;monstration de force et le calme alentour. L&#224; o&#249; la police est absente, un flottement d&#233;licieux incite &#224; sourire, &#224; parler aux inconnus, &#224; arpenter l'entre-deux de l'&#233;meute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jeune homme portant un dossard fluo traverse ce paysage. Dans son dos, on lit : &#171; &lt;i&gt;Matgoulich gili jone&lt;/i&gt; &#187;. Apparition po&#233;tique entre le fortin commercial du Centre-Bourse, qui a relev&#233; son pont-levis par crainte des pillages, et les ruelles qui abritaient autrefois un florissant bazar. Veut-il tester la tol&#233;rance de Gilets jaunes arborant les gadgets cocardiers de la Coupe du monde ? Drapeaux, perruques tricolores... Fachos, les Gilets ? Au stade V&#233;lodrome, on brandit plus volontiers les couleurs du Maghreb, du Br&#233;sil ou de l'Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parenth&#232;se : &#224; la fin de l'&#233;t&#233;, le premier rond-point occup&#233; a &#233;t&#233; celui du Prado. Ce sont les forains du march&#233; de la Plaine, en lutte contre leur expulsion, qui l'ont tenu deux jours pour bloquer la foire de Marseille. Mais sans gilets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cembre nous a r&#233;gal&#233; de deux samedis magiques &#8212; bien que ce qui arrive &#224; cette ville n'ait rien d'un conte de No&#235;l. Une s&#233;rie de coups durs, plut&#244;t : &#233;radication du march&#233; populaire et arrachage de dizaines d'arbres sur la Plaine ; &#233;rection d'un mur de mille tonnes de b&#233;ton autour de cette m&#234;me place ; puis effondrement de la rue d'Aubagne : huit morts sous les d&#233;combres et des centaines de sinistr&#233;s. Le maire &#171; &lt;i&gt;ne regrette rien&lt;/i&gt; &#187;. Au contraire, il profite du chaos pour &#171; &lt;i&gt;d&#233;gager le secteur &lt;/i&gt; &#187;. Sous son balcon, la foule crie que c'est lui qui doit d&#233;gager.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quartiers populaires en col&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Samedi 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre. Apr&#232;s la marche du deuil et celle de la Col&#232;re (10 et 14 novembre), une manifestation d'au moins 15 000 personnes &#171; pour le droit &#224; un logement digne &#187; est salu&#233;e par les contingents jaunes et rouges. Contrairement au reste du pays, o&#249; l'on constaterait l'absence des banlieues dans le soul&#232;vement actuel&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Constat contredit par l'appel du collectif Justice pour Adama Traor&#233; &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, ce sont ici les quartiers en col&#232;re contre l'habitat insalubre et une morgue quasi coloniale qui entra&#238;nent derri&#232;re eux la jacquerie anti-taxes et le d&#233;fil&#233; syndical en direction de la mairie. En panique &#224; l'id&#233;e d'une prise de cette Bastille d'arrogance &#8212; et en accord avec la strat&#233;gie de la tension appliqu&#233;e partout &#8212;, la pr&#233;fecture l&#226;che ses CRS contre la foule, sans sommation. Comme lors de la marche de la Col&#232;re, les gens r&#233;pliquent : flamb&#233;e de sapins sur le march&#233; de No&#235;l, &#233;dification de barricades et incendie d'un v&#233;hicule de police devant le commissariat de Noailles &#8212; sc&#232;nes que n'avait plus v&#233;cues la ville depuis les gr&#232;ves sauvages de 1947. Ce soir-l&#224;, l'&#233;meute est multicolore : jaune par ses gilets, bleu ciel et orang&#233;e par les fumig&#232;nes des supporters, noire par la tenue des jeunes &#233;nerv&#233;s. Le rouge ou le mauve des chasubles syndicales se font, eux, plus discrets...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce moment de convergence a permis une coordination inusit&#233;e dans les locaux de Solidaires, o&#249; associations de quartier, syndicats, Emma&#252;s, compagnons b&#226;tisseurs et Droit au logement ont pos&#233; comme exigence centrale la r&#233;quisition de logements vides pour les &#233;vacu&#233;s, mais aussi pour les mineurs isol&#233;s et les sans-toit. Noailles et la Plaine y ont propos&#233; un &#171; Manifeste pour un Marseille vivant et populaire &#187; qui fut ensuite lu devant la mairie lors du conseil municipal du 20 d&#233;cembre. En guise de suite pratique, le Syndicat des quartiers populaires de Marseille pr&#233;conise dans un communiqu&#233; une &#171; &lt;i&gt;auto-organisation communale&lt;/i&gt; &#187; face aux politiques urbaines hostiles.&lt;i&gt; &#161; Vamos !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Faut pas laisser les Gilets seuls avec le FN ! &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le samedi 8 d&#233;cembre, la marche internationale pour le Climat tient le haut du pav&#233;. Loin de la caricature radical-boh&#232;me dans laquelle les &#233;lus veulent l'enfermer, la Plaine est ce jour-l&#224; au carrefour des luttes. Il y a des plainards dans le cort&#232;ge &#233;colo &#8212; ainsi que des Gilets jaunes &#8212;, et l'on voit un &#233;criteau en forme de dossard mi-jaune mi-vert affirmant que la plan&#232;te ne pourra &#234;tre sauv&#233;e sans justice sociale. D'autres plainards, infirmi&#232;res, postiers, retrait&#233;es, marchent dans le d&#233;fil&#233; syndical. Et les plus enflamm&#233;s se sont rassembl&#233;s sur le cours Julien pour un rendez-vous surprise : &#171; &lt;i&gt;Qui s&#232;me la mis&#232;re r&#233;colte la col&#232;re &lt;/i&gt; &#187;, proclamait une affichette apocryphe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, quatre cort&#232;ges diff&#233;rents ont fini par se m&#233;langer : la foule y a pris go&#251;t et aime se sentir forte. Dans les ruelles qui vont de l'Op&#233;ra &#224; Noailles, les escouades de flics casqu&#233;s, bard&#233;s de LBD, tonfas et gazeuses, sont lourdes de la fesse : le chass&#233;-crois&#233; d'une constellation de groupes affinitaires s'av&#232;re ing&#233;rable. Sur le port, le m&#234;me Gilet jaune qui palabrait avec les CRS leur balance un pav&#233; cinq minutes apr&#232;s, exc&#233;d&#233; par l'avanc&#233;e des blind&#233;s sur des gens &#224; genoux &#8212; &#224; genoux en hommage aux lyc&#233;ens de Mantes-la-Jolie, mais debout par l'esprit. Des discussions s'engagent &#224; m&#234;me le trottoir, entre le syndicaliste en butte &#224; des rapports de production d&#233;gueulasses, le Gilet jaune qui bloque un p&#233;age et critique en actes l'am&#233;nagement du territoire et le mal-log&#233;, s&#233;gr&#233;gu&#233; ou requalifi&#233; des quartiers marseillais. &#171; &lt;i&gt;Faut surtout pas laisser les Gilets seuls avec le FN !&lt;/i&gt; &#187;, plaide une militante de cit&#233;. Justice sociale est le mot de passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une semaine plus t&#244;t, des CRS prot&#233;geaient le si&#232;ge de la Soleam&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soci&#233;t&#233; locale d'&#233;quipement et d'am&#233;nagement de l'aire m&#233;tropolitaine, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#8212; situ&#233; en face de l'immeuble o&#249; vivait Zineb Redouane, octog&#233;naire d&#233;c&#233;d&#233;e le dimanche 2 d&#233;cembre des suites d'un tir de grenade alors qu'elle fermait ses volets. Mais ce samedi, le gouvernement a mis le paquet pour prot&#233;ger les beaux quartiers parisiens et le reste du pays s'en trouve d&#233;garni. Les vitrines de la Soleam et de la mairie de secteur vont en souffrir. En face, la boutique de l'OM est &#233;nergiquement visit&#233;e. Un peu plus haut, le magasin Saint-Honor&#233; Paris, o&#249; les ca&#239;ds du shit se fournissent en fringues de marque, subit le m&#234;me sort : en un &#233;clair, le luxe se d&#233;mocratise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;quisition de logements vides&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Samedi 15 d&#233;cembre. Blanc sur noir, une banderole exige &#171; Justice pour Zineb &#187; au coin du cours Saint-Louis. Ceux et celles de Noailles et de la Plaine, suivis des ultras de South Winners et MTP, prennent la t&#234;te de la manif. Pas longtemps. Les Gilets jaunes bifurquent sur la rue de Rome. Puis le cort&#232;ge CGT poursuit vers Castellane. Ces esquives mutuelles marquent le reflux &#8212; momentan&#233; ? &#8212; d'un mouvement social qui a surpris tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 d&#233;cembre, jour du conseil municipal annul&#233; par un maire aux abois, l'espace Culture, bel &#233;difice vacant de la Canebi&#232;re, a &#233;t&#233; bri&#232;vement occup&#233; par des activistes et des Africains expuls&#233;s de la cit&#233; d&#233;grad&#233;e du parc Corot&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire le reportage &#171; R&#233;gler ses comptes &#224; OK Corot &#187;, CQFD n&#176; 164, avril 2018.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Occasion manqu&#233;e ? Port&#233;e par l'ensemble des signataires du manifeste, et rendue publique en conclusion d'une manif, la r&#233;quisition de ce lieu embl&#233;matique, situ&#233; &#224; deux pas du futur h&#244;tel 4 &#233;toiles des Feuillants et &#224; 100 m&#232;tres des immeubles effondr&#233;s, aurait peut-&#234;tre tenu plus longtemps. Qu'importe. Rebelote avec l'ouverture d'un vaste immeuble appartenant au dioc&#232;se, juste &#224; c&#244;t&#233; du Conseil d&#233;partemental, fautif dans la non-mise &#224; l'abri de dizaines de mineurs isol&#233;s &#233;trangers (MIE). &#192; cette heure, plus de 180 sans-logis s'y sont install&#233;s : des familles, mais aussi 46 MIE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 24 d&#233;cembre. Exigeant des solutions, des familles sinistr&#233;es, relog&#233;es depuis plusieurs semaines dans des h&#244;tels miteux, viennent occuper les bureaux du guichet unique cens&#233; assister et orienter les plus de 1 500 &#233;vacu&#233;s depuis le 5 novembre. Interrog&#233; &#224; propos de la lenteur avec laquelle est trait&#233;e l'urgence, Jean Montagnac, pr&#233;sident LR du Conseil de territoire, a r&#233;torqu&#233; : &#171; &lt;i&gt; Ils sont log&#233;s. Ils sont nourris matin, midi et soir. Alors peut-&#234;tre qu'ils ont des croissants et ils savent pas ce que c'est ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Marsactu, 11 d&#233;cembre 2018.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; Face &#224; autant de m&#233;pris et d'incurie, les quartiers s'organisent et se f&#233;d&#232;rent. Bient&#244;t Marseille ville ouverte ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* &#171; Matgoulich gili jone &#187; signifie &#171; Ne m'appelle pas gilet jaune &#187; en arabe dialectal d'Alg&#233;rie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Constat contredit par l'appel du collectif Justice pour Adama Traor&#233; &#224; manifester aux c&#244;t&#233;s des Gilets jaunes le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Soci&#233;t&#233; locale d'&#233;quipement et d'am&#233;nagement de l'aire m&#233;tropolitaine, charg&#233;e de la &#171; requalification &#187; de la Plaine et de Noailles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire le reportage &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Regler-ses-comptes-a-OK-Corot' class=&#034;spip_in&#034;&gt;R&#233;gler ses comptes &#224; OK Corot&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 164, avril 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233; par &lt;i&gt;Marsactu&lt;/i&gt;, 11 d&#233;cembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qui a peur des lyc&#233;ens ?</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Martin Barzilai</dc:subject>
