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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Direction zoo de la D&#233;fense</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>Eni&#232;me</dc:subject>
		<dc:subject>syndicat CGC</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Eni&#232;me r&#233;union au si&#232;ge de la D&#233;fense en cette fin ao&#251;t pour un dossier qui a engendr&#233; un long mouvement de protestation depuis plus de deux ans. Faut dire que l'enjeu est cons&#233;quent : la direction, sous pr&#233;texte de simplification du logiciel de gestion des paies, veut rogner nos salaires. Y a des choses qui sont sacr&#233;es et, &#224; part le syndicat CGC, tous les repr&#233;sentants syndicaux parlent d'une m&#234;me voix. La direction g&#233;n&#233;rale voulait r&#233;unir les syndicalistes entre le 14 juillet et le 15 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no92-septembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;92 (septembre 2011)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_199 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L239xH239/92_Efix-101a8.png?1782641141' width='239' height='239' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Eni&#232;me r&#233;union au si&#232;ge de la D&#233;fense en cette fin ao&#251;t pour un dossier qui a engendr&#233; un long mouvement de protestation depuis plus de deux ans. Faut dire que l'enjeu est cons&#233;quent : la direction, sous pr&#233;texte de simplification du logiciel de gestion des paies, veut rogner nos salaires. Y a des choses qui sont sacr&#233;es et, &#224; part le syndicat CGC, tous les repr&#233;sentants syndicaux parlent d'une m&#234;me voix. La direction g&#233;n&#233;rale voulait r&#233;unir les syndicalistes entre le 14 juillet et le 15 ao&#251;t, p&#233;riode habituelle des coups fourr&#233;s, mais personne ne s'est pr&#233;sent&#233; &#224; la table de n&#233;gociation (sauf la CGC, of course).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, aujourd'hui, c'est encore une r&#233;union pour rien. D'autres sont pr&#233;vues dans quelques jours, histoire de plier le dossier fin septembre. On va sans doute, sauf si les copains r&#233;ussissent &#224; se mettre en gr&#232;ve, vers une application unilat&#233;rale des volont&#233;s de la direction sans accord syndical. Le midi, avec Bruno et Pascal, on quitte les bureaux pour aller se sustenter. Pas facile, dans ce quartier de la D&#233;fense de trouver un restau sympa. Les quelques boutiques populaires ont &#233;t&#233; chass&#233;es il y a bient&#244;t un an. Le &#171; petit arabe &#187;, le kebab, le restau pakistanais et quelques autres, qui ne d&#233;figuraient m&#234;me pas le paysage puisqu'ils &#233;taient sous terre, ont &#233;t&#233; vir&#233;s pour construire un nouvel espace commercial de luxe, plus en phase avec l'image de l'endroit. Donc on se retrouve dans un restaurant sans charme, avec une d&#233;co de pseudo bistrot parisien et une carte hors de prix qui sent le surgel&#233; et le micro-ondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re nous, une grande tabl&#233;e rassemble une douzaine de personnes. Des hommes, la trentaine, tous en uniforme de cadre ou de commercial. Comme il fait tr&#232;s lourd dans la salle, presque tous ont fait tomber la veste et arborent chemisettes blanches (ou &#224; fines rayures) et cravates l&#233;g&#232;rement desserr&#233;es. Au plat du jour, tous semblent avoir pr&#233;f&#233;r&#233; le &#171; hamburger maison &#187; accompagn&#233; de feuilles de laitue et de frites surgel&#233;es. Peut-&#234;tre qu'ainsi ils se croient &#224; Wall Street. Ils parlent fort et, pour nous trois, c'est difficile de discuter. Pascal veut m&#234;me se lever pour les faire taire mais je lui fais signe de laisser tomber. &#171; Oui, je vois, tu observes ce groupe de primates &#187;, me dit-il. Et c'est exactement &#231;a.
Il semble qu'il y ait un chef de meute, un meneur. Il parle beaucoup, tient des propos guerriers sur les objectifs de l'entreprise. Les autres boivent ses paroles, ou du moins, veulent le faire croire. Le ros&#233; aidant, la tabl&#233;e se fait de plus en plus bruyante. Il y a beaucoup de frime aussi avec l'abus de pseudo-anglicismes. Peut-&#234;tre se croient-ils dans un film ? Il y a aussi un m&#233;lange particulier de connivence et de rivalit&#233; entre ces personnages. Tout le monde parle r&#233;sultats et &#171; r&#232;gle d'or &#187;, concurrence et clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde ? Non. Je remarque que l'un d'eux ne se m&#234;le pas &#224; la conversation. Il a l'air mal &#224; l'aise et reste le seul &#224; ne pas avoir quitt&#233; sa veste. Il est en retrait par rapport &#224; tous ses coll&#232;gues. Et puis, profitant d'un moment de silence, voil&#224; qu'il lance &#224; l'assembl&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Je crois que ma femme me trompe. &#187;&lt;/i&gt; Oups. Personne ne s'attendait &#224; &#231;a. Il continue : &lt;i&gt;&#171; Je ne suis pas assez souvent &#224; la maison, je fais des heures en pagaille pour la bo&#238;te&#8230; Du coup Delphine a trouv&#233; quelqu'un. &#187;&lt;/i&gt; Il se tait de nouveau, balaie une longue m&#232;che rebelle qui lui cache les yeux puis conclut : &lt;i&gt;&#171; Je le sais, j'ai lu ses SMS. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ces mots, il se l&#232;ve et quitte la table et le restaurant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assistance reste coite. Plus un mot. Peut-&#234;tre a-t-il touch&#233; ses coll&#232;gues l&#224; o&#249; &#231;a fait mal : leur temps vendu &#224; l'entreprise les fait passer &#224; c&#244;t&#233; d'autres choses. Mais le meneur reprend vite la main. Il est rouge, au bord d'&#233;clater, le vin, le manque d'a&#233;ration et cette sc&#232;ne qu'on croirait tir&#233;e d'un film&#8230; c'est trop pour lui. Il enl&#232;ve sa cravate et tout de suite &#231;a va mieux. Alors il peut parler : &lt;i&gt;&#171; De toute fa&#231;on c'est un looser. Il ne pourra pas rester dans la soci&#233;t&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Et tous de reprendre la discussion, en parlant encore plus fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps pour Pascal, Bruno et moi de quitter ce lieu pas fait pour nous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Peuples, payez leur dette !</title>
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		<dc:date>2011-11-09T07:34:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>menaces qu'elle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Crit&#232;res de convergence, plans d'aust&#233;rit&#233; tous azimuts, r&#232;gle d'or&#8230; Le p&#233;quin moyen, dont nous sommes, n'y entrave en g&#233;n&#233;ral que dalle. En revanche, ce qui est certain, c'est que l'entourloupe est destin&#233;e &#224; nous faire payer leur crise. Histoire d'approfondir le sujet, CQFD a demand&#233; &#224; un expert de la chose financi&#232;re de d&#233;broussailler un peu le terrain. Il en ressort que l'&#201;tat, institution cens&#233;e d&#233;fendre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral contre les int&#233;r&#234;ts particuliers depuis au moins le si&#232;cle des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/menaces-qu-elle" rel="tag"&gt;menaces qu'elle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Crit&#232;res de convergence, plans d'aust&#233;rit&#233; tous azimuts, r&#232;gle d'or&#8230; Le p&#233;quin moyen, dont nous sommes, n'y entrave en g&#233;n&#233;ral que dalle. En revanche, ce qui est certain, c'est que l'entourloupe est destin&#233;e &#224; nous faire payer leur crise. Histoire d'approfondir le sujet, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a demand&#233; &#224; un expert de la chose financi&#232;re de d&#233;broussailler un peu le terrain. Il en ressort que l'&#201;tat, institution cens&#233;e d&#233;fendre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral contre les int&#233;r&#234;ts particuliers depuis au moins le si&#232;cle des Lumi&#232;res, s'est vendu, corps et biens, aux app&#233;tits du march&#233; triomphant. Seulement voil&#224;, l'un comme l'autre semblent aujourd'hui au bout du rouleau, et les failles b&#233;antes ainsi ouvertes laissent quelque espoir de joyeuses exp&#233;rimentations en attendant la fin de leur monde. Rencontre avec Nicolas Sersiron, vice-pr&#233;sident du Comit&#233; pour l'annulation de la dette du Tiers-monde France et pr&#233;sident de l'association &#201;changes non marchands.