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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Plus de bruit contre les fachos !</title>
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		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


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&lt;p&gt;Yves Peyrat r&#233;anime le groupe Francs-tireurs partisans (FTP) en m&#234;me temps que l'action directe au d&#233;but des ann&#233;es 1990. Douze bombes plus tard, notamment contre le si&#232;ge et des locaux du FN &#224; Marseille, la petite &#233;quipe de deux militants antifa est coffr&#233;e en 1999. Verbatim. &#171; FTP d&#233;marre en 1994, mais c'est en gestation depuis deux ou trois ans. On se place dans la continuit&#233; d'une pratique politique et militante type Scalp, qui passait par des manifs un peu chaudes, des sessions de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton2608-35ecd.jpg?1779925913' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Yves Peyrat r&#233;anime le groupe Francs-tireurs partisans (FTP) en m&#234;me temps que l'action directe au d&#233;but des ann&#233;es 1990. Douze bombes plus tard, notamment contre le si&#232;ge et des locaux du FN &#224; Marseille, la petite &#233;quipe de deux militants antifa est coffr&#233;e en 1999. Verbatim.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;FTP d&#233;marre en 1994&lt;/strong&gt;, mais c'est en gestation depuis deux ou trois ans. On se place dans la continuit&#233; d'une pratique politique et militante type Scalp, qui passait par des manifs un peu chaudes, des sessions de collage-tractage, des meetings. Mais tout &#231;a nous semblait de plus en plus limit&#233;. De mon c&#244;t&#233;, j'&#233;tais convaincu de la prise imminente par le FN de villes importantes dans la r&#233;gion Paca. D&#232;s lors, il fallait changer de m&#233;thode et l'id&#233;e du passage &#224; l'action directe s'est impos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le postulat de base de l'antifa&lt;/strong&gt;, c'est l'opposition frontale au fascisme et pas la r&#233;sistance pacifique. Chez moi, il y a s&#251;rement en plus une touche de romantisme familial en lien avec la guerre d'Espagne. Mais il y a surtout le contexte marseillo-proven&#231;al, avec le d&#233;veloppement du FN suivant des voies de plus en plus violentes. Dans les ann&#233;es 1980 et 1990, beaucoup de militants antifascistes se sont retrouv&#233;s nez &#224; nez avec des colleurs d'affiche du FN &#233;quip&#233;s de fusils &#224; pompe et d'armes de poing. Dans les quartiers Nord, terrain hostile, ils montaient &#224; quatre ou cinq voitures, une quinzaine d'affreux en treillis, cagoul&#233;s et arm&#233;s. C'est l'une de ces &#233;quipes qui est responsable de l'assassinat d'Ibrahim Ali en 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mouvement antifa s'est toujours largement plac&#233; dans une logique d'autod&#233;fense&lt;/strong&gt;. Des tentatives de passage &#224; l'offensive ont pu exister, mais elles sont rest&#233;es &#224; l'&#233;tat de projet &#224; cause d'une forte r&#233;pugnance &#224; incarner le r&#244;le d'une avant-garde &#233;clair&#233;e, &#224; se transformer en sp&#233;cialistes de la violence politique, voire de la violence tout court. Ce qui ne nous a jamais emp&#234;ch&#233; de militer au-del&#224; du combat antifa au sens strict, par exemple contre la double peine ou pour l'ind&#233;pendance des radios libres. Avec FTP, on n'a jamais essay&#233; d'imposer la pratique de l'action directe, mais on &#233;tait &#224; c&#244;t&#233; des mouvements sociaux, comme lors du plasticage, le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1994, de la porte de la Direction d&#233;partementale du travail, revendiqu&#233; par des &#8216;&#8216;ch&#244;meurs en p&#233;tard''.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il faut vraiment bien prendre conscience du climat de l'&#233;poque&lt;/strong&gt;. Quand le FN est cr&#233;&#233; &#224; Marseille au d&#233;but des ann&#233;es 1970, son organigramme est truff&#233; d'anciens de l'OAS, certains entra&#238;n&#233;s &#224; l'action contre-insurrectionnelle. Les ann&#233;es 1980, c'est l'&#233;poque des commandos Charles-Martel, qui multiplient les attaques anti-immigr&#233;s. Et encore l'attentat contre le consulat d'Alg&#233;rie (quatre morts) et contre un foyer Sonacotra (un mort). En 1988, &#224; Marseille, le FN fait son score le plus &#233;lev&#233; avec 100 000 voix, un Marseillais sur huit. Un an auparavant, pendant que Le Pen parade sur La Canebi&#232;re, ses sbires ratonnent en toute impunit&#233; dans le quartier populaire de Belsunce. Quand on est menac&#233;, on r&#233;agit. Et clairement, dans ces ann&#233;es-l&#224;, on s'est sentis menac&#233;s par les militants du FN. Je me souviens de deux potes redskins deux fois cibl&#233;s par les nervis du FN, notamment lors d'une tentative de kidnapping avec bande de cagoul&#233;s d&#233;boulant d'une camionnette juste devant eux, deux fois sauv&#233;s par l'arriv&#233;e inopin&#233;e des flics. De notre c&#244;t&#233;, il &#233;tait clair d&#232;s le d&#233;part que les attentats ne devaient provoquer aucune victime, seulement des dommages mat&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, les fafs sont de nouveau &#224; l'offensive&lt;/strong&gt; suivant des modes renouvel&#233;s, alors que le mouvement antifa se trouve affaibli, divis&#233;. Dans certaines villes, l'implantation des factions d'extr&#234;me droite est si ancienne et si profonde que toute opposition y a quasiment disparu. C'est le cas &#224; Nice &#8211; on est all&#233;s y faire une manif il y a quelque temps et on a &#233;vit&#233; le lynchage de justesse gr&#226;ce &#224; l'encerclement des cond&#233;s... C'est aussi le cas &#224; Lyon, malgr&#233; l'intense mobilisation autour des squats dans les ann&#233;es 1990. &#192; Marseille, la violence politique a toujours &#233;t&#233; moins euph&#233;mis&#233;e qu'ailleurs et si le mouvement antifa a pu donner l'impression de s'endormir, il se r&#233;veille &#224; chaque fois qu'il faut contrer une nouvelle initiative du camp d'en face. Pour l'extr&#234;me droite, la capitale phoc&#233;enne est surtout celle du cosmopolitisme. D&#232;s lors, tenir un lieu dans une telle ville repr&#233;sente pour elle un d&#233;fi tr&#232;s motivant. Aujourd'hui, &#231;a prend la forme du &#8216;&#8216;Bastion social''.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; ce nouvel avatar de la propagande d'ultra droite&lt;/strong&gt;, il faut revenir aux fondamentaux, c'est-&#224;-dire un combat au quotidien dans les quartiers, dans les entreprises, partout o&#249; c'est n&#233;cessaire. Et &#234;tre en capacit&#233; de proposer un mod&#232;le contre-culturel alternatif et s&#233;duisant. Et moins centr&#233; sur la seule violence politique que les Black Blocs. Aujourd'hui, le mouvement antifa est plut&#244;t dans le creux de la vague apr&#232;s une remont&#233;e en puissance au moment de la mort de Cl&#233;ment M&#233;ric. Le parachutage du Bastion social peut avoir un effet mobilisateur. Comment ? On n'en sait rien encore. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Horde &#8212; Informer pour que No pasaran !</title>
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		<dc:date>2018-09-07T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Si on s'occupe pas de l'extr&#234;me droite, c'est elle qui s'occupera de nous Une lutte antifasciste cons&#233;quente ne se r&#233;sume pas &#224; la confrontation avec l'extr&#234;me droite. Mais passe aussi par l'information &#8211; sur les groupes nationalistes comme sur les initiatives antifas. Le collectif La Horde, qui anime le site du m&#234;me nom, effectue ce pr&#233;cieux travail. Entretien. D'o&#249; vient La Horde ? &#171; Le site est n&#233; d'un triple constat. Le premier, c'est que l'extr&#234;me droite fran&#231;aise a montr&#233; entre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si on s'occupe pas de l'extr&#234;me droite, c'est elle qui s'occupera de nous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une lutte antifasciste cons&#233;quente ne se r&#233;sume pas &#224; la confrontation avec l'extr&#234;me droite. Mais passe aussi par l'information &#8211; sur les groupes nationalistes comme sur les initiatives antifas. Le collectif La Horde, qui anime le site du m&#234;me nom, effectue ce pr&#233;cieux travail. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'o&#249; vient &lt;a href=&#034;http://lahorde.samizdat.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Horde&lt;/a&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le site est n&#233; d'un triple constat. Le premier, c'est que l'extr&#234;me droite fran&#231;aise a montr&#233; entre 2002 et 2012 qu'elle &#233;tait capable de se r&#233;nover, dans ses repr&#233;sentant.e.s et modes d'action : apparition des Identitaires et d'&#201;galit&#233; &amp; R&#233;conciliation, arriv&#233;e de Marine Le Pen &#224; la t&#234;te du FN, Manif pour Tous&#8230; Mais paradoxalement, l'int&#233;r&#234;t &#224; son sujet a diminu&#233;. Et les observateurs, souvent cantonn&#233;s &#224; des repr&#233;sentations erron&#233;es, n'ont pas su se renouveler. Aujourd'hui, l'extr&#234;me droite se fond de plus en plus dans le paysage, jusqu'&#224; '' dispara&#238;tre '' des esprits. Elle est pourtant toujours l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me constat tient &#224; la structuration de l'antifascisme. Les r&#233;seaux Ras l'Front et No Pasaran se sont progressivement &#233;teins apr&#232;s 2007. De petits groupes antifas ont pris le relais, parfois constitu&#233;s de fa&#231;on &#233;ph&#233;m&#232;re, souvent en r&#233;action aux violences de groupuscules faisant leur retour dans la rue (Troisi&#232;me Voie, Jeunesses nationalistes, etc.). Mais ils avaient une audience tr&#232;s locale et ne se connaissaient pas entre eux. Il importait donc de relayer leur travail et leurs actions. Surtout qu'apr&#232;s la mort de Cl&#233;ment M&#233;ric en 2013, la figure de '' l'antifa '' a fait irruption dans les m&#233;dias, de fa&#231;on caricaturale (en particulier par rapport &#224; la violence) et souvent mal intentionn&#233;e (l'extr&#234;me droite virtuelle y a fortement contribu&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me constat : pour les individus comme pour ces groupes, il n'&#233;tait pas facile de se tenir au courant des initiatives antifascistes et de comprendre la r&#233;alit&#233; de l'extr&#234;me droite actuelle. C'est pourquoi nous proposons depuis 2012 des &#233;l&#233;ments d'information, en contrepoint de ce que diffusent les m&#233;dias &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt; et l'extr&#234;me droite elle-m&#234;me. Nous suivons l'&#233;volution, les actions et &#233;crits des groupes nationalistes, en allant sur le terrain et en mettant notre nez l&#224; o&#249; ils ne le souhaitent pas. Et nous en rendons compte &#224; travers des articles argument&#233;s, y compris au niveau international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, nous assurons une visibilit&#233; aux groupes antifas locaux, dont nous relayons les publications et initiatives. Et nous mettons &#224; disposition une cartographie de ces groupes pour permettre &#224; ceux qui le souhaitent de les rejoindre. C'est aussi pour cette raison que nous participons &#224; des rencontres et &#224; des campagnes communes. Enfin, nous produisons et diffusons des outils de propagande assurant une '' pr&#233;sence '' antifa (autocollants, badges) et des outils p&#233;dagogiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous souhaitez f&#233;d&#233;rer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Notre collectif, modeste et affinitaire, n'a pas pour ambition de f&#233;d&#233;rer qui que ce soit. Nous ne sommes pas, et ne serons jamais, un r&#233;seau ou une organisation. Il revient aux groupes antifascistes locaux de s'organiser par eux-m&#234;mes, r&#233;gionalement puis &#224; l'&#233;chelle hexagonale, selon leurs propres modalit&#233;s. &#199;a ne peut fonctionner qu'en partant de la base, du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre souhait le plus cher est que cette sauce prenne. Parce qu'il existe un vrai manque, malgr&#233; des initiatives r&#233;gionales encourageantes, notamment dans le Sud-Est. Une certitude : pour qu'un v&#233;ritable mouvement antifasciste autonome se structure et se d&#233;veloppe en France, il faudrait d&#233;j&#224; que l'antifascisme cesse d'&#234;tre &#224; la marge. Qu'il ne se manifeste pas uniquement sous forme de r&#233;action. Et que les militant.e.s r&#233;volutionnaires, ou simplement progressistes, comprennent sa n&#233;cessit&#233; en tant que lutte sur la dur&#233;e, comme en Allemagne, Italie, Gr&#232;ce ou Espagne. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2537 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH707/-802-6a57a.jpg?1779603039' width='500' height='707' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces trente derni&#232;res ann&#233;es, la lutte antifa a connu des p&#233;riodes plus ou moins fastes. L'une d'entre elles vous parle-t-elle particuli&#232;rement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#199;a n'aurait pas de sens de comparer ces p&#233;riodes pour savoir laquelle repr&#233;senterait '' l'&#226;ge d'or '' de l'antifascisme. En revanche, il est essentiel que les antifas d'aujourd'hui connaissent ce que d'autres ont fait avant, qu'ils s'en inspirent ou tirent les le&#231;ons de leurs erreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'affirment ses d&#233;tracteurs, l'antifascisme n'appartient pas au pass&#233;. Mais comme toutes les luttes, il s'inscrit dans une histoire. Nul besoin de faire remonter celle-ci aux ann&#233;es 1930. Si les militants r&#233;volutionnaires des ann&#233;es 1960 et 1970 ont lutt&#233; contre l'extr&#234;me droite, l'antifascisme contemporain, en tant que mouvement sp&#233;cifique, na&#238;t au milieu des ann&#233;es 1980, au moment de la perc&#233;e m&#233;diatique et &#233;lectorale du FN. Sans s'y limiter : cette opposition &#224; l'&#233;mergence d'un courant politique x&#233;nophobe, r&#233;actionnaire et nationaliste s'accompagne d'une forte d&#233;nonciation du racisme d'&#201;tat. Et les groupes de l'&#233;poque, Scalp ou autres, se mobilisent aussi bien au sein des luttes de l'immigration qu'aux c&#244;t&#233;s des victimes des crimes s&#233;curitaires. Port&#233; par une contre-culture populaire, celle du rock alternatif, cet antifascisme autonome cro&#238;t et se coordonne au sein du r&#233;seau No Pasaran. &#192; la m&#234;me p&#233;riode se d&#233;veloppe une autre forme d'antifascisme, dit '' r&#233;publicain '', qui donne naissance &#224; Ras l'Front en 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les ann&#233;es 2000, la volont&#233; de d&#233;passer l'antifascisme en se concentrant sur d'autres th&#233;matiques rend cette lutte moins visible. Le fait que l'extr&#234;me droite semble alors au fond du trou n'y est pas &#233;tranger. Mais &#224; partir de 2010, le retour de groupuscules nationalistes violents, la reprise en main du FN par Marine Le Pen et le d&#233;veloppement de nouveaux discours racistes (islamophobes, anti-migrants) redonnent du sens &#224; la lutte contre l'extr&#234;me droite. De nouveaux collectifs locaux voient le jour, associant le plus souvent, comme par le pass&#233;, confrontation directe, projets alternatifs et contre-culturels, solidarit&#233; avec les r&#233;fugi&#233;s et les victimes de violences polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de la Horde cohabitent plusieurs g&#233;n&#233;rations issues de cette histoire r&#233;cente de l'antifascisme. C'est une force, car &#231;a emp&#234;che les plus vieux de croire qu'ils ont tout v&#233;cu, et les plus jeunes de r&#233;inventer la roue ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Diriez-vous que nous assistons &#224; un regain de la lutte antifasciste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pas sp&#233;cialement. C'est vrai que des gens s'organisent en ce moment, dans plusieurs villes, pour emp&#234;cher les nationalistes d'ouvrir des lieux et de s'implanter localement. Ils le font de fa&#231;on assez cons&#233;quente, &#224; la fois en nombre et dans le temps. C'est plut&#244;t encourageant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne l'est pas, c'est l'absence de mobilisation (ou presque) face &#224; la pr&#233;sence de Marine Le Pen au second tour de la pr&#233;sidentielle ou lors des manifs d'extr&#234;me droites, qui se d&#233;roulent tranquillement chaque ann&#233;e (hommage &#224; Jeanne d'Arc, marches pour la vie, etc.). Celle-ci montre que l'extr&#234;me droite s'est dangereusement normalis&#233;e. Ou du moins, qu'il est difficile de rassembler contre elle. C'est justement le d&#233;fi qui est pos&#233; aux antifas d'aujourd'hui. Faire comprendre que rien n'a chang&#233; : si on ne s'occupe pas de l'extr&#234;me droite, c'est elle qui s'occupera de nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;mergence du mouvement Bastion social pose-t-elle des enjeux sp&#233;cifiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est encore trop t&#244;t pour savoir si le Bastion social va s'inscrire dans la dur&#233;e. Et l'ouverture de locaux d'extr&#234;me droite (autre que des librairies ou locaux politiques) n'est pas une nouveaut&#233;. Depuis une dizaine d'ann&#233;es, il y a eu plusieurs tentatives d'ouverture de lieux appartenant &#224; la mouvance identitaire (Paris, Lyon...) ou &#224; d'autres tendances d'extr&#234;me droite (Maison flamande &#224; Lille, le Local de Serge Ayoub &#224; Paris, la Taverne de Thor &#224; Nancy...). Vouloir faire du &#8216;&#8216; social '' raciste n'est pas nouveau non plus, puisque d&#232;s 2003 les Identitaires organisaient des &#8216;&#8216; soupes au cochon '' pour en exclure juifs et musulmans&#8230; Enfin, n'est pas CasaPound qui veut : il ne suffit pas de faire des t-shirts et des conf&#233;rences pour tenir un lieu, et surtout en faire un vrai centre social. Or jusqu'&#224; pr&#233;sent, c'est &#224; travers le business individuel bien plus que par l'action collective que l'extr&#234;me droite a r&#233;ussi &#224; inscrire ses lieux publics dans la dur&#233;e. S'il est n&#233;cessaire de s'organiser pour qu'elle ne se sente nulle part chez elle, il faut veiller aussi &#224; ne pas la surestimer. D'autant que de notre c&#244;t&#233;, nous n'avons pas &#224; rougir de notre capacit&#233; autogestionnaire &#224; cr&#233;er des lieux ouverts &#224; toutes et tous, &#224; l'exception des fachos. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Apprendre &#224; vivre avec Vaneigem et &#224; penser avec Debord &#187;</title>
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		<dc:date>2018-09-07T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Jacquier</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
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&lt;p&gt;Quand les mots ne conviennent pas, il faut en proposer de nouveaux. Ce que fait Lola Miesseroff, qui vient de publier chez Libertalia un livre sur les combats de 1968, Voyage en outre-gauche. Un livre passionnant, qui remet les &#171; &#233;v&#233;nements &#187; dans leur juste perspective. Vous en avez assez &#8211; surtout si, comme on dit, vous avez un &#171; certain &#226;ge &#187; &#8211; des comm&#233;morations d&#233;cennales des &#171; &#233;v&#233;nements &#187; de Mai-68. Vous ne supportez plus les discours des &#233;ternels soixante-huitards, invit&#233;s de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Miesseroff" rel="tag"&gt;Miesseroff&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand les mots ne conviennent pas, il faut en proposer de nouveaux. Ce que fait Lola Miesseroff, qui vient de publier chez Libertalia un livre sur les combats de 1968, &lt;i&gt;Voyage en outre-gauche&lt;/i&gt;. Un livre passionnant, qui remet les &#171; &#233;v&#233;nements &#187; dans leur juste perspective.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous en avez assez &#8211; surtout si, comme on dit, vous avez un &#171; certain &#226;ge &#187; &#8211; des comm&#233;morations d&#233;cennales des &#171; &#233;v&#233;nements &#187; de Mai-68. Vous ne supportez plus les discours des &#233;ternels soixante-huitards, invit&#233;s de plateaux t&#233;l&#233; venant ressasser les m&#234;mes platitudes sur les illusions pass&#233;es de leur jeunesse et leur r&#233;ussite pr&#233;sente de parvenus bien en cours. Vous en avez marre d'entendre que ces &#171; &#233;v&#233;nements &#187; ne se sont pass&#233;s que dans un ou deux arrondissements parisiens, entre Sorbonne et Od&#233;on. Alors, sans h&#233;sitation, pr&#233;cipitez-vous sur le livre de Lola Miesseroff, &lt;i&gt;Voyage en outre-gauche &#8211; Paroles de francs-tireurs des ann&#233;es 68&lt;/i&gt; (tout juste publi&#233; chez Libertalia), avant qu'il ne soit noy&#233; sous l'avalanche comm&#233;morative des pensums de commande pour ce cinquantenaire &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2540 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH386/-805-40ef0.jpg?1779604096' width='400' height='386' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que cette outre-gauche ? Lola Miesseroff la d&#233;finit d'embl&#233;e comme des individus, r&#233;seaux, revues et groupes radicaux allant des anarchistes non f&#233;d&#233;r&#233;s aux situationnistes et apparent&#233;s en passant par les communistes libertaires, de gauche ou &#171; de conseil &#187;. Dans cette n&#233;buleuse, on retrouve bien s&#251;r les revues les plus int&#233;ressantes de l'apr&#232;s-guerre &lt;i&gt;Socialisme ou Barbarie, l'Internationale situationniste&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Noir &amp; Rouge&lt;/i&gt;. L'auteure, qui appartient &#224; cette mouvance depuis 1967, ne propose pas des m&#233;moires en solo, mais des entretiens anonymes avec une trentaine de personnes appartenant &#224; cette outre-gauche dans la p&#233;riode 1966-1972. Pour ce faire, elle &#233;voque d'abord le climat d'avant 1968, les parcours et les lectures marquantes de cette g&#233;n&#233;ration, livrant au passage de belles formules comme &#171; &lt;i&gt;On apprend &#224; vivre avec Vaneigem et &#224; penser avec Debord&lt;/i&gt; &#187;. S'en dessine un portrait en creux des membres de cette mouvance, qui s'av&#232;rent visc&#233;ralement antistaliniens, lisent Voline sur la r&#233;volution russe, Ida Mett sur la Commune de Cronstadt, &lt;i&gt;Socialisme ou Barbarie&lt;/i&gt; sur la nature de l'URSS, Simon Leys sur la Chine de Mao, etc. Critiques du mao&#239;sme comme du tiers-mondisme, ils s'opposent aux gauchistes de l'&#233;poque, trotskistes ou marxistes-l&#233;ninistes, qui n'ont pour but que de &#171; &lt;i&gt;prendre la direction de la r&#233;volution&lt;/i&gt; &#187;. Leurs vell&#233;it&#233;s r&#233;volutionnaires oubli&#233;es, ces derniers pers&#233;v&#233;reront dans leur &#234;tre &#171; &lt;i&gt;pour devenir des serviteurs de tous les pouvoirs en place&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin du Quartier latin, ce voyage nous rappelle aussi utilement que le mouvement de Mai-68 d&#233;marra plusieurs mois avant, lors de gr&#232;ves dures dans plusieurs villes, et qu'il fut annonc&#233; par le scandale de Strasbourg l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Celui-ci voit des situationnistes s'emparer des structures de la bureaucratie syndicale &#233;tudiante pour mieux les subvertir en publiant le pamphlet &lt;i&gt;De la mis&#232;re en milieu &#233;tudiant consid&#233;r&#233;e sous ses aspects &#233;conomique, politique, psychologique, sexuel et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y rem&#233;dier&lt;/i&gt;. On suit les protagonistes de l'outre-gauche &#224; Bordeaux et &#224; Nantes, o&#249; ils r&#233;alisent, &#224; peu pr&#232;s seuls en France, la jonction entre les &#233;tudiants les plus radicaux et d'autres groupes sociaux (ouvriers, paysans). Sont &#233;voqu&#233;s aussi le mouvement dans les lyc&#233;es, les universit&#233;s, la rue et les lieux de travail, le chass&#233;-crois&#233; entre travailleurs et &#233;tudiants, ainsi que les causes et cons&#233;quences de Mai-68 (d&#233;but de la fin des &#171; trente Glorieuses &#187; et du communisme &#224; la mode PCF-CGT, modernisation du capitalisme). Au fil des pages, c'est bel et bien le v&#233;ritable esprit du mouvement que l'on retrouve, dans ce qu'il a pu avoir de meilleur comme, parfois, de (beaucoup) moins bon, &#224; commencer par l'&#171; &lt;i&gt;id&#233;ologie de l'alcool comme &#233;l&#233;ment de la panoplie r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; &#187; ou encore la &#171; &lt;i&gt;d&#233;n&#233;gation de la maladie mentale&lt;/i&gt; &#187;. Et je serais tent&#233; d'y ajouter son anti-syndicalisme, compr&#233;hensible sur le moment du fait du r&#244;le contre-r&#233;volutionnaire de la CGT durant les &#233;v&#233;nements, mais qui faisait fi d'un si&#232;cle et plus de luttes sociales du mouvement ouvrier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que vous ne vous pr&#233;cipitiez sur le bouquin, concluons avec l'auteure &#171; &lt;i&gt;La lutte de classes est la seule fa&#231;on d'&#233;viter que la faillite du capitalisme soit la destruction de l'humanit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Voil&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Petite histoire du Scalp : &#171; D&#233;terrer la hache de guerre &#187; !</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Petite-histoire-du-Scalp-Deterrer</link>