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		<dc:subject>boulevard d'Ath&#232;nes</dc:subject>
		<dc:subject>dieux messagers</dc:subject>
		<dc:subject>dress code</dc:subject>

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&lt;p&gt;Quand la jeunesse d&#233;boule, tout peut basculer. Le pouvoir le sait et met le paquet pour tuer dans l'&#339;uf cette &#233;nergie incontr&#244;lable que la fi&#232;vre jaune a r&#233;veill&#233;e sur tout le territoire. D&#233;valant le boulevard d'Ath&#232;nes, &#224; Marseille, voil&#224; une &#233;quipe de tr&#232;s jeunes gar&#231;ons au dress code sans &#233;quivoque : K-ways &#224; capuche, trainings et baskets de dieux messagers : noir c'est noir. Un gars d'&#226;ge m&#251;r distribue du s&#233;rum phy' : &#171; Vous en aurez besoin. Nous, sur La Plaine, &#231;a fait un mois qu'ils (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no172-janvier-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;172 (janvier 2019)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand la jeunesse d&#233;boule, tout peut basculer. Le pouvoir le sait et met le paquet pour tuer dans l'&#339;uf cette &#233;nergie incontr&#244;lable que la fi&#232;vre jaune a r&#233;veill&#233;e sur tout le territoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2882 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1126-20dce.jpg?1782962479' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Martin Barzilai
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;&#233;valant le boulevard d'Ath&#232;nes, &#224; Marseille, voil&#224; une &#233;quipe de tr&#232;s jeunes gar&#231;ons au &lt;i&gt;dress code&lt;/i&gt; sans &#233;quivoque : K-ways &#224; capuche, trainings et baskets de dieux messagers : noir c'est noir. Un gars d'&#226;ge m&#251;r distribue du s&#233;rum phy' : &#171; &lt;i&gt; Vous en aurez besoin. Nous, sur La Plaine, &#231;a fait un mois qu'ils nous gazent.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Merci, Monsieur !&lt;/i&gt; &#187; On cherche la manif lyc&#233;enne, insaisissable comme il se doit. L'h&#233;licopt&#232;re qui fait du surplace au-dessus de l'ex-Poste Colbert donne une id&#233;e d'o&#249; &#231;a se passe. Les v&#233;hicules bourr&#233;s de flics casqu&#233;s qui tracent toute sir&#232;ne hurlante aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humiliation publique des lyc&#233;ens de Mantes-la-Jolie, jamais condamn&#233;e par le ministre Castaner et applaudie par S&#233;gol&#232;ne Royal, a tourn&#233; en boucle. Tant pis si l'image rabaisse la &#171; patrie des droits de l'Homme &#187; au rang d'un vulgaire &#201;tat policier. Avis &#224; la population : gardez vos gosses &#224; la maison. L'&#201;tat craint leur irruption dans l'ar&#232;ne de cet automne inesp&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Maintenant que tout le monde est en col&#232;re... &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ah, si jeunesse savait ! Justement, la voie ouverte par les inexp&#233;riment&#233;s Gilets jaunes avec leurs blocages, leurs Zad autorouti&#232;res et leurs manifs errantes a frapp&#233; les esprits. Les lyc&#233;ens y voient un &#233;cho de leur spontan&#233;it&#233;. Comme si les parents avaient appris de leurs gosses&#8230; D&#233;but d&#233;cembre, sous l'arc de triomphe de la porte d'Aix, un jeune le dit tout &#224; trac &#224; l'AFP : &#171; &lt;i&gt;Maintenant que tout le monde est en col&#232;re, on va finir ce qu'on avait commenc&#233; au printemps dernier.&lt;/i&gt; &#187; Cette &lt;i&gt;punchline&lt;/i&gt; fait r&#233;f&#233;rence aux gr&#232;ves perdues contre Parcoursup et la r&#233;forme des lyc&#233;es. Mais elle ouvre surtout la bo&#238;te de pandore d'un r&#232;glement de comptes g&#233;n&#233;ralis&#233; contre l'arrogance antisociale des derniers gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre &lt;i&gt;punchline&lt;/i&gt;, cette fois-ci lanc&#233;e par Olivier Mateu, secr&#233;taire d&#233;partemental de la CGT, lors du rassemblement du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre devant la pr&#233;fecture : &#171; &lt;i&gt;Nous ferons payer chaque coup de matraque et chaque goutte de sang vers&#233;e par nos enfants.&lt;/i&gt; &#187; &#192; bon entendeur. Car la violence polici&#232;re frappe aussi Marseille. Et les syndicalistes y ont go&#251;t&#233;, comme &#224; Fos il y a deux ans, lors du blocage des raffineries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifs suivantes sont encadr&#233;es par les profs et personnels. Sud, FSU et service d'ordre CGT. Les flics sont moins vaillants face aux dockers. Mais la bienveillance se r&#233;v&#232;le &#233;touffante. Abel&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, un bloqueur du lyc&#233;e Saint-Charles, regrette le rythme impos&#233; : &#171; &lt;i&gt;Ils nous ont &#224; peine laiss&#233; le temps de nous mettre &#224; genoux les mains sur la nuque en hommage aux copains de Mantes-la-Jolie. Ils voulaient qu'on boucle &#231;a vite fait. Alors nous, on repart cadenasser le bahut. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 4 d&#233;cembre. 21 lyc&#233;es bloqu&#233;s &#224; Marseille en solidarit&#233; avec les Gilets jaunes. Frustr&#233;s par une dispersion trop rapide, quelques centaines de jeunes tra&#238;nent devant l'inspection d'acad&#233;mie. Une bousculade et les flics gazent le carrefour. Les yeux en feu, on se r&#233;fugie sur l'esplanade de la gare. Les plus speeds caillassent les fourgons de CRS en contrebas. Devant le lyc&#233;e Victor-Hugo, que fr&#233;quentent les gamins de la Belle de Mai &#8212; quartier le plus paup&#233;ris&#233; de France, selon l'Insee &#8212;, une voiture br&#251;le. &#192; l'arriv&#233;e des pompiers, un minot monte sur le camion et y esquisse un pas de danse. Le fond de l'air est jaune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 13 d&#233;cembre, m&#234;me endroit. Les portes de la gare, de la fac et du bahut sont ferm&#233;es. O&#249; aller ? Comment penser le mouvement quand on en est r&#233;duit &#224; errer sur un bitume hostile ? Un commando de civils cagoul&#233;s est &#224; l'aff&#251;t, le lanceur de balle de d&#233;fense en joue. Une lyc&#233;enne &#224; la coupe afro brandit une pancarte sous leur nez : &#171; &lt;i&gt;Et si on visait l'&#233;galit&#233; des chances ?&lt;/i&gt; &#187; En r&#233;ponse, les mastards plaquent contre le mur un gosse de 15 ans (noir lui aussi) qui passait par l&#224;. Ils se mettent &#224; dix pour le palper et braquer ceux qui protestent. Un retrait&#233; du port crache son d&#233;go&#251;t : &#171; &lt;i&gt;Ces cond&#233;s, c'est la lie de la soci&#233;t&#233;. En 1986, sur la place de la Joliette, on leur avait mis une belle branl&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Il ne tient pas la route, cet individualisme &#187;</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Il-ne-tient-pas-la-route-cet</link>
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		<dc:date>2019-04-13T14:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Larsen Tarpin</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Pablo Chignard</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>mouvement</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets</dc:subject>
		<dc:subject>jaunes</dc:subject>
		<dc:subject>jaune</dc:subject>
		<dc:subject>David Dufresne</dc:subject>
		<dc:subject>rond-point</dc:subject>
		<dc:subject>Ganges</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cet apr&#232;s-midi du 11 d&#233;cembre, ils sont une dizaine sur le rond-point. Et formels : les Gilets jaunes vont essayer de tenir le lieu, et continuer la lutte jusqu'&#224; ce qu'elle paie. Beau soleil, de grands arbres au-dessus de nous, du gazon, une jolie cabane en palettes avec son salon ext&#233;rieur o&#249; tr&#244;ne le brasero, des p&#226;tisseries et du caf&#233;&#8230; Franchement, on n'est pas mal sur ce rond-point, tenu depuis le d&#233;but du mouvement par les Gilets jaunes de Ganges, petite ville de l'H&#233;rault &#224; la porte (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ganges" rel="tag"&gt;Ganges&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet apr&#232;s-midi du 11 d&#233;cembre, ils sont une dizaine sur le rond-point. Et formels : les Gilets jaunes vont essayer de tenir le lieu, et continuer la lutte jusqu'&#224; ce qu'elle paie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2855 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;168&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1104-90510.jpg?1782962479' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fin 2018, &#224; Voreppe, &#224; 15 km de Grenoble (Is&#232;re), pr&#232;s d'un p&#233;age autoroutier, sur un campement de Gilets jaunes d&#233;nomm&#233; &#171; Paradise &#187; (Photo Pablo Chignard)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;B&lt;/span&gt;eau soleil, de grands arbres au-dessus de nous, du gazon, une jolie cabane en palettes avec son salon ext&#233;rieur o&#249; tr&#244;ne le brasero, des p&#226;tisseries et du caf&#233;&#8230; Franchement, on n'est pas mal sur ce rond-point, tenu depuis le d&#233;but du mouvement par les Gilets jaunes de Ganges, petite ville de l'H&#233;rault &#224; la porte sud des C&#233;vennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet apr&#232;s-midi du 11 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;, ils sont une dizaine sur place. L'ambiance est bucolique, mais ils sont un peu en p&#233;tard. D'une part &#224; cause du discours &lt;i&gt;#100ballesEtUnMars&lt;/i&gt; de Macron la veille ; d'autre part parce que le maire de Ganges (LREM) a signifi&#233; aux occupants qu'il ne voulait plus de cabane, ni de personnes qui dorment l&#224; la nuit, pour cause de &#171; risques d'incendie &#187;... Mais tout le monde est formel : les Gilets jaunes vont essayer de tenir le lieu, et continuer la lutte jusqu'&#224; ce qu'elle paie. Une d&#233;l&#233;gation doit &#234;tre envoy&#233;e pour n&#233;gocier de l'avenir de la cabane avec la mairie, qui jusque-l&#224; avait &#233;t&#233; plut&#244;t arrangeante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'autre sujet du jour&lt;/strong&gt;, c'est le RIC, ce r&#233;f&#233;rendum qui &#171; &lt;i&gt;permettrait au peuple de reprendre le pouvoir&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;). Un motiv&#233; a m&#234;me command&#233; des exemplaires des Constitutions fran&#231;aise et suisse pour potasser&#8230; Les r&#233;unions et les fils