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : On nous parle de dette publique, de ses cons&#233;quences in&#233;vitables, des menaces qu'elle fait peser sur nos vies&#8230; De quoi s'agit-il ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nicolas Sersiron : &lt;/strong&gt; C'est la dette qui s'est accumul&#233;e au fur et &#224; mesure des d&#233;ficits budg&#233;taires qui permettent aux administrations de faire fonctionner l'arm&#233;e, l'&#233;ducation, la sant&#233;, la justice, les routes, etc. On peut comparer cette situation &#224; celle d'un m&#233;nage qui, ayant des fins de mois difficiles, va voir son banquier ou ses copains et leur emprunte de l'argent. Quand l'&#201;tat n'arrive pas &#224; boucler son budget, il emprunte de l'argent en mettant en vente ce qu'on appelle des bons du tr&#233;sor ou obligations d'&#201;tat &#224; terme (OAT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais les &#201;tats ne disposaient-ils pas d'autres moyens, moins on&#233;reux pour l'ensemble de la collectivit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les &#171; Trente glorieuses &#187;, le d&#233;ficit &#233;tait combl&#233; par la planche &#224; billets. Depuis 1973, la mondialisation des march&#233;s et l'entr&#233;e dans l'Europe, les &#201;tats se sont contraints &#224; emprunter des capitaux priv&#233;s sur le march&#233;, en versant des int&#233;r&#234;ts. Avec la victoire de l'ultralib&#233;ralisme marqu&#233;e par l'arriv&#233;e au pouvoir de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne et Ronald Reagan aux &#201;tats-Unis, on a voulu diminuer l'emprise de l'&#201;tat d&#233;sign&#233; comme un frein au d&#233;veloppement. On a donc r&#233;duit ses recettes en diminuant les imp&#244;ts des plus riches, ceux des grandes entreprises, en cr&#233;ant des niches fiscales et des paradis fiscaux. R&#233;sultat, chaque ann&#233;e, le d&#233;ficit s'est accumul&#233;. Lorsqu'il est devenu trop important, les gouvernements ont d&#233;clar&#233; qu'ils ne pouvaient plus payer les d&#233;penses d'&#233;ducation, retraites, sant&#233;, etc. Pour combler le trou, ils ont &#233;mis de plus en plus d'OAT, faisant ainsi monter encore le stock de la dette. &#201;mettre des OAT, c'est vendre du papier contre de l'argent, c'est faire une reconnaissance de dette avec int&#233;r&#234;t remboursable apr&#232;s six mois, dix ans ou trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; qui l'&#201;tat emprunte cet argent ? Qui ach&#232;te ces morceaux de papier ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'essentiel, ils sont achet&#233;s par les investisseurs institutionnels, aussi appel&#233;s Zinzins. Ce sont notamment les compagnies d'assurance, les banques et les fonds de pension (retraites par capitalisation). Mais ces organismes font aussi des placements &#224; risque, avec des rendements allant jusqu'&#224; 20 % ou plus. L'exemple de ces pr&#234;ts subprimes tellement rentables et qui sont devenus des actifs toxiques, donc non remboursables, est embl&#233;matique. Pour compenser, ils s'engagent massivement sur les placements pr&#233;tendument s&#251;rs que sont les OAT, avec des int&#233;r&#234;ts de 3 % pour les pays bien not&#233;s, les fameux AAA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revenir au syst&#232;me ant&#233;rieur serait donc &#171; financi&#232;rement &#187; insupportable pour les d&#233;tenteurs de capitaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant 1973, si l'&#201;tat avait un d&#233;ficit d'un milliard de francs, il fabriquait un milliard de francs et pouvait alors payer ses d&#233;penses. Mais le principe de raret&#233;, qui veut que plus il y a d'objets sur le march&#233; moins ils valent cher, est le m&#234;me concernant la monnaie : plus on en cr&#233;e moins elle vaut. Cette inflation mon&#233;taire est surtout ressentie par ceux qui disposent de beaucoup de monnaie : celui qui d&#233;tient un million de dollars, quand il y a une inflation de 15 %, ne dispose plus que de 850 000 dollars au bout d'un an. Dans la zone euro, les trait&#233;s ont fix&#233; &#224; la banque centrale europ&#233;enne (BCE), comme premier objectif, la lutte contre l'inflation. Les raisons d'une telle prise de position ? L'application du dogme ultra-lib&#233;ral appel&#233; trickle down effect ou th&#233;orie du ruissellement qui affirme qu'il faut soutenir les d&#233;tenteurs de capitaux parce que plus les riches seront riches, plus ils pourront investir et cr&#233;er de l'emploi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_198 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH581/92_remi_dette-4199d.png?1782648215' width='400' height='581' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, quel est le v&#233;ritable r&#244;le de la BCE dans cette crise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, les &#201;tats pouvaient faire des d&#233;valuations comp&#233;titives de la monnaie qui relan&#231;aient leurs &#233;conomies en baissant les prix des biens produits dans le pays. La valeur des dettes baissait d'autant. Aujourd'hui avec la BCE ind&#233;pendante, il n'y a plus de d&#233;valuation possible. Mais ce n'est pas la v&#233;ritable raison des d&#233;ficits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'investisseur pr&#234;te de l'argent &#224; un &#201;tat en achetant des OAT &#224; dix ans par exemple, il ne sera rembours&#233; de son capital initial qu'&#224; ce terme, les int&#233;r&#234;ts lui auront &#233;t&#233; vers&#233;s au cours des ann&#233;es. L'&#201;tat dont les OAT arrivent &#224; terme r&#233;emprunte aussit&#244;t une somme &#233;quivalente sous forme de nouvelles &#233;missions d'OAT. La Gr&#232;ce dont la note s'est effondr&#233;e ne peut emprunter qu'avec des taux de 15 &#224; 18 % sur ses &#233;missions &#224; dix ans. Ces taux &#233;tant insupportables, elle n'emprunte qu'&#224; court terme, six mois, en solution de secours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BCE ach&#232;te actuellement avec des int&#233;r&#234;ts de 4 % les OAT des pays mal not&#233;s, et l'Union europ&#233;enne leur pr&#234;te des milliards d'euros afin de leur &#233;viter une faillite li&#233;e &#224; l'impossibilit&#233; de r&#233;&#233;mettre des OAT pour remplacer celles arriv&#233;es &#224; &#233;ch&#233;ance, plus celles n&#233;cessaires &#224; combler leur d&#233;ficit budg&#233;taire. Il s'agit de parer &#224; l'effet domino qui entra&#238;nerait l'ensemble de l'Europe dans une crise insurmontable. Le sauvetage des banques en 2008 par les &#201;tats a permis d'&#233;viter cet effet qui f&#251;t redoutable en 1929. Ces achats en masse par la BCE des OAT des pays &#224; risques comme le Portugal, l'Italie, la Gr&#232;ce et l'Espagne repr&#233;sentent d&#233;j&#224; 100 milliards d'euros. Ils redonnent confiance aux march&#233;s et repoussent le moment de la faillite de ces pays. Or le paiement des cr&#233;ances r&#233;sulte de la capacit&#233; des &#201;tats &#224; trouver de l'argent par les imp&#244;ts directs et indirects, donc de la sant&#233; de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dette est-elle un &#233;l&#233;ment structurel du capitalisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;canisme est semblable &#224; celui de la dette des pays en d&#233;veloppement. La Banque mondiale avait, d&#232;s le d&#233;but, impos&#233; aux ex-pays colonis&#233;s le remboursement des pr&#234;ts engag&#233;s par le pays colonisateur. Cela s'appelle &#171; une dette odieuse &#187;. Depuis plus de trente ans, ces pays ont &#233;t&#233; charg&#233;s de dettes, les d&#233;cideurs corrompus et les &#201;tats contraints de signer des contrats commerciaux d&#233;favorables avec les ex-colonisateurs. Le but &#233;tait de continuer l'extractivisme &#8211; l'appropriation des mati&#232;res premi&#232;res qui na&#238;t avec la conqu&#234;te des Am&#233;riques, puis se poursuit avec l'esclavage et la colonisation. Aujourd'hui, ce syst&#232;me-dette est remont&#233; vers le Nord. C'est le r&#233;sultat de la volont&#233; de domination totale des capitalistes sur la plan&#232;te. Le grand changement se trouve dans l'&#233;puisement des mati&#232;res premi&#232;res. Ces derni&#232;res, &#224; la base de l'enrichissement des capitalistes, commenc&#233; avec le pillage de l'or des Incas et avec les enclosures en Angleterre, sont en voie d'&#233;puisement. Aujourd'hui, la question est : qu'y a-t-il encore &#224; extraire ? Ce qui produit la richesse est le travail salari&#233;. Par la dette, on va donc amplifier l'extraction de la plus-value faite sur le dos de la grande majorit&#233; des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On retrouve ce dont parlait Marx &#224; propos de la rente fonci&#232;re&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est exactement &#231;a, le foncier en moins. C'est l'assujettissement &#224; un ordre mondial totalitaire. Quand les pays sont trop endett&#233;s et donc abandonn&#233;s par les investisseurs, le Fonds mon&#233;taire international (FMI) entre dans la danse en tant qu'ultime pr&#234;teur. Il fixe alors ses conditions : d'abord rembourser les investisseurs avec cet argent pr&#234;t&#233;. Il impose ensuite des &#171; conditionnalit&#233;s &#187; ultralib&#233;rales. Au Sud ce sont les plans d'ajustement structurels, au Nord, aujourd'hui, les plans d'aust&#233;rit&#233;. Sont exig&#233;s en cons&#233;quence la diminution des d&#233;penses affectant les budgets publics, la multiplication des privatisations, le libre-&#233;change, la libert&#233; de mouvements des capitaux. Toutes choses destin&#233;es &#224; aggraver les conditions de l'asservissement des peuples aux profits des d&#233;tenteurs de capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les capitalistes peuvent-ils encore redynamiser le syst&#232;me pour sortir de cette crise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, car ils se tirent une balle dans le pied. Ils n'ont pas de projets organis&#233;s &#224; part celui de, chacun et contre tous, faire des profits. Aujourd'hui, trente ans apr&#232;s la victoire des Friedrich Hayek et Milton Friedman, ils sont devant la catastrophe. La trilogie consommation-production-profit est en train de se casser la gueule car elle reposait depuis cette r&#233;volution conservatrice, en grande partie sur l'endettement des m&#233;nages et des &#201;tats. Faudra-t-il atteindre la saturation pour que ce syst&#232;me s'effondre ? Par ailleurs, aujourd'hui, il est confront&#233; aux limites du r&#233;chauffement, de