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		<dc:date>2018-09-03T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Kiefer</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Baptiste Alchourroun</dc:subject>
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		<dc:subject>fachos</dc:subject>
		<dc:subject>Scalp voient</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le Scalp et le r&#233;seau No Pasaran font partie de l'histoire de l'antifascisme radical. S'ils n'ont pas toujours r&#233;ussi &#224; d&#233;passer le cadre de l'affrontement ritualis&#233; avec les fachos ou la police, leurs membres ont quand m&#234;me essay&#233; d'attaquer le mal &#224; la racine. Et, si possible, de refaire le monde. Toulouse, 6 juin 1984. La Section carr&#233;ment anti-Le Pen (Scalp), lanc&#233;e quelques semaines avant dans la ville rose, veut emp&#234;cher co&#251;te que co&#251;te un meeting de Jean-Marie le Borgne. &#192; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Scalp" rel="tag"&gt;Scalp&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/anti-Le-Pen" rel="tag"&gt;anti-Le Pen&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/empecher-coute" rel="tag"&gt;emp&#234;cher co&#251;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/fachos" rel="tag"&gt;fachos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Scalp-voient" rel="tag"&gt;Scalp voient&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Scalp et le r&#233;seau No Pasaran font partie de l'histoire de l'antifascisme radical. S'ils n'ont pas toujours r&#233;ussi &#224; d&#233;passer le cadre de l'affrontement ritualis&#233; avec les fachos ou la police, leurs membres ont quand m&#234;me essay&#233; d'attaquer le mal &#224; la racine. Et, si possible, de refaire le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toulouse, 6 juin 1984. La Section carr&#233;ment anti-Le Pen (Scalp), lanc&#233;e quelques semaines avant dans la ville rose, veut emp&#234;cher co&#251;te que co&#251;te un meeting de Jean-Marie le Borgne. &#192; l'&#233;poque, le FN fait son entr&#233;e dans le jeu &#233;lectoral. L'inf&#226;me passe m&#234;me &#224; la t&#233;l&#233; ! &#171; &lt;i&gt;Une fois Mitterrand &#233;lu, le FN est mont&#233; en fl&#232;che&lt;/i&gt;, se souvient Isabelle&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Le combat contre l'extr&#234;me droite ne tenait plus de la simple gu&#233;guerre entre &#233;tudiants et fachos. Le Scalp a alors &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour &#233;largir la lutte, en dehors des orgas politiques.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Toulouse, o&#249; le terreau anti franquiste participe de la dynamique antifasciste, la mayonnaise prend. Apr&#232;s des semaines de mobilisation, 4 000 personnes r&#233;pondent &#224; l'invitation du Scalp &#224; &#171; &lt;i&gt;d&#233;terrer la hache de guerre&lt;/i&gt; &#187;. Une manif offensive. &#171; &lt;i&gt;Il s'agissait d'en d&#233;coudre avec les fachos et les flics&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Isabelle. Le Scalp se veut sexy et punchy. Et il se sent fort, ce 6 juin 1984. La veille, G&#233;rard et ses copains ont fait p&#233;ter la salle municipale dans laquelle doit se tenir le meeting&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le film G&#233;rard et les Indiens, de Nicolas R&#233;glat, production Le Lokal, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Pour signature, des croix gamm&#233;es accol&#233;es au mot &#171; Porcs &#187;. Suivront une quinzaine de plasticages anti-FN en un mois.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2536 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH365/-801-2928d.jpg?1779603392' width='500' height='365' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Des manifs et des bastons &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des Scalp voient ensuite le jour un peu partout. Micka&#235;l, alors lyc&#233;en, int&#232;gre la section bordelaise : &#171; &lt;i&gt;Un Scalp &#8220; premi&#232;re mouture &#8221;, une sorte de tribu, marqu&#233;e par la culture &#8216;&#8216; rock alternatif '' et assez agressive, car l'extr&#234;me droite locale &#233;tait violente.&lt;/i&gt; &#187; En bande-son, Les B&#233;rus, &#171; &lt;i&gt;La jeunesse emmerde la Front national&lt;/i&gt; &#187;. Micka&#235;l en est : &#171; &lt;i&gt;Le Scalp, c'&#233;tait la classe. &#199;a voulait tout dire en un seul mot qui claque&lt;/i&gt; &#187;. Pour d'autres, le souvenir est plus amer : &#171; &lt;i&gt;Il y avait surtout des gars pleins de testost&#233;rone, des manifs et des bastons&lt;/i&gt; &#187;, regrette Isabelle. &#171; &lt;i&gt;En vrai, c'&#233;tait tr&#232;s folklorique : avec nos looks, on faisait flipper les gens&lt;/i&gt; &#187;, rigole Aude, qui a tra&#238;n&#233; avec la section parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certaines villes, la sauce prend bien. Comme &#224; Nantes, o&#249; le Scalp poss&#232;de un local, organise des r&#233;unions hebdomadaires et f&#233;d&#232;re large au sein de la jeunesse. Activisme tous azimuts : &#171; &lt;i&gt;Des for&#234;ts de Sherwood poussaient dans les halls de l'universit&#233;, on pillait des buffets et on redistribuait, on faisait des happenings, on pratiquait l'occupation&lt;/i&gt;, se souvient Micka&#235;l. &lt;i&gt;&#192; partir de 1994, on a mis le feu &#224; Nantes, alors endormie.&lt;/i&gt; &#187; Gr&#226;ce &#224; des copains paysans, du lisier de poules sert &#224; baptiser le nouveau local du FN. Ou &#224; attaquer un McDo, en solidarit&#233; avec les anti-OGM. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se structurer pour durer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous ne voulions pas nous limiter aux seules courses-poursuites avec les fachos, en confondant violence et radicalit&#233;, mais participer aux luttes des sans-papiers ou des ch&#244;meurs&lt;/i&gt; &#187;, clarifie Micka&#235;l. Il s'agit d'attaquer le fascisme &#224; la racine : occupations d'antennes Assedic, actions anti-expulsion dans les a&#233;roports, gr&#232;ves &#233;tudiantes des ann&#233;es 1994-1996, opposition aux anti-IVG, campagne &#171; transports gratuits &#187; avec les cheminots, r&#233;quisition de wagons pour voyager en Europe...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce cadre que le r&#233;seau No Pasaran voit le jour en 1993, f&#233;d&#233;rant une trentaine de groupe (en t&#234;te, les sections parisiennes et nantaises). Au programme, mutualisation du mat&#233;riel de propagande et &#233;dition du mensuel &lt;i&gt;No Pasaran&lt;/i&gt; et de la revue &lt;i&gt;R&#233;fleXes&lt;/i&gt;, qui traitent aussi du s&#233;curitaire, des mouvements &#233;tudiants ou des banlieues. Un succ&#232;s, m&#234;me si certaines sections se contentent de &#171; &lt;i&gt;vendre la quincaillerie de No Pasaran dans les concerts&lt;/i&gt; &#187;, ironise Micka&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, le r&#233;seau s'&#233;tiole progressivement au long des ann&#233;es 2000. Avant d'annoncer finalement sa dissolution en 2013. Mais il peut &#8211; entre autres &#8211; se targuer d'avoir jou&#233; un r&#244;le essentiel dans la formation de nombreux militants aujourd'hui investis dans les luttes anti carc&#233;rales, de soutien aux migrants ou de quartier. Il laisse aussi un h&#233;ritage de pratiques d'actions directes, explique Aude : &#171; &lt;i&gt;Je venais d'une famille humaniste de gauche, c'est avec le Scalp que j'ai d&#233;couvert la n&#233;cessit&#233; de la violence. M&#234;me si je regrette qu'elle ait parfois &#233;t&#233; la seule chose &#224; nous rassembler...&lt;/i&gt; &#187; Micka&#235;l, lui, se fait plus lyrique : &#171; &lt;i&gt;J'ai d&#233;couvert le frisson, l'autonomie, l'autogestion, l'engagement dans la dur&#233;e, la camaraderie. Une lecture du monde qui ne m'a finalement jamais quitt&#233;. &#192; tel point que je r&#234;ve parfois de recr&#233;er un Scalp...&lt;/i&gt; &#187; Chiche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le film &lt;i&gt;G&#233;rard et les Indiens&lt;/i&gt;, de Nicolas R&#233;glat, production Le Lokal, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#233;rade &#224; travers les livres r&#233;fractaires</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>p&#233;riode dissolue</dc:subject>
		<dc:subject>laissons-nous aller</dc:subject>
		<dc:subject>avis&#233;s rebelles</dc:subject>
		<dc:subject>gidouillarde table</dc:subject>
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		<dc:subject>Andr&#233;s Ruggeri</dc:subject>
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		<dc:subject>Cuba libre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aujourd'hui, comme le mois dernier d'ailleurs (je suis de toute &#233;vidence dans une p&#233;riode dissolue), c'est la d&#233;rive ou plut&#244;t, laissons-nous aller tout de bon, c'est la d&#233;rade, la d&#233;rade dans une tripot&#233;e de livres avis&#233;s rebelles qui feignassent sur ma gidouillarde table de chevet. Apr&#232;s m'&#234;tre vers&#233; un Cuba libre bien glac&#233; qui s'accorde bien avec les trombes de neige virevoltant au-dehors, j'attrape les premiers titres de ma pyramide de la r&#233;volte. Occuper, r&#233;sister, produire (publi&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no164-avril-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;164 (avril 2018)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, comme le mois dernier d'ailleurs (je suis de toute &#233;vidence dans une p&#233;riode dissolue), c'est la d&#233;rive ou plut&#244;t, laissons-nous aller tout de bon, c'est la d&#233;rade, la d&#233;rade dans une tripot&#233;e de livres avis&#233;s rebelles qui feignassent sur ma gidouillarde table de chevet. Apr&#232;s m'&#234;tre vers&#233; un Cuba libre bien glac&#233; qui s'accorde bien avec les trombes de neige virevoltant au-dehors, j'attrape les premiers titres de ma pyramide de la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Occuper, r&#233;sister, produire&lt;/i&gt; (publi&#233; chez Syllepse), de l'anthropologue Andr&#233;s Ruggeri, relate par le menu &#171; &lt;i&gt;la construction collective de l'autogestion&lt;/i&gt; &#187; en Argentine dans bon nombre d'entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es haut la main par leurs travailleurs (les ERT). Mais &#233;galement &#224; travers l'exp&#233;rience des assembl&#233;es