Facebook tournent autour de &#231;a depuis quelque temps. Pourtant, certaines voix expriment un rejet net de cette strat&#233;gie, qualifi&#233;e soit de r&#233;cup&#233;ration politique, soit d'op&#233;ration d'enfumage visant &#224; achever le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M., un photographe dans la quarantaine&lt;/strong&gt;, m'explique qu'il a rejoint le mouvement parce qu'il en avait marre d'entendre parler de &#171; beaufs &#187; dans les m&#233;dias, et qu'il a voulu se rendre compte par lui-m&#234;me&#8230; Voil&#224; un mois qu'il a laiss&#233; son boulot de c&#244;t&#233; pour tenir le rond-point jour et nuit. Il pense que c'est par l'&#233;change qu'on &#233;volue : &#171; &lt;i&gt; C'est vrai que parfois y a des relous ou des remarques limites, mais apr&#232;s des moments partag&#233;s &#224; s'organiser et discuter, les gens laissent ces discours pour parler social ! &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A., avec ses 80 ans bien tap&#233;s&lt;/strong&gt;, fait office du doyen du rond-point. S'il est descendu de sa montagne pour rejoindre les Gilets jaunes, ce n'est pas pour lui &#8212; il vit de peu et a une retraite correcte &#8212; mais pour les &#171; &lt;i&gt;petits&lt;/i&gt; &#187;, ceux qui touchent 600 euros par mois comme une de ses amies. Il sert r&#233;guli&#232;rement de chauffeur b&#233;n&#233;vole &#224; ses voisins dans la gal&#232;re, qui vivent dans des coins des C&#233;vennes o&#249; faire ses courses peut relever de l'exp&#233;dition. Alors ne lui parlez m&#234;me pas des services publics qui d&#233;sertent les lieux&#8230; C'est pas demain non plus qu'il se cr&#233;era un identifiant sur Ameli.fr ou autre : &#171; &lt;i&gt; Internet, c'est p't'&#234;tre l'avenir, mais c'est pas le mien&lt;/i&gt; &#187;, rigole-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec L., sexag&#233;naire &#171; &lt;i&gt;en pleine forme&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, on d&#233;rive entre deux jeux de mots sur &#171; &lt;i&gt;la joie qu'il y a dans ces moments d'insurrection, la n&#233;cessit&#233; d'y mettre aussi des artistes, jongleurs etc., pour mettre du carnaval dans tout &#231;a. Sinon c'est rat&#233;&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Des concerts ont &#233;t&#233; donn&#233;s les derniers samedis sur ce rond-point, &#231;a a fait du bien &#224; tout le monde&#8230; Quand je lui demande comment il imagine le retour &#224; la normale, il r&#233;pond, placide : &#171; &lt;i&gt;Le quotidien, on l'a tous v&#233;cu, il ne nous fait pas peur. On s'en serait bien pass&#233; de tout &#231;a, mais bon, ils nous acculent au d&#233;sespoir. On disait la France gangren&#233;e par l'individualisme, mais il ne tient pas la route, cet individualisme : les m&#234;mes personnes, hier pr&#234;tes &#224; se battre &#224; un feu rouge, s'arr&#234;tent aujourd'hui pour nous apporter &#224; manger ! C'est hyper rassurant, c'est comme un renouveau&#8230; On aura au moins gagn&#233; &#231;a.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Larsen Tarpin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article est issu de notre dossier &#171; Les pages jaunes de la r&#233;volte &#187;, 15 pages consacr&#233;es aux Gilets jaunes dans le n&#176;172 de &lt;/i&gt;CQFD&lt;i&gt;, paru en janvier 2019.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir le &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no172' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles de ce dossier publi&#233;s en ligne :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Et soudain, la Macronie trembla &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/De-quel-peuple-est-ce-gilet' class=&#034;spip_in&#034;&gt;De quel peuple est ce gilet ?&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Depuis plus d'un mois les qualificatifs se bousculent pour tenter de comprendre la vague jaune qui a foutu un sacr&#233; coup dans les gencives de la &lt;i&gt;start-up&lt;/i&gt; &lt;i&gt;nation&lt;/i&gt; : in&#233;dit, h&#233;t&#233;roclite, factieux, nouveaux sans-culottes, jacquerie en r&#233;seaux, mouvement sans t&#234;te, populisme... Une certitude : cette r&#233;volte a chamboul&#233; beaucoup de rep&#232;res.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Violences polici&#232;res &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Violences-policieres-contre-les' class=&#034;spip_in&#034;&gt;David Dufresne : &#171; Cette r&#233;pression laissera des traces &#187;&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Parcourir &#171; All&#244; Place Beauvau &#187;, le fil Twitter que le journaliste David Dufresne a lanc&#233; le 4 d&#233;cembre dernier pour recenser les violences polici&#232;res, procure vite une sensation d'&#233;c&#339;urement. D'autant que la liste ne cesse de s'allonger : 207 signalements &#8211; souvent assortis de vid&#233;os &#8211; &#224; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites... La parole est &#224; l'accusation.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;R&#233;cup&#233;rations politiques &#224; l'extr&#234;me droite &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Du-brun-dans-le-jaune' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Du brun dans le jaune&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Aux abois, Macron aimerait choisir ses adversaires. Et &#224; tout prendre, ceux avec qui il d&#233;battrait d'identit&#233; nationale et d'immigration lui conviennent mieux que ceux qui crient justice sociale. Pour cela, ministres et m&#233;dias lui apportent sur un plateau des porte-parole autoproclam&#233;s qui flirtent avec la fachosph&#232;re. Passage en revue des gilets bruns surfant sur la vague fluo.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Saint-Nazaire &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes-de-Saint-Nazaire-Pas' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Pas possible de rentrer chez soi apr&#232;s &#231;a &#187;&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; &#192; Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Gilets jaunes a su d'embl&#233;e se pr&#233;server de possibles manipulations d'extr&#234;me droite en se d&#233;clarant constitu&#233;e &#171; &lt;i&gt;sur des bases clairement antiracistes&lt;/i&gt; &#187;. Retour sur une exp&#233;rience de d&#233;mocratie directe &#224; la pointe de la r&#233;volte jaune fluo.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Sophie Bruneau : &#171; Le nouveau capitalisme nous cannibalise &#187;</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;R&#234;ver sous le capitalisme est un documentaire &#224; la fois magn&#233;tique et perturbant, o&#249; des travailleurs et travailleuses d&#233;crivent pr&#233;cis&#233;ment un r&#234;ve qui les hante, issu tout droit de leur environnement professionnel. R&#234;ver sous le capitalisme est un documentaire &#224; la fois magn&#233;tique et perturbant. &#192; l'&#233;cran, des plans fixes : immeuble de bureau illumin&#233;, parking de fast-food d&#233;sert, ligne de tram nocturne et... visages de personnes contant leur vie onirique perturb&#233;e. C'est la bande-son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no172-janvier-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;172 (janvier 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Reves" rel="tag"&gt;R&#234;ves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/film" rel="tag"&gt;film&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reve" rel="tag"&gt;r&#234;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/peur" rel="tag"&gt;peur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/reves-manifestes" rel="tag"&gt;r&#234;ves manifestes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Charlotte-Beradt" rel="tag"&gt;Charlotte Beradt&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#234;ver sous le capitalisme&lt;/i&gt; est un documentaire &#224; la fois magn&#233;tique et perturbant, o&#249; des travailleurs et travailleuses d&#233;crivent pr&#233;cis&#233;ment un r&#234;ve qui les hante, issu tout droit de leur environnement professionnel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2857 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/-1106-56d2c.jpg?1782773999' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Alterego Films
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;R&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#234;ver sous le capitalisme&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Actuellement au cin&#233;ma, distribution Direction Humaine des Ressources.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; est un documentaire &#224; la fois magn&#233;tique et perturbant. &#192; l'&#233;cran, des plans fixes : immeuble de bureau illumin&#233;, parking de fast-food d&#233;sert, ligne de tram nocturne et... visages de personnes contant leur vie onirique perturb&#233;e. C'est la bande-son qui relie l'ensemble, soit les t&#233;moignages de douze personnes ayant vu le monde du travail s'inviter &#224; la hussarde dans leurs songes, recueillis par la r&#233;alisatrice Sophie Bruneau&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;j&#224; r&#233;alisatrice de Ils ne mouraient pas tous mais tous &#233;taient frapp&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Ces cadres, employ&#233;s ou m&#233;decins, d&#233;crivent pr&#233;cis&#233;ment un r&#234;ve qui les hante, issu tout droit de leur environnement professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message est limpide : la r&#233;alit&#233; du labeur contemporain, &lt;i&gt;manag&#233;&lt;/i&gt; jusqu'au trognon, d&#233;borde tant sur les affects qu'il n'existe plus d'espaces o&#249; lui &#233;chapper, m&#234;me la nuit.