l'&#233;puisement des ressources, de la perte de la biodiversit&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si les &#201;tats refusaient de rembourser leur dette ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d&#233;j&#224; arriv&#233;, et &#231;a marche tr&#232;s bien ! L'Argentine en 2001 &#233;tait au fond du gouffre apr&#232;s la dictature de Jorge Rafael Videla et ses massifs d&#233;tournements de pr&#234;ts. Le pr&#233;sident N&#232;stor Kirchner a d&#233;cid&#233; de ne pas rembourser ces dettes ill&#233;gitimes. Apr&#232;s quelques ann&#233;es, il a offert &#224; ses cr&#233;anciers de payer seulement 30 % de la valeur, en pr&#233;cisant que c'&#233;tait &#224; prendre ou &#224; laisser. Depuis, l'Argentine a eu un taux de croissance de 7 %&#8230; L'&#233;conomie s'est remont&#233;e en supprimant l'essentiel de sa dette ill&#233;gitime, avec, h&#233;las, une in&#233;galit&#233; sociale tr&#232;s forte. Le second exemple est l'&#201;quateur qui a fait un audit public de sa dette en passant en revue tous les emprunts afin de r&#233;pondre aux questions : d'o&#249; vient l'argent, &#224; quoi et &#224; qui a-t-il servi, cette dette est-elle l&#233;gitime ? R&#233;sultat : une grande partie de la dette a &#233;t&#233; annul&#233;e, et l'&#201;quateur gagne sur ce non-remboursement entre 600 &#224; 700 millions de dollars par an qui financent des mesures de r&#233;&#233;quilibrage &#233;conomique en faveur d'un d&#233;veloppement pour tous. Le pays qui ne rembourse pas n'aurait-il plus acc&#232;s au cr&#233;dit ? En r&#233;alit&#233; les &#201;tats ont finalement plus d'argent s'ils refusent de se plier au remboursement de la dette ill&#233;gitime et cessent d'emprunter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et si la Gr&#232;ce, l'Espagne, le Portugal&#8230; refusaient de rembourser, que se passerait-il, ici, en Europe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela casserait le trait&#233; de Lisbonne fond&#233; sur les &#233;quilibres budg&#233;taires, et ce serait tr&#232;s probablement la fin de l'euro. Le grand perdant serait l'Allemagne qui exporte plus de 60 % de sa production en Europe gr&#226;ce &#224; l'euro. Avec une drachme (monnaie grecque) d&#233;valu&#233;e, les produits allemands deviendraient trop chers. Ses banques comme celles de France qui d&#233;tiennent environ 50 % des dettes publiques de ces pays seraient tr&#232;s mal en point. C'est pour tenter d'&#233;viter cela que la population grecque subit les terribles conditionnalit&#233;s de l'Europe et du FMI. En diminuant les salaires des fonctionnaires et les retraites, en augmentant la TVA, ce pays s'enfonce dans la r&#233;cession. &#192; terme, il ne pourra pas rembourser sa dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plans d'aust&#233;rit&#233; qui tombent un peu partout en Europe, et notamment en France, sont une application de la &#171; strat&#233;gie du choc &#187; de Naomi Klein : augmentation des privatisations et de la part de la plus-value qui va aux capitalistes, diminution des salaires et des services publics. La consommation baisse, le ch&#244;mage augmente, les rentr&#233;es fiscales diminuent. La r&#233;cession qui pointe rendra impossible le remboursement de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'agonie du syst&#232;me ultralib&#233;ral nous empoisonnera-t-elle encore longtemps l'existence ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution la plus logique serait de faire des audits des dettes publiques en Europe et d'annuler les dettes ill&#233;gitimes. Est-il l&#233;gitime de baisser les imp&#244;ts des plus riches comme l'ont fait Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy alors que le budget &#233;tait d&#233;j&#224; lourdement d&#233;ficitaire ? Est-il l&#233;gitime de sauver les banques avec de l'argent public sans avoir un droit de regard sur leur gestion ? La deuxi&#232;me solution qui risque fort de se produire sera la fabrication de monnaie par la BCE comme le fait la r&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine. Cela provoquera une forte perte de valeur de la monnaie et donc des dettes &#224; rembourser et l'euro aura bien du mal &#224; y r&#233;sister. Le syst&#232;me ultralib&#233;ral a trente ans, il va tr&#232;s probablement continuer &#224; s'effondrer&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entre chien et loup</title>
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		<dc:date>2011-11-08T07:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Nono Kadaver</dc:subject>
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&lt;p&gt;Son troupeau attaqu&#233; par les loups, Alain Guibert, berger en estive dans les Alpes, se trouve aujourd'hui pris entre deux feux : d'un c&#244;t&#233; la coterie des &#233;radicateurs, cornaqu&#233;e par le maire &#171; droite populaire &#187; de Sisteron, et de l'autre les talibans de la d&#233;fense animale, SPA et Brigitte Bardot en t&#234;te. Loin des anath&#232;mes hyst&#233;riques de ces extr&#234;mes se rejoignant, Guibert pr&#233;f&#233;rerait qu'on parle du fond : dans quel monde voulons-nous vivre ? Il n'a rien entendu, &#171; sauf les patous, mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/entendu" rel="tag"&gt;entendu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Son troupeau attaqu&#233; par les loups, Alain Guibert, berger en estive dans les Alpes, se trouve aujourd'hui pris entre deux feux : d'un c&#244;t&#233; la coterie des &#233;radicateurs, cornaqu&#233;e par le maire &#171; droite populaire &#187; de Sisteron, et de l'autre les talibans de la d&#233;fense animale, SPA et Brigitte Bardot en t&#234;te. Loin des anath&#232;mes hyst&#233;riques de ces extr&#234;mes se rejoignant, Guibert pr&#233;f&#233;rerait qu'on parle du fond : dans quel monde voulons-nous vivre ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_192 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH401/92nono-2fa0b.png?1782687658' width='400' height='401' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nono Kadaver
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il n'a rien entendu&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;&#171; sauf les patous, mais comme ils aboient tout aussi bien aux marmottes qu'&#224; la lune, je ne suis pas sorti de la cabane &#187;&lt;/i&gt;. &#192; quoi bon, il faisait nuit noire. &lt;i&gt;&#171; Avant, je tirais en l'air, un tir d'effarouchement. Puis j'ai essay&#233; de les faire fuir en laissant au milieu des b&#234;tes une radio allum&#233;e sur la fr&#233;quence de RMC, mais peine perdue. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 5 juillet &#224; l'aube, l'estomac serr&#233;, Guibert est mont&#233; sur les cr&#234;tes. Autour de la zone de couchage, il n'a pu que constater les d&#233;g&#226;ts : vingt brebis mortes, dont sept achev&#233;es par ses soins, plus dix-huit disparues, trois pattes cass&#233;es, une gorge entaill&#233;e, un gigot &#224; moiti&#233; arrach&#233; qu'il d&#233;sinfecte &#224; l'essence de lavande pour emp&#234;cher que les mouches y pondent. Lui qui reconna&#238;t chacune de ses 700 b&#234;tes, il en a le c&#339;ur &#224; l'envers. &lt;i&gt;&#171; J'ai vu pas loin de quatre-vingts vautours, ce jour-l&#224;. Je me demande s'ils n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;introduits pour faire le m&#233;nage et ne pas avoir &#224; payer les indemnisations&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, ironise l'ami. Pourtant, il n'a rien contre le loup : &lt;i&gt;&#171; S'il me prend une dizaine de brebis chaque &#233;t&#233;, je fais avec. Quand tu travailles sur du vivant, tu acceptes la mort. &#187;&lt;/i&gt; Mais avec le temps, la pression augmente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le loup est r&#233;apparu dans le Mercantour depuis les ann&#233;es 1990, &#224; ce qu'il para&#238;t en provenance des Abruzzes, en Italie &#8211; la premi&#232;re attaque a &#233;t&#233; r&#233;pertori&#233;e en 1992. La population augmentant, elle s'&#233;tend et, aujourd'hui, r&#244;de m&#234;me parfois dans les plaines. Guibert, qui n'est pas un fou de la g&#226;chette, pense que les gardes de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage devraient effectuer des &lt;i&gt;&#171; tirs de pr&#233;l&#232;vement &#187;&lt;/i&gt;, l&#224; o&#249; les paysans d'autrefois op&#233;raient &#224; coups de battues villageoises, avec le r&#233;sultat que l'on sait. &lt;i&gt;&#171; Il existe un corps de louvetiers depuis Charlemagne. &#187;&lt;/i&gt; Les Suisses contournent d'ailleurs la convention internationale de Berne &#8211; qui a class&#233; le loup &#171; esp&#232;ce strictement prot&#233;g&#233;e &#187; &#8211; et r&#233;gulent sa d&#233;mographie. Quatre mois d'estive dans une cabane perch&#233;e &#224; 2 000 m&#232;tres laissent &#224; Guibert le temps de m&#233;diter sur certains ennemis inattendus de ses moutons. La revue &lt;i&gt;Terre sauvage&lt;/i&gt; du 21 juillet assenait un jugement sans appel : &lt;i&gt;&#171; Concurrence f&#233;roce de productions &#233;trang&#232;res &#187;, &#171; non rentabilit&#233; structurelle &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; d&#233;sint&#233;r&#234;t progressif pour le produit chez le consommateur &#187;&lt;/i&gt; justifieraient la disparition du pastoralisme traditionnel. &lt;i&gt;&#171; Le loup a &#233;t&#233; offert aux &#233;colos comme lot de consolation, pour les &#233;loigner des sujets strat&#233;giques comme le nucl&#233;aire &#187;&lt;/i&gt;, opine notre berger depuis l'alpage de Chalufy, entre Barcelonnette et Digne (Alpes-de-Haute-Provence).