de quartier, des jardins communautaires, des nouveaux &#233;changes (d&#233;veloppement du troc et des monnaies parall&#232;les) ou des joyeuses mutineries &lt;i&gt;piqueteros&lt;/i&gt;. Des pieds de nez aux rites n&#233;olib&#233;raux du m&#234;me style sont &#224; signaler au Br&#233;sil, en Uruguay, au Venezuela, en Gr&#232;ce (Vio.Me), en Italie (RiMaFlor) et, bien s&#251;r, en France avec les Fralib qui, comme on sait, apr&#232;s plus de trois ans d'occupation de leur usine, se sont d&#233;cid&#233;s &#224; commercialiser leurs th&#233;s et infusions 1336 sur le mod&#232;le de Lip. Mais l'utopie, professeur Ruggeri, est-ce seulement l'&#233;galit&#233; et la fraternit&#233; au nez et &#224; la barbe des patrons dans le travail r&#233;nov&#233; ? N'est-ce pas bien plus, jambon &#224; cornes, la mort du travail et la g&#233;n&#233;ralisation de la jouissance cr&#233;atrice ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour l'autonomie&lt;/i&gt; (publi&#233; &#224; L'&#233;chapp&#233;e), de Philippe Caumi&#232;res et Arnaud Tom&#232;s, s'attache &#224; la pens&#233;e politique de Corn&#233;lius Castoriadis et rappelle que ce dernier s'est battu toute sa vie pour &#171; &lt;i&gt;que le pouvoir soit l'affaire de tous&lt;/i&gt; &#187;, et pour que les luttes pour y arriver soient elles-m&#234;mes &#233;mancipatrices : &#171; &lt;i&gt;Auto-organisation, pratique de l'&#233;galit&#233;, sens des limites&lt;/i&gt; &#187;. Mais les lustucrus, la raison d'&#234;tre de l'utopie est-elle que le pouvoir soit l'affaire de tous ? Ou qu'il ne soit plus l'affaire de personne Et plut&#244;t que le &#171; &lt;i&gt;sens des limites&lt;/i&gt; &#187;, l'utopie ne doit-elle pas nous enseigner le sens de l'illimit&#233;, nous inciter &#224; d&#233;passer passionn&#233;ment nos limites &#224; nous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le professeur de philosophie &#171; &lt;i&gt;h&#233;or&#233;tique&lt;/i&gt; &#187; Alberto Giovanni Biuso consid&#232;re dans &lt;i&gt;Anarchisme et anthropologie&lt;/i&gt; (&#233;ditions Asinamali), apr&#232;s avoir &#233;pluch&#233; les observations des grands ethnologues libertaires, de Pierre Clastres et de Marshall Sahlins &#224; Marcel Mauss, que &#171; &lt;i&gt;le pouvoir est in&#233;vitable et le conflit incontournable&lt;/i&gt; &#187;. Et ce m&#234;me si la plupart des sauvages ont la bonne id&#233;e de &#171; &lt;i&gt;vivre sans &#201;tat, sans foi, sans loi, sans roi&lt;/i&gt; &#187;. Et m&#234;me si les soci&#233;t&#233;s primitives, qu'il s'agisse de chasseurs nomades ou d'agriculteurs s&#233;dentaires, s'av&#232;rent &#234;tre de v&#233;ritables &#171; &lt;i&gt;soci&#233;t&#233;s de loisir&lt;/i&gt; &#187;, des &#171; &lt;i&gt;soci&#233;t&#233;s d'abondance&lt;/i&gt; &#187;. Mais quelle piti&#233; ! Quelle piti&#233; que les pessimistes cong&#233;nitaux comme le professeur Biuso, incapables de nous mettre le gourdin ou la framboise en folie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains de ces baudets ont au moins la d&#233;cence d'annoncer la couleur. Tel le philosophe politique John Rawls (1921-2002), qui pr&#233;conise dans sa &lt;i&gt;Th&#233;orie de la justice&lt;/i&gt; le recours &#224; une &#171; &lt;i&gt;d&#233;sob&#233;issance auto-limit&#233;e&lt;/i&gt; &#187;. On tresse des couronnes dans le prochain titre de ma pyramide, &lt;i&gt;D&#233;sob&#233;ir en d&#233;mocratie&lt;/i&gt; de Manuel Cervera-Marzal (publi&#233; Aux forges de Vulcain), &#224; d'autres d&#233;sob&#233;issants occasionnels g&#233;latineux, du Mahatma Gandhi &#224; Martin Luther King et Pierre Rosanvallon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne veux pas vous laisser sur d'affligeantes impressions. Tronc de dious , tous les livres &#224; objectifs s&#233;ditieux r&#233;cents ne sont pas d&#233;sesp&#233;r&#233;ment mous du bulbe. Le pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans l'article &#171; Le fleuve intranquille du socialisme sauvage &#187;, publi&#233; dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; a soulign&#233; les grisants m&#233;rites du &lt;i&gt;Socialisme sauvage&lt;/i&gt; de Charles Reeve (L'&#233;chapp&#233;e), pr&#233;s&#233;lectionn&#233; pour le prochain Groprix du fac&#233;tieux Festival du film grolandais de Toulouse en septembre. J'extrais, quant &#224; moi, de ma pile la r&#233;&#233;dition chez H&#233;ros-limite du truculent &lt;i&gt;La Poule, le coq&lt;/i&gt; (1881) d'&#201;lie Reclus, le frangin du g&#233;ographe anar &#201;lis&#233;e, dans lequel on nous apprend &#171; &lt;i&gt;la diff&#233;rence de l'&#233;ducation que donne l'Universit&#233; avec l'&#233;ducation que donnent les R&#233;v&#233;rends P&#232;res&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt; L'universit&#233; fait la castration, mais sans garantie. La j&#233;suiterie fait la castration avec garantie s&#233;rieuse&lt;/i&gt;. &#187; Et &lt;i&gt;Les Citations &#233;cologiques avant l'heure&lt;/i&gt; d'Henry David Thoreau, relev&#233;es par Isabelle Schlichting (Folio), nous encanaillent avec le farouche utopiste que l'&#233;crivain &#233;tait dans sa fa&#231;on d'exalter la vie sauvage &#171; &lt;i&gt;Pousse sauvage selon ta nature, comme ces joncs et ces broussailles, qui jamais ne deviendront foin anglais&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Jouis de la terre mais ne la poss&#232;de pas&lt;/i&gt;. &#187; Ou le farniente &#171; &lt;i&gt;Je m'aper&#231;us qu'en travaillant six semaines environ par an, je pouvais faire face &#224; toutes les d&#233;penses de la vie.&lt;/i&gt; &#187; Heureux constat !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans l'article &#171; Le fleuve intranquille du socialisme sauvage &#187;, publi&#233; dans le n&#176; 163.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Pour que le monde reste &#224; l'envers</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Pour-que-le-monde-reste-a-l-envers</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>monde</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il faut</dc:subject>
		<dc:subject>faut</dc:subject>
		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>livres</dc:subject>
		<dc:subject>Maison</dc:subject>
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		<dc:subject>classieux projets</dc:subject>
		<dc:subject>l'envers</dc:subject>
		<dc:subject>d'un livre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a des gens qui croient qu'il faut de l'argent pour lancer de classieux projets. Qui alignent les chiffres et multiplient les pr&#233;visions comptables. Et puis, il y a les autres. Les passionn&#233;s. Qui se fichent comme d'une guigne de savoir s'ils vont retomber sur leurs pattes. Heureux renversement parce qu'ils en refusent la sinistre logique, ce sont ceux-l&#224; qui mettent le monde &#224; l'envers. &#199;a tombe bien il y a huit ans, c'est justement le nom que quelques Grenoblois.es ont d&#233;cid&#233; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-un-livre" rel="tag"&gt;d'un livre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a des gens qui croient qu'il faut de l'argent pour lancer de classieux projets. Qui alignent les chiffres et multiplient les pr&#233;visions comptables. Et puis, il y a les autres. Les passionn&#233;s. Qui se fichent comme d'une guigne de savoir s'ils vont retomber sur leurs pattes. Heureux renversement parce qu'ils en refusent la sinistre logique, ce sont ceux-l&#224; qui mettent le monde &#224; l'envers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a tombe bien il y a huit ans, c'est justement le nom que quelques Grenoblois.es ont d&#233;cid&#233; de donner &#224; leur maison d'&#233;dition &#8211; Le monde &#224; l'envers. Eux se sont lanc&#233;s ainsi, sans rien conna&#238;tre &#224; l'art de faire des livres et (presque) sans un sou vaillant. En fouillant leurs poches et celles des amis, ils ont r&#233;uni 2000 &#8364;. De quoi imprimer un premier livre, distribu&#233; &#224; l'arrache. Depuis, il y en a eu beaucoup d'autres, choucards et (souvent) passionnants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Monde &#224; l'envers voit le jour en 2010, dans le prolongement d'une belle agitation grenobloise contre la vid&#233;osurveillance &#8211; d'o&#249; le premier bouquin, &lt;i&gt;Sous l'&#339;il des cam&#233;ras&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt;On voulait &#224; la fois soutenir les luttes locales et toucher des gens n'appartenant pas au cercle militant,&lt;/i&gt; r&#233;sume Julien, l'un des cinq piliers de la maison. &lt;i&gt;Se lancer dans l'&#233;dition, c'est aussi rentrer dans les librairies et biblioth&#232;ques. Un livre permet de ne pas parler qu'aux convaincus.&lt;/i&gt; &#187; En d&#233;coulent deux autres id&#233;es fortes, au c&#339;ur du projet &#233;ditorial. De un, faire des livres accessibles le prix est calcul&#233; au plus bas, juste de quoi rembourser les co&#251;ts de production. Et de deux, proposer des bouquins attractifs. Ainsi, tr&#232;s vite, la plupart des couvertures sont s&#233;rigraphi&#233;es &#8211; une curiosit&#233; dans l'&#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la petite &#233;quipe b&#233;n&#233;vole (qui peut compter sur de nombreux coups de mains amicaux), ne se contente pas de s&#233;rigraphier. Elle travaille les textes, puis imprime les ouvrages sur son duplicopieur Riso&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'exception des plus gros bouquins, qui passent par un imprimeur.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, avant de les assembler. &#171; &lt;i&gt;En g&#233;n&#233;ral, on passe une journ&#233;e &#224; imprimer, une soir&#233;e &#224; assembler, une journ&#233;e &#224; encoller et enfin deux jours &#224; s&#233;rigraphier les couv'&lt;/i&gt;. &#187; &#192; cela, il faut encore ajouter la diffusion et la distribution (que l'&#233;quipe a longtemps g&#233;r&#233;e elle-m&#234;me avant de la confier &#224; Pollen, un distributeur professionnel). Bref, un travail de fou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque chose de sacrificiel dans cet investissement sans fin. Question de convictions, bien s&#251;r. Il faut croire au pouvoir des livres. Et s'inscrire dans les luttes &#8211; beaucoup des ouvrages publi&#233;s rel&#232;vent du courant anti-tech et de l'&#233;cologie radicale. Au catalogue aussi, la belle revue &lt;i&gt;De tout bois&lt;/i&gt; : huit num&#233;ros depuis l'hiver 2014, pour faire vivre et conna&#238;tre le combat contre le projet de Center Parcs &#224; Roybon. Tout va donc pour le mieux (&#233;ditorial) dans le meilleur des mondes (militants) ? Pas totalement. En partie victime de son succ&#232;s, la maison vient de lancer un appel &#224; soutien, ouvrant un &lt;a href=&#034;https://www.helloasso.com/associations/le-monde-a-l-envers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;crowdfunding&lt;/i&gt; sur HelloAsso&lt;/a&gt;. Elle explique &#234;tre confront&#233;e &#224; de &#171; &lt;i&gt;nouvelles contraintes&lt;/i&gt; &#187; qu'elle n'a pas su anticiper : &#171; &lt;i&gt;Stockage, multiplication des d&#233;marches administratives, retirage de livres &#233;puis&#233;s, temps important consacr&#233; &#224; la fabrication, la diffusion et la distribution, etc. Nous avons d&#233;couvert qu'on ne g&#232;re pas de la m&#234;me mani&#232;re une maison qui vend 500 exemplaires d'un livre ou 3000 exemplaires avec un catalogue &#233;toff&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Les charges augmentent, mais la maison &#171; &lt;i&gt;est toujours fauch&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, rigole Julien. Le hic, c'est qu'il faut de l'argent pour financer deux gros projets &#224; venir la suite de la belle (et copieuse) BD &lt;i&gt;Disgrazia&lt;/i&gt; , de Coline Picaud, et la r&#233;&#233;dition d'un livre fondamental sur les ann&#233;es de plomb italiennes. &#199;a m&#233;rite un petit coup de pouce &#8211; ou alors, on te met le monde &#224; l'envers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; l'exception des plus gros bouquins, qui passent par un imprimeur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Casa Pound et la Duce vita : Les grands fr&#232;res italiens du n&#233;ofascime social</title>