&#171; &lt;i&gt;Mon r&#234;ve commen&#231;ait ici sur cette chaise, par un tr&#232;s grand crack, un craquement, qui correspondait &#224; l'ouverture de ma calotte cr&#226;nienne&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne l'une des interview&#233;s. Avant de d&#233;crire de petits personnages plongeant de longues cuill&#232;res dans sa cervelle, de plus en plus profond&#233;ment. Le cauchemar, c'est maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les images de votre film sont presque banales, mais on en ressort secou&#233;, effar&#233; par la brutalit&#233; du constat. Comment le simple r&#233;cit de r&#234;ves peut-il &#234;tre si gla&#231;ant ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les images associ&#233;es aux r&#234;ves ne sont pas violentes au sens strict, mais elles transmettent une forme d'ambiance &#233;trange, une dimension d&#233;shumanis&#233;e qui se conjugue &#224; une dimension po&#233;tique relevant de l'impr&#233;vu dans le banal (un bal de mouettes sur un parking, le d&#233;placement d'une lampe de poche dans une tour de verre...). Les r&#234;ves sont des images parlantes qui d&#233;crivent, peut-&#234;tre de mani&#232;re plus violente que les images litt&#233;rales, ce monde du travail pris dans la tourmente d'un management d&#233;raisonnable. Les r&#234;ves manifestes, pour lesquels nous faisons clairement le lien entre le contenu et le contexte qui l'a engendr&#233;, sont comme un &#233;cho du jour. Le film recr&#233;e une communaut&#233; des songes, il propose une vision nocturne de ce qui se passe hors champ, &#224; l'ext&#233;rieur, dans le monde du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que nous r&#233;v&#232;le cette vision ? Des morts-vivants, le cadavre d'un travailleur inconnu, des momies, un meurtre, des pratiques cannibales&#8230; C'est une vision mortif&#232;re qui d&#233;voile le syst&#232;me capitaliste n&#233;olib&#233;ral. En ce sens, je pense que le r&#234;ve de cannibalisme racont&#233; par une m&#233;decin est la m&#233;taphore du film : le capitalisme nous cannibalise. Le capitalisme est profond&#233;ment mortif&#232;re, c'est ce que les douze r&#234;ves de travail nous disent de mani&#232;re condens&#233;e, d&#233;form&#233;e, exag&#233;r&#233;e. Ces histoires oniriques interpellent, &#224; l'image des masques de carnaval. Elles sont &#224; la fois po&#233;tiques et politiques, nous d&#233;placent pour mieux nous faire voir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre travail renvoie directement &#224; celui men&#233; par Charlotte Beradt en Allemagne de 1933 &#224; 1939, &lt;i&gt;R&#234;ver sous le III&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Reich&lt;/i&gt;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le travail de Charlotte Beradt a &#233;t&#233; un &#233;l&#233;ment d&#233;clencheur. Elle a eu l'id&#233;e lumineuse que l'on r&#234;vait diff&#233;remment selon les r&#233;gimes politiques et que les r&#234;ves avaient la capacit&#233; de raconter l'&#233;poque. Les interdits, les humiliations, la peur, la chasse &#224; l'homme, la perte du langage&#8230; Elle a mis en &#233;vidence &#224; quel point le syst&#232;me barbare qui se mettait en place s'immis&#231;ait dans les vies priv&#233;es, jusque dans le sommeil. Cette lecture m'a fait comprendre que les r&#234;ves &#8211; et en particulier les r&#234;ves manifestes, qu'elle appelle les &lt;i&gt;r&#234;ves politiques &lt;/i&gt;&#8211; sont un mat&#233;riau anthropologique, r&#233;v&#233;lateur et significatif du champ social et des rapports qui s'y jouent. Ils ont valeur de message, sont capables de mettre au monde le sens de l'&#233;poque. Ce sont des r&#233;cits extr&#234;mement intimes qui r&#233;sonnent au-del&#224; de leurs propri&#233;taires.&lt;i&gt; Je&lt;/i&gt; est un &lt;i&gt;autre&lt;/i&gt; dans le r&#234;ve, et cet autre r&#233;sonne pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne fais pas d'amalgame entre les &#233;poques, mais je vois des processus &#224; l'&#339;uvre, que d'autres ont analys&#233;s. Dans son livre&lt;i&gt; Souffrance en France &#8211; La banalisation de l'injustice sociale &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Seuil, 1998.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, Christophe Dejours, psychiatre sp&#233;cialiste du travail, d&#233;crit l'utilisation manag&#233;riale de la peur dans les entreprises. Elle s'est inscrite dans les rapports de travail : peur de ne pas &#234;tre &#224; la hauteur, peur de perdre son emploi&#8230; Cette peur est associ&#233;e &#224; &#8220; une menace &#224; la pr&#233;carisation &#8221;, ce qui est diff&#233;rent de la pr&#233;carit&#233;, parce que ce syst&#232;me est con&#231;u comme tel. La peur entra&#238;ne des conduites de soumission et d'ob&#233;issance et,&lt;i&gt; in fine&lt;/i&gt;, elle annihile la facult&#233; de penser. C'est une strat&#233;gie de d&#233;fense. Par ailleurs, en utilisant le levier des ch&#244;meurs qui attendent &#224; la porte, on parvient &#224; tout faire accepter par des travailleurs en sous-effectif, m&#234;me les choses qui vont contre les r&#232;gles du m&#233;tier, l'&#233;thique professionnelle, la morale ou le simple bon sens. D'autant que dehors, c'est le d&#233;tricotage de la S&#233;curit&#233; sociale. Ils sont pris entre le marteau et l'enclume&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2858 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/-1107-396e5.jpg?1782773999' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Alterego Films
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tous les r&#234;ves recueillis semblent tendre &#224; un m&#234;me constat, celui d'un monde du travail devenu fou...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Certains r&#234;ves me font voir un monde d&#233;raisonnable o&#249; la folie a pris le pouvoir. &#192; travers ces douze r&#234;ves de travail, et leur interpr&#233;tation par les r&#234;veurs, on entend une seule et m&#234;me r&#233;alit&#233;, comme s'ils parlaient d'une m&#234;me voix : les r&#233;sultats exig&#233;s sont intenables, le mensonge r&#232;gne, les ambiances sont d&#233;l&#233;t&#232;res, l'isolement et la mise en concurrence g&#233;n&#232;rent de la souffrance individuelle, la surveillance et le contr&#244;le marchent &#224; plein, notamment via l'outil informatique, la taylorisation des activit&#233;s a pris pied dans le tertiaire et la perte de sens s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e. On mesure tout, m&#234;me le qualitatif. Et tout cela se passe dans des espaces de plus en plus d&#233;personnalis&#233;s o&#249; tout le monde se regarde et s'&#233;coute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au fur et &#224; mesure du film, les r&#234;veurs et r&#234;veuses se parlent &#224; travers le jeu des r&#233;currences. Ces r&#233;sonances sugg&#232;rent un monde ext&#233;rieur nocif dans lequel ils n'ont plus envie de retourner. Leur r&#233;alit&#233; au travail est plus noire que leurs vrais cauchemars. Le film a d'ailleurs failli emprunter le nom d'une c&#233;l&#232;bre gravure de Goya, r&#233;alis&#233;e fin XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, &#224; une p&#233;riode sombre de l'histoire espagnole, laquelle s'intitule : &lt;i&gt;Le Sommeil de la raison engendre des monstres&lt;/i&gt;. &#192; l'&#233;coute de tous ces r&#233;cits de r&#234;ves de travail, durant le temps de ma collecte, entre 2012 et 2017, j'ai eu le sentiment profond que l'&#233;poque avait perdu la raison et que les monstres &#233;taient devenus r&#233;els. Le monde du travail est &#224; l'image de notre environnement. Les r&#234;ves nous le disent &#224; leur mani&#232;re, de fa&#231;on criante : le capitalisme n&#233;olib&#233;ral court &#224; notre perte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Actuellement au cin&#233;ma, distribution Direction Humaine des Ressources.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;j&#224; r&#233;alisatrice de&lt;i&gt; Ils ne mouraient pas tous mais tous &#233;taient frapp&#233;s &lt;/i&gt;(2006), documentaire suivant les consultations m&#233;dicales de personnes en souffrance au travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Seuil, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fuck work !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Fuck-work</link>
		<guid isPermaLink="true">https://cqfd-journal.org/Fuck-work</guid>
		<dc:date>2019-03-31T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;cembre</dc:subject>
		<dc:subject>left</dc:subject>
		<dc:subject>Catherine Samary</dc:subject>
		<dc:subject>jaune demain</dc:subject>
		<dc:subject>roman-feuilleton &#233;meutier</dc:subject>
		<dc:subject>regileter jaune</dc:subject>
		<dc:subject>Samary</dc:subject>
		<dc:subject>James Livingston</dc:subject>
		<dc:subject>Catherine</dc:subject>
		<dc:subject>Livingston</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;7 d&#233;cembre 2018. &#192; Bruxelles aussi, o&#249; &#231;a va regileter jaune demain, on baigne en plein roman-feuilleton &#233;meutier. Comme on annonce des charges de cavalerie sur les manifestants, des gusses invitent ceux-ci &#224; se munir de billes m&#233;talliques &#224; lancer sous les sabots des canassons de la r&#233;pression. Effet rod&#233;o d'enfer garanti. Et bien s&#251;r perplexit&#233; de l'ami farouche des b&#234;b&#234;tes que je suis. Pour d&#233;samorcer les charges &#224; cheval moins belliqueusement, d'autres camerluches proposent qu'on se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Catherine-Samary" rel="tag"&gt;Catherine Samary&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/jaune-demain" rel="tag"&gt;jaune demain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/roman-feuilleton-emeutier" rel="tag"&gt;roman-feuilleton &#233;meutier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/regileter-jaune" rel="tag"&gt;regileter jaune&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Samary" rel="tag"&gt;Samary&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/James-Livingston" rel="tag"&gt;James Livingston&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Catherine" rel="tag"&gt;Catherine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Livingston" rel="tag"&gt;Livingston&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2856 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L121xH200/-1105-75a5a.jpg?1782644018' width='121' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du livre &#034;Fuck work !&#034;, de James Livingston
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;7&lt;/petitelettrine&gt; &lt;strong&gt;d&#233;cembre 2018&lt;/strong&gt;. &#192; Bruxelles aussi, o&#249; &#231;a va &lt;i&gt;regileter&lt;/i&gt; jaune demain, on baigne en plein roman-feuilleton &#233;meutier. Comme on annonce des charges de cavalerie sur les manifestants, des gusses invitent ceux-ci &#224; se munir de billes m&#233;talliques &#224; lancer sous les sabots des canassons de la r&#233;pression. Effet rod&#233;o d'enfer garanti. Et bien s&#251;r perplexit&#233; de l'ami farouche des b&#234;b&#234;tes que je suis. Pour d&#233;samorcer les charges &#224; cheval moins belliqueusement, d'autres camerluches proposent qu'on se pointe aux affrontements de rue avec force poussettes contenant de faux b&#233;b&#233;s (des poup&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais tr&#234;ve de landaus et de bourriques&lt;/strong&gt; ! J'ai une rubrique anarcho-litt&#233;raire &#224; tenir, mille tonnerres ! &lt;i&gt;Octobre 1917-2017 &#8211; D'un communisme d&#233;colonial &#224; la d&#233;marche des communs&lt;/i&gt; de Catherine Samary (&#233;d. du Croquant) rappelle scrupuleusement quels ont &#233;t&#233; pendant un si&#232;cle les faux rem&#232;des cardinaux les plus prescrits aux maladies sociales graves : le bureaucratisme d'&#201;tat l&#233;nino-stalinien, la r&#233;volution permanente &#224; la Trotski dans la dictature sur le prol&#233;tariat, l'autogestion yougoslave orchestr&#233;e de haut en bas, le castrisme castrateur, le d&#233;gel khrouchtchevien poisseux, le centralisme d&#233;mocratique entubeur&lt;i&gt; new look&lt;/i&gt;. Et la camarade Catherine Samary, du Conseil scientifique d'Attac, d'opposer di&#233;t&#233;tiquement &#224; tous ces culs-de-sac une &#171; &lt;i&gt;appropriation plurielle des exp&#233;riences et r&#233;sistances progressistes pass&#233;es comme pr&#233;sentes&lt;/i&gt; &#187;. Soit, explicite-t-elle, favoriser la cr&#233;ation &#224; toute occasion d'une tap&#233;e de &#171; &lt;i&gt;communaut&#233;s d'int&#233;r&#234;t autogestionnaires&lt;/i&gt; &#187;. Un programme qui ne tient qu'&#224; vous de formuler d'une fa&#231;on plus &lt;i&gt;youplaboum&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est un des points forts de l'essayiste&lt;/strong&gt; du New Jersey James Livingston. Son &lt;i&gt;Fuck Work !