&lt;i&gt; &#171; On laisse l'&#233;levage industriel et ses agneaux shoot&#233;s aux antibiotiques envahir le march&#233;, puis on pr&#233;serve des poches de nature mise sous cloche, o&#249; l'activit&#233; de l'homme se r&#233;duira au tourisme d'observation animali&#232;re ! &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mentalit&#233; de bourrins&lt;/strong&gt; de certains &#233;leveurs, capt&#233;e par le client&#233;lisme de Daniel Spagnou, d&#233;put&#233;-maire de Sisteron et patron du deuxi&#232;me plus grand abattoir ovin d'Europe, les fait hurler et r&#233;clamer le droit de tirer &#224; vue. Ils consid&#232;rent les &#171; pro-loup &#187; comme des &#233;colos de salon et des bobos urbains &lt;i&gt;&#171; en mal de sensations &#187;&lt;/i&gt;. Pas toujours &#224; tort&#8230; Mais leurs gesticulations visent surtout &#224; faire cracher &#224; l'&#201;tat quelques indemnisations de plus. Face &#224; la grogne, le gouvernement indemnise les brebis tu&#233;es au-dessus de leur valeur marchande, paie les patous et leurs croquettes, subventionne un aide-berger pour l'estive des grands troupeaux. En juillet 2010, Sarkozy, de passage chez une berg&#232;re, promet aux &#233;leveurs un permis de chasse &lt;i&gt;&#171; acc&#233;l&#233;r&#233; &#187;&lt;/i&gt; pour permettre &lt;i&gt;&#171; l'autod&#233;fense &#187;&lt;/i&gt;. D&#233;merdez-vous et affrontez BB et SPA, qui vous tra&#238;neront devant les tribunaux d&#232;s que vous ferez mouche, pense en substance le Ponce Pilate &#233;tatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pour limiter la casse, ils veulent qu'on rentre les b&#234;tes dans un enclos pour la nuit. Mais c'est quand elles montent vers le couchage et quand elles en redescendent aux aurores qu'elles paissent avec le plus d'entrain&lt;/i&gt;, explique Guibert. &lt;i&gt;Autant abandonner l'estive tout de suite et faire de l'&#233;levage industriel ! &#187;&lt;/i&gt; Les d&#233;cideurs voient le pastoralisme comme une activit&#233; r&#233;siduelle et les bergers comme des &lt;i&gt;&#171; agents agro-environnementaux &#187;&lt;/i&gt;, des sortes de jardiniers des alpages, dont les ruminants &#233;vitent que les bois ne se referment et que la flore ne s'appauvrisse. Et puis, c'est si joli sur les cartes postales&#8230; D&#233;pendant souvent &#224; 50 % des subventions, les &#233;leveurs sont oblig&#233;s d'avaler les couleuvres de Bruxelles : interdiction d'abattre &#224; la ferme, pu&#231;age du cheptel, campagnes de vaccination absurdes et, prochainement, interdiction de poss&#233;der un b&#233;lier reproducteur&#8230; &lt;i&gt;&#171; L'&#233;t&#233; dernier, mon voisin d'alpage s'est tir&#233; une balle dans la t&#234;te avec l'arme qu'il s'&#233;tait achet&#233;e contre le loup. Mais ce n'est pas le loup qui l'a tu&#233;, plut&#244;t la d&#233;prime qui gagne quand on voit son m&#233;tier m&#233;pris&#233; et marginalis&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Le berger est seul face &#224; la concurrence n&#233;o-z&#233;landaise et aux ligues de d&#233;fense animale. &lt;i&gt;&#171; Avec elles, le dialogue est impossible, elles ont plus &#224; voir avec Le Pen qu'avec l'&#233;cologie politique. &#187;&lt;/i&gt; Et les Verts ? &lt;i&gt;&#171; Silence radio. Pourtant, pr&#233;sent&#233; comme une panac&#233;e, le patou est devenu le pr&#233;dateur des li&#232;vres, des marmottes, et m&#234;me du chamois. Du coup, l'aigle s'en va vers des vall&#233;es plus giboyeuses. Alors, de quelle biodiversit&#233; on parle ? &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;nerve Guibert. &lt;i&gt;&#171; Ici, on est loin de la ta&#239;ga russe, la nature est partout en &#233;troite relation avec l'homme. C'est cette relation qu'il faut repenser, et pas en s'accrochant &#224; des f&#233;tiches. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu &#233;tant la viabilit&#233; d'une production de viande d'agneau ou de fromages de brebis autre qu'industrielle. &lt;i&gt;&#171; Mais &#231;a, Spagnou et Bardot s'en contre-foutent. &#187;&lt;/i&gt; Alors, misanthropie verte ou ruraux fachos ? &#192; la mi-juillet, on lisait sur un forum &#233;colo : &lt;i&gt;&#171; &#8220;Les loups sont entr&#233;s dans Paris&#8221;, comme chante Reggiani, mais eux au moins ne br&#251;lent pas de voitures ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Zone de turbulences</title>
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		<dc:date>2011-11-07T07:21:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


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		<dc:subject>hectares destin&#233;s</dc:subject>

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&lt;p&gt;Entre pr&#233;paratifs contre les expulsions, vie quotidienne et r&#233;pressions polici&#232;res, les r&#233;sistants &#224; l'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes ont connu, comme nous l'avions pressenti d&#233;but juillet, un &#233;t&#233; plut&#244;t chaud sur la Zone d'am&#233;nagement diff&#233;r&#233; . Retour sur quelques bribes de luttes, avec ses petites victoires, ses difficult&#233;s mais surtout ses espoirs. Fin juin, ils n'&#233;taient qu'une centaine &#224; occuper le terrain face aux trois cents policiers, huissiers et serruriers venus faire le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/CQFD-no92-septembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;92 (septembre 2011)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entre pr&#233;paratifs contre les expulsions, vie quotidienne et r&#233;pressions polici&#232;res, les r&#233;sistants &#224; l'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes ont connu, comme nous l'avions pressenti d&#233;but juillet, un &#233;t&#233; plut&#244;t chaud sur la Zone d'am&#233;nagement diff&#233;r&#233;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour les opposants, la ZAD est devenue la Zone &#224; d&#233;fendre (voir CQFD n&#176; 91).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; . Retour sur quelques bribes de luttes, avec ses petites victoires, ses difficult&#233;s mais surtout ses espoirs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_195 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH564/92samson-a45cf.png?1782650949' width='400' height='564' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Samson
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin juin&lt;/strong&gt;, ils n'&#233;taient qu'une centaine &#224; occuper le terrain face aux trois cents policiers, huissiers et serruriers venus faire le m&#233;nage sur les 1 225 hectares destin&#233;s &#224; la construction du futur a&#233;roport du grand Ouest, au nord de Nantes. L'occasion aura tout de m&#234;me &#233;t&#233; belle d'exp&#233;rimenter de nouvelles tactiques comme le l&#226;cher de troupeau de vaches sur les gendarmes ! Mais, les 8, 9 et 10 juillet, ce sont des milliers de sympathisants qui se sont d&#233;plac&#233;s le temps d'un week-end &#224; l'appel de l'&lt;a href=&#034;http://acipa.free.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ACIPA&lt;/a&gt;, l'asso locale contre ce projet pharaonique&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association citoyenne intercommunale des populations concern&#233;es par le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. M&#234;me les &#233;diles d'Europe Ecologie &#8211; Les Verts (EE-LV) en ont profit&#233; pour venir faire leur show &#233;lectoraliste. &#171; &#199;a a rassembl&#233; du monde, des ZADistes sont venus avec une cuisine et d'autres ont pris la parole, mais ce qui est important pour nous, c'est que la position des habitants du coin vis-&#224;-vis de l'a&#233;roport a &#233;volu&#233; &#187;, raconte Pierrick&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour des raisons de s&#233;curit&#233;, les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, un occupant de la ZAD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car d&#233;sormais, on n'h&#233;site plus &#224; dire &#171; Vinci d&#233;gage ! &#187; et Julien Durand, porte-parole de l'ACIPA de d&#233;clarer dans Ouest-France du 11 juillet 2011 : &#171; Notre combat devra s'inscrire dans la non-violence, m&#234;me s'il ne faut pas avoir peur de franchir la ligne de la pseudo-l&#233;galit&#233;. &#187; Car c'est bien toute une politique de m&#233;tropolisation et d'am&#233;nagement du territoire &#8211; o&#249; le pouvoir socialiste local et le b&#233;tonneur Vinci sont de m&#232;che &#8211; que l'ensemble des opposants veut remettre &#224; plat : &#171; On parle ici d'un autre mod&#232;le de soci&#233;t&#233;, pas d'une lutte isol&#233;e de riverains luttant pour leurs propres int&#233;r&#234;ts &#187;, rench&#233;rit Julien dans Le Canard Encha&#238;n&#233; du 13 juillet dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers des actions communes, les r&#233;unions ou encore via la ferme du Sabot, qui r&#233;unit un groupe d'occupants cultivant des l&#233;gumes sur un hectare de terre&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 7 mai 2011, &#224; l'appel de Reclaim the Fields et des occupants, 1 000 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; , les ZADistes, paysans et autres associations d'habitants se rapprochent sensiblement. &lt;i&gt;&#171; Des paysans nous ont pr&#234;t&#233; du mat&#233;riel agricole, on est aussi all&#233;s leur filer un coup de main &#224; la ferme et puis certains d'entre eux viennent r&#233;guli&#232;rement boire un coup de