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		<dc:date>2018-09-01T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Fontenay</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Il y a quinze ans, des militants nationalistes faisaient main basse sur un b&#226;timent romain abandonn&#233;. De ce se squat, centr&#233; sur l'action sociale (pour les seuls blancs) et le combat culturel, ils ont fait le fer de lance de leur mouvement, CasaPound. Depuis, celui-ci a essaim&#233; dans toute l'Italie. Histoire d'une success story n&#233;ofasciste. Difficile de parler fascisme sans faire un d&#233;tour par l'Italie. Il faut dire que nos voisins transalpins affichent un solide &#171; palmar&#232;s &#187; en la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no164-avril-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;164 (avril 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marine-Summercity" rel="tag"&gt;Marine Summercity&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Droite" rel="tag"&gt;Droite&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/membres" rel="tag"&gt;membres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Italie" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CasaPound" rel="tag"&gt;CasaPound&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/groupes-neofascistes" rel="tag"&gt;groupes n&#233;ofascistes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Rome" rel="tag"&gt;Rome&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/l-organisation" rel="tag"&gt;l'organisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a quinze ans, des militants nationalistes faisaient main basse sur un b&#226;timent romain abandonn&#233;. De ce se squat, centr&#233; sur l'action sociale (pour les seuls blancs) et le combat culturel, ils ont fait le fer de lance de leur mouvement, CasaPound. Depuis, celui-ci a essaim&#233; dans toute l'Italie. Histoire d'une &lt;i&gt;success story&lt;/i&gt; n&#233;ofasciste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2535 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH759/-800-1a314.jpg?1779604844' width='400' height='759' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marine Summercity.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Difficile de parler fascisme sans faire un d&#233;tour par l'Italie. Il faut dire que nos voisins transalpins affichent un solide &#171; palmar&#232;s &#187; en la mati&#232;re. Avec les vingt-deux ans de r&#233;gime mussolinien, d'abord. Puis l'agitation sanglante d&#233;ploy&#233;e par les groupes n&#233;ofascistes dans les ann&#233;es 1970, sous le nom de &#171; strat&#233;gie de la tension &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit d'attentats commis pendant les &#171; ann&#233;es de plomb &#187; par des groupes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et enfin, aujourd'hui, l'ancrage du mouvement CasaPound, dont les membres se revendiquent &#171; &lt;i&gt; fascistes du troisi&#232;me mill&#233;naire&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mod&#232;le h&#233;g&#233;monique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe a pris racine il y a quinze ans via Napoleone III &#224; Rome, pr&#232;s de la gare centrale de Termini, avant d'essaimer en Italie en louant ou achetant des locaux. Ce qui a d&#233;but&#233; en d&#233;cembre 2003 par l'occupation d'un b&#226;timent vide par des nationalistes est devenu l'une des principales organisations de l'extr&#234;me droite radicale en Italie. Elle s'est aussi impos&#233;e comme mod&#232;le &#224; suivre pour les groupes n&#233;ofascistes de toute l'Europe, dont le Bastion social en France. &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas photo : le mod&#232;le qui a conquis l'h&#233;g&#233;monie au sein des groupes n&#233;ofascistes est clairement celui de CasaPound&lt;/i&gt;, explique Elia Rosati, sp&#233;cialiste des droites radicales et militant antifasciste. &lt;i&gt;Du point de vue militant, de l'organisation et de la communication, il s'agit d'une innovation sans pr&#233;c&#233;dent en Italie, et m&#234;me en Europe occidentale. CasaPound apporte un style plus moderne, qui lui survivra s&#251;rement. Un mix entre la violence d'Aube dor&#233;e, en Gr&#232;ce, et un vrai travail de terrain, via tout un ensemble d'associations sportives, environnementales, syndicales, culturelles et d'assistance&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de &#171; Galassia nera, lo stato dell'arte &#187;, article mis en ligne sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de l'occupation de 2003, puis de celles qui ont suivi jusqu'en 2006, &#233;tait de s'ins&#233;rer dans le domaine de l'assistance sociale &#224; travers les luttes pour le droit au logement, imitant les centres sociaux occup&#233;s de l'extr&#234;me gauche. Mais CasaPound, &#224; l'oppos&#233; du spectre politique, se veut une occupation &#171; &lt;i&gt;non conforme&lt;/i&gt; &#187;. Comprendre : il s'agit de n'aider que les Italiens, &#171; &lt;i&gt;les vrais&lt;/i&gt; &#187;, les blancs. Baptis&#233; &#171; &lt;i&gt;ambassade d'Italie dans un quartier multiethnique&lt;/i&gt; &#187;, l'immeuble squatt&#233; devient rapidement si&#232;ge national du mouvement. En 2012, le maire philo-fasciste de Rome, Gianni Alemanno, tente m&#234;me de le faire racheter par la commune pour 11.8 millions d'euros, avec l'id&#233;e d'en offrir l'usage aux occupants, avant de finalement abandonner face au toll&#233; g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les rues environnant la via Napoleone III, les grandes affiches de l'organisation sont visibles un peu partout. Mais l'atmosph&#232;re reste cosmopolite. &#171; &lt;i&gt;Le quartier ne leur est pas acquis, CasaPound n'y a pas de v&#233;ritable pr&#233;sence militante. Ses membres ne sortent de leur trou que rarement, bien prot&#233;g&#233;s par la police contre ceux qui n'appr&#233;cient pas leur pr&#233;sence&lt;/i&gt;, raconte Elisabetta, une voisine. &lt;i&gt;R&#233;cemment, ils ont agress&#233; des gens qui refusaient leur tract &#8211; les policiers ne sont pas intervenus, pr&#233;textant qu'il s'agissait d'une manifestation autoris&#233;e... Ils poss&#232;dent aussi quelques bars &#8216;&#8216; classiques '', qui financent l'organisation et o&#249; travaillent ses membres et leurs proches.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Structures parall&#232;les&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Ant, qui diss&#232;que la communication de l'extr&#234;me droite&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Son travail est disponible sur ilpopolodellescimmie.noblogs.org.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, ce sont ces &#171; &lt;i&gt;occupations de droite, les squats fascistes&lt;/i&gt; &#187;, qui ont attir&#233; l'attention. Un coup de com' efficace, alors que &#171; &lt;i&gt;seule la ville de Rome est concern&#233;e&lt;/i&gt; &#187; et que les locaux sur le reste du territoire sont occup&#233;s l&#233;galement. Une focalisation qui n'a rien d'anodine, remarque Ant : &#171; &lt;i&gt;Voler les symboles et pratiques de la gauche a toujours &#233;t&#233; utile aux fascistes. Pour capter l'attention, simuler la r&#233;bellion, attirer la sympathie des jeunes et les drainer vers des sph&#232;res ambigu&#235;s difficiles &#224; relier aux milieux de la droite profonde. C'est en cr&#233;ant de la confusion politique qu'ils tirent leur &#233;pingle du jeu.&lt;/i&gt; &#187; Et ce d'autant plus ais&#233;ment que les mouvements de gauche sont en perte de vitesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet aspect mouvementiste est l'un des points forts de CasaPound. &#171; &lt;i&gt;L'organisation a cr&#233;&#233; toute une s&#233;rie de structures parall&#232;les qui se pr&#233;sentent comme des associations b&#233;n&#233;voles et sociales pour int&#233;grer les dynamiques d'assistance&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Ant. &lt;i&gt;R&#233;cemment, elles ont ainsi distribu&#233; des provisions aux victimes de s&#233;ismes.&lt;/i&gt; &#187; La droite n&#233;ofasciste &#233;largit ainsi son champ d'action et tente de se substituer aux acteurs classiques de l'action sociale. Dans son bastion d'Ostie, pr&#232;s de Rome, CasaPound distribue des couvertures aux sans-abri, de la nourriture et des v&#234;tements aux d&#233;munis et aux pr&#233;caires, d&#233;livre des cours du soir aux enfants. Et devient h&#233;g&#233;monique, se f&#233;licite un responsable local : &#171; &lt;i&gt;Ici, il n'y a plus que nous : la gauche a disparu. Nous ne faisons plus peur. Les commer&#231;ants, et m&#234;me les p&#234;cheurs qui votaient PC, nous font maintenant confiance.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Identit&#233; culturelle forte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que la strat&#233;gie de CasaPound est diablement efficace : se ramifier par capillarit&#233; et mettre le paquet sur les jeunes. &#171; &lt;i&gt;C'est avec son travail politique dans les lyc&#233;es que CasaPound obtient ses meilleurs r&#233;sultats : elle s'y est impos&#233;e comme r&#233;f&#233;rence aupr&#232;s des &#233;l&#232;ves&lt;/i&gt;, d&#233;veloppe Ant. &lt;i&gt;Notamment en pr&#233;sentant le fascisme comme une transgression. &#199;a devient branch&#233; chez les jeunes de dessiner une croix gamm&#233;e ou de se dire fasciste.&lt;/i&gt; &#187; Une mode qui doit aussi beaucoup au d&#233;veloppement d'une contre-culture, de concerts, de marques de v&#234;tements, &#224; la pr&#233;sence active sur les r&#233;seaux sociaux ou &#224; la cr&#233;ation d'organisations &#233;tudiantes. Avec des locaux dans tout le pays, quinze librairies, huit associations sportives, une web-radio d&#233;clin&#233;e r&#233;gionalement, une web-tv et des p&#233;riodiques, sans parler des bars, salons de tatouages et commerces tenus par des membres, CasaPound sait se rendre reconnaissable, accessible et m&#234;me attractive. Habile mariage d'une identit&#233; culturelle forte et d'une capacit&#233; d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contexte politique a aussi jou&#233;, rappelle Elia Rosati : &#171; &lt;i&gt;Cette extraordinaire croissance du n&#233;ofascisme n'aurait jamais &#233;t&#233; possible sans la pr&#233;sence au gouvernement et au Parlement d'un puissant bloc compos&#233; de la droite n&#233;olib&#233;rale de Forza Italia&lt;/i&gt; [Berlusconi],&lt;i&gt; des x&#233;nophobes de la Ligue du Nord et des post-fascistes d'Alleanza Nazionale. Le n&#233;ofascisme actuel a prosp&#233;r&#233; en lien avec ces partis. Ce qui lui a permis de b&#233;n&#233;ficier d'un espace politique, d'une protection p&#233;nale et d'une forte exposition m&#233;diatique.&lt;/i&gt; &#187; De quoi donner des id&#233;es &#224; l'organisation : depuis 2011, elle pr&#233;sente des candidats aux &#233;lections locales et r&#233;gionales (ainsi qu'aux l&#233;gislatives, en 2018, o&#249; elle a fait moins d'1 % des voix). Et plusieurs villes comptent d&#233;sormais des conseillers municipaux n&#233;ofascistes. Ceux-ci n'ont m&#234;me plus &#224; cacher leur jeu, &#224; l'image de cet &#233;lu de Bolzano : &#171; &lt;i&gt;Je suis fasciste, et alors ?&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Avec Mussolini, tout fonctionnerait mieux. J'ai un buste du Duce chez moi, j'en suis tr&#232;s fier.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Agressions sanglantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CasaPound a aussi su profiter du boulevard offert par la crise &#233;conomique et l'intensification de la crise migratoire pour r&#233;affirmer ses id&#233;es d'action sociale nationaliste, cette &#171; solidarit&#233; &#187; discriminatoire. &#171; &lt;i&gt;Ce mod&#232;le d'assistanat adress&#233; aux seuls Italiens a si bien fonctionn&#233; que d'autres organisations plus radicales ou concurrentes veulent d&#233;sormais le copier&lt;/i&gt; &#187;, constate Ant. L&#224; r&#233;side le danger : le racisme et les discriminations se g&#233;n&#233;ralisent dans les discours politiques et deviennent &#171; acceptables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la mis&#232;re ne pr&#233;occupe nullement les membres de CasaPound &#8211; ils utilisent juste des pauvres contre d'autres pauvres. Et se servent du vernis social pour (un peu) camoufler leurs convictions fascistes, antis&#233;mites et x&#233;nophobes. Ainsi que leur go&#251;t pour les agressions sanglantes. En 2011, &#224; Florence, deux S&#233;n&#233;galais ont &#233;t&#233; abattus par un membre du mouvement. Et en janvier 2018, trois d'entre eux ont poignard&#233; un militant antifasciste de G&#234;nes. &#192; l'&#233;vidence, l'action de CasaPound est aussi sociale qu'une fosse commune.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il s'agit d'attentats commis pendant les &#171; ann&#233;es de plomb &#187; par des groupes n&#233;ofascistes souhaitant susciter un climat de violence politique pour favoriser l'&#233;mergence d'un &#201;tat autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Extrait de &#171; Galassia nera, lo stato dell'arte &#187;, article mis en ligne sur Globalproject.info le 16/02/18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Son travail est disponible sur ilpopolodellescimmie.noblogs.org.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A la rencontre des gens du pays</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/A-la-rencontre-des-gens-du-pays</link>