&lt;/i&gt;, traduit depuis peu en fran&#231;ais pour la collection &#171; Champs &#187; de Flammarion, va droit &#224; l'essentiel &#8211; &lt;i&gt;bye, bye turbin ! &lt;/i&gt;&#8211; dans un langage spitant&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vif, enjou&#233; (belgicisme).&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Le pamphlet recoupe les grands classiques du br&#251;lot anti-taf (sign&#233;s Paul Lafargue, Yves Le Manach, Raoul Vaneigem, Corinne Maier ou Albert Paraz) en analysant f&#233;rocement ce que Freud appelait &#171; &lt;i&gt; la compulsion de travailler&lt;/i&gt; &#187;. Il d&#233;montre &lt;i&gt;bal&#232;zement&lt;/i&gt; qu'on peut vraiment en finir pragmatiquement avec le cauchemar du travail. Il c&#233;l&#232;bre le plaisir tant vilipend&#233; de gaspiller son temps et confronte perversement les joyeuset&#233;s du plein emploi avec celles de la pleine jouissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est le massacreur de communards Adolphe Thiers&lt;/strong&gt; (1797-1877) qui a le mieux r&#233;sum&#233;, avec un bon si&#232;cle d'avance, les enjeux du livre du professeur &lt;i&gt;flemmartiste&lt;/i&gt; Livingston : &#171; &lt;i&gt;Je veux rendre toute puissante l'influence du clerg&#233; parce que je compte sur lui pour propager cette bonne philosophie qui apprend &#224; l'homme qu'il est ici-bas pour souffrir et non cette autre philosophie qui dit au contraire &#224; l'homme : &lt;/i&gt;&#8220;Jouis.&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;No&#235;l Godin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Vif, enjou&#233; (belgicisme).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Rians, un rond-point dans la joie</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Rians-un-rond-point-dans-la-joie</link>
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		<dc:date>2019-03-30T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier Saint-Hilaire</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#192; la r&#233;dac, ces bouffeurs d'&#233;crans m'ont suppli&#233; d'aller sur les ronds-points. Comme si, entre suivre les gazages de lyc&#233;ens et les matraquages des d&#233;log&#233;s de Noailles, je n'avais que &#231;a &#224; faire. Ce samedi 15 d&#233;cembre 2018, les Gilets jaunes occupent une bonne quinzaine de ronds-points dans le Var. Ce qui devrait &#234;tre un lieu pour circuler sans s'arr&#234;ter est &#224; l'&#233;vidence devenu un point de rencontre. Celui de Rians est souriant (gag !). On y fait signer la p&#233;tition pour le r&#233;f&#233;rendum (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no172-janvier-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;172 (janvier 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ici" rel="tag"&gt;ici&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Gerard" rel="tag"&gt;G&#233;rard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/C-est-Gerard" rel="tag"&gt;C'est G&#233;rard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la r&#233;dac, ces bouffeurs d'&#233;crans m'ont suppli&#233; d'aller sur les ronds-points. Comme si, entre suivre les gazages de lyc&#233;ens et les matraquages des d&#233;log&#233;s de &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Gaudin-assassin' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Noailles&lt;/a&gt;, je n'avais que &#231;a &#224; faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2854 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH334/-1103-cc2d5.jpg?1782962479' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;En Seine-et-Marne, le 17 novembre (Photo Olivier Saint-Hilaire).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C&lt;/span&gt;e samedi 15 d&#233;cembre 2018, les Gilets jaunes occupent une bonne quinzaine de ronds-points dans le Var. Ce qui devrait &#234;tre un lieu pour circuler sans s'arr&#234;ter est &#224; l'&#233;vidence devenu un point de rencontre. Celui de Rians est souriant (gag !). On y fait signer la p&#233;tition pour le r&#233;f&#233;rendum d'initiative citoyenne (RIC), la lubie du moment. On m'accueille chaleureusement et je peux garer ma voiture &#233;lectrique de location. Imm&#233;diatement, on me serre la louche comme au premier Ruffin venu ! Esp&#233;rons que personne ne me confonde avec Laurent Wauquiez avec ma parka rouge. Autour de moi, tout le monde porte le gilet fluo &#224; la mode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est G&#233;rard, un peu &#224; l'&#233;cart pour l'instant, qui r&#233;pond &#224; mon flot ininterrompu de questions. Il me balance son revenu mensuel, comme l'avaient fait deux mamies marseillaises rencontr&#233;es &#224; la sortie de l'autoroute d'Aubagne en novembre. Elles voulaient d&#233;gager Macron depuis qu'il leur avait vampiris&#233; la CSG (contribution sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e). Originaire de Marseille, G&#233;rard s'&#233;tait d'abord exil&#233; &#224; quelques kilom&#232;tres, aux Pennes-Mirabeau. Puis, pour des raisons familiales, il a d&#233;m&#233;nag&#233; ici, &#224; plus d'une heure d'Aix-en-Provence. &#171; &lt;i&gt; Ce qu'il y a de bien, c'est qu'on s'est arrach&#233;s de la t&#233;l&#233;vision et des grands magasins &lt;/i&gt; &#187;, attaque cet ancien agent de s&#233;curit&#233; qui a fait mille m&#233;tiers, mille mis&#232;res. &#199;a a d&#251; tuer Bertrand Darty&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Confondateur de l'enseigne d'&#233;lectrom&#233;nager, d&#233;c&#233;d&#233; &#224; Miami ce jour-l&#224;.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, ces blocages et cette impossibilit&#233; de consommer ! Ah, les vilains !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, G&#233;rard a retrouv&#233; des mots &#224; mettre sur ses maux. Il est au ch&#244;mage, ses revenus sont modiques. Il ne peut pas compter sur l'aide de ses parents, modestes. Il d&#233;crit le d&#233;sert en mati&#232;re de service publics. &#171; &lt;i&gt; Il ne reste que la Poste ici &#8212; et la gendarmerie. M&#234;me le centre des imp&#244;ts a ferm&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Les taxes sont rest&#233;es. Pour trois points de suture, c'est l'h&#244;pital de Brignoles, &#224; 30 minutes. &#192; Saint-Maximim, c'est le service minimum, avec une maison de sant&#233; de garde.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un air de chicanes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard est rejoint par un gaillard. Tous deux m'expliquent qu'ici, au rond-point, la proposition de remettre en place l'ISF n'est m&#234;me plus &#224; l'ordre du jour. &#171; &lt;i&gt;Ce qu'on veut, c'est tout changer dans la d&#233;mocratie. C'est le sens de ce r&#233;f&#233;rendum &lt;/i&gt;[le RIC]. &lt;i&gt;Un contr&#244;le citoyen sur les d&#233;cisions politiques. On avait r&#233;dig&#233; un inventaire &#224; la Pr&#233;vert, mais &#224; peine &#233;crit c'&#233;tait d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233;.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;On ne fait pas d'assembl&#233;es, c'est vrai.&lt;/i&gt; &#187; Ici, &#231;a discute autour d'un canon ou d'un feu de palette. Et par chance, la boulangerie est install&#233;e au rond-point car &#224; la campagne, on ne l&#226;che pas le volant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gaillard est prolixe sur les th&#233;ories d'&#201;tienne Chouard et des assembl&#233;es constituantes. Fonctionnaire &#224; Paris, il s'est mis en dispo. Proche de la CGT, il ne s'en vante pas trop ici : &#171; &lt;i&gt;Le syndicalisme, c'est bien dans la fonction publique. &#199;a permet de sauver des gens qui sont &#224; la d&#233;rive. Mais &#231;a a ses limites.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'air est frais ce samedi. Ils sont une bonne trentaine autour d'un feu et de la jolie bicoque qu'ils ont construite. Ici ou dans le Gard, sur les routes d'Arles ou de N&#238;mes, &#224; la sortie d'Al&#232;s, partout, la semaine derni&#232;re, on avait l'impression que la fameuse route des chicanes de Notre-Dame-des-Landes, d&#233;truite par une puissante armada, avait essaim&#233; partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour du feu, tout le monde parle librement et deux femmes quinquas conviennent qu'il y a peu de jeunes parmi eux. La premi&#232;re n'a manifest&#233; qu'une seule fois &#8212; lorsque le gouvernement a supprim&#233; sa profession d'avou&#233;e (une cat&#233;gorie de juristes). La seconde travaille &#224; Marseille en clinique, elle est pass&#233;e compl&#232;tement &#224; c&#244;t&#233; des manifs contre la loi Travail. Mais cette fois, elles sont venues promptement, avec le sentiment que le mouvement est parti &#171; &lt;i&gt;de la base&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;du peuple &lt;/i&gt; &#187;. Elles viennent chaque jour et le week-end. Il y a un cot&#233; Restos du c&#339;ur dans ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;On les tient, les p&#233;riph&#233;riques !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; cot&#233; d'elles, &#231;a s'agite. Un motard arborant un autocollant &#171; &lt;i&gt;Rendez l'ISF d'abord&lt;/i&gt; &#187; fait le tour pour raconter ce qui s'est pass&#233; au p&#233;age de La Barque, &#224; quarante minutes de route. Tous les ronds-points sont connect&#233;s et on circule de l'un &#224; l'autre pour se soutenir, donner des nouvelles. Il raconte que le samedi pr&#233;c&#233;dent, ils &#233;taient 2 000 &#224; occuper le barrage autoroutier. &#171; &lt;i&gt;L&#224;, ils ne pouvaient rien faire contre nous. Il y avait des centaines de motards qui nous avaient rejoints sur le p&#233;age.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il parle de &#171; &lt;i&gt;r&#233;volution citoyenne&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt; Ben ouais, c'est &#231;a ! Dans tous les pays se forment des bataillons de Gilets jaunes.&lt;/i&gt; &#187; Et ce, jusqu'&#224; Bassora en Irak, ou encore en Hongrie, un beau pays de fachos. M&#234;me Louis de Bourbon, pr&#233;tendant au tr&#244;ne de France, serait solidaire du mouvement. Sylvie, une habitu&#233;e, esp&#232;re que les Gitans vont s'y mettre aussi. &#171; &lt;i&gt; Avec eux, &#231;a discute pas.&lt;/i&gt; &#187; On sent encore une envie d'en d&#233;coudre et les victoires pr&#233;c&#233;dentes ont un go&#251;t de reviens-y. Toutes les col&#232;res s'agglom&#232;rent et se r&#233;pondent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s des automobilistes, on ironise sur les chiffres de la mobilisation donn&#233;s par le gouvernement et les m&#233;dias. Tous d&#233;noncent les violences polici&#232;res, &#233;voquent les mains arrach&#233;es et des morts qu'on cacherait. &#171; &lt;i&gt;On s'est pris des coups de tonfa !