rouge chez nous ! &#187;&lt;/i&gt;, raconte Hugo, un des &#171; Saboteurs &#187;. &lt;i&gt;&#171; Lors des r&#233;unions avec la coordination et les habitants locaux, la plupart ne nous consid&#232;rent plus comme des squatteurs mais comme des voisins &#224; part enti&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, rench&#233;rit un ZADiste. Une jonction locaux-occupants qui reste cependant fragile, alors que les caciques de Nantes et sa r&#233;gion essayent de jouer la division &#224; coup d'interventions polici&#232;res brutales et de d&#233;clarations p&#233;taradantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le 27 juillet, durant une manifestation festive au sein de l'a&#233;roport Nantes-Atlantique, c'est un panel de tous les corps de la flicaille qui fait pleuvoir les coups de tonfas. Bilan : des interpellations et une m&#232;re de famille de 42 ans repartie avec quatre c&#244;tes bris&#233;es et une perforation pulmonaire. Le pr&#233;sident de la r&#233;gion, Jacques Auxiette (PS), &#233;galement pr&#233;sident du syndicat mixte du futur tarmac, parle quant &#224; lui &lt;i&gt;&#171; d'attaque de l'a&#233;roport &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; d'un d&#233;rapage inacceptable &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et suite au proc&#232;s du 17 ao&#251;t concernant les expulsions est lanc&#233;e l'id&#233;e d'une manifestation fourches et outils en main &lt;i&gt;&#171; pour r&#233;occuper la ZAD, y construire un espace collectif d'organisation et surtout pour dire &#224; Vinci qu'on ne se laissera pas am&#233;nager de sit&#244;t&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus d'infos &#224; venir sur http://zad.nadir.org.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; ! &lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours plus tard, &#224; Nantes, une caravane des primaires socialistes est tagu&#233;e, avec pneus crev&#233;s et vitres cass&#233;es. Quatre personnes font quarante-huit heures de garde &#224; vue tandis que le PS parle &lt;i&gt;&#171; d'agression odieuse &#187;&lt;/i&gt;, EE-LV (tagu&#233;e &#233;galement) &lt;i&gt;&#171; s'interroge sur les motivations de ces extr&#233;mistes &#187;&lt;/i&gt; et Jacques Auxiette d&#233;nonce, dans &lt;i&gt;Presse Oc&#233;an&lt;/i&gt; du 23 ao&#251;t, &lt;i&gt;&#171; une zone de non-droit qu'il faut karcheriser ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'un h&#233;lico survole &#224; basse altitude la ZAD, la coordination des opposants (avec EE-LV) condamne l'action tandis que l'ACIPA d&#233;clare ne pas la d&#233;fendre mais ne condamne pas. Et les ZADistes d'&#233;crire sur leur tract : &lt;i&gt;&#171; La violence n'est jamais de leur c&#244;t&#233; quand une femme se fait tabasser. La violence n'est jamais de leur c&#244;t&#233; quand ils expulsent quelqu'un. La violence n'est jamais de leur c&#244;t&#233; quand ils nous disent comment on doit vivre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas se faire isoler par les clivages pacifisme versus radicalisme, l&#233;galisme contre ill&#233;galisme et par les &#233;ch&#233;ances politiques, mettre en avant une diversit&#233; de pratiques de lutte et continuer &#224; ne pas m&#233;nager les am&#233;nageurs&#8230; Voil&#224; les enjeux de la lutte contre l'a&#233;roport et son monde. &lt;i&gt;&#171; La zone reste ouverte durant les travaux ! &#187;&lt;/i&gt; peut-on lire sur une banderole &#224; l'entr&#233;e de la ZAD. &#192; bon entendeur&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour les opposants, la ZAD est devenue la Zone &#224; d&#233;fendre (voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 91).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association citoyenne intercommunale des populations concern&#233;es par le projet d'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour des raisons de s&#233;curit&#233;, les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 7 mai 2011, &#224; l'appel de Reclaim the Fields et des occupants, 1 000 personnes d&#233;filent fourches et faux &#224; la main sur la ZAD pour d&#233;fricher une parcelle d'un hectare en vue de l'installation d'un collectif de mara&#238;chers sur les terres menac&#233;es par l'a&#233;roport.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus d'infos &#224; venir sur &lt;a href=&#034;http://zad.nadir.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://zad.nadir.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cacerolazo : Que chantent les casseroles !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cosa Rara</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
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&lt;p&gt;En Am&#233;rique du sud, l'appel &#224; faire r&#233;sonner les casseroles &#224; une heure pr&#233;cise du soir est une tradition. Il peut &#234;tre lanc&#233; par une organisation, par des tracts mais se fait surtout par le bouche-&#224;-oreille. Le moment venu, quelques timides coups de louche sur les couvercles se font entendre, encourageant les voisins &#224; prendre leurs marmites en alu, jusqu'au tapage nocturne d&#251;ment verbalisable. Chacun avec ses ustensiles de cuisine, en rythme, et sans besoin de se rassembler, fout le bordel (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En Am&#233;rique du sud, l'appel &#224; faire r&#233;sonner les casseroles &#224; une heure pr&#233;cise du soir est une tradition. Il peut &#234;tre lanc&#233; par une organisation, par des tracts mais se fait surtout par le bouche-&#224;-oreille. Le moment venu, quelques timides coups de louche sur les couvercles se font entendre, encourageant les voisins &#224; prendre leurs marmites en alu, jusqu'au tapage nocturne d&#251;ment verbalisable. Chacun avec ses ustensiles de cuisine, en rythme, et sans besoin de se rassembler, fout le bordel depuis chez soi. Sa dur&#233;e, parfois pr&#233;alablement d&#233;finie, peut se prolonger jusqu'au petit matin. Cela s'appelle un cacerolazo et son but est d'exprimer le ras-le-bol face &#224; la vie ch&#232;re que produit le syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral impos&#233; par les diff&#233;rentes dictatures, en Argentine comme au Chili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce dernier pays, les casseroles ont vibr&#233; d&#232;s 1971, &#244; paradoxe sud-am&#233;ricain, contre le gouvernement de l'Unit&#233; populaire de Salvador Allende. Quelques vieilles momias (r&#233;actionnaires) sortent dans les rues des quartiers ais&#233;s de la capitale, Santiago, pour protester contre le pouvoir &#171; marxiste &#187;. Ces grandes bourgeoises et autres &#233;pouses d'officiers sup&#233;rieurs, touchant peut-&#234;tre pour la premi&#232;re fois de leur vie un quelconque ustensile de cuisine, se font accompagner par des jeunes patriotes arm&#233;s de lunchacos (nunchakus) pr&#234;ts &#224; casser du pauvre. En d&#233;pit des momias du d&#233;but, le symbole des casseroles vides a surtout servi &#224; d&#233;noncer les pratiques des commer&#231;ants dissimulant les aliments de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; et favorisant le march&#233; noir et les files d'attente afin de d&#233;stabiliser le gouvernement d'Allende. Elles ont &#233;galement contribu&#233; &#224; l&#233;gitimer l'action des JAP, ces &#171; comit&#233;s de d&#233;sapprovisionnement &#187; confisquant et redistribuant les aliments de mani&#232;re &#233;quitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1982 voit l'apog&#233;e des Chicago boys au Chili. Ces &#233;conomistes format&#233;s dans les universit&#233;s nord-am&#233;ricaines imposent leur mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral sauvage, qui entra&#238;ne une augmentation du ch&#244;mage et du travail pr&#233;caire. Et l'appauvrissement de la soci&#233;t&#233; chilienne finit par toucher les classes moyennes naissantes. Les casseroles sont &#224; nouveau vides et, malgr&#233; la peur, le couvre-feu et la r&#233;pression, un cacerolazo contre Pinochet a lieu, essentiellement dans les poblaciones, les quartiers populaires des grandes villes. Il s'adresse directement &#224; Lucia, la femme du dictateur, seulement parce que &#231;a rime bien. Ainsi le slogan &#171; Lucia la olla esta vacia &#187; (&#171; Lucia la casserole est vide &#187;) finit par rythmer un rendez-vous mensuel avec la participation sonore de secteurs de plus en plus larges de la soci&#233;t&#233; : le son d'une cloche de la paroisse populaire, la sir&#232;ne d'une usine ou un klaxon lointain donnent le d&#233;part au chahut des poblaciones, pour s'amplifier ensuite dans les rues et dans les quartiers de classe moyenne, accompagn&#233; de protestas, barricades et manifestations durement r&#233;prim&#233;es. C'est le d&#233;but d'un puissant mouvement social contre la dictature suivi en 1983 par de grandes manifestations, le r&#233;f&#233;rendum (campagne du No) de 1988 et la transition d&#233;mocratique de 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 ao&#251;t dernier, &#224; l'appel de la Confech (mouvement regroupant les f&#233;d&#233;rations d'&#233;tudiants des universit&#233;s publiques du Chili), les casseroles ont &#224; nouveau retenti lors d'un cacerolazo pour l'&#233;ducation. Cette fois-ci, les gens se sont r&#233;unis aux coins des rues et sur les places publiques, en opposition &#224; la r&#233;pression du mouvement &#233;tudiant par le pr&#233;sident de droite Pi&#241;era, h&#233;ritier du r&#233;gime pinoch&#233;tiste. Les carabiniers ont r&#233;pondu avec force jets d'eau m&#233;lang&#233;e &#224; des produits irritants et bombes lacrymog&#232;nes &#224; effet persistant, en les poursuivant m&#234;me jusqu'&#224; l'int&#233;rieur des maisons. Ce vacarme organis&#233; semble faire peur &#224; Pi&#241;era et &#224; son gouvernement et, malgr&#233; la violence des pacos (les flics), les gens continuent de lui casser les oreilles. Un certain Z (comme l'initiale du fameux justicier masqu&#233;) a m&#234;me cr&#233;&#233; un lien sur Internet&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www.nuestrocanto.net++cs_AMP++nbsp;: cacerolazo nacional por la educati&#243;n.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; o&#249; il suffit de cliquer pour faire sonner les casseroles. &#192; utiliser sans mod&#233;ration en cas de cacerolazo, avec les haut-parleurs &#224; fond.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nuestrocanto.net&amp;nbsp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.nuestrocanto.net&amp;nbsp&lt;/a&gt; ; : cacerolazo nacional por la educati&#243;n.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Communalisme &#224; la qu&#233;b&#233;coise</title>