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		<dc:date>2018-08-31T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Dans le dossier de son pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro, &#171; Labour fou &#8212; paysannerie en lutte &#187;, le chien rouge partait &#224; la rencontre de ces agriculteurs qui &#171; invitent &#224; enterrer nos vies administr&#233;es et &#224; reprendre la cl&#233; des champs &#187;. Las, il manquait &#224; ce dossier un texte, celui du vigneron Jean-Claude Leyraud, auteur d'une lecture crois&#233;e de deux ouvrages portant sur l'impossibilit&#233; d'&#234;tre paysan aujourd'hui. Le voici &#8212; quand il n'y en a plus, il y en a encore&#8230; Dans son documentaire Les Paysans de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no164-avril-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;164 (avril 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Marie-France-Barrier" rel="tag"&gt;Marie-France Barrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Barrier-filme" rel="tag"&gt;Barrier filme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mythe-paysan" rel="tag"&gt;Mythe paysan&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Barrier" rel="tag"&gt;Barrier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le dossier de son pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro, &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Labour fou &#8212; paysannerie en lutte&lt;/a&gt; &#187;, le chien rouge partait &#224; la rencontre de ces agriculteurs qui &#171; &lt;i&gt;invitent &#224; enterrer nos vies administr&#233;es et &#224; reprendre la cl&#233; des champs&lt;/i&gt; &#187;. Las, il manquait &#224; ce dossier un texte, celui du vigneron Jean-Claude Leyraud, auteur d'une lecture crois&#233;e de deux ouvrages portant sur l'impossibilit&#233; d'&#234;tre paysan aujourd'hui. Le voici &#8212; quand il n'y en a plus, il y en a encore&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans son documentaire &lt;i&gt;Les Paysans de demain &#8211; Le Champ des possibles&lt;/i&gt;, diffus&#233; en d&#233;cembre dernier sur France 5&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et disponible sur YouTube.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, Marie-France Barrier filme des n&#233;oruraux et agriculteurs anciennement &#171; conventionnels &#187;, qui se consacrent d&#233;sormais &#224; des pratiques agricoles &#224; l'&#233;chelle humaine, avec optimisme et enthousiasme. Pierre, ancien pilote de ligne, retrouve ainsi sens &#224; sa vie en devenant mara&#238;cher bio dans le bocage normand. Dans l'Eure, Lina, ex-agent immobilier, et son compagnon s'installent en agroforesterie et cultivent leur &#171; &lt;i&gt;petit paradis&lt;/i&gt; &#187;, entour&#233;s d'une mer de pesticides. Dans le pays de Caux, Olivier, ancien c&#233;r&#233;alier &#224; la t&#234;te de 300 hectares, prend conscience qu'il est plus que temps de cesser d'appauvrir les sols. Dans le Jura, Valentin, jeune &#233;tudiant destin&#233; &#224; la haute fonction publique, revient sur ses terres natales et se convertit avec son p&#232;re, vigneron &#171; &lt;i&gt;radi&lt;/i&gt; &#187;, &#224; la viticulture biologique. En Corr&#232;ze, une ferme collective de jeunes n&#233;oruraux fonctionne en polyculture et retisse du lien social&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Radicalit&#233; paysanne &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette tentative de r&#233;enchantement de la condition paysanne, l'&#233;leveur Xavier Noulhianne semble avoir r&#233;pondu par anticipation dans un excellent livre, paru en 2016, &lt;i&gt;Le M&#233;nage des champs&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Xavier Noulhianne, Le M&#233;nage des champs &#8211; Chronique d'un &#233;leveur au XXIe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#171; &lt;i&gt;&#192; contre-courant du vent positiviste qu'il semble aujourd'hui obligatoire de suivre, il nous faut reconna&#238;tre au moins qu'aucune tentative de reconstruction ne pourra exister en faisant l'&#233;conomie d'une prise de conscience froide de l'&#233;tat de d&#233;possession qui est le n&#244;tre et celui de tous ceux qui partagent un m&#234;me avenir dans cette soci&#233;t&#233; bureaucratique.&lt;/i&gt; &#187; Sa critique implacable de l'industrialisation de la vie est r&#233;jouissante par sa radicalit&#233; sans faille. Rien ne r&#233;chappe du jeu de massacre. Ni l'industrialisation de l'agriculture, dont &#171; &lt;i&gt;l'id&#233;e n'est pas de transformer les agriculteurs en &#8220; unit&#233;s &#224; fort taux de rentabilit&#233; &#8221;, &lt;/i&gt; [mais] &lt;i&gt;de faire en sorte que les exploitations agricoles soient des unit&#233;s assez solides pour soutenir l'activit&#233; &#233;conomique de l'industrie manufacturi&#232;re, chimique et agroalimentaire, dont elles constituent en quelque sorte le socle&lt;/i&gt; &#187;. Ni le syndicalisme &#171; &lt;i&gt;sauce Conf&#233;d&#233;ration paysanne&lt;/i&gt; &#187; qui, pour rester en position de n&#233;gocier, refuse le conflit. Ni les bios qui jouent le jeu de la marchandise. Ni le malentendu sur lequel &#171; &lt;i&gt;reposent les relations entre producteurs et consommateurs au sein des Amap, qui font croire &#224; des citadins ayant adopt&#233; avec plaisir un mode de vie moderne qu'ils pourraient profiter d'une nourriture dont le mode de production n'aurait pas subi les d&#233;voiements de l'industrialisation&lt;/i&gt; &#187;. Ni enfin ceux qui &#171; &lt;i&gt; revendiquent le refus de l'obligation de pu&#231;age &#233;lectronique de leur troupeau, pour rendre possible un &#233;tat d'exception dans lequel ils pourraient continuer leur petite vie tranquille, croient-ils. Sans refuser l'administration qui, depuis soixante ans, a pour objet de fabriquer ces mesures&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2539 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH335/-804-fc31b.jpg?1779603693' width='500' height='335' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Une illustration d'Eug&#232;ne Riousse
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'auteur lui-m&#234;me n'en sort pas indemne, lui qui n'a pas refus&#233; l'installation aid&#233;e, qui le &#171; &lt;i&gt;transforme en interm&#233;diaire de l'&#201;tat pour canaliser ses subventions vers l'industrie&lt;/i&gt; &#187;. Pas plus qu'il n'a r&#233;ussi &#224; contourner la certification bio, dont &#171; &lt;i&gt;l'organisme de certification devient le m&#233;diateur auquel on d&#233;l&#232;gue toute la confiance qui pr&#233;c&#233;demment d&#233;coulait de la connaissance intime de la provenance, par la proximit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Il para&#238;t se trouver dans le m&#234;me isolement qu'il d&#233;nonce, et commet l'erreur de d&#233;finir le paysan uniquement par son activit&#233; agricole. Dans le sens de la perte de l'autonomie et du savoir-faire, c'est vrai : le paysan a bel et bien disparu. Mais si on parle du paysan comme de celui qui appartient &#224; un pays, &#224; une communaut&#233; villageoise, alors on peut en saisir quelques vestiges, dont t&#233;moignent encore les &#233;lans de solidarit&#233; locale &#8211; quand un vigneron est malade, par exemple, d'autres vignerons s'occupent de la taille de ses vignes. Peut-&#234;tre pas suffisant pour b&#226;tir une r&#233;sistance, mais de quoi donner des id&#233;es pour reconstruire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mythe paysan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son livre &lt;i&gt;Le Paysan impossible&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yannick Ogor, Le Paysan impossible, &#201;ditions du bout de la ville, 2017.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, Yannick Ogor s'en prend quant &#224; lui au &#171; &lt;i&gt;mythe paysan&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Ce mythe est d'une puissance telle que, depuis un si&#232;cle, il a su se fondre dans chaque nouvelle &#233;poque, toujours en rupture avec la pr&#233;c&#233;dente. Pour accompagner les mutations d&#233;cisives de l'administration de l'alimentation de masse, le mythe d'une &#8220; paysannerie-forc&#233;ment-vertueuse &#8221; a su changer costumes et d&#233;cors chaque fois que n&#233;cessaire.&lt;/i&gt; &#187; Et l'auteur d'&#233;num&#233;rer les habits successifs qu'on a fait rev&#234;tir aux agriculteurs &#171; &lt;i&gt;Le mythe du paysan &#8220; &#233;ternel &#8221; des ann&#233;es 1930, port&#233; par les Chemises vertes, aura servi les int&#233;r&#234;ts de l'aristocratie et d'une bourgeoisie agraire naissante. Dans les ann&#233;es 1960, le mythe du paysan &#8220; moderniste &#8221;, garant de l'autonomie alimentaire de la France, port&#233; par les jeunes syndicalistes du CNJA&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Cercle national des jeunes agriculteurs est un syndicat agricole qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;sera utilis&#233; pour constituer une administration agricole au service des empires agro-alimentaires. Aujourd'hui, le mythe du paysan &#8220; &#233;cologiste &#8221; est une synth&#232;se des pr&#233;c&#233;dents, il agite les images d'&#201;pinal d'une agriculture d'antan et renouvelle la figure du progr&#232;s, cette fois-ci dans la grande aventure du &#8220;sauvetage de la plan&#232;te&#8221;. Port&#233; par la gauche paysanne, cette nouvelle version du mythe paysan accompagne d&#233;sormais les mutations de la politique agricole entam&#233;es en 1992, toujours au service des empires agro-alimentaires. La Conf&#233;d&#233;ration paysanne a &#233;t&#233; utilis&#233;e &#224; dessein. Elle en est morte.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, comment &#234;tre paysan malgr&#233; tout L'auteur, &#233;leveur de brebis en Bretagne, expose sa m&#233;thode personnelle faite de &#171; d&#233;brouille &#187; et d'organisation de l'invisibilit&#233; aupr&#232;s de l'administration. Et d'ajouter que &#171; &lt;i&gt;l'enjeu devrait donc consister &#224; construire des communaut&#233;s de confiance qui assumeraient collectivement l'ill&#233;galit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Mais il faut ici lever une ambigu&#239;t&#233; pour pouvoir entrer en relation de confiance, les hommes doivent d'abord produire ensemble, dans des lieux concrets, leurs moyens d'existence. C'est ce que faisaient les paysans dans leur village, c'est ce qu'il faut &#233;tendre &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. &#192; l'heure o&#249; un lieu d'exp&#233;rimentation comme la ZAD se trouve &#224; la crois&#233;e des chemins, ces deux parutions viennent opportun&#233;ment sanctionner la fin des &#171; &lt;i&gt;illusions paysannes&lt;/i&gt; &#187; et montrer la n&#233;cessit&#233; de construire des pratiques autonomes bas&#233;es sur de nouvelles relations sociales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et disponible sur YouTube.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Xavier Noulhianne, &lt;i&gt;Le M&#233;nage des champs &#8211; Chronique d'un &#233;leveur au XXIe si&#232;cle&lt;/i&gt;, &#201;ditions du bout de la ville, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Yannick Ogor, &lt;i&gt;Le Paysan impossible&lt;/i&gt;, &#201;ditions du bout de la ville, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Cercle national des jeunes agriculteurs est un syndicat agricole qui &#339;uvre pour l'aide &#224; l'installation des jeunes agriculteurs. Il est critiqu&#233; pour sa proximit&#233; avec la FNSEA, qui promeut une agriculture intensive et productiviste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Le Cr&#233;puscule des brutes : Gr&#232;ce, pas de quartier pour Aube dor&#233;e</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge(&#239;) Bonicci</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Serge&#239; Bonicci</dc:subject>