&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce le motard. &#171; &lt;i&gt;Tu as vu qu'&#224; Paris, ils ne peuvent m&#234;me plus manifester. Ils les mettent en garde &#224; vue pour rien. Quand on s'est rendu au Centre des imp&#244;ts de Saint-Maximim, &lt;/i&gt;paf !&lt;i&gt;, six gardes &#224; vue. Les n&#244;tres sont partis sur Marseille aujourd'hui.&lt;/i&gt; &#187; Il raconte ses deux semaines sur les barrages, &#224; peine le boulot termin&#233;. &#171; &lt;i&gt;Je suis de Rians &#224; la base, mais c'est trop cher pour se loger.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa voisine explique qu'elle a quitt&#233; les alentours d'Aix o&#249; les co&#251;ts du logement sont exorbitants. On les tient, les p&#233;riph&#233;riques ! Sur son pliant, Jean, appuy&#233; sur sa canne, explique : &#171; &lt;i&gt;Avant j'habitais Marseille, puis j'ai d&#233;m&#233;nag&#233; par ici, c'est moins cher. &lt;/i&gt; &#187; En fait, des travailleurs pauvres qui ont quitt&#233; les grandes agglos mais pour revenir y bosser tous les jours.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Nous sommes le peuple ! &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tous sentent qu'avec Macron, ils se sont heurt&#233;s &#224; un mur. Et ce d&#233;ni de d&#233;mocratie les a confort&#233;s dans leur volont&#233; de maintenir les barrages. &#171; &lt;i&gt;Nous sommes le peuple ! &lt;/i&gt; &#187;, me r&#233;p&#232;tent-ils tous. Et ce peuple a de la volont&#233;. &#171; &lt;i&gt;On a l'impression de faire l'histoire. Que rien ne sera plus comme avant&lt;/i&gt; &#187;, affirme un type en treillis de chasseur. Une femme nous tend la p&#233;tition. &#171; &lt;i&gt;Allez faire signer. Faut que je m'en aille. &lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt; C'est que je suis de Marseille !&lt;/i&gt; &#187;, lui dis-je. C'est pas grave. &#171; &lt;i&gt; Ici, c'est l'affaire de tous les Fran&#231;ais. &lt;/i&gt; &#187; Puis elle se reprend : &#171; &lt;i&gt;Du monde entier !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de partir, un papy me serre &#224; nouveau la main pour me tenir encore un peu la jambe. &#171; &lt;i&gt; Au p&#233;age de la Barque, tout est ouvert, les grillages sont tomb&#233;s. &lt;/i&gt; &#187; Les gens pensent avoir repris le contr&#244;le du territoire : ronds-points occup&#233;s, radars vandalis&#233;s et p&#233;ages flingu&#233;s. Les vieux fourneaux bouent encore. Et en janvier, ils iront peut-&#234;tre bien occuper les rotatives de &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, &#224; l'invitation du propri&#233;taire, Bernard Tapie !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Christophe Goby&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article est issu de notre dossier &#171; Les pages jaunes de la r&#233;volte &#187;, 15 pages consacr&#233;es aux Gilets jaunes dans le n&#176;172 de &lt;/i&gt;CQFD&lt;i&gt;, paru en janvier 2019.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir le &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no172' class=&#034;spip_in&#034;&gt;sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles de ce dossier publi&#233;s en ligne :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Et soudain, la Macronie trembla &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/De-quel-peuple-est-ce-gilet' class=&#034;spip_in&#034;&gt;De quel peuple est ce gilet ?&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Depuis plus d'un mois les qualificatifs se bousculent pour tenter de comprendre la vague jaune qui a foutu un sacr&#233; coup dans les gencives de la &lt;i&gt;start-up&lt;/i&gt; &lt;i&gt;nation&lt;/i&gt; : in&#233;dit, h&#233;t&#233;roclite, factieux, nouveaux sans-culottes, jacquerie en r&#233;seaux, mouvement sans t&#234;te, populisme... Une certitude : cette r&#233;volte a chamboul&#233; beaucoup de rep&#232;res.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Violences polici&#232;res &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Violences-policieres-contre-les' class=&#034;spip_in&#034;&gt;David Dufresne : &#171; Cette r&#233;pression laissera des traces &#187;&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Parcourir &#171; All&#244; Place Beauvau &#187;, le fil Twitter que le journaliste David Dufresne a lanc&#233; le 4 d&#233;cembre dernier pour recenser les violences polici&#232;res, procure vite une sensation d'&#233;c&#339;urement. D'autant que la liste ne cesse de s'allonger : 207 signalements &#8211; souvent assortis de vid&#233;os &#8211; &#224; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites... La parole est &#224; l'accusation.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;R&#233;cup&#233;rations politiques &#224; l'extr&#234;me droite &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Du-brun-dans-le-jaune' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Du brun dans le jaune&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Aux abois, Macron aimerait choisir ses adversaires. Et &#224; tout prendre, ceux avec qui il d&#233;battrait d'identit&#233; nationale et d'immigration lui conviennent mieux que ceux qui crient justice sociale. Pour cela, ministres et m&#233;dias lui apportent sur un plateau des porte-parole autoproclam&#233;s qui flirtent avec la fachosph&#232;re. Passage en revue des gilets bruns surfant sur la vague fluo.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Saint-Nazaire &#8211; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Gilets-jaunes-de-Saint-Nazaire-Pas' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Pas possible de rentrer chez soi apr&#232;s &#231;a &#187;&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; &#192; Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Gilets jaunes a su d'embl&#233;e se pr&#233;server de possibles manipulations d'extr&#234;me droite en se d&#233;clarant constitu&#233;e &#171; &lt;i&gt;sur des bases clairement antiracistes&lt;/i&gt; &#187;. Retour sur une exp&#233;rience de d&#233;mocratie directe &#224; la pointe de la r&#233;volte jaune fluo.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Confondateur de l'enseigne d'&#233;lectrom&#233;nager, d&#233;c&#233;d&#233; &#224; Miami ce jour-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La kryptonite, c'est politique</title>
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		<description>
&lt;p&gt;William Blanc est un super-historien. Carr&#233;ment surprenant. Apr&#232;s avoir d&#233;soss&#233; la figure de Charles Martel , le voil&#224; qui essaie de concilier critique sociale et comic book. Son livre Super-h&#233;ros, une histoire politique (&#233;ditions Libertalia) rameute le minot qui sommeille en nous. En juin 1938, sur la couverture d'Action Comics, on peut voir un mastard &#224; cape soulever &#224; bras nus une bagnole. Au premier plan, un citoyen s'enfuit, la t&#234;te entre les mains, &#224; la fois terrifi&#233; et fascin&#233; par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no172-janvier-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;172 (janvier 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/condition-humaine" rel="tag"&gt;condition humaine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;William Blanc est un super-historien. Carr&#233;ment surprenant. Apr&#232;s avoir d&#233;soss&#233; la figure de Charles Martel&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l'histoire au mythe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; , le voil&#224; qui essaie de concilier critique sociale et &lt;i&gt;comic book&lt;/i&gt;. Son livre &lt;i&gt;Super-h&#233;ros, une histoire politique&lt;/i&gt; (&#233;ditions Libertalia) rameute le minot qui sommeille en nous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2842 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;63&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH263/-1094-b1fa4.jpg?1782641374' width='180' height='263' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du livre &#034;Super-h&#233;ros, une histoire politique&#034;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n juin 1938, sur la couverture d'&lt;i&gt;Action Comics&lt;/i&gt;, on peut voir un mastard &#224; cape soulever &#224; bras nus une bagnole. Au premier plan, un citoyen s'enfuit, la t&#234;te entre les mains, &#224; la fois terrifi&#233; et fascin&#233; par l'irruption soudaine de cet hercule &#224; force de taureau. Non seulement l'humano&#239;de en collant fait montre d'une force surhumaine, mais il d&#233;fie aussi les lois de la gravit&#233;. De quoi coller berlue et infarctus. La condition humaine en prend pour son grade : nous ne sommes pas seuls dans l'univers. Juste avant son effondrement, la plan&#232;te Krypton nous envoie un de ses rejetons : Superman d&#233;boule sur les &#233;tals des kiosquiers amerloques. Et il fait un carton. Plus de 80 ans apr&#232;s, l'alien aux maxillaires carr&#233;s et &#224; gomina extra-forte continue de fasciner les foules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Kryptonien&lt;/strong&gt; reste cependant une exception. S'il ouvre le chemin &#224; une multitude de suivistes bodybuild&#233;s et costum&#233;s, la cohorte grandissante des super-h&#233;ros sera en grande majorit&#233; issue du s&#233;rail humain. Tant&#244;t &#233;quip&#233;s d'armures et de gadgets, tant&#244;t &#171; augment&#233;s &#187; lors d'exp&#233;riences scientifiques, ces justiciers hors-normes n'auront de cesse de sauver l'humanit&#233; des in&#233;puisables menaces ourdies par leurs avatars maudits : les super-vilains. Combats a&#233;riens, explosions hom&#233;riques, sauvetages chevaleresques : on pourrait r&#233;duire les&lt;i&gt; comics&lt;/i&gt; &#224; une simple expression pu&#233;rile, celle d'un combat binaire entre le bien et le mal. Ce n'est pas le pari que fait William Blanc, historien m&#233;di&#233;viste sp&#233;cialis&#233; dans les cultures populaires, bien d&#233;cid&#233; &#224; tracer les jalons d'une histoire politique des super-h&#233;ros.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Super-meufs sur le ring&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#232;s la fin des ann&#233;es 1930&lt;/strong&gt;, se voulant membres actifs d'une d&#233;mocratie moderne, les auteurs de comics se sont servis de leur m&#233;dium &#8211; art populaire m&#233;pris&#233; par la culture dominante &#8211; pour donner leur point de vue sur le monde.