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		<dc:date>2011-11-03T07:36:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Juste</dc:subject>
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		<dc:subject>Marcel S&#233;vigny</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le quartier de La Pointe-Saint-Charles se cache dans le Sud-Ouest de Montr&#233;al, juste apr&#232;s le canal Lachine, o&#249; les industries lourdes ont laiss&#233; des traces. La gentrification n'a pas encore touch&#233; ce quartier, o&#249; une population ouvri&#232;re d&#233;fend ch&#232;rement ses structures communautaires. Outre une clinique autog&#233;r&#233;e qui a longtemps refus&#233; son int&#233;gration au syst&#232;me hospitalier g&#233;n&#233;ral, des habitations en coop&#233;rative ont &#233;t&#233; construites dans les ann&#233;es 1970. L'une d'elles fleure m&#234;me le doux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le quartier de La Pointe-Saint-Charles se cache dans le Sud-Ouest de Montr&#233;al, juste apr&#232;s le canal Lachine, o&#249; les industries lourdes ont laiss&#233; des traces. La gentrification n'a pas encore touch&#233; ce quartier, o&#249; une population ouvri&#232;re d&#233;fend ch&#232;rement ses structures communautaires. Outre une clinique autog&#233;r&#233;e qui a longtemps refus&#233; son int&#233;gration au syst&#232;me hospitalier g&#233;n&#233;ral, des habitations en coop&#233;rative ont &#233;t&#233; construites dans les ann&#233;es 1970. L'une d'elles fleure m&#234;me le doux parfum de l'anarchie : tout y est d&#233;cid&#233; collectivement et les loyers tr&#232;s mod&#233;r&#233;s sont provisionn&#233;s non pas au profit du propri&#233;taire mais pour les r&#233;parations ou les nouveaut&#233;s n&#233;cessaires &#224; l'immeuble. Quelques joyeux hurons m'invitent dans la cour de la coop &#224; un BBQ &#8211; barbecue &#8211; &#224; se paqueter la gueule pour une jasette &#8211; une conversation. Alors on a petit-placot&#233; &#8211; bavard&#233;. Cette sympathique gang semble influenc&#233;e par un municipalisme libertaire &#224; la Murray Bookchin. Gr&#226;ce au charisme de Marcel S&#233;vigny, un ancien flic qui a particip&#233; &#224; la grande gr&#232;ve de 1970, on d&#233;fend ch&#232;rement sa Pointe-Saint-Charles. &lt;i&gt;&#171; Pour recr&#233;er la communaut&#233; &#187;&lt;/i&gt;, m'expliquent-ils en trempant leur ma&#239;s dans le beurre. On y chante aussi en chorale, mais seulement pour le quartier. La troupe s'est cr&#233;&#233;e autour de la d&#233;fense d'un Alg&#233;rien sans papiers, Kader, qui leur faisait entonner &#171; &#192; bas l'&#201;tat policier ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, on lutte, on invente et on r&#233;siste, comme ces groupes pro-f&#233;ministes ou ce &#171; Babybloc &#187;, garderie militante permettant aux familles de protester &#224; l'aise dans des manifestations o&#249; la police cherche souvent la bagarre. &lt;i&gt;&#171; Police partout, enfants nulle part &#187;&lt;/i&gt;, tonne Anna, qui coordonne cette association familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2006, le quartier a fait capoter un projet de casino. Cette victoire inesp&#233;r&#233;e a donn&#233; un punch d'enfer aux opposants du coin. D'apr&#232;s Marcel, une expropriation populaire vient d'avoir lieu autour de ce qu'ils appellent le b&#226;timent 7, un immense hangar situ&#233; au coin Leber et Sainte-Madeleine. Cette friche industrielle est poss&#233;d&#233;e par le groupe Mach, dont le boss a du bacon en masse &#8211; de l'argent &#224; gogo &#8211; et consid&#232;re les contestataires comme des&lt;i&gt; &#171; militants chialeux &#187;&lt;/i&gt;. Si la plate-forme communautaire a men&#233; des recours l&#233;gaux, les anars de la Pointe Libertaire se coltinent de pr&#233;f&#233;rence les actions en face &#224; face. En septembre 2008, une occupation permet de go&#251;ter une pi&#232;ce sur Emma Goldman &#233;clair&#233;e &#224; la chandelle. Une autre fois, c'est &#224; la &lt;i&gt;&#171; tire d'&#233;rable &#187;&lt;/i&gt; qu'on a men&#233; &lt;i&gt;&#171; des actions symboliques mais massives &#187;&lt;/i&gt;, m'indique Marco. &lt;i&gt;&#171; Tout ceci f&#238;t tant de bruit que le maire d'arrondissement voulut nous rencontrer, pour nous donner un permis qu'on n'avait m&#234;me pas demand&#233; ! &#187;&lt;/i&gt; Une des plus belles revendications des opposants fut : &lt;i&gt;&#171; Le b&#226;timent doit &#234;tre remis aux normes par le proprio, puis c&#233;d&#233; gratuitement &#224; la communaut&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Ce combat en passe d'&#234;tre conclu sera une victoire de plus au tableau de ces activistes qui croient au travail de terrain. Ils auront &lt;i&gt;&#171; fuck&#233; le boss &#187;&lt;/i&gt;, comme on dit ici. Le lendemain, l'envoy&#233; sp&#233;cial de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &#233;tait tout magan&#233; &#8211; endommag&#233; quand on a trop bu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Libye : amours chiennes</title>
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		<dc:date>2011-11-02T07:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Broussaille</dc:creator>


		<dc:subject>Billets</dc:subject>
		<dc:subject>CIA</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;HL serait-il un agent double travaillant en r&#233;alit&#233; pour Al Qa&#239;da ? On s'interroge en voyant le r&#233;sultat de la campagne libyenne, l'Otan ayant renvers&#233; un ennemi acharn&#233; des islamistes. On savait d&#233;j&#224;, gr&#226;ce &#224; Wikileaks, que le colonel Mouammar Kadhafi collaborait avec le r&#233;gime syrien pour emp&#234;cher les jihadistes libyens d'aller buter des GI en Irak. La prise de Tripoli par les rebelles a renforc&#233; les doutes sur les v&#233;ritables intentions du philosophe mondain. Dans les bureaux de Moussa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;HL serait-il un agent double travaillant en r&#233;alit&#233; pour Al Qa&#239;da ? On s'interroge en voyant le r&#233;sultat de la campagne libyenne, l'Otan ayant renvers&#233; un ennemi acharn&#233; des islamistes. On savait d&#233;j&#224;, gr&#226;ce &#224; Wikileaks, que le colonel Mouammar Kadhafi collaborait avec le r&#233;gime syrien pour emp&#234;cher les jihadistes libyens d'aller buter des GI en Irak. La prise de Tripoli par les rebelles a renforc&#233; les doutes sur les v&#233;ritables intentions du philosophe mondain. Dans les bureaux de Moussa Koussa, ancien ex&#233;cuteur des basses &#339;uvres du r&#233;gime, on a retrouv&#233; plusieurs documents confirmant les petits services que l'&#233;ruptif colonel a rendu &#224; la CIA am&#233;ricaine et au MI-6 anglais. L'idylle a commenc&#233; d&#232;s 2002, alors que la Libye &#233;tait bien plac&#233;e sur la liste officielle des pays voyous concoct&#233;e par George Bush, puis s'est &#233;panouie quand son leader est revenu en odeur de saintet&#233;. La CIA envoyait les islamistes libyens captur&#233;s par ses soins se faire torturer au pays par les sbires de Koussa et, en remerciement, le MI-6 lui refilait des renseignements sur les opposants libyens en exil &#224; Londres. Cette collaboration fut fructueuse pour les deux parties, jusqu'&#224; ce qu'elles s'envoient la vaisselle &#224; la figure. Autrefois livr&#233; &#224; Kadhafi par la CIA, Abdelhakim Belhaj, un v&#233;t&#233;ran des guerres contre les infid&#232;les, est aujourd'hui le chef militaire des forces qui occupent la capitale, tandis que son ex-ge&#244;lier est traqu&#233; par ses anciens soupirants occidentaux. &lt;i&gt;&#171; L'amour est enfant de Boh&#232;me &#8211; Il n'a jamais jamais connu de loi &#8211; Si tu ne m'aimes pas je t'aime &#8211; Et si je t'aime prends garde &#224; toi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quand le b&#226;timent va &#224; tout-va</title>
		<link>https://cqfd-journal.org/Quand-le-batiment-va-a-tout-va</link>
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		<dc:date>2011-11-01T07:17:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Mric</dc:subject>
		<dc:subject>Sidi Bibi</dc:subject>
		<dc:subject>d'A&#239;t Bahia</dc:subject>
		<dc:subject>qu'est apparue</dc:subject>
		<dc:subject>habitants ent&#233;rinent</dc:subject>
		<dc:subject>ville c&#244;ti&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Bahia</dc:subject>