		<dc:subject>Parti</dc:subject>
		<dc:subject>n&#233;onazis</dc:subject>
		<dc:subject>quartier</dc:subject>
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		<dc:subject>d'Aube dor&#233;e</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Au centre d'Ath&#232;nes, une guerre de territoire fait rage depuis les d&#233;buts de la crise entre n&#233;onazis et antifascistes. Immersion au c&#339;ur d'un &#171; suppos&#233; &#187; bastion d'Aube dor&#233;e. Juin 2016. 8 heures du mat'. Traits tir&#233;s apr&#232;s un samedi agit&#233; &#224; Exarchia, Ath&#232;nes. On a trois minutes de retard, mais les habitu&#233;s d'un bar bien connu du quartier nous attendent d&#233;j&#224; : le l&#233;gendaire retard ath&#233;nien a du plomb dans l'aile. Apr&#232;s vingt minutes de marche, on atteint l'&#233;glise d'Agios Panteleimonas. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/neonazis" rel="tag"&gt;n&#233;onazis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/quartier" rel="tag"&gt;quartier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Athenes" rel="tag"&gt;Ath&#232;nes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aube-doree" rel="tag"&gt;Aube dor&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Aube-doree" rel="tag"&gt;d'Aube dor&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/doree" rel="tag"&gt;dor&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aube" rel="tag"&gt;Aube&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Mohammed" rel="tag"&gt;Mohammed&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/d-Aube" rel="tag"&gt;d'Aube&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au centre d'Ath&#232;nes, une guerre de territoire fait rage depuis les d&#233;buts de la crise entre n&#233;onazis et antifascistes. Immersion au c&#339;ur d'un &#171; suppos&#233; &#187; bastion d'Aube dor&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Juin 2016. 8 heures du mat'. Traits tir&#233;s apr&#232;s un samedi agit&#233; &#224; Exarchia, Ath&#232;nes. On a trois minutes de retard, mais les habitu&#233;s d'un bar bien connu du quartier nous attendent d&#233;j&#224; : le l&#233;gendaire retard ath&#233;nien a du plomb dans l'aile. Apr&#232;s vingt minutes de marche, on atteint l'&#233;glise d'Agios Panteleimonas. L'embl&#232;me de l'implantation d'Aube dor&#233;e, de ses ratonnades anti-immigr&#233;es et de ses miliciens affirmant sans ciller, au bar du coin, qu'il faut faire &#171; &lt;i&gt;de la soupe d'&#201;rythr&#233;ens et des habits avec leurs cheveux et des perles avec leurs dents&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos tenus face cam&#233;ra, dans une vid&#233;o titr&#233;e &#171; The immigrants standing up (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2538 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH711/-803-c0319.jpg?1779602794' width='400' height='711' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Serge&#239; Bonicci.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais pas cette fois. En guise de n&#233;o-nazis, de jeunes immigr&#233;s jouent au foot, encadr&#233;s par 150 antifascistes. Par grappes de dix &#224; vingt, manches de pioche au poing, blousons en cuir et gants coqu&#233;s, ils quadrillent la place. Et attendent. Longtemps. Un scooter va et vient, rapporte la progression du cort&#232;ge annonc&#233; : une cinquantaine de furieux, en scission avec Aube dor&#233;e pour manque de radicalit&#233;. Six heures plus tard, la cohorte a rebrouss&#233; chemin. Des policiers anti-&#233;meute se mettent en branle pour vider la place. Face aux 150 qui enfilent masque &#224; gaz mais se replient, les flics ne font pas si belle figure. &#199;a donnerait presque envie... L'homme au scooter n'est pas de cet avis : &#171; &lt;i&gt;On emp&#234;che la manif des fascistes, on n'attaque pas la police. C'est ce qui a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; &#8211; compris ?&lt;/i&gt; &#187;. Oui, m'sieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons la dose de mamies toutes de noir v&#234;tues, sortant de la messe et tapotant l'&#233;paule des grands gaillards genre &#171; bon travail, les jeunes &#187;, et on s'y perdrait. On venait en terre nazie, on repart au calme. Aube dor&#233;e ne semble plus tant &#224; la f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'essor d'Aube Dor&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en a pas toujours &#233;t&#233; ainsi, rappelle Mohammed, arriv&#233; en 2009 &#224; Kipseli, quartier populaire voisin, o&#249; Aube dor&#233;e ouvre sa premi&#232;re antenne en 1985. Le groupuscule devient parti en 1993, et les voix engrang&#233;es &#224; Kispeli et Agios, ses deux bastions phares, permettent &#224; son leader d'acc&#233;der au conseil municipal. La formation reste n&#233;anmoins tr&#232;s marginale jusqu'au d&#233;clenchement de la crise grecque &#8211; les n&#233;onazis sautent alors sur l'occasion de reprendre du poil de la b&#234;te. D&#232;s 2010, leurs agressions forcent des structures &#224; fermer, comme le Forum grec pour les r&#233;fugi&#233;s. Tabass&#233; sous les yeux des enfants &#224; qui il donne cours, son pr&#233;sident d&#233;cide d'arr&#234;ter les frais. Silence radio dans les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, le parti n'est encore cr&#233;dit&#233; que d'1 % des intentions de vote. Mais suivent des mois de matraquage t&#233;l&#233;visuel, o&#249; le moindre faits divers est mont&#233; en &#233;pingle. Et voil&#224; qu'en juin 2012, Aube dor&#233;e fait son entr&#233;e au Parlement, avec 18 &#233;lus (7 % des voix). Les langues se d&#233;lient, les attaques se multiplient, la peur s'installe. &#171; &lt;i&gt;On ne sortait plus, sinon pour se retrouver &#224; quelques endroits s&#251;rs&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;comme la Platia Merghis&lt;/i&gt;, se souvient Mohammed. &lt;i&gt;Quant &#224; trouver un travail...&lt;/i&gt; &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien des ripostes. En septembre 2012, une grande manif antifa &#224; moto arpente les quartiers immigr&#233;s. Une bagarre &#233;clate avec des n&#233;onazis, tandis que le cort&#232;ge est s&#233;v&#232;rement attaqu&#233; &#224; l'arri&#232;re par la police, qui arr&#234;te et torture plusieurs militants. D'autres actions suivent. Et des comit&#233;s de quartier red&#233;couvrent l'antifascisme, terreau pas si lointain &#8211; la Dictature des colonels n'a pris fin qu'en 1974. Dans les manifs, les slogans se r&#233;f&#233;rant &#224; la p&#233;riode fleurissent, tel &#171; &lt;i&gt;Le peuple n'oublie pas, il pend les fascistes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais suite &#224; l'&#233;lection d'Ant&#243;nis Samar&#225;s, premier ministre qui d&#233;clare priorit&#233; nationale &#171; &lt;i&gt;l'&#233;loignement des immigr&#233;s devenus les tyrans de la soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187;, la violence n&#233;onazie s'engouffre. En 2013, deux militants d'Aube dor&#233;e poignardent &#224; mort Shehzad Luqman, Pakistanais de 27 ans. &#192; Agios, les rondes &#224; moto, contr&#244;les d'identit&#233; et &#233;vacuations muscl&#233;es s'intensifient. Jusqu'aux destructions de stands du march&#233;, qui font les choux gras de la presse internationale. Quelques mois plus t&#244;t, le dernier m&#233;morandum impos&#233; par l'Union europ&#233;enne provoquait trois immenses nuits d'&#233;meute &#224; Ath&#232;nes. La chasse aux &#233;trangers a de quoi s&#233;duire une frange de l'&#233;lite effray&#233;e, alors qu'une coalition de gauche a le vent en poupe : Syriza. Le mois suivant la nomination de Samaras, 12 500 clandestins sont ainsi arr&#234;t&#233;s. Pour Mohammed, le quotidien devient impossible : &#171; &lt;i&gt;Je me faisais contr&#244;ler tout le temps. &#192; chaque fois, ils m'emmenaient &#224; Ladapone&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un commissariat tr&#232;s &#233;loign&#233;.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;... &lt;i&gt;Soit tu fuis la police, soit tu fuis les racistes. J'ai d&#251; quitter Ath&#232;nes en 2013.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sulfureux m&#233;lange. Les bureaux du parti ne se situent pas sans raison &#224; deux pas des commissariats. Les morts s'encha&#238;nent, en janvier sous les coups des n&#233;onazis, en f&#233;vrier de la police. &#171; &lt;i&gt;L&#224;, ils ont d&#233;capit&#233; un Pakistanais, l'ont mis dans des sacs et jet&#233; &#224; la poubelle. En plein jour, ils ont chass&#233; les &#233;trangers &#224; la tron&#231;onneuse&lt;/i&gt;, raconte Mohammed, terrifi&#233;. &lt;i&gt;Personne n'en a parl&#233;. C'est quand le rappeur grec a &#233;t&#233; tu&#233; qu'ils se sont r&#233;veill&#233;s&lt;/i&gt;. &#187; Comprendre : Pavlos Fyssas, aka Killa P., poignard&#233; le 18 septembre 2013, pr&#232;s d'un autre bastion d'Aube dor&#233;e, Le Pir&#233;e. Un meurtre qui suscite &#171; &lt;i&gt;l'une des marches les plus intenses depuis Alexis&lt;/i&gt; [Grigoropoulos]&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adolescent tu&#233; par un policier le 6 d&#233;cembre 2008, meurtre qui d&#233;clenche (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;avec des dizaines de milliers de personnes&lt;/i&gt;, se souvient M&#233;li. &lt;i&gt;Mes amis me disaient : &#034; J'ai senti que &#231;a pouvait &#234;tre moi, ou mon fr&#232;re &#034;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le virage est brutal. La presse fait fuiter des documents sur Aube dor&#233;e, secrets de polichinelle qui prennent une nouvelle r&#233;sonance : ill&#233;galisme, milices violentes, infiltration polici&#232;re. Alors que les accrochages se multiplient, six d&#233;put&#233;s du parti sont inculp&#233;s d&#233;but octobre pour appartenance &#224; une organisation criminelle. Et trois d'entre eux, dont le chef Nikos Michaloliakos, sont plac&#233;s en d&#233;tention provisoire. Le 1er novembre, en banlieue ouest d'Ath&#232;nes, deux hommes cagoul&#233;s &#224; moto font feu devant un local du parti, tuant deux n&#233;onazis. Effroi chez les parlementaires, qui parlent d'escalade hors de contr&#244;le, de danger pour la d&#233;mocratie. Les &#233;lus offusqu&#233;s se souciaient moins un an plus t&#244;t de partager leurs bancs avec des adorateurs d'Hitler et de Metaxas&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;n&#233;ral &#224; la t&#234;te de la dictature fasciste entre 1936 et 1941.