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;R&#233;alis&#233;s pour des masses urbaines par des auteurs venus &#8211; pour beaucoup &#8211; de milieux d&#233;favoris&#233;s, les &lt;/i&gt;comic books&lt;i&gt; ont souvent &#233;t&#233; perm&#233;ables aux d&#233;bats agitant les soci&#233;t&#233;s qui les ont vu na&#238;tre. &lt;/i&gt; &#187; L'entre-deux-guerres baigne en pleine id&#233;ologie du progr&#232;s &#8211; technique, social, politique. D&#233;barquant des &#233;toiles et bard&#233; d'une morale et de muscles d'acier, Superman est l&#224; pour nous montrer la voie &#8211; pas toujours lact&#233;e malheureusement. William Blanc insiste sur cette contradiction dont le surhumain ne peut jamais se d&#233;partir : &#171; &lt;i&gt;&#201;mancip&#233; des contraintes de la condition humaine, il peut &#234;tre &#224; la fois force b&#233;n&#233;fique, respectant les individus sans capacit&#233;s sup&#233;rieures, ou bien un sur-&#234;tre oppressant et destructeur.&lt;/i&gt; &#187; Plac&#233;s hors-champ du commun des mortels, les super-h&#233;ros soumettent les soci&#233;t&#233;s humaines &#224; une tension permanente. Adul&#233;s ou craints, ils portent en eux l'ambigu&#239;t&#233; de germes tout autant &#233;mancipateurs que destructeurs. Le trombinoscope offert par William Blanc nous permet ainsi d'approcher les figures de Captain America, patriote US r&#233;tameur de nazis ; du Punisher, v&#233;t&#233;ran du Vi&#234;tnam aux n&#233;vroses homicides ; Wonder Woman, &#233;g&#233;rie f&#233;ministe hyper-sexualis&#233;e ; Luke Cage, cogneur du ghetto insensible aux balles, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il faut avoir grandi avec ces figures virevoltantes&lt;/strong&gt; et hautes en couleur pour en saisir les nombreux arcanes et niveaux de lecture. Les super-h&#233;ros sont des &#233;ponges : au fil des d&#233;cennies, on les voit m&#233;taboliser les enjeux sociaux du moment. Porte-parole du f&#233;minisme des ann&#233;es 1930, Wonder-Woman doit faire avec la r&#233;action patriarcale d'apr&#232;s-guerre. Accusant les comics de pervertir la jeunesse, le psychologue Fredric Wertham voit dans la &lt;i&gt;wonder-meuf&lt;/i&gt; l'&#233;quivalent lesbien du p&#233;d&#233;raste Batman : &#171; [Les femmes dans les comics] &lt;i&gt;ne travaillent pas. Elles ne b&#226;tissent pas de foyer. Elles n'&#233;l&#232;vent pas de famille. L'amour maternel est totalement absent. &lt;/i&gt; &#187; Wertham est l'auteur de &lt;i&gt;Seduction of the Innocent&lt;/i&gt; (1954), bouquin dans lequel il livre une charge v&#233;h&#233;mente contre les b&#233;d&#233;s populaires. La &lt;i&gt;Comics Code Authority&lt;/i&gt; est cr&#233;&#233;e dans la foul&#233;e : les auteurs doivent composer dor&#233;navant avec un comit&#233; de censure, v&#233;ritable lessiveuse puritaine. Wonder Woman, elle, devra attendre la seconde vague du f&#233;minisme des ann&#233;es 1960 pour sortir de la naphtaline et jouer du biceps au milieu des super-mecs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quant &#224; Wolverine&lt;/strong&gt;, il incarne une des figures les plus &#233;quivoques du bestiaire super-h&#233;ro&#239;que. Celle d'un cow-boy griffu et myst&#233;rieux ayant servi de cobaye &#224; l'arm&#233;e. Le squelette rehauss&#233; par une structure en adamantium (m&#233;tal imaginaire indestructible), c'est comme si une partie de son humanit&#233; s'&#233;tait lentement &#233;miett&#233;e. Autrefois par&#233;e de toutes les vertus, la science accouche &#224; pr&#233;sent de monstres tourment&#233;s. Infaillibles au dehors et tout ab&#238;m&#233;s dedans. Pr&#233;monitoire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Charles Martel et la bataille de Poitiers. De l'histoire au mythe identitaire&lt;/i&gt;, en collaboration avec Christophe Naudin, Libertalia, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des bulles pour recoller les miettes de la Palestine</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Des-bulles-pour-recoller-les</link>
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		<dc:date>2019-03-17T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;Au fond, &#231;a ressemble &#224; une plong&#233;e labyrinthique. On avance dans le d&#233;dale entre rappels historiques, t&#233;moignages sur le vif et commentaires g&#233;opolitiques. On ne lit pas D&#233;cris-Ravage les doigts de pied en &#233;ventail en sirotant son ap&#233;ro du soir. Le sens de la vue doit &#234;tre en &#233;tat d'alerte maximal. Les synapses au bord du court-jus. Les m&#233;ninges en mobilisation g&#233;n&#233;rale. &#171; Il importe d'organiser le chaos &#8211; sans l'ordonner, sans quoi il cesse d'&#234;tre chaos &#187;, &#233;crit Olivier Neveux, professeur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Sebastien-Navarro-2088" rel="tag"&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/verite-historique" rel="tag"&gt;v&#233;rit&#233; historique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/chaos" rel="tag"&gt;chaos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plongee-labyrinthique" rel="tag"&gt;plong&#233;e labyrinthique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Olivier-Neveux" rel="tag"&gt;Olivier Neveux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Decris-Ravage" rel="tag"&gt;D&#233;cris-Ravage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Adeline-Rosenstein" rel="tag"&gt;Adeline Rosenstein&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Baladi" rel="tag"&gt;Baladi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/historique" rel="tag"&gt;historique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2841 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;79&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH527/-1093-fff23.jpg?1782641374' width='400' height='527' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Extrait du troisi&#232;me tome de &#034;D&#233;cris-Ravage&#034;, d'Adeline Rosenstein et Baladi.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;u fond, &#231;a ressemble &#224; une plong&#233;e labyrinthique&lt;/strong&gt;. On avance dans le d&#233;dale entre rappels historiques, t&#233;moignages sur le vif et commentaires g&#233;opolitiques. On ne lit pas &lt;i&gt;D&#233;cris-Ravage&lt;/i&gt; les doigts de pied en &#233;ventail en sirotant son ap&#233;ro du soir. Le sens de la vue doit &#234;tre en &#233;tat d'alerte maximal. Les synapses au bord du court-jus. Les m&#233;ninges en mobilisation g&#233;n&#233;rale. &#171; &lt;i&gt;Il importe d'organiser le chaos &#8211; sans l'ordonner, sans quoi il cesse d'&#234;tre chaos&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Olivier Neveux, professeur d'histoire et d'esth&#233;tique, dans un joli prologue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et question chaos, la Palestine en conna&#238;t un brin&lt;/strong&gt;. Apr&#232;s les deux premiers tomes de &lt;i&gt;D&#233;cris-Ravage&lt;/i&gt;, Adeline Rosenstein et Baladi remettent le couvert pour une troisi&#232;me b&#233;d&#233; sous-titr&#233;e &lt;i&gt;D&#233;crire et inventer la Terre sainte&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Publi&#233;e aux &#233;ditions Atrabile. Lire aussi l'article &#171; Dynamiter les cartes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. La bobine continue &#224; se d&#233;vider : il s'agit d'appr&#233;hender sous toutes les coutures la gen&#232;se de ce Proche-Orient &#233;cartel&#233; entre de multiples mainmises et historisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour ce faire, Baladi n'h&#233;site pas &#224; multiplier le hors-champ&lt;/strong&gt;, &#224; d&#233;rouler ses cases en guirlandes, &#224; poser la focale de son crayon sur les doigts noueux des protagonistes. Comme dans ce chapitre intitul&#233; &lt;i&gt;Cabanes&lt;/i&gt;, o&#249; est relat&#233;e la fondation d'un kibboutz sur une colline de Galil&#233;e. Des d&#233;cennies plus tard, quatre vieux juifs se rem&#233;morent la premi&#232;re pierre pos&#233;e. Sauf qu'ils ne sont pas d'accord sur un d&#233;tail : un village arabe occupait-il, oui ou non, le site avant la venue des colons ? Les souvenirs se frottent et se contredisent jusqu'&#224; ce qu'un des protagonistes ass&#232;ne : &#171; &lt;i&gt;La v&#233;rit&#233; historique. Un bulldozer est arriv&#233;&#8230; &lt;/i&gt; &#187; Et tandis que tous lui coupent la parole, il conclut : &#171; &lt;i&gt;Et il a aplati le village.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre les mythologies simplificatrices et les m&#233;moires officielles&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;D&#233;cris-Ravage &lt;/i&gt;nous fait la le&#231;on : fabriquer un r&#233;cit, tracer les contours d'une carte, c'est toujours poser les jalons d'une v&#233;rit&#233; historique. Qui n'est jamais rien d'autre que la somme des mensonges sur lesquels tout le monde s'est mis d'accord. Ainsi plastronna cyniquement un certain Winston Churchill.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Publi&#233;e aux &#233;ditions Atrabile. Lire aussi l'article &#171; &lt;a href='https://cqfd-journal.org/Dynamiter-les-cartes-d-etat-major' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Dynamiter les cartes d'&#233;tat-major&lt;/a&gt; &#187; (&lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176; 160, d&#233;cembre 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Du profil &#224; retordre</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Du-profil-a-retordre</link>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;C'est une remarque neuneu que l'on entend fr&#233;quemment en ces temps de tribunaux engorg&#233;s par la vague Gilets jaunes, en provenance des m&#233;dias ou des politiques : les inculp&#233;s pour &#171; violences &#187; en manif n'auraient pas &#171; le profil &#187; attendu. Et c'est quelque chose que Nicolas Fensch a sans doute beaucoup entendu une fois arr&#234;t&#233;. Informaticien d'une quarantaine d'ann&#233;es, ex-militant gaulliste, il a &#233;t&#233; inculp&#233; en 2016 pour sa participation &#224; la fameuse attaque d'une voiture de police, quai de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no172-janvier-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;172 (janvier 2019)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2806 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH318/-1061-d5a38.jpg?1782665329' width='200' height='318' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;C'&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;est une remarque neuneu que l'on entend fr&#233;quemment&lt;/strong&gt; en ces temps de tribunaux engorg&#233;s par la vague Gilets jaunes, en provenance des m&#233;dias ou des politiques : les inculp&#233;s pour &#171; violences &#187; en manif n'auraient pas &#171; le profil &#187; attendu. Et c'est quelque chose que Nicolas Fensch a sans doute beaucoup entendu une fois arr&#234;t&#233;. Informaticien d'une quarantaine d'ann&#233;es, ex-militant gaulliste, il a &#233;t&#233; inculp&#233; en 2016 pour sa participation &#224; la fameuse attaque d'une voiture de police, quai de Valmy. Une trajectoire qu'il raconte dans l'&#233;tonnant &lt;i&gt;Radicalisation express&lt;/i&gt; (&#233;ditions Divergences, co&#233;crit avec Johan Badour), t&#233;moignage d'un Monsieur-tout-le-monde ayant rejoint le si fantasm&#233; &#171; black bloc &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Printemps 2016, le mouvement contre la loi Travail&lt;/strong&gt; bat son plein. Nicolas Fensch s'y int&#233;resse