		<dc:subject>Sidi</dc:subject>
		<dc:subject>Massa</dc:subject>
		<dc:subject>roi autorise</dc:subject>
		<dc:subject>Bibi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'on entend pas toujours tr&#232;s bien lorsqu'un vent de libert&#233; vous souffle &#224; l'oreille. Au Maroc, les habitants de la r&#233;gion d'Agadir ont cru comprendre que le roi autorisait temporairement toutes sortes de constructions. Une rumeur qui a d&#233;cha&#238;n&#233; les truelles&#8230; C'est au sud d'Agadir, ville c&#244;ti&#232;re et touristique du Maroc, qu'est apparue pour la premi&#232;re fois, en mars 2011, l'incroyable rumeur : &#171; Le roi autorise pendant trois mois toutes les constructions ! &#187; Tr&#232;s vite, dans la r&#233;gion (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/qu-est-apparue" rel="tag"&gt;qu'est apparue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/habitants-enterinent" rel="tag"&gt;habitants ent&#233;rinent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/ville-cotiere" rel="tag"&gt;ville c&#244;ti&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bahia" rel="tag"&gt;Bahia&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/roi-autorise" rel="tag"&gt;roi autorise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://cqfd-journal.org/Bibi" rel="tag"&gt;Bibi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH100/zz_92mric-171e8-23515.jpg?1782700610' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'on entend pas toujours tr&#232;s bien lorsqu'un vent de libert&#233; vous souffle &#224; l'oreille. Au Maroc, les habitants de la r&#233;gion d'Agadir ont cru comprendre que le roi autorisait temporairement toutes sortes de constructions. Une rumeur qui a d&#233;cha&#238;n&#233; les truelles&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_193 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH426/92mric-171e8.png?1782676571' width='400' height='426' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Mric
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est au sud d'Agadir, ville c&#244;ti&#232;re et touristique du Maroc, qu'est apparue pour la premi&#232;re fois, en mars 2011, l'incroyable rumeur : &lt;i&gt;&#171; Le roi autorise pendant trois mois toutes les constructions ! &#187;&lt;/i&gt; Tr&#232;s vite, dans la r&#233;gion agricole et pauvre d'A&#239;t Bahia, Sidi Bibi et Massa, les habitants ent&#233;rinent cette &#8211; suppos&#233;e ! &#8211; d&#233;cision royale permettant &#224; chacun d'avoir enfin un toit sans passer par le labyrinthe des administrations, souvent synonyme de corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce mois de mars&lt;/strong&gt;, cela fait d&#233;j&#224; quelque temps que le Royaume Ch&#233;rifien conna&#238;t une vague d'agitation sociale inspir&#233;e des soul&#232;vements que connaissent les pays du Maghreb. Le 14 janvier, le Tunisien Zine el-Abidine Ben Ali avait pris la tangente. D&#233;but f&#233;vrier, des manifestants avaient d&#233;fil&#233; dans plusieurs villes alg&#233;riennes. Le 11 f&#233;vrier, c'&#233;tait au tour d'Hosni Moubarak de l&#226;cher le pouvoir. Le 20 du m&#234;me mois, au Maroc, des manifestations r&#233;unissent pr&#232;s de 40 000 personnes pour r&#233;clamer la fin de la monarchie absolue, de la corruption et la cr&#233;ation d'une nouvelle constitution. &#192; Tanger, Larache, T&#233;touan ou encore Marrakech, les forces de s&#233;curit&#233; interviennent violemment. Des b&#226;timents officiels, des si&#232;ges de multinationales, des banques, des gendarmeries sont incendi&#233;s&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cinq personnes sont retrouv&#233;es mortes dans une agence bancaire saccag&#233;e &#224; Al (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; . Le 9 mars, le roi Mohammed VI annonce : &lt;i&gt;&#171; Nous avons d&#233;cid&#233; d'entreprendre une r&#233;forme constitutionnelle globale [&#8230;] dans les domaines politique, &#233;conomique, social, culturel et de d&#233;veloppement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s sa premi&#232;re apparition&lt;/strong&gt; au sud, la rumeur contourne Agadir par le nord. Aourir, village connu pour ses fameuses bananes guadeloup&#233;ennes, se transforme en vaste chantier. Tamgarht et deux villages du littoral, Tamaouanza et Aghoud, sont &#224; leur tour touch&#233;s. On trace, on creuse et on b&#226;tit.&lt;i&gt; &#171; Des convois de camions transportant parpaings, ferrailles, ciment, approvisionnent des milliers de ma&#231;ons improvis&#233;s&lt;/i&gt;, nous explique Kenza, une habitante. &lt;i&gt;Au bord des routes, des jeunes vendent des pierres devenues, en quelques semaines, tr&#232;s ch&#232;res dans la r&#233;gion. &#187; &lt;/i&gt; On se pr&#233;cipite pour passer outre les bureaucrates charg&#233;s des plans d'occupation des sols, &#233;vitant ainsi la case corruption. Dans les rues, l'on dit que cette autorisation royale court jusqu'au r&#233;f&#233;rendum&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 1er juillet, 98 % des &#233;lecteurs auraient vot&#233; pour le changement de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. D'autres affirment que l'&#233;ch&#233;ance est fix&#233;e aux l&#233;gislatives&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elles auront lieu le 25 novembre.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, sans que jamais aucun texte officiel ne vienne confirmer cette ouverture de droits. Rapidement, alors que les plus pauvres ont &#233;t&#233; les premiers &#224; b&#226;tir et &#224; arr&#234;ter les chantiers faute d'argent, des b&#226;tisseurs plus fortun&#233;s se lancent fr&#233;n&#233;tiquement dans la ma&#231;onnerie. &lt;i&gt;&#171; Beaucoup de ceux qui construisent parient sur la revente de leurs maisons &#224; des &#233;trangers qui viennent profiter de la beaut&#233; des lieux et des vastes plages d&#233;sertes&lt;/i&gt;, souligne Kenza. &lt;i&gt;C'est aberrant. Ils jouent contre eux-m&#234;mes. Qui voudra venir dans ces villages d&#233;figur&#233;s par ces nouvelles habitations sans &#233;lectricit&#233;, ni eau, ni syst&#232;me d'assainissement ? &#187;&lt;/i&gt; &#192; Tamaouanza, le terrain destin&#233; &#224; la cr&#233;ation d'un nouveau coll&#232;ge se couvrirait de constructions sauvages, pendant que le projet de gendarmerie serait mis &#224; mal par l'apparition de nouvelles maisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ici, les actes de propri&#233;t&#233;&lt;/strong&gt; sont une denr&#233;e rare. &lt;i&gt;&#171; Le tremblement de terre de 1960 a tu&#233; plus de 12 000 personnes dans la r&#233;gion d'Agadir. Beaucoup de survivants ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;s et ont d&#251; abandonner leurs terrains qui sont donc rest&#233;s sans propri&#233;taire&lt;/i&gt;, poursuit Kenza. &lt;i&gt;Des murs improbables se montent &#224; la va-vite. Le trac&#233; des rues, sans cesse mouvant, dispara&#238;t puis r&#233;appara&#238;t ailleurs. Des maisons existantes se voient d'un coup priv&#233;es d'acc&#232;s et de lumi&#232;re. Les lits et les bords des oueds erratiques et dangereux s'emplissent d'habitations. Ceux qui s'affirment propri&#233;taires d'un terrain, o&#249; s'activent dor&#233;navant des ma&#231;ons travaillant jour et nuit, exhibent de vagues documents sans valeur. Et quand il n'y a plus d'argument, les gens se tapent dessus. Les familles s'en m&#234;lent. Les jeunes rappliquent&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 18 juillet&lt;/strong&gt;, les autorit&#233;s d'Aourir, encadr&#233;es par des forces de police, d&#233;cident de d&#233;truire pour l'exemple trois constructions r&#233;alis&#233;es par&#8230; des conseillers municipaux ! La r&#233;sistance se transforme en &#233;meute et, le soir m&#234;me, le b&#226;timent du Ca&#239;dat est en partie saccag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Folie collective ?&lt;/strong&gt; Le roi ne s'est-il pas adress&#233; au peuple en affirmant qu'il consid&#233;rait avec attention ses revendications ? Pris pour argent comptant, ses propos semblent avoir lib&#233;r&#233; la pression impos&#233;e par la corruption, jusqu'&#224; donner &#224; de paisibles villages l'air de ces camps o&#249; les r&#233;fugi&#233;s occupent chaque m&#232;tre carr&#233;. La ville est le lieu d'une identit&#233; collective, dit-on. Ici, c'est plut&#244;t la course &#224; l'acquisition d'espaces priv&#233;s&#8230; Une anomie, caricature et copie des pratiques et calculs que subit la population.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cinq personnes sont retrouv&#233;es mortes dans une agence bancaire saccag&#233;e &#224; Al Hoceima.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 1er juillet, 98 % des &#233;lecteurs auraient vot&#233; pour le changement de constitution&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Elles auront lieu le 25 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comme 5 000 femmes chaque ann&#233;e</title>