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La bataille d'Agios&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais interdire un parti &#233;lu n'est pas si simple. Et dans les fiefs o&#249; Aube dor&#233;e se replie, comme &#224; Agios, les migrants n'ont qu'&#224; bien se tenir &#8211; les agressions y continuent de plus belle. D'autres vont donc y mettre fin. Fin 2013, des antifascistes venus d'Exarchia y inaugurent l'antenne Distomo (r&#233;f&#233;rence &#224; un village massacr&#233; par les nazis en 1944), un local bourr&#233; de matos de d&#233;fense et pourvu de portes blind&#233;es. Les rendez-vous sont r&#233;guliers, les murs repeints. Les actions sur les locaux et membres d'Aube dor&#233;e s'encha&#238;nent, les patrouilles nocturnes aussi. Cadenass&#233;e en 2010 par les n&#233;onazis pour emp&#234;cher les migrants de s'y reposer, l'aire de jeux sur la place est rouverte en 2015, s&#233;curis&#233;e une dizaine d'heures par semaine par des militants. Des soupes populaires suivent. Un combat de longue haleine, rappelle Kinimatini : &#171; &lt;i&gt;On a pris ce local pour r&#233;occuper le quartier, mais il a fallu tenir des rassemblements interminables. Maintenant que c'est fait, on est contents de passer &#224; autre chose.&lt;/i&gt; &#187; Ce travail paye : les fascistes s'effacent. Fin 2016, Mohammed revient &#224; Ath&#232;nes, pour un grave p&#233;pin de sant&#233;. &#171; &lt;i&gt;Tout avait chang&#233; : Syriza, la vague de r&#233;fugi&#233;s, les nombreux squats prot&#233;g&#233;s...&lt;/i&gt; &#187; Il d&#233;cide de rester dans l'un d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui s'est fait peut se d&#233;faire. D&#233;sormais nocturnes, les attaques contre les b&#226;timents occup&#233;s par les r&#233;fugi&#233;s se poursuivent. Nationalisme exacerb&#233; et violences d'&#201;tat les autorisent en s'ancrant dans les pens&#233;es. Leur recrudescence r&#233;cente rappelle que crise, aust&#233;rit&#233; de gauche et grandes mascarades nationalistes, comme ces centaines de milliers de manifestants contre la R&#233;publique de Mac&#233;doine, fournissent des occasions r&#234;v&#233;es aux fascistes de refaire surface. Ils incendient ce jour-l&#224; un squat de Thessalonique. Sous le regard complice des policiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui se d&#233;fait peut se refaire. L'exemple du quartier d'Agios Penteleimonas rappelle que pour s'imposer, occuper le territoire est n&#233;cessaire, mais insuffisant. L'imp&#233;ratif ? Jeter d&#232;s maintenant les bases d'une soci&#233;t&#233; solidaire &#233;radiquant nationalisme et pr&#233;dation sociale. Une lutte sans fin. Au quotidien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Propos tenus face cam&#233;ra, dans une vid&#233;o titr&#233;e &#171; &lt;i&gt;The immigrants standing up to Neo-Nazi Golden Dawn in Greece&lt;/i&gt; &#187; et disponible sur Youtube.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un commissariat tr&#232;s &#233;loign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Adolescent tu&#233; par un policier le 6 d&#233;cembre 2008, meurtre qui d&#233;clenche deux mois d'&#233;meutes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;G&#233;n&#233;ral &#224; la t&#234;te de la dictature fasciste entre 1936 et 1941.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les br&#232;ves du n&#176;164</title>
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&lt;p&gt;Tous ensembleuh ! Tous ensembleuh ! Une BASF dans ta gueule En novembre 2016, une soixantaine de faucheurs volontaires mettaient la pagaille dans des parcelles de colza g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233; en C&#244;te-d'Or. Il s'agit de plants qui avaient subi une sympathique mutagen&#232;se pour r&#233;sister &#224; un nouvel herbicide de chez BASF. Or, si la culture de colza transg&#233;nique est interdite en France, son avatar mutag&#232;ne est autoris&#233;. Pas content de s'&#234;tre fait bousiller son colza canc&#233;rig&#232;ne, Dijon-C&#233;r&#233;ales (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no164-avril-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;164 (avril 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Chien-mechant-7" rel="tag"&gt;Chien m&#233;chant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/En-bref" rel="tag"&gt;En bref&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Soulcie-34" rel="tag"&gt;Soulci&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Aurel" rel="tag"&gt;Aurel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Nicolas-de-la-Casiniere-95" rel="tag"&gt;Nicolas de la Casini&#232;re&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tous ensembleuh ! Tous ensembleuh !&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2403 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH440/-670-8cd52.jpg?1779605458' width='500' height='440' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Fritz.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une BASF dans ta gueule&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En novembre 2016, une soixantaine de faucheurs volontaires mettaient la pagaille dans des parcelles de colza g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233; en C&#244;te-d'Or. Il s'agit de plants qui avaient subi une sympathique mutagen&#232;se pour r&#233;sister &#224; un nouvel herbicide de chez BASF. Or, si la culture de colza transg&#233;nique est interdite en France, son avatar mutag&#232;ne est autoris&#233;. Pas content de s'&#234;tre fait bousiller son colza canc&#233;rig&#232;ne, Dijon-C&#233;r&#233;ales a port&#233; plainte. Les 5 et 6 avril, les d&#233;linquants r&#233;tifs au progr&#232;s passent en proc&#232;s &#224; Dijon. Comme le dit le tract &#171; &lt;i&gt;Ils d&#233;noncent la pr&#233;sence de ces OGM cach&#233;s dans les champs et les assiettes et demandent l'arr&#234;t de ces cultures g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;es.&lt;/i&gt; &#187; Et si BASF nous l&#226;chait la graine pour retourner &#224; ses cassettes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'autre ParcourSup&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2401 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH452/-668-6349e.jpg?1779603016' width='500' height='452' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Soulci&#233;.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;On nous &#233;crit de Montpellier&lt;/h3&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le Chien rouge a re&#231;u une chouette missive, envoy&#233;e de la facult&#233; de droits et de science politique de Montpellier. Forc&#233;ment, on a eu envie de la partager avec vous.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face aux nervis du doyen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 mars, dans l'amphi A Urbain V. Des fascistes chics, agents perturbateurs de l'AG inter-luttes, lancent invectives, menaces, vaines tentatives de g&#226;cher la f&#234;te. Nous &#233;tions belles et beaux, ils &#233;taient moches et cons. Ils interpr&#233;taient notre joie et notre d&#233;sinvolture comme autant de faiblesses &#224; &#233;craser. Au milieu de la nuit, ils s'enhardirent. Le doyen Philippe P&#233;tel, qui petit r&#234;vait sans doute d'&#234;tre mar&#233;chal, guida les troupes. Cagoules, lattes tranchantes et Taser pour une brutale expulsion. Ils ferm&#232;rent m&#234;me les grilles sur les jambes de l'une d'entre nous. De l'autre c&#244;t&#233;, ils s'applaudirent entre eux, fiers d'avoir fait couler le sang. La police arrivant vite sur les lieux &#233;carta les bless&#233;s et couvrit la fuite des agresseurs. Se demander pourquoi, c'est d&#233;j&#224; faire scandale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils voulaient semer la terreur, ils r&#233;colt&#232;rent l'union et un go&#251;t encore plus prononc&#233; pour la r&#233;volte. &#171; &lt;i&gt;P&#233;tel d&#233;mission !&lt;/i&gt; &#187; Et il se fit d&#233;missionner, moins de vingt-quatre heures apr&#232;s les faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 27 mars, alors que l'ex-doyen factieux &#233;tait plac&#233; en garde &#224; vue, l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale fut magique. Nous &#233;tions plus de deux mille, en plein air, sur le campus de la fac de lettres et de sciences humaines. Vote du blocage illimit&#233; tant que les revendications pos&#233;es par l'assembl&#233;e ne seraient pas respect&#233;es. Parmi lesquelles que justice soit faite, mais aussi retrait de la loi Vidal, am&#233;lioration des acc&#232;s pour les personnes &#224; mobilit&#233; r&#233;duite, blocages &#233;conomiques, non-reconnaissance de l'autorit&#233; du pr&#233;sident de l'universit&#233; et&#8230; D&#233;mission d'Emmanuel Macron. Wesh !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bises &#224; toutes les lectrices et lecteurs de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des (ex)occupant.e.s de la facult&#233; de droit et de science politique de Montpellier &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mortimer Noire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le talentueux Mortimer, qui signe r&#233;guli&#232;rement de belles illustrations pour le Chien rouge, est en toutes sortes de choses un homme de go&#251;t. La preuve, il adore le &lt;i&gt;blues&lt;/i&gt;. Et a consacr&#233; nombre d'illustrations et de gravures &#224; son univers. Joie dans les chaumi&#232;res : il les expose &#224; Montpellier, au centre Ascaso-Durutti (6, rue Henri Ren&#233;), du 13 avril (vernissage &#224; 18 h 30) au 5 mai.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A la bonne heure !&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2404 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH566/-671-0d662.jpg?1779605458' width='400' height='566' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Aurel.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Chou se r&#233;fugie l&#224; chez les parigots&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'amie et camarade CQFDienne Margo Chou est l'auteure d'un chouette spectacle, &lt;i&gt;Je me suis r&#233;fugi&#233;e l&#224; l&#224; l&#224;&lt;/i&gt;, collection de fragments po&#233;tiques et personnels envo&#251;tants. Les 10 et 11 avril, &#224; 20h, elle le pr&#233;sente au Caf&#233; de Paris, 158 rue Oberkampf, dans le 11e arrondissement, Paname-City. Venez : on y est bien.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Traincognito&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_2402 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH267/-669-ea82b.jpg?1779605458' width='500' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nicolas de la Casini&#232;re.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;ADNiqu&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas une tribune politique, ici&lt;/i&gt; &#187;, s'est &#233;nerv&#233;e la pr&#233;sidente du tribunal. Jeudi 1er mars, Fabien, l'&#233;go&#239;ste qui ne voulait pas partager son ADN avec la poulaille (lire &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Fichage-ADN-Vous-n-aurez-pas-ma-2019&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nous n'aurez pas ma fleur&lt;/a&gt; &#187;, article paru dans n &#176; 162 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;) passait en correctionnelle au tribunal de Saint-Gaudens. Un peu emmerd&#233;e, la proc' n'a pas prononc&#233; de r&#233;quisition &#8211; la France &#233;tant dans le collimateur de la Cour europ&#233;enne pour son z&#232;le en mati&#232;re de fichage. Aux abords du tribunal, les soutiens offraient une ripaille solidaire. &#192; l'int&#233;rieur, le bavard de Fabien rappelait l'engagement du Syndicat des avocats de France aux c&#244;t&#233;s de militants harcel&#233;s pour filer leur bagage g&#233;n&#233;tique. R&#233;sultat du d&#233;lib&#233;r&#233; : relaxe totale. Le slogan des mobilis&#233;s a &#233;t&#233; entendu. &#171; &lt;i&gt;Qu'on nous fiche ? Fichez-nous d'abord la paix !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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