peu, pas son monde. Jusqu'&#224; ce jour o&#249; il croise une manifestation lors d'une promenade. Il la rejoint avec sa m&#244;man et d&#233;couvre la r&#233;pression polici&#232;re : pluie de lacrymo, coups de matraques, etc. La surprise est de taille pour cet ex-RPR, tendance S&#233;guin. Il s'en offusque tant qu'il ne ratera plus une manif. Il raconte sa col&#232;re croissante devant &#171; &lt;i&gt; les cr&#226;nes ouverts, les gens oblig&#233;s de se tra&#238;ner au sol pour trouver un peu d'air, les coups de matraque, les tirs de flash-ball&lt;/i&gt; &#187;. Jusqu'au trop plein, qui fatalement explose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Tout le monde peut &#234;tre casseur le temps d'une manifestation&lt;/i&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, &#233;crit Nicolas Fensch, qui passera 13 mois en prison pour avoir ass&#233;n&#233; quelques coups de tige m&#233;tallique &#224; un policier. Une action qu'il met en ab&#238;me avec les nombreux bless&#233;s et mutil&#233;s par les forces de l'ordre &#224; cette m&#234;me p&#233;riode. C'est l&#224; que son exp&#233;rience r&#233;sonne v&#233;ritablement avec la situation actuelle. Alors que les doctrines polici&#232;res semblent avoir &#233;volu&#233; vers une violence encore plus assum&#233;e et que les images de mutilation &#8211; mains arrach&#233;es, &#233;borgnements, etc. &#8211; tournent en boucle sur les r&#233;seaux sociaux, cette fermet&#233; proclam&#233;e pourrait bien avoir des effets d&#233;l&#233;t&#232;res pour le pouvoir en place. Combien de nouveaux &#171; radicalis&#233;s &#187; &#224; chaque manifestation brutalement r&#233;prim&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;tranger, l'art &#231;a se paye !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Etranger-l-art-ca-se-paye</link>
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		<dc:date>2019-03-05T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas de La Casini&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;cole</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;tudiants</dc:subject>
		<dc:subject>plaque chauffante</dc:subject>
		<dc:subject>banderole clamant</dc:subject>
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		<dc:subject>Guin&#233;en Na&#239;ny</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;n&#233;galais Brahim</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En novembre, le gouvernement a annonc&#233; pour la rentr&#233;e prochaine une forte hausse des frais d'inscription &#224; l'universit&#233; pour les &#233;tudiants extra-europ&#233;ens. Aux Beaux-Arts de Nantes, ce &#171; tri s&#233;lectif &#187; a &#233;t&#233; mis en place d&#232;s septembre. Et il ne passe pas. Sur une plaque chauffante, des galettes fument dans le hall sous une banderole clamant &#171; Ignor&#233;e, donc r&#233;volt&#233;e, voici la jeunesse &#187;. Lyc&#233;ens et Gilets jaunes sont l&#224;, &#233;tudiants de la fac aussi. Faut pas chercher d'&#233;tudiant africain aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/etudiants" rel="tag"&gt;&#233;tudiants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/plaque-chauffante" rel="tag"&gt;plaque chauffante&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/banderole-clamant" rel="tag"&gt;banderole clamant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/galettes-fument" rel="tag"&gt;galettes fument&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Ignoree" rel="tag"&gt;Ignor&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Guineen-Nainy" rel="tag"&gt;Guin&#233;en Na&#239;ny&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Senegalais-Brahim" rel="tag"&gt;S&#233;n&#233;galais Brahim&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En novembre, le gouvernement a annonc&#233; pour la rentr&#233;e prochaine une forte hausse des frais d'inscription &#224; l'universit&#233; pour les &#233;tudiants extra-europ&#233;ens. Aux Beaux-Arts de Nantes, ce &#171; tri s&#233;lectif &#187; a &#233;t&#233; mis en place d&#232;s septembre. Et il ne passe pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;ur une plaque chauffante, des galettes fument dans le hall sous une banderole clamant &#171; &lt;i&gt; Ignor&#233;e, donc r&#233;volt&#233;e, voici la jeunesse&lt;/i&gt; &#187;. Lyc&#233;ens et Gilets jaunes sont l&#224;, &#233;tudiants de la fac aussi. Faut pas chercher d'&#233;tudiant africain aux Beaux-Arts, y en a pas. Mais ceux de la fac, le Guin&#233;en Na&#239;ny, le S&#233;n&#233;galais Brahim, sont venus d&#233;noncer la &#171; &lt;i&gt;s&#233;lection par le ch&#233;quier et la nationalit&#233;, non par le dossier ou les projets&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;le contr&#244;le des flux migratoires par cette logique financi&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. En Guin&#233;e, le Smic est &#224; 42 euros. Avec les hausses annonc&#233;es par le Premier ministre, l'inscription &#224; la fac co&#251;tera l'an prochain 2 770 &#8364; en licence, soit 65 fois ce salaire minimum. En master (3 770 &#8364;), presque 90 fois...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 d&#233;cembre, quand il apprend que ses &#233;tudiants ont convi&#233; lyc&#233;ens et Gilets jaunes &#8211; quelle horreur ! &#8211;, Pierre-Jean Galdin, directeur de l'&#233;cole des Beaux-Arts de Nantes, annule son conseil d'administration et ferme l'&#233;tablissement. Il s'&#233;vite ainsi la quinzaine de peu esth&#233;tiques cars de flics promis par le pr&#233;fet. Par crainte d'une contamination, il octroie un jour de cong&#233; au personnel administratif, aux techniciens et aux profs, ne conservant sur place que les agents de s&#233;curit&#233;. La faute &#224; sa belle id&#233;e de hausse des tarifs d'inscription, entr&#233;e en vigueur en septembre dernier, et cr&#233;ant trois cat&#233;gories : France, Europe et au-del&#224;. Et Nantes devint l'&#233;cole publique d'art la plus ch&#232;re de France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la rentr&#233;e, les &#233;tudiants fran&#231;ais n'ont subi que 3,45 % de malus, pour un total de 600 &#8364; &#224; l'ann&#233;e. Mais c'est 200 % d'augmentation pour les &#233;trangers d'Europe. Et 300 % pour les &#171; non-ressortissants &#187;, ceux et celles qui ont le tort d'&#234;tre d'une nationalit&#233; hors Union europ&#233;enne : 1 200 &#8364; par an en licence, 1 800 &#8364; en master. Les Beaux-Arts ne relevant pas de l'universit&#233;, l'explosion des droits d'entr&#233;e n'est m&#234;me pas coordonn&#233;e avec les facs. Si Olivier Laboux, pr&#233;sident de l'universit&#233; nantaise, s'affirme publiquement oppos&#233; &#224; la hausse des frais de scolarit&#233; pour les &#233;trangers, aux Beaux-Arts, o&#249; il si&#232;ge comme administrateur, il a valid&#233; sans broncher la sanction financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; La porte ouverte &#224; la logique ultralib&#233;rale &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cole vante ses trois campus annexes &#8211; &#224; Dakar, S&#233;oul et dans le d&#233;sert du Texas &#8211;, et m&#232;ne le programme de recherche &#171; &lt;i&gt;Penser depuis la fronti&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, qui se demande &#171; &lt;i&gt;quels dialogues entretenons-nous avec les outils des intellectuels des Suds ?&lt;/i&gt; &#187; On s'y goberge aussi sur les &#171; &lt;i&gt; circulations et migrations des id&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. Le ronflant dispositif p&#233;dagogique se r&#233;clame du philosophe italien Sandro Mezzadra, sp&#233;cialiste des immigrations, du post-colonialisme, du capitalisme contemporain, de l'op&#233;ra&#239;sme&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tendance marxiste italienne de l'ouvri&#233;risme.&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ces frais d'inscription, c'est la porte ouverte &#224; la logique ultralib&#233;rale&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne John, ancien &#233;tudiant en art devenu enseignant en Angleterre, puis cofondateur du Laboratoire d'imagination insurrectionnelle&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif &#171; qui allie art et activisme &#187; : artlabo.org/0/ ?page_id=367&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et zadiste permanent : &#171; &lt;i&gt;Quand j'ai commenc&#233; &#224; l'&#233;cole d'art de Sheffield, tout &#233;tait gratuit, pas de frais d'inscription. Aujourd'hui, les &#233;tudiants payent 11 000 &#8364; par an et finissent leurs &#233;tudes angoiss&#233;s, avec de 30 000 &#224; 50 000 &#8364; de dettes... Pr&#232;s d'un tiers ont des probl&#232;mes de sant&#233; mentale.&lt;/i&gt; &#187; Ce qui m&#232;ne directement &#224; la logique de soumission &#224; l'&#233;conomie, conforme au march&#233; de l'art aseptis&#233;, sans transgression sociale ou politique, seul moyen de s'esp&#233;rer &lt;i&gt;bankable&lt;/i&gt; aux yeux d'investisseurs, institutions et autres riches collectionneurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inaugur&#233;e en novembre 2017, l'&#233;cole de Nantes, n&#233;e du d&#233;sir d'effectuer des &#171; &lt;i&gt; &#233;conomies d'&#233;chelle&lt;/i&gt; &#187; en regroupant plusieurs sites, pr&#233;tend incarner une &#171; &lt;i&gt;ouverture sur le monde&lt;/i&gt; &#187;. L'esprit est plut&#244;t &#224; la fermeture. Des badges exig&#233;s &#224; toutes les portes filtrent tout visiteur non agr&#233;&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour justifier ses nouveaux tarifs, le directeur se drape dans un euph&#233;misme officiel : &#171; &lt;i&gt; Prise en compte de la r&#233;alit&#233; des co&#251;ts p&#233;dagogiques &lt;/i&gt; &#187;, pour un co&#251;t &#171; &lt;i&gt; tr&#232;s faible par rapport &#224; la concurrence internationale&lt;/i&gt; &#187;, ajoute-t-il. Mais il est parfois plus cash : &#171; &lt;i&gt;Les &#233;tudiants &#233;trangers... On va se dire les choses, aujourd'hui pour les collectivit&#233;s, y a pas de fric.&lt;/i&gt; &#187; Mieux : gr&#226;ce &#224; ces tarifs dop&#233;s, ces &#233;trangers soutiendraient le projet international de l'&#233;cole, et contribueraient &#224; financer le surco&#251;t du nouveau b&#226;timent, notamment en s&#233;curit&#233; et gardiennage. Autre argument, les parents des non-Europ&#233;ens ne paient pas d'imp&#244;ts en France &#8211; un &#233;tudiant &#233;tranger paye pourtant taxe d'habitation, TVA... Dans une telle &#233;cole d'art, la pauvret&#233;, c'est une faute de go&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nicolas de la Casini&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tendance marxiste italienne de l'ouvri&#233;risme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Collectif &#171; &lt;i&gt;qui allie art et activisme&lt;/i&gt; &#187; : &lt;a href=&#034;http://artlabo.org/0/?page_id=367&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;artlabo.org/0/ ?page_id=367&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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