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&lt;p&gt;Aujourd'hui, sept femmes sont venues nous demander un coup de main, sept &#171; d&#233;lais d&#233;pass&#233;s &#187;, comme on les appelle. Elles veulent toutes avorter d'une grossesse d&#233;passant le d&#233;lai l&#233;gal fran&#231;ais de douze semaines... Aujourd'hui, sept femmes sont venues nous demander un coup de main, sept &#171; d&#233;lais d&#233;pass&#233;s &#187;, comme on les appelle. Elles veulent toutes avorter d'une grossesse d&#233;passant le d&#233;lai l&#233;gal fran&#231;ais de douze semaines. L'une d'entre elles se tortille sur sa chaise, mal &#224; l'aise et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, sept femmes sont venues nous demander un coup de main, sept&lt;i&gt; &#171; d&#233;lais d&#233;pass&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, comme on les appelle. Elles veulent toutes avorter d'une grossesse d&#233;passant le d&#233;lai l&#233;gal fran&#231;ais de douze semaines...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_200 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/92_tanxxx-75e8d.png?1782649432' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Tanxxx
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;Aujourd'hui, sept femmes sont venues nous demander un coup de main, sept&lt;i&gt; &#171; d&#233;lais d&#233;pass&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, comme on les appelle. Elles veulent toutes avorter d'une grossesse d&#233;passant le d&#233;lai l&#233;gal fran&#231;ais de douze semaines. L'une d'entre elles se tortille sur sa chaise, mal &#224; l'aise et un peu assomm&#233;e. Elle a d&#233;j&#224; eu des gosses, elle ne comprend pas comment elle a pu d&#233;couvrir cette grossesse si tard. Elle a eu ses r&#232;gles normalement. Peut-&#234;tre &#233;taient-elles un peu plus courtes, un peu plus l&#233;g&#232;res&#8230; Elle se dit qu'elle aurait d&#251; le sentir, le savoir. Elle prend la pilule, se rappelle de l&#233;gers d&#233;calages dans ses prises, mais pas d'oubli. Elle ne comprend pas. Une autre pensait avoir &lt;i&gt;&#171; fait suffisamment attention &#187; &lt;/i&gt; et se demande, inqui&#232;te, comment elle va pouvoir avorter &#224; dix-huit semaines de grossesse. On rassure tout le monde et on attrape le classeur &#171; Espagne &#187; et celui des &#171; Pays-Bas &#187;, pour leur parler du voyage que 5 000 femmes fran&#231;aises font chaque ann&#233;e. On leur pr&#233;sente deux solutions : le Centro m&#233;dico Aragon, la &lt;i&gt;&#171; clinica de siempre &#187;&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;&#171; plus de vingt ans d'exp&#233;rience en interruption l&#233;gale de la grossesse, vasectomie, ligature des trompes&#8230; &#187; &lt;/i&gt; &#8211; qui pratique l'avortement jusqu'&#224; vingt-deux semaines de grossesse ; et la &lt;i&gt;&#171; clinique de l'interruption de grossesse &#187;&lt;/i&gt; de Het Vrelinghuis, &#224; Utrecht. Aux Pays-Bas, l'intervention est gratuite pour les r&#233;sidentes. Pour les Fran&#231;aises, selon l'avanc&#233;e de la grossesse et le prix du trajet, il faudra d&#233;bourser entre 800 et 1 600 euros environ. Parfois plus. Bus, train, voiture, on propose diff&#233;rents modes de transport. &lt;i&gt;&#171; Vous serez accompagn&#233;e ? Vous avez de quoi payer ? Il vous reste deux ou trois jours pour r&#233;unir la somme&#8230; &#187;&lt;/i&gt; On liste les m&#233;dicaments qu'elles doivent emporter, on fait des photocopies : plan de la ville, transports en commun, h&#244;tels. Elles empilent leurs papiers, l'air pr&#233;occup&#233;. &lt;i&gt;&#171; En Espagne, ils demandent combien pour dix-sept semaines ? &#187;, &#171; 780 euros. &#187; &#171; Et pour vingt semaines ? &#187; &#171; 1 200 euros. &#187; &#171; C'est d&#233;gueulasse&lt;/i&gt;, soupire une nana, &lt;i&gt;il va falloir que je trouve une excuse pour emprunter du fric &#224; mes parents. &#187;&lt;/i&gt; On esp&#232;re qu'elle ne sera pas oblig&#233;e d'&#233;lever un m&#244;me qu'elle n'a pas voulu parce que, dix jours plus t&#244;t, elle a d&#251; remplacer la courroie de distribution de sa bagnole, et qu'elle n'a plus de fric de c&#244;t&#233;. Toutes vont finalement trouver une solution, cette fois-ci. Toutes vont r&#233;ussir &#224; trouver une excuse pour faire garder les m&#244;mes, s'absenter du boulot et r&#233;unir la somme demand&#233;e. Comme 5 000 femmes chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Journal de Mickey</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Faux amis</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Week-end du 15 ao&#251;t. Toute la France s'est donn&#233; rendez-vous sur les routes, et CQFD est &#224; l'heure. Las de rouler pare-choc contre pare-choc avec les gamins qui piaillent &#224; l'arri&#232;re, l'on s'arr&#234;te sur une aire de repos. Et c'est l&#224; que le minot, tout sourires, d&#233;gote Le Journal de Mickey dans un pr&#233;sentoir. &#171; Si, papa, j't'jure, il faut pas payer ! &#187; Gratuit, Mickey ? Montre &#231;a&#8230; Pas de doute, c'est bien lui, celui que nous lisions, gamins, nous qui avions la chance de ne pas avoir des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/aout" rel="tag"&gt;ao&#251;t&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://cqfd-journal.org/kilometres" rel="tag"&gt;kilom&#232;tres&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Week-end du 15 ao&#251;t.&lt;/strong&gt; Toute la France s'est donn&#233; rendez-vous sur les routes, et &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est &#224; l'heure. Las de rouler pare-choc contre pare-choc avec les gamins qui piaillent &#224; l'arri&#232;re, l'on s'arr&#234;te sur une aire de repos. Et c'est l&#224; que le minot, tout sourires, d&#233;gote &lt;i&gt;Le Journal de Mickey&lt;/i&gt; dans un pr&#233;sentoir. &lt;i&gt;&#171; Si, papa, j't'jure, il faut pas payer ! &#187;&lt;/i&gt; Gratuit, Mickey ? Montre &#231;a&#8230; Pas de doute, c'est bien lui, celui que nous lisions, gamins, nous qui avions la chance de ne pas avoir des parents communistes f&#233;rus de Pif Gadget. Reste ce titre, &#233;trange : &lt;i&gt;&#171; L'autoroute passe au vert &#187;&lt;/i&gt;. &#201;tranges aussi les logos, en bas de la page : celui de Gulli, la cha&#238;ne &#224; p&#226;t&#233;e pour gosses, et Vinci autoroutes, le premier op&#233;rateur autoroutier europ&#233;en &#8211; plus de 4 300 kilom&#232;tres &#8211; qui r&#233;unit les soci&#233;t&#233;s Autoroutes du sud de la France (ASF), Cofiroute et Escota. Si vous prenez une voie &#224; p&#233;age dans la moiti&#233; sud et l'ouest de l'Hexagone, c'est lui qui vous d&#233;pouille &#224; la sortie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Page trente-trois de ce hors-s&#233;rie &#8211; c'est donc un hors-s&#233;rie &#8211;, les petits fans de la souris de Walt Disney apprendront dans un photoreportage que &lt;i&gt;&#171; Vinci s'engage &#224; invertir massivement dans la protection de l'environnement &#187;&lt;/i&gt;. De belles prairies fleuries avec, en arri&#232;re plan, au loin, un petit bout d'asphalte tout propret, illustrent cette publicit&#233; d&#233;guis&#233;e. Attention, les ch&#233;rubins, Vinci &lt;i&gt;&#171; met le paquet depuis 2010 pour faire sa r&#233;volution verte &#187;&lt;/i&gt;. Mais comment rendre &#233;colo cette cicatrice de goudron o&#249; se tirent la bourre camions et voitures lanc&#233;s &#224; 130 kilom&#232;tres-heure, triomphe de la politique du tout-bagnole ? Tout simplement en installant des &lt;i&gt;&#171; t&#233;l&#233;p&#233;ages sans arr&#234;t &#187;&lt;/i&gt; qui limitent la consommation de carburant, puisque l'on n'a pas &#224; red&#233;marrer. Purifier l'air, rien de plus facile, il suffit de ne jamais s'arr&#234;ter de rouler. Mais Vinci pr&#233;serve aussi la biodiversit&#233; en construisant des ponts v&#233;g&#233;talis&#233;s &#8211; tr&#232;s tr&#232;s verts, sur les photomontages &#8211; o&#249; peuvent fl&#226;ner sans risques &lt;i&gt;&#171; chevreuils, genettes, crapauds, reptiles&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pages suivantes est pr&#233;sent&#233; &lt;i&gt;&#171; un chantier exemplaire &#187;&lt;/i&gt; : la construction de l'autoroute A89 &lt;i&gt;&#171; dans le Rh&#244;ne et la Loire &#187;&lt;/i&gt;. Mais, l&#224; encore, tout est mis en &#339;uvre pour &lt;i&gt;&#171; pr&#233;server le milieu naturel &#187; : &#171; on prot&#232;ge les rivi&#232;res &#187;&lt;/i&gt;, on b&#226;tit des &lt;i&gt;&#171; maisons pour les chauves-souris &#187;&lt;/i&gt; et m&#234;me &#8211; de plou en plou dour &#8211; &lt;i&gt;&#171; on d&#233;place les mares &#187;&lt;/i&gt;. Cette nouvelle voie &#8211; qui ch&#233;rit la nature comme Picsou l'achat compulsif &#8211; se d&#233;roulera sur cinquante-trois kilom&#232;tres, et comportera sept &#233;changeurs, trois tunnels, deux aires et huit viaducs. Un impact &lt;i&gt;&#171; exemplaire &#187;&lt;/i&gt; sur le milieu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;trangement, &#224; aucun moment n'est rappel&#233; que Jean-Louis Borloo, ministre de l'&#201;cologie &#224; l'&#233;poque du Grenelle de l'environnement, d&#233;clarait qu'on &lt;i&gt;&#171; n'augmentera plus la capacit&#233; routi&#232;re &#187;&lt;/i&gt;. Il n'est point pr&#233;cis&#233; non plus que cette &lt;i&gt;&#171; r&#233;volution verte &#187;&lt;/i&gt; est financ&#233;e gr&#226;ce au m&#234;me Borloo qui, fin 2009, a prolong&#233; d'un an la concession de Vinci autoroutes &#8211; elle pourra percevoir l'oseille des p&#233;ages douze mois de plus par rapport &#224; l'accord initial &#8211; en contrepartie de ces quelques am&#233;nagements &#233;colos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au &lt;i&gt;Journal de Mickey&lt;/i&gt;, Vinci a repeint en vert ses kilom&#232;tres d'asphalte dans la tronche de nos gosses. Et tiens, puisque l'on parle de toi, remonte dans la voiture, avec ton torchon, on a encore 400 kilom&#232;tres de bouchons &#224